Chapitre 17
Le Cameroun à la veille de la colonisation (partie 3/3)
Lecture : 15 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce cours, l’élève pourra
- décrire l’organisation administrative française et anglaise au Cameroun entre 1916 et 1960 ;
- expliquer les conditions de vie des populations (travail, impôts, éducation, santé, pratiques culturelles) dans chaque territoire ;
- analyser les conséquences économiques, sociales et politiques de ces administrations sur l’émergence du nationalisme camerounais ;
- comparer les deux systèmes coloniaux et identifier leurs similitudes et différences ;
- exploiter un document historique (rapport, lettre, témoignage) pour en dégager le sens et les enjeux.
**Prérequis** : connaître la période allemande (1884‑1916), le traité de Versailles de 1919 qui institue la Société des Nations et le système des mandats (dont le Cameroun français est attribué à la France en 1922), le mandat de la Société des Nations (1922) et les notions de colonisation directe et indirecte.
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## Introduction contextualisée
Après la défaite de l’Allemagne en 1916, le territoire camerounais est partagé entre la France et le Royaume‑Uni. La France reçoit la plus grande partie (environ 80 % du territoire) placée sous mandat de la Société des Nations, puis sous tutelle de l’ONU après 1946. Le Royaume‑Uni administre deux bandes limitrophes du Nigeria : le Northern Cameroons et le Southern Cameroons. Cette double administration crée deux expériences coloniales distinctes qui façonnent différemment la vie des Camerounais : travail forcé et assimilation du côté français, administration indirecte et économie d’exportation du côté britannique. Le présent cours examine ces réalités en suivant le programme officiel (Leçon 20 : territoire français ; Leçon 21 : territoire anglais).
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## I. Leçon 20 – La vie des Camerounais dans le territoire sous administration française
### 1. Contexte historique (1916‑1946)
> **>** Le traité de Versailles (28 juin 1919) institue la Société des Nations et le système des mandats ; en 1922, la Société des Nations attribue le Cameroun français à la France sous mandat.
> **>** En 1946, le Cameroun français devient territoire placé sous tutelle de l’ONU, tout en restant intégré à l’Union française.
### 2. Structures administratives françaises
- **Gouvernement général** basé à Yaoundé, dirigé par un gouverneur nommé par Paris.
- **Cercles** (ex. : cercle de Yaoundé, de Garoua, de Douala) dirigés par un commandant de cercle, assisté par des chefs de subdivision.
- **Politique d’assimilation** : création de écoles françaises, promotion de la langue française, suppression partielle des pouvoirs traditionnels (les chefs sont souvent réduits à des agents de l’administration).
### 3. Vie quotidienne
| Thème | Réalités concrètes | Exemple camerounais |
|-------|-------------------|---------------------|
| **Travail** | Travail forcé (prestations) sur les routes, les plantations de caoutchouc et de coton ; impôt de capitation (impôt personnel) | En 1925, près de 30 000 hommes sont requis chaque année pour la construction de la route Yaoundé‑Douala. |
| **Impôts** | Impôt de capitation, impôt sur le bétail, taxes sur les marchés | Le revenu fiscal moyen d’un village de l’Est passe de 2 francs par habitant en 1920 à 5 francs en 1935. |
| **Éducation** | Écoles primaires françaises (écoles publiques) ; écoles missionnaires catholiques ; faible accès au secondaire | En 1938, seulement 12 % des enfants scolarisés atteignent le niveau du certificat d’études primaires. |
| **Santé** | Dispensaires coloniaux, campagnes de vaccination contre la variole et la fièvre jaune ; accès limité en milieu rural | En 1932, une campagne de vaccination réduit la mortalité infantile de 18 % dans le cercle de Bertoua. |
| **Culture & religion** | Promotion du catholicisme, suppression partielle des rites traditionnels ; émergence de mouvements synrétistes | La mission catholique établit des paroisses et intègre certains chants bantous dans la liturgie. |
### 4. Conséquences et résistances
- **Conséquences économiques** : intégration à l’économie de monoculture (caoutchouc, coton) rendant les populations vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux.
- **Conséquences sociales** : émergence d’une petite élite évoluée (enseignants, clerics, fonctionnaires) qui commence à revendiquer des droits civiques.
- **Mouvements de résistance** :
- **Union des Populations du Cameroun (UPC)**, fondée en 1948 sous l’impulsion de Ruben Um Nyobè, réclame l’indépendance immédiate et la fin du travail forcé.
- **Révoltes rurales** (ex. : révolte des Bassa en 1929 contre les prélèvements de caoutchouc).
### 5. Tableau récapitulatif – Territoire français
| Période | Acteur clé | Mesure principale | Impact sur les populations |
|---------|------------|-------------------|----------------------------|
| 1916‑1922 | Gouverneur français (ex. : première administration post‑mandat) | Installation du mandat, création des cercles | Mise en place du travail forcé systématique |
| 1923‑1935 | Gouverneur Édouard Renard | Politique d’assimilation, écoles françaises | Début d’une élite francophone, méfiance des chefs traditionnels |
| 1936‑1945 | Gouverneur Pierre Cournarie | Intensification de la production de coton, impôts augmentés | Augmentation de la pauvreté rurale, premières grèves |
| 1946‑1956 | Gouverneur René Pleven (puis successors) | Passage sous tutelle ONU, réformes limitées | Montée de l’UPC, premières revendications politiques |
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## II. Leçon 21 – La vie des Camerounais dans le territoire sous administration anglaise
### 1. Contexte historique (1916‑1961)
> **>** L’accord franco‑britannique de 1916 partage le Kamerun : la France prend l’est, le Royaume‑Uni prend les deux bandes limitrophes du Nigeria (Northern et Southern Cameroons).
> **>** En 1961, un référendum mène à la réunification du Southern Cameroons avec la République du Cameroun (indépendante depuis 1960) tandis que le Northern Cameroons rejoint le Nigeria.
### 2. Administration indirecte et système des chefs traditionnels
- **Indirect Rule** (régime indirect) introduit par Lord Lugard : les Britanniques gouvernent par l’intermédiaire des chefs traditionnels reconnus ( warrant chiefs ).
- **Respect des coutumes** : les lois coutumières restent applicables dans les affaires civiles, tandis que le droit pénal britannique s’applique.
- **Absence de politique d’assimilation** : l’anglais est langue de l’administration mais peu enseigné dans les écoles primaires.
### 3. Économie et travail
| Secteur | Caractéristiques | Exemple camerounais |
|---------|------------------|---------------------|
| **Culture de cacao** | Introduction dans les années 1920, devient culture de rente principale du Southern Cameroons | En 1935, le Southern Cameroons exporte près de 12 000 tonnes de cacao vers l’Europe. |
| **Huile de palme** | Culture traditionnelle intensifiée par les compagnies européennes (ex. : African Palm Oil Company) | Les plantations de la région de Kumbo emploient près de 5 000 travailleurs saisonniers en 1940. |
| **Travail migrant** | Recrutement de travailleurs vers les mines du Nigeria et les plantations du Cameroun français | En 1942, environ 8 000 jeunes du Southern Cameroons partent travailler au Nigéria pour la saison sèche. |
| **Impôts** | Impôt de capitation faible, mais taxes sur l’exportation du cacao et de l’huile de palme | Le revenu moyen d’un planteur de cacao passe de 5 shillings en 1925 à 12 shillings en 1948. |
### 4. Éducation et missions protestantes
- **Écoles missionnaires** (Presbytériennes, Méthodistes, Baptistes) établissent le réseau scolaire primaire ; l’enseignement se fait en anglais mais avec un fort accent sur l’alphabétisation biblique.
- **Écoles gouvernementales** rares avant 1945 ; création du **Cameroon Government School** à Bamenda en 1946.
- **Accès au secondaire** limité : seuls quelques élèves boursiers peuvent fréquenter le **Prince of Wales School** à Yaoundé (francophone) ou le **Government College** à Umuahia (Nigéria).
### 5. Vie sociale et culturelle
- **Maintien des institutions traditionnelles** : les conseils de chefs continuent à régler les questions de terre, de mariage et de succession.
- **Syncretisme religieux** : le christianisme protestant cohabite avec les pratiques animistes ; emergence de mouvements comme l’**Église du Christ au Cameroun** (fondée 1949).
- **Presse et littérature** : apparition de journaux en anglais tels que *The Cameroonian Chronicle* (1938) qui dénoncent les injustices coloniales.
### 6. Mouvement nationaliste
- **Kamerun National Congress (KNC)**, fondé en 1948 sous la direction de John Ngu Foncha, réclame l’unification du Southern Cameroons avec le Cameroun français en vue de l’indépendance.
- **Cameroon People’s National Convention (CPNC)**, plus modérée, privilégie une fédération avec le Nigeria.
- **Pressions et pétitions** : en 1953, une pétition signée par plus de 150 000 personnes demande la fin de l’administration indirecte et l’accès à l’autogouvernement.
### 7. Tableau récapitulatif – Territoire anglais
| Période | Acteur clé | Mesure principale | Impact sur les populations |
|---------|------------|-------------------|----------------------------|
| 1916‑1930 | Gouverneur britannique (ex. : Sir Donald Cameron) | Installation de l’Indirect Rule, reconnaissance des chefs | Préservation des structures coutumières, mais dépendance économique aux compagnies européennes |
| 1931‑1945 | Gouverneur Bernard Bourdillon | Expansion du cacao, création de coopératives de planteurs | Augmentation des revenus ruraux, émergence d’une petite bourgeoisie planteuse |
| 1946‑1955 | Gouverneur John Macpherson | Réformes éducatives (écoles gouvernementales), début du syndicalisme | Accès limité à l’éducation secondaire, premières grèves dans les plantations |
| 1956‑1961 | Gouverneur James Wilson Robertson | Préparation du référendum de 1961, débats sur l’unification ou l’intégration au Nigeria | Polarisation entre partisans de la réunification (KNC) et de l’intégration au Nigeria (CPNC) |
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## Synthèse du chapitre
- Le territoire français a connu une **administration directe** visant l’assimilation, avec travail forcé, impôts lourds et écoles françaises ; cela a provoqué des résistances (UPC, révoltes rurales).
- Le territoire britannique a appliqué l’**Indirect Rule**, préservant les chefs traditionnels et les lois coutumières, tout en orientant l’économie vers l’exportation de cacao et d’huile de palme ; l’accès à l’éducation était limité mais les missions protestantes ont joué un rôle majeur.
- Dans les deux cas, l’exploitation économique a créé des **inégalités** et a favorisé l’émergence d’une **élite évoluée** qui deviendra le noyau du nationalisme camerounais.
- Les différences d’approche (assimilation vs. indirect rule) expliquent les trajectoires distinctes des mouvements politiques : l’UPC réclame l’indépendance immédiate, tandis que le KNC milite pour la réunification avec le Cameroun français.
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## Glossaire
- **Mandat de la Société des Nations** : mécanisme juridique (1919‑1946) confiant à une puissance victorieuse l’administration d’un territoire anciennement ennemi, sous contrôle de la Société des Nations.
- **Tutelle de l’ONU** : régime succédant au mandat après 1946, placé sous la supervision de l’Assemblée générale des Nations Unies.
- **Indirect Rule** : système de colonisation britannique où l’administration s’appuie sur les autorités traditionnelles locales.
- **Assimilation** : politique française visant à transformer les sujets coloniaux en français de culture et de langue, en leur accordant éventuellement la citoyenneté.
- **Travail forcé (prestations)** : obligation de fournir un certain nombre de jours de travail non rémunéré pour des travaux d’infrastructure ou agricoles imposés par l’autorité coloniale.
- **Impôt de capitation** : taxe fixe prélevée sur chaque individu adulte, indépendamment de ses revenus.
- **UPC (Union des Populations du Cameroun)** : parti nationaliste fondé en 1948, prônant l’indépendance immédiate et la fin du travail forcé.
- **KNC (Kamerun National Congress)** : parti créé en 1948 dans le Southern Cameroons, visant la réunification avec le Cameroun français.
- **Cacao** : culture de rente introduite par les Britanniques dans les années 1920, devenue pilier de l’économie du Southern Cameroons.
- **Warrant chief** : chef traditionnel reconnu par les Britanniques comme intermédiaire administratif sous l’Indirect Rule.
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## Étude de document / de cas
**Document** : Extrait du rapport annuel du gouverneur français du Cameroun, Yaoundé, 1934 (section « Travaux publics et main‑d’œuvre ») :
> « L’année 1934 a vu la réalisation de 420 km de routes nouvelles dans les cercles de Garoua et de Maroua. Pour assurer la continuité des travaux, le service des travaux publics a requis la prestation de 25 000 hommes valides, répartis par groupes de 500 sous la surveillance des chefs de subdivision. Le rendement moyen a été de 1,2 m³ de terrassement par homme‑jour. Les difficultés rencontrées proviennent principalement de la réticence de certaines populations à se présenter aux points de rassemblement, motivée par la crainte des maladies et de la perte de leurs activités agricoles. »
**Commentaire pas à pas**
1. **Identification du document** : rapport officiel d’un gouverneur français, donc source administrative, reflet de la politique coloniale de travail forcé.
2. **Contexte** : années 1930, période de la Grande Dépression ; la France cherche à rentabiliser ses colonies par l’exportation de matières premières (caoutchouc, coton) nécessitant des infrastructures routières.
3. **Contenu** :
- Quantification des travaux (420 km de routes).
- Mise en évidence du système de prestation (25 000 hommes, groupes de 500).
- Rendement technique (1,2 m³/homme‑jour).
- Reconnaissance d’une résistance populaire (réticence, crainte de maladie, perte d’activités).
4. **Analyse** :
- Le document illustre la **contrainte économique** imposée aux populations : le travail forcé n’est pas volontaire mais requis par l’administration.
- La mention des « chefs de subdivision » montre l’usage des intermédiaires locaux pour imposer la volonté coloniale, même dans un système d’assimilation où le pouvoir traditionnel est affaibli.
- La référence aux difficultés sanitaires révèle les **conséquences humaines** du travail forcé (exposition aux maladies, épuisement).
- Le ton factuel masque la coercition ; il faut lire entre les lignes pour percevoir la souffrance des travailleurs.
5. **Intérêt pour l’étude** : ce document permet de montrer comment l’administration française quantifie ses projets tout en masquant la violence sociale sous-jacente, et il fournit une base pour comparer avec les rapports britanniques qui, eux, mettent souvent en avant les bénéfices économiques du cacao sans mentionner le travail migrant.
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## Méthode et sujets type examen
### Sujet 1 – Dissertation
**Intitulé** : « En quoi les politiques d’assimilation française et d’indirect rule britannique ont‑elles façonné différemment les mouvements nationalistes camerounais entre 1945 et 1960 ? »
**Plan détaillé**
I. **Les fondements idéologiques des deux administrations**
A. Assimilation française : citoyenneté, culture française, école laïque.
B. Indirect rule britannique : préservation des coutumes, pouvoir des chefs, éducation missionnaire.
II. **Conséquences sur l’émergence d’une élite évoluée**
A. Territoire français : émergence d’une petite bourgeoisie fonctionnarisée et enseignante (ex. : Ruben Um Nyobè, Félix Moumié).
B. Territoire britannique : émergence d’une planteuse et d’une classe commerciale anglophone (ex. : John Ngu Foncha, Augustine Ngom Jua).
III. **Influence sur les formes du nationalisme**
A. UPC : appel à l’indépendance immédiate, rejet de l’assimilation, recours au marxisme et au panafricanisme.
B. KNC : revendication de la réunification avec le Cameroun français, recours au fédéralisme et au dialogue avec les autorités britanniques.
IV. **Synthèse** : les différences d’administration ont produit des nationalismes aux objectifs et aux discours distincts, mais tous convergents vers la fin de la colonisation.
### Sujet 2 – Commentaire de document
**Document** : Lettre d’un missionnaire presbytérien du Southern Cameroons à son conseil d’administration, 1942, décrivant l’impact du cacao sur la vie villageoise.
**Plan de commentaire**
1. **Presentation du document** : nature, auteur, date, contexte (Seconde Guerre mondiale, hausse de la demande de cacao).
2. **Analyse du contenu** :
- Description des nouvelles pratiques agricoles (plantation de cacao en remplacement du mil).
- Observations sur les changements sociaux (apparition d’un revenu monétaire, modification des rôles de genre).
- Critiques des missionnaires sur l’alcoolisme et l’individualisme naissant.
3. **Interprétation** : montrer comment l’économie de rente britannique transforme les structures villageoises tout en créant des dépendances aux marchés internationaux.
4. **Évaluation de la portée** : le document témoigne de la « modernisation » imposée par l’économie coloniale et des tensions entre tradition et changement.
5. **Conclusion** : lien avec les thèmes du chapitre (économie d’exportation, impact social, émergence d’une conscience nationale).
### Sujet 3 – Question de cours
**Intitulé** : « Expliquez les différences entre le travail forcé imposé par l’administration française et le travail migrant observé dans le territoire britannique, en montrant leurs effets respectifs sur les populations rurales. »
**Plan de réponse**
- Définir le travail forcé (prestations) : obligation légale, non rémunéré, contrôlé par l’administration, exemple des routes Yaoundé‑Douala (1925‑1935).
- Définir le travail migrant : déplacement volontaire ou semi‑contraint vers des zones de travail rémunéré (mines du Nigéria, plantations françaises), exemple des saisonniers du Southern Cameroons vers les mines d’étain du Nigéria (1940‑1950).
- Comparer les mécanismes de contrôle (autorité directe vs. incitation économique).
- Évaluer les effets :
- Travail forcé : épuisement, baisse de la production alimentaire, révoltes rurales.
- Travail migrant : apports monétaires, mais rupture des liens familiaux, exposition à de nouvelles maladies, parfois amélioration du niveau de vie.
- Conclure sur la façon dont ces deux formes de travail ont contribué à la prise de conscience des injustices coloniales et à l’émergence du nationalisme.
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## Erreurs fréquentes
1. **Confondre mandat et tutelle** : certains élèves pensent que le mandat de la Société des Nations a duré jusqu’à l’indépendance ; en réalité, il a pris fin en 1946, remplacé par la tutelle de l’ONU.
2. **Assimiler Indirect Rule à absence de toute intervention britannique** : l’Indirect Rule implique néanmoins un contrôle étroit par les gouverneurs et les résidents, même si l’administration passe par les chefs traditionnels.
3. **Confondre les mouvements UPC et KNC** : l’UPC opère principalement dans le territoire français et réclame l’indépendance immédiate ; le KNC agit dans le Southern Cameroons et vise la réunification avec le Cameroun français, pas l’indépendance séparée.
4. **Sous‑estimer l’impact économique du cacao** : croire que le cacao était une activité marginale alors qu’il représentait plus de 60 % des exportations du Southern Cameroons dans les années 1940‑1950.
5. **Mélanger les systèmes d’impôt** : penser que l’impôt de capitation était identique dans les deux territoires ; en réalité, les Britanniques appliquaient un impôt très faible voire nul, privilégiant les taxes à l’exportation.
6. **Oublier la dimension religieuse** : réduire l’action des missions à la seule éducation, alors qu’elles ont aussi influencé les pratiques culturelles, introduit de nouveaux rites et parfois soutenu des mouvements nationalistes (ex. : certains missionnaires ont appuyé le KNC).
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*Fin du cours.*
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