Chapitre 14
Réparation des bouchages
Lecture : 19 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : à la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de
- identifier les causes fréquentes de bouchage dans les canalisations et les appareils hydrauliques (robinets, vannes, pompes, chauffe‑eau) ;
- choisir la méthode de débouchage appropriée (mécanique, chimique, hydrojet) en fonction du matériau, du diamètre et de la localisation du bouchon ;
- réaliser, en toute sécurité, les opérations de démontage, de nettoyage et de remise en service d’une canalisation ou d’un appareil hydraulique bouché ;
- appliquer les normes de sécurité et d’hygiène en vigueur au Cameroun (arrêté n° 001/MINTP du 12 mars 2018 relatif aux travaux sur les réseaux d’assainissement, décret n° 2005/061 du 15 février 2005 portant hygiène des installations sanitaires) ;
- rédiger un compte‑ rendu d’intervention incluant les observations, les actions menées et les recommandations préventives.
**Prérequis** : maîtriser les notions de base du chapitre précédent (installation et entretien des réseaux d’eau potable et d’assainissement), connaître les propriétés des matériaux utilisés (PVC, fonte ductile, acier galvanisé, polyéthylène), savoir lire un schéma hydraulique et utiliser les outils de base (clé à molette, tournevis, perceuse, furet, pompe à vide).
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### Introduction contextualisée
Au Cameroun, les réseaux d’assainissement urbain et les installations domestiques sont fréquemment confrontés à des bouchages dus à l’accumulation de déchets solides, de graisses, de sédiments ou de racines végétales. Ces obstructions provoquent des refoulements, des mauvaises odeurs et, dans les cas graves, des débordements pouvant contaminer l’environnement et mettre en danger la santé publique. Selon le rapport annuel du MINTP (2022), près de 35 % des interventions sur les réseaux d’assainissement sont liées à des bouchages de canalisations, tandis que 22 % concernent les appareils hydrauliques domestiques (chauffe‑eau, adoucisseurs, pompes de relevage).
La maîtrise des techniques de réparation des bouchages constitue donc une compétence essentielle pour les techniciens en installation sanitaire et chauffage (ISH). Elle permet non seulement de rétablir le fonctionnement normal des installations, mais aussi de prévenir les récidives grâce à des actions préventives adaptées au contexte local (climat tropical, type de sol, pratiques d’usage).
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## I. Leçon 20 – Réparation des dysfonctionnements liés aux Bouchages des canalisations
### 1. Notions de base sur les bouchages de canalisations
Un bouchage se définit comme toute obstruction partielle ou totale du passage d’un fluide dans une conduite, provoquant une augmentation de la perte de charge et, éventuellement, un refoulement. Selon la nature du matériau obstruant, on distingue :
- **Bouchages mécaniques** : déchets solides (papiers, lingettes, objets étrangers), sédiments, racines d’arbres.
- **Bouchages chimiques** : dépôts de calcaire, de fer, de sulfure d’hydrogène provenant de réactions entre l’eau et les parois métalliques.
- **Bouchages biologiques** : biofilms, moisissures, algues dans les eaux stagnantes.
> **>** La perte de charge ΔP due à un bouchage peut être estimée par la formule de Darcy‑Weisbach simplifiée : ΔP = f·(L/D)·(ρ·v²/2), où f est le facteur de frottement, L la longueur de la zone bouchée, D le diamètre intérieur, ρ la densité du fluide et v la vitesse moyenne.
### 2. Diagnostic du bouchage
Avant toute intervention, il faut :
1. **Observer les symptômes** : écoulement lent, gargouillis, refoulement au niveau des regards ou des appareils sanitaires.
2. **Localiser le bouchage** : utilisation d’une caméra d’inspection (endoscope) ou d’un dispositif de détection acoustique.
3. **Évaluer la nature du bouchage** : prélèvement d’un échantillon (si accessible) pour analyse visuelle ou test de solubilité (ex. test au vinaigre pour le calcaire).
> **>** En milieu camerounais, les bouchages dus aux racines d’arbres sont fréquents dans les zones où les réseaux passent près de grands arbres (ex. eucalyptus, baobab) ; une inspection visuelle permet de confirmer la présence de filaments brunâtres.
### 3. Méthodes de débouchage
| Méthode | Principe | Domaine d’application | Avantages | Inconvénients / Précautions |
|---------|----------|-----------------------|-----------|------------------------------|
| **Furet manuel** | Tige métallique flexible avec tête hélicoïdale qui perce et extrait le bouchon | Canalisations Ø 50‑200 mm, bouchages mécaniques légers | Faible coût, pas de produit chimique | Risque d’endommager les parois si force excessive |
| **Furet électrique** | Même principe, moteur électrique fournit couple élevé | Bouchages tenaces, racines, dépôts de sédiments | Efficacité élevée, vitesse de travail | Nécessite source électrique, protection contre les projections |
| **Hydrojet (jet d’eau à haute pression)** | Eau sous pression (100‑500 bar) pulvérisée via une buse rotative | Bouchages de graisse, calcaire, biofilms, diamètres > 100 mm | Nettoyage complet, préserve l’intégrité du conduit | Nécessite équipement spécial, consommation d’eau importante |
| **Produits chimiques déboucheurs** | Réaction chimique (soude caustique, acide sulfurique) qui dissout graisse, papier, cheveux | Bouchages organiques dans petits diamètres (≤ 50 mm) | Action rapide, mise en œuvre simple | Corrosif pour certaines matières (PVC ancien, joints), port de EPI obligatoire |
| **Aspiration à vide** | Pompe à vide crée une dépression qui soulève le bouchon | Bouchages légers, accès difficile (regards étroits) | Aucun produit, faible risque mécanique | Efficacité limitée sur bouchages compacts |
> **>** Lors de l’utilisation d’un hydrojet, la pression de service ne doit jamais dépasser 1,5 × la pression nominale du tuyau (ex. pour un PVC‑U de PN 10, max 15 bar) afin d’éviter l’éclatement.
### 4. Procédé pas à pas – Débouchage d’une colonne d’évacuation Ø 150 mm bouchée par des racines
**Matériel** : furet électrique Ø 16 mm, gants résistants, lunettes de protection, masque anti‑poussière, seau, chiffon, caméra d’inspection.
**Étapes** :
1. **Mise en sécurité** : fermer le regard amont, ventiler le puits si nécessaire, porter les EPI.
2. **Insertion de la caméra** : pousser l’endoscope jusqu’à localiser le bouchon (observation de filaments blancs).
3. **Introduction du furet** : insérer la tête du furet dans la conduite, faire tourner lentement jusqu’à sentir une résistance.
4. **Perçage** : augmenter progressivement la vitesse de rotation tandis que l’on avance le furet de 5 cm à chaque tour.
5. **Extraction** : une fois le bouchon fragmenté, retirer le furet en faisant marche arrière tout en maintenant la rotation pour ramener les débris vers le haut.
6. **Nettoyage final** : passer un jet d’eau à basse pression (≈ 20 bar) pour évacuer les résidus.
7. **Contrôle** : repasser la caméra pour vérifier l’absence de résidus et mesurer le diamètre intérieur (doit être ≥ 140 mm).
8. **Remise en service** : ouvrir le regard amont, vérifier l’écoulement normal, noter les observations dans le registre d’intervention.
> **>** Après chaque intervention, nettoyer le furet à l’eau savonneuse, le sécher et appliquer une fine couche d’huile légère pour prévenir la corrosion.
### 5. Normes de sécurité et d’hygiène
- Porter des gants nitrile, des lunettes de protection et un masque filtrant (type FFP2) lorsqu’on travaille avec des produits chimiques ou des eaux usées.
- Respecter les distances de sécurité minimale de 1 m autour des regards ouverts lors de l’utilisation d’un hydrojet.
- Éliminer les déchets solides récupérés selon la réglementation camerounaise sur les déchets dangereux (arrêté n° 012/MINEPDED du 20 juillet 2019).
- Désinfecter les outils après usage avec une solution d’eau de javel à 0,5 % pendant 10 min.
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## II. Leçon 21 – Réparation des dysfonctionnements liés aux Bouchages appareils hydrauliques
### 1. Appareils hydrauliques sujets au bouchage
Les appareils les plus concernés sont :
- **Chauffe‑eau à accumulation** (réservoir, échangeur à plaques) – dépôts de calcaire et de boue.
- **Adoucisseurs d’eau** – colmatage du lit de résine par des particules ferreuses ou des boues.
- **Pompes de relevage** – obstruction de la crépine ou du corps de pompe par des fibres, des cheveux, des déchets solides.
- **Robinets et mélangeurs** – accumulation de sédiments dans les aérateurs et les cartouches.
- **Vannes d’arrêt et de régulation** – dépôt de tartre sur le siège et le clapet.
> **>** Un dépôt de calcaire de 0,5 mm sur un échangeur à plaques augmente la perte de charge de près de 12 % (valeur empirique donnée par le fabricant *Thermotech* pour un échangeur de 2 kW).
### 2. Diagnostic des bouchages d’appareils
1. **Vérification du débit** : mesurer le débit à la sortie avec un débitmètre ou un récipient gradué (ex. 5 L en 30 s → débit ≈ 0,166 L/s).
2. **Contrôle de la température** : dans un chauffe‑eau, une température anormalement basse au niveau du réservoir indique un échangeur obstrué.
3. **Inspection visuelle** : démonter l’aérateur, la cartouche ou la crépine pour observer les dépôts.
4. **Tests chimiques** : utiliser une bandelette de dureté pour détecter une augmentation anormale du calcium/magnésium dans l’eau de sortie (signale du calcaire).
> **>** Si le débit mesuré est inférieur à 70 % du débit nominal indiqué sur la plaque signalétique, un bouchage est fortement suspecté.
### 3. Méthodes de nettoyage selon le type d’appareil
| Appareil | Méthode recommandée | Produit / outil | Temps moyen | Précautions |
|----------|--------------------|-----------------|------------|-------------|
| Chauffe‑eau (réservoir) | Détartrage par circulation d’acide citrique (5 % w/v) | Acide citrique en poudre, pompe de circulation | 2‑4 h (circulation) + rinçage | Neutraliser l’acide avec bicarbonate avant vidange, porter gants et lunettes |
| Échangeur à plaques | Détartrage par immersion dans solution d’acide chlorhydrique dilué (10 % v/v) | HCl 10 %, brosse souple | 30 min immersion + rinçage | Éviter le contact avec les joints en EPDM, rincer abondamment |
| Adoucisseur | Régénération du lit de résine avec saumure (NaCl 10 % w/v) | Sel de régénération, eau | 1 h cycle de régénération | Vérifier le niveau de sel dans le bac de saumure |
| Pompe de relevage | Nettoyage de la crépine à la brosse métallique + jet d’eau basse pression | Brosse métallique, tuyau d’arrosage | 15‑20 min | Couper l’alimentation électrique, vérifier l’étanchéité du joint après remontage |
| Robinets / mélangeurs | Détartrage de l’aérateur par trempage dans vinaigre blanc (5 % acétique) | Vinaigre blanc, brosse à dents | 10‑15 min | Ne pas utiliser d’acide fort sur les finitions chromées |
| Vanne d’arrêt | Nettoyage du siège avec chiffon imbibé de détartrant doux (phosphorique 5 %) | Détartrant doux, chiffon non pelucheux | 5‑10 min | Remettre en place le joint torique après nettoyage |
> **>** Lors de l’utilisation d’acide chlorhydrique sur un échangeur à plaques, la température de la solution ne doit pas dépasser 40 °C afin d’éviter la dégradation des joints en EPDM.
### 4. Procédé pas à pas – Détartrage d’un chauffe‑eau de 150 L (réservoir + échangeur à plaques)
**Données** : volume du réservoir = 150 L, puissance de l’échangeur = 2 kW, température de consigne = 55 °C, dureté de l’eau d’alimentation = 30 °F (≈ 10,6 °dH).
**Matériel** : acide citrique alimentaire, récipient de 200 L, pompe de circulation (débit 2 m³/h), gants nitrile, lunettes de protection, seau, tuyau d’arrosage, bandelette de dureté, pH‑mètre.
**Étapes** :
1. **Couper l’alimentation électrique** et fermer les vannes d’entrée et de sortie d’eau froide.
2. **Vidanger partiellement** le réservoir jusqu’à atteindre le niveau de l’échangeur (environ ½ du volume) afin de limiter la quantité de produit nécessaire.
3. **Préparer la solution** : dissoudre 10 kg d’acide citrique dans 200 L d’eau tiède (≈ 30 °C) → concentration 5 % w/v (suffisant pour dissoudre le calcaire sans attaquer l’acier).
4. **Faire circuler** la solution à l’aide de la pompe pendant 2 h, en maintenant une température de 35‑40 °C (surveiller avec le pH‑mètre, pH attendu ≈ 2,2).
5. **Arrêter la circulation**, laisser reposer 15 min pour permettre la réaction complète.
6. **Vidanger** la solution usée dans un récipient de rétention (à traiter selon la réglementation des déchets acides).
7. **Rincer** abondamment le réservoir et l’échangeur avec de l’eau froide ouverte à débit élevé (≥ 500 L/h) jusqu’à ce que le pH de l’eau de sortie soit compris entre 6,5 et 7,5 (vérifier avec bandelette ou pH‑mètre).
8. **Remettre en service** : ouvrir les vannes, remplir le réservoir, remettre sous tension, vérifier que la température atteint 55 °C en moins de 30 min.
9. **Contrôle final** : mesurer le débit à la sortie (doit être ≥ 0,2 L/s) et la dureté de l’eau (doit être réduite à < 5 °F).
> **>** Après chaque détartrage, noter la quantité d’acide utilisée et la durée de circulation dans le registre de maintenance afin d’établir un historique et d’ajuster la fréquence des interventions (en général, tous les 6‑12 mois selon la dureté de l’eau).
### 5. Normes de sécurité et d’hygiène spécifiques aux appareils
- Lors de la manipulation d’acides (citrique, chlorhydrique), porter un tablier imperméable, des gants en nitrile épais et un masque à cartouche anti‑gaz (type A2).
- Éviter les éclaboussures : travailler dans un bac de rétention ou sur un tapis absorbant.
- Après chaque opération, rincer abondamment les outils à l’eau neutre et les sécher pour prévenir la corrosion.
- Respecter les consignes du fabricant concernant les pressions et températures maximales de service (ex. chauffe‑eau : pression max 10 bar, température max 90 °C).
- En cas de fuite de produit chimique, neutraliser immédiatement avec une solution de bicarbonate de soude (5 % w/v) et évacuer la zone.
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## ## Synthèse du chapitre
- **Bouchages** : mécaniques (déchets, racines), chimiques (calcaire, fer), biologiques (biofilms).
- **Diagnostic** : observation des symptômes, localisation (caméra, acoustique), nature (prélèvement, test chimique).
- **Méthodes de débouchage canalisations** : furet manuel/électrique, hydrojet, produits chimiques, aspiration à vide. Choix selon diamètre, matériau et type de bouchon.
- **Procédé type** : mise en sécurité, inspection, introduction du furet, perçage, extraction, rinçage, contrôle, remise en service.
- **Appareils hydrauliques** : chauffe‑eau, adoucisseur, pompe, robinet, vanne. Bouchages principalement dus au calcaire, aux boues et aux résidus solides.
- **Nettoyage appareils** : détartrage (acide citrique, chlorhydrique, vinaigre), régénération de résine, nettoyage mécanique de crépine et d’aérateur.
- **Sécurité** : EPI (gants, lunettes, masque, tablier), ventilation, neutralisation des déchets acides, respect des pressions/températures maximales, élimination conforme des déchets.
- **Documents** : registre d’intervention (date, lieu, symptômes, méthode utilisée, produits consommés, observations, recommandations).
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## ## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Bouchage** | Obstruction partielle ou totale du passage d’un fluide dans une conduite ou un appareil, provoquant une augmentation de la perte de charge. |
| **Furet** | Outil métallique flexible muni d’une tête hélicoïdale utilisé pour percer et extraire les bougons mécaniques. |
| **Hydrojet** | Technique de nettoyage par jet d’eau à haute pression (100‑500 bar) permettant d’éliminer les dépôts de graisse, calcaire et biofilms. |
| **Détartrage** | Opération chimique visant à dissoudre les dépôts de calcaire (carbonate de calcium) présents dans les échangeurs, chauffe‑eau ou tuyauteries. |
| **Crépine** | Filtre situé à l’aspiration d’une pompe destiné à retenir les particules solides et protéger la roue de la pompe. |
| **Résine échangeuse d’ions** | Matériau utilisé dans les adoucisseurs pour retenir les ions calcium et magnésium en échange d’ions sodium. |
| **PN (Pression Nominale)** | Pression maximale de service qu’un tuyau ou un raccord peut supporter de façon continue, exprimée en bar. |
| **Débit volumique (Q)** | Volume de fluide passant par une section donnée par unité de temps, unité : L/s ou m³/h. |
| **pH** | Mesure de l’acidité ou de l’alcalinité d’une solution ; pH < 7 acide, pH > 7 basique. |
| **Débitmètre** | Instrument permettant de mesurer le débit d’un fluide dans une conduite. |
| **EPI** | Équipement de Protection Individuelle (gants, lunettes, masque, tablier, etc.). |
| **Vidange** | Opération consistant à évacuer le contenu d’un réservoir ou d’une conduite. |
| **Régénération** | Processus de remise en état d’une résine échangeuse d’ions par passage d’une solution de saumure concentrée. |
| **Biofilm** | Couche mince de micro‑organismes adhérant à une surface humide, pouvant provoquer des bouchages biologiques. |
| **Pression de service** | Pression réelle à laquelle une installation fonctionne pendant son utilisation normale. |
| **Joint torique** | Élément d’étanchéité en forme de tore utilisé pour prévenir les fuites entre deux pièces mécaniques. |
| **Vanne d’arrêt** | Dispositif permettant d’interrompre complètement le passage d’un fluide dans une conduite. |
| **Aérateur** | Dispositif fixé à l’extrémité d’un robinet qui mélange l’air à l’eau pour réduire la consommation et éviter les éclaboussures. |
| **Dureté de l’eau** | Concentration en ions calcium et magnésium, exprimée en degrés français (°F) ou allemands (°dH). |
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## ## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Débouchage d’une colonne d’évacuation Ø 100 mm bouchée par des lingettes
**Situation** : Dans un lycée de Yaoundé, la colonne d’évacuation des toilettes du bâtiment A présente un écoulement lent. Une inspection par caméra révèle un amas de lingettes hygiéniques situé à 3,2 m du regard d’entrée.
**Consigne** : Décrire le procédé de débouchage le plus adapté, justifier le choix du matériel, indiquer les étapes de mise en sécurité et donner le temps estimé de l’intervention.
**Corrigé** :
1. **Choix de la méthode** : Le bouchage est mécanique, situé dans une conduite de petit diamètre (Ø 100 mm) et accessible par un regard. Le furet électrique Ø 12 mm avec tête à coupe est le plus approprié car il permet de percer les lingettes sans endommager le PVC. L’hydrojet serait excessif et risquerait de déplacer le bouchon davantage dans le réseau.
2. **Mise en sécurité** :
- Fermer le regard amont et placer un panneau « Travaux en cours ».
- Porter gants nitrile, lunettes de protection et masque anti‑poussière (les lingettes peuvent libérer des fibres).
- Vérifier l’absence de gaz toxiques (mesure du H₂S si nécessaire).
3. **Étapes** :
a. Insérer la tête du furet dans le regard jusqu’à sentir la résistance (≈ 3,2 m).
b. Mettre en marche le moteur à vitesse moyenne (≈ 300 tr/min) et avancer le furet de 5 cm à chaque tour tout en maintenant une légère pression axiale.
c. Dès que la résistance diminue, continuer l’avancement jusqu’à dépasser le bouchon de 20 cm.
d. Retirer le furet en marche arrière tout en maintenant la rotation pour ramener les débris vers le haut.
e. Effectuer un rinçage à basse pression (≈ 15 bar) avec un tuyau d’arrosage pour évacuer les résidus.
f. Repasser la caméra pour confirmer le rétablissement du diamètre intérieur (≥ 90 mm).
4. **Temps estimé** :
- Préparation et mise en sécurité : 10 min.
- Insertion et perçage : 8 min.
- Extraction et rinçage : 7 min.
- Vérification finale : 5 min.
**Total** : environ **30 minutes**.
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### Exercice 2 – Détartrage d’un chauffe‑eau de 200 L avec échangeur à plaques
**Données** :
- Volume du réservoir : 200 L.
- Puissance de l’échangeur : 2,5 kW.
- Température de consigne : 60 °C.
- Dureté de l’eau d’alimentation : 35 °F (≈ 12,4 °dH).
- Produit disponible : acide citrique alimentaire (purity ≥ 99 %).
**Consigne** : Calculer la quantité d’acide citrique nécessaire pour obtenir une solution de 5 % w/v, déterminer le temps de circulation recommandé (en fonction du volume à traiter) et indiquer les contrôles à réaliser avant la remise en service.
**Corrigé** :
1. **Volume de solution à préparer** : On souhaite traiter le réservoir et l’échangeur. On prendra un volume de 1,5 × volume du réservoir afin d’assurer une bonne circulation, soit **V = 1,5 × 200 L = 300 L**.
2. **Masse d’acide citrique** :
\[
m = C \times V = 0,05 \times 300\ \text{kg} = 15\ \text{kg}
\]
(puisque 1 L d’eau ≈ 1 kg).
**Il faut donc dissoudre 15 kg d’acide citrique dans 300 L d’eau tiède (≈ 30 °C).**
3. **Temps de circulation** : Selon les bonnes pratiques du fabricant, un temps de **2 h** de circulation à débit de 2 m³/h (soit 4 m³ au total) permet une dissolution complète du calcaire sans surchauffer l’échangeur.
4. **Contrôles avant remise en service** :
- **pH de la solution de rinçage** : vérifier que le pH de l’eau de sortie est compris entre 6,5 et 7,5 (bandelettes ou pH‑mètre).
- **Débit à la sortie** : mesurer avec un récipient gradué ; il doit être ≥ 0,25 L/s (15 L/min).
- **Température** : après remplissage, vérifier que l’eau atteint 60 °C en moins de 25 min.
- **Absence de fuites** : inspecter visuellement les raccords et les joints.
- **Qualité de l’eau** : mesurer la dureté résiduelle ; elle doit être < 5 °F.
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## ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Utiliser un furet métallique trop rigide sur une conduite en PVC ancien | Fissure ou éclat du tuyau, risque de fuite importante | Choisir un furet avec tête en polymère ou revêtement adapté lorsqu’on travaille sur du PVC de classe < PN 10 ; contrôler la pression d’insertion. |
| 2 | Néutraliser un bain d’acide avec une base forte (ex. NaOH) sans contrôle de pH | Développement de chaleur importante, projection de vapeur corrosive | Toujours ajouter lentement la base tout en agitant et contrôler le pH avec une bandelette ou un pH‑mètre ; prévoir un bac de rétention. |
| 3 | Effectuer un hydrojet à une pression supérieure à la PN du tuyau | Déformation ou éclatement du tuyau, inondation du chantier | Vérifier la PN du matériau (ex. PVC‑U PN 10 → max 1,5 × PN = 15 bar) et régler la pompe en conséquence ; utiliser une vanne de décharge. |
| 4 | Oublier de remplacer le joint torique après démontage d’une vanne ou d’un robinet | Fuite sous pression, gaspillage d’eau et risque de glissement | Toujours inspecter l’état du joint ; le remplacer systématiquement après chaque démontage, même s’il semble intact. |
| 5 | Ne pas porter de masque lors de l’utilisation de produits chimiques déboucheurs (soude caustique, acide) | Irritation des voies respiratoires, risque d’œdème pulmonaire | Porter un masque à cartouche adapté (type A2 pour les vapeurs acides, type B pour les alcalins) et travailler dans un espace ventilé. |
| 6 | Laisser les déchets acides ou alcalins s’écouler directement dans le réseau d’assainissement | Non‑conformité environnementale, sanctions administratives, atteinte aux écosystèmes aquatiques | Neutraliser les déchets sur place (ex. bicarbonate pour les acides, acide dilué pour les bases) puis les évacuer vers un centre de traitement agréé. |
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*Fin du cours.*
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