Chapitre 7
La Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
Lecture : 32 minQuiz de 5 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À l’issue de ce cours, l’élève sera capable de :
1. Expliquer les causes profondes, le déroulement et les conséquences majeures de la Première Guerre mondiale (1914‑1918).
2. Analyser la participation et l’impact de la Première Guerre mondiale sur l’Afrique, en mettant en évidence le cas du Cameroun.
3. Décrire les principaux traités de paix qui ont mis fin au conflit, leurs principes et leurs effets sur l’ordre international.
4. Comprendre les mécanismes qui ont conduit à la crise économique de 1929, ses manifestations et ses répercussions sociales et politiques.
5. Évaluer les réponses apportées par les États face à la crise, notamment le New Deal américain et l’émergence du keynésianisme.
6. Situer la partition du Cameroun (1916‑1922) comme une conséquence directe du règlement de la Première Guerre mondiale et en analyser les conséquences territoriales, politiques et socio‑économiques.
7. Mobiliser un vocabulaire historique précis (armistice, mandat, réparations, crise de liquidité, keynésianisme, etc.) et l’utiliser dans des productions écrites (dissertation, commentaire de document, question de cours).
8. Appliquer la méthode du commentaire de document et de la dissertation aux sujets types du probatoire.
**Prérequis** : L’élève doit déjà maîtriser :
- Les notions de impérialisme, de nationalisme et de course aux armements à la fin du XIXᵉ siècle.
- Les grandes lignes de la colonisation européenne en Afrique (partage de l’Afrique, conférence de Berlin 1884‑1885).
- Les concepts de crise économique, de déflation et de politique monétaire de base.
- La capacité à lire et à interpréter un texte historique (extrait de traité, discours, statistique).
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## Introduction contextualisée
La première moitié du XXᵉ siècle est marquée par deux convulsions qui ont redéfini les équilibres mondiaux : la Première Guerre mondiale, véritable « guerre totale » qui a mobilisé des sociétés entières, et la crise économique de 1929, qui a révélé les fragilités du système capitaliste libéral. Entre ces deux événements, le règlement de la guerre a tenté d’instaurer un nouvel ordre basé sur la Société des Nations et les traités de paix, mais les tensions non résolues ont préparé le terrain à la seconde conflagration. En Afrique, et plus particulièrement au Cameroun, la guerre a transformé les frontières coloniales, introduit des troupes africaines dans les combats européens et déclenché un processus de mandat qui a profondément modifié la trajectoire historique du territoire. Ce cours propose donc une étude intégrée, en suivant scrupuleusement le programme officiel du MINESEC/IGE, afin de permettre à l’élève de comprendre les liens de causalité entre ces phénomènes et d’acquérir les compétences nécessaires à l’examen du probatoire.
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## I. Leçon 11 : La Première Guerre mondiale
### A. Contexte et origines
> **>** *La Première Guerre mondiale débute le 28 juillet 1914 avec la déclaration de guerre de l’Autriche‑Hongrie à la Serbie, suite à l’assassinat de l’archiduc François‑Ferdinand à Sarajevo.*
Le conflit trouve ses racines dans un système d’alliances rigides (Triple Entente : France, Russie, Royaume‑Uni ; Triple Alliance : Allemagne, Autriche‑Hongrie, Italie) et dans une course aux armements navale et terrestre. Le nationalisme exacerbé dans les Balkans, les rivalités coloniales (notamment franco‑allemandes au Maroc) et les crises successives (crise bosnienne de 1908, guerres balkaniques de 1912‑1913) créent un climat de méfiance. L’assassinat de l’archiduc constitue l’étincelle qui déclenche le mécanisme d’alliances : l’Allemagne déclare la guerre à la Russie (1 août), puis à la France (3 août) ; le Royaume‑Uni entre en guerre après l’invasion de la Belgique neutre (4 août).
### B. Déroulement
Le conflit se déroule sur plusieurs fronts :
- **Front occidental** : guerre de tranchées de la mer du Nord à la Suisse (1914‑1918). Les batailles de la Marne (septembre 1914), de Verdun (février‑décembre 1916) et de la Somme (juillet‑novembre 1916) illustrent l’enlisement et le coût humain énorme (environ 300 000 morts de chaque côté à Verdun, soit près de 600 000 morts au total).
- **Front oriental** : affrontements entre les Empires centraux et la Russie ; la révolution russe de 1917 conduit à la sortie de la Russie du conflit (traité de Brest‑Litovsk, mars 1918).
- **Fronts méditerranéen et moyen‑oriental** : campagnes des Dardanelles (1915), de Salonique (1915‑1918) et du Moyen‑Orient (campagne de Suez, révolte arabe 1916‑1918).
- **Front africain** : voir le Dossier 2 ci‑dessous.
L’entrée en guerre des États‑Unis (avril 1917) apporte un nouvel élan matériel et humain aux Alliés. L’offensive des Cent Jours (août‑novembre 1918) conduit à l’armistice du 11 novembre 1918.
### C. Conséquences
- **Humaines** : environ 9 à 10 millions de morts militaires, 21 millions de blessés, ainsi que des millions de civils victimes de famine, de maladies et de déplacements (ex. : génocide arménien 1915‑1917).
- **Territoriales** : effondrement des empires austro‑hongrois, ottoman, russe et allemand ; création de nouveaux États (Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Pologne, États baltes).
- **Politiques** : émergence des États‑Unis comme puissance mondiale, montée du bolchévisme en Russie, fragilisation des régimes démocratiques en Europe (ex. : République de Weimar).
- **Économiques** : dettes de guerre massives, destruction d’infrastructures, transition vers une économie de guerre puis de reconstruction.
#### Tableau récapitulatif – Chronologie principale de la Première Guerre mondiale
| Date | Événement | Lieu | Conséquence immédiate |
|------|-----------|------|-----------------------|
| 28 juil. 1914 | Déclaration de guerre Autriche‑Hongrie‑Serbie | Sarajevo | Début du conflit |
| 1 août 1914 | Allemagne déclare guerre à la Russie | Berlin | Activation de l’alliance russo‑française |
| 3 août 1914 | Allemagne déclare guerre à la France | Berlin | Ouverture du front occidental |
| 4 août 1914 | Royaume‑Uni déclare guerre à l’Allemagne | Londres | Entrée du Royaume‑Uni, violation de la neutralité belge |
| 23 août 1914 | Bataille de Tannenberg | Prusse orientale | Victoire allemande majeure sur le front oriental |
| 5‑12 sept. 1914 | Première bataille de la Marne | Vallée de la Marne | Arrêt de l’avance allemande vers Paris |
| 21 févr.‑18 déc. 1916 | Bataille de Verdun | Verdun | Guerre d’usure, pertes énormes |
| 1 juil.‑18 nov. 1916 | Bataille de la Somme | Somme | Première utilisation de chars britanniques |
| 6 avr. 1917 | Entrée en guerre des États‑Unis | Washington | Renfort matériel et humain aux Alliés |
| 3 mars 1918 | Traité de Brest‑Litovsk | Brest‑Litovsk | Sortie de la Russie du conflit |
| 8‑11 nov. 1918 | Offensive des Cent Jours | Front occidental | Effondrement des Empires centraux |
| 11 nov. 1918 | Armistice | Clairière de Rethondes | Cessation des hostilités |
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## II. Dossier 2 : L’Afrique dans la Première Guerre mondiale
### A. Participation des colonies africaines
> **>** *Plus de 2 millions de soldats et de travailleurs africains ont été mobilisés par les puissances coloniales durant la Première Guerre mondiale.*
Les colonies africaines ont fourni à la fois des troupes combattantes (tirailleurs sénégalais, troupes du King’s African Rifles, etc.) et des travailleurs forcés (porteurs, mineurs, ouvriers des chemins de fer). La France a recruté environ 400 000 tirailleurs originaires de l’Afrique occidentale française (AOF) et de l’Afrique équatoriale française (AEF). Le Royaume‑Uni a mobilisé près de 300 000 soldats issus de ses colonies d’Afrique orientale et du Sud (Kenya, Ouganda, Rhodésie, Afrique du Sud). L’Allemagne, malgré ses colonies réduites, a utilisé ses askaris du Schutztruppe en Afrique orientale allemande (Tanzanie actuelle) et en Afrique du Sud‑Ouest (Namibie).
### B. Impact sur les sociétés africaines
1. **Démographie** : pertes humaines considérables (environ 10 % des tirailleurs français morts au combat ou de maladie) ; perturbation des structures agricoles dues à l’absence de main‑d’œuvre masculine.
2. **Économie** : intensification de l’exploitation des ressources (minerais, coton, caoutchouc) pour soutenir l’effort de guerre ; introduction de salaires monétaires dans certaines régions, début d’une économie de trésorerie.
3. **Politique et conscience nationale** : l’expérience du front et la découverte de l’égalité relative avec les soldats européens ont nourri un sentiment d’affirmation et de revendications post‑guerre (ex. : congrès de Paris 1919, pétitions des anciens combattants africains).
4. **Sanitaires** : propagation de la grippe espagnole (1918‑1919) dans les camps de travailleurs, aggravant la mortalité civile.
### C. Exemple camerounais
Le Cameroun, alors colonie allemande (Kamerun), a été le théâtre d’une campagne militaire franco‑britannique dès 1914. Après la défaite allemande à la bataille de Garoua (août 1915) et la prise de Yaoundé (janvier 1916), le territoire a été placé sous administration conjointe franco‑britannique. Environ 15 000 soldats camerounais ont été recrutés comme porteurs et travailleurs pour soutenir les lignes de ravitaillement alliées ; beaucoup ont subi des conditions de travail éprouvantes (malaria, dysenterie). Après la guerre, le traité de Versailles (1919) a confirmé le mandat sur le Cameroun, divisé entre la France (≈ ¾ du territoire) et le Royaume‑Uni (≈ ¼, constitué des régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest actuelles). Cette partition a posé les bases du futur État camerounais, mais a également créé des frontières artificielles qui ont séparé des groupes ethniques (Bamileke, Bamoun, etc.) et engendré des tensions persistantes.
#### Tableau récapitulatif – Participation africaine dans la Première Guerre mondiale
| Puissance coloniale | Troupes combattantes estimées | Travailleurs/porteurs estimés | Principaux théâtres d’opérations |
|---------------------|--------------------------------|------------------------------|----------------------------------|
| France (AOF/AEF) | ~400 000 tirailleurs | ~200 000 travailleurs | Front occidental (France), Moyen‑Orient, Afrique du Nord |
| Royaume‑Uni | ~300 000 soldats (KAR, etc.) | ~150 000 porteurs | Afrique orientale, Afrique du Sud, Moyen‑Orient |
| Allemagne | ~15 000 askaris (Schutztruppe) | ~30 000 travailleurs | Afrique orientale allemande, Afrique du Sud‑Ouest |
| Belgique | ~25 000 soldats (Force Publique) | ~50 000 travailleurs | Afrique orientale (Congo belge) |
| Portugal | ~10 000 soldats | ~20 000 travailleurs | Afrique orientale (Angola, Mozambique) |
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## III. Leçon 12 : Le règlement de la Première Guerre mondiale (première partie)
### A. Les traités de paix
> **>** *Le traité de Versailles, signé le 28 juin 1919, impose à l’Allemagne la responsabilité exclusive de la guerre (article 231) et fixe des réparations de 132 milliards de marks or.*
Le règlement de la guerre s’est fait à travers une série de traités signés à Paris entre 1919 et 1923 :
1. **Traité de Versailles (28 juin 1919)** – Allemagne.
2. **Traité de Saint‑Germain‑en‑Laye (10 sept. 1919)** – Autriche.
3. **Traité de Trianon (4 juin 1920)** – Hongrie.
4. **Traité de Sèvres (10 août 1920)** – Empire ottoman (remplacé plus tard par le traité de Lausanne).
5. **Traité de Lausanne (24 juil. 1923)** – Nouvelle Turquie, mettant fin au conflit avec les Alliés.
Ces traités ont redessiné les frontières européennes, démantelé les empires centraux et instauré le principe de « self‑determination » (détermination des peuples), bien que son application ait été sélective.
### B. Principes du règlement
- **Clause de responsabilité** (article 231 du traité de Versailles) : l’Allemagne accepte la responsabilité morale et matérielle de la guerre.
- **Réparations** : paiements destinés à compenser les dommages causés aux Alliés ; initialement fixés à 132 milliards de marks or, puis révisés par les plans Dawes (1924) et Young (1929).
- **Désarmement** : limitation de l’armée allemande à 100 000 hommes, interdiction de chars, d’aviation et de sous‑marins.
- **Cession de territoires** : Alsace‑Lorraine restituée à la France, Eupen‑Malmedy à la Belgique, Schleswig au Danemark, Poznań à la Pologne, etc.
- **Création de la Société des Nations (SDN)** : organisation internationale visant à prévenir les conflits par la diplomatie et la sécurité collective (voir partie suivante).
#### Tableau récapitulatif – Principaux traités de paix et leurs dispositions clés
| Traité | Date | Pays concerné | Dispositions majeures |
|--------|------|---------------|-----------------------|
| Versailles | 28 juin 1919 | Allemagne | Responsabilité guerre, réparations, démilitarisation de la Rhénanie, perte Alsace‑Lorraine, colonies placées sous mandat |
| Saint‑Germain | 10 sept. 1919 | Autriche | Démantèlement de l’empire austro‑hongrois, reconnaissance de nouveaux États (Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Pologne) |
| Trianon | 4 juin 1920 | Hongrie | Perte de 2/3 du territoire hongrois (Slovaquie, Transylvanie, Vojvodine, Croatie‑Slovénie) |
| Sèvres | 10 août 1920 | Empire ottoman | Partition de l’empire, mandat français sur Syrie‑Liban, britannique sur Palestine‑Irak, indépendance de l’Arménie (non appliquée) |
| Lausanne | 24 juil. 1923 | Turquie | Annulation de Sèvres, reconnaissance des frontières actuelles de la Turquie, échange de populations gréco‑turques |
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## IV. Leçon 12 : Le règlement de la Première Guerre mondiale (suite et fin)
### A. La Société des Nations (SDN)
> **>** *La Société des Nations est créée le 10 janvier 1920 par le traité de Versailles, avec pour mission principale de maintenir la paix par la résolution pacifique des différends et le désarmement.*
La SDN comporte une Assemblée générale (un État, une voix), un Conseil (puissances permanentes et membres non permanents) et un Secrétariat. Elle a connu quelques succès (régulation des conflits mineurs, mandat sur les territoires anciens ottomans et allemands) mais a échoué à prévenir l’agression japonaise en Mandchourie (1931), l’invasion italienne de l’Éthiopie (1935) et les remilitarisations allemandes (Rhénanie 1936, Anschluss 1938). L’absence des États‑Unis (qui n’ont jamais ratifié le traité de Versailles) et l’exclusion de l’URSS jusqu’en 1934 ont affaibli son autorité.
### B. Les réparations et leurs effets
Les réparations initialement fixées ont provoqué une hyperinflation en Allemagne (1923) lorsque le gouvernement a imprimé de la monnaie pour faire face aux paiements. Le plan Dawes (1924) a rééchelonné les dettes et introduit des prêts américains ; le plan Young (1929) a réduit le montant total à 112 milliards de marks or. Toutefois, la Grande Dépression a rendu les paiements impossibles, conduisant à la conférence de Lausanne (1932) qui a effectivement suspendu les réparations.
Les conséquences économiques ont été profondes : perte de confiance dans la monnaie allemande, montée du ressentiment nationaliste, soutien accru aux partis extrémistes (NSDAP). Sur le plan politique, la perception d’un « traité de Versailles injuste » a alimenté la propagande nazie et a contribué à la montée d’Adolf Hitler au pouvoir en 1933.
#### Tableau récapitulatif – Évolution des réparations allemandes (1919‑1932)
| Année | Accord / Plan | Montant des réparations (milliards de marks or) | Principales mesures |
|-------|----------------|-----------------------------------------------|----------------------|
| 1919 | Traité de Versailles | 132 | Paiement immédiat, livraisons en nature |
| 1924 | Plan Dawes | ~100 | Prêts américains, réorganisation de la Reichsbank |
| 1929 | Plan Young | 112 | Réduction du montant, échéancier jusqu’en 1988 |
| 1932 | Conférence de Lausanne | 0 (suspension effective) | Fin des paiements en raison de la crise économique |
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## V. Leçon 13 : La crise économique de 1929
### A. Causes de la crise
> **>** *Le krach de Wall Street du 24 octobre 1929 (jeudi noir) déclenche une chute brutale des cours boursiers, perdant environ 11 % de leur valeur en une seule journée.*
Les causes sont multiples et interconnectées :
1. **Spéculation boursière excessive** : achat à crédit (margin buying) d’actions, effet de levier pouvant atteindre 10 :1.
2. **Inégalités de revenu** : la part du revenu national détenue par les 1 % les plus riches a atteint près de 20 % en 1928, limitant la demande intérieure.
3. **Surproduction industrielle et agricole** : les capacités de production ont dépassé la capacité de consommation, entraînant des stocks invendus.
4. **Faiblesse du système bancaire** : nombreuses banques régionales peu réglementées, prêts risqués à l’agriculture et à l’immobilier.
5. **Politiques protectionnistes** : loi Tariff Act de 1930 (Smoot‑Hawley) augmente les droits de douane, provoquant des représailles et une contraction du commerce mondial.
6. **Endettement international** : les prêts américains aux alliés européens (notamment pour les réparations) créent une dépendance financière fragile.
### B. Manifestations de la crise
- **Effondrement boursier** : l’indice Dow Jones passe de 381 points en septembre 1929 à 41 points en juillet 1932 (‑ 89 %).
- **Crise bancaire** : plus de 9 000 banques américaines ferment entre 1930 et 1933, entraînant une perte d’épargne pour des millions de déposants.
- **Déflation** : baisse générale des prix (‑ 10 % en moyenne annuelle entre 1929 et 1933), aggravant le poids réel de la dette.
- **Chômage** : aux États‑Unis, le taux de chômage passe de 3,2 % en 1929 à près de 25 % en 1933 (environ 13 millions de travailleurs sans emploi).
- **Impact mondial** : contraction du commerce mondial de près de 65 % entre 1929 et 1932 ; baisse de la production industrielle en Allemagne (‑ 41 %), au Royaume‑Uni (‑ 25 %) et au Japon (‑ 15 %).
#### Tableau récapitulatif – Indicateurs clés de la crise de 1929 (États‑Unis)
| Année | PIB réel (milliards de $) | Taux de chômage (%) | Indice Dow Jones | Nombre de banques fermées |
|-------|---------------------------|---------------------|------------------|---------------------------|
| 1928 | 865 | 3,2 | 300 | 0 |
| 1929 | 865 | 3,2 | 381 (sept.) → 41 (juil. 1932) | 0 |
| 1930 | 795 | 8,7 | 200 | 1 350 |
| 1931 | 730 | 15,9 | 120 | 2 200 |
| 1932 | 630 | 23,6 | 41 | 4 000 |
| 1933 | 660 | 24,9 | 70 | 5 000 |
| 1934 | 730 | 21,7 | 100 | 4 200 |
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## VI. Leçon 13 : La crise économique de 1929 (suite et fin)
### A. Conséquences sociales et politiques
- **Pauvreté et sans‑abri** : émergence des « Hoovervilles » (bidonvilles nommés sarcastiquement du président Herbert Hoover) dans les grandes villes américaines.
- **Migrations internes** : déplacement de familles agricoles du « Dust Bowl » (plaines du centre‑ouest) vers la Californie, inspirant le roman *Les Raisins de la colère* de John Steinbeck.
- **Radicalisation politique** : montée du parti communiste aux États‑Unis (CPUSA) et renforcement des mouvements fascistes en Europe (ex. : montée du NSDAP en Allemagne, renforcement des ligues d’extrême droite en France).
- **Réforme du rôle de l’État** : remise en question du libéralisme économique classique ; émergence de l’idée que l’État doit intervenir pour stabiliser l’économie.
### B. Réponses des États
#### 1. Le New Deal (États‑Unis, 1933‑1939)
> **>** *Le New Deal, lancé par le président Franklin D. Roosevelt dès son investiture en mars 1933, regroupe un ensemble de réformes visant le secours, la relance et la réforme (les « 3 R »).*
- **Secours** : création de la Federal Emergency Relief Administration (FERA) et du Civilian Conservation Corps (CCC) qui emploient des jeunes dans des travaux de conservation.
- **Relance** : Agricultural Adjustment Act (AAA) pour réduire la surproduction et soutenir les prix agricoles ; National Industrial Recovery Act (NIRA) visant à établir des codes de concurrence équitable et à soutenir les salaires.
- **Réforme** : Glass‑Steagall Act séparant banques de dépôt et banques d’investissement ; création de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) assurant les dépôts bancaires ; Social Security Act (1935) instaurant un système de retraite et d’assurance chômage.
Le New Deal a permis de réduire le chômage à environ 14 % en 1937, bien que la reprise complète n’ait été atteinte qu’avec la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale.
#### 2. Politiques protectionnistes et nationalistes en Europe
- **Royaume‑Uni** : retour au protectionnisme modéré avec l’Import Duties Act (1932) ; toutefois, le gouvernement privilégie la politique de « cheap money » (taux d’intérêt bas) pour stimuler l’investissement.
- **France** : adoption d’une politique de dévaluation compétitive du franc (1936) et d’interventionnisme étatique limité (nationalisation de certaines industries, mais pas de plan global).
- **Allemagne** : sous le régime nazi, mise en œuvre d’un programme de travaux publics (Autobahn, réarmement) financé par des déficits budgétaires et par la politique de « travail et pain » (Arbeitsbeschaffung). Le réarmement, bien que contraire au traité de Versailles, a stimulé l’économie et réduit le chômage à moins de 2 % d’ici 1936.
#### Tableau récapitulatif – Principales mesures de réponse à la crise (1929‑1939)
| Pays | Programme / Loi | Année | Objectif principal | Résultats notables |
|------|-----------------|-------|--------------------|--------------------|
| États‑Unis | New Deal (3 R) | 1933‑1939 | Secours, relance, réforme | Réduction du chômage à 14 % (1937), création de la FDIC, Social Security |
| États‑Unis | Emergency Banking Act | 1933 | Stabiliser le système bancaire | Réouverture de 70 % des banques fermées |
| Royaume‑Uni | Import Duties Act | 1932 | Protectionnisme modéré | Légère hausse des droits de douane, pas de guerre commerciale majeure |
| France | Dévaluation du franc | 1936 | Rendre les exportations compétitives | Amélioration temporaire du solde commercial |
| Allemagne | Programme de travaux publics & réarmement | 1933‑1939 | Full‑emploi, réarmement | Chômage < 2 % (1936), augmentation du PIB de ~ 10 %/an |
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## VII. Dossier 3 : La résolution de la crise économique de 1929
### A. Le keynésianisme
> **>** *John Maynard Keynes, dans son ouvrage « The General Theory of Employment, Interest and Money » (1936), soutient que la demande globale détermine le niveau de l’emploi et que l’État doit intervenir pour soutenir la demande en période de récession.*
Keynes remet en cause la loi de Say (l’offre crée sa propre demande) et préconise :
- **Politique budgétaire expansionniste** : augmentation des dépenses publiques (infrastructures, éducation, santé) financées par l’emprunt ou la création monétaire.
- **Politique monétaire accommodante** : baisse des taux d’intérêt pour encourager l’investissement privé.
- **Stabilisateurs automatiques** : impôts progressifs et allocations chômage qui augmentent les dépenses publiques en période de ralentissement et les réduisent en période de prospérité.
Ces idées ont inspiré le New Deal américain et, après la Seconde Guerre mondiale, les politiques de plein emploi des États‑unis et de nombreux pays européens.
### B. Création des institutions de Bretton Woods (1944)
Bien que la conférence de Bretton Woods ait eu lieu après la Seconde Guerre mondiale, ses racines se trouvent dans la volonté d’éviter une répétition des erreurs des années 1930 :
- **Fonds monétaire international (FMI)** : destiné à surveiller les taux de change, à fournir des prêts à court terme aux pays éprouvant des difficultés de balance des paiements.
- **Banque mondiale (initialement Banque internationale pour la reconstruction et le développement, BIRD)** : chargée de financer la reconstruction d’après‑guerre et le développement des pays en voie de développement.
Ces institutions incarnent la volonté de coopération internationale et de gestion macroéconomique prudente, en contraste avec le protectionnisme et les politiques monétaires erratiques des années 1930.
#### Tableau récapitulatif – Principaux apports du keynésianisme et des institutions de Bretton Woods
| Concept / Institution | Année | Auteur / Créateur | Principe clé | Application historique |
|-----------------------|-------|-------------------|--------------|------------------------|
| Théorie générale de Keynes | 1936 | John Maynard Keynes | Demande globale détermine l’emploi ; intervention de l’État nécessaire | Inspiration du New Deal, politiques de plein emploi d’après‑guerre |
| Fonds monétaire international (FMI) | 1944 | Conférence de Bretton Woods | Surveillance des taux de change, prêts à court terme | Aide financière aux pays en crise de balance des paiements (ex. : Royaume‑Uni 1976) |
| Banque mondiale (BIRD) | 1944 | Conférence de Bretton Woods | Financement de la reconstruction et du développement | Prêts pour la reconstruction de l’Europe (Plan Marshall) et projets d’infrastructure dans les pays en voie de développement |
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## VIII. Leçon 19 : La partition du Cameroun : une conséquence de la Première Guerre mondiale
### A. Le traité de Versailles et le mandat sur le Cameroun
> **>** *Le traité de Versailles (article 22) institue le système des mandats, confiant à la Société des Nations la tutelle des territoires anciennement allemands et ottomans, dont le Kamerun.*
Après la défaite allemande en Afrique camerounaise (1916), le territoire a été placé sous administration conjointe franco‑britannique. Le traité de Versailles a confirmé ce statut en attribuant le Cameroun à la France et au Royaume‑Uni en tant que mandats de catégorie B (territoires jugés capables d’atteindre l’autonomie sous tutelle).
### B. Division entre Français et Britanniques
- **Zone française** : environ 76 % du territoire, comprenant les régions actuelles du Littoral, du Centre, du Sud, de l’Est, de l’Ouest et du Nord. La France a installé son administration à Yaoundé (capitale) et a poursuivi l’exploitation des plantations de cacao, de café et de bananes, tout en développant les infrastructures ferroviaires (ligne Yaoundé‑Douala).
- **Zone britannique** : environ 24 % du territoire, constituée des régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest (actuelles régions du Nord‑Ouest et du Sud‑Ouest). L’administration britannique a opté pour un système d’administration indirecte, s’appuyant sur les chefs traditionnels, et a développé l’exploitation du pétrole (dans la région de la Bakassi) et du bois.
### C. Conséquences pour le Cameroun
1. **Frontières artificielles** : la ligne de démarcation a coupé des groupes ethniques tels que les Bamileke (principalement en zone française) et les Bakweri (répartis entre les deux zones), créant des minorités transfrontalières.
2. **Systèmes juridiques divergents** : la zone française a adopté le droit civil inspiré du Code Napoléon, tandis que la zone britannique a conservé le droit coutumier et le common law, entraînant une dualité juridique qui persiste aujourd’hui (système juridique mixte).
3. **Développement inégal** : la zone française a bénéficié d’un investissement plus important en infrastructures (routes, chemins de fer, écoles françaises), tandis que la zone britannique a reçu moins d’investissements publics, ce qui a engendré des disparités régionales encore visibles.
4. **Voie vers l’indépendance** : les deux mandats ont été transformés en territoires trusteeship sous l’ONU après la Seconde Guerre mondiale. Le référendum de 1961 a permis à la partie britannique du Sud‑Ouest de choisir de rejoindre le Nigéria, tandis que le Nord‑Ouest a opté pour la réunification avec le Cameroun français, conduisant à la formation de la République fédérale du Cameroun en 1961, puis à l’État unitaire en 1972.
#### Tableau récapitulatif – Partition du Cameroun (1916‑1961)
| Période | Administration | Territoire concerné | Principales caractéristiques |
|---------|----------------|---------------------|------------------------------|
| 1916‑1919 | Occupation franco‑britannique | Tout le Kamerun | Administration militaire, mise en place de postes de commandement |
| 1919‑1922 | Mandat de la Société des Nations | Zone française (≈ ¾) & zone britannique (≈ ¼) | Tutelle internationale, mise en place de systèmes administratifs distincts |
| 1922‑1946 | Administration civile française & britannique | Même division | Développement des économies d’exportation (cacao, café, bois, pétrole) |
| 1946‑1960 | Territoire trusteeship de l’ONU | Même division | Préparation à l’indépendance, émergence des mouvements nationalistes (UPC, KNDP) |
| 1961 | Référendum et réunification | Nord‑Ouest britannique rejoint le Cameroun français ; Sud‑Ouest britannique choisit le Nigéria | Création de la République fédérale du Cameroun (1961‑1972) |
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## Synthèse du chapitre
- **Première Guerre mondiale (1914‑1918)** : conflit total déclenché par l’assassinat de François‑Ferdinand, marqué par la guerre de tranchées, l’effondrement des empires centraux et l’entrée en guerre des États‑Unis.
- **Afrique dans la Grande Guerre** : plus de 2 millions de soldats et travailleurs africains mobilisés ; pertes humaines, exploitation économique accrue, émergence d’une conscience politique ; le Cameroun, ancienne colonie allemande, devient un champ de bataille franco‑britannique puis un mandat.
- **Règlement de la guerre** : traités de Versailles, Saint‑Germain, Trianon, Sèvres et Lausanne ; création de la Société des Nations ; imposition de réparations lourdes à l’Allemagne, entraînant hyperinflation et ressentiment.
- **Crise économique de 1929** : krach de Wall Street, surproduction, inégalités, protectionnisme, endettement international ; conséquences : déflation, chômage massif, faillites bancaires, propagation mondiale.
- **Réponses à la crise** : New Deal américain (secours, relance, réforme) ; politiques protectionnistes et nationalistes en Europe ; émergence du keynésianisme prônant l’intervention de l’État pour soutenir la demande.
- **Résolution de la crise** : théories keynésiennes, création du FMI et de la Banque mondiale à Bretton Woods (1944) visant à éviter les erreurs des années 1930.
- **Partition du Cameroun** : conséquence directe du traité de Versailles et du système des mandats ; division franco‑britannique du territoire, création de frontières artificielles, dualité juridique et économique, voie vers l’indépendance et la réunification de 1961.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
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| Armistice | Accord de cessation des hostilités signé le 11 novembre 1918 entre les Alliés et l’Allemagne, mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale. |
| Mandat | Système instauré par la Société des Nations (article 22 du traité de Versailles) visant à administrer les territoires anciennement allemands et ottomans jusqu’à leur capacité d’autogouvernement. |
| Réparations | Paiements imposés aux puissances vaincues (notamment l’Allemagne) pour compenser les dommages causés pendant la guerre ; fixés initialement à 132 milliards de marks or. |
| Société des Nations (SDN) | Organisation internationale créée en 1920 visant à prévenir les conflits par la diplomatie, le désarmement et la sécurité collective. |
| Krach de 1929 | Effondrement brutal du marché boursier américain à partir du 24 octobre 1929, déclenchant la Grande Dépression. |
| New Deal | Ensemble de programmes lancés par Franklin D. Roosevelt (1933‑1939) visant le secours, la relance et la réforme de l’économie américaine. |
| Keynésianisme | Courant de pensée économique développé par John Maynard Keynes (1936) affirmant que la demande globale détermine l’emploi et préconisant l’intervention de l’État en période de récession. |
| Fonds monétaire international (FMI) | Institution créée à Bretton Woods (1944) chargée de surveiller les taux de change et d’accorder des prêts à court terme aux pays éprouvant des difficultés de balance des paiements. |
| Banque mondiale | Institution créée à Bretton Woods (1944) initialement destinée à financer la reconstruction d’après‑guerre puis le développement des pays en voie de développement. |
| Territoire trusteeship | Statut attribué par l’ONU aux anciens mandats de la Société des Nations, visant à préparer ces territoires à l’indépendance ou à l’autogouvernement. |
| Dualité juridique | Situation où deux systèmes juridiques (droit civil inspiré du Code Napoléon et droit coutumier/common law) coexistent sur le même territoire, comme dans le Cameroun post‑mandat. |
| Hoovervilles | Bidonvilles de la Grande Dépression aux États‑Unis, nommés sarcastiquement du président Herbert Hoover en raison de la perception de son incapacité à résoudre la crise. |
| Dust Bowl | Région des plaines américaines sévèrement touchée par l’érosion des sols et les tempêtes de poussière durant les années 1930, provoquant des migrations massives vers l’Ouest. |
| Plan Dawes | Accord de 1924 rééchelonnant les paiements de réparations allemands et introduisant des prêts américains pour stabiliser la monnaie allemande. |
| Plan Young | Accord de 1929 réduisant le montant total des réparations allemandes et établissant un échéancier de paiement jusqu’en 1988. |
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## Étude de document / de cas
**Document** : Extrait du discours de Franklin D. Roosevelt lors de son investiture, 4 mars 1933 (extraits célèbres) :
> « La seule chose que nous ayons à craindre, c’est la peur elle‑même. »
> « Nous devons mettre les gens au travail. »
> « Il faut que l’État assume la responsabilité de fournir un emploi utile à ceux qui ne peuvent pas en trouver par eux‑mêmes. »
**Analyse pas à pas**
1. **Identification du contexte** : Le discours intervient au creux de la Grande Dépression, après le krach de 1929 et après trois années de contraction économique sévère. Le taux de chômage dépasse 20 % et le système bancaire est en crise.
2. **Repérage des idées clés** :
- La phrase « la seule chose que nous ayons à craindre, c’est la peur elle‑même » vise à restaurer la confiance du public, condition préalable à toute reprise de la consommation et de l’investissement.
- « Nous devons mettre les gens au travail » annonce la politique de relance par l’emploi, caractéristique du New Deal (ex. : CCC, WPA).
- « L’État assume la responsabilité de fournir un emploi utile » traduit la conception keynésienne selon laquelle l’État doit intervenir pour soutenir la demande globale lorsque le secteur privé faillit.
3. **Lien avec le programme** : Cette intervention illustre la réponse étatique à la crise de 1929 étudiée dans les Leçons 13 et le Dossier 3. Elle montre le passage du libéralisme classique à l’interventionnisme économique.
4. **Évaluation de l’efficacité** : Les mesures du New Deal ont permis de réduire le chômage de 25 % à moins de 15 % d’ici 1937, bien que la reprise complète ait attendu la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale. Le discours reflète donc la volonté politique de rompre avec l’inaction précédente.
5. **Conclusion** : Le discours de Roosevelt constitue un témoignage primaire de la nouvelle doctrine économique qui place l’État au centre de la stabilisation macroéconomique, en droite ligne avec les théories keynésiennes qui seront formalisées quelques années plus tard.
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## Méthode et sujets type examen
### Sujet 1 – Dissertation
**Intitulé** : « En quoi le règlement de la Première Guerre mondiale a‑t‑il préparé le terrain à la crise économique de 1929 ? »
**Plan détaillé**
I. **Les conséquences économiques du traité de Versailles**
A. Les réparations imposées à l’Allemagne et leur financement par l’emprunt américain.
B. L’hyperinflation de 1923 et la perte de confiance dans la monnaie allemande.
C. Le transfert de dettes de guerre vers les États‑Unis, créant une dépendance financière transatlantique.
II. **Les déséquilibres structurels de l’économie mondiale d’après‑guerre**
A. Le protectionnisme croissant (loi Tariff Act de 1930) réduisant les débouchés exportateurs.
B. La surproduction industrielle et agricole liée à la reconversion des usines de guerre.
C. Les inégalités de revenu qui limitaient la demande intérieure malgré une capacité de production élevée.
III. **La transmission de la crise européenne aux États‑Unis**
A. Le rôle des prêts américains aux alliés européens (notamment pour les réparations) comme canal de contagion.
B. La crise bancaire européenne (ex. : échec de la Creditanstalt en Autriche, 1931) qui a déclenché une ruée vers le dollar et affaibli les banques américaines.
C. L’effet de levier du système de crédit à la consommation et à l’investissement, amplifiant le choc boursier d’octobre 1929.
**Conclusion** : Le règlement de la Première Guerre mondiale, en imposant des réparations excessives et en créant un réseau de dettes interalliées, a engendré des fragilités financières et des déséquilibres structurels qui, combinés au protectionnisme et à la spéculation, ont rendu l’économie mondiale vulnérable au krach de 1929.
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### Sujet 2 – Commentaire de document
**Document** : Extrait du traité de Versailles, article 231 (clause de responsabilité) :
> « L’Allemagne accepte la responsabilité de elle et de ses alliés pour avoir causé la perte et le dommage subis par les Alliés et leurs gouvernements du fait de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés. »
**Analyse attendue**
- **Présenter le document** : nature (traité de paix), date (28 juin 1919), auteur (représentants des Alliés), contexte (fin de la Première Guerre mondiale).
- **Expliquer la clause** : définition de la responsabilité morale et matérielle, lien avec les réparations.
- **Analyser les implications** : impact sur l’Allemagne (humiliation, révisionnisme), effet sur l’ordre international (légitimité du régime de Weimar, montée du nazisme).
- **Mettre en perspective** : comparer avec d’autres traités (Saint‑Germain, Trianon) qui ne contiennent pas de clause similaire, montrant la spécificité du traitement allemand.
- **Évaluer** : discuter de la justice ou de l’injustice de la clause au regard des principes du droit des guerres et de la réalité des responsabilités multiples.
- **Conclusion** : la clause de responsabilité a été un facteur majeur du ressentiment allemand et a contribué à l’instabilité des années 1920‑1930, préparant le terrain à la Seconde Guerre mondiale.
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### Sujet 3 – Question de cours
**Intitulé** : « Expliquez les mécanismes par lesquels la crise économique de 1929 a affecté les colonies africaines, en prenant l’exemple du Cameroun. »
**Points à développer**
1. **Transmission de la crise via le commerce extérieur** : baisse de la demande mondiale pour les produits d’exportation camerounais (cacao, café, huile de palme) entraînant une chute des prix et des recettes douanières.
2. **Effet sur les salaires et l’emploi** : réduction des effectifs des entreprises coloniales et des travaux publics, augmentation du chômage parmi les travailleurs africains (porteurs, ouvriers des plantations).
3. **Réponse de l’administration coloniale** : augmentation des impôts directs (capitation) pour compenser la perte de recettes, aggravant la pauvreté rurale.
4. **Conséquences sociales** : hausse de la malnutrition, exodes ruraux vers les villes (Douala, Yaoundé) et vers les zones minières du Sud‑Ouest, augmentation des tensions ethniques liées à la concurrence pour les emplois rares.
5. **Impact politique** : renforcement des mouvements nationalistes (ex. : Union des Populations du Cameroun, UPC) qui dénoncent l’exploitation économique et réclament davantage de droits politiques et économiques.
6. **Synthèse** : la crise de 1929 a donc eu un effet de réplication dans les colonies, transformant des difficultés économiques en revendications politiques et sociales qui ont marqué la voie vers l’indépendance du Cameroun.
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## Erreurs fréquentes
1. **Confondre le traité de Versailles avec le traité de Saint‑Germain** : certains élèves attribuent les réparations à l’Autriche ou oublient que la clause de responsabilité (article 231) concerne exclusivement l’Allemagne.
2. **Penser que la Société des Nations a empêché la Seconde Guerre mondiale** : la SDN a échoué à stopper les agressions japonaise, italienne et allemande ; il est essentiel de rappeler ses limites (absence des États‑Unis, manque de pouvoir de sanction).
3. **Attribuer la crise de 1929 uniquement au krach de bourse** : la crise résulte d’une combinaison de facteurs (surproduction, inégalités, protectionnisme, endettement) ; réduire la cause au seul jeudi noir est une simplification inadéquate.
4. **Confondre mandat et colonie** : le mandat était une forme de tutelle internationale visant à préparer l’autonomie, tandis qu’une colonie était sous souveraineté directe d’une puissance métropolitaine.
5. **Croire que le New Deal a mis fin immédiatement à la Grande Dépression** : le chômage est resté élevé jusqu’à la fin des années 1930 ; seule la mobilisation pour la Seconde Guerre mondiale a permis un retour au plein emploi.
6. **Assimiler le keynésianisme à un simple déficit budgétaire** : le keynésianisme préconise une politique budgétaire *expansionniste* ciblée (infrastructures, dépenses sociales) accompagnée d’une politique monétaire accommodante, pas seulement un déficit non ciblé.
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
5 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.