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Chapitre 1

Identité biologique des organismes : mitose et conservation de l'information génétique

Lecture : 18 minQuiz de 12 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : 1. Définir l’identité biologique d’un organisme et expliquer comment elle se manifeste à différents niveaux d’organisation. 2. Décrire les étapes de la mitose, en précisant les événements cytologiques et moléculaires de chaque phase. 3. Justifier le rôle de la mitose dans la conservation de l’information génétique lors de la croissance, de la réparation tissulaire et de la reproduction asexuée. 4. Expliquer les mécanismes assurant la fidélité de la réplication de l’ADN et la transmission fidèle des allèles lors de la division cellulaire. 5. Réaliser des calculs simples liés au nombre de chromosomes, à la durée des phases mitotiques et à la probabilité de transmission d’un allèle. 6. Identifier les erreurs fréquentes liées à la confondre mitose et méiose, à l’interprétation des schémas de karyotype et à l’application des règles de Mendel. **Prérequis** : L’élève doit maîtriser : - La structure de la cellule eucaryote (noyau, cytoplasme, organites). - La notion de chromosome, d’allèle et de gène (déjà abordée en seconde). - Les bases de la liaison ADN‑protéine (histones, chromatine). - Les concepts de cellule somatique et de cellule germinale. - La lecture d’un schéma de karyotype et la notation du nombre de chromosomes (2n, n). --- ## Introduction contextualisée Dans le vivant, chaque individu possède une **identité biologique** qui le rend reconnaissable parmi les autres membres de son espèce. Cette identité repose sur la constance de son patrimoine génétique : l’ensemble des molécules d’ADN qui codent pour ses protéines, régulent son métabolisme et déterminent ses caractères phénotypiques. Chez les organismes eucaryotes, la constance de ce patrimoine est assurée principalement par le processus de **mitose**, une division cellulaire qui produit deux cellules filles génétiquement identiques à la cellule mère. La mitose intervient dans trois contextes essentiels au fonctionnement du multicellulaire : 1. **Croissance** : augmentation du nombre de cellules tout en préservant le même génotype. 2. **Réparation** : remplacement des cellules endommagées ou mortes (ex. cicatrisation cutanée). 3. **Reproduction asexuée** : génération d’un nouvel individu génétiquement identique au parent (ex. bourgeonnement de l’hydre, bouturage des plantes). Sans la mitose, l’information génétique se diluerait à chaque division, conduisant à une perte progressive de l’identité biologique et à l’impossibilité de maintenir des tissus fonctionnels. Le chapitre suivant détaille donc, d’une part, ce que signifie « identité biologique » à l’échelle moléculaire, cellulaire et organismique, et, d’autre part, comment la mitose assure la conservation fidèle de cette identité grâce à une séquence d’événements hautement régulés. --- ## I. Identité biologique des organismes ### A. Définition et notions de base > **Définition** : L’identité biologique d’un organisme est l’ensemble des caractéristiques génétiques (séquence d’ADN, nombre et structure des chromosomes, ensemble des allèles) qui le distinguent de tout autre individu de la même espèce, tout en permettant sa reconnaissance comme appartenant à cette espèce. Cette identité s’exprime à plusieurs niveaux d’organisation : | Niveau | Description | Exemple | |--------|-------------|---------| | Moléculaire | Séquence précise des nucléotides d’ADN (gènes, régions régulatrices) | Allèle A du gène de la mélanine chez l’humain | | Chromosomique | Nombre, forme et bandeaux des chromosomes (karyotype) | 46 chromosomes chez l’humain (2n = 46) | | Cellulaire | Type de cellule, expression génique spécifique | Hépatocyte exprimant l’albumine | | Tissulaire | Organisation des cellules en tissus avec fonctions spécifiques | Tissu musculaire strié | | Organismique | Phénotype observable (morphologie, physiologie, comportement) | Taille, couleur du pelage, capacité de vol | > **Règle** : Deux individus appartenant à la même espèce possèdent le même nombre de chromosomes (2n) et la même organisation générale du génome, mais peuvent différer par leurs allèles (variants alléliques). ### B. Niveaux d’organisation du vivant et identité 1. **Niveau moléculaire** : L’ADN est organisé en chromatine (ADN + histones). Les séquences codantes (exons) et régulatrices (promoteurs, enhancers) déterminent quelles protéines seront synthétisées. Une mutation ponctuelle dans un gène essentiel peut altérer l’identité biologique (ex. drépanocytose : mutation β‑globine). 2. **Niveau chromosomique** : Le karyotype représente l’image des chromosomes métaphasiques classés par taille et position du centromère. Toute anomalie (trisomie, monosomie, translocation) modifie l’identité biologique et peut entraîner un syndrome (ex. trisomie 21 → syndrome de Down). 3. **Niveau cellulaire** : Deux cellules provenant du même individu mais de tissus différents expriment des sous‑ensembles différents de gènes (différenciation). Pourtant, leur génome reste identique ; l’identité biologique est donc préservée au niveau du génome, tandis que l’identité fonctionnelle varie. 4. **Niveau tissulaire et organismique** : L’assemblage de cellules spécialisées donne naissance à des tissus puis à des organes. La coordination de ces structures, régulée par des signaux hormonaux et nerveux, constitue le phénotype observable qui reflète l’identité biologique sous-jacente. ### C. Exemples entièrement résolus **Exemple 1 – Détermination du nombre de chromosomes à partir d’un karyotype** *Donnée* : Un karyotype humain montre 22 paires d’autosomes et une paire de chromosomes sexuels XY. *Question* : Quel est le nombre de chromosomes (2n) et le nombre de chromosomes haploïdes (n) ? *Résolution* : - Nombre total de chromosomes visibles = 22×2 + 2 = 46. - Donc 2n = 46. - Le nombre haploïde n = 2n / 2 = 23. > **Réponse** : 2n = 46 chromosomes ; n = 23 chromosomes. **Exemple 2 – Identification d’une anomalie chromosomique** *Donnée* : Un fœtus présente un karyotype avec 47 chromosomes, dont trois copies du chromosome 21 (trisomie 21). *Question* : Quel est le risque phénotypique associé ? *Résolution* : - La présence d’un chromosome 21 supplémentaire entraîne une surexpression des gènes situés sur ce chromosome (≈ 200‑300 gènes). - Cette surexpression perturbe le développement cérébral et cardiaque, conduisant au syndrome de Down (retard mental, traits faciaux caractéristiques, risque accru de cardiopathie congénitale). > **Réponse** : Le fœtus présente un risque élevé de développer le syndrome de Down. --- ## II. La mitose : mécanisme et phases ### A. Interphase (préparation) > **Définition** : L’interphase est la période du cycle cellulaire durant laquelle la cellule se prépare à la mitose en synthétisant ses composants et en répliquant son ADN. Elle comprend trois sous‑phases : G₁ (croissance), S (synthèse de l’ADN) et G₂ (préparation mitotique). - **G₁** : Augmentation du volume cellulaire, synthèse des protéines et des organites. - **S** : Réplication de chaque chromosome → formation de deux chromatides sœurs reliées par le centromère. - **G₂** : Vérification de l’intégrité de l’ADN, synthèse des protéines mitotiques (cyclines, CDK). > **Formule** : Après la phase S, chaque chromosome comporte 2 chromatides sœurs ; la quantité d’ADN est passée de 2C (correspondant au génome diploïde) à 4C (double de la quantité d’ADN d’un génome haploïde) en termes de quantité d’ADN par noyau. ### B. Prophase - Condensation de la chromatine → chromosomes visibles sous microscope. - Disparition du nucléole et de l’enveloppe nucléaire (dans les cellules ouvertes). - Formation du fuseau mitotique à partir des centrosomes (microtubules). - Attache des kinetochores (protéines du centromère) aux microtubules du fuseau. > **À retenir** : La prophase marque le passage d’un état de chromatin diffuse à des chromosomes individuels, chacun constitué de deux chromatides sœurs. ### C. Métaphase - Les chromosomes s’alignent sur le plan équatorial (métaphase plate). - Chaque chromatide sœur est reliée à un pôle du fuseau par des microtubules d’attache (kinetochore‑microtubule). - Le point de contrôle de la métaphase (checkpoint) vérifie que tous les kinetochores sont correctement attachés avant de permettre l’anaphase. > **Formule du checkpoint** : Si ∀ i, attache(i) = correct → passage à l’anaphase ; sinon, arrêt et activation de voies d’apoptose ou de réparation. ### D. Anaphase - Séparation des chromatides sœurs : les cohesines sont coupées par la séparase. - Chaque chromatide (désormais considérée comme un chromosome) est tirée vers les pôles opposés par la dégradation des microtubules d’attache et l’allongement des microtubules polaires. - Le nombre de chromosomes par pôle reste identique à celui de la cellule mère (2n). > **À retenir** : L’anaphase assure la répartition équitable du matériel génétique ; chaque pôle reçoit un ensemble complet et identique de chromosomes. ### E. Télophase - Décondensation des chromosomes → reconstitution de la chromatine. - Réformation de l’enveloppe nucléaire autour de chaque groupe de chromosomes (noyaux filles). - Réapparition du nucléole. - Désassemblage du fuseau mitotique. ### F. Cytokinèse - Chez les cellules animales : formation d’un anneau d’actine‑myosine (cleavage furrow) qui se contracte pour séparer le cytoplasme. - Chez les cellules végétales : formation d’une plaque cellulaire dérivée du complexe de Golgi, qui devient la nouvelle paroi intermédiaire. > **Résultat** : Deux cellules filles, chacune possédant le même nombre de chromosomes (2n) et le même contenu génétique que la cellule mère. ### G. Régulation et points de contrôle Le cycle cellulaire est contrôlé par des cyclines et des CDK (cycline‑dépendantes kinases). Les principaux points de contrôle sont : 1. **Checkpoint G₁/S** : vérifie la taille cellulaire, la disponibilité des nutriments et l’intégrité de l’ADN avant la réplication. 2. **Checkpoint G₂/M** : s’assure que l’ADN a été entièrement répliqué et qu’il n’y a pas de dommages avant l’entrée en mitose. 3. **Checkpoint métaphase/anaphase** : contrôle l’attache correcte des kinetochores aux microtubules du fuseau. > **Formule simplifiée** : Activité CDK = f(cycline) ; inhibition par p53/p21 en cas de dommages ADN. ### H. Exemples entièrement résolus **Exemple 1 – Calcul du nombre de chromatides après la phase S** *Donnée* : Une cellule humaine en G₁ possède 46 chromosomes (2n = 46). *Question* : Combien de chromatides sont présentes après la phase S ? *Résolution* : - Chaque chromosome se réplique → 2 chromatides sœurs. - Nombre total de chromatides = 46 × 2 = 92. > **Réponse** : 92 chromatides. **Exemple 2 – Durée relative des phases mitotiques à partir d’un comptage microscopique** *Donnée* : Sur un échantillon de 1000 cellules en mitose, on observe : 200 en prophase, 150 en métaphase, 100 en anaphase, 50 en télophase, 500 en interphase. *Question* : Estimer la proportion du temps passée en chaque phase (en supposant que le nombre de cellules observées est proportionnel à la durée de chaque phase). *Résolution* : - Total cellules = 1000. - Prophase : 200/1000 = 0,20 → 20 % du temps. - Métaphase : 150/1000 = 0,15 → 15 %. - Anaphase : 100/1000 = 0,10 → 10 %. - Télophase : 50/1000 = 0,05 → 5 %. - Interphase : 500/1000 = 0,50 → 50 %. > **Réponse** : Interphase 50 %, prophase 20 %, métaphase 15 %, anaphase 10 %, télophase 5 %. --- ## III. Conservation de l’information génétique ### A. Réplication de l’ADN > **Définition** : La réplication de l’ADN est le processus semi‑conservatif par lequel chaque brin d’ADN parental sert de matrice à la synthèse d’un nouveau brin complémentaire, aboutissant à deux molécules d’ADN identiques à l’originale. Étapes principales (modèle de Meselson‑Stahl) : 1. **Initiation** : Hélicase sépare les deux brins au niveau de l’origine de réplication (ori). 2. **Elongation** : ADN polymérase ajoute des nucléotides en sens 5’→3’, en utilisant les brins parents comme gabarits. 3. **Termination** : Les deux fourches de réplication se rencontrent ; les fragments d’Okazaki (brin retard) sont ligaturés par l’ADN ligase. > **À retenir** : Chaque nouvelle molécule d’ADN contient un brin ancien et un brin nouveau → semi‑conservatif. ### B. Fidélité de la réplication et mécanismes de réparation La polymérase δ (eucaryotes) possède une activité de proofreading (exonucléase 3’→5’) qui élimine les nucléotides mal incorporés. En complément, plusieurs systèmes de réparation corrigent les erreurs échappant au proofreading : - **Mismatch repair (MMR)** : reconnaît les paires de bases non appariées après réplication. - **Excision repair** (base excision, nucleotide excision) : enlève les bases endommagées ou les lésions volumineuses. - **Récombination homologue** : répare les double‑brins cassés en utilisant la sœur chromatide comme modèle. > **Formule du taux d’erreur** : Après proofreading + MMR, le taux d’erreur final est d’environ 10⁻¹⁰ erreurs par base répliquée (une erreur tous les 10  milliards de bases). ### C. Transmission des allèles lors de la mitose Comme la mitose produit deux cellules génétiquement identiques, chaque allèle présent dans la cellule mère est transmis à chacune des deux filles dans la même proportion. Ainsi, pour un locus donné : - Si la cellule mère est homozygote AA → les deux filles sont AA. - Si elle est hétérozygote Aa → chaque fille reçoit un allèle A et un allèle a (Aa). > **À retenir** : La mitose conserve l’hétérozygotie ou l’homozygotie sans changement de fréquence allélique. ### D. Exemples entièrement résolus **Exemple 1 – Calcul du taux d’erreur résiduel après proofreading** *Donnée* : La polymérase δ commet une erreur brute de 10⁻⁴ par nucléotide ajouté. Son activité de proofreading élimine 99 % de ces erreurs. Le système MMR élimine ensuite 99 % des erreurs restantes. *Question* : Quel est le taux d’erreur final après ces deux étapes ? *Résolution* : - Après proofreading : 10⁻⁴ × (1 − 0,99) = 10⁻⁴ × 0,01 = 10⁻⁶. - Après MMR : 10⁻⁶ × (1 − 0,99) = 10⁻⁶ × 0,01 = 10⁻⁸. > **Réponse** : Taux d’erreur final ≈ 10⁻⁸ erreurs par base (une erreur tous les 100 millions de bases). **Exemple 2 – Probabilité de conservation d’un allèle récessif après plusieurs mitoses** *Donnée* : Une lignée cellulaire commence avec une cellule hétérozygote Aa. À chaque mitose, les deux cellules filles sont identiques à la mère. *Question* : Quelle est la probabilité que, après trois cycles de mitose successives, toutes les cellules dérivées soient encore hétérozygotes (Aa) ? *Résolution* : - À chaque mitose, la génotype reste inchangé (Aa → Aa + Aa). - Donc après n mitoses, toutes les cellules restent Aa avec probabilité 1 (certitude). > **Réponse** : Probabilité = 1 (100 %). > **Remarque** : Cela illustre que la mitose ne modifie pas les fréquences alléliques ; seules la méiose, la fécondation ou les mutations peuvent les changer. --- ## Synthèse du chapitre - **Identité biologique** : ensemble des caractéristiques génétiques (ADN, karyotype, allèles) qui définissent un individu et permettent son appartenance à une espèce. - **Niveaux d’organisation** : moléculaire → chromosomique → cellulaire → tissulaire → organismique ; l’identité génétique est conservée à chaque niveau malgré la différenciation fonctionnelle. - **Mitose** : division cellulaire produisant deux filles génétiquement identiques ; phases : interphase (G₁‑S‑G₂), prophase, métaphase, anaphase, télophase + cytokinèse. - **Points de contrôle** : G₁/S, G₂/M, métaphase/anaphase ; assurés par cyclines/CDK et protéines de contrôle (p53, p21). - **Réplication de l’ADN** : semi‑conservative, effectuée pendant la phase S ; haute fidélité grâce au proofreading et aux systèmes de réparation (MMR, excision, recombinaison homologue). - **Conservation de l’information** : la mitose transmet fidèlement le nombre de chromosomes (2n) et les allèles ; aucune modification de la fréquence allélique n’est observée en l’absence de mutation. - **Applications** : croissance, réparation tissulaire, reproduction asexuée ; toute anomalie (non‑disjonction, mutation) entraîne une altération de l’identité biologique pouvant mener à des pathologies. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Allèle** | Variante d’un gène située au même locus sur les chromosomes homologues. | | **Chromatide sœur** | Chacune des deux copies identiques d’un chromosome produites lors de la réplication de l’ADN, reliées par le centromère. | | **Centromère** | Région restreinte du chromosome où se rassemblent les protéines du kinetochore, essentielle à la séparation des chromatides. | | **Cycline** | Protéine régulatrice dont la concentration varie au cours du cycle cellulaire et qui active les CDK. | | **CDK** (Cycline‑dépendante kinase) | Enzyme qui, liée à une cycline, phosphoryle des protéines cibles pour faire progresser le cycle cellulaire. | | **Checkpoint** | Point de contrôle du cycle cellulaire qui vérifie l’état de l’ADN et l’attache du fuseau avant de permettre la poursuite. | | **Karyotype** | Représentation standardisée des chromosomes d’une cellule, classés par taille et position du centromère. | | **Métaphase plate** | Plan équatorial de la cellule où les chromosomes s’alignent durant la métaphase. | | **Proofreading** | Activité exynucléase 3’→5’ de certaines ADN polymérases qui enlève les nucléotides mal incorporés lors de la réplication. | | **Mismatch repair (MMR)** | Système de réparation qui corrige les paires de bases non appariées échappant au proofreading après réplication. | | **Réplication semi‑conservative** | Mode de réplication où chaque nouvelle molécule d’ADN comporte un brin parental et un brin néo‑synthétisé. | | **Cytokinèse** | Processus de division du cytoplasme qui suit la mitose et donne naissance à deux cellules distinctes. | | **Hétérozygotie** | État d’un locus où les deux allèles sont différents (ex. Aa). | | **Homozygotie** | État d’un locus où les deux allèles sont identiques (ex. AA ou aa). | | **Non‑disjonction** | Échec de la séparation des chromatides sœurs ou des chromosomes homologues, conduisant à une aneuploïdie. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Identification d’un karyotype **Énoncé** : Un prélèvement sanguin montre 47 chromosomes, dont trois copies du chromosome 18. 1. Donner la formule chromosomique de cet individu. 2. Nommer le syndrome associé. 3. Préciser le type d’anomalie (numérique ou structurale). **Corrigé** : 1. Formule : 47, XY, +18 (si le sujet est masculin) ou 47, XX, +18 (si féminin). 2. Syndrome d’Edwards (trisomie 18). 3. Anomalie numérique de type trisomie (présence d’un chromosome supplémentaire). --- ### Exercice 2 – Durée des phases mitotiques **Énoncé** : Dans un tissu végétal en croissance, on compte 1200 cellules en mitose réparties ainsi : prophase 300, métaphase 240, anaphase 120, télophase 60, interphase 480. Calculer le pourcentage du temps total du cycle cellulaire passé en chaque phase. **Corrigé** : - Total = 1200. - Prophase : 300/1200 = 0,25 → 25 %. - Métaphase : 240/1200 = 0,20 → 20 %. - Anaphase : 120/1200 = 0,10 → 10 %. - Télophase : 60/1200 = 0,05 → 5 %. - Interphase : 480/1200 = 0,40 → 40 %. --- ### Exercice 3 – Calcul du nombre de chromatides **Énoncé** : Une cellule de poisson possède 48 chromosomes en G₁. Après la phase S, combien de chromatides sont présentes ? **Corrigé** : Chaque chromosome se réplique en deux chromatides sœurs. Nombre de chromatides = 48 × 2 = 96. --- ### Exercice 4 – Probabilité de transmission d’un allèle dominant **Énoncé** : Une lignée cellulaire dérivée d’une cellule hétérozygote Aa subit cinq divisions mitoses successives. Quelle est la probabilité que, après ces cinq divisions, une cellule choisie au hasard porte encore l’allèle A ? **Corrigé** : À chaque mitose, le génotype reste inchangé (Aa → Aa + Aa). Donc après n divisions, toutes les cellules restent Aa. Probabilité = 1 (100 %). --- ### Exercice 5 – Effet d’une mutation ponctuelle sur l’identité biologique **Énoncé** : Une mutation ponctuelle change le codon GAG (acide glutamique) en GTG (valine) au sixième résidu de la chaîne β‑globine. 1. Quel est le nom de la maladie associée ? 2. Expliquer en une phrase pourquoi cette modification altère l’identité biologique de l’individu porteur. **Corrigé** : 1. Drépanocytose (anémie falciforme). 2. La substitution d’un acide aminé polaire (Glu) par un apolaire (Val) provoque une aggregation de l’hémoglobine sous faible oxygène, modifiant la forme des globules rouges et entraînant des symptômes cliniques qui constituent une altération de l’identité phénotypique et donc biologique de l’individu. --- ### Exercice 6 – Analyse d’un checkpoint **Énoncé** : Une cellule présente une double‑brin cassé (DSB) non réparé avant l’entrée en mitose. Quel checkpoint est susceptible d’arrêter le cycle et quelle est la conséquence si ce checkpoint est défaillant ? **Corrigé** : Le checkpoint G₂/M détecte les dommages de l’ADN (DSB) via les protéines ATM/ATR et p53. Si ce checkpoint est fonctionnel, la cellule arrête son progression en G₂, permettant la réparation ou déclenchant l’apoptose. Si le checkpoint est défaillant (ex. mutation de p53), la cellule entre en mitose avec un ADN endommagé, ce qui peut conduire à des translocations, des pertes de morceaux de chromosome ou à l’apparition de cellules aneuploïdes, augmentant le risque de transformation tumorale. --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Pourquoi elle se produit | Comment l’éviter | |------------------|--------------------------|------------------| | **Confondre mitose et méiose** | Les deux sont des divisions cellulaires et partagent certaines étapes (prophase, métaphase…). | Rappeler que la mitose donne deux cellules filles identiques (2n → 2n) alors que la méiose donne quatre cellules haploïdes (n) avec recombinaison et réduction du nombre de chromosomes. | | **Compter les chromatides comme des chromosomes** | Après la phase S, chaque chromosome comporte deux chromatides ; les élèves oublient de distinguer les deux notions. | Se rappeler : un chromosome = une unité d’hérédité (un centromère) ; une chromatide = une copie d’ADN. Après S, nombre de chromatides = 2 × nombre de chromosomes. | | **Oublier le rôle du point de contrôle métaphase/anaphase** | L’accent est souvent mis sur les checkpoints G₁/S et G₂/M. | Visualiser le schéma du fuseau : l’anaphase ne débute que lorsque tous les kinetochores sont attachés ; sinon, la cellule arrête le cycle. | | **Attribuer une variation de fréquence allélique à la mitose** | Penser que chaque division modifie les proportions d’allèles. | Retenir que la mitose conserve exactement le même génotype ; seules la méiose, la fécondation ou la mutation peuvent changer les fréquences alléliques. | | **Interpréter un karyotype 46, XY comme féminin** | Confondre les symboles sexuels. | Se rappeler : XX = féminin, XY = masculin. Le nombre indique le nombre total de chromosomes, les lettres le sexe. | | **Ne pas convertir les pourcentages de durée en nombre de cellules** | Lors d’exercices de comptage, oublier que le nombre observé est proportionnel à la durée. | Utiliser la règle de trois : % temps = (nombre de cellules en phase / total cellules observées) × 100. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. En microscopie optique, quel organite est visible sans coloration spécifique ?
  2. 2. Quel organite est le site principal de la respiration cellulaire et produit l'ATP ?
  3. 3. Un chromosome est constitué principalement de :
  4. 4. Quelle est l'unité fonctionnelle de l'information génétique portée par l'ADN ?
  5. 5. Lors de la réplication de l'ADN, quelle enzyme assure la synthèse du nouveau brin ?
  6. 6. Un test d'ADN permet de :
  7. 7. Pendant quelle phase de la mitose les chromatides sœurs se séparent et migrent vers les pôles ?
  8. 8. Dans une cellule végétale, la division du cytoplasme (cytodiérèse) se fait par :
  9. 9. Le cycle cellulaire comprend :
  10. 10. Quel est le rôle principal de la mitose dans un organisme multicellulaire ?
  11. 11. Une cellule somatique humaine possède 46 chromosomes. Après une mitose, chaque cellule fille contient :
  12. 12. Lors d'un test de paternité, on compare les profils génétiques de l'enfant et du père présumé. Si l'enfant possède un allèle que le père présumé ne possède pas, on peut conclure que :