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Chapitre 2

Environnement et citoyenneté

Lecture : 24 minQuiz de 12 questions

# Environnement et citoyenneté ## Objectifs et prérequis Ce chapitre vise à développer chez l’élève de Terminale une compréhension critique des liens entre l’art contemporain, l’environnement et la citoyenneté, à travers l’étude des formes d’expression artistique, des techniques de composition et la représentation de paysages ruraux camerounais. L’élève doit être capable d’identifier et d’analyser les caractéristiques du figuratif, du conceptuel et de l’abstrait dans l’art contemporain ; d’appliquer les règles de la perspective et de la règle des tiers dans la composition d’images ; de représenter fidèlement, par le dessin et le coloriage, les spécificités visuelles et culturelles des paysages Soudano-sahélien, Sawa et Grassfield ; et de réfléchir à la manière dont l’art peut sensibiliser aux enjeux environnementaux et renforcer l’engagement citoyen. Les prérequis comprennent la maîtrise des bases du dessin d’observation (ligne, forme, valeur), des connaissances élémentaires en géographie camerounaise (zones climatiques, groupes ethniques principaux), et une familiarité avec les notions de développement durable et de patrimoine culturel. ## Introduction L’art contemporain au Cameroun ne se limite pas à une simple expression esthétique ; il devient un vecteur de réflexion sur l’environnement et la citoyenneté, particulièrement lorsqu’il s’engage à représenter fidèlement les paysages ruraux qui structurent l’identité nationale. Ce chapitre explore trois formes d’expression majeures de l’art contemporain — le figuratif, le conceptuel et l’abstrait — avant d’aborder deux techniques de composition essentielles : la perspective linéaire et la règle des tiers. Ces outils sont ensuite mis en pratique à travers l’étude détaillée de trois paysages ruraux camerounais : le Soudano-sahélien, le Sawa et le Grassfield. Chaque paysage est analysé selon ses caractéristiques géographiques, climatiques, végétales, architecturales et culturelles, afin de permettre à l’élève de le représenter avec précision technique et sensibilité contextuelle. L’objectif final est de former un citoyen éclairé, capable d’utiliser l’art comme outil d’observation, de témoignage et d’engagement face aux défis environnementaux locaux et nationaux. ## I. Les formes d’expression de l’art contemporain : Le figuratif, le conceptuel et l’abstrait ### Contexte L’art contemporain au Cameroun, depuis les années 1990, s’est diversifié sous l’influence des échanges internationaux, des résidences d’artistes (comme celles de Doual’art à Douala ou du Centre d’Art Waza à Yaoundé), et des enjeux sociétaux tels que l’urbanisation rapide, la dégradation des écosystèmes et la quête d’identité postcoloniale. Les artistes camerounais utilisent désormais diverses formes d’expression pour interroger leur rapport à l’environnement et à la société. ### Définitions et caractéristiques > **Le figuratif** est une forme d’expression artistique qui représente de manière reconnaissable des éléments du monde réel : personnes, objets, paysages, scènes de vie. Il vise une ressemblance perceptible avec le référent, même s’il peut y avoir une stylisation ou une interprétation subjective. > > **Le conceptuel** est une forme d’art où l’idée ou le concept derrière l’œuvre prime sur son aspect esthétique ou matériel. L’œuvre peut prendre la forme d’un texte, d’une performance, d’un dispositif ou d’un objet ordinaire détourné pour provoquer une réflexion. > > **L’abstrait** est une forme d’art qui ne cherche pas à représenter fidèlement le monde visible. Il utilise des formes, des couleurs, des lignes et des textures pour évoquer des émotions, des idées ou des qualités intrinsèques, indépendamment de toute référence figurative. ### Faits, dates et noms exacts - Le peintre **Kamiel Claude** (né en 1952) est connu pour ses œuvres figuratives représentant des scènes de vie rurale dans le Nord-Cameroun, avec une attention particulière aux détails architecturaux des cases banco et aux vêtements traditionnels. - L’artiste **Barthélemy Toguo** (né en 1967) travaille souvent dans une approche conceptuelle : son installation *« Stupid African Presidents »* (2006) utilise des bouteilles vides étiquetées avec des noms de dirigeants africains pour critiquer la mauvaise gouvernance et son impact environnemental. - La peintre **Salifou Lindou** (né en 1965) explore l’abstraction à travers des compositions géométriques et des superpositions de couleurs inspirées par les tissus traditionnels Bamileke et les paysages du Grassfield, sans représenter de scène spécifique. ### Causes et conséquences L’essor du figuratif répond au besoin de documenter et de préserver des réalités culturelles menacées par la modernisation (ex. : disparition des techniques de construction traditionnelle). Le conceptuel émerge comme réaction à l’aliénation sociale et politique, permettant aux artistes d’aborder des sujets sensibles (corruption, dégradation des sols) de manière indirecte mais percutante. L’abstrait, quant à lui, offre un langage universel pour exprimer des sentiments liés à la nature ou à l’identité sans être limité par la représentation littérale, favorisant ainsi l’accessibilité interculturelle. ### Exemples concrets (camerounais et africains) - Figuratif : Les peintures de **Joseph-Francis Sumégné** (né en 1951) représentant des marchés ruraux du Littoral, avec des personnages en mouvement, des étals de produits locaux (igname, manioc, poisson séché) et une végétation luxuriante. - Conceptuel : L’œuvre *« Water Sacrifice »* de **Pascale Marthine Tayou** (né en 1967) consiste en des bidons d’eau colorés suspendus dans l’espace, interrogeant l’accès à l’eau potable et sa valeur symbolique dans les communautés rurales. - Abstrait : Les toiles de **Ange Leccia** (né en 1952, d’origine camerounaise) utilisent des bandes de couleur verticales pour évoquer la lumière filtrant à travers la forêt équatoriale, sans représenter d’arbres spécifiques. ### Vocabulaire à retenir - Figuratif : représentation reconnaissable du réel. - Conceptuel : primauté de l’idée sur la forme. - Abstrait : non-représentation, évocation par formes et couleurs. - Installation : œuvre tridimensionnelle souvent composée d’objets du quotidien. - Performance : acte artistique vivant, souvent éphémère. - Détournement : utilisation d’un objet dans un contexte nouveau pour en changer le sens. ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez en quoi l’œuvre *« Stupid African Presidents »* de Barthélemy Toguo relève de l’art conceptuel, et en quoi elle peut être considérée comme une forme d’engagement citoyen lié à l’environnement. **Plan** : I. Définition de l’art conceptuel et application à l’œuvre A. Primauté de l’idée : les bouteilles comme symboles de consommation et de gaspillage B. Détournement d’objets ordinaires pour critiquer la gouvernance II. Lien entre mauvaise gouvernance et dégradation environnementale A. Corruption → mauvaise gestion des ressources naturelles (forêts, sols, eau) B. Conséquences : déforestation, pollution, vulnérabilité climatique III. L’œuvre comme acte de citoyenneté A. Sensibilisation du public à travers l’art B. Appel à la responsabilité individuelle et collective C. Role de l’artiste comme témoin et lanceur d’alerte ## II. Les techniques de composition : La perspective - la règle de tiers ### Contexte La composition d’une image, qu’elle soit dessinée, peinte ou photographiée, repose sur des principes qui guident l’œil du spectateur et structurent l’espace visuel. Deux techniques fondamentales sont enseignées en arts plastiques au lycée : la perspective linéaire, qui crée l’illusion de profondeur sur une surface plane, et la règle des tiers, qui aide à équilibrer les éléments dans le cadre pour produire une image harmonieuse et dynamique. ### Définitions et règles > **La perspective linéaire** est une technique de représentation qui permet de traduire sur une surface plane l’apparence des objets dans l’espace tridimensionnel, en faisant converger les lignes parallèles vers un ou plusieurs points de fuite situés sur l’horizon. > > **La règle des tiers** est un principe de composition qui consiste à diviser l’image en neuf parties égales à l’aide de deux lignes horizontales et deux lignes verticales équidistantes ; les points d’intérêt principaux sont placés sur ces lignes ou à leurs intersections pour créer un équilibre visuel naturel. ### Faits, dates et noms exacts - La perspective linéaire a été formalisée durant la Renaissance italienne par **Filippo Brunelleschi** au début du XVᵉ siècle, puis théorisée par **Léon Battista Alberti** dans son traité *De pictura* (1435). - La règle des tiers, bien qu’ancienne dans son intuition, a été popularisée comme règle pratique en photographie et en arts visuels au XXᵉ siècle, notamment à travers les écrits de **John Thomas Smith** (*Remarks on Rural Scenery*, 1797) et son adoption par les écoles d’art modernes. - Au Cameroun, ces techniques sont enseignées de manière adaptée aux réalités locales : par exemple, l’utilisation de la perspective pour représenter l’enfilade des cases dans un village Grassfield, ou la règle des tiers pour équilibrer un baobab isolé dans un paysage Soudano-sahélien. ### Causes et conséquences La maîtrise de la perspective permet à l’élève de représenter de manière crédible l’espace habité : la profondeur d’un chemin rural, la superposition des toits dans un hameau, ou l’éloignement d’une chaîne de montagnes. Sans elle, les images apparaissent plates et irréalistes. La règle des tiers, quant à elle, évite la composition centrée (souvent statique) et favorise un regard actif : placer l’horizon sur le tiers supérieur ou inférieur, ou un arbre singulier à une intersection, crée du mouvement et de l’intérêt. Leur combinaison permet des compositions à la fois techniques et expressives. ### Exemples concrets (camerounais et africains) - Perspective : Un dessin d’élève représentant un village Soudano-sahélien montre les cases alignées le long d’une piste, avec les lignes du sol et des toits convergeant vers un point de fuite situé à l’horizon, derrière un groupe de palmiers. - Règle des tiers : Une peinture de **Roger Milla** (peintre amateur, ancien footballeur) d’un coucher de soleil sur le fleuve Wouri place l’horizon sur le tiers inférieur, laissant deux tiers au ciel flamboyant, tandis qu’un pirogue solitaire est positionnée à l’intersection du tiers gauche et du tiers inférieur. ### Vocabulaire à retenir - Point de fuite : point sur l’horizon où semblent se rejoindre les lignes parallèles. - Ligne d’horizon : ligne imaginaire où le ciel rencontre la terre. - Plan avant / plan moyen / plan arrière : zones de profondeur dans l’image. - Équilibre visuel : répartition harmonieuse des éléments dans le cadre. - Tension dynamique : effet créé par un placement asymétrique mais équilibré. - Cadre : limites de l’image (bordure du dessin ou de la toile). ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : À l’aide d’un schéma, expliquez comment appliquer la règle des tiers et la perspective linéaire pour composer un dessin d’un paysage rural camerounais comprenant un chemin, un arbre isolé et des montagnes lointaines. **Plan** : I. Application de la perspective linéaire A. Placement de la ligne d’horizon (ex. : tiers supérieur pour accentuer le sol) B. Tracé des lignes orthogonales (chemin, base des cases) vers un point de fuite unique C. Réduction progressive de la taille des objets avec la distance II. Application de la règle des tiers A. Division du cadre en neuf parties égales B. Placement de l’arbre isolé à une intersection forte (ex. : tiers gauche, tiers moyen) C. Positionnement de l’horizon sur le tiers inférieur ou supérieur selon l’effet recherché III. Synthèse : comment les deux techniques travaillent ensemble A. La perspective structure la profondeur B. La règle des tiers organise l’équilibre dans l’espace ainsi créé C. Résultat : image réaliste, équilibrée et engageante ## III. Représentation et coloriage d’un paysage rural : Paysage Soudano-sahélien ### Contexte Le paysage Soudano-sahélien occupe la région septentrionale du Cameroun, principalement dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et partiellement de l’Adamaoua. Il se caractérise par un climat tropical sec, avec une saison des pluies courte (juin à septembre) et une longue saison sèche marquée par l’harmattan. Ce paysage façonne les modes de vie, l’architecture et les pratiques agricoles des populations telles que les Peuls, les Mafa, les Massa et les Tupuri. ### Définitions et caractéristiques > Le paysage Soudano-sahélien est un écosystème de savane arborée où alternent prairies herbeuses, arbres isolés ou en bosquets (notamment le baobab, le néré, l’acacia de Faidherbia), et des zones de culture sèche (mil, sorgho, niébé). L’habitat rural se compose de cases en banco (terre crue) souvent regroupées en concessions entourées de haies vives ou de clôtures en branches. ### Faits, dates et noms exacts - Le baobab (*Adansonia digitata*) est un arbre emblématique du Soudano-sahélien camerounais, pouvant vivre plus de 1 000 ans et atteindre 25 mètres de circonférence. - Les cases traditionnelles sont construites en banco : un mélange de terre, d’eau et parfois de fibres végétales (paille, bouse de vache), façonné en boules ou en couches successives. - L’agriculture de pluie domine, avec le mil (*Pennisetum glaucum*) comme céréale principale, particulièrement résistante à la sécheresse. - La région subit une désertification avancée due à la combinaison de surexploitation des sols, de surpâturage et de baisse des précipitations liée au changement climatique. ### Causes et conséquences La faible pluviométrie et la qualité des sols (souvent latéritiques, pauvres en nutriments) limitent la densité de végétation. Cela a conduit à des adaptations culturelles : l’élevage pastoral (transhumance des Peuls), l’agroforesterie (association des céréales avec des arbres fertilisant comme le Faidherbia albida), et l’architecture en banco, matériau local, thermique et renouvelable. Cependant, la pression démographique et climatique entraîne la dégradation des terres : perte de couverture végétale, érosion éolienne, ensablement des puits et réduction des rendements agricoles. ### Exemples concrets (camerounais et africains) - Architecture : Les cases à toit conique en chaume de mil observées autour de Maroua ou de Kousseri, avec des murs épais pour protéger de la chaleur. - Végétation : Le néré (*Parkia biglobosa*), arbre multifonction dont les fruits sont utilisés pour faire le soumbala (condiment fermenté), et dont les racines enrichissent le sol en azote. - Activités humaines : Femmes peules transformant le lait en fromage (wagassi) ou en beurre près des points d’eau temporaires ; hommes tissant des nattes en feuilles de rônier pour la vannerie. ### Vocabulaire à retenir - Savane arborée : paysage mixte d’herbes et d’arbres espacés. - Banco : matériau de construction en terre crue. - Harmattan : vent sec et poussiéreux venant du Sahara, fréquent en saison sèche. - Transhumance : déplacement saisonnier du bétail à la recherche de pâturages et d’eau. - Agroforesterie : système agricole intégrant arbres et cultures. - Désertification : dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches. ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Dessinez et colorez un paysage rural Soudano-sahélien comprenant une case en banco, un baobab isolé, des femmes en train de moudre du mil et un troupeau de chèvres en transhumance. Justifiez vos choix de composition (perspective et règle des tiers) et de couleurs. **Plan** : I. Description des éléments à représenter A. Case en banco : murs épais, toit de chaume en pente douce B. Baobab : tronc massif, écorce grisâtre, branches étalées C. Activités : mortier et pilon pour le mil, chèvres sur un sentier poussiéreux II. Application de la perspective A. Ligne d’horizon placée bas (tiers inférieur) pour montrer l’immensité du sol B. Chemin de transhumance en lignes convergentes vers un point de fuite lointain C. Taille décroissante des chèvres avec la distance III. Application de la règle des tiers A. Baobab placé à l’intersection du tiers droit et du tiers moyen B. Groupe de femmes à l’intersection du tiers gauche et du tiers supérieur C. Ciel occupé par deux tiers, soulignant la lumière intense IV. Choix des couleurs A. Tons ocres, siennas, terres brûlées pour le sol et les murs B. Vert pâle pour l’herbe sèche, jaune paille pour le chaume C. Bleu lavé pour le ciel lointain, blanc cassé pour la lumière réfléchie D. Touches de rouge ou de indigo sur les vêtements pour contraste culturel ## IV. Représentation et coloriage d'un paysage rural : Paysage Sawa ### Contexte Le paysage Sawa désigne les milieux ruraux des régions côtières et du sud-ouest du Cameroun, principalement peuplés par les groupes Sawa (Bakoko, Bassa, Douala, Ewondo, etc.). Il s’étend des plaines littorales autour de Douala et de Kribi jusqu’aux premiers plateaux de l’intérieur, caractérisé par un climat équatorial de type Guinée, avec des pluies abondantes toute l’année (plus de 2 000 mm/an), une humidité élevée et une végétation luxuriante. ### Définitions et caractéristiques > Le paysage Sawa est un écosystème de forêt équatoriale humide ou de forêt secondaire, traversé par de nombreux cours d’eau (fleuves, rivières, marigots), où l’agriculture de plantation (banane, plantain, manioc, cacao) coexiste avec la forêt naturelle et les habitats traditionnels en matériaux végétaux (rameaux, feuilles, bambou). ### Faits, dates et noms exacts - Le fleuve Wouri, qui traverse Douala, est formé par la confluence des rivières Dibamba et Sanaga près de Yaoundé, puis se jette dans l’Atlantique après un parcours d’environ 160 km. - Les villages Sawa traditionnels sont souvent construits sur pilotis ou près des berges, avec des cases en matériaux légers : toit de feuilles de raphia ou de bananier, murs en tressage de bambou ou de bois léger. - Le manioc (*Manihot esculenta*) est la racine alimentaire de base, transformé en bâton de manioc, en couscous ou en tapioca. - Le cacao (*Theobroma cacao*) est cultivé en sous-bois, particulièrement dans les régions de l’Ouest et du Sud-Ouest, introduit durant la période coloniale allemande (fin XIXᵉ siècle). - La mangrove, présente dans les embouchures (Wouri, Sanaga, Ndian), joue un rôle crucial de nurserie pour les poissons et de protection contre l’érosion côtière. ### Causes et conséquences L’abondance de l’eau et de la chaleur favorise une croissance végétale rapide, mais aussi une forte pression parasitaire et des maladies (paludisme, filariose). Cela a influencé les modes de construction : cases surélevées pour éviter l’humidité et les insectes, toits pentus pour faciliter l’écoulement de l’eau. L’agriculture de rente (cacao, café, banane) a transformé des pans de forêt en plantations, entraînant une perte de biodiversité. Cependant, des pratiques agroforestières traditionnelles (comme l’association du cacao avec des arbres fruitiers ou du bananier) permettent une certaine résilience écologique. ### Exemples concrets (camerounais et africains) - Habitat : Les cases en raffia observées dans les villages autour de Kribi ou de Limbe, avec des vérandas ouvertes pour la ventilation. - Cours d’eau : Le fleuve Sanaga, longest river wholly within Cameroon (environ 920 km), navigable sur certaines sections et utilisé pour le transport de bois et de personnes. - Cultures associées : Dans un champ Sawa, on trouve souvent du plantain entouré de bananiers, de papayers et de jeunes cacaoyers, créant une strate végétale multi-niveaux. - Artisanat : Vannerie en rotin ou en feuilles de pandanus pour faire des nattes, des paniers ou des coiffures traditionnelles. ### Vocabulaire à retenir - Forêt équatoriale humide : forêt à haute pluviosité, jamais totalement sèche. - Marigot : petit cours d’eau lent, souvent stagnant, dans une plaine inondable. - Pilotis : poteaux sur lesquels une construction est élevée au-dessus du sol ou de l’eau. - Agroforesterie : intégration délibérée d’arbres dans des systèmes agricoles. - Mangrove : écosystème côtier de arbres tolérants au sel, dans les zones intertidales. - Sous-bois : couche de végétation sous la canopée principale d’une forêt. ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Représentez un paysage rural Sawa comprenant un village sur pilotis au bord d’un marigot, une femme en train de râper du manioc, un pirogue à pagaie et un bananier lourd de fruits. Expliquez comment vous avez utilisé la perspective et la règle des tiers pour structurer votre composition, et justifiez vos choix de couleurs. **Plan** : I. Éléments du paysage A. Maisons sur pilotis : plancher en bois, accès par échelle, toit de feuilles B. Marigot : eau calme, reflets, berges végétalisées C. Activités : femme assise sur une natte, râpe à manioc, tas de pulpe D. Pirogue : longue, étroite, propulsée par pagaie simple E. Bananier : tronc élégant, régime lourd dirigé vers le bas II. Perspective A. Ligne d’horizon mi-hauteur (tiers moyen) pour équilibrer eau et végétation B. Lignes du sol et des pilotis convergentes vers un point de fuite latéral (vue en plongée légère) C. Réduction de la taille des éléments avec la distance (pirogue éloignée plus petite) III. Règle des tiers A. Pirogue placée à l’intersection du tiers gauche et du tiers inférieur B. Groupe de maisons sur pilotis le long du tiers inférieur C. Bananier placé verticalement le long du tiers droit, régime dans le tiers supérieur D. Ciel et eau chacun occupent environ un tiers vertical, végétation au centre IV. Couleurs A. Verts variés : foncé pour la forêt lointain, clair pour les jeunes feuilles B. Bruns et ocres pour le bois, l’eau teintée de brun par les tanins C. Jaune vif pour les bananes mûres, vert pâle pour les non mûres D. Touches de blanc ou de beige sur les vêtements pour contraster avec la végétation sombre ## V. Représentation et coloriage d’un paysage rural : Paysage Grassfield ### Contexte Le paysage Grassfield occupe les hautes terres de l’Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun, principalement peuplé par les groupes Bamileke, Bamoun et Tikar. Situé entre 1 000 et 2 500 mètres d’altitude, il bénéficie d’un climat tempéré de montagne, avec des températures moyennes fraîches (15-22°C), une pluviométrie abondante et régulière (1 800 à 2 500 mm/an), et des sols volcaniques riches. Ce paysage est marqué par une forte densité de population, une agriculture intensive et une architecture traditionnelle remarquable. ### Définitions et caractéristiques > Le paysage Grassfield est un écosystème de prairies d’altitude et de forêts de galerie, caractérisé par un bocage dense (haies vives, arbres isolés), une agriculture de rente et de subsistance (café, pomme de terre, igname, haricot), et des habitations traditionnelles en matériaux locaux (banco amélioré, chaume, pierre volcanique) souvent organisées autour d’une case royale ou d’un lieu sacré. ### Faits, dates et noms exacts - Le sol Grassfield est principalement un andosol, issu de la décomposition de roches volcaniques (basalte), très fertile et rétenteur d’eau. - La pomme de terre (*Solanum tuberosum*) est une culture clé, introduite durant la période coloniale allemande et devenue une base alimentaire, particulièrement autour de Dschang et de Bamenda. - Le café arabica (*Coffea arabica*) est cultivé en ombre, souvent associé à des arbres comme l’avocatier ou le korarima, dans les régions de Kouoptou et de Batcham. - Les cases traditionnelles Bamileke sont souvent rondes ou carrées, avec un toit conique en chaume de roseau ou de paille de maïs, soutenu par un poteau central, et des murs en banco décoré de motifs géométriques en relief. - Le palais royal des Bamoun à Foumban, reconstruit au début du XXᵉ siècle sous le roi Ibrahim Njoya, est un exemple monumental d’architecture en banco et en bois sculpté, témoignant d’une organisation politique et spirituelle avancée. ### Causes et conséquences La fertilité des sols et le climat favorable ont permis une intensification agricole précoce, conduisant à une forte densité rurale et à une moindre dépendance à la transhumance. Cependant, cette intensité entraîne des risques de dégradation : érosion des sols en pente, appauvrissement par monoculture (café), perte de biodiversité due à la réduction des haies et des arbres isolés. En réponse, des pratiques comme l’agroforesterie (café sous couvert d’arbres natifs) et la rotation des cultures sont promues pour préserver la durabilité du paysage. ### Exemples concrets (camerounais et africains) - Architecture : Les cases à entrée basse observées dans les chefferies Bamileke autour de Bafoussam, symbolisant le respect envers l’espace sacré. - Cultures associées : Un champ typique montre des rangs de pommes de terre entourés de haies de leucène ou de calliandra, fixant l’azote et fournissant du bois de chauffage. - Activités humaines : Femmes Bamoun transformant le miel en bière traditionnelle (à base de sorgho fermenté) près des ruches en tronc creux ; jeunes hommes tissant des bandes de coton pour les tissus ndop. - Paysage sacré : Les forêts sacrées (*tsla*) des Tikar, préservées comme lieux de culte et de réserves génétiques, entourant souvent des sources ou des rochers remarquables. ### Vocabulaire à retenir - Bocage : paysage mêlant champs, haies vives et arbres isolés. - Andosol : sol d’origine volcanique, riche et rétenteur d’eau. - Monoculture : culture d’une seule espèce sur une grande surface, risquant l’appauvrissement du sol. - Haie vive : haie composée d’arbres ou d’arbustes vivants, souvent utilisée pour délimiter des parcelles. - Forêt de galerie : forêt suivant le tracé d’un cours d’eau dans une zone autrement ouverte. - Forêt sacrée : espace boisé protégé pour des raisons religieuses ou culturelles. ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Dessinez et colorez un paysage rural Grassfield comprenant une case traditionnelle Bamileke, un champ de pommes de terre en terrasses, une haie vive d’arbres fixateurs d’azote et une femme en train de tisser un morceau de ndop. Justifiez vos choix de composition et de couleurs en lien avec les spécificités du paysage Grassfield. **Plan** : I. Éléments à représenter A. Case Bamileke : forme ronde ou carrée, toit conique, murs en banco avec motifs géométriques B. Champ de pommes de terre : lignes de culture en terrasses suivant les courbes de niveau C. Haie vive : rang d’arbres espacés (ex. : leucène) le long d’un sentier ou d’une clôture D. Activité : métier à tisser bas, fils de coton, motif traditionnel en cours de réalisation II. Perspective A. Ligne d’horizon placée haut (tiers supérieur) pour montrer la complexité du relief B. Terrasses du champ en lignes courbes convergentes vers un point de fuite latéral C. Taille décroissante des éléments de la haie avec la distance III. Règle des tiers A. Case placée à l’intersection du tiers gauche et du tiers moyen B. Champ de pommes de terre occupé par les deux tiers inférieurs, suivant la pente C. Haie vive placée le long du tiers droit, créant une frontière végétale D. Femme tisserande placée à l’intersection du tiers droit et du tiers supérieur IV. Couleurs A. Bruns et ocres pour les murs de banco, gris pâle pour la pierre de fondation B. Vert foncé pour les feuilles de pomme de terre, brun clair pour les tubercules exposés C. Vert vif pour la haie vive, brun pour les troncs D. Blanc cassé ou beige pour le coton du ndop, touches de rouge, indigo ou jaune selon le motif traditionnel E. Ciel souvent nuageux : gris bleu pâle, avec des touches de lumière diffuse ## Synthèse du chapitre - Les trois formes d’expression de l’art contemporain — figuratif, conceptuel, abstrait — offrent des voies complémentaires pour représenter, interroger ou évoquer la relation entre l’homme et son environnement. - La perspective linéaire et la règle des tiers sont des outils techniques essentiels pour créer des compositions réalistes, équilibrées et expressives dans la représentation des paysages ruraux. - Le paysage Soudano-sahélien se caractérise par sa sécheresse, son architecture en banco, sa végétation arborée clairsemée (baobab, néré) et ses activités d’élevage et de culture sèche. - Le paysage Sawa est marqué par son humidité, sa végétation luxuriante (forêt, mangrove, cours d’eau abondants), son habitat sur pilotis ou en matériaux légers, et ses cultures de plantation et de subsistance. - Le paysage Grassfield se distingue par son altitude, ses sols volcaniques fertiles, son bocage dense, son agriculture en terrasses (pomme de terre, café) et son architecture traditionnelle élaborée. - Dans chaque paysage, l’application rigoureuse de la perspective et de la règle des tiers permet de représenter fidélité spatiale et harmonie visuelle, tandis que le choix des couleurs et des détails culturels renforce l’authenticité et la dimension citoyenne de l’œuvre. - L’art, lorsqu’il s’ancre dans l’observation précise des milieux de vie, devient un moyen de sensibilisation aux enjeux environnementaux (désertification, déforestation, érosion) et d’affirmation de l’identité culturelle, fondements d’une citoyenneté engagée. ## Glossaire > **Figuratif** : forme d’art représentant de manière reconnaissable des éléments du réel. > **Conceptuel** : forme d’art où l’idée prime sur l’aspect matériel ou esthétique. > **Abstrait** : forme d’art ne représentant pas le monde visible, mais utilisant formes, couleurs et lignes pour évoquer. > **Perspective linéaire** : technique de représentation de la profondeur sur une surface plane par convergence des lignes vers un point de fuite. > **Règle des tiers** : principe de composition divisant l’image en neuf parties égales pour placer les points d’intérêt sur les lignes ou leurs intersections. > **Banco** : matériau de construction en terre crue, souvent utilisé dans l’habitat traditionnel camerounais. > **Andosol** : sol d’origine volcanique, riche et rétenteur d’eau, caractéristique des hautes terres de l’Ouest-Cameroun. > **Marigot** : petit cours d’eau lent ou stagnant, fréquent dans les plaines côtières et inondables. > **Bocage** : paysage agricole mêlant champs, haies vives et arbres isolés, typique du paysage Grassfield. > **Agroforesterie** : système agricole intégrant délibérément des arbres dans des cultures ou des pâturages. > **Désertification** : dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, due à des facteurs climatiques et humains. > **Forêt sacrée** : espace boisé protégé pour des raisons religieuses, culturelles ou spirituelles, souvent réservée aux rites ou à la conservation.

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est l'objectif principal de l'éducation à l'environnement dans le cadre du chapitre « Environnement et citoyenneté » ?
  2. 2. Dans le contexte camerounais, quelle pratique artistique peut contribuer à sensibiliser à la préservation des mangroves du littoral ?
  3. 3. Quelle est la définition la plus juste de l'éco-citoyenneté selon les programmes camerounais de Terminale ?
  4. 4. Quel artiste camerounais est connu pour intégrer des thèmes environnementaux dans ses œuvres plastiques utilisant des matériaux recyclés ?
  5. 5. Un élève souhaite créer une affiche pour sensibiliser au tri des déchets dans son lycée. Quelle démarche relève de l'application des connaissances du chapitre ?
  6. 6. Dans un projet interdisciplinaire arts-sciences, comment l'étude des couleurs naturelles (teintures végétales) peut-elle contribuer à la citoyenneté environnementale ?
  7. 7. Un groupe d'élèves réalise une performance artistique où ils portent des vêtements faits de sachets plastiques pour dénoncer la pollution. Quel type de compétence citoyenne cela développe-t-il principalement ?
  8. 8. Selon la loi camerounaise sur l'environnement (n° 2011/016 du 6 mai 2011), quel principe impose que les coûts de prévention et de réparation des dommages environnementaux soient supportés par le pollueur ?
  9. 9. Dans une œuvre d'art engagée, un élève représente un fleuve asséché entouré de racines desséchées. Quel message environnemental cette métaphore visuelle transmet-elle le plus clairement ?
  10. 10. Un enseignant souhaite évaluer si les élèves ont internalisé le lien entre art et responsabilité environnementale. Quelle preuve serait la plus indicative d'une internalisation réussie ?
  11. 11. Dans le contexte de l'adaptation au changement climatique, comment une pratique artistique comme le théâtre forum peut-elle contribuer à la citoyenneté environnementale au Cameroun ?
  12. 12. Quel est le risque principal d'une approche purement esthétique de l'art dans le chapitre « Environnement et citoyenneté » sans dimension critique ou engagée ?