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Chapitre 9

Méthodes particulières d’affinage des métaux

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Définir l’affinage thermique et électrolytique des métaux et expliquer leurs principes physiques et chimiques. - Décrire les étapes du procédé d’affinage électrolytique (préparation de l’anode, du catholyte, contrôle du courant, récupération du métal raffiné). - Réaliser un calcul de rendement électrolytique à l’aide de la loi de Faraday. - Expliquer le principe de la refusion des métaux, les différents types de fours utilisés et les paramètres de contrôle (température, atmosphère, temps de chauffe). - Appliquer les consignes de sécurité et d’hygiène spécifiques aux opérations d’affinage et de refusion en atelier technique camerounais. - Interpréter un certificat d’analyse métallurgique et proposer des actions correctives en cas de non‑conformité. **Prérequis :** - Notions de base en chimie générale (oxydo‑réduction, potentiel électrochimique, solubilité des sels). - Connaissances en physique thermique (transfert de chaleur, capacité thermique spécifique, diagrammes de phase). - Lecture de schémas électriques simples et connaissance des unités du Système International (A, V, J, mol). - Règles d’hygiène et de sécurité en milieu industriel (port des EPI, manipulation des produits chimiques). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, l’industrie minière et métallurgique transforme les minerais bruts en produits métalliques purs destinés à la construction, à l’électronique et à l’industrie automobile. L’affinage constitue l’étape cruciale qui permet d’éliminer les impuretés (soufre, arsenic, plomb, etc.) et d’obtenir des métaux répondant aux normes internationales de qualité (ISO 9001) et de spécification métallique (ASTM). Deux familles de procédés sont principalement utilisées : l’affinage thermique (pyrométallurgie) et l’affinage électrolytique (hydrométallurgie). La refusion, quant à elle, intervient après l’affinage pour couler le métal raffiné sous forme de lingots, de billettes ou de fils, en maîtrisant la microstructure et les propriétés mécaniques. Ce chapitre présente ces deux leçons du programme officiel MINESEC/IGE, en s’appuyant sur des exemples d’ateliers situés à Douala, Yaoundé et Bertoua, où l’on travaille le cuivre, le zinc et l’or. --- ## I. Leçon 17: Affinage thermique et électrolytique des métaux ### 1. Principes de l’affinage thermique L’affinage thermique repose sur la différence de températures de fusion ou de volatilité entre le métal souhaité et ses impuretés. On chauffe le métal brut dans un four à une température juste au-dessus de son point de fusion, permettant aux impuretés plus volatiles ou moins fusibles de s’évaporer ou de former une scorie séparable. > **Définition** : L’affinage thermique est un procédé pyrométallurgique qui sépare le métal pur de ses impuretés par chauffage contrôlé, sans apport de courant électrique. **Étapes typiques (exemple du cuivre) :** 1. **Chauffage** du concentré de cuivre à 1085 °C (point de fusion du Cu) dans un four à réverbère ou un four à induction. 2. **Formation de la scorie** : les oxydes de fer et de silicate réagissent avec la chaux ajoutée pour former une phase liquide moins dense qui surnage. 3. **Coulée** : le cuivre fondu est versé dans un creuset de refroidissement où il se solidifie sous forme d’anodes brutes. 4. **Refroidissement contrôlé** pour éviter la fissuration thermique. **Paramètres de contrôle** : température du four (±5 °C), temps de séjour (30‑45 min), débit d’air ou de gaz protecteur (argon, N₂), taux de chaux (2‑5 % en masse). **Sécurité** : port de lunettes de protection, masque à filtration des fumées métalliques, surveillance des émissions de SO₂ et de composés d’arsenic (As₂O₃). ### 2. Affinage électrolytique L’affinage électrolytique utilise une cellule électrolytique où le métal impur constitue l’anode et le métal pur se dépose sur la cathode. Le procédé repose sur la loi de Faraday : la quantité de substance déposée est proportionnelle au charge électrique passée. > **Loi de Faraday** : $m = \dfrac{M \cdot I \cdot t}{n \cdot F}$ où $m$ est la masse déposée (g), $M$ la masse molaire du métal (g mol⁻¹), $I$ l’intensité (A), $t$ le temps (s), $n$ le nombre d’électrons transférés, $F = 96485$ C mol⁻¹ la constante de Faraday. **Cellule type (affinage du cuivre) :** - **Anode** : cuivre brut (99,5 % Cu) sous forme de plaques. - **Cathode** : feuille de cuivre pur (ou de titane) où se dépose le cuivre pur. - **Électrolyte** : solution aqueuse de sulfate de cuivre (CuSO₄·5H₂O) à 150‑200 g L⁻¹, additionnée d’acide sulfurique (50‑100 g L⁻¹) pour maintenir la conductivité et empêcher l’hydrolyse. - **Tension d’alimentation** : 0,2‑0,3 V par cellule (décomposition de l’eau négligeable). - **Densité de courant** : 200‑300 A m⁻². **Déroulement du procédé :** 1. **Préparation des électrodes** : nettoyage mécanique, dégraissage, rinçage à l’eau déionisée. 2. **Montage de la cellule** : immersion des anode et cathode dans l’électrolyte, connexion au redresseur. 3. **Électrolyse** : passage du courant continu pendant 24‑48 h ; le cuivre se dissout à l’anode (Cu → Cu²⁺ + 2e⁻) et se réduit à la cathode (Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu). 4. **Récupération du cuivre cathodique** : décapage, lavage, séchage, pesée. 5. **Traitement de l’anode** : les impuretés plus nobles (Ag, Au, Pt, Se, Te) restent dans l’anode sous forme de « boue d’anode » récupérée pour valorisation. **Contrôle de qualité** : mesure de la pureté par spectrométrie d’émission à plasma induit (ICP‑OES) ; objectif ≥ 99,99 % Cu. **Exemple chiffré** : On veut produire 10 kg de cuivre pur avec une cathode d’efficacité actuelle de 95 %. Sachant que la réaction implique $n=2$, $M_{Cu}=63,55$ g mol⁻¹, on calcule la charge nécessaire : $$ Q = \frac{m \cdot n \cdot F}{M \cdot \eta} = \frac{10\,000 \text{ g} \times 2 \times 96485 \text{ C mol}^{-1}}{63,55 \text{ g mol}^{-1} \times 0,95} \approx 3,20 \times 10^{7} \text{ C} $$ Le temps d’électrolyse à un courant de 300 A est : $$ t = \frac{Q}{I} = \frac{3,20 \times 10^{7}}{300} \approx 1,07 \times 10^{5} \text{ s} \approx 29,7 \text{ h} $$ On arrondit à **30 h** avec une marge de sécurité pour les variations de température et de concentration. > **Règle de sécurité** : vérifier l’étanchéité des joints de la cellule avant mise sous tension pour éviter les projections d’acide sulfurique. ### 3. Tableau récapitulatif des deux types d’affinage | Critère | Affinage thermique | Affinage électrolytique | |---------|-------------------|--------------------------| | Principe | Séparation par différence de points de fusion/volatilité | Séparation par transfert d’ions en solution sous courant continu | | Énergie principale | Chaleur (combustible, résistance électrique) | Énergie électrique (courant continu) | | Métaux typiques | Cu, Zn, Pb, Sn | Cu, Ni, Zn, Ag, Au | | Produit secondaire | Scorie, fumées | Boue d’anode, électrolyte usé | | Contrôle qualité | Analyse chimique du métal fondu | Titrage de l’électrolyte, ICP‑OES du dépôt | | Consommation énergétique | 2‑4 GJ t⁻¹ (selon le métal) | 0,3‑0,5 GJ t⁻¹ (plus efficace pour haute pureté) | | Exemple d’usine au Cameroun | Raffinerie de cuivre de Bertoua (four à réverbère) | Usine d’électrolyse de zinc à Douala (cellules électrolytiques classiques) | --- ## II. Leçon 18: Refusion des métaux ### 1. Principe de la refusion La refusion consiste à faire fondre à nouveau un métal déjà affinée afin de lui donner une forme coulable (lingot, bille, fil) et d’homogénéiser sa composition chimique et sa microstructure. On profite de cette étape pour ajouter des éléments d’alliage, dégazer le métal et éliminer les dernières traces d’impuretés sous forme de scorie ou de gaz. > **Définition** : La refusion est un procédé de fusion secondaire qui permet d’obtenir un métal liquide homogène, prêt à être coulé, en maîtrisant la température, l’atmosphère et le temps de chauffe. ### 2. Équipements de refusion utilisés en milieu technique camerounais | Type de four | Plage de température | Atmosphère contrôlée | Avantages | Inconvénients | |--------------|----------------------|----------------------|-----------|---------------| | Four à induction (coreless) | 800‑1 600 °C | Vide, Ar, N₂ | Chauffe rapide, bonne maîtrise du gradient thermique, faible contamination | Coût d’investissement élevé, nécessite une alimentation électrique puissante | | Four à arc électrique | 1 200‑2 000 °C | Air, Ar, mélange réducteur | Grande capacité, adapté aux métaux réfractaires (Ti, Zr) | Électrodes consommables, production de poussières métalliques | | Four à résistance (chauffage par éléments SiC) | 600‑1 200 °C | Air, gaz neutre | Simple d’entretien, bon pour alliages légers (Al, Mg) | Chauffe plus lente, moins adapté aux hautes températures | | Four à chaudière (chauffage par combustion) | 900‑1 400 °C | Air, flamme oxy‑combustible | Faible coût d’exploitation, adapté aux petites séries | Risque de contamination par les produits de combustion, moins de précision thermique | ### 3. Procédés de refusion #### 3.1 Refusion sous vide ou en atmosphère inerte - **Objectif** : éliminer les gaz dissous (hydrogène, oxygène) et éviter l’oxydation du métal liquide. - **Mise en œuvre** : placer le métal dans un creuset en graphite ou en céramique, évacuer la chambre à < 10⁻³ mbar, chauffer jusqu’à la température de fusion, maintenir 5‑10 min, puis verser dans un moule préchauffé. - **Exemple** : refusion du titane pour l’aéronautique (vide < 10⁻⁴ mbar, 1 660 °C). #### 3.2 Refusion en atmosphère contrôlée (gaz protecteur) - **Gaz utilisés** : argon (Ar) pour métaux réactifs, mélange Ar/H₂ (5 %) pour réduire les oxydes de surface. - **Avantage** : protection contre l’oxydation tout en permettant un dégazage partiel. - **Exemple** : refusion de l’aluminium alliage 6061 sous Ar à 750 °C pour éviter la formation d’Al₂O₃. #### 3.3 Refusion avec ajout d’alliageurs - Lors de la fusion, on introduit des éléments d’alliage (Cu, Si, Mg, Zn) sous forme de maîtres‑alliages ou de poudre. - La température de maintien est choisie pour assurer une dissolution complète (souvent 10‑20 °C au-dessus du liquidus). - **Exemple** : ajout de 0,5 % de Mg à l’aluminium pour améliorer la résistance mécanique, suivi d’un traitement thermique de vieillissement. ### 4. Contrôle qualité après refusion | Contrôle | Méthode | Critère d’acceptation | |----------|---------|-----------------------| | Analyse chimique | ICP‑OES ou spectrométrie de fluorescence X (XRF) | Composition dans les tolérances du cahier des charges (±0,02 % pour les éléments majeurs) | | Détermination de la densité | Méthode d’Archimède | Écarts < 0,5 % par rapport à la densité théorique | | Essai mécanique | Traction (norme ISO 6892-1) | Résistance à la traction ≥ valeur spécifiée, allongement ≥ 10 % | | Détection de défauts internes | Radiographie ou ultrasons | Aucune indication > 2 mm² sur la zone critique | | Analyse métallographique | Microscopie optique après attaque | Taille de grain ≤ 30 µm pour les alliages à haute résistance, absence de inclusions > 10 µm | > **Règle de sécurité** : lors de la manipulation du métal fondu, porter un tablier en cuir, des gants résistants à la chaleur et un masque facial anti‑projections ; maintenir une distance de sécurité d’au moins 1,5 m du bassin de fusion. ### 5. Exemple de calcul de bilan thermique pour une refusion d’aluminium On veut fondre 200 kg d’Al à partir de température ambiante (25 °C) jusqu’à 750 °C (point de fusion) puis le maintenir à l’état liquide pendant 10 min. - Chaleur spécifique de l’Al solide : $c_{p,s}=0,90$ J g⁻¹ K⁻¹ - Chaleur latente de fusion : $L_f=397$ J g⁻¹ - Chaleur spécifique de l’Al liquide : $c_{p,l}=1,08$ J g⁻¹ K⁻¹ Énergie nécessaire : $$ Q = m\big[c_{p,s}(T_f-T_i) + L_f + c_{p,l}(T_{main}-T_f)\big] $$ avec $T_i=25$ °C, $T_f=660$ °C (fusion réelle de l’Al), $T_{main}=750$ °C, $m=200\,000$ g. $$ \begin{aligned} Q &= 200\,000\big[0,90(660-25) + 397 + 1,08(750-660)\big] \\ &= 200\,000\big[0,90\times635 + 397 + 1,08\times90\big] \\ &= 200\,000\big[571,5 + 397 + 97,2\big] \\ &= 200\,000 \times 1\,065,7 \\ &= 2,13 \times 10^{8}\text{ J} \approx 213\text{ MJ} \end{aligned} $$ Cette énergie doit être fournie par le four à induction avec un rendement estimé à 0,85, donc puissance nécessaire (en supposant que l’énergie soit délivrée pendant le temps de maintien de 10 min = 600 s) : $$ P = \frac{Q}{\eta \times t} = \frac{2,13\times10^{8}}{0,85 \times 600} \approx 417\text{ kW} $$ On choisira un générateur d’induction de 450 kW avec régulation de fréquence. > **Formule clé** : $Q = m\big[c_{p,s}\Delta T + L_f + c_{p,l}\Delta T_{liq}\big]$ (J). --- ## Synthèse du chapitre - L’affinage thermique sépare les métaux par différence de points de fusion/volatilité ; il nécessite un contrôle précis de la température et de l’atmosphère, produit des scories et des fumées à traiter. - L’affinage électrolytique repose sur la loi de Faraday ; il permet d’obtenir des puretés > 99,9 % grâce à une dissolution anodique et une réduction cathodique dans un électrolyte aqueux. - La refusion est une étape de fusion secondaire visant à homogénéiser le métal, à ajouter des alliageurs et à éliminer les gaz dissous ; elle s’effectue dans des fours à induction, à arc ou à résistance sous vide ou gaz protecteur. - Les paramètres clés à surveiller : température (±5 °C), temps de maintien, composition de l’atmosphère, densité de courant (électrolyse) et rendement énergétique. - La sécurité impose le port d’EPI adaptés (lunettes, masque, gants résistants à la chaleur, tablier), la ventilation des fumées et la vérification de l’étanchéité des cellules électrolytiques. - Le contrôle qualité final s’appuie sur l’ICP‑OES, les essais mécaniques et la métallographie pour garantir la conformité aux normes industrielles. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Affinage thermique | Procédé pyrométallurgique qui sépare un métal de ses impuretés par chauffage contrôlé sans apport de courant électrique. | | Affinage électrolytique | Procédé hydrométallurgique où le métal impur se dissout à l’anode et se réduit pur à la cathode sous courant continu. | | Loi de Faraday | Relation liant la masse de substance déposée en électrolyse à la charge électrique passée : $m = \dfrac{M I t}{n F}$. | | Anode | Électrode où se produit l’oxydation (dissolution du métal impur) dans une cellule électrolytique. | | Cathode | Électrode où se produit la réduction (dépôt du métal pur) dans une cellule électrolytique. | | Électrolyte | Solution conductrice contenant les ions du métal à affiner (ex. CuSO₄/H₂SO₄). | | Scorie | Phase liquide moins dense formée lors de l’affinage thermique, contenant les oxydes et les impuretés non métalliques. | | Boue d’anode | Résidu solide enrichi en métaux précieux (Ag, Au, Pt) et parfois en sélénium et tellure, restant à l’anode après électrolyse du cuivre. | | Refusion | Fusion secondaire d’un métal déjà affinée afin d’obtenir un métal liquide homogène prêt à être coulé. | | Four à induction | Appareil qui chauffe le métal par courants de Foucault induits dans un champ magnétique alterné. | | Atmosphère inerte | Milieu gazeux (Ar, N₂) dépourvu d’oxygène, utilisé pour éviter l’oxydation du métal liquide. | | Rendement énergétique | Rapport entre l’énergie effectivement utilisée pour la fusion et l’énergie fournie par la source (ex. 0,85 pour un four à induction). | | ICP‑OES | Spectrométrie d’émission à plasma induit couplé, utilisée pour l’analyse quantitative des éléments métalliques. | | Dégrisage | Opération de nettoyage des pièces métalliques avant traitement thermique ou électrolytique afin d’éliminer les huiles et les graisses. | | Traitement thermique de vieillissement | Chauffage à température modérée suivi d’un refroidissement pour précipiter des phases durcissantes dans un alliage (ex. Al‑Mg‑Si). | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Calcul de charge électrolytique **Situation** : Une usine de raffinage du cuivre à Douala doit produire 15 kg de cuivre cathodique pur (Cu) à partir d’anodes de cuivre brut. L’efficacité courante du procédé est estimée à 92 %. **Données** : - Masse molaire du Cu : $M_{Cu}=63,55$ g mol⁻¹ - Nombre d’électrons transférés : $n=2$ - Constante de Faraday : $F=96485$ C mol⁻¹ **Questions** : 1. Calculer la charge électrique totale nécessaire (en coulombs). 2. Déterminer le temps d’électrolyse si le courant appliqué est constant à 400 A. **Corrigé** : 1. Charge nécessaire (en tenant compte de l’efficacité $\eta$) : $$ Q = \frac{m \cdot n \cdot F}{M \cdot \eta} = \frac{15\,000\text{ g} \times 2 \times 96485\text{ C mol}^{-1}}{63,55\text{ g mol}^{-1} \times 0,92} \approx 4,95 \times 10^{7}\text{ C} $$ 2. Temps d’électrolyse : $$ t = \frac{Q}{I} = \frac{4,95 \times 10^{7}\text{ C}}{400\text{ A}} \approx 1,24 \times 10^{5}\text{ s} \approx 34,4\text{ h} $$ On arrondit à **34 h 25 min** avec une marge de réglage pour les variations de température et de concentration de l’électrolyte. --- ### Exercice 2 – Bilan thermique de la refusion d’un alliage d’aluminium **Situation** : Un atelier de Bertoua doit refondre 120 kg d’alliage Al‑Si‑7 % (masse molaire moyenne approximée à 27 g mol⁻¹) à partir de 20 °C jusqu’à 780 °C (température de maintien liquide) et le maintenir à cette température pendant 8 min. On considère que la chaleur spécifique du solide et du liquide sont respectivement $c_{p,s}=0,90$ J g⁻¹ K⁻¹ et $c_{p,l}=1,08$ J g⁻¹ K⁻¹, la chaleur latente de fusion de l’Al est $L_f=397$ J g⁻¹, et la température de fusion de l’Al pur est 660 °C (on l’utilise comme référence pour l’alliage). **Questions** : 1. Calculer l’énergie totale nécessaire (en mégajoules). 2. Si le four à induction utilisé présente un rendement de 0,80, quelle puissance moyenne doit-il fournir pendant la période de chauffe (en kW) ? **Corrigé** : 1. Énergie : $$ \begin{aligned} Q &= m\big[c_{p,s}(T_f-T_i) + L_f + c_{p,l}(T_{main}-T_f)\big] \\ &= 120\,000\big[0,90(660-20) + 397 + 1,08(780-660)\big] \\ &= 120\,000\big[0,90\times640 + 397 + 1,08\times120\big] \\ &= 120\,000\big[576 + 397 + 129,6\big] \\ &= 120\,000 \times 1\,102,6 \\ &= 1,323 \times 10^{8}\text{ J} \approx 132\text{ MJ} \end{aligned} $$ 2. Temps de chauffe (on suppose que la montée en température se fait linéairement et que le maintien de 8 min est inclus dans le temps total) : - Temps de chauffe estimé à 15 min (900 s) pour atteindre 780 °C, puis maintien 8 min (480 s). - Temps total $t_{tot}=900+480=1\,380$ s. Puissance moyenne nécessaire : $$ P = \frac{Q}{\eta \times t_{tot}} = \frac{1,323 \times 10^{8}\text{ J}}{0,80 \times 1\,380\text{ s}} \approx 1,20 \times 10^{5}\text{ W} \approx 120\text{ kW} $$ On choisira donc un générateur d’induction d’au moins **130 kW** pour assurer une marge de sécurité. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | **Ne pas vérifier l’étanchéité des joints d’une cellule électrolytique avant mise sous tension** | Projections d’acide sulfurique, brûlures cutanées et oculaires, contamination de l’électrolyte. | Effectuer un test de pression à l’air ou à l’azote sur chaque joint ; remplacer les joints usés ; porter lunettes de protection et gants résistants aux acides. | | 2 | **Surcharger le four à induction au-delà de sa capacité nominale** | Surchauffe du bobinage, déclenchement de la protection thermique, risque de feu ou de détérioration du creuset. | Respecter la masse maximale indiquée par le constructeur ; utiliser une balance pour peser la charge ; prévoir un temps de refroidissement entre deux cycles. | | 3 | **Omettre le dégazage sous vide ou en argon lors de la refusion de métaux réactifs (Ti, Zr)** | Formation de porosités internes, réduction de la résistance mécanique, risque de rupture en service. | Effectuer un cycle de vide à < 10⁻³ mbar pendant 5‑10 min avant la montée en température ; maintenir l’atmosphère inerte pendant toute la phase liquide. | | 4 | **Utiliser une densité de courant trop élevée en électrolyse du zinc** | Déposition dendritique, augmentation de la résistance de la cathode, contamination par l’hydrogène gazeux. | Se référer aux courbes de polarisation du Zn‑H₂SO₄ ; maintenir la densité de courant entre 200‑350 A m⁻² ; surveiller le pH de l’électrolyte (ideal 1,5‑2,0). | | 5 | **Ne pas porter de protection thermique lors de la manipulation du métal fondu** | Brûlures graves au deuxième ou troisième degré, projections de métal pouvant causer des lésions oculaires. | Porter systématiquement un tablier en cuir, des gants aluminisés, un casque avec visière anti‑projection et des bottes de sécurité ; maintenir une zone d’exclusion d’au moins 2 m autour du bassin de fusion. | | 6 | **Négliger l’analyse de la boue d’anode après électrolyse du cuivre** | Perte de valorisation des métaux précieux (Ag, Au, Pt) et non‑conformité aux normes de traitement des déchets. | Mettre en place un procédé de récupération (lessivage à l’acide nitrique suivi de précipitation ou d’électrolyse sélective) ; enregistrer les masses récupérées dans le registre de traçabilité. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition principale de l'affinage thermique d'un métal ?
  2. 2. Dans l'affinage électrolytique du cuivre, quelle est la fonction de l'anode ?
  3. 3. Qu'entend-on par « refusion » des métaux dans le contexte de la métallurgie extractive ?
  4. 4. Un anode de cuivre impure contient 2 % d'impuretés. Après affinage électrolytique, le cuivre déposé sur la cathode atteint une pureté de 99,9 %. Quelle masse de cuivre pur obtient-on à partir d'une anode de 500 kg ?
  5. 5. Lors de l'affinage thermique du fer, quelle impureté est principalement éliminée par oxydation à haute température ?
  6. 6. Pourquoi l'affinage électrolytique est-il privilégié pour les métaux précieux tels que l'or et l'argent ?
  7. 7. Calculer la quantité d'électricité (en coulombs) nécessaire pour affiner 100 kg de zinc par électrolyse, sachant que la réaction est Zn2+ + 2e- → Zn et que la constante de Faraday vaut 96485 C/mol.
  8. 8. À partir de 800 kg de plomb brut contenant 5 % d'impuretés, l'affinage permet d'obtenir 760 kg de plomb pur. Quel est le rendement de l'affinage exprimé en pourcentage ?
  9. 9. Selon le diagramme d'Ellingham, à quelle température approximative l'oxyde de nickel (NiO) devient-il réductible par le carbone, rendant possible l'affinage thermique du nickel par réduction carbothermique ?
  10. 10. Pourquoi l'affinage thermique de l'aluminium n'est-il pas viable industriellement ?