Chapitre 3
Le génie génétique et les plantes transgéniques
Lecture : 13 minQuiz de 12 questions
# Le génie génétique et les plantes transgéniques
## Introduction
Depuis des millénaires, l'être humain améliore les plantes cultivées et les animaux domestiques par sélection empirique : on croise les individus présentant les caractères les plus intéressants, et on espère que la descendance cumulera ces avantages. Cette méthode, longue et aléatoire, est limitée par les barrières naturelles entre espèces. Le XXe siècle a ouvert une voie radicalement nouvelle : le **génie génétique**, qui permet de modifier directement le patrimoine héréditaire d'un organisme en y introduisant un ou plusieurs gènes choisis, parfois issus d'espèces totalement différentes. Appliqué aux végétaux, il a donné naissance aux **plantes transgéniques** (ou organismes génétiquement modifiés, OGM), dont la culture s'est répandue dans le monde entier. Ce chapitre présente les principes fondamentaux du génie génétique, les caractéristiques recherchées chez les plantes transgéniques, leur mode d'obtention et des exemples concrets.
## I. Le génie génétique et l'amélioration des caractéristiques des organismes vivants
### I.1. Définition et objectifs
> **À retenir** : Le **génie génétique** (ou ingénierie génétique) est l'ensemble des techniques permettant d'isoler, de modifier et de transférer un gène d'un organisme à un autre, y compris entre espèces différentes. L'organisme qui reçoit un gène étranger est dit **transgénique** ou **génétiquement modifié (OGM)**.
Le génie génétique vise à améliorer les caractéristiques des organismes vivants dans des domaines variés :
- **Agriculture** : résistance aux insectes, aux herbicides, aux maladies virales, tolérance à la sécheresse, amélioration de la valeur nutritive.
- **Médecine** : production de médicaments (insuline, hormone de croissance) par des bactéries ou des plantes transgéniques ; thérapie génique.
- **Industrie** : production d'enzymes, de biocarburants, de bioplastiques.
- **Recherche fondamentale** : étude de la fonction des gènes.
### I.2. Les outils du génie génétique
Le génie génétique repose sur une panoplie d'outils moléculaires :
| Outil | Rôle |
|-------|------|
| **Enzymes de restriction** | Coupent l'ADN à des séquences précises (sites de restriction), produisant des fragments à extrémités cohésives ou franches. |
| **Ligases** | Soudent (liguent) deux fragments d'ADN entre eux. |
| **Vecteurs** | Molécules d'ADN capables de transporter un gène étranger dans une cellule hôte : plasmides bactériens, virus, chromosomes artificiels. |
| **ADN polymérase** | Synthétise un brin complémentaire à partir d'une matrice (utilisée en PCR). |
| **Sondes moléculaires** | Fragments d'ADN ou d'ARN marqués (fluorescence, radioactivité) qui détectent une séquence complémentaire spécifique. |
### I.3. Les principales techniques
#### I.3.1. L'extraction et l'isolement d'un gène
Pour obtenir un gène d'intérêt, on peut :
- **L'extraire directement** à partir de l'ADN génomique après digestion par des enzymes de restriction.
- **Le synthétiser** à partir de l'ARN messager correspondant grâce à la **transcriptase inverse** (obtention d'ADN complémentaire, ADNc).
- **L'amplifier par PCR** (Polymerase Chain Reaction) : cette technique permet de copier des millions de fois un fragment d'ADN spécifique en quelques heures.
> **À retenir** : La **PCR** (réaction de polymérisation en chaîne) est une technique d'amplification de l'ADN *in vitro*. Elle utilise deux amorces encadrant la séquence cible, une ADN polymérase thermorésistante (Taq polymérase) et des cycles successifs de dénaturation (95 °C), hybridation (55-60 °C) et élongation (72 °C). Chaque cycle double la quantité d'ADN cible.
#### I.3.2. La construction de l'ADN recombinant
Le gène d'intérêt est inséré dans un **vecteur** (souvent un plasmide bactérien) préalablement ouvert par la même enzyme de restriction. La ligase soude le gène au plasmide, formant une molécule d'**ADN recombinant**. Le plasmide contient également :
- un **gène de sélection** (résistance à un antibiotique) pour repérer les cellules ayant intégré le vecteur ;
- un **promoteur** adapté à la cellule hôte pour permettre l'expression du gène.
#### I.3.3. Le transfert du gène dans la cellule hôte
Plusieurs méthodes existent selon l'organisme cible :
| Méthode | Principe | Organismes concernés |
|---------|----------|----------------------|
| **Transformation bactérienne** | Choc thermique ou électroporation : la bactérie devient perméable et absorbe le plasmide. | Bactéries (E. coli) |
| **Transfection** | Introduction d'ADN nu dans des cellules eucaryotes (précipité au phosphate de calcium, liposomes). | Cellules animales en culture |
| **Biolistique (canon à gènes)** | Projection de microparticules d'or ou de tungstène enrobées d'ADN dans les cellules. | Plantes, cellules animales |
| **Agrobacterium tumefaciens** | Bactérie du sol capable de transférer naturellement un fragment d'ADN (ADN-T) dans le génome des cellules végétales. | Plantes dicotylédones |
| **Micro-injection** | Injection directe d'ADN dans le noyau d'une cellule. | Ovocytes, cellules animales |
#### I.3.4. La sélection et l'expression des cellules transformées
Après le transfert, on cultive les cellules sur un milieu contenant l'agent de sélection (antibiotique). Seules les cellules ayant intégré le gène de résistance survivent. On vérifie ensuite la présence et l'expression du transgène par :
- **Southern blot** (détection de l'ADN) ;
- **Northern blot** (détection de l'ARN messager) ;
- **Western blot** (détection de la protéine) ;
- **PCR** sur l'ADN génomique.
### I.4. Exemples d'amélioration d'organismes par génie génétique
- **Bactéries productrices d'insuline humaine** : le gène de l'insuline humaine est introduit dans *Escherichia coli* ; les bactéries produisent de l'insuline en grande quantité, utilisée pour traiter le diabète.
- **Levures transgéniques** : production de vaccins (antigène de surface du virus de l'hépatite B).
- **Souris transgéniques** : modèles de maladies humaines (cancer, Alzheimer) pour la recherche.
- **Plantes transgéniques** : détaillées dans les sections suivantes.
> **À retenir** : Le génie génétique permet de franchir les barrières d'espèces : un gène humain peut être exprimé par une bactérie, un gène bactérien par une plante. C'est une différence fondamentale avec les croisements classiques qui ne peuvent mélanger que des génomes proches.
## II. Les plantes transgéniques : caractéristiques recherchées, principe d'obtention, exemples
### II.1. Caractéristiques recherchées chez les plantes transgéniques
Les plantes transgéniques sont créées pour répondre à des enjeux agricoles, économiques, environnementaux et sanitaires. Les caractéristiques recherchées sont nombreuses :
#### II.1.1. Résistance aux insectes ravageurs
Le gène *cry* (ou *Bt*) provenant de la bactérie *Bacillus thuringiensis* code une protéine insecticide. Cette protéine, inactive dans la plante, est activée dans le tube digestif des insectes (chenilles, coléoptères) qu'elle tue en perforant leur intestin. Elle est sans effet sur les mammifères, les oiseaux et les insectes utiles (pollinisateurs).
> **À retenir** : Les plantes **Bt** (maïs, coton, soja) produisent elles-mêmes leur insecticide, ce qui réduit l'utilisation de pesticides chimiques. La protéine Cry est spécifique de certains insectes et est dégradée rapidement dans l'environnement.
#### II.1.2. Tolérance aux herbicides
Le gène introduit code une enzyme qui dégrade l'herbicide ou une enzyme devenue insensible à l'herbicide. La plante transgénique survit à l'application d'un herbicide total (ex. : glyphosate, glufosinate) qui détruit les mauvaises herbes. Cela simplifie le désherbage et réduit le travail du sol.
#### II.1.3. Résistance aux virus
On introduit un gène viral (souvent le gène de la capside) dans la plante : celle-ci devient résistante au virus correspondant par un mécanisme de type "immunité" (interférence par ARN). Exemple : papaye résistante au virus de la tache annulaire (PRSV).
#### II.1.4. Tolérance aux stress abiotiques
- **Sécheresse** : introduction de gènes codant des protéines de protection (osmoprotecteurs, protéines LEA) ou des facteurs de transcription régulant la réponse au stress hydrique.
- **Salinité** : gènes de transporteurs d'ions permettant d'exclure le sodium des cellules.
- **Froid** : gènes d'antigel (protéines antigel de poissons) ou gènes modifiant la composition des membranes.
#### II.1.5. Amélioration de la qualité nutritionnelle
- **Riz doré** : enrichi en provitamine A (bêta-carotène) grâce à l'introduction de trois gènes (deux du narcisse et un de la bactérie *Erwinia*), pour lutter contre la carence en vitamine A dans les pays en développement.
- **Soja à haute teneur en acide oléique** : meilleure qualité nutritionnelle de l'huile.
- **Plantes enrichies en fer, en acides aminés essentiels, en vitamines**.
#### II.1.6. Amélioration des caractéristiques agronomiques et industrielles
- **Maturation retardée des fruits** (tomate "Flavr Savr") : blocage de l'expression du gène de la polygalacturonase, enzyme responsable du ramollissement.
- **Amélioration du rendement** : modification de la photosynthèse, de l'absorption des nutriments.
- **Production de molécules d'intérêt** : vaccins, anticorps, enzymes industrielles, bioplastiques (plantes "usines à molécules").
### II.2. Principe d'obtention des plantes transgéniques
> **À retenir** : L'obtention d'une plante transgénique suit une **chaîne d'étapes** : (1) isolement du gène d'intérêt, (2) construction du vecteur de transfert, (3) introduction du gène dans les cellules végétales, (4) sélection des cellules transformées, (5) régénération de plantes entières par culture *in vitro*, (6) vérification de l'expression du transgène et des caractères conférés.
#### II.2.1. Étape 1 : Isolement du gène d'intérêt
Le gène codant le caractère recherché est isolé à partir d'un organisme donneur (bactérie, virus, autre plante, animal). Il est associé à :
- un **promoteur constitutif** (ex. : promoteur 35S du virus de la mosaïque du chou-fleur, CaMV) qui permet une expression forte dans tous les tissus ;
- un **terminateur** (ex. : terminaison du gène de la nopaline synthase, nos) ;
- un **gène marqueur de sélection** (résistance à un antibiotique ou à un herbicide).
#### II.2.2. Étape 2 : Introduction du gène dans les cellules végétales
Deux méthodes principales sont utilisées :
**a) La méthode biologique : Agrobacterium tumefaciens**
*Agrobacterium tumefaciens* est une bactérie du sol qui infecte naturellement les plantes dicotylédones et provoque des tumeurs (crown gall). Elle possède un plasmide Ti (tumor inducing) contenant une région transférable, l'**ADN-T**, qui s'intègre au hasard dans le génome nucléaire de la plante.
Pour utiliser cette bactérie comme vecteur :
1. On **désarme** le plasmide Ti en supprimant les gènes responsables de la tumeur.
2. On insère le gène d'intérêt dans la région ADN-T.
3. On met en contact la bactérie avec des explants végétaux (fragments de feuilles, de tiges) ou des cellules en culture.
4. La bactérie transfère l'ADN-T (contenant le gène d'intérêt) dans le génome des cellules végétales.
**b) La méthode physique : la biolistique (canon à gènes)**
La biolistique consiste à bombarder les cellules végétales avec des microparticules d'or ou de tungstène (1 à 2 µm) enrobées d'ADN. Les particules traversent la paroi et la membrane cellulaire, libérant l'ADN dans le noyau où il s'intègre au génome. Cette méthode est utilisée pour les monocotylédones (maïs, riz, blé) qui sont peu sensibles à *Agrobacterium*.
**c) Autres méthodes** : électroporation (choc électrique rendant les membranes perméables), PEG (polyéthylène glycol) pour les protoplastes.
#### II.2.3. Étape 3 : Sélection des cellules transformées
Les cellules sont cultivées sur un milieu contenant l'agent de sélection (antibiotique ou herbicide). Seules les cellules ayant intégré et exprimé le gène de résistance survivent et se multiplient. Les cellules non transformées meurent.
#### II.2.4. Étape 4 : Régénération des plantes entières
Les cellules transformées sont placées sur des milieux de culture contenant des **phytohormones** (auxines et cytokinines) à des concentrations appropriées. Elles se différencient et donnent des **cals** (amas de cellules indifférenciées), puis des tiges et des racines. On obtient des **plantules** qui sont acclimatées en serre puis au champ. Cette technique de **culture in vitro** permet de régénérer une plante entière à partir d'une seule cellule transformée, grâce à la **totipotence** des cellules végétales.
> **À retenir** : La **totipotence** est la capacité d'une cellule végétale à régénérer un organisme entier. C'est la base de la culture *in vitro* et de la régénération des plantes transgéniques.
#### II.2.5. Étape 5 : Vérification et sélection des lignées
Les plantes régénérées sont analysées pour vérifier :
- la présence du transgène (PCR, Southern blot) ;
- l'expression du transgène (ARN messager, protéine) ;
- le caractère conféré (test de résistance à l'insecte, à l'herbicide, etc.) ;
- le nombre de copies du transgène et sa stabilité dans les générations suivantes.
Les lignées les plus performantes sont sélectionnées et multipliées pour produire des semences commerciales.
### II.3. Exemples de plantes transgéniques
#### II.3.1. Le maïs Bt
- **Gène introduit** : gène *cry1Ab* de *Bacillus thuringiensis*.
- **Caractère conféré** : résistance à la pyrale du maïs (*Ostrinia nubilalis*) et à la sésamie.
- **Intérêt** : réduction des pertes de récolte, diminution des insecticides chimiques.
- **Cultivé** : États-Unis, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, etc.
#### II.3.2. Le soja tolérant au glyphosate (soja RR, Roundup Ready)
- **Gène introduit** : gène *cp4 epsps* d'*Agrobacterium* codant une enzyme (EPSPS) insensible au glyphosate.
- **Caractère conféré** : tolérance à l'herbicide total glyphosate (Roundup).
- **Intérêt** : désherbage simplifié, réduction du travail du sol (semis direct).
- **Cultivé** : très largement répandu (États-Unis, Brésil, Argentine, Inde).
#### II.3.3. Le coton Bt
- **Gène introduit** : gène *cry1Ac* ou *cry2Ab* de *Bacillus thuringiensis*.
- **Caractère conféré** : résistance aux chenilles du cotonnier (héliothis, pectinophore).
- **Intérêt** : réduction massive des insecticides (le coton était la culture la plus traitée).
- **Cultivé** : Inde, Chine, États-Unis, Burkina Faso (par le passé).
#### II.3.4. Le riz doré (Golden Rice)
- **Gènes introduits** : gènes *psy* (phytoène synthase, du narcisse ou du maïs) et *crtI* (phytoène désaturase, d'*Erwinia uredovora*).
- **Caractère conféré** : production de bêta-carotène (provitamine A) dans le grain, qui devient jaune doré.
- **Intérêt** : lutte contre la carence en vitamine A, cause de cécité et de mortalité infantile dans les pays en développement.
- **Statut** : approuvé aux Philippines (2021), en cours d'adoption dans d'autres pays.
#### II.3.5. La papaye résistante au virus de la tache annulaire (PRSV)
- **Gène introduit** : gène de la protéine de capside du virus PRSV.
- **Caractère conféré** : résistance au virus (mécanisme d'interférence par ARN).
- **Intérêt** : sauvetage de l'industrie papayère à Hawaï dans les années 1990.
#### II.3.6. La tomate Flavr Savr
- **Gène introduit** : gène antisens de la polygalacturonase (PG), enzyme dégradant les pectines de la paroi cellulaire.
- **Caractère conféré** : maturation retardée, meilleure tenue des fruits, goût amélioré.
- **Historique** : première plante transgénique commercialisée (1994, États-Unis), retirée du marché pour des raisons économiques.
#### II.3.7. Autres exemples
- **Colza** tolérant aux herbicides et à huile modifiée (acide érucique réduit).
- **Betterave sucrière** tolérante au glyphosate.
- **Pomme de terre** résistante au mildiou ou à teneur modifiée en amidon (Amflora).
- **Aubergine Bt** (Bangladesh) résistante à la pyrale du fruit.
- **Banane enrichie en provitamine A** (en cours de développement en Ouganda).
- **Manioc résistant à la mosaïque africaine** (en cours de développement).
### II.4. Bilan : avantages et controverses
> **À retenir** : Les plantes transgéniques présentent des **avantages** potentiels (réduction des pesticides, amélioration nutritionnelle, rendements accrus, adaptation aux stress) mais aussi des **risques** et des **controverses** (dissémination de transgènes dans l'environnement, effets sur la biodiversité, dépendance des agriculteurs aux semenciers, acceptabilité sociale, questions éthiques et sanitaires). Leur culture est réglementée dans de nombreux pays.
| Avantages | Risques et limites |
|-----------|-------------------|
| Réduction des insecticides chimiques | Dissémination des transgènes (flux de gènes vers des plantes sauvages) |
| Désherbage simplifié | Apparition de résistances chez les insectes et les mauvaises herbes |
| Amélioration de la valeur nutritive | Effets potentiels sur la biodiversité (insectes non cibles) |
| Tolérance aux stress (sécheresse, salinité) | Dépendance économique des agriculteurs (semences brevetées) |
| Production de molécules pharmaceutiques | Questions éthiques et sanitaires (allergénicité, toxicité) |
| Rendements accrus dans certains cas | Acceptation variable des consommateurs |
## Conclusion
Le génie génétique constitue une révolution dans l'amélioration des organismes vivants : il permet de transférer des gènes entre espèces très éloignées, ce que les méthodes classiques de croisement ne peuvent réaliser. Les plantes transgéniques, obtenues par des techniques comme *Agrobacterium tumefaciens* ou la biolistique, expriment des caractères nouveaux : résistance aux insectes, tolérance aux herbicides, résistance aux virus, amélioration nutritionnelle, etc. Des exemples comme le maïs Bt, le soja RR, le coton Bt ou le riz doré illustrent la diversité des applications.
Cependant, les plantes transgéniques suscitent des débats scientifiques, économiques, éthiques et sociaux importants. Leur développement doit s'accompagner d'une évaluation rigoureuse des risques et d'une réglementation adaptée. Pour le Cameroun et l'Afrique en général, les biotechnologies végétales représentent un outil potentiel pour relever les défis de la sécurité alimentaire, de l'adaptation au changement climatique et du développement durable, à condition d'être maîtrisées et encadrées dans le cadre de politiques publiques éclairées.
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