Chapitre 10
MODELAGE EN ARGILE OU TERRE CRUE
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs**
À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
1. Expliquer les principes physiques et chimiques qui régissent la cuisson de la porcelaine et déterminer les paramètres essentiels (température, atmosphère, durée).
2. Analyser une demande de réalisation (forme, fonction, contraintes techniques) et choisir la technique de modelage en argile la plus adaptée.
3. Concevoir, mettre en place et stabiliser une armature adaptée à une pièce en argile ou terre crue, puis réaliser le modelage, le séchage contrôlé et la préparation à la cuisson.
**Prérequis**
- Notions de base sur les propriétés de l’argile (plasticité, retrait, porosité).
- Connaissance des outils de modelage (ébauchoirs, mirettes, rouleaux, fils coupants).
- Règles d’hygiène et de sécurité en atelier (port de gants, masque anti‑poussière, manipulation des outils tranchants).
- Notions de lecture de schéma simple et de cotation.
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, la sculpture en argile occupe une place centrale dans l’artisanat traditionnel (poteries de Bamenda, sculptures rituelles du Grassfields) et dans les formations techniques professionnelles où elle sert à développer la dextérité, la compréhension des matériaux et la capacité à passer d’une idée en deux dimensions à une forme tridimensionnelle fonctionnelle. Le programme officiel de l'enseignement technique et professionnel insiste sur l’approche par compétences : l’élève doit non seulement réaliser une pièce, mais aussi justifier chaque choix technique en fonction des contraintes du milieu (disponibilité des matières premières, conditions de cuisson locales, exigences esthétiques et d’usage). Ce chapitre traite donc du modelage en argile ou terre crue, en articulant trois leçons complémentaires : la cuisson de la porcelaine (fondamentale pour comprendre les transformations thermiques), le choix des techniques de modelage, et enfin la mise en œuvre d’une armature pour garantir la stabilité de la pièce durant le séchage et la cuisson.
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## I. Leçon 1 – Principes et conditions de cuisson des articles en porcelaine
### 1.1 Définition de la porcelaine
La porcelaine est une céramique vitrifiée, translucide à la lumière, composée essentiellement de kaolin (Al₂Si₂O₅(OH)₄), de feldspath et de quartz. Sa particularité réside dans la formation d’une phase vitreuse à haute température qui confère résistance mécanique et faible porosité.
### 1.2 Composition chimique typique (en % masse)
| Composant | Pourcentage moyen | Rôle |
|-----------|-------------------|------|
| Kaolin | 45‑55 | Plasticité, formation du corps |
| Feldspath | 20‑30 | Fondant, favorise la vitrification |
| Quartz | 15‑25 | Réduit le retrait, augmente la résistance à la fissuration |
| Autres (oxydes, colorants) | <5 | Ajustement de couleur ou de propriétés spécifiques |
### 1.3 Phases de cuisson
1. **Déshydratation (100‑200 °C)** : évaporation de l’eau libre (eau physique).
2. **Décomposition du kaolin (450‑600 °C)** : perte d’hydroxyle, formation de métakaolin.
3. **Cristallisation du mullite et formation de liquide vitreux (900‑1200 °C)** : début de la vitrification, réduction du retrait.
4. **Vitrification complète (1200‑1350 °C)** : formation d’une phase verreuse continue, translucidité apparente.
5. **Refroidissement contrôlé** : évite les chocs thermiques qui provoquent des fissures.
### 1.4 Courbes de température et atmosphère
- **Atmosphère oxydante** (air) : favorise la formation d’oxydes stables, couleur blanche ou légèrement crème.
- **Atmosphère réductrice** (gaz combustibles avec déficit d’oxygène) : peut produire des teintes bleutées ou verdâtres selon les oxydes présents (ex. cuivre).
- **Vitesse de chauffe** : généralement 80‑120 °C/h jusqu’à 600 °C, puis 100‑150 °C/h jusqu’à la température de pointe, suivie d’un palier de 10‑20 min à température maximale pour homogénéiser la vitre.
### 1.5 Défauts courants et prévention
| Défaut | Cause principale | Mesure préventive |
|--------|------------------|-------------------|
| Fissures de retrait | Chauffe trop rapide ou refroidissement brutal | Respecter les paliers de chauffe et de refroidissement |
| Piégeage de bulles | Malaxage insuffisant, présence d’air | Déairer l’argile sous vide ou par malaxage prolongé |
| Décoloration | Atmosphère réductrice non maîtrisée | Contrôler le débit de gaz et la composition de l’atmosphère |
| Déformation | Soutien inadéquat pendant la vitrification | Utiliser des réfractaires ou des plaques de soutien adaptées |
### 1.6 Exemple de cycle de cuisson (tableau)
| Étape | Température (°C) | Durée | Atmosphère | Observation |
|-------|------------------|-------|------------|-------------|
| Déshydratation | 100 → 200 | 2 h | Oxydante | Élimination de l’eau libre |
| Déhydroxylation | 200 → 600 | 3 h | Oxydante | Formation du métakaolin |
| Pré‑vitrification | 600 → 900 | 2 h | Oxydante | Début de la formation du liquide vitreux |
| Vitrification | 900 → 1280 | 3 h | Oxydante | Translucidité apparente |
| Palier de maintien | 1280 | 20 min | Oxydante | Homogénéisation de la vitre |
| Refroidissement | 1280 → 200 | 13,5 h | Oxydante | Refroidissement lent pour éviter choc thermique |
| Retour à température ambiante | 200 → 25 | 1 h | Oxydante | Manipulation sûre |
> **À retenir** : La porcelaine atteint sa vitrification complète entre 1250 °C et 1300 °C en atmosphère oxydante ; tout écart de plus de ±20 °C peut entraîner soit une sous‑vitrification (porosité résiduelle) soit une sur‑vitrification (déformation, bulles).
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## II. Leçon 2 – Étude et choix des techniques de modelage en argile
### 2.1 Techniques principales
| Technique | Description | Avantages | Inconvénients / limites |
|-----------|-------------|-----------|--------------------------|
| Modelage à la main (pinçage, lissage) | Manipulation directe de la boule d’argile avec les doigts et outils simples | Grande liberté de forme, faible coût d’outillage | Limité pour les pièces très grandes ou très fines |
| Colombin (technique du boudin) | Rouleaux d’argile superposés et lissés | Idéal pour les formes creuses (vases, urnes) | Nécessité de bien égaliser l’épaisseur du boudin |
| Technique de la plaque | Étalement de l’argile en feuilles, découpe et assemblage | Précision géométrique, adapté aux panneaux et reliefs | Risque de fissure aux joints si mauvaise adhérence |
| Estampage / moulage | Pression de l’argile dans un moule (plâtre, silicone) | Reproduction fidèle de formes complexes, série | Dépend de la qualité du moule, retrait à prévoir |
| Coulée (slip casting) | Versage d’une barbotine fluide dans un moule absorbant | Pièces très fines et uniformes, adapté à la porcelaine | Nécessite une barbotine bien dégazée et un moule poreux |
### 2.2 Critères de choix
1. **Géométrie souhaitée** : formes creuses → colombin ou estampage ; formes plates ou panneaux → plaque ; détails fins → moulage ou slip casting.
2. **Taille et poids** : pièces volumineux nécessitent une armature ou une technique en colombin pour éviter l’effondrement sous leur propre poids.
3. **Destination fonctionnelle** : objets utilitaires (vaisselle) exigent faible porosité → préférer la porcelaine cuite à haute température ; objets décoratifs peuvent rester en terre crue cuite à basse température.
4. **Disponibilité des matières** : argile locale souvent plus plastique mais moins réfractaire ; ajouter du grog ou de la silice pour améliorer la résistance au retrait.
5. **Contraintes de temps et d’outillage** : en milieu scolaire, le modelage à la main et le colombin sont privilégiés pour leur faible coût d’équipement.
### 2.3 Préparation de l’argile
- **Malaxage** : pétrir jusqu’à obtenir une consistance homogène, éliminer les poches d’air.
- **Désairation** : passer l’argile dans un vide‑désairateur ou réaliser des pliages successifs (technique du « pliage en Z »).
- **Contrôle de l’humidité** : taux d’eau idéal entre 20 % et 30 % (poids humide / poids sec). Un excès entraîne un retrait important et des fissures ; un défaut rend l’argile cassante.
### 2.4 Outils et matériel courants
- Ébauchoirs en acier ou en bois
- Mirettes et outils de modelage (boules, cônes)
- Fils coupants en nylon ou en acier
- Rouleaux à pâtisserie pour les plaques
- Éponge humide pour le lissage de surface
- Plaques de plâtre ou de bois pour le séchage contrôlé
> **À retenir** : Le taux de retrait linéaire de l’argile après séchage complet varie généralement entre 5 % et 12 % selon la proportion de grog ; il faut toujours prévoir une marge de dimensionnement lors de la conception d’une pièce destinée à s’emboîter ou à être assemblée.
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## III. Leçon 3 – Mise en place de l’armature, modelage et stabilisation de la pièce
### 3.1 Quand utiliser une armature
Une armature devient indispensable lorsque :
- La pièce dépasse 30 cm de hauteur ou présente des parties en porte‑à‑faux (bras, ailes, anses longues).
- Le modèle doit conserver sa forme pendant un séchage lent (plus de 48 h) afin d’éviter l’affaissement sous son propre poids.
- La pièce sera soumise à des manipulations fréquentes avant cuisson (transport, essais d’ajustement).
### 3.2 Types d’armatures
| Matériau | Propriétés | Utilisation typique | Remarques de sécurité |
|----------|------------|---------------------|-----------------------|
| Fil de fer doux (ø 2‑4 mm) | Malléable, faible coût | Petites sculptures, renforts locaux | Porter des gants pour éviter les coupures |
| Fil d’aluminium (ø 3‑5 mm) | Léger, résistant à la corrosion | Armatures de moyenne taille | Vérifier l’absence de bavures tranchantes |
| Tiges de bambou fendues | Rigidité naturelle, léger | Grandes pièces, structures en treillis | Traiter contre les insectes si stockage prolongé |
| Profilés en aluminium ou acier (U, L) | Haute rigidité, réutilisable | Armatures industrielles, séries | Utiliser des lunettes de protection lors du découpage |
| Bois (latte, baguette) | Facile à travailler, bon adhérence avec l’argile | Armatures de faible hauteur, modèles pédagogiques | Poncer les échardes, porter un masque lors du sciage |
### 3.3 Étapes de mise en place de l’armature
1. **Conception** : dessiner un schéma de l’armature en fonction des points de contrainte (base, points d’appui, zones de porte‑à‑faux).
2. **Fabrication** : couper, plier et assembler les éléments selon le schéma ; vérifier la stabilité par un test de charge légère (ex. poser un poids de 500 g au sommet).
3. **Fixation à la base** : ancrer l’armature sur une plaque de bois ou de plâtre à l’aide de vis, de colle chaude ou de fils de ligature, afin d’éviter tout déplacement pendant le modelage.
4. **Application d’une couche d’accrochage** : badigeonner légèrement l’armature d’un engobe liquide (argile + eau) pour améliorer l’adhérence de la première couche d’argile.
### 3.4 Modelage sur armature
- **Application de la première couche** : étaler une fine couche d’argile (2‑3 mm) autour de l’armature en pressant fermement pour éviter les vides.
- **Modelage progressif** : ajouter de l’argile par petites quantités, lisser avec une éponge humide ou un ébauchoir, en travaillant du bas vers le haut pour éviter l’affaissement.
- **Contrôle de l’épaisseur** : utiliser un calibre ou une règle pour vérifier que l’épaisseur reste uniforme (variation ≤ 10 %).
- **Lissage final** : passer une éponge presque sèche pour obtenir une surface prête à recevoir les détails ou l’engobe de finition.
### 3.5 Stabilisation et séchage contrôlé
- **Séchage lent** : couvrir la pièce d’un film plastique perforé ou d’un tissu humide pendant les 24 premières heures, puis réduire progressivement l’humidité.
- **Surveillance du retrait** : mesurer la dimension extérieure toutes les 12 h ; si le retrait dépasse 2 % en moins de 6 h, augmenter l’humidité ambiante.
- **Éviter les courants d’air** : placer la pièce à l’abri des vents et des variations brusques de température.
- **Détection des fissures** : inspecter visuellement et à la lumière rasante ; réparer immédiatement les micro‑fissures avec une barbotine fine avant qu’elles ne s’élargissent.
### 3.6 Préparation à la cuisson
- **Élimination de l’engobe de surface** : poncer légèrement si nécessaire pour éviter les inclusions qui pourraient provoquer des points de faiblesse.
- **Positionnement dans le four** : placer la pièce sur des réfractaires ou des plaques d’alumine, en laissant un espace d’au moins 2 cm autour pour la circulation des gaz.
- **Calage** : utiliser des cales en terre réfractaire pour éviter tout déplacement pendant la montée en température.
- **Documentation** : noter le poids à sec, les dimensions finales et la date de mise en four pour le suivi de la qualité.
> **À retenir** : Lors de la mise en place d’une armature en fil de fer, toujours porter des gants anti‑coupure et vérifier que les extrémités sont bien repliées ou recouvertes d’un ruban de masquage afin d’éviter les blessures lors du modelage.
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## Synthèse du chapitre
- **Cuisson de la porcelaine** : phases (déshydratation, déhydroxylation, vitrification), températures clés (≈ 1280 °C), atmosphère oxydante, contrôle du retrait et prévention des défauts (fissures, bulles, déformation).
- **Choix de la technique de modelage** : fonction de la géométrie, taille, destination, matière disponible et outillage ; principales méthodes (modelage à la main, colombin, plaque, estampage/moulage, slip casting).
- **Armature et stabilisation** : nécessité au‑delà de 30 cm ou pour porte‑à‑faux, matériaux (fil de fer, aluminium, bambou, profilés, bois), étapes (conception, fixation, accrochage, modelage, séchage lent, pré‑cuisson).
- **Sécurité** : port de gants, masque anti‑poussière, lunettes lors du découpage, vérification des outils tranchants, gestion de l’humidité et du retrait.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Biscuit** | Première cuisson de la céramique à basse température (≈ 900‑1000 °C) donnant un corps poreux mais résistant, destiné à recevoir l’émail. |
| **Engobe** | Couverture mince d’argile liquide (souvent colorée) appliquée sur la surface avant cuisson pour améliorer l’aspect ou l’adhérence de l’émail. |
| **Grog** | Argile pré‑cuite et broyée, ajoutée à l’argile plastique pour réduire le retrait et augmenter la résistance au choc thermique. |
| **Kaolin** | Argile blanche principalement composée d’aluminosilicate hydraté, matière première essentielle de la porcelaine. |
| **Métakaolin** | Produit de la déhydroxylation du kaolin (≈ 500‑600 °C), réactif qui participe à la formation de la mullite et du verre lors de la vitrification. |
| **Mullite** | Phase cristalline (3Al₂O₃·2SiO₂) formée lors de la cuisson de la porcelaine, contribuant à la résistance mécanique et à la faible dilatation thermique. |
| **Porosité** | Volume de vides ouverts dans un matériau céramique, exprimé en pourcentage ; influence l’absorption d’eau et la résistance mécanique. |
| **Retrait linéaire** | Diminution dimensionnelle d’une pièce d’argile entre l’état humide et l’état sec ou cuit, généralement exprimé en pourcentage. |
| **Slip (barbotine)** | Suspension fluide d’argile dans l’eau, utilisée pour le moulage par coulée ou la réparation de pièces. |
| **Vitrification** | Formation d’une phase verreuse continue à haute température qui rend la céramique imperméable et translucide (dans le cas de la porcelaine). |
| **Atmosphère oxydante** | Environnement de cuisson riche en oxygène (air) favorisant la formation d’oxydes stables. |
| **Atmosphère réductrice** | Environnement de cuisson pauvre en oxygène, souvent produit par la combustion de gaz avec déficit d’air, pouvant modifier les couleurs des oxydes métalliques. |
| **Ébauchoir** | Outil métallique ou en bois utilisé pour couper, modeler et lisser l’argile. |
| **Mirette** | Outil de modelage fin permettant de réaliser des détails ou des rainures sur la surface de l’argile. |
| **Réfractaire** | Matériau résistant à haute température (ex. alumine, silice) utilisé comme support ou revêtement intérieur du four. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Dimensionnement d’une armature pour une sculpture en colombin
**Énoncé**
Un élève doit réaliser une sculpture en forme de colonne haute de 80 cm, diamètre 20 cm, en utilisant la technique du colombin. La colonne doit supporter son propre poids pendant le séchage (environ 48 h) sans fléchir. Déterminer le diamètre minimal du fil de fer doux (module d’élasticité E ≈ 200 GPa, limite d’élasticité σy ≈ 250 MPa) à utiliser comme armature centrale, en considérant une charge uniforme égale au poids de la colonne d’argile sèche (masse volumique ρ ≈ 1 800 kg/m³, retrait négligeable pour le calcul). On admettra que l’armature agit comme une colonne encastrée à la base et libre au sommet, soumise à une charge répartie w (N/m).
**Données**
- Hauteur L = 0,80 m
- Diamètre extérieur de la colonne D = 0,20 m
- Épaisseur de l’argile e = 0,02 m (colombin de 2 cm d’épaisseur)
- Masse volumique de l’argile sèche ρ = 1 800 kg/m³
- Accélération de gravité g = 9,81 m/s²
**Étapes de résolution**
1. **Volume d’argile** :
\[
V = \pi \left[\left(\frac{D}{2}\right)^2 - \left(\frac{D}{2}-e\right)^2\right] L
\]
\[
V = \pi \left[(0,10)^2 - (0,08)^2\right] \times 0,80
= \pi (0,01 - 0,0064) \times 0,80
= \pi \times 0,0036 \times 0,80
\approx 0,00905\ \text{m}^3
\]
2. **Masse de l’argile** :
\[
m = \rho V = 1 800 \times 0,00905 \approx 16,3\ \text{kg}
\]
3. **Poids total** :
\[
W = m g = 16,3 \times 9,81 \approx 160\ \text{N}
\]
4. **Charge répartie w** (supposée uniforme sur la hauteur) :
\[
w = \frac{W}{L} = \frac{160}{0,80} = 200\ \text{N/m}
\]
5. **Moment fléchissant maximal** pour une colonne encastrée‑libre sous charge répartie :
\[
M_{max} = \frac{w L^2}{2} = \frac{200 \times (0,80)^2}{2}
= \frac{200 \times 0,64}{2}
= 64\ \text{N·m}
\]
6. **Condition de résistance** : le moment de résistance d’une section circulaire pleine de diamètre d est
\[
W_{el} = \frac{\pi d^3}{32}
\]
On impose \(\sigma = \frac{M_{max}}{W_{el}} \le \sigma_y\).
\[
\frac{M_{max}}{\pi d^3/32} \le 250\times10^6
\Rightarrow d^3 \ge \frac{32 M_{max}}{\pi \sigma_y}
\]
\[
d^3 \ge \frac{32 \times 64}{\pi \times 250\times10^6}
= \frac{2048}{785,398\times10^6}
\approx 2,61\times10^{-6}
\]
\[
d \ge (2,61\times10^{-6})^{1/3} \approx 0,0138\ \text{m} = 13,8\ \text{mm}
\]
7. **Choix commercial** : on prendra un fil de fer doux de diamètre **14 mm** (ou le diamètre commercial supérieur le plus proche, 16 mm, pour ajouter une marge de sécurité).
**Corrigé**
Le diamètre minimal requis est d’environ **14 mm** ; en pratique, on utilisera un fil de fer de **16 mm** de diamètre afin de garantir une marge de sécurité contre les imperfections de mise en œuvre et les variations de charge pendant le séchage.
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### Exercice 2 – Élaboration d’un cycle de cuisson pour une pièce en porcelaine de 150 g
**Énoncé**
Une pièce en porcelaine de forme creuse (vase) pèse 150 g à sec. Elle doit être cuite à une température de vitrification de 1280 °C en atmosphère oxydante. Élaborer un tableau de cycle de cuisson comprenant les paliers de chauffe, les durées estimées et les observations à chaque étape. Utiliser les vitesses de chauffe suivantes : 100 °C/h jusqu’à 600 °C, puis 120 °C/h jusqu’à la température de pointe, suivi d’un palier de maintien de 15 min à 1280 °C, puis un refroidissement linéaire à 80 °C/h jusqu’à 200 °C, enfin un refroidissement libre à température ambiante.
**Corrigé**
| Étape | Température de départ (°C) | Température d’arrivée (°C) | Vitesse de chauffe (°C/h) | Durée (h) | Observations |
|-------|----------------------------|----------------------------|---------------------------|-----------|--------------|
| 1 – Déshydratation | 25 | 200 | 100 | 1,75 | Élimination de l’eau libre ; surveiller la perte de poids (≈ 5 %). |
| 2 – Déhydroxylation | 200 | 600 | 100 | 4,0 | Formation du métakaolin ; aucune déformation visible. |
| 3 – Pré‑vitrification | 600 | 900 | 120 | 2,5 | Début de la formation du liquide vitreux ; surface commence à luire légèrement. |
| 4 – Vitrification | 900 | 1280 | 120 | 3,17 | Atteinte de la température de pointe ; translucidité apparente. |
| 5 – Palier de maintien | 1280 | 1280 | 0 | 0,25 (15 min) | Homogénéisation de la vitre ; éviter les gradients thermiques. |
| 6 – Refroidissement contrôlé | 1280 | 200 | 80 (en descente) | 13,5 | Refroidissement lent pour prévenir les chocs thermiques ; surveiller l’apparition de fissures. |
| 7 – Retour à température ambiante | 200 | 25 | libre (air) | ≈ 2,0 | Pièce prête à être manipulée ; vérifier l’absence de défauts. |
**Durée totale estimée** : environ **27,2 heures** (incluant les périodes de chauffe, maintien et refroidissement).
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Chauffe trop rapide entre 200 °C et 600 °C (déhydroxylation) | Formation de fissures internes dues à la libération brutale de vapeur d’eau | Respecter une vitesse de chauffe ≤ 100 °C/h dans cette zone ; utiliser un programmateur de four ou un pyromètre avec alarme. |
| 2 | Oublier de désairer l’argile avant le modelage | Présence de bulles qui provoquent des éclats à la cuisson ou des points faibles mécaniques | Effectuer au moins trois pliages en Z ou passer l’argile dans un vide‑désairateur ; vérifier l’absence de poches d’air en coupant un petit échantillon. |
| 3 | Positionner l’armature trop près de la surface (moins de 5 mm) | Risque de traversée de l’armature lors du modelage, création de points de concentration de contraintes | Maintenir une épaisseur minimale d’argile de 6‑8 mm autour de l’armature ; vérifier à l’œil et au toucher avant de poursuivre le modelage. |
| 4 | Utiliser des outils tranchants sans protection (ébauchoirs, fils coupants) | Coupures ou perforations de la peau | Porter systématiquement des gants résistants à la coupure et des lunettes de sécurité ; ranger les outils dans un trousse dédiée après usage. |
| 5 | Négliger le contrôle de l’humidité pendant le séchage lent | Retrait différentiel entraînant des déformations ou des fissures de surface | Couvrir la pièce d’un film plastique perforé les premières 12 h, puis ajuster l’humidité ambiante avec un humidificateur ou un déshumidificateur selon les mesures prises à l’aide d’un hygromètre. |
| 6 | Enfourner une pièce encore humide (taux d’eau > 8 %) | Explosion de vapeur à l’intérieur du four, risque de projection d’éclats et de dommages au four | Mesurer le poids à sec et humide avant enfournement ; attendre que la perte de poids soit stabilisée (variation < 0,2 % sur deux pesées consécutives à 1 h d’intervalle). |
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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