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Chapitre 15

Les éléments de la communication (schéma de Jakobson)

Lecture : 33 minQuiz de 12 questions

# Les éléments de la communication (schéma de Jakobson) ## Introduction Communiquer est une activité si naturelle et si constante que nous en oublions souvent la complexité. Chaque fois que nous parlons, écrivons, écoutons ou lisons, nous mettons en œuvre un dispositif dont les rouages, bien qu'invisibles, obéissent à une mécanique précise. Comprendre cette mécanique, c'est se donner les moyens de mieux produire ses propres messages et de mieux interpréter ceux des autres — compétence essentielle dans toutes les disciplines, et plus particulièrement dans l'analyse des textes littéraires et des discours. C'est le linguiste russo-américain Roman Jakobson qui, dans les années 1960, a formalisé cette mécanique en proposant un schéma décrivant les six éléments fondamentaux de toute communication verbale. Ce schéma, devenu un classique de la linguistique et de l'analyse de discours, est au programme des classes de Seconde, Première et Terminale au Cameroun, car il fournit une grille de lecture universelle pour comprendre comment un message circule d'une personne à une autre. L'objectif de ce chapitre est triple : identifier et définir chacun des six éléments du schéma de Jakobson, comprendre les relations qui les unissent, et savoir appliquer ce schéma à l'analyse d'un texte concret. Nous verrons successivement l'émetteur et le récepteur, le référent, le message, le code et le canal, avant d'étudier la condition de leur bon fonctionnement : l'absence de bruit. Un exemple d'application sur un texte permettra enfin de visualiser l'ensemble du dispositif. ## I. L'émetteur (ou destinateur) et le récepteur (ou destinataire) ### 1. Définitions > **À retenir** : L'émetteur (ou destinateur) est la personne qui produit et envoie le message. Le récepteur (ou destinataire) est la personne à qui ce message est destiné et qui le reçoit. L'émetteur, également appelé destinateur dans la terminologie de Jakobson, est le point de départ de la communication. C'est lui qui choisit les mots, organise ses idées, adopte un ton, et formule un énoncé dans l'intention de transmettre quelque chose à quelqu'un. Il peut s'agir d'une personne qui parle (dans une conversation), d'un écrivain qui rédige un roman, d'un journaliste qui rédige un article, d'un enseignant qui fait son cours, ou encore d'un annonceur publicitaire qui conçoit une affiche. Le récepteur, ou destinataire, est le point d'arrivée du message. C'est la personne (ou le groupe de personnes) à qui l'émetteur s'adresse. Il peut être unique (un interlocuteur dans un dialogue) ou multiple (un public, des lecteurs, un auditoire). Le récepteur n'est pas passif : il décode le message, l'interprète, et peut y répondre. Il faut noter que dans une conversation ordinaire, les rôles alternent constamment : celui qui était récepteur devient émetteur lorsqu'il prend la parole, et inversement. C'est ce qu'on appelle l'interaction. En revanche, dans la communication écrite ou médiatique, les rôles sont souvent fixes : l'auteur d'un livre reste l'émetteur, et le lecteur reste le récepteur, sans possibilité d'inversion immédiate. ### 2. Distinction entre émetteur et locuteur, récepteur et auditeur Il convient de préciser une nuance importante : l'émetteur n'est pas toujours celui qui parle ou écrit matériellement. Un homme politique qui prononce un discours a souvent recours à un conseiller en communication qui rédige le texte ; le conseiller est le locuteur matériel (celui qui produit les phrases), mais l'homme politique est l'émetteur au sens de Jakobson, car c'est lui qui assume le message, qui en est la source d'autorité et qui en porte la responsabilité. De même, un chef d'entreprise qui dicte une lettre à sa secrétaire est l'émetteur, même si c'est la secrétaire qui tape le texte. Du côté du récepteur, il faut distinguer le destinataire direct (celui à qui le message est explicitement adressé) du récepteur indirect (celui qui, sans être visé, prend connaissance du message). Par exemple, dans une émission de radio, l'animatrice s'adresse à ses auditeurs (destinataires directs), mais un journaliste qui écoute l'émission pour en faire un compte rendu est un récepteur indirect. ### 3. L'intention de l'émetteur et l'horizon d'attente du récepteur L'émetteur n'envoie jamais un message sans intention. Il peut vouloir informer, convaincre, émouvoir, distraire, ordonner, promettre, etc. Cette intention détermine le choix des mots, le ton, la structure du message. Le récepteur, de son côté, aborde le message avec un horizon d'attente : il a des connaissances préalables, des opinions, des attentes qui influencent sa manière de comprendre. C'est pourquoi un même message peut être compris différemment par deux récepteurs différents. **Exemple** : Lors d'une réunion de famille à Douala, une tante dit à son neveu : « Tu as encore grossi ! » Selon le ton employé, le contexte familial et la relation entre les deux personnes, ce message peut être perçu comme une plaisanterie affectueuse, une critique, ou une simple constatation. L'émetteur a une intention, mais le récepteur l'interprète à travers son propre prisme. **Exemple supplémentaire** : Dans un discours de rentrée scolaire, le proviseur d'un lycée de Yaoundé s'adresse aux élèves en ces termes : « Vous êtes l'avenir de ce pays. » L'émetteur est le proviseur, les récepteurs sont les élèves. Mais si un parent d'élève assiste à la cérémonie, il est aussi récepteur, quoique de manière indirecte : le message le concerne également, puisqu'il parle de l'avenir du pays, mais il n'est pas le destinataire premier. ### 4. Les indices de l'émetteur et du récepteur dans le message Dans un texte, l'émetteur laisse des traces de sa présence : les pronoms personnels de la première personne (« je », « nous »), les adjectifs possessifs (« mon », « notre »), les marques d'opinion (« à mon avis », « selon moi »), les modalisateurs (« peut-être », « certainement »). Le récepteur est également inscrit dans le message à travers les pronoms de la deuxième personne (« tu », « vous »), les apostrophes (« Chers amis », « Mesdames et Messieurs »), les impératifs (« Écoutez », « Regardez »), les questions rhétoriques. **Exemple** : Dans le poème « Africa » de David Diop, le poète écrit : « Africa, mon Africa ». Le possessif « mon » révèle la présence de l'émetteur (le poète) qui s'adresse à l'Afrique personnifiée. Le récepteur est double : l'Afrique elle-même (destinataire symbolique) et le lecteur (destinataire réel). ## II. Le référent ### 1. Définition générale > **À retenir** : Le référent est ce dont on parle dans le message, c'est-à-dire la réalité (objet, personne, événement, idée, situation) à laquelle renvoie le message. On distingue le référent situationnel et le référent textuel. Le référent est l'objet du discours, ce à quoi le message renvoie. Sans référent, le message serait vide de sens : on parle toujours de quelque chose. Ce « quelque chose » peut être concret (un arbre, une voiture, une personne) ou abstrait (la liberté, la justice, l'amour) ; réel (le mont Cameroun) ou imaginaire (le pays des merveilles d'Alice) ; présent (ce que je vois) ou absent (ce dont je me souviens). Il est important de ne pas confondre le référent avec le signe linguistique. Le mot « arbre » n'est pas l'arbre lui-même : c'est un signe qui renvoie à l'objet réel qu'est l'arbre. Le référent est donc l'objet du monde (réel ou fictif) auquel le signe renvoie. ### 2. Le référent situationnel Le référent situationnel est l'élément de la situation de communication auquel renvoie le message. Il s'agit des circonstances concrètes dans lesquelles la communication a lieu : le lieu, le moment, les participants, les objets présents, les événements en cours. **Exemple** : Un enseignant entre dans une classe de Seconde au Lycée Général Leclerc de Yaoundé et dit : « Sortez vos cahiers de français. » Le référent situationnel est la situation présente : la salle de classe, le moment du cours de français, les cahiers que les élèves ont dans leurs sacs. Sans cette situation, la phrase serait incompréhensible ou ambiguë. **Exemple** : Deux amis se retrouvent sur le marché de Mokolo à Yaoundé. L'un dit à l'autre : « Tu as vu le prix du plantain aujourd'hui ? » Le référent situationnel est la situation immédiate : le marché, les étals de plantains, les prix affichés. La phrase ne prend son sens que parce que les deux interlocuteurs partagent cette situation. Le référent situationnel comprend notamment les circonstances temporelles : le moment de la journée, la date, la période historique. Par exemple, si quelqu'un dit « Cette année, le championnat de football du Cameroun a été passionnant », le référent situationnel temporel est l'année en cours, celle du championnat dont on parle. ### 3. Le référent textuel Le référent textuel est ce dont on parle dans le texte lui-même, indépendamment de la situation extérieure. C'est le sujet, le thème, la matière du discours. Dans un texte écrit, le référent textuel est souvent résumé par le titre, qui donne une indication sur le sujet traité. **Exemple** : Dans le roman *L'Enfant noir* de Camara Laye, le référent textuel est l'enfance de l'auteur en Guinée, sa vie familiale, son initiation, son départ pour la France. Le titre résume ce référent : l'enfant noir, c'est le narrateur lui-même, mais aussi tous les enfants de son village. **Exemple** : Un article de journal intitulé « La montée des eaux à Douala » a pour référent textuel le phénomène d'érosion côtière et d'inondation qui menace la ville de Douala. Le titre résume le référent, et tout le développement de l'article en parle. Il faut noter que le référent textuel peut être explicite (clairement nommé dans le texte) ou implicite (suggéré, sous-entendu). Dans un texte littéraire, le référent peut être symbolique : le fleuve dont parle un poète peut renvoyer à la vie, au temps qui passe, à la destinée. ### 4. La distinction entre référent et référence En linguistique, on distingue parfois la référence (l'acte par lequel un locuteur utilise un mot pour désigner quelque chose) et le référent (la chose désignée). Cette distinction est subtile mais utile : la référence est l'opération mentale, le référent est l'objet de cette opération. **Exemple** : Dans la phrase « Le président de la République du Cameroun a prononcé un discours », le référent est la personne réelle qui occupe cette fonction. La référence est l'acte par lequel le locuteur utilise cette expression pour désigner cette personne. Si le locuteur dit « Paul Biya a prononcé un discours », le référent est le même, mais la référence est différente (on utilise le nom propre au lieu du titre). ### 5. Le référent et la construction du sens La compréhension d'un message dépend largement de la capacité du récepteur à identifier le référent. Si le récepteur ne connaît pas le référent (par exemple, un lecteur étranger qui ne sait pas ce qu'est le « ndolé »), le message reste obscur. C'est pourquoi les émetteurs doivent souvent fournir des explications, des définitions, des contextes pour aider le récepteur à identifier le référent. **Exemple supplémentaire** : Dans un discours sur l'agriculture camerounaise, un ministre déclare : « Le cacao reste notre principale source de devises. » Pour un Camerounais, le référent est clair : la culture du cacao, les plantations de l'Est et du Centre, la filière cacaoyère. Pour un étranger qui ignore tout du Cameroun, le référent est vague : il faudra préciser que le cacao est une plante dont les graines servent à fabriquer le chocolat, et que le Cameroun en est un producteur important. ## III. Le message ### 1. Définition > **À retenir** : Le message est le contenu de la communication, c'est-à-dire ce qui est transmis de l'émetteur au récepteur. Il peut se résumer en une phrase ou un groupe de mots, souvent le titre du texte. Le message est l'objet même de la communication : c'est l'ensemble des informations, idées, sentiments, ordres ou questions que l'émetteur transmet au récepteur. Il est constitué de signes (mots, phrases, images, sons) organisés selon les règles du code utilisé. Il faut distinguer le message du support matériel qui le véhicule. Le message est l'information elle-même ; le support est le papier, l'onde sonore, l'écran sur lequel cette information est inscrite. Un même message peut être transmis par différents supports : une information peut être dite oralement, écrite sur un papier, envoyée par SMS, affichée sur un panneau. ### 2. Le message et son résumé Une caractéristique importante du message est qu'il peut toujours être résumé. On peut réduire un texte long à quelques phrases, une phrase à quelques mots, un discours à son idée principale. Ce résumé, lorsqu'il est particulièrement réussi, devient souvent le titre du texte. **Exemple** : Le message du poème « Femme noire » de Léopold Sédar Senghor peut se résumer ainsi : le poète célèbre la beauté et la dignité de la femme africaine, symbole de l'Afrique elle-même. Le titre « Femme noire » est un résumé minimal de ce message. **Exemple** : Le message de la fable « Le Chêne et le Roseau » de La Fontaine peut se résumer ainsi : la flexibilité et l'humilité valent mieux que l'orgueil et la rigidité. Le titre résume le message en nommant les deux personnages, mais le sens profond (la morale) n'apparaît qu'à la lecture. Dans un texte argumentatif, le message est la thèse défendue par l'auteur. Dans un texte narratif, le message est l'histoire racontée. Dans un texte descriptif, le message est la description de l'objet. Dans un texte injonctif, le message est l'ordre ou le conseil donné. ### 3. La forme du message Le message a une forme, c'est-à-dire une organisation matérielle et linguistique. Il peut être : - **Oral** : une conversation, un discours, une chanson, une émission de radio. - **Écrit** : une lettre, un article, un roman, un SMS, un panneau publicitaire. - **Iconique** : une image, une photographie, un dessin, un pictogramme. - **Mixte** : une affiche publicitaire (image + texte), un film (images + sons + paroles), une bande dessinée (dessins + textes). La forme du message influence sa réception. Un message oral est éphémère (il disparaît dès qu'il est prononcé), tandis qu'un message écrit est durable. Un message oral permet l'interaction immédiate (le récepteur peut répondre), tandis qu'un message écrit diffère la réponse. **Exemple** : Le message « Le baccalauréat est reporté d'une semaine » peut être transmis oralement par le ministre de l'Éducation à la radio, ou par écrit dans un communiqué officiel. Dans les deux cas, le message est le même, mais sa forme change : à l'oral, il est entendu une fois ; à l'écrit, il peut être relu, affiché, transmis. ### 4. Le message et les fonctions du langage Jakobson a montré que chaque élément du schéma de communication correspond à une fonction du langage. Le message lui-même correspond à la fonction poétique, c'est-à-dire l'attention portée à la forme du message pour elle-même. Lorsque l'émetteur soigne particulièrement son style, recherche la beauté des mots, joue avec les sonorités, il privilégie la fonction poétique. **Exemple** : Dans le poème « Chant d'ombre » de Léopold Sédar Senghor, le poète écrit : « Femme nue, femme noire / Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ». Le message est l'éloge de la femme noire, mais la forme est travaillée : rythme, répétitions, métaphores. La fonction poétique est dominante. **Exemple supplémentaire** : Un slogan publicitaire comme « Le Cameroun, l'Afrique en miniature » est un message dont la forme est soigneusement travaillée : formule courte, rythme binaire, idée forte. Le message est l'idée que le Cameroun résume la diversité du continent africain. ### 5. Le message et le titre Le titre d'un texte est un élément particulièrement important du message : il en est souvent le résumé le plus condensé. Un bon titre doit attirer l'attention, annoncer le contenu, et donner envie de lire. On distingue : - Le titre thématique : il annonce le sujet (« Le travail des enfants au Cameroun »). - Le titre symbolique : il suggère le sujet sans le nommer directement (« Les soleils des indépendances » d'Ahmadou Kourouma). - Le titre provocateur : il interpelle le lecteur (« Osons l'avenir »). **Exemple** : Le roman de Ferdinand Oyono, *Une vie de boy*, a un titre qui résume le message : l'histoire d'un jeune Camerounais qui travaille comme boy (domestique) chez un colon français. Le titre annonce le sujet, le personnage principal, et suggère le thème de la condition coloniale. ## IV. Le code ### 1. Définition > **À retenir** : Le code est le système de signes et de règles utilisé pour élaborer et comprendre le message. Il comprend la langue, le niveau de langue et les gestes. Le code est l'ensemble des conventions partagées par l'émetteur et le récepteur qui permet de donner un sens aux signes du message. Pour qu'il y ait communication, il faut que l'émetteur et le récepteur utilisent le même code, ou des codes suffisamment proches. Si l'un parle français et l'autre ne comprend que l'ewondo, la communication échoue faute de code commun. Le code ne se limite pas à la langue : il comprend tous les systèmes de signes utilisés dans la communication. On peut communiquer par gestes (langue des signes, gestes d'accompagnement de la parole), par images (pictogrammes, panneaux de signalisation), par sons (klaxon, sirène), par vêtements (un uniforme, une tenue traditionnelle). ### 2. La langue La langue est le code linguistique : un système de signes (mots) et de règles (grammaire, syntaxe) partagé par une communauté. Au Cameroun, la communication peut se faire en français, en anglais (les deux langues officielles), ou dans l'une des nombreuses langues nationales (ewondo, duala, bamiléké, fulfuldé, etc.). Le choix de la langue est significatif : il révèle l'identité de l'émetteur, son public visé, le contexte social. Un homme politique camerounais qui s'adresse à la nation en français utilise un code officiel ; s'il s'adresse à une foule dans sa langue maternelle, il utilise un code plus intime, plus proche du peuple. **Exemple** : Lors d'une campagne électorale, un candidat à la mairie de Bafoussam s'exprime en français pour présenter son programme, puis passe au bamiléké pour s'adresser directement aux anciens du village. Il change de code pour s'adapter à son public et créer une proximité. **Exemple supplémentaire** : Dans un texte littéraire, l'auteur peut mélanger les langues. Ainsi, dans *L'Aventure ambiguë* de Cheikh Hamidou Kane, les personnages parlent français et peul ; les expressions peules sont parfois conservées dans le texte français pour marquer l'identité culturelle des personnages. ### 3. Le niveau de langue Le niveau de langue (ou registre de langue) est la variation du code linguistique selon la situation de communication. On distingue traditionnellement trois niveaux : - **Le niveau soutenu** : vocabulaire riche et précis, syntaxe complexe, respect strict des règles grammaticales. Utilisé dans les textes littéraires, les discours officiels, les écrits administratifs. - **Le niveau courant** : vocabulaire usuel, syntaxe simple, conforme aux règles de base. Utilisé dans la conversation ordinaire, la correspondance familière, les médias. - **Le niveau familier** : vocabulaire relâché, expressions populaires, syntaxe simplifiée, parfois argot. Utilisé entre amis, en famille, dans les situations informelles. Le choix du niveau de langue dépend de la relation entre l'émetteur et le récepteur, du sujet traité, du contexte social. Un enseignant s'adresse à ses élèves en niveau courant ou soutenu ; les élèves entre eux utilisent souvent le niveau familier. **Exemple** : Pour dire qu'une personne est décédée, on peut dire : - Niveau soutenu : « Il a rendu l'âme » ou « Il est décédé ». - Niveau courant : « Il est mort ». - Niveau familier : « Il a cassé sa pipe » ou « Il est mort » (avec une intonation différente). **Exemple supplémentaire** : Dans un article de presse sur les embouteillages à Douala, le journaliste écrira : « Les automobilistes sont confrontés à d'importants ralentissements sur l'axe Bonabéri-Douala » (niveau soutenu). Un conducteur dira à son ami : « Ya encore des bouchons sur le pont, on va attendre longtemps » (niveau familier). ### 4. Les gestes Le code ne se limite pas aux mots : les gestes, les mimiques, les postures, les regards font partie de la communication. On parle de communication non verbale. Les gestes peuvent accompagner la parole (gestes d'illustration, d'accentuation) ou la remplacer (gestes de salutation, de refus, d'approbation). **Exemple** : Au Cameroun, le geste de salutation est codifié : on serre la main, on s'incline légèrement, on demande des nouvelles de la famille. Un jeune qui salue un ancien doit adopter une attitude respectueuse : baisser les yeux, parler doucement, parfois s'accroupir. Ces gestes font partie du code de la communication. **Exemple supplémentaire** : Dans une conversation, hocher la tête signifie généralement « oui » ou « je suis d'accord » ; secouer la tête signifie « non ». Mais ces gestes ne sont pas universels : dans certaines cultures, les significations sont inversées. Il faut donc connaître le code gestuel de son interlocuteur pour bien communiquer. ### 5. Le code et la communication non verbale Au-delà des gestes, le code comprend tous les signes non verbaux : les vêtements (un avocat en robe, un élève en uniforme), les objets (une croix, un drapeau), les couleurs (le noir pour le deuil, le blanc pour la joie), les sons (un sifflet d'arbitre, un klaxon). Ces signes font partie du code dans la mesure où ils sont conventionnels : leur signification est fixée par une convention sociale. **Exemple** : Le port du pagne traditionnel lors d'une cérémonie de mariage est un signe codé : il signifie l'attachement à la culture, le respect des traditions. Le port du costume-cravate dans une réunion d'affaires est également un signe codé : il signifie le sérieux, le professionnalisme. ## V. Le canal ### 1. Définition > **À retenir** : Le canal est le moyen physique par lequel le message est transmis de l'émetteur au récepteur. Il peut être visuel, sonore ou olfactif. Le canal est la voie de transmission du message, le support matériel qui permet au message de circuler entre l'émetteur et le récepteur. Sans canal, pas de communication : le message doit emprunter un chemin physique pour parvenir à son destinataire. Le canal peut être naturel (la voix qui se propage dans l'air, le geste qui se voit) ou technique (le téléphone, la radio, la télévision, Internet, le papier). Dans la communication en face à face, plusieurs canaux sont utilisés simultanément : le canal sonore (la voix), le canal visuel (les gestes, les mimiques, les postures), parfois même le canal olfactif (les odeurs corporelles, les parfums). ### 2. Le canal visuel Le canal visuel est celui qui passe par la vue. Il transmet les messages écrits (lettres, livres, affiches, panneaux), les images (photographies, dessins, pictogrammes), les gestes (langue des signes, mimiques), les signaux (feux tricolores, drapeaux). **Exemple** : Un panneau de signalisation routière sur la route Yaoundé-Douala indiquant « Virage dangereux » transmet son message par le canal visuel : le conducteur lit le panneau (texte) et comprend le danger (image). Le message est perçu par la vue. **Exemple supplémentaire** : Dans une salle de classe, l'enseignant écrit au tableau : « Devoir de français pour vendredi ». Le canal est visuel : les élèves lisent l'information. S'il le dit oralement, le canal devient sonore. Le message est le même, mais le canal change. ### 3. Le canal sonore Le canal sonore est celui qui passe par l'ouïe. Il transmet la parole (conversation, discours, émission de radio), la musique, les sons (klaxon, sirène, cloche), les bruits. **Exemple** : À la radio communautaire de Bafoussam, l'animatrice annonce : « Le marché de la ville est fermé aujourd'hui pour cause de pluie. » Le canal est sonore : les auditeurs entendent le message. S'ils ne sont pas à l'écoute, ils ne reçoivent pas le message. **Exemple supplémentaire** : Le clocher d'une église qui sonne à 7 heures du matin transmet un message par canal sonore : il est l'heure de se lever, ou la messe va commencer. Les fidèles entendent le son et comprennent le message. ### 4. Le canal olfactif Le canal olfactif est celui qui passe par l'odorat. Il est moins fréquent que les canaux visuel et sonore, mais il existe : certaines odeurs transmettent des messages. Les parfums, les odeurs de cuisine, les odeurs corporelles peuvent communiquer des informations. **Exemple** : Dans un village camerounais, l'odeur de la cuisine qui se répand le matin transmet le message que la ménagère a commencé à préparer le repas. L'odeur du feu de bois indique qu'on prépare quelque chose. Les voisins comprennent ce message olfactif. **Exemple supplémentaire** : Dans un restaurant, l'odeur du ndolé qui se répand dans la salle transmet le message que ce plat est au menu. Les clients, par l'odorat, reçoivent cette information avant même de consulter la carte. ### 5. Le canal et le bruit Le canal est le lieu où peut survenir le « bruit », c'est-à-dire tout ce qui perturbe la transmission du message. Un canal encombré, défectueux, interrompu empêche la communication. Nous verrons ce point en détail dans la section suivante. **Exemple** : Lors d'un appel téléphonique entre un fonctionnaire à Yaoundé et son collègue à Bamenda, si la ligne est mauvaise et que la voix est hachée, le canal sonore est perturbé : le message arrive mal, il faut répéter, la communication est difficile. ### 6. La pluralité des canaux dans la communication moderne Les technologies modernes ont multiplié les canaux de communication : téléphone, SMS, WhatsApp, courriel, réseaux sociaux, visioconférence. Chaque canal a ses caractéristiques : le SMS est écrit et instantané, la visioconférence est visuelle et sonore, le courriel est écrit et différé. Le choix du canal dépend du message, de l'urgence, de la relation entre les interlocuteurs. **Exemple** : Pour annoncer une bonne nouvelle à un ami proche, on peut choisir le canal du téléphone (sonore, immédiat, chaleureux) ou celui du SMS (écrit, rapide, moins personnel). Pour annoncer une décision officielle, on choisira le canal du courrier administratif (écrit, formel, traçable). ## VI. L'absence de bruit : condition de la communication ### 1. Définition du bruit > **À retenir** : Le bruit est tout ce qui perturbe la transmission ou la réception du message. Pour que la communication réussisse, il faut que le bruit soit absent ou minimal. Dans le schéma de Jakobson, le terme « bruit » ne désigne pas seulement le bruit sonore (le vacarme, les sons parasites). Il désigne tout ce qui peut altérer, déformer, interrompre ou empêcher la transmission du message. Le bruit peut être : - **Physique** : un bruit de fond, une mauvaise connexion, une page déchirée, une écriture illisible. - **Sémantique** : un mot mal compris, une ambiguïté, un terme technique inconnu du récepteur. - **Psychologique** : la distraction du récepteur, sa fatigue, ses préjugés, son émotion. - **Culturel** : une différence de codes, de valeurs, de références entre l'émetteur et le récepteur. - **Technique** : une panne d'électricité, un téléphone en panne, un ordinateur en panne. Le bruit est l'ennemi de la communication : il s'interpose entre l'émetteur et le récepteur, déforme le message, empêche sa bonne réception. C'est pourquoi la condition première d'une communication réussie est l'absence de bruit. ### 2. Les différents types de bruit **Le bruit physique** est le plus évident : c'est le bruit au sens courant du terme. Dans une salle de classe bruyante, l'enseignant doit élever la voix pour se faire entendre ; si le bruit est trop fort, les élèves n'entendent pas le cours. Sur une route, le bruit des moteurs empêche d'entendre une conversation. **Exemple** : Un élève du Lycée de Ngoa Ekellé essaie d'écouter son professeur de français, mais les travaux de construction du nouveau bâtiment produisent un vacarme constant. Le bruit physique perturbe la transmission du message : l'élève n'entend pas certaines phrases, il doit tendre l'oreille, il se fatigue. **Le bruit sémantique** est plus subtil : il tient au sens des mots. Si l'émetteur utilise un mot que le récepteur ne connaît pas, ou un mot ambigu, le message est mal compris. **Exemple** : Un professeur de philosophie utilise le mot « dialectique » devant des élèves de Seconde qui ne l'ont jamais rencontré. Le mot est un bruit sémantique : les élèves entendent le mot, mais ne comprennent pas son sens, donc le message est perturbé. **Exemple supplémentaire** : Dans une conversation, quelqu'un dit : « Il est têtu comme une mule. » Si le récepteur ne connaît pas l'expression, il peut comprendre que la personne est forte comme une mule, alors que le sens est « obstiné ». L'expression est un bruit sémantique. **Le bruit psychologique** tient à l'état d'esprit du récepteur. S'il est préoccupé, fatigué, en colère, anxieux, il peut mal interpréter le message. **Exemple** : Une élève vient d'apprendre une mauvaise nouvelle. Son professeur lui dit : « Tu as fait des progrès en français. » Elle entend : « Tu étais nulle avant. » Son état émotionnel déforme le message : c'est un bruit psychologique. **Le bruit culturel** survient lorsque l'émetteur et le récepteur n'ont pas les mêmes références culturelles. **Exemple** : Un enseignant français en poste au Cameroun dit à ses élèves : « Vous êtes des Gaulois. » Les élèves ne comprennent pas la référence historique : le bruit culturel empêche la compréhension. L'enseignant aurait dû dire : « Vous êtes des Camerounais » ou expliquer la référence. ### 3. Les moyens de réduire le bruit Pour que la communication réussisse, il faut réduire le bruit. Plusieurs stratégies sont possibles : - **Répéter** : redire le message autrement, avec d'autres mots, pour s'assurer qu'il est compris. - **Simplifier** : utiliser des mots simples, des phrases courtes, des exemples concrets. - **Vérifier** : demander au récepteur s'il a compris, lui faire reformuler le message. - **Changer de canal** : si le canal sonore est perturbé, passer à l'écrit ; si le canal visuel est perturbé, passer à l'oral. - **S'adapter au récepteur** : choisir le niveau de langue, le vocabulaire, les références adaptés à son interlocuteur. **Exemple** : Un médecin explique à un patient dans un hôpital de Garoua : « Vous avez une hypertension artérielle. » Le patient ne comprend pas le terme médical. Le médecin réduit le bruit sémantique en reformulant : « Votre tension est trop élevée, il faut prendre des médicaments pour la faire baisser. » Il simplifie, il explique, il vérifie que le patient a compris. **Exemple supplémentaire** : Un enseignant remarque que ses élèves n'ont pas compris sa leçon sur le schéma de Jakobson. Il réduit le bruit en reprenant la leçon avec des exemples concrets, en dessinant le schéma au tableau, en faisant reformuler les élèves. Il change de stratégie pédagogique pour s'adapter à son public. ### 4. Le bruit et la communication de masse Dans la communication de masse (radio, télévision, presse), le bruit est particulièrement problématique car l'émetteur ne peut pas vérifier que le message est bien reçu. Les médias doivent donc redoubler de précautions : messages simples, répétitions, vérification des sources, adaptation au public. **Exemple** : Lors d'une campagne de sensibilisation contre le paludisme au Cameroun, le ministère de la Santé diffuse des messages à la radio en français, en anglais et dans les langues locales. Il utilise des images, des chansons, des témoignages. Toutes ces stratégies visent à réduire le bruit et à s'assurer que le message est bien compris par tous. ### 5. La communication réussie La communication est réussie lorsque le message transmis par l'émetteur est compris par le récepteur dans le sens voulu par l'émetteur. Cette réussite suppose : - Que l'émetteur et le récepteur partagent le même code. - Que le canal soit fonctionnel et sans bruit. - Que le référent soit identifiable par le récepteur. - Que le message soit clair et bien formulé. **Exemple** : Un père de famille à Limbé dit à son fils : « Va acheter du poisson au marché. » Le fils comprend le message, va au marché, achète du poisson et revient. La communication a réussi : le message a été transmis, reçu, compris et exécuté. Tous les éléments étaient réunis : émetteur (le père), récepteur (le fils), référent (le poisson, le marché), message (l'ordre d'acheter du poisson), code (le français, niveau courant), canal (sonore, la voix), absence de bruit (le fils a bien entendu et compris). ## VII. Application : schéma de Jakobson sur un texte ### 1. Présentation du texte d'application Prenons un texte simple et connu pour appliquer le schéma de Jakobson. Il s'agit d'un extrait du discours de lancement de la rentrée scolaire prononcé par un proviseur de lycée à Yaoundé : « Chers élèves, chers parents, chers enseignants, je vous souhaite une excellente rentrée scolaire. Cette année, notre lycée accueille plus de deux mille élèves. Je vous demande à tous de travailler avec sérieux et détermination, car l'éducation est la clé de l'avenir de notre pays. Bonne année scolaire à tous ! » ### 2. Identification des six éléments **L'émetteur** : Le proviseur du lycée. C'est lui qui prononce le discours, qui choisit les mots, qui s'adresse à la communauté scolaire. Il est identifiable par les marques de la première personne : « je vous souhaite », « je vous demande ». **Le récepteur** : Les élèves, les parents et les enseignants du lycée. Le proviseur s'adresse à eux directement : « Chers élèves, chers parents, chers enseignants », « je vous souhaite », « je vous demande ». Le récepteur est multiple : il s'agit d'un auditoire. **Le référent** : Le référent situationnel est la rentrée scolaire, le lycée, la nouvelle année scolaire qui commence. Le référent textuel est l'éducation, le travail scolaire, l'avenir du pays. Le titre du discours pourrait être : « Discours de rentrée scolaire » ou « La rentrée au lycée ». **Le message** : Le contenu du discours : le proviseur souhaite une bonne rentrée à tous, annonce le nombre d'élèves (deux mille), demande du travail et du sérieux, et rappelle l'importance de l'éducation. Le message peut se résumer ainsi : « L'éducation est la clé de l'avenir, travaillons avec sérieux. » **Le code** : La langue française, dans un niveau de langue soutenu (vocabulaire choisi : « détermination », « clé de l'avenir »), avec des gestes d'accompagnement (le proviseur regarde son auditoire, fait des gestes d'encouragement). Le code est partagé par tous les participants : ils comprennent le français. **Le canal** : Le canal est sonore (la voix du proviseur) et visuel (la présence du proviseur, ses gestes, son attitude). Si le discours est retransmis à la radio ou à la télévision, le canal est technique (ondes radio, écran). **L'absence de bruit** : Pour que le discours soit bien reçu, il faut que l'auditoire soit silencieux, que la sonorisation fonctionne, que le proviseur parle clairement, que les mots soient compris de tous. S'il y a du bruit dans la cour, si le micro grésille, si certains élèves ne comprennent pas le français, la communication est perturbée. ### 3. Représentation schématique Le schéma de Jakobson peut être dessiné de la manière suivante : ``` ÉMETTEUR (le proviseur) | | envoie v MESSAGE (le discours de rentrée) | | à travers v CANAL (la voix, le micro) | | en utilisant v CODE (le français, niveau soutenu) | | à propos de v RÉFÉRENT (la rentrée, l'éducation) | | reçoit v RÉCEPTEUR (élèves, parents, enseignants) ``` Ce schéma montre que la communication est un processus circulaire : l'émetteur formule un message (à propos d'un référent), en utilisant un code, à travers un canal, pour atteindre un récepteur. Chaque élément est indispensable : si l'un manque, la communication échoue. ### 4. Application à un texte littéraire Prenons un second exemple, cette fois un texte littéraire. Le poème « Africa » de David Diop : « Africa, my Africa Africa of proud warriors in ancestral savannahs Africa of whom my grandmother sings On the banks of the distant river I have never known you But my blood is full of your blood » **L'émetteur** : Le poète David Diop, qui s'exprime à la première personne (« I have never known you »). **Le récepteur** : L'Afrique personnifiée (« Africa »), mais aussi le lecteur du poème. **Le référent** : L'Afrique, ses guerriers, ses savanes, la grand-mère, le fleuve. Le référent textuel est l'Afrique, son histoire, sa culture. **Le message** : Le poète exprime son amour et sa nostalgie pour une Afrique qu'il ne connaît pas directement, mais qui vit en lui par le sang. Le message peut se résumer : « L'Afrique est en moi, même si je ne l'ai jamais connue. » **Le code** : La langue anglaise (dans la version originale), le niveau de langue soutenu, le langage poétique (métaphores, images). **Le canal** : Le canal est visuel (le texte écrit sur la page) ou sonore (si le poème est récité à voix haute). **L'absence de bruit** : Pour que le poème soit compris, il faut que le lecteur connaisse l'anglais, qu'il comprenne les images poétiques, qu'il soit attentif au sens. ### 5. Exercice d'application Pour vérifier la compréhension du schéma, on peut proposer l'exercice suivant : à partir d'un texte donné (un article de journal, un discours, un poème), identifier les six éléments de la communication et les représenter dans un schéma. **Exemple d'exercice** : Lisez le texte suivant et identifiez les six éléments de la communication : « Avis à la population de Douala : en raison des fortes pluies annoncées, le marché central sera fermé demain de 6 heures à 12 heures. La mairie de Douala vous remercie de votre compréhension. » - Émetteur : la mairie de Douala. - Récepteur : la population de Douala. - Référent : la fermeture du marché central à cause des pluies. - Message : le marché sera fermé demain matin. - Code : le français, niveau administratif. - Canal : visuel (affiche, journal) ou sonore (radio). ## Conclusion Le schéma de Jakobson, malgré sa simplicité apparente, est un outil d'analyse extrêmement puissant. En identifiant les six éléments de la communication — l'émetteur, le récepteur, le référent, le message, le code et le canal — il permet de comprendre comment fonctionne tout échange linguistique, qu'il s'agisse d'une conversation ordinaire, d'un discours politique, d'un poème ou d'un article de presse. Ce chapitre nous a permis de définir chacun de ces éléments, de les illustrer par des exemples concrets, et de montrer leur interdépendance. Nous avons également vu que la communication n'est jamais acquise : elle exige l'absence de bruit, c'est-à-dire la réduction de tout ce qui peut perturber la transmission du message. Le bruit peut être physique, sémantique, psychologique ou culturel ; l'émetteur doit constamment s'efforcer de le réduire pour s'assurer que son message est bien compris. Ce chapitre ouvre la voie à l'étude des fonctions du langage, que Jakobson a associées à chacun des six éléments : la fonction expressive (liée à l'émetteur), la fonction impressive ou conative (liée au récepteur), la fonction référentielle (liée au référent), la fonction poétique (liée au message), la fonction métalinguistique (liée au code) et la fonction phatique (liée au canal). Ces fonctions, qui feront l'objet du prochain chapitre, permettent d'analyser plus finement les intentions de l'émetteur et les effets produits sur le récepteur. En maîtrisant le schéma de Jakobson, l'élève de Seconde, Première ou Terminale dispose d'une grille de lecture universelle pour l'analyse des textes et des discours. Cette grille lui sera utile non seulement en classe de français, mais aussi dans toutes les disciplines où il s'agit de comprendre et de produire des messages : histoire-géographie, philosophie, langues vivantes, et même dans sa vie quotidienne de citoyen confronté aux messages des médias, de la publicité et de la politique.

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Dans le schéma de la communication de Jakobson, quel terme désigne la personne qui émet le message ?
  2. 2. Dans une conversation téléphonique, le téléphone représente quel élément de la communication ?
  3. 3. Le référent textuel désigne :
  4. 4. Dans la phrase « Hier, à Yaoundé, il a plu », l'expression « hier, à Yaoundé » relève du référent :
  5. 5. Quel élément est indispensable pour qu'il y ait communication, selon le schéma de Jakobson ?
  6. 6. Dans un roman, le résumé du texte (ou son titre) correspond souvent à quel élément ?
  7. 7. Le niveau de langue (familier, courant, soutenu) fait partie de quel élément ?
  8. 8. Dans une communication non verbale, les gestes de la main relèvent du :
  9. 9. Un parfum qui évoque un souvenir est transmis par quel canal ?
  10. 10. Dans le schéma de Jakobson, le destinataire est aussi appelé :
  11. 11. Dans un texte, le référent textuel se repère en répondant à la question :
  12. 12. Pour dessiner le schéma de la communication d'un texte, on place le message entre :