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Chapitre 8

REALISATION DU MOULE EN DEUX BLOCS (partie 1/3)

Lecture : 12 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire les principes et les caractéristiques essentielles d’un moule en deux blocs utilisé en sculpture. - Réaliser un croquis graphique détaillé du modèle à mouler, en déterminant le plan de joint et en respectant les tolérances. - Fabriquer le modèle original (positif) avec les matériaux appropriés, en appliquant les techniques de modelage, de finition et d’agent de démoulage. - Respecter les règles de sécurité et d’hygiène propres à l’atelier de sculpture au Cameroun. **Prérequis :** - Connaissances de base en dessin technique (vue en plan, élévation, coupe). - Maîtrise des propriétés des matériaux de modelage (argile, cire, plâtre). - Notions de retrait des matériaux de moulage (plâtre, silicone, résine). - Consignes de sécurité générales en atelier (port des EPI, manipulation des produits chimiques). --- ## Introduction contextualisée Dans les ateliers de sculpture du secondaire technique camerounais, la réalisation d’un moule en deux blocs est une étape fondamentale pour reproduire en série des œuvres d’art ou des pièces industrielles (statues, éléments de décoration, prototypes). Ce procédé permet de préserver la fidélité du modèle original tout facilitant le démoulage et la réutilisation du moule. Le présent cours s’inscrit dans le programme officiel MINESEC/IGE, série ARC, et suit la progression pédagogique : d’abord la compréhension du moule, puis la préparation graphique du modèle, enfin la fabrication du modèle positif. Chaque leçon s’appuie sur des situations professionnelles réalistes rencontrées dans les ateliers de Yaoundé, Douala ou Garoua, où les élèves doivent allier précision technique, respect des normes de sécurité et créativité artistique. --- ## I. Leçon 9 – Principes et caractéristiques d’un moule en deux blocs ### A. Définition et fonction Un **moule en deux blocs** est un dispositif de moulage constitué de deux parties séparables (bloc A et bloc B) qui s’emboîtent autour d’un modèle positif pour former une cavité négative. Après durcissement du matériau de moulage (plâtre, silicone, résine), les deux blocs sont séparés, permettant l’extraction du modèle et la coulée de la pièce finale. > **> Un moule en deux blocs permet de réaliser des pièces complexes sans endommager le modèle ni le moule.** ### B. Caractéristiques géométriques - **Plan de joint** : surface de séparation entre les deux blocs, choisi pour minimiser les sous‑coupes et faciliter le démoulage. - **Épaisseur de paroi** : généralement entre 10 mm et 20 mm pour garantir la rigidité tout en limitant le poids. - **Côtes de référence** : repères (marques de croix, points de repère) reportés sur chaque bloc pour assurer un bon réalignement lors du remontage. - **Canaux d’aération et de débordement** : évacuent l’air et l’excès de matériau lors du remplissage. ### C. Avantages et limites | Avantages | Limites | |-----------|---------| | Réutilisable plusieurs dizaines de fois | Nécessite une conception précise du plan de joint | | Démoulage sans endommager le modèle | Temps de préparation plus long qu’un moule perdu | | Adapté aux modèles de taille moyenne à grande | Risque de désalignement si les repères sont mal placés | | Compatible avec divers matériaux de moulage | Coût initial plus élevé (outillage, matériaux) | ### D. Normes de sécurité et d’hygiène - Port de gants nitrile et de lunettes de protection lors de la manipulation du plâtre ou de la résine. - Ventilation de l’atelier pour éviter l’inhalation de poussières de plâtre ou de vapeurs de solvant. - Nettoyage immédiat des outils à l’eau savonneuse pour éviter la corrosion. - Élimination des déchets de plâtre dans les bacs dédiés, conformément à la réglementation camerounaise sur les déchets inertes. ### E. Exemple d’atelier Dans un atelier de sculpture à Yaoundé, les élèves réalisent un moule en deux blocs pour reproduire une petite statue de 30 cm de hauteur. Après avoir déterminé le plan de joint à mi‑hauteur, ils coulent du plâtre à raison de 1,2 kg / L, obtiennent une épaisseur de paroi de 15 mm, et laissent sécher 45 minutes avant le démoulage. --- ## II. Leçon 10 – Recherche graphique et croquis du modèle à mouler ### A. Analyse du modèle Avant tout dessin, l’élève examine le modèle sous tous ses aspects : volumes, saillies, creux, sous‑coupes et symétries. Cette analyse permet de décider du nombre de vues nécessaires et de l’emplacement optimal du plan de joint. ### B. Techniques de dessin - **Vue en plan** : représentation horizontale montrant la forme du modèle vue du dessus. - **Vue en élévation** : projection verticale montrant le profil avant ou latéral. - **Vue en coupe** : traversée suivant le plan de joint pour révéler l’intérieur et vérifier l’absence de sous‑coupes. - **Cotation** : indication des dimensions critiques (hauteur, largeur, profondeur) avec tolérances usuelles de ± 0,5 mm pour la sculpture. ### C. Détermination du plan de joint Le plan de joint doit : 1. Traverser les zones les moins détaillées du modèle. 2. Éviter de couper des éléments saillants délicats (nez, doigts, ornements). 3. Être plat ou légèrement courbé pour faciliter l’ajustement des deux blocs. > **> Un bon plan de joint réduit les risques de déchirure du moule et garantit un démoulage propre.** ### D. Représentation des côtes et tolérances Sur chaque vue, l’élève trace des lignes de cote avec des flèches, indique la valeur réelle et la tolérance (ex. : 120 mm ± 0,5 mm). Les repères de réalignement (croix, points) sont également dessinés et cotés. ### E. Exemple de croquis Prenons un modèle de buste de 25 cm de haut, 18 cm de large et 15 cm de profondeur. Après analyse, le plan de joint est choisi à la hauteur de 12,5 cm (mi‑hauteur). Le croquis comprend : - Vue en plan montrant un ovale de 18 × 15 cm. - Vue en élévation avant montrant le profil du buste. - Vue en coupe suivant le plan de joint, révélant l’épaisseur de la matière à mouler (plâtre). - Cotes : hauteur totale 250 mm ± 0,5 mm, largeur 180 mm ± 0,5 mm, profondeur 150 mm ± 0,5 mm. --- ## III. Leçon 11 – Réalisation du modèle original ou positif ### A. Choix du matériau - **Argile autodurcissante** : facile à travailler, idéale pour les essais. - **Cire de modelage** : permet une grande finesse de détail, fond à basse température. - **Plâtre** : utilisé lorsque le modèle doit être rigide et résistant à l’usure. Le choix dépend de la complexité du modèle, du nombre de reproductions prévues et du matériau de moulage ultérieur. ### B. Techniques de modelage 1. **Ébauche** : formation du volume grossier à l’aide de mains ou d’outils de modelage. 2. **Affinement** : travail des détails avec des gouges, des lisses et des éponges. 3. **Lissage** : passage d’une éponge humide ou d’un chiffon pour éliminer les traces d’outils. 4. **Séchage contrôlé** : pour l’argile, laisser sécher à l’abri du soleil direct afin d’éviter les fissures. ### C. Finition et préparation du modèle - Application d’une couche d’agent de démoulage (talc, spray de silicone ou huile de vaseline) sur toute la surface du modèle. - Vérification de l’absence de bulles ou de défauts de surface à l’aide d’une lampe raking light. - Mesure de la dimension critique avec un pied à coulisse pour s’assurer du respect des tolérances. > **> Un agent de démoulage bien appliqué empêche l’adhérence du matériau de moulage et préserve la qualité du modèle.** ### D. Contrôle dimensionnel Après séchage, le modèle est mesuré aux points de cote définis au croquis. Toute déviation supérieure à la tolérance nécessite une retouche (ponçage léger ou ajout de matière). ### E. Exemple de réalisation Dans un atelier de Douala, les élèves doivent réaliser un modèle de masque tribal de 20 cm de haut, 15 cm de large et 12 cm de profondeur en argile autodurcissante. 1. Ils pétrissent 1,5 kg d’argile, forment une boule de base. 2. À l’aide d’un modèle de référence, ils creusent les orbites, le nez et la bouche. 3. Ils lissent la surface avec une éponge humide. 4. Après 24 h de séchage à l’ombre, ils appliquent une fine couche de talc comme agent de démoulage. 5. Ils contrôlent les dimensions : hauteur 200 mm ± 0,5 mm, largeur 150 mm ± 0,5 mm, profondeur 120 mm ± 0,5 mm. 6. Le modèle est alors prêt à recevoir le moule en deux blocs. --- ## Synthèse du chapitre - **Moule en deux blocs** : dispositif réutilisable, composé de deux parties séparables, permettant le moulage de modèles complexes. - **Plan de joint** : surface de séparation choisie pour éviter les sous‑coupes et faciliter le démoulage. - **Croquis technique** : vues en plan, élévation et coupe, avec cotes et tolérances, indispensable pour la conception du moule. - **Modèle positif** : réalisé en argile, cire ou plâtre, fini, traité avec un agent de démoulage et contrôlé dimensionnellement. - **Sécurité** : port des EPI, ventilation, nettoyage des outils, gestion des déchets conformément à la réglementation camerounaise. - **Exemple chiffré** : pour un modèle de 30 cm de hauteur, épaisseur de moule 15 mm, volume de plâtre nécessaire ≈ 1,2 kg / L × (volume extérieur – volume intérieur) ≈ 2,3 kg. --- ## Glossaire - **Moule en deux blocs** : dispositif de moulage constitué de deux parties séparables qui forment une cavité négative autour d’un modèle. - **Plan de joint** : surface de séparation entre les deux blocs d’un moule, choisie pour faciliter le démoulage. - **Agent de démoulage** : substance appliquée sur le modèle pour empêcher l’adhérence du matériau de moulage. - **Cote** : dimension spécifiée sur un dessin technique, accompagnée d’une tolérance autorisée. - **Tolérance** : écart admissible entre la dimension réelle et la dimension nominale d’une pièce. - **Sous‑coupe** : géométrie qui empêche le retrait direct d’un modèle d’un moule sans endommager l’une des parties. - **Épaisseur de paroi** : distance entre la surface extérieure et la surface intérieure d’un moule, influençant sa rigidité. - **Agent de liaison** : matériau (plâtre, silicone, résine) qui durcit pour former la cavité négative du moule. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Calcul du volume de plâtre nécessaire **Consigne** : Un modèle positif mesure 28 cm de haut, 20 cm de large et 16 cm de profondeur. Le moule en deux blocs aura une épaisseur de paroi uniforme de 12 mm. Le plâtre utilisé a une densité de 1,2 g / cm³. Calculer la masse de plâtre nécessaire pour réaliser le moule (on néglige le volume des canaux d’aération). **Corrigé** : 1. Volume extérieur du moule : \(V_{ext} = (28+2×1,2) × (20+2×1,2) × (16+2×1,2) \) cm³ \(= (30,4) × (22,4) × (18,4) \) cm³ ≈ 12 560 cm³. 2. Volume intérieur (correspondant au modèle) : \(V_{int} = 28 × 20 × 16 = 8 960\) cm³. 3. Volume de plâtre : \(V_{plâtre} = V_{ext} – V_{int} = 12 560 – 8 960 = 3 600\) cm³. 4. Masse de plâtre : \(m = V_{plâtre} × ρ = 3 600 cm³ × 1,2 g/cm³ = 4 320 g = 4,32\) kg. **Réponse** : environ **4,3 kg** de plâtre sont nécessaires. --- ### Exercice 2 – Détermination du plan de joint sur un modèle complexe **Consigne** : Un modèle de sculpture représente un personnage assis avec les bras repliés sur les genoux. Le modèle présente des sous‑coupes au niveau des coudes et des mains. Proposer un plan de joint adapté et justifier le choix. **Corrigé** : - Le plan de joint doit éviter de traverser les zones de sous‑coupes (coudes, mains). - On choisit donc un plan **horizontal** passant au niveau de la taille, juste au-dessus des hanches, où le modèle présente une surface relativement lisse et continue. - Ce plan coupe le torse en deux parties (supérieur et inférieur) sans intersecter les bras, permettant ainsi un démoulage simple : le bloc supérieur contient la tête, les épaules et les bras ; le bloc inférieur contient le bassin et les jambes. - Des repères de réalignement (croix) sont placés sur chaque bloc au niveau de la ligne de taille pour garantir un bon remontage. - Ainsi, le risque de déchirure du moule est minimisé et la qualité de la pièce moulée est préservée. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | **Choix d’un plan de joint traversant une saillie délicate** (nez, doigt) | Déchirure du moule lors du démoulage, perte de détail du modèle | Toujours examiner le modèle en 3D et privilégier les zones planes ou peu détaillées pour le plan de joint. | | **Oubli de l’agent de démoulage** | Adhérence du plâtre au modèle, difficulté à extraire le modèle, endommagement de la surface | Appliquer systématiquement une fine couche d’agent de démoulage (talc, spray silicone) avant le moulage et vérifier l’absence de traces blanches. | | **Mélange incorrect du plâtre (eau trop peu ou trop abondante)** | Temps de prise trop rapide ou trop lent, fragilité du moule, bulles d’air | Respecter le ratio eau/plâtre indiqué par le fabricant (généralement 30 % d’eau en poids) et mélanger jusqu’à obtenir une consistance homogène sans grumeaux. | | **Manipulation du moule sans lunettes de protection** | Projection de particules de plâtre dans les yeux, risque d’irritation ou de lésion | Porter en permanence des lunettes de protection anti‑projette lors du coulage, du démoulage et du nettoyage. | | **Nettoyage des outils à l’eau chaude immédiatement après usage** | Réaction exothermique du plâtre résiduel pouvant provoquer des brûlures | Laisser les outils tremper dans l’eau froide, puis frotter doucement avec une brosse douce avant de rincer à l’eau tiède. | | **Stockage du plâtre dans un endroit humide** | Formation de grumeaux, perte de propriétés de prise, gaspillage de matière | Conserver le plâtre dans un sac étanche, placé sur une étagère sèche, à l’abri de l’humidité et de la lumière directe du soleil. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition principale d'un moule en deux blocs en sculpture ?
  2. 2. Quel est le rôle principal de la ligne de séparation dans un moule en deux blocs ?
  3. 3. Parmi les caractéristiques suivantes, laquelle décrit le mieux un moule en deux blocs adapté à la réalisation d'une sculpture en terre cuite ?
  4. 4. Pour un modèle cylindrique de 20 cm de diamètre et 30 cm de hauteur, quelle épaisseur approximative de paroi de moule en plâtre est recommandée selon la règle du dixième du diamètre ?
  5. 5. Un étudiant doit réaliser un moule en deux blocs pour un modèle original en argile polymère qui sera cuit à 110 °C. Quel matériau de moule est le plus approprié ?
  6. 6. Dans le croquis ci-dessous (description textuelle), quelle vue indique clairement la ligne de séparation du moule en deux blocs ?
  7. 7. Pour réaliser un moule en deux blocs entourant un modèle rectangulaire de 15 cm × 10 cm × 10 cm, avec une épaisseur uniforme de 5 cm autour du modèle (dimensions extérieures 25 cm × 20 cm × 15 cm), quel volume de plâtre est nécessaire ?
  8. 8. Lors de la réalisation d'un moule en deux blocs pour une sculpture présentant un sous‑coup profond, quelle stratégie est généralement adoptée pour éviter les difficultés de démoulage ?
  9. 9. Un moule en deux blocs réalisé en plâtre est utilisé pour couler une résine qui génère une chaleur exothermique de 80 °C lors de la polymérisation. Le plâtre commence à se fissurer après quelques coulées. Quelle est la cause la plus probable et la solution appropriée ?
  10. 10. Dans le croquis de recherche graphique d'un modèle à mouler, l'artiste a placé la ligne de séparation suivant une courbe complexe qui suit les contours d'une aile d'oiseau. Pourquoi ce choix est‑il problématique pour la réalisation d'un moule en deux blocs et comment faudrait‑il le modifier ?