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Chapitre 11

L’environnement dans la langue cible (partie 2/2)

Lecture : 13 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - identifier et employer avec précision le vocabulaire spécifique lié à l’environnement en langue cible ; - intégrer ces termes dans des productions écrites et orales cohérentes, en respectant les registres de langue ; - analyser un document portant sur une question environnementale en relevant les champs lexicaux et les stratégies d’argumentation ; - produire un devoir de type dissertation ou commentaire en mobilisant les notions étudiées. **Prérequis** : maîtrise du vocabulaire de base de la langue cible (noms, verbes, adjectifs), connaissance des temps principaux (présent, passé composé, imparfait, futur simple), capacité à construire une phrase complexe avec subordonnées relatives et concessives. > **À retenir** : l’environnement désigne l’ensemble des facteurs naturels et humains qui influencent la vie des êtres vivants. ## Introduction contextualisée Les enjeux environnementaux occupent une place centrale dans les programmes scolaires camerounais, conformément aux orientations du MINESEC visant à former des citoyens responsables face aux défis du changement climatique, de la déforestation et de la pollution. En classe de Terminale, l’étude du vocabulaire environnemental permet non seulement d’enrichir la compétence lexicale, mais aussi de développer une capacité d’analyse critique indispensable aux épreuves du baccalauréat. Le présent chapitre s’inscrit dans la logique de l’approche par compétences : l’élève doit pouvoir mobiliser le lexique acquis dans des situations réelles de communication, que ce soit à l’écrit ou à l’oral, tout en justifiant ses choix linguistiques par des références factuelles (dates, lieux, acteurs). ## I. Leçon 9 : Mots et expressions relatifs à la thématique de l’environnement ### A. Vocabulaire de base Le champ lexical de l’environnement regroupe des noms, des verbes et des adjectifs permettant de décrire les phénomènes naturels, les pressions anthropiques et les réponses sociétales. Parmi les termes incontournables figurent : - **écosystème** (ensemble d’organismes vivants interagissant avec leur milieu physique) ; - **biodiversité** (variété des formes de vie au sein d’un écosystème) ; - **déforestation** (action de couper ou de brûler des forêts, entraînant perte d’habitat) ; - **émission de gaz à effet de serre** (émission de CO₂, CH₄, N₂O provenant principalement de la combustion fossile) ; - **pollution des eaux** (contamination des rivières et lacs par des déchets industriels ou agricoles) ; - **énergie renouvelable** (source d’énergie qui se reconstruit naturellement, comme le solaire ou l’éolien) ; - **gestion durable** (mode d’exploitation qui répond aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures). > **À retenir** : la biodiversité mesure la richesse du vivant ; sa perte réduit la résilience des écosystèmes face aux perturbations. ### B. Expressions idiomatiques et locutions Au-delà du vocabulaire isolé, la langue cible propose des locutions figées qui enrichissent l’expression : - **lutter contre le réchauffement climatique** ; - **préserver les ressources naturelles** ; - **réduire son empreinte carbone** ; - **mettre en place des aires protégées** ; - **sensibiliser la population aux éco‑gestes** ; - **promouvoir l’agriculture agroécologique** ; - **investir dans les énergies propres**. Ces expressions sont souvent utilisées dans les discours officiels, les rapports d’ONG ou les articles de presse spécialisée. ### C. Exemples concrets camerounais et africains Pour ancrer le lexique dans la réalité locale, il convient de citer des situations documentées : - **Le Parc national de la Lobéké** (Est du Cameroun, créé en 2001) illustre la mise en place d’une aire protégée visant à conserver la biodiversité forestière et à lutter contre le braconnage des éléphants de forêt. - **Le projet de barrage de Memve’ele** ( région du Sud, mise en service 2019) montre les tensions entre production d’hydroélectricité (énergie renouvelable) et impact sur les écosystèmes fluviaux. - **La campagne « Zéro plastique » lancée à Yaoundé en 2022** témoigne d’une initiative de sensibilisation visant à réduire la pollution des eaux urbaines. - **Le Programme d’Agroécologie du Cameroun (PAC)**, initié en 2018, promeut des pratiques agricoles qui préservent les sols et réduisent l’usage d’engrais chimiques. > **À retenir** : la déforestation annuelle du bassin du Congo était estimée à 0,5 % de sa surface en 2020, selon la FAO. #### Tableau récapitulatif – Leçon 9 | Thème | Termes clés | Exemple camerounais | Date / Source | |-------|-------------|---------------------|---------------| | Écosystèmes & biodiversité | écosystème, biodiversité, aire protégée | Parc national de la Lobéké | Création 2001 | | Pollution & déchets | émission de GES, pollution des eaux, zéro plastique | Campagne Yaoundé zéro plastique | 2022 | | Énergies renouvelables | énergie renouvelable, hydroélectricité | Barrage de Memve’ele | Mise en service 2019 | | Agriculture durable | gestion durable, agroécologie | Programme d’Agroécologie du Cameroun | Lancement 2018 | ## II. Intégration ### A. Intégration du vocabulaire environnemental dans des textes L’intégration consiste à réemployer les termes étudiés dans des productions variées : comptes‑rendus, articles de blog, lettres officielles, discours. L’élève doit veiller à : 1. **Choisir le registre adapté** (formel pour un rapport ministériel, semi‑formel pour un article de presse, familier pour une affiche de sensibilisation). 2. **Respecter la cohérence sémantique** : éviter les redondances (ex. « réduire la réduction des émissions ») et les contresens (confondre *déforestation* et *reboisement*). 3. **Varier les structures syntaxiques** : utiliser des subordonnées relatives (« qui menace »), des participes présents (« en réduisant ») et des locutions prépositionnelles (« afin de »). > **À retenir** : un texte bien intégré emploie au moins trois champs lexicaux différents de l’environnement afin de montrer une maîtrise globale du thème. ### B. Production écrite et orale Lors d’une épreuve orale (exposé de 5 minutes) ou écrite (composition de 250‑300 mots), l’élève doit : - **Introduire le sujet** en situant le problème (ex. « La dégradation du bassin du Lac Tchad constitue une menace pour la sécurité alimentaire… »). - **Développer deux à trois arguments** appuyés par des données factuelles (superficie perdue, nombre d’espèces menacées, pourcentage d’émissions nationales). - **Conclure par une proposition d’action** (ex. « Il convient de renforcer la surveillance satellitaire et d’encourager les pratiques d’agroforesterie »). L’usage de connecteurs logiques (*par conséquent*, *en outre*, *néanmoins*) et de marqueurs de discours (*selon le rapport du MINEEP*, *d’après l’OMS*) renforce la cohérence du propos. > **À retenir** : la citation d’une source crédible (institution, ONG, étude universitaire) augmente la valeur argumentative d’une production. #### Tableau récapitulatif – Intégration | Type de production | Registre attendu | Éléments lexicaux à intégrer | Exemple de phrase d’accroche | |--------------------|------------------|------------------------------|------------------------------| | Rapport ministériel | Formel | émission de GES, gestion durable, énergies renouvelables | « Conformément aux engagements du Cameroun sous l’Accord de Paris… » | | Article de presse | Semi‑formel | déforestation, biodiversité, sensibilisation | « Face à l’avancée du front de déforestation dans la région de l’Est… » | | Affiche de sensibilisation | Familier | empreinte carbone, éco‑gestes, zéro plastique | « Réduis ton empreinte carbone : adopte le tri sélectif dès aujourd’hui ! » | ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait du rapport annuel 2023 du Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) intitulé « État des forêts du Cameroun ». > « Entre 2018 et 2022, le taux annuel de déforestation dans la région du Sud‑Ouest a augmenté de 22 %, passant de 0,4 % à 0,49 % de la superficie forestière totale. Cette hausse s’explique principalement par l’expansion des plantations de palmiers à huile et l’exploitation illégale du bois. En parallèle, les émissions de CO₂ liées à la dégradation des sols ont atteint 1,2 Mt eq CO₂ en 2022, soit une hausse de 15 % par rapport à 2018. » **Analyse pas à pas** : 1. **Identification du champ lexical** : déforestation, plantations de palmiers à huile, exploitation illégale du bois, émissions de CO₂, dégradation des sols. 2. **Situation spatio‑temporelle** : région du Sud‑Ouest, période 2018‑2022, données comparatives (2018 vs 2022). 3. **Causes avancées** : expansion agro‑industrielle (palmiers à huile), exploitation forestière illégale. 4. **Conséquences quantifiées** : augmentation du taux de déforestation, hausse des émissions de CO₂. 5. **Évaluation critique** : le document souligne un lien direct entre activité économique et pression environnementale ; il invite à renforcer la gouvernance foncière et à promouvoir des chaînes d’approvisionnement durables. 6. **Reformulation personnelle** : « La montée rapide de la déforestation dans le Sud‑Ouest camerounais, principalement due à l’installation de plantations de palmiers à huile et à l’exploitation illégale du bois, a entraîné une augmentation notable des émissions de gaz à effet de serre, aggravant ainsi le défi climatique national. » Cette étude montre comment mobiliser le vocabulaire étudié pour produire une analyse structurée, attendue à l’épreuve de commentaire de texte du baccalauréat. ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « En quoi la préservation de la biodiversité constitue‑t‑elle un levier essentiel pour lutter contre le changement climatique au Cameroun ? » **Plan détaillé** : I. **La biodiversité comme régulateur du climat** - A. Fonction de séquestration du carbone par les forêts denses (ex. forêt du Congo). - B. Role des espèces clés (éléphants de forêt, grands primates) dans la dynamique des écosystèmes. II. **Menaces pesant sur la biodiversité camerounaise** - A. Déforestation liée à l’agriculture industrielle et à l’exploitation forestière. - B. Pollution des cours d’eau et fragmentation des habitats. III. **Stratégies de préservation et d’atténuation** - A. Création et gestion d’aires protégées (Parc de la Lobéké, Réserve du Dja). - B. Promotion de l’agroécologie et des pratiques d’agroforesterie. - C. Implication des communautés locales et suivi satellitaire. **Conclusion** : rappeler que la préservation de la biodiversité n’est pas seulement une question environnementale, mais aussi un pilier du développement durable et de la résilience climatique. ### Sujet 2 – Commentaire de texte **Texte proposé** : Extrait d’un article du journal *Le Messager* du 12 mars 2024 intitulé « Le Lac Tchad en péril : appel à une action régionale urgente ». **Plan de commentaire** : 1. **Lecture linéaire** – repérer les champs lexicaux (eau, sécheresse, migration, coopération). 2. **Problématisation** – comment le texte présente‑t‑il la crise du Lac Tchad comme un enjeu environnemental et humain ? 3. **Analyse** - a. Données factuelles : réduction de 90 % de la superficie du lac depuis les années 1960. - b. Causes évoquées : changement climatique, sur‑exploitation des ressources hydrologiques, pression démographique. - c. Conséquences : déplacements de populations, conflits pour l’accès à l’eau, impact sur la pêche et l’agriculture. - d. Appel à l’action : nécessité d’une gestion intégrée du bassin et de financements internationaux. 4. **Ouverture** – envisager des solutions innovantes (désalinisation solaire, agriculture de conservation) et leur applicabilité au contexte camerounais. ### Sujet 3 – Question de cours **Question** : « Définissez le terme « empreinte carbone » et illustrez‑le par deux exemples concrets d’activités quotidiennes pouvant augmenter ou réduire cette empreinte au Cameroun. » **Réponse attendue** : - Définition : quantité totale de gaz à effet de serre émise directement ou indirectement par une personne, un produit ou une organisation, exprimée en équivalent CO₂. - Exemple d’augmentation : utilisation fréquente d’un générateur diesel pour l’électricité domestique (émission de CO₂ liée à la combustion du carburant). - Exemple de réduction : adoption du cuiseur solaire ou du four amélioré pour la préparation des repas, diminuant la consommation de bois de feu et donc les émissions de CO₂ et de particules. ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre déforestation et reboisement** – certains élèves écrivent « la déforestation a permis de reboiser » alors que les deux notions sont opposées. 2. **Utiliser « émission de GES » comme synonyme de « pollution de l’air »** – les GES sont un sous‑ensemble de polluants ; il faut préciser qu’ils agissent sur le climat, pas forcément sur la qualité de l’air immédiat. 3. **Oublier l’accord du participe passé avec « avoir » lorsqu’il est suivi d’un COD placé avant le verbe** – ex. « les mesures qu’ils ont prises » (accord avec *mesures*). 4. **Réduire l’empreinte carbone à la seule consommation d’énergie** – négliger les émissions liées à l’alimentation (viande bovine) ou aux déchets. 5. **Mettre un tableau LaTeX contenant le caractère « | » à l’intérieur d’une formule** – cela casse le rendu du tableau ; il faut remplacer par \vert ou éviter les formules dans les cellules. 6. **Citer une donnée sans préciser sa source ou son année** – affaiblit l’argumentation ; il faut toujours indiquer l’institution et la date (ex. « Selon la FAO, 2020 »). ## Synthèse du chapitre - Le vocabulaire environnemental comprend des termes scientifiques (écosystème, biodiversité, émission de GES) et des expressions idiomatiques (lutter contre le réchauffement climatique, réduire son empreinte carbone). - Des exemples camerounais (Parc de la Lobéké, barrage de Memve’ele, campagne zéro plastique) permettent d’ancrer le lexique dans la réalité locale. - L’intégration du vocabulaire exige un choix de registre, la variété des structures syntaxiques et la citation de sources crédibles. - L’étude de document montre comment analyser un texte en repérant le champ lexical, les causes, les conséquences et en formulant une reformulation personnelle. - Les épreuves du baccalauréat peuvent porter sur une dissertation, un commentaire de texte ou une question de cours ; chacune nécessite un plan structuré, l’usage de connecteurs logiques et l’apport de données factuelles. - Les erreurs fréquentes portent sur les confusions de notions, l’accord grammatical, la réduction excessive de l’empreinte carbone et la mauvaise citation de sources. > **À retenir** : maîtriser le lexique environnemental, c’est pouvoir analyser, argumenter et proposer des solutions aux défis écologiques du Cameroun et du monde. ## Glossaire - **Écosystème** : ensemble d’organismes vivants interagissant avec leur milieu physique. - **Biodiversité** : variété des formes de vie au sein d’un écosystème ou de la planète. - **Déforestation** : action de retirer délibérément la couverture forestière, entraînant perte d’habitat et de carbone stocké. - **Émission de gaz à effet de serre (GES)** : libération de composés tels que CO₂, CH₄, N₂O qui contribuent au réchauffement climatique. - **Empreinte carbone** : quantité totale de GES émise, exprimée en équivalent CO₂, liée à une activité ou un produit. - **Énergie renouvelable** : source d’énergie qui se renouvelle naturellement à l’échelle humaine (solaire, éolien, hydroélectricité). - **Gestion durable** : exploitation des ressources qui répond aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. - **Agroécologie** : approche agricole qui applique les principes de l’écologie pour concevoir des systèmes de production résilients et peu dépendants d’intrants chimiques. - **Aire protégée** : espace géographique dédié à la conservation de la nature, associé à des objectifs de préservation de la biodiversité et du patrimoine culturel. - **Palmier à huile** : plante cultivée pour son huile, dont l’expansion peut entraîner déforestation et perte de biodiversité lorsqu’elle n’est pas régulée. - **Zéro plastique** : initiative visant à éliminer l’usage du plastique à usage unique afin de réduire la pollution des sols et des eaux. - **CO₂ équivalent (eq CO₂)** : unité permettant de comparer l’impact de différents gaz à effet de serre sur le réchauffement climatique. - **Réserve de biosphère** : zone reconnue par l’UNESCO où se conjuguent conservation de la biodiversité, développement durable et soutien logistique à la recherche. - **Agroforesterie** : système d’utilisation des terres qui intègre arbres et cultures ou pâturages sur une même parcelle afin de diversifier les productions et améliorer les services écosystémiques. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition du terme « déforestation » ?
  2. 2. Quel mot désigne la variété des espèces vivantes dans un écosystème donné ?
  3. 3. Quel phénomène décrit le déplacement des particules de sol par l'eau ou le vent ?
  4. 4. Dans un village camerounais, on observe que après la coupe de 200 arbres pour faire du charbon, le niveau de la nappe phréatique a baissé de 15 %. Quelle est la conséquence la plus probable liée à cette baisse ?
  5. 5. Une étude montre que la superficie des mangroves du littoral camerounais a diminué de 12 % en cinq ans. Si la superficie initiale était 2500 hectares, quelle est la superficie actuelle ?
  6. 6. Lorsqu'un projet de reboisement utilise des espèces exotiques qui poussent vite mais qui acidifient le sol, quel risque environnemental principal apparaît-il ?
  7. 7. Dans une phrase, laquelle utilise correctement l'expression « empreinte carbone » ?
  8. 8. Un agriculteur remarque que après l'application d'engrais azotés, les algues prolifèrent dans le ruisseau voisin. Quel phénomène explique cette observation ?
  9. 9. Quel concept suivant n'est pas explicitement évoqué dans le paragraphe ci-dessus ? Dans la région du Littoral, les communautés ont observé une augmentation des phénomènes d'intrusion saline dans les nappes phréatiques due à la montée du niveau de la mer, accompagnée d'une perte progressive de la végétation mangrovienne qui stabilise les berges. Face à ces changements, les autorités envisagent des mesures de restauration des écosystèmes côtiers et de sensibilisation aux pratiques agricoles durables.
  10. 10. Quel paire de mots suivants n'est pas composée de synonymes dans le contexte de l'environnement ?