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Chapitre 41

Le système verbal : les modes

Lecture : 35 minQuiz de 12 questions

# Le système verbal : les modes ## Introduction La langue française, dans son fonctionnement grammatical, s'organise autour du verbe, élément central de la phrase. Le verbe n'est pas un simple mot parmi d'autres : il constitue le noyau autour duquel s'articulent les autres constituants de la phrase. C'est lui qui exprime l'action, l'état ou le processus, et c'est encore lui qui, par ses variations morphologiques, porte les marques de la personne, du nombre, du temps et du mode. Cette dernière notion, celle de mode, est fondamentale pour comprendre comment le locuteur envisage l'action ou l'état exprimé par le verbe : la présente-t-il comme réelle, certaine, souhaitée, ordonnée, hypothétique ou simplement possible ? Le mode est donc la catégorie grammaticale qui traduit l'attitude du locuteur face à son énoncé. Le système verbal du français distingue traditionnellement six modes : l'indicatif, le subjonctif, le conditionnel, l'impératif, l'infinitif et le participe. Ces modes se répartissent en deux grandes catégories : les modes personnels, qui se conjuguent avec des personnes grammaticales (indicatif, subjonctif, conditionnel, impératif), et les modes impersonnels, qui ne se conjuguent pas (infinitif et participe). Chaque mode possède ses valeurs propres, ses emplois spécifiques et ses formes temporelles. C'est cette organisation complexe mais cohérente que nous allons étudier dans ce chapitre, en suivant l'ordre qui permet de passer du mode le plus neutre au mode le plus ancré dans la réalité. La maîtrise des modes verbaux est essentielle pour tout locuteur ou scripteur qui souhaite exprimer avec précision sa pensée, nuancer ses propos et adapter son discours aux situations de communication les plus variées. Elle conditionne également la correction grammaticale, car l'emploi d'un mode pour un autre peut changer radicalement le sens d'un énoncé ou le rendre incorrect. ## I. Le verbe, noyau de la phrase Avant d'aborder l'étude détaillée des modes, il convient de rappeler le rôle fondamental du verbe dans la structure de la phrase. Le verbe est le noyau de la phrase : c'est autour de lui que s'organisent tous les autres éléments. Dans la grammaire traditionnelle, on dit que le verbe est le centre de la phrase prédicative, c'est-à-dire qu'il est le terme qui commande les autres constituants et qui établit la relation entre le sujet et ce qu'on en dit. Le verbe remplit plusieurs fonctions essentielles. Tout d'abord, il exprime l'action accomplie par le sujet ou subie par celui-ci : « Les élèves écrivent leur composition », « Le ballon a été lancé par le gardien ». Il peut également exprimer un état : « Le Cameroun est un pays d'Afrique centrale », « Elle semble fatiguée ». Dans tous les cas, le verbe est l'élément qui ne peut être supprimé sans que la phrase perde son statut de phrase : une suite de mots sans verbe n'est pas une phrase complète, mais un simple groupe nominal ou une phrase nominale. Le verbe est également le support des catégories grammaticales de la personne, du nombre, du temps, du mode et de la voix. C'est par ses désinences, c'est-à-dire ses terminaisons, que se manifestent ces catégories. Ainsi, dans « nous chantions », la terminaison -ions indique la première personne du pluriel, le temps imparfait, le mode indicatif et la voix active. Le verbe est donc un mot à la morphologie riche et complexe, qui exige une connaissance précise de ses conjugaisons. > **À RETENIR** : Le verbe est le noyau de la phrase. Il exprime l'action ou l'état et porte les marques de la personne, du nombre, du temps, du mode et de la voix. Sans verbe, il n'y a pas de phrase complète. Le verbe entretient des relations privilégiées avec les autres constituants de la phrase. Il commande le sujet, avec lequel il s'accorde en personne et en nombre : « Les enfants jouent dans la cour » (le verbe jouent s'accorde avec le sujet les enfants). Il commande également les compléments : le complément d'objet direct, le complément d'objet indirect, le complément circonstanciel, l'attribut du sujet, etc. Cette propriété s'appelle la valence verbale ou la transitivité. Un verbe peut être transitif direct (« manger quelque chose »), transitif indirect (« parler à quelqu'un »), intransitif (« dormir ») ou attributif (« être, paraître, sembler, devenir »). C'est précisément parce que le verbe est le noyau de la phrase que son mode est si important : le mode choisi par le locuteur indique comment celui-ci envisage le procès, c'est-à-dire l'action ou l'état exprimé par le verbe. On distingue ainsi les modes qui présentent le procès comme réel et certain (l'indicatif), ceux qui le présentent comme souhaité ou incertain (le subjonctif), ceux qui le présentent comme conditionnel (le conditionnel), ceux qui le présentent comme ordonné (l'impératif), et ceux qui le présentent de manière neutre, sans aucune valeur sémantique particulière (l'infinitif et le participe). > **À RETENIR** : Le mode verbal exprime l'attitude du locuteur face au procès (action ou état) : le locuteur peut présenter le procès comme réel, souhaité, ordonné, hypothétique ou neutre. Le choix du mode est donc porteur de sens. ## II. Les modes La langue française dispose de six modes, que nous allons étudier successivement. L'ordre adopté ici va du mode le plus neutre (l'infinitif) au mode le plus ancré dans la réalité (l'indicatif), en passant par les modes qui expriment des nuances intermédiaires. ### 1. L'infinitif : le mode neutre L'infinitif est le mode impersonnel du verbe, c'est-à-dire qu'il ne varie pas selon les personnes grammaticales. Il présente le procès de manière neutre, sans aucune valeur sémantique particulière : il ne marque ni la personne, ni le nombre, ni le temps, ni l'aspect. C'est la forme du verbe que l'on trouve dans les dictionnaires, la forme nominale du verbe, celle qui sert à le nommer. L'infinitif est neutre en ce sens qu'il n'exprime aucune modalité : il ne dit pas si l'action est réelle, souhaitée, ordonnée ou hypothétique. Il se contente de nommer le procès, de l'envisager dans son essence, sans le situer dans le temps ni l'attribuer à une personne déterminée. Ainsi, « manger » ne nous dit ni qui mange, ni quand on mange, ni si le fait de manger est réel ou souhaité. C'est pourquoi on dit que l'infinitif est le mode de l'énonciation pure, celui qui exprime le procès à l'état nu. On distingue deux formes d'infinitif : l'infinitif présent (« chanter », « finir », « prendre ») et l'infinitif passé (« avoir chanté », « être parti », « avoir fini »). L'infinitif passé exprime un procès accompli, antérieur au procès principal : « Je suis content d'avoir réussi mon examen ». L'infinitif présent exprime un procès non accompli, simultané ou postérieur au procès principal : « Je pense partir demain ». > **À RETENIR** : L'infinitif est le mode impersonnel qui présente le procès de manière neutre, sans valeur sémantique particulière. Il ne marque ni la personne, ni le nombre. Il existe à l'infinitif présent et à l'infinitif passé. L'infinitif a de nombreux emplois. Il peut être sujet de la phrase : « Mentir est un défaut grave », « Partir, c'est mourir un peu ». Il peut être complément d'objet direct : « Je veux réussir », « Elle espère gagner le concours ». Il peut être complément d'objet indirect : « Il pense à revenir au village », « Elle songe à changer de métier ». Il peut être complément circonstanciel : « Il est parti sans dire au revoir », « Pour réussir, il faut travailler ». Il peut être attribut : « Vivre, c'est lutter ». Il peut enfin être employé comme nom, ce qu'on appelle l'infinitif substantivé : « Le boire et le manger », « Le rire est le propre de l'homme ». Dans les phrases impératives, l'infinitif peut remplacer l'impératif pour donner un ordre de manière plus impersonnelle ou plus générale : « Prendre deux comprimés matin et soir » (notice de médicament), « Ne pas se pencher à la fenêtre » (consigne dans un train), « Agiter avant usage » (instruction sur un flacon). Cet emploi est fréquent dans les consignes, les recettes de cuisine, les modes d'emploi. Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Voyager à travers le Cameroun, c'est découvrir la diversité de ses paysages et de ses cultures. » - « Pour réussir son baccalauréat, il faut s'y prendre tôt et travailler régulièrement. » - « Bien se préparer avant l'épreuve de français est essentiel pour obtenir une bonne note. » ### 2. Le conditionnel : le mode du doute, de la condition et de l'hypothèse Le conditionnel est un mode personnel qui exprime principalement le doute, la condition et l'hypothèse. Il présente le procès comme soumis à une condition, comme incertain, comme dépendant d'un fait qui n'est pas réalisé ou qui ne l'est pas encore. Le conditionnel est donc le mode de l'éventuel, du possible, de l'imaginaire. Le conditionnel existe à deux temps simples : le conditionnel présent (« je chanterais », « tu finirais », « il prendrait ») et le conditionnel passé première forme (« j'aurais chanté », « tu aurais fini », « il aurait pris ») et deuxième forme (« j'eusse chanté », « tu eusses fini », « il eût pris »). Le conditionnel passé exprime un procès qui aurait pu se réaliser mais qui ne s'est pas réalisé, ou qui se serait réalisé si une condition avait été remplie. > **À RETENIR** : Le conditionnel est le mode du doute, de la condition et de l'hypothèse. Il présente le procès comme incertain, soumis à une condition ou simplement imaginaire. Il se conjugue au présent et au passé. Les emplois du conditionnel sont nombreux et variés. Tout d'abord, le conditionnel exprime l'hypothèse, notamment dans les phrases conditionnelles introduites par « si » : « Si j'avais de l'argent, je voyagerais à travers tout le Cameroun », « Si tu venais me voir, nous irions visiter le parc de Waza ». Dans ce type de phrase, la condition est exprimée par la subordonnée introduite par « si » (à l'imparfait de l'indicatif), et la conséquence est exprimée par la principale au conditionnel présent. Si la condition est irréelle (contraire à la réalité), on emploie le conditionnel passé : « Si j'avais su, je ne serais pas venu », « Si tu étais arrivé plus tôt, tu aurais rencontré le directeur ». Le conditionnel exprime également le doute, l'incertitude, le caractère non vérifié d'une information. C'est l'emploi du conditionnel de l'information non confirmée, très fréquent dans la presse : « Le président serait attendu à Douala demain », « Le gouvernement envisagerait de nouvelles mesures économiques », « Le match se jouerait à Bafoussam ». En employant le conditionnel, le locuteur signale qu'il rapporte une information dont il n'est pas certain, qu'il ne prend pas en charge la vérité de ce qu'il dit. Le conditionnel exprime aussi le souhait, le désir, parfois atténué par la politesse : « Je voudrais un billet pour Yaoundé », « J'aimerais vous poser une question », « Nous souhaiterions visiter le musée de la Blackitude ». Dans ce cas, le conditionnel adoucit la demande, la rend moins directe, plus polie. C'est le conditionnel de politesse. Le conditionnel peut exprimer le futur dans le passé. Dans un récit au passé, le conditionnel présent exprime un fait qui était futur par rapport au moment du passé : « Il a annoncé qu'il viendrait » (il a annoncé : « je viendrai »), « Elle disait qu'elle réussirait » (elle disait : « je réussirai »). C'est ce qu'on appelle la concordance des temps. Le conditionnel exprime également le conseil, l'ordre atténué : « Tu devrais te reposer », « Vous pourriez aider votre frère », « On pourrait peut-être commencer par relire le sujet ». Dans ce cas, le conditionnel adoucit l'injonction, la transforme en suggestion. Enfin, le conditionnel peut exprimer le reproche, le regret : « Tu aurais pu me prévenir ! », « Vous auriez dû travailler davantage », « J'aurais aimé que tu sois là ». Le conditionnel passé exprime alors un fait qui ne s'est pas réalisé et que l'on regrette ou que l'on reproche. Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Si le Cameroun gagnait la Coupe d'Afrique des Nations, tout le pays serait en fête. » - « Le président de la République aurait signé un nouveau décret sur la décentralisation. » - « Je voudrais bien goûter le ndolé de ta mère, on dit qu'il est délicieux. » - « Sans la pluie, les cultures de la région du Nord seraient déjà perdues. » ### 3. Le subjonctif : le mode du souhait, de la prière, de l'incertitude et du conseil Le subjonctif est un mode personnel qui exprime le souhait, la prière, l'incertitude et le conseil. Il présente le procès comme envisagé par la pensée, comme dépendant de la volonté, du sentiment ou du jugement du locuteur, et non comme un fait certain et réalisé. Le subjonctif est donc le mode de la subjectivité, de l'affectivité, de l'éventualité. Le subjonctif se conjugue à quatre temps : le subjonctif présent (« que je chante », « que tu finisses », « qu'il prenne »), le subjonctif passé (« que j'aie chanté », « que tu aies fini », « qu'il ait pris »), le subjonctif imparfait (« que je chantasse », « que tu finisses », « qu'il prît ») et le subjonctif plus-que-parfait (« que j'eusse chanté », « que tu eusses fini », « qu'il eût pris »). Dans la langue moderne, le subjonctif imparfait et le subjonctif plus-que-parfait sont peu employés à l'oral et réservés à la langue littéraire soutenue. > **À RETENIR** : Le subjonctif est le mode du souhait, de la prière, de l'incertitude et du conseil. Il présente le procès comme envisagé par la pensée, comme dépendant de la volonté ou du sentiment du locuteur. Il se conjugue principalement au présent et au passé. Le subjonctif est employé dans les propositions indépendantes et principales pour exprimer le souhait : « Que Dieu te bénisse ! », « Vive le Cameroun ! », « Pourvu qu'il fasse beau demain ! ». Il exprime la prière : « Que la paix règne sur notre pays ! », « Que le Seigneur nous protège ! ». Il exprime l'ordre ou le conseil : « Qu'il vienne immédiatement ! », « Qu'elle se taise ! », « Qu'ils attendent devant le bureau ! ». Il exprime l'indignation, la révolte : « Que je mente ! Jamais ! », « Qu'il ose me contredire ! ». Il exprime la concession : « Qu'il pleuve ou qu'il vente, nous partirons », « Quoi qu'il arrive, je resterai ». Le subjonctif est également employé dans les propositions subordonnées, après certains verbes et certaines conjonctions. Il est obligatoire après les verbes exprimant la volonté, le souhait, l'ordre, l'interdiction : « Je veux que tu viennes », « Elle souhaite que nous réussissions », « Le professeur exige que ses élèves travaillent », « Il défend que l'on fume dans la classe ». Il est obligatoire après les verbes exprimant le sentiment, l'émotion : « Je suis content que tu sois là », « Elle regrette que vous partiez », « Nous craignons qu'il ne pleuve ». Il est obligatoire après les verbes exprimant le doute, l'incertitude, la possibilité : « Je doute qu'il vienne », « Il est possible que le match soit annulé », « Je ne crois pas qu'elle réussisse ». En revanche, après les verbes exprimant la certitude, on emploie l'indicatif : « Je suis sûr qu'il viendra », « Il est certain que nous gagnerons ». Mais à la forme négative ou interrogative, ces mêmes verbes peuvent être suivis du subjonctif : « Je ne suis pas sûr qu'il vienne », « Est-il certain que nous gagnions ? ». Le subjonctif est obligatoire après les conjonctions et locutions conjonctives suivantes : « bien que », « quoique » (concession) : « Bien qu'il soit fatigué, il continue à travailler » ; « pour que », « afin que » (but) : « Je te prête ce livre pour que tu le lises » ; « avant que » (antériorité) : « Ferme la porte avant qu'il ne sorte » ; « à condition que », « pourvu que », « en supposant que » (condition) : « Je viendrai à condition que tu m'attendes » ; « sans que » : « Il est parti sans que personne ne le voie » ; « jusqu'à ce que » : « Attends jusqu'à ce qu'il revienne » ; « de peur que », « de crainte que » (crainte) : « Elle se tait de peur qu'il ne se fâche » ; « à moins que » : « Nous sortirons à moins qu'il ne pleuve ». Le subjonctif est également employé après les expressions impersonnelles exprimant la nécessité, le souhait, le doute, l'appréciation : « Il faut que tu partes », « Il est nécessaire que nous agissions », « Il est important que vous compreniez cette leçon », « Il est dommage que tu ne sois pas venu », « Il semble qu'il ait raison » (mais : « Il me semble qu'il a raison » avec l'indicatif, car la certitude est plus grande). Le subjonctif est enfin employé dans les propositions relatives lorsque l'antécédent est indéfini, négatif ou superlatif : « Je cherche un interprète qui parle anglais et français » (subjonctif car on ne sait pas s'il existe), « Il n'y a personne qui puisse nous aider », « C'est le meilleur élève que j'aie connu ». Dans ces cas, le subjonctif exprime l'incertitude ou la subjectivité du jugement. Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Que le Cameroun continue de progresser dans la paix et l'unité ! » - « Il faut que nous préservions notre patrimoine culturel pour les générations futures. » - « Bien que le soleil soit ardent, les paysans continuent de cultiver leurs champs. » - « Le ministre souhaite que les jeunes s'engagent davantage dans le développement du pays. » - « Je doute que la réunion se tienne demain, car le président est en voyage à Maroua. » ### 4. L'impératif : le mode de l'ordre, du conseil, de la moralité et de l'exhortation L'impératif est un mode personnel qui exprime l'ordre, le conseil, la moralité et l'exhortation. Il présente le procès comme une injonction, c'est-à-dire comme quelque chose que le locuteur demande à son interlocuteur de faire ou de ne pas faire. L'impératif est donc le mode du commandement, de la recommandation, de l'encouragement. L'impératif se caractérise par le fait qu'il ne se conjugue qu'à trois personnes : la deuxième personne du singulier (« chante », « finis », « prends »), la première personne du pluriel (« chantons », « finissons », « prenons ») et la deuxième personne du pluriel (« chantez », « finissez », « prenez »). Il n'a pas de sujet exprimé, car la terminaison indique suffisamment la personne. Il existe à deux temps : l'impératif présent (« parle », « parlons », « parlez ») et l'impératif passé (« aie parlé », « ayons parlé », « ayez parlé »), ce dernier étant rare et réservé à des emplois particuliers comme « Ayez fini ce travail avant mon retour ». > **À RETENIR** : L'impératif est le mode de l'ordre, du conseil, de la moralité et de l'exhortation. Il ne se conjugue qu'à trois personnes (2e singulier, 1re pluriel, 2e pluriel) et sans sujet exprimé. Il existe à l'impératif présent et à l'impératif passé. L'impératif exprime l'ordre, le commandement : « Tais-toi ! », « Sortez immédiatement ! », « Arrêtez-vous ! ». Dans ce cas, l'impératif est souvent accompagné d'un ton impératif, d'une intonation descendante et d'un débit rapide. Il peut être renforcé par des adverbes : « Dépêche-toi vite ! », « Écoutez bien ! ». L'impératif exprime le conseil, la recommandation : « Repose-toi, tu es fatigué », « Mangez des fruits et des légumes pour rester en bonne santé », « Prenez le temps de relire votre copie avant de la rendre ». Dans ce cas, l'impératif est adouci, souvent accompagné de formules de politesse ou de justification. L'impératif exprime la moralité, c'est-à-dire les règles de conduite, les principes moraux : « Ne mens pas », « Honore ton père et ta mère », « Aime ton prochain comme toi-même », « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ». Ces impératifs sont souvent des maximes, des proverbes, des préceptes religieux ou moraux. L'impératif exprime l'exhortation, c'est-à-dire l'encouragement, l'incitation à agir : « Courage, avance ! », « Allez, battez-vous pour votre pays ! », « Debout, les enfants de la patrie ! ». L'exhortation est fréquente dans les discours politiques, les chants patriotiques, les slogans : « Unis, nous vaincrons ! », « Travaillons ensemble pour le développement de notre nation ! ». L'impératif exprime également la prière, la supplication : « Pardonne-nous nos offenses », « Seigneur, aie pitié de nous », « Aidez-moi, je vous en prie ! ». Dans ce cas, l'impératif est employé avec une intonation suppliante. L'impératif exprime enfin la demande polie, la formule de politesse : « Donnez-moi un peu de temps, s'il vous plaît », « Passez me voir quand vous aurez le temps », « Faites comme chez vous ». Dans ce cas, l'impératif est accompagné de formules de politesse qui en atténuent la force. L'impératif présent a des formes particulières pour certains verbes. Les verbes du premier groupe (en -er) perdent le -s à la deuxième personne du singulier : « chante » (et non « chantes »), « parle », « écoute ». Mais ils reprennent le -s devant les pronoms « en » et « y » : « manges-en », « penses-y ». Les verbes « aller », « avoir », « être », « savoir », « vouloir » ont des formes irrégulières : « va », « aie », « sois », « sache », « veuille ». Le verbe « vouloir » a deux formes d'impératif : « veux » et « veuille », cette dernière étant employée dans les formules de politesse : « Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées ». À la forme négative, l'impératif exprime l'interdiction, le conseil négatif : « Ne fume pas ! », « Ne partez pas sans moi ! », « Ne vous inquiétez pas ! ». La négation se construit avec « ne... pas », « ne... jamais », « ne... plus », « ne... rien », « ne... personne » : « Ne dis jamais de mensonges », « Ne mange plus de sucreries », « Ne craignez rien », « N'écoutez personne ». Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Respectez les feux tricolores, même lorsque la route est déserte ! » - « Allez voter en masse pour choisir vos représentants ! » - « Soyez fiers de votre culture et de vos traditions ! » - « Ne gaspillez pas l'eau, car elle est précieuse pendant la saison sèche. » - « Aidez les personnes âgées à traverser la rue, c'est un devoir civique. » ### 5. Le participe : le mode à valeur d'adjectif qualificatif Le participe est un mode impersonnel du verbe, comme l'infinitif, c'est-à-dire qu'il ne se conjugue pas avec des personnes grammaticales. Sa particularité est d'avoir une double nature : il est à la fois verbe et adjectif. En effet, le participe possède une valeur d'adjectif qualificatif : il s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie, comme un adjectif, mais il conserve aussi des propriétés verbales, comme la possibilité d'avoir des compléments et d'exprimer le temps et la voix. Le participe existe sous deux formes : le participe présent et le participe passé. Le participe présent se termine en -ant : « chantant », « finissant », « prenant », « étant », « ayant ». Il exprime un procès en cours de déroulement, simultané au procès principal : « J'ai vu les enfants jouant dans la cour » (les enfants qui jouaient). Le participe passé a des terminaisons variées : -é pour les verbes du premier groupe (« chanté »), -i pour les verbes du deuxième groupe (« fini ») et pour certains verbes du troisième groupe (« parti », « sorti »), -u pour d'autres verbes du troisième groupe (« vu », « bu », « reçu »), -is, -it, -ert, etc. pour d'autres encore (« mis », « dit », « ouvert »). Le participe passé exprime un procès accompli, antérieur au procès principal : « Arrivé à Yaoundé, il a appelé sa famille » (après être arrivé). > **À RETENIR** : Le participe est le mode impersonnel qui a une valeur d'adjectif qualificatif. Il existe sous deux formes : le participe présent (en -ant) et le participe passé (terminaisons variées). Il s'accorde comme un adjectif tout en conservant des propriétés verbales. Le participe présent peut être employé comme verbe, dans ce cas il est invariable : « Les élèves, voulant réussir, travaillent avec acharnement », « Elle est partie en chantant ». Il peut avoir des compléments : « Ayant fini ses devoirs, il est sorti jouer », « Craignant la pluie, nous avons pris nos parapluies ». Il peut être précédé de la préposition « en » pour former le gérondif : « En travaillant, tu réussiras », « Il est arrivé en courant ». Le gérondif exprime la manière, le moyen, la simultanéité, la condition. Le participe présent peut également être employé comme adjectif qualificatif, appelé alors adjectif verbal. Dans ce cas, il s'accorde en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie : « Une histoire passionnante », « Des enfants obéissants », « Une musique entraînante ». Il faut noter que certains adjectifs verbaux ont une orthographe différente du participe présent : « précédant » (participe) / « précédent » (adjectif) ; « fatiguant » (participe) / « fatigant » (adjectif) ; « négligeant » (participe) / « négligent » (adjectif) ; « provoquant » (participe) / « provocant » (adjectif) ; « convainquant » (participe) / « convaincant » (adjectif) ; « suffoquant » (participe) / « suffocant » (adjectif) ; « intriguant » (participe) / « intrigant » (adjectif) ; « naviguant » (participe) / « navigant » (adjectif). Le participe passé a de nombreux emplois. Il peut être employé comme adjectif qualificatif, avec les accords correspondants : « Une porte fermée », « Des feuilles mortes », « Un homme respecté ». Il peut être employé avec l'auxiliaire « avoir » ou « être » pour former les temps composés : « J'ai mangé », « Elle est partie », « Nous avons fini ». Il peut être employé comme verbe dans les propositions participiales : « Le travail terminé, nous sommes rentrés chez nous », « La pluie ayant cessé, les enfants sont sortis jouer ». Il peut enfin être employé comme nom : « Le passé », « un fait divers », « les vivants et les morts ». L'accord du participe passé est une question délicate de la grammaire française. Avec l'auxiliaire « être », le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet : « Elle est partie », « Ils sont arrivés », « Les fleurs sont fanées ». Avec l'auxiliaire « avoir », le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct si celui-ci est placé avant le verbe : « Les lettres que j'ai écrites » (les lettres, COD placé avant), « Je les ai vues » (les, COD placé avant), mais « J'ai écrit des lettres » (COD placé après, pas d'accord). Le participe passé des verbes pronominaux s'accorde avec le sujet si le pronom réfléchi est complément d'objet direct : « Elle s'est lavée » (elle a lavé elle-même), mais « Elle s'est lavé les mains » (elle a lavé les mains, COD placé après). Le participe passé suivi d'un infinitif s'accorde avec le COD si celui-ci fait l'action exprimée par l'infinitif : « Les chanteuses que j'ai entendues chanter » (les chanteuses chantent), mais « Les chansons que j'ai entendu chanter » (les chansons sont chantées, elles ne chantent pas). Le participe présent et le participe passé peuvent former des propositions participiales, c'est-à-dire des propositions subordonnées dont le verbe est au participe et qui ont un sujet propre : « Le soleil se couchant, la température baissa », « Sa mission accomplie, le député rentra à son village », « Les examens étant terminés, les élèves sont en vacances ». La proposition participiale exprime généralement le temps, la cause ou la condition. Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Les élèves, fatigués par la longue marche, s'assirent sous le manguier. » - « Ayant réussi son concours d'entrée à l'ENS, elle fut accueillie en héros dans son village. » - « Le marché de Mokolo étant très animé, il faut arriver tôt pour trouver de bons produits. » - « Des mesures ayant été prises par le gouvernement, la situation s'est améliorée. » - « Les danses traditionnelles, transmises de génération en génération, constituent un patrimoine précieux. » ### 6. L'indicatif : le mode de la réalité et de la vérité L'indicatif est le mode de la réalité, de la vérité, de la certitude. Il présente le procès comme réel, certain, accompli ou en cours d'accomplissement. C'est le mode de l'affirmation, de la constatation, de la narration. Le locuteur qui emploie l'indicatif prend en charge la vérité de ce qu'il dit : il affirme que le fait est réel, qu'il s'est produit, qu'il se produit ou qu'il se produira. L'indicatif est le mode le plus riche en formes temporelles : il compte huit temps, qui se répartissent en temps simples et temps composés. Les temps simples sont le présent (« je chante »), l'imparfait (« je chantais »), le passé simple (« je chantai ») et le futur simple (« je chanterai »). Les temps composés sont le passé composé (« j'ai chanté »), le plus-que-parfait (« j'avais chanté »), le passé antérieur (« j'eus chanté ») et le futur antérieur (« j'aurai chanté »). Chaque temps composé correspond à un temps simple : le passé composé correspond au présent, le plus-que-parfait à l'imparfait, le passé antérieur au passé simple, le futur antérieur au futur simple. > **À RETENIR** : L'indicatif est le mode de la réalité et de la vérité. Il présente le procès comme réel, certain, accompli ou en cours d'accomplissement. Il compte huit temps : quatre temps simples (présent, imparfait, passé simple, futur simple) et quatre temps composés (passé composé, plus-que-parfait, passé antérieur, futur antérieur). Le présent de l'indicatif exprime un fait qui se déroule au moment où l'on parle : « Je lis un livre », « Il pleut dehors ». Il exprime également un fait habituel, répété : « Je me lève à six heures chaque matin », « Les marchés sont animés le samedi ». Il exprime un fait de vérité générale, un proverbe, une maxime : « L'eau bout à cent degrés », « Qui vivra verra », « Les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Il exprime un fait passé que l'on rend présent pour le rendre plus vivant, c'est le présent de narration : « Soudain, le lion bondit sur sa proie ». Il exprime un fait futur proche ou certain : « Je pars demain pour Bafoussam », « Dans deux semaines, nous passons le baccalauréat ». Il exprime enfin un fait qui dure, qui a commencé dans le passé et qui continue dans le présent : « J'habite à Douala depuis dix ans », « Elle travaille dans cette entreprise depuis 2020 ». L'imparfait de l'indicatif exprime un fait passé, en cours de déroulement, sans limite précise : « Quand j'étais enfant, je jouais au football dans la rue », « Il faisait beau ce jour-là ». Il exprime un fait habituel dans le passé : « Tous les dimanches, nous allions à l'église », « Pendant les vacances, je rendais visite à ma grand-mère au village ». Il exprime une description dans le passé : « La maison était grande, avec un toit de tôle ondulée et des murs peints en bleu ». Il exprime un fait passé qui sert de cadre à un autre fait passé : « Je lisais tranquillement quand le téléphone sonna ». Il est employé dans les hypothèses avec « si » : « Si j'avais le temps, je t'aiderais ». Il est employé dans les formules de politesse : « Je voulais vous demander un service ». Le passé simple de l'indicatif exprime un fait passé, ponctuel, achevé, sans lien avec le présent : « Il entra, regarda autour de lui et s'assit », « En 1960, le Cameroun accéda à l'indépendance ». Il est surtout employé dans le récit écrit, la narration historique, le conte : « Le roi convoqua ses ministres et leur ordonna de trouver une solution ». Il exprime une succession d'actions : « Il ouvrit la porte, sortit dans la cour, puis se dirigea vers le puits ». Le futur simple de l'indicatif exprime un fait à venir, postérieur au moment de l'énonciation : « Je partirai en voyage la semaine prochaine », « Nous verrons ce que l'avenir nous réserve ». Il exprime un ordre atténué, une recommandation : « Tu feras tes devoirs avant de sortir », « Vous rangerez votre chambre ». Il exprime une promesse : « Je t'appellerai dès mon arrivée », « Je vous enverrai le document demain ». Le passé composé de l'indicatif exprime un fait passé, mais qui a un lien avec le présent : « J'ai fini mon travail » (je suis maintenant libre), « Il a plu cette nuit » (le sol est encore mouillé). Il exprime un fait passé récent : « Je viens de manger » (je viens de... = passé récent), « Nous avons vu le président hier ». Dans la langue parlée, le passé composé remplace souvent le passé simple : « Hier, je suis allé au marché et j'ai acheté des légumes ». Le plus-que-parfait de l'indicatif exprime un fait passé antérieur à un autre fait passé : « Quand je suis arrivé, il avait déjà mangé », « Elle avait terminé ses études avant de se marier ». Il exprime un fait passé accompli : « J'avais oublié mes clés à la maison ». Le passé antérieur de l'indicatif exprime un fait passé, immédiatement antérieur à un autre fait passé exprimé au passé simple : « Dès qu'il eut fini son discours, la foule applaudit », « Quand il eut traversé la rivière, il se retourna ». Il est employé après les conjonctions « dès que », « aussitôt que », « après que », « quand », « lorsque ». Le futur antérieur de l'indicatif exprime un fait futur qui sera accompli avant un autre fait futur : « Quand tu arriveras, j'aurai déjà préparé le repas », « Dès que j'aurai terminé mes examens, je partirai en vacances ». Il exprime également une supposition sur un fait passé : « Il n'est pas venu, il aura oublié notre rendez-vous ». L'indicatif est donc le mode de l'énonciation objective, de la constatation, de la narration. C'est le mode le plus employé dans la langue française, car c'est celui qui permet d'affirmer, de décrire, de raconter, d'expliquer. Tous les autres modes s'opposent à lui : le subjonctif exprime ce qui n'est pas certain, le conditionnel exprime ce qui est soumis à une condition, l'impératif exprime ce qui est ordonné, l'infinitif et le participe expriment le procès de manière neutre. L'indicatif est donc le mode de référence, le mode de la réalité. Exemples supplémentaires ancrés dans le contexte camerounais : - « Le Cameroun est situé en Afrique centrale, entre le Nigeria, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon et la Guinée équatoriale. » - « Chaque année, des milliers de candidats se présentent au baccalauréat. » - « En 1984, le pays a changé de nom pour devenir la République du Cameroun. » - « Les pluies torrentielles ont provoqué des inondations dans plusieurs quartiers de Douala. » - « Dès que le soleil se lèvera, les pêcheurs partiront sur le fleuve Sanaga. » ## III. Synthèse : le système des modes et ses valeurs L'étude des six modes du verbe français fait apparaître un système cohérent, organisé autour de l'opposition fondamentale entre le réel et le non-réel, entre la certitude et l'incertitude, entre l'objectivité et la subjectivité. L'indicatif est le mode de la réalité : il affirme, constate, narre, décrit. C'est le mode de l'objectivité, de la certitude, de la vérité. Ses huit temps permettent de situer le procès dans le temps de manière précise : présent, passé, futur, avec les nuances d'antériorité et de postériorité. Le subjonctif est le mode de la subjectivité : il exprime le souhait, la prière, l'incertitude, le conseil, le sentiment, le jugement. Il présente le procès comme envisagé par la pensée, comme dépendant de la volonté ou de l'affectivité du locuteur. Il est employé dans les propositions indépendantes pour exprimer l'injonction ou le souhait, et dans les propositions subordonnées après certains verbes et certaines conjonctions. Le conditionnel est le mode de l'éventualité : il exprime le doute, la condition, l'hypothèse, le futur dans le passé, la politesse, le conseil atténué, le reproche. Il présente le procès comme soumis à une condition, comme incertain, comme non vérifié. L'impératif est le mode de l'injonction : il exprime l'ordre, le conseil, la moralité, l'exhortation, la prière, la demande polie. Il ne se conjugue qu'à trois personnes et sans sujet exprimé. L'infinitif est le mode de la neutralité : il présente le procès sans aucune valeur sémantique particulière, sans personne, sans nombre, sans temps. C'est la forme nominale du verbe, celle qui sert à le nommer. Le participe est le mode de la qualification : il présente le procès avec une valeur d'adjectif qualificatif, en s'accordant en genre et en nombre avec le nom qu'il qualifie. Il existe au présent (en -ant) et au passé (terminaisons variées). > **À RETENIR** : Le système des modes oppose l'indicatif (mode de la réalité) aux autres modes qui expriment des nuances de non-réalité : le subjonctif (subjectivité), le conditionnel (éventualité), l'impératif (injonction), l'infinitif (neutralité), le participe (qualification). Il est important de noter que le choix du mode n'est pas toujours libre : il est souvent imposé par la construction syntaxique. Ainsi, après « bien que », le subjonctif est obligatoire ; après « si » exprimant une hypothèse, l'indicatif est obligatoire ; après « je veux que », le subjonctif est obligatoire. Le locuteur doit donc connaître les règles de construction qui déterminent l'emploi des modes. Mais dans certains cas, le choix du mode est libre et porteur de sens : « Je cherche une maison qui a un jardin » (je sais qu'elle existe) / « Je cherche une maison qui ait un jardin » (je ne sais pas si elle existe) ; « Qu'il vienne ! » (ordre) / « Il vient » (constatation) ; « S'il fait beau, nous sortirons » (condition possible) / « S'il faisait beau, nous sortirions » (condition moins probable ou irréelle). La maîtrise du système verbal est donc une compétence essentielle pour tout élève de Seconde, Première ou Terminale. Elle permet non seulement de produire des énoncés corrects, mais aussi de nuancer sa pensée, d'exprimer des degrés de certitude, de traduire des attitudes complexes face à la réalité. Elle est également indispensable pour l'analyse de textes : repérer les modes employés dans un texte, c'est comprendre comment l'auteur envisage les faits qu'il rapporte, c'est saisir les nuances de son discours, c'est pénétrer dans l'univers de sa subjectivité. ## Conclusion Le système verbal du français, avec ses six modes, constitue un outil d'une grande richesse expressive. De l'infinitif neutre à l'indicatif ancré dans la réalité, en passant par le conditionnel du doute et de l'hypothèse, le subjonctif du souhait et de l'incertitude, l'impératif de l'ordre et du conseil, et le participe à valeur d'adjectif qualificatif, chaque mode apporte sa nuance propre, sa coloration particulière. Le locuteur choisit le mode en fonction de son intention de communication : affirmer, douter, souhaiter, ordonner, conseiller, décrire, nommer. La connaissance des modes ne se limite pas à la mémorisation de règles grammaticales : elle est une clé pour la compréhension fine des textes et pour l'expression précise de la pensée. Analyser un texte, c'est aussi observer les modes employés et s'interroger sur leur signification. Rédiger un texte, c'est choisir les modes appropriés à son propos et à son intention. Ce chapitre sur les modes ouvre la voie à l'étude des temps verbaux, qui constitue le prolongement naturel de notre réflexion. En effet, chaque mode possède ses propres temps, et la valeur d'un temps dépend à la fois du mode auquel il appartient et du contexte dans lequel il est employé. L'étude des temps permettra d'approfondir la compréhension du système verbal et d'acquérir une maîtrise complète de la conjugaison française. C'est donc tout naturellement que nous aborderons, dans le chapitre suivant, la question des temps verbaux et de leurs valeurs.

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel mode est considéré comme le mode de la réalité et de la vérité ?
  2. 2. Dans la phrase « Il faut que tu viennes demain », le verbe « viennes » est au mode :
  3. 3. Quel mode est utilisé pour exprimer un ordre, un conseil ou une exhortation ?
  4. 4. Dans la phrase « Ayant fini son travail, il sortit », le mot « ayant fini » est un :
  5. 5. Le mode infinitif est considéré comme :
  6. 6. Dans la phrase « Si j'avais de l'argent, je voyagerais », le verbe « voyagerais » est au mode :
  7. 7. Quel mode exprime le souhait, la prière, l'incertitude ou le conseil ?
  8. 8. Dans la phrase « Mangez vos légumes ! », le verbe « mangez » est à l'impératif. Quelle est sa valeur ?
  9. 9. Quel mode est utilisé dans la phrase « Il est possible qu'il pleuve » ?
  10. 10. Le participe présent ou passé peut avoir la valeur :
  11. 11. Dans la phrase « Il aurait pu réussir s'il avait travaillé », le verbe « aurait pu » est au mode :
  12. 12. Quel mode est le seul à avoir 8 temps ?