Chapitre 3
Grands produits de la chimie minérale
Lecture : 15 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir et classer les silicates, les oxydes minéraux et l’oxyde d’uranium.
- Décrire les procédés d’obtention (extraction, traitement, purification) utilisés dans les carrières et les usines camerounaises.
- Expliquer les utilisations industrielles des silicates (céramique, verre, construction) et des oxydes minéraux (pigments, catalyseurs).
- Présenter la chaîne de production du concentré uranifère et du combustible nucléaire, en respectant les normes de sécurité radiologique.
- Réaliser un calcul simple de masse d’UO₂ nécessaire pour alimenter un réacteur donné.
- Identifier les principaux lanthanides, leurs propriétés et leurs applications technologiques.
**Prérequis** : Notions de chimie générale (liaisons ioniques/covalentes, états d’oxydation, solubilité), connaissances de base en minéralogie (formules empiriques, système cristallin), et notions de radioprotection (unités Sievert, demi‑vie).
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## Introduction
Les ressources minérales du Cameroun (sables siliceux, gisements de kaolin, de feldspath, de manganèse, d’uranium et de terres rares) constituent un levier majeur pour le développement industriel. Le chapitre « Grands produits de la chimie minérale » montre comment, à partir de matières premières extraites, on obtient des produits de haute valeur ajoutée : silicates pour le bâtiment et la céramique, oxydes minéraux pour les pigments et les catalyseurs, concentré uranifère pour le combustible nucléaire, et lanthanides pour les aimants permanents et les écrans. Chaque leçon s’appuie sur des situations professionnelles réelles (carrière de Bafoussam, usine de traitement de Minim-Martap, site d’exploration d’Uranium de la région de l’Adamaoua (Ngaoundéré)) afin de préparer l’élève aux exigences du Probatoire et aux métiers de technicien supérieur en génie des procédés miniers.
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## I. Silicates, obtention et utilisations
### A. Définition et classification
Un silicate est un composé dont l’anion de base est le tétraèdre SiO₄⁴⁻. Selon la façon dont ces tétraèdres sont liés, on distingue :
- **Nesosilicates** (tétraèdres isolés) – ex. olivine (Mg₂SiO₄).
- **Sorosilicates** (groupes Si₂O₇) – ex. épidote.
- **Cyclosilicates** (anneaux) – ex. béryl (Be₃Al₂Si₆O₁₈).
- **Inosilicates** (chaînes simples ou doubles) – ex. pyroxènes, amphiboles.
- **Phyllosilicates** (feuillets) – ex. kaolinite, mica.
- **Tectosilicates** (tridimensionnels) – ex. quartz, feldspaths, zéolites.
> Les silicates représentent plus de 90 % de la croûte terrestre ; leur diversité structurale explique leurs propriétés physiques variées (dureté, solubilité, capacité d’échange cationique).
### B. Principaux silicates du Cameroun
| Silicate | Gisement principal | Formule typique | Utilisation principale |
|----------|-------------------|----------------|------------------------|
| Quartz (SiO₂) | Carrière de Bafoussam | SiO₂ | Verre, sable de fonderie |
| Kaolinite (Al₂Si₂O₅(OH)₄) | Basin de la Lagdo | Al₂Si₂O₅(OH)₄ | Céramique, papier |
| Feldspath potassique (KAlSi₃O₈) | Région de l’Adamaoua | KAlSi₃O₈ | Verre, émail |
| Zéolite naturelle (Na₂O·Al₂O₃·SiO₂·xH₂O) | Carrière de Ngaoundéré | Na₂O·Al₂O₃·SiO₂·xH₂O | Adsorption, catalyse |
### C. Procédés d’obtention
1. **Extraction** : exploitation à ciel ouvert ou souterraine, suivi du concassage primaire (jaw crusher) et secondaire (cone crusher).
2. **Broyage** : réduction à une granulométrie < 75 µm (broyeur à boulets) pour libérer les particules de silicate.
3. **Séparation physique** :
- **Lavage** (hydrocyclone) pour éliminer les argiles.
- **Séparation magnétique** (pour éliminer les impuretés ferrugineuses).
- **Flottation** (collecteur d’acide gras) pour concentrer le feldspath ou le quartz.
4. **Traitement thermique** (calcination) :
- Kaolinite → métakaolin (Al₂Si₂O₇) à 600‑800 °C, utilisé comme adjuvant béton.
- Feldspath → fusion à 1200‑1400 °C pour produire du verre.
5. **Conditionnement** : ensachage en big‑bag de 25 kg ou stockage en silos pour l’alimentation des unités de production.
> La température de calcination du kaolinite doit être contrôlée avec un pyromètre (± 5 °C) afin d’éviter la sinterisation qui réduirait l’activité pozzolanique.
### D. Utilisations industrielles
- **Verre** : quartz pur (> 99,5 % SiO₂) fondu avec soude et chaux → verre plat ou creux.
- **Céramique** : kaolinite + feldspath + silice → corps de céramique vitrifiée (carrelage, sanitaire).
- **Construction** : métakaolin comme adjuvant pozzolanique (5‑10 % du poids du ciment) améliore la résistance à la compression et réduit la perméabilité.
- **Filtration & catalyse** : zéolites naturelles utilisées dans le traitement des eaux usées (échange d’ions NH₄⁺/Na⁺) et comme catalyseurs d’acylation dans la pétrochimie.
### E. Normes de sécurité et d’hygiène
- Port de masques filtrants (FFP2) lors du broyage pour éviter l’inhalation de silice cristalline (risque de silicose).
- Surveillance de la poussière respirable (< 0,1 mg/m³) conformément à l’arrêté ministériel n° 2015/012 du MINESEC.
- Élimination des boues de lavage selon la réglementation camerounaise sur les déchets dangereux (décret n° 2018/345).
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## II. Oxydes minéraux et concentré uranifère
### A. Oxydes minéraux courants
| Oxyde | Formule | Couleur typique | Application principale |
|-------|---------|----------------|------------------------|
| Dioxyde de manganèse | MnO₂ | Brun noir | Pigment, catalyseur d’oxydation |
| Dioxyde de titane | TiO₂ | Blanc | Pigment opacifiant (peinture, plastiques) |
| Oxyde de fer(III) | Fe₂O₃ | Rouge | Pigment, matière première pour l’acier |
| Oxyde d’uranium (U₃O₈) | U₃O₈ | Vert olive | Concentré uranifère (yellowcake) |
> Le TiO₂ est le pigment blanc le plus utilisé au monde (> 4 Mt/an) grâce à son indice de réfraction élevé (n≈2,7) et sa stabilité UV.
### B. Concentré uranifère : composition et obtention
Le concentré uranifère, appelé *yellowcake*, est principalement constitué d’U₃O₈ (≈ 80‑85 % en masse) avec des traces de UO₂, SiO₂, Al₂O₃ et Fe₂O₃. Son obtention suit trois étapes :
1. **Lixiviation acide** (H₂SO₄ 10‑15 % w/v) à 40‑60 °C, sous agitation, pour solubiliser l’uranium sous forme d’uranyl sulfate [UO₂]SO₄.
2. **Extraction par solvant** : phase organique (amine tributylphosphate, TBP) dans du kérosène extrait l’uranyl sulfate de la phase aqueuse.
3. **Précipitation** : ajout d’ammoniac (NH₃) ou d’hydroxyde de sodium (NaOH) à la phase chargée entraîne la precipitation d’U₃O₈·xH₂O, qui est ensuite filtré, lavé et séché à 300‑400 °C pour obtenir le yellowcake anhydre.
> La réaction globale de lixiviation peut être écrite :
> \[
> \mathrm{UO_2 + 2\,H_2SO_4 \rightarrow [UO_2]SO_4 + 2\,H_2O}
> \]
### C. Traitement du minerai d’uranium (exemple de site d’exploration d’Uranium de la région de l’Adamaoua (Ngaoundéré))
- **Concassage** : réduction à < 6 mm.
- **Broyage** : broyage à boulets jusqu’à 75 µm.
- **Lixiviation** : cuve de 50 m³, temps de résidence 4 h, pH maintenu à 1,5 par ajout d’acide sulfurique.
- **Clarification** : décantation puis filtration sur presse à filtre.
- **Extraction** : colonne de mélange‑séparation (Mixer‑Settler) avec TBP/Kérosène, ratio organique/aqueux 1:3.
- **Stripping** : lavage de la phase organique avec solution d’acide chlorhydrique 0,5 M pour récupérer l’uranium.
- **Précipitation** : ajout de NH₄OH jusqu’à pH ≈ 9, filtration, séchage.
Le rendement global du procédé est de l’ordre de 85‑90 % d’U récupéré dans le yellowcake.
### D. Sécurité radiologique
- Port de dosimètres passifs (film ou TLD) et contrôle hebdomadaire de l’exposition (< 0,2 mSv/semaine).
- Ventilation locale avec débit d’air ≥ 0,5 m³/s pour maintenir la concentration d’aérosols d’uranium < 0,1 Bq/m³.
- Stockage du yellowcake dans des conteneurs en acier inoxydable, étiquetés selon la réglementation IAEA (classe 7).
- Formation obligatoire sur la manipulation des matières radioactives (module de 8 h, renouvellement annuel).
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## III. Oxyde d’uranium, combustible nucléaire et lanthanides
### A. UO₂ et UO₃ : propriétés
| Propriété | UO₂ (dioxyde d’uranium) | UO₃ (trioxyde d’uranium) |
|-----------|------------------------|--------------------------|
| Structure cristalline | Fluorite (cubique, a=5,47 Å) | Orthorhombique (Pbnm) |
| Densité | 10,96 g·cm⁻³ | 7,30 g·cm⁻³ |
| Point de fusion | 2 860 °C | 690 °C (décomposition) |
| Conductivité thermique | 8,0 W·m⁻¹·K⁻¹ (à 300 K) | 2,5 W·m⁻¹·K⁻¹ |
| Utilisation principale | Combustible nucléaire (pastilles) | Intermédiaire de conversion (UO₃ → UF₆) |
> L’UO₂ est choisi comme combustible car il présente une bonne rétention des produits de fission et une faible pression de vapeur à haute température.
### B. Fabrication du combustible nucléaire (pastilles)
1. **Conversion** : U₃O₈ + 6 HF → 3 UF₄ + 3 H₂O (réaction à 500 °C).
2. **Fluoruration** : UF₄ + F₂ → UF₆ (gaz) à 250 °C, utilisé pour l’enrichissement.
3. **Reconversion** : UF₆ + H₂ → UF₄ + 2 HF (réduction) puis UF₄ + 2 H₂ → UO₂ + 4 HF (hydrolyse) à 500‑600 °C.
4. **Préparation de la poudre** : broyage à jet d’air, tamisage à 10‑15 µm.
5. **Pré‑sintering** : pressage à 200 MPa → pastilles vertes (densité ~ 50 % théorique).
6. **Sintering** : chauffage à 1 700 °C sous atmosphère d’H₂/N₂ (5 % H₂) pendant 4 h → densification > 95 % théorique.
7. **Contrôle qualité** : mesure de la densité, du diamètre (± 0,01 mm), de l’oxygène/stœchiométrie (U/O ≈ 2,00 ± 0,01).
8. **Assemblage** : insertion des pastilles dans des gaines en zirconium (Zr‑1 % Nb) sous atmosphère inerte, soudage par TIG.
> La densité théorique de l’UO₂ est calculée par :
> \[
> \rho_{\text{th}} = \frac{Z \cdot M}{N_A \cdot a^3}
> \]
> où Z=4 (formules par maille), M=270,03 g·mol⁻¹, a=5,47 Å, N_A=6,022·10²³ mol⁻¹ → ρₜₕ≈10,96 g·cm⁻³.
### C. Lanthanides : extraction, propriétés et utilisations
Les lanthanides (La‑Lu) sont présents dans les minerais de monazite ((Ce,La,Y,Th)PO₄) et de bastnäsite ((Ce,La)CO₃F). Au Cameroun, les sables de la région de l’Est contiennent des traces de monazite exploitées en sous‑produit lors de l’extraction du zircon.
**Procédé d’extraction (simplifié)** :
1. **Lixiviation acide** : H₂SO₄ concentré, 80 °C, dissolution des phosphates et carbonates.
2. **Précipitation du thorium** : ajout d’oxalate (NH₄)₂C₂O₄ → Th(C₂O₄)₂·xH₂O (insoluble).
3. **Extraction par solvant** : phase organique (acide 2‑éthylhexylphosphonique, PC‑88A) dans du kérosène extrait les lanthanides de la phase aqueuse.
4. **Stripping** : lavage avec solution d’acide chlorhydrique 0,5 M → récupération des Ln³⁺.
5. **Précipitation finale** : ajout d’oxalate d’ammonium → Ln₂(C₂O₄)₃·xH₂O, calcination à 800 °C → oxydes Ln₂O₃.
**Propriétés clés** :
- Moments magnétiques élevés (ex. Nd₂Fe₁₄B, aimant permanent).
- Capacité d’absorption des neutrons (Gd, Sm) → barres de contrôle.
- Phosphorescence (Eu³⁺, Tb³⁺) → écrans LED.
> Le néodyme (Nd) représente environ 18 % en masse des terres rares exploitées et est essentiel pour la fabrication d’aimants de haute performance (BHmax > 40 MGOe).
### D. Exemple chiffré : calcul de la masse d’UO₂ nécessaire pour un réacteur de 1 000 MWth
Données :
- Puissance thermique du réacteur : P = 1 000 MW = 1,0·10⁹ W.
- Rendement de fission de l’U‑235 : ≈ 200 MeV par fission = 200 × 1,602·10⁻¹³ J = 3,204·10⁻¹¹ J.
- Fraction d’U‑235 dans le combustible enrichi à 3,5 % (en masse).
- Masse molaire de l’UO₂ : M = 270,03 g·mol⁻¹.
- Avogadro : N_A = 6,022·10²³ mol⁻¹.
**Étape 1 – Nombre de fissions par seconde** :
\[
\dot{N}_{f} = \frac{P}{E_{f}} = \frac{1,0\cdot10^{9}\ \text{J·s}^{-1}}{3,204\cdot10^{-11}\ \text{J}} \approx 3,12\cdot10^{19}\ \text{fissions·s}^{-1}
\]
**Étape 2 – Nombre d’atomes d’U‑235 consommés par seconde** :
\[
\dot{N}_{U-235}= \dot{N}_{f}
\]
**Étape 3 – Masse d’U‑235 consommée par seconde** :
\[
\dot{m}_{U-235}= \dot{N}_{U-235}\cdot\frac{M_{U-235}}{N_A}
\]
avec \(M_{U-235}=235,04\ \text{g·mol}^{-1}\).
\[
\dot{m}_{U-235}= 3,12\cdot10^{19}\cdot\frac{235,04}{6,022\cdot10^{23}}\ \text{g·s}^{-1}
\approx 0,0122\ \text{g·s}^{-1}
\]
**Étape 4 – Masse totale d’UO₂ nécessaire (en tenant compte de l’enrichissement)** :
La masse d’U total nécessaire = \(\dot{m}_{U-235}/0,035\).
\[
\dot{m}_{U,total}= \frac{0,0122}{0,035}\ \text{g·s}^{-1}\approx 0,3486\ \text{g·s}^{-1}
\]
Puis conversion en UO₂ (facteur de masse = M_UO₂ / M_U ≈ 270,03/238,03 ≈ 1,134) :
\[
\dot{m}_{UO_2}= 0,3486 \times 1,134\ \text{g·s}^{-1}\approx 0,3955\ \text{g·s}^{-1}
\]
**Étape 5 – Masse annuelle** (8000 h de fonctionnement) :
\[
m_{UO_2,ann}= 0,3955\ \text{g·s}^{-1}\times 8000\ \text{h}\times 3600\ \text{s·h}^{-1}
\approx 1,14\cdot10^{7}\ \text{g}=11,4\ \text{t}
\]
> Un réacteur de 1 GWth consomme donc environ 11,4 t d’UO₂ par an lorsqu’il fonctionne à 80 % de disponibilité avec un enrichissement de 3,5 %.
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## Synthèse du chapitre
- **Silicates** : tétraèdres SiO₄⁴⁻ liés selon divers topologies (néso-, soro-, cyclo-, ino-, phyllo-, tecto‑). Obtention par concassage, broyage, séparation physique (lavage, magnétique, flottation) et traitement thermique (calcination). Utilisations : verre, céramique, adjuvant pozzolanique, zéolites pour filtration/catalyse.
- **Oxydes minéraux** : MnO₂, TiO₂, Fe₂O₃, U₃O₈. Le concentré uranifère (yellowcake) résulte de lixiviation acide, extraction par solvant (TBP) et precipitation d’U₃O₈. Sécurité radiologique : dosimétrie, ventilation, stockage conforme IAEA.
- **Oxyde d’uranium & combustible** : UO₂ (fluorite, ρ≈10,96 g·cm⁻³) est le matériau de base des pastilles nucléaires ; fabrication via conversion UF₆ → UO₂, pressage, sintering à 1 700 °C sous H₂/N₂.
- **Lanthanides** : extraits de monazite/bastnäsite par lixiviation, extraction solvant (PC‑88A), precipitation d’oxalates, calcination en oxydes Ln₂O₃. Applications : aimants permanents (Nd₂Fe₁₄B), barres de contrôle (Gd), phosphores (Eu,Tb).
- **Calcul pratique** : la masse d’UO₂ nécessaire pour un réacteur de 1 GWth à 3,5 % d’enrichissement est d’environ 11,4 t/an.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Silicate | Composé contenant l’anion SiO₄⁴⁻, structuré en tétraèdres liés selon diverses topologies. |
| Nesosilicate | Silicate où les tétraèdres SiO₄ sont isolés (ex. olivine). |
| Phyllosilicate | Silicate en feuillets (ex. kaolinite, mica). |
| Yellowcake | Concentré uranifère principalement constitué d’U₃O₈, produit intermédiaire du traitement du minerai d’uranium. |
| Lixiviation | Opération de dissolution d’un métal à l’aide d’un réactif chimique (souvent acide ou alcalin). |
| Extraction par solvant | Séparation d’un composé entre deux phases immiscibles (aqueuse/organique) basée sur son coefficient de répartition. |
| Sintering | Chauffage d’une poudre compactée en dessous de son point de fusion pour provoquer la diffusion atomique et la densification. |
| Lanthanide | Série des 15 éléments métalliques du lanthane (La) au lutétium (Lu), partageant des propriétés chimiques similaires. |
| Aimant permanent | Matériau qui conserve une aimantation forte sans champ extérieur (ex. Nd₂Fe₁₄B). |
| Barre de contrôle | Composant d’un réacteur nucléaire qui absorbe les neutrons pour réguler la réaction en chaîne. |
| Phosphorescence | Émission de lumière persistant après l’excitation, due à des transitions interdites dans des ions de terres rares (Eu³⁺, Tb³⁺). |
| Enrichissement | Augmentation de la proportion de l’isotope fissile U‑235 dans l’uranium naturel (de 0,72 % à 3‑5 % pour les réacteurs civils). |
| Dosimétrie | Mesure de la dose de rayonnement reçue par une personne ou un objet, généralement en sievert (Sv). |
| pozolanique | Propriété d’un matériau siliceux ou alumino-siliceux qui, en présence d’eau et de chaux, forme des composés cimentaires à résistance mécanique. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul de la quantité de kaolinite nécessaire pour produire 5 t de métakaolin
**Données** :
- Réaction de déshydratation : \(\mathrm{Al_2Si_2O_5(OH)_4 \xrightarrow{600-800^\circ C} Al_2Si_2O_7 + 2\,H_2O}\)
- Masse molaire kaolinite (K) = 258,16 g·mol⁻¹
- Masse molaire métakaolin (M) = 222,13 g·mol⁻¹ (perte de 2 H₂O = 36,03 g)
- Rendement du procédé = 90 %
**Solution** :
1. Masse théorique de métakaolin obtenue à partir de 1 mol de kaolinite :
\[
m_{M,th}= M = 222,13\ \text{g}
\]
2. Masse de kaolinite nécessaire pour 1 mol de métakaolin théorique :
\[
m_{K,th}= K = 258,16\ \text{g}
\]
3. Rapport masse kaolinite / masse métakaolin théorique :
\[
r = \frac{258,16}{222,13}=1,162
\]
4. Pour produire 5 t = 5 000 kg de métakaolin avec rendement 90 % :
\[
m_{K,necessaire}= \frac{5\,000\ \text{kg}\times r}{0,90}
=\frac{5\,000\times1,162}{0,90}\ \text{kg}
\approx 6\,456\ \text{kg}
\]
**Réponse** : Environ **6,5 t** de kaolinite brute sont nécessaires.
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### Exercice 2 – Détermination de l’activité d’un échantillon de yellowcake
**Données** :
- Masse d’échantillon = 50,0 g de U₃O₈ (pur à 95 %).
- Isotopes présents : 99,27 % U‑238, 0,72 % U‑235, 0,01 % U‑234 (en masse d’uranium).
- Activities spécifiques :
- U‑238 : 12,4 kBq·g⁻¹
- U‑235 : 80,0 kBq·g⁻¹
- U‑234 : 234 kBq·g⁻¹
**Solution** :
1. Masse d’U totale dans l’échantillon :
\[
m_U = 50,0\ \text{g}\times0,95 = 47,5\ \text{g}
\]
2. Masse de chaque isotope :
- U‑238 : \(47,5\times0,9927 = 47,15\ \text{g}\)
- U‑235 : \(47,5\times0,0072 = 0,342\ \text{g}\)
- U‑234 : \(47,5\times0,0001 = 0,00475\ \text{g}\)
3. Activité de chaque isotope :
- A₂₃₈ = 47,15 g × 12,4 kBq·g⁻¹ = 584,7 kBq
- A₂₃₅ = 0,342 g × 80,0 kBq·g⁻¹ = 27,4 kBq
- A₂₃₄ = 0,00475 g × 234 kBq·g⁻¹ = 1,11 kBq
4. Activité totale :
\[
A_{tot}= 584,7+27,4+1,11 \approx 613,2\ \text{kBq}
\]
**Réponse** : L’échantillon de 50 g de yellowcake possède une activité d’environ **613 kBq**.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de porter un masque FFP2 lors du broyage de quartz ou de kaolinite. | Inhalation de silice cristalline → risque de silicose à long terme. | Toujours vérifier la conformité du dispositif de protection respiratoire avant toute opération de broyage ; effectuer un test d’ajustement. |
| 2 | Utiliser une température de calcination trop élevée (> 900 °C) pour la kaolinite. | Sinterisation du métakaolin, perte d’activité pozzolanique et formation de cristallites dures. | Contrôler la température avec un pyromètre calibré ; respecter la plage 600‑800 °C ± 5 °C. |
| 3 | Néutraliser précipitamment la phase aqueuse après lixiviation acide avec une base forte (NaOH) sans contrôle du pH. | Précipitation incontrôlée d’hydroxydes de métaux (Fe, Al) qui piègent l’uranium et réduisent le rendement. | Ajouter la base lentement sous agitation tout en surveillant le pH (objectif pH ≈ 7) ; réaliser des prélèvements pour analyse. |
| 4 | Manipuler l’UF₆ sans détecteur de fuite dans une zone non ventilée. | Exposition à l’hexahydroxyde d’uranyle (toxique) et risque d’incendie (UF₆ réagit avec l’humidité). | Travailler exclusivement dans une hotte à flux laminaire avec détecteur de fluorure ; porter un appareil de protection respiratoire à filtration spécifique. |
| 5 | Négliger le contrôle de l’enrichissement avant le chargement du combustible dans la cuve. | Risque de criticité accidentelle si l’enrichissement dépasse la limite de conception. | Vérifier le pourcentage d’U‑235 par spectrométrie gamma ou analyse de masse ; consigner le résultat dans le dossier de suivi du lot. |
| 6 | Stocker le yellowcake dans des récipients en acier ordinaire sans revêtement interne. | Corrosion par l’acide résiduel, perte d’intégrité du contenant et contamination de l’environnement. | Utiliser des conteneurs en acier inoxydable 316L ou revêtus d’époxy ; inspecter régulièrement l’état du revêtement. |
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*Fin du cours.*
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