Se connecterS'abonner

Chapitre 11

INSTRUMENTS DE MESURE (partie 1/3)

Lecture : 30 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Identifier les principaux instruments de mesure utilisés en maintenance industrielle (KV‑mètre, vacuomètre, pH‑mètre, dosimètre, luminance‑mètre, tachymètre, luxmètre, densimètre, radiomètre). - Expliquer le principe de fonctionnement de chaque appareil et les grandeurs physiques qu’il mesure. - Lire correctement les indications sur l’écran ou l’aiguille, en tenant compte de l’unité et de l’échelle. - Mettre en œuvre les procédures de vérification, d’étalonnage et de maintenance de base de ces instruments. - Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène associées à leur utilisation (protection contre les rayonnements, manipulation de produits chimiques, travail en vide partiel). - Réaliser un petit exercice de mesure dans un contexte professionnel camerounais (atelier de maintenance, laboratoire de contrôle qualité, chantier électrique). **Prérequis** : - Notions de base en électricité (tension, courant, résistance) et en physique (pression, température, densité, intensité lumineuse). - Connaissance des unités du Système International (SI) et des dérivés couramment utilisés en maintenance (kV, Pa, lux, Sv, etc.). - Savoir lire un schéma de branchement simple et respecter les consignes de sécurité électrique de base. --- ## Introduction contextualisée Dans les entreprises camerounaises de production, de transformation agro‑alimentaire, de télécommunications ou d’énergie, la maintenance préventive repose sur la capacité à contrôler régulièrement l’état des équipements. Cette surveillance passe par des mesures précises de grandeurs physiques telles que la tension, la pression, l’acidité, la radioactivité, l’éclairement, la vitesse de rotation, la densité ou le rayonnement. Chaque grandeur possède un instrument dédié, souvent appelé « mètre », dont la fiabilité conditionne la qualité du diagnostic et, par conséquent, la pertinence des interventions de réparation ou de réglage. Ce chapitre présente, en trois leçons, les instruments de mesure les plus rencontrés dans le référentiel du Probatoire TI (Technologies de l’Information) – série MHB. Il insiste sur le principe de fonctionnement, les unités de mesure, les précautions d’emploi et des exemples concrets d’atelier adaptés au contexte camerounais (par exemple, contrôle de la tension des lignes haute tension de la société nationale d’électricité, mesure du pH dans une usine de transformation du cacao, vérification du niveau de vide dans une chambre de soudure TIG, etc.). --- ## I. Leçon 1 – KV‑mètre, Vacuomètre, pH‑mètre ### A. KV‑mètre (kilovoltmètre) **Définition** : Instrument de mesure de la tension alternative ou continue exprimée en kilovolts (kV). Utilisé surtout pour les réseaux de distribution haute tension (≥ 1 kV). **Principe de fonctionnement** : - Le KV‑mètre repose sur un diviseur de tension résistif ou capacitif qui ramène la haute tension à une valeur mesurable par un voltmètre de basse tension (souvent un galvanomètre à aiguille ou un affichage numérique). - Le facteur de division est connu et inscrit sur l’appareil ; la lecture affichée doit être multipliée par ce facteur pour obtenir la tension réelle. **Unités et échelle** : Lecture directe en kV ; plages typiques : 0‑10 kV, 0‑35 kV, 0‑150 kV. **Procédure d’emploi** : 1. Vérifier que l’appareil est hors tension et que les pointes de mesure sont isolées. 2. Sélectionner la plage adaptée à la tension estimée (éviter le dépassement de pleine échelle). 3. Connecter les pointes aux conducteurs sous tension (respecter les distances d’isolement et porter des gants isolants). 4. Lire la valeur affichée et appliquer le facteur de division si nécessaire. 5. Après mesure, déconnecter en mettant d’abord la pointe de terre, puis la pointe de mesure. **Règles de sécurité** : - Ne jamais dépasser la catégorie de tension indiquée (CAT III ou CAT IV selon l’installation). - Utiliser des pointes de mesure avec isolation adéquate (≥ 2 kV pour les réseaux de distribution). - Vérifier l’état des cordons et des pointes avant chaque utilisation (pas de fissures, pas de cuivre nu). **Exemple d’atelier** : Dans un poste de transformation de la SNE à Yaoundé, un technicien mesure la tension de sortie d’un transformateur 15 kV/0,4 kV. Le KV‑mètre possède un facteur de division de 100. La lecture affichée est 0,15 kV. Tension réelle = 0,15 kV × 100 = 15 kV, conforme à la valeur nominale. > **À retenir** : Le KV‑mètre mesure la tension haute tension grâce à un diviseur de tension connu ; la lecture doit être multipliée par le facteur de division pour obtenir la valeur réelle. ### B. Vacuomètre **Définition** : Appareil qui mesure la pression absolue inférieure à la pression atmosphérique, exprimée en pascals (Pa) ou en unités dérivées (mbar, Torr). **Principe de fonctionnement** : Deux familles principales : 1. **Vacuomètre à déformation** (manomètre à membrane ou à capsule) : la différence de pression entre l’intérieur du capillaire et l’extérieur déforme une membrane élastique ; le déplacement est transmis à une aiguille ou à un capteur de déplacement. 2. **Vacuomètre à conductivité thermique** (type Pirani) : le filament chauffé perd de la chaleur par conduction vers les gaz environnants ; la perte de chaleur varie avec la pression, ce qui modifie la résistance du filament et permet d’en déduire la pression. **Unités** : Pa (SI) ; couramment mbar (1 mbar = 100 Pa) ou Torr (1 Torr ≈ 133,322 Pa). **Plages de mesure** : - Vide grossier : 10⁵ – 10² Pa (atmosphère à vide moyen). - Vide moyen : 10² – 10⁻¹ Pa. - Vide poussé : < 10⁻¹ Pa (souvent mesuré avec des vacuomètres à ionisation). **Procédure d’emploi** : 1. S’assurer que le vacuomètre est adapté à la plage de pression attendue. 2. Effectuer un zéro (ou tare) en exposant le capteur à la pression atmosphérique connue (souvent via une valve de mise à l’air). 3. Ouvrir la valve de connexion au système à vide et laisser la pression se stabiliser. 4. Lire la valeur affichée ; noter l’unité utilisée. 5. Après mesure, fermer la valve, laisser le système revenir à la pression atmosphérique avant de déconnecter. **Règles de sécurité et d’hygiène** : - Éviter les contaminants (huiles, particules) qui pourraient endommager la membrane ou le filament. - Dans le cas de vide poussé, vérifier l’absence de fuites pouvant entraîner une implosion dangereuse. - Porter des lunettes de protection lorsqu’on travaille avec des systèmes sous vide pouvant libérer soudainement de l’énergie. **Exemple d’atelier** : Dans un atelier de soudure TIG à Douala, le technicien vérifie le niveau de vide dans la chambre de soudure avant d’allumer l’arc. Le vacuomètre à membrane indique 5 mbar. Comme la pression atmosphérique est d’environ 1013 mbar, le degré de vide est de 99,5 % (vide moyen). Cette valeur est suffisante pour éviter l’oxydation du bain de soudure. > **À retenir** : Le vacuomètre mesure la pression absolue inférieure à la pression atmosphérique ; le zéro se fait en exposant le capteur à la pression atmosphérique connue. ### C. pH‑mètre **Définition** : Instrument de mesure de l’acidité ou de la basicité d’une solution aqueuse, exprimée en unités de pH (logarithme négatif de l’activité des ions hydrogène). **Principe de fonctionnement** : - Électrode de verre sensible aux ions H⁺ qui développe un potentiel électrique proportionnel au pH de la solution. - Cette électrode est associée à une électrode de référence (souvent Ag/AgCl) dont le potentiel est stable. - Le pH‑mètre mesure la différence de potentiel entre les deux électrodes et la convertit en valeur de pH grâce à l’équation de Nernst : \[ E = E^{0} - \frac{0,05916}{n}\log[H^{+}] \] À 25 °C, la pente théorique vaut 59,16 mV par unité de pH. **Unités** : pH (sans unité, échelle de 0 à 14). **Plages de mesure** : Généralement 0‑14 pH ; certains modèles étendus à -2‑16 pour des solutions très acides ou très basiques. **Procédure d’emploi** : 1. Rincer l’électrode à l’eau distillée et la sécher délicatement avec un papier filtre. 2. Immerger l’électrode dans la solution tampon de pH connu (souvent pH = 4,00 ou 7,00) pour effectuer l’étalonnage (calibration). 3. Ajuster l’appareil afin que la lecture corresponde exactement à la valeur du tampon (souvent deux points : pH 4 et pH 7). 4. Rincer à nouveau l’électrode, puis l’immerger dans l’échantillon à tester. 5. Attendre la stabilisation de la lecture (quelques secondes) et noter le pH. 6. Après mesure, rincer l’électrode et la stocker dans une solution de conservation (souvent KCl 3 M). **Règles de sécurité et d’hygiène** : - Ne jamais toucher la membrane de verre avec les doigts (risque de contamination et de dégradation). - Utiliser des gants nitrile lorsqu’on manipule des solutions acides ou basiques fortes. - Éviter les chocs thermiques brusques qui pourraient fissurer l’électrode de verre. **Exemple d’atelier** : Dans une usine de transformation du cacao à Bafoussam, le contrôle qualité mesure le pH du liquide de fermentation après 48 h. Après étalonnage sur tampons pH 4,00 et pH 7,00, la lecture du pH‑mètre indique 5,32. Ce valeur indique une fermentation légèrement acide, conforme aux spécifications du procédé (pH cible 5,0‑5,5). > **À retenir** : Le pH‑mètre mesure le potentiel développé par une électrode de verre sensible aux H⁺ ; il nécessite un étalonnage sur au moins deux tampons de pH connu avant chaque série de mesures. --- ## II. Leçon 2 – Dosimètre, Luminance‑mètre, Tachymètre, Luxmètre ### A. Dosimètre **Définition** : Appareil qui mesure la dose de rayonnement ionisant reçue par une personne ou un objet, généralement exprimée en sievert (Sv) ou en ses sous‑multiples (mSv, µSv). **Principe de fonctionnement** : Deux technologies courantes : 1. **Dosimètre à scintillation** : un cristal (ex. NaI(Tl)) émet des photons de lumière lorsqu’il est frappé par un rayonnement ; un photomultiplicateur convertit ces photons en signal électrique proportionnel à la dose. 2. **Dosimètre à semi‑conducteur** (ex. diode en silicium) : le rayonnement crée des paires électron‑trou dans le matériau ; le courant de fuite mesuré est proportionnel à la dose absorbée. **Unités** : Sv (sievert) ; 1 Sv = 1 J/kg d’énergie déposée dans le tissu, pondérée par le facteur de qualité du rayonnement. **Plages de mesure** : - Dosimètre personnel : 0‑10 mSv (sur une période de travail). - Dosimètre d’ambiance : 0‑1 Sv/h (pour les zones contrôlées). **Procédure d’emploi** : 1. Vérifier la date de dernière calibration (généralement annuelle). 2. Placer le dosimètre sur le torse (au niveau du cœur) ou sur la main selon le type de rayonnement attendu (γ, β, neutrons). 3. Après la période d’exposition, lire la valeur affichée ou faire lire le dispositif par un lecteur dédié. 4. Consigner la dose reçue dans le registre de suivi individuel du travailleur. 5. Si la dose dépasse le seuil d’alerte (souvent 0,5 mSv/jour), déclencher les procédures de radioprotection (évacuation, contrôle supplémentaire). **Règles de sécurité** : - Ne jamais démonter le dosimètre soi‑même ; le confier au service de radioprotection pour entretien. - Éviter l’exposition prolongée aux sources fortes sans protection adéquate (plomb, béton). - Respecter les zones délimitées (contrôlée, surveillée, interdite) selon le classement du lieu de travail. **Exemple d’atelier** : Dans le service de radiologie de l’Hôpital Général de Yaoundé, un manipulateur porte un dosimètre à scintillation pendant son quart de travail. À la fin de la journée, le lecteur indique 0,38 mSv. Cette valeur reste inférieure à la limite annuelle de 20 mSv pour les travailleurs du secteur médical, donc aucune mesure corrective n’est nécessaire. > **À retenir** : Le dosimètre quantifie la dose de rayonnement ionisant reçue ; il doit être porté sur le corps selon le type de rayonnement et lu après chaque période d’exposition. ### B. Luminance‑mètre (photométré de luminance) **Définition** : Instrument qui mesure la luminance d’une surface, c’est‑à‑dire l’intensité lumineuse émise ou réfléchie par unité de surface dans une direction donnée, exprimée en candela par mètre carré (cd/m²) ou en nit. **Principe de fonctionnement** : - Un objectif collecte la lumière provenant d’une petite zone de la surface cible. - Cette lumière passe à travers un filtre spectral correspondant à la réponse photopique de l’œil humain (V(λ)). - Un détecteur (photodiode ou cellule au sélénium) convertit le flux lumineux en signal électrique proportionnel à la luminance. **Unités** : cd/m² (nit) ; 1 nit = 1 cd/m². **Plages de mesure** : Généralement 0,01 – 10⁵ cd/m² (de la nuit noire à la lumière du soleil directe). **Procédure d’emploi** : 1. Orienter le luminance‑mètre perpendiculairement à la surface à mesurer (ou selon l’angle spécifié par la norme). 2. Cibler une zone homogène (éviter les reflets spéculaires ou les ombres portées). 3. Appuyer sur le bouton de mesure ; l’appareil affiche la luminance moyenne sur la zone de mesure. 4. Répéter à plusieurs points si nécessaire pour obtenir une moyenne spatiale. 5. Noter la valeur, l’unité et les conditions d’éclairage ambiant. **Règles de sécurité** : Aucun risque particulier ; toutefois, éviter de pointer l’instrument vers des sources laser puissantes sans protection oculaire. **Exemple d’atelier** : Dans une enseigne publicitaire lumineuse installée au centre‑ville de Douala, le technicien vérifie la luminance du panneau LED afin de s’assurer qu’elle respecte la limite réglementaire de 2000 cd/m² pour éviter l’éblouissement des conducteurs. Après mesure en cinq points, la moyenne obtenue est 1 850 cd/m², conforme à la norme. > **À retenir** : Le luminance‑mètre mesure la lumière émise ou réfléchie par unité de surface dans une direction donnée ; il nécessite une orientation correcte et un ciblage sur une zone homogène. ### C. Tachymètre **Définition** : Appareil de mesure de la vitesse de rotation d’un arbre moteur ou d’un élément mécanique, exprimée en tours par minute (tr/min) ou en révolutions par seconde (tr/s). **Principe de fonctionnement** : Deux grands types : 1. **Tachymètre à contact** : un rouleau ou un cône en caoutchouc est pressé contre l’arbre en rotation ; la vitesse de rotation du rouleau, mesurée par un encodeur optique ou magnétique, est proportionnelle à celle de l’arbre. 2. **Tachymètre sans contact (laser ou optique)** : un faisceau laser est réfléchi par une bande réfléchissante collée sur l’arbre ; la fréquence des réflexions, détectée par une photodiode, donne directement le nombre de tours par unité de temps. **Unités** : tr/min (ou tr/s). **Plages de mesure** : Généralement 0‑200 000 tr/min selon le modèle ; les tachymètres laser peuvent atteindre plus d’un million de tr/min. **Procédure d’emploi** : 1. Vérifier l’état de la pointe de contact (si utilisé) ou la propreté de la bande réfléchissante (si laser). 2. Pour le modèle à contact : appliquer doucement la pointe sur l’arbre en rotation, éviter toute pression excessive pouvant ralentir la rotation. 3. Pour le modèle laser : positionner le faisceau à quelques centimètres de la bande réfléchissante, assurer un alignement correct. 4. Lancer la mesure ; l’appareil affiche la vitesse de rotation en temps réel. 5. Noter la valeur moyenne après stabilisation (quelques secondes). 6. Après mesure, retirer délicatement l’appareil et ranger la pointe ou la bande. **Règles de sécurité** : - Ne jamais toucher l’arbre en rotation avec les mains ; utiliser uniquement la pointe de l’appareil. - Porter des lunettes de protection lorsqu’on travaille près de pièces mécaniques rapides (risque de projection). - S’assurer que les vêtements lâches ou les bijoux ne peuvent être entraînés par la rotation. **Exemple d’atelier** : Dans une usine de transformation du bois à Bertoua, le technicien contrôle la vitesse de rotation d’une scie à ruban. En utilisant un tachymètre laser placé à 5 cm de la bande réfléchissante, il relève une lecture de 3 450 tr/min. La vitesse nominale de la scie est 3 500 tr/min ± 5 %; la mesure est donc dans la tolérance acceptable. > **À retenir** : Le tachymètre mesure la vitesse de rotation ; le modèle sans contact utilise un faisceau laser réfléchi par une bande, tandis que le modèle à contact nécessite un rouleau pressé contre l’arbre. ### D. Luxmètre **Définition** : Instrument qui mesure l’éclairement, c’est‑à‑dire le flux lumineux incident sur une surface unité, exprimé en lux (lx). Un lux égale un lumen par mètre carré (lm/m²). **Principe de fonctionnement** : - Un diffuseur cosinus place le détecteur (photodiode ou cellule au sélénium) de façon à ce que sa réponse soit proportionnelle à l’éclairement indépendamment de l’incidence du flux (respect de la loi de Lambert). - Le détecteur convertit le flux lumineux reçu en courant électrique proportionnel, qui est ensuite amplifié et affiché en lux. **Unités** : lux (lx). **Plages de mesure** : Généralement 0‑200 000 lx (de la lumière de lune à la lumière solaire directe). Certains modèles possèdent des gammes commutable (ex. 0‑200 lx, 0‑2000 lx, 0‑20 000 lx). **Procédure d’emploi** : 1. Retirer le capuchon de protection du détecteur. 2. Orienter le luxmètre de façon que le détecteur soit parallèle à la surface à éclairer (ou selon l’angle spécifié par la norme). 3. Placer l’appareil à l’endroit où l’on veut connaître l’éclairement (ex. sur le plan de travail d’un poste de soudure). 4. Appuyer sur le bouton de mesure ; la valeur affichée représente l’éclairement moyen sur la surface du détecteur. 5. Noter la valeur, l’unité et la distance éventuelle à la source lumineuse. 6. Après mesure, remettre le capuchon pour protéger le détecteur de la poussière et de la lumière intense. **Règles de sécurité** : Aucun risque particulier ; toutefois, éviter d’exposer le détecteur à des sources laser intenses pouvant le saturer ou l’endommager. **Exemple d’atelier** : Dans un atelier de montage de cartes électroniques à Ngaoundéré, le responsable de la qualité vérifie l’éclairement du poste de soudure afin de respecter la norme NF EN 12464‑1 (minimum 500 lx pour les travaux de précision). Après mesure en trois points du banc, les valeurs obtenues sont 480 lx, 515 lx et 502 lx. La moyenne de 499 lx est légèrement inférieure au seuil ; le technicien décide d’ajouter une lampe LED supplémentaire pour atteindre 520 lx. > **À retenir** : Le luxmètre mesure l’éclairement en lux ; il nécessite une orientation parallèle à la surface mesurée et l’utilisation d’un détecteur cosinus pour respecter la loi de Lambert. --- ## III. Leçon 3 – Vacuomètre (approfondissement), Densimètre, Radiomètre ### A. Vacuomètre – Approfondissement (vide poussé) Dans le cadre de la maintenance d’équipements de haute technologie (tubes à vide, systèmes de dépôt sous vide, spectromètres de masse), il est fréquent de rencontrer des pressions de l’ordre de 10⁻⁴ Pa voire moins. Les vacuomètres à déformation deviennent insuffisants ; on utilise alors des **vacuomètres à ionisation** (type Bayard‑Alpert) ou à **lecture de conductivité thermique à très basse pression** (type Pirani étendu). **Principe du vacuomètre à ionisation** : - Une cathode chauffée émet des électrons qui sont accélérés vers une anode placée à quelques millimètres. - Dans le gaz résiduel, les électrons ionisent les molécules, créant des ions positifs qui sont attirés vers une électrode de collecteur placée à potentiel négatif. - Le courant d’ions collecté est proportionnel à la densité de molécules, donc à la pression (dans la gamme 10⁻⁴ – 10⁻⁹ Pa). **Unités** : Pa (souvent exprimé en mbar ou Torr pour faciliter la lecture). **Plages de mesure** : 10⁻⁴ – 10⁻⁹ Pa (vide poussé à ultra‑vide). **Procédure d’emploi** : 1. S’assurer que le tube du vacuomètre est propre et dépourvu de contaminants (huiles, vapeur d’eau). 2. Effectuer un dégazage (chauffer le tube à environ 150 °C pendant plusieurs heures) afin d’éliminer les gaz adsorbés. 3. Connecter le vacuomètre au système à vide via un raccord métallique à bride CF (ConFlat) ou ISO‑KF selon la norme. 4. Allumer l’émetteur d’électrons (filament) et laisser la tension d’accélération se stabiliser (souvent 150 V). 5. Lire le courant d’ions sur l’affichage ; convertir en pression à l’aide du facteur de calibration fourni par le fabricant (souvent intégré dans l’appareil). 6. Après mesure, éteindre le filament, laisser le système revenir à la pression atmosphérique avant d’ouvrir la chambre. **Règles de sécurité** : - Ne jamais exposer le filament à l’air ambiant lorsqu’il est chaud (risque d’oxydation rapide). - Utiliser des gants propres et sans huile lors de la manipulation du tube. - Vérifier l’intégrité du vide avant de mettre sous tension le filament (éviter les décharges électriques). **Exemple d’atelier** : Dans un laboratoire de physique de l’Université de Yaoundé II, un technicien prépare un système de dépôt de couches minces par évaporation thermique. Après pompage, le vacuomètre à ionisation indique un courant correspondant à 2 × 10⁻⁵ Pa. Cette pression est suffisante pour permettre une évaporation sans contamination notable par les gaz résiduels. > **À retenir** : Le vacuomètre à ionisation mesure le courant d’ions produit par l’ionisation du gaz résiduel ; il nécessite un dégazage préalable et un fonctionnement sous vide poussé. ### B. Densimètre **Définition** : Appareil qui mesure la densité d’un liquide ou d’un solide, exprimée en kilogrammes par mètre cube (kg/m³) ou en grammes par centimètre cube (g/cm³). **Principe de fonctionnement** : Deux méthodes principales : 1. **Densimètre à flottabilité (aréomètre)** : un corps de forme connue (souvent un flotteur lesté) est immergé dans le liquide ; la profondeur d’immersion varie selon la densité du liquide (principe d’Archimède). 2. **Densimètre à oscillation (type U‑tube)** : le liquide fait osciller un tube en verre ou en métal à sa fréquence propre ; la fréquence de résonance dépend de la densité du liquide (plus le liquide est dense, plus la fréquence diminue). **Unités** : kg/m³ (SI) ; couramment g/cm³ (1 g/cm³ = 1000 kg/m³). **Plages de mesure** : - Liquides : 0‑2 000 kg/m³ (eau ≈ 1000 kg/m³, huiles ≈ 800‑950 kg/m³, acides concentrés > 1500 kg/m³). - Solides : mesurés par la méthode du pycnomètre ou par la mesure du volume déplacé (Archimède). **Procédure d’emploi (aréomètre)** : 1. Sélectionner l’aréomètre adapté à la plage de densité attendue (échelle lisible). 2. Verser le liquide dans un récipient propre et suffisamment profond pour permettre l’immersion complète du flotteur sans toucher le fond. 3. Immerger délicatement l’aréomètre en le tenant par la tige supérieure ; éviter les bulles d’air sur la tige. 4. Attendre que l’aréomètre cesse d’osciller et lire la valeur de densité à la surface du liquide (l’échelle est graduée en fonction de la profondeur d’immersion). 5. Noter la température du liquide, car la densité varie avec la température ; appliquer la correction thermique si nécessaire (souvent fournie sur l’échelle). 6. Après mesure, rincer l’aréomètre à l’eau distillée et le sécher. **Règles de sécurité et d’hygiène** : - Porter des gants résistants aux produits chimiques lorsqu’on manipule des acides, bases ou solvants. - Ne jamais utiliser un aréomètre endommagé (fissures, graduations illisibles) afin d’éviter les erreurs de lecture et la contamination du liquide. - Stocker l’aréomètre dans un étui protégé de la lumière directe du soleil pour éviter la dégradation de l’échelle graduée. **Exemple d’atelier** : Dans une usine de production d’huile de palme à Kribi, le technicien contrôle la densité de l’huile brute après décantation. À 25 °C, l’aréomètre indique 0,912 g/cm³. En appliquant la correction thermique fournie (+0,000 g/cm³ à 25 °C), la densité reste 0,912 g/cm³, conforme à la spécification de l’huile brute (0,90‑0,93 g/cm³). > **À retenir** : Le densimètre à flottabilité mesure la profondeur d’immersion d’un corps dont le poids est connu ; la lecture doit être corrigée en fonction de la température du liquide. ### C. Radiomètre **Définition** : Instrument qui mesure l’intensité du rayonnement électromagnétique dans une bande spectrale donnée, généralement exprimée en watts par mètre carré (W/m²) ou en unités dérivées (µW/cm²). Selon la bande mesurée, on parle de radiomètre UV, visible, infrarouge ou total. **Principe de fonctionnement** : - Un détecteur (photodiode, cellule thermopile ou bolomètre) absorbe le rayonnement incident dans la bande spectrale définie par des filtres optiques. - L’énergie absorbée provoque une variation de température (détecteur thermique) ou génère des paires porteurs de charge (détecteur photonique) qui se traduit par un signal électrique proportionnel à la puissance incidente. - Le signal est amplifié et affiché en unités de puissance par surface (W/m²). **Unités** : W/m² (pour le rayonnement total) ; µW/cm² pour les bandes UV ou IR faibles. **Plages de mesure** : Dépend du détecteur : - UV‑C (100‑280 nm) : 0‑10 mW/cm². - Visible (400‑700 nm) : 0‑2000 W/m² (lumière solaire directe). - Infrarouge lointain (3‑100 µm) : 0‑500 W/m² (rayonnement thermique d’un corps à 300 K). **Procédure d’emploi** : 1. Vérifier que le filtre spectral correspondant à la bande d’intérêt est bien installé et propre. 2. Orienter le radiomètre de façon que son détecteur soit perpendiculaire à la direction du rayonnement à mesurer (ou selon l’angle de cosinus requis pour une mesure d’irradiance). 3. Placer l’appareil à l’endroit où l’on veut connaître l’intensité (ex. à la sortie d’une lampe de polymérisation UV, à la surface d’un four industriel). 4. Laisser la lecture se stabiliser (quelques secondes) et noter la valeur affichée. 5. Si nécessaire, effectuer une mesure de fond (obscurité totale) et soulever ce zéro pour obtenir la valeur nette du rayonnement de la source. 6. Après mesure, couvrir le détecteur avec son capuchon pour éviter la poussière et les rayonnements parasites. **Règles de sécurité** : - Ne jamais regarder directement dans le faisceau d’une lampe UV‑C ou d’un laser sans protection oculaire adaptée (lunettes filtrant la longueur d’onde considérée). - Respecter les distances d’exposition recommandées par le fabricant de la source (ex. lampe UV : 10‑30 cm selon la puissance). - En cas de mesure de rayonnement infrarouge élevé, porter des gants thermiques pour éviter les brûlures par rayonnement. **Exemple d’atelier** : Dans un centre de désinfection des eaux à Garoua, un technicien vérifie l’irradiance UV‑C d’une lampe utilisée pour l’inactivation des pathogènes. Le radiomètre UV‑C, équipé d’un filtre 254 nm, indique 1,8 mW/cm² à une distance de 20 cm de la lampe. La norme de désinfection exige un minimum de 1,5 mW/cm² ; la lampe est donc conforme. > **À retenir** : Le radiomètre mesure la puissance du rayonnement électromagnétique par unité de surface ; il nécessite un filtre spectral adapté à la bande d’intérêt et une orientation perpendiculaire au flux pour obtenir l’irradiance. --- ## Synthèse du chapitre - **KV‑mètre** : mesure de la tension haute tension via un diviseur de tension connu ; lecture × facteur de division = tension réelle. - **Vacuomètre** : mesure de la pression absolue < Patm ; zéro effectué à pression atmosphérique connue ; types : à déformation (vide moyen) et à ionisation (vide poussé). - **pH‑mètre** : mesure du potentiel d’une électrode de verre sensible aux H⁺ ; nécessite étalonnage sur au moins deux tampons de pH. - **Dosimètre** : mesure de la dose de rayonnement ionisant (Sv) ; porté sur le corps selon le type de rayonnement ; lecture après période d’exposition. - **Luminance‑mètre** : mesure de la luminance (cd/m²) ; détecteur cosinus + filtre photopique ; orientation perpendiculaire à la surface. - **Tachymètre** : mesure de la vitesse de rotation (tr/min) ; modèle à contact (rouleau) ou sans contact (laser + bande réfléchissante). - **Luxmètre** : mesure de l’éclairement (lx) ; détecteur cosinus ; détecteur parallèle à la surface mesurée. - **Densimètre** : mesure de la densité (kg/m³) ; aréomètre (flottabilité) ou à oscillation ; correction thermique nécessaire. - **Radiomètre** : mesure de l’irradiance spectrale (W/m²) ; détecteur + filtre spectral ; orientation perpendiculaire au flux. Chaque instrument possède des procédures de mise en service, de lecture, d’entretien et de précautions spécifiques qui doivent être maîtrisées pour garantir des mesures fiables et la sécurité de l’opérateur dans les milieux professionnels camerounais (industrie électrique, agro‑alimentaire, santé, travaux publics, laboratoires de recherche). --- ## Glossaire - **KV‑mètre** : appareil de mesure de la tension exprimée en kilovolts (kV). - **Vacuomètre** : instrument qui mesure la pression absolue inférieure à la pression atmosphérique. - **pH‑mètre** : dispositif de mesure de l’acidité/basicité d’une solution aqueuse (échelle de pH). - **Dosimètre** : appareil qui quantifie la dose de rayonnement ionisant reçue (sievert). - **Luminance‑mètre** : mesure de la luminance d’une surface (candela par mètre carré). - **Tachymètre** : instrument de mesure de la vitesse de rotation (tours par minute). - **Luxmètre** : mesure de l’éclairement d’une surface (lux). - **Densimètre** : appareil qui mesure la densité d’un liquide ou d’un solide (kilogramme par mètre cube). - **Radiomètre** : mesure de l’intensité du rayonnement électromagnétique dans une bande spectrale donnée (watt par mètre carré). - **Étallonnage** : opération consistant à comparer les indications d’un instrument à celles d’un référant connu afin de corriger les erreurs systématiques. - **Facteur de division** : rapport entre la tension d’entrée et la tension de sortie d’un diviseur utilisé dans un KV‑mètre. - **Zéro (tare)** : opération de réglage d’un instrument à zéro lorsqu’il est soumis à une condition de référence connue (ex. pression atmosphérique pour un vacuomètre). - **Filtre cosinus** : dispositif optique qui rend la réponse d’un détecteur proportionnelle à l’éclairement indépendamment de l’incidence du flux. - **Filtre spectral** : composant qui sélectionne une bande de longueurs d’onde pour un radiomètre ou un luminance‑mètre. - **Ionisation** : processus par lequel un photon ou une particule chargée arrache un électron à une molécule, créant un ion. - **Pycnomètre** : récipient de volume connu utilisé pour déterminer la densité d’un liquide ou d’un solide par pesée. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Mesure de tension haute tension **Situation** : Dans un poste de transformation électrique de la SNE à Maroua, un technicien doit vérifier la tension de sortie d’un transformateur 20 kV/0,4 kV. Il utilise un KV‑mètre dont le facteur de division est 200. La lecture affichée est 0,12 kV. **Question** : Quelle est la tension réelle de sortie du transformateur ? Le résultat est‑il conforme à la valeur nominale de 20 kV (tolérance ±5 %) ? **Corrigé** : Tension réelle = lecture × facteur de division = 0,12 kV × 200 = 24 kV. Écart par rapport à la valeur nominale : (24 kV − 20 kV) / 20 kV = 0,20 = +20 %. La tolérance autorisée est ±5 % (soit 19 kV – 21 kV). La mesure de 24 kV dépasse largement cette tolérance ; le transformateur est en sur‑tension et nécessite une inspection (possibilité de déréglementation du régulateur de tension ou défaut d’isolement). ### Exercice 2 – Détermination du pH d’un bain de traitement **Situation** : Dans une usine de prétraitement du textile à Garoua, le bain de blanchiment doit être maintenu à un pH de 10,5 ± 0,2 pour assurer l’efficacité du agent oxydant. Après étalonnage du pH‑mètre sur tampons pH 4,00 et pH 7,00, la lecture obtenue dans le bain est 10,3. **Question** : Le bain est‑il conforme à la spécification ? Si non, quelle quantité de solution NaOH 0,1 M doit‑on ajouter à 100 L de bain pour augmenter le pH de 0,2 unité, sachant que chaque millilitre de NaOH 0,1 M augmente le pH d’environ 0,01 unité dans ce bain ? **Corrigé** : pH mesuré = 10,3 ; spécification = 10,5 ± 0,2 → intervalle acceptable = [10,3 ; 10,7]. Le pH de 10,3 se situe exactement à la limite inférieure, donc il est juste conforme (aucune correction nécessaire si l’on accepte la limite). Si l’on souhaite viser le milieu de l’intervalle (10,5), il faut augmenter le pH de 0,2 unité. Chaque mL de NaOH 0,1 M augmente le pH de 0,01 → nécessaire : 0,2 / 0,01 = 20 mL. Il faut donc ajouter 20 mL de solution NaOH 0,1 M au bain de 100 L pour obtenir un pH de 10,5. ### Exercice 3 – Mesure de luminance d’un panneau publicitaire **Situation** : Un technicien vérifie la luminance d’un panneau LED installé au rond‑fonction de l’Avenue du 20 Mai à Yaoundé. La réglementation locale limite la luminance à 1500 cd/m² pour éviter l’éblouissement des conducteurs. Après cinq mesures aux points clés du panneau, les valeurs obtenues sont : 1480, 1520, 1495, 1510, 1505 cd/m². **Question** : Calculer la moyenne de luminance et déterminer si le panneau respecte la limite réglementaire. **Corrigé** : Moyenne = (1480 + 1520 + 1495 + 1510 + 1505) / 5 = (7510) / 5 = 1502 cd/m². La moyenne dépasse légèrement la limite de 1500 cd/m² de 2 cd/m² (0,13 %). Selon la tolérance habituelle de ±5 % appliquée aux mesures de luminance, le panneau est considéré comme conforme (1502 cd/m² se situe dans l’intervalle [1425 ; 1575] cd/m²). Toutefois, pour garantir une marge de sécurité, le technicien pourrait réduire légèrement le courant d’alimentation des LED afin d’obtenir une moyenne inférieure à 1500 cd/m². ### Exercice 4 – Vitesse de rotation d’un moteur de convoyeur **Situation** : Dans une usine de conditionnement de boissons à Bafoussam, le moteur d’un convoyeur doit tourner à 1500 tr/min. Le technicien utilise un tachymètre laser placé à 3 cm d’une bande réfléchissante collée sur l’arbre. La lecture affichée est 1485 tr/min. **Question** : La vitesse mesurée est‑elle dans la tolérance de ±3 % admise pour ce type de moteur ? **Corrigé** : Tolérance ±3 % de 1500 tr/min = ±45 tr/min → intervalle acceptable = [1455 ; 1555] tr/min. Valeur mesurée = 1485 tr/min, qui appartient à cet intervalle. Donc la vitesse est conforme à la spécification. ### Exercice 5 – Mesure d’éclairement d’un poste de travail **Situation** : Un ergonomiste évalue l’éclairement d’un poste de soudure dans un atelier de fabrication de structures métalliques à Ngaoundéré. La norme NF EN 12464‑1 exige un éclairement minimal de 500 lx pour les travaux de précision. Trois mesures sont effectuées : 492 lx, 508 lx, 500 lx. **Question** : Calculer la moyenne d’éclairement et conclure sur la conformité du poste. **Corrigé** : Moyenne = (492 + 508 + 500) / 3 = 1500 / 3 = 500 lx exactement. La moyenne atteint exactement le seuil minimal de 500 lx ; le poste est donc considéré comme conforme (aucune marge de négatif). Toutefois, pour tenir compte de l’incertitude de mesure (souvent ±5 lx), il serait prudent d’ajouter une source lumineuse d’appoint afin d’assurer un éclairement confortablement supérieur au seuil. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |----|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | Utiliser un KV‑mètre sur une plage de tension supérieure à sa catégorie (ex. CAT II sur un réseau 35 kV) | Surcharge de l’appareil, risque d’arc électrique, détérioration irréversible | Toujours vérifier la catégorie de tension (CAT III/IV) et choisir un appareil adapté avant toute mesure. | | 2 | Oublier de faire le zéro (tare) d’un vacuomètre avant la mesure | Lecture systématiquement fausse (offset) pouvant conduire à un diagnostic de vide inadéquat | Effectuer le zéro en exposant le capteur à la pression atmosphérique connue ou en utilisant la fonction de tare de l’appareil. | | 3 | Plonger l’électrode de verre du pH‑mètre dans une solution contenant des protéines ou des huiles sans rinçage préalable | Fouling de la membrane, dérives de mesure, durée de vie réduite | Rincer l’électrode à l’eau distillée, essuyer délicatement, et stocker dans une solution de conservation adaptée. | | 4 | Porter un dosimètre sur la poche extérieure du vêtement au lieu du torse | Sous‑estimation de la dose reçue (shielding partiel par le corps) | Positionner le dosimètre au niveau du thorax (cœur) ou selon les recommandations du service de radioprotection pour le type de rayonnement considéré. | | 5 | Mesurer la luminance avec le détecteur incliné par rapport à la surface | Lecture sous‑estimée (effet cosinus non respecté) | Orienter le détecteur parallèlement à la surface ou utiliser le facteur de cosinus fourni par le fabricant pour corriger la mesure. | | 6 | Utiliser un aréomètre endommagé (échelle illisible, flotteur fissuré) | Lecture imprécise, risque de contamination du liquide par des débris | Inspecter l’aréomètre avant chaque usage ; remplacer immédiatement tout appareil présentant des défauts visibles. | | 7 | Oublier de mettre le filtre spectral adapté sur un radiomètre avant de mesurer l’UV‑C | Mesure intégrant des longueurs d’onde non souhaitées, surestimation de l’irradiance UV | Vérifier la présence et la propreté du filtre correspondant à la bande d’intérêt avant chaque série de mesures. | | 8 | Ne pas porter de lunettes de protection lors de l’utilisation d’un tachymètre laser près d’une machine en rotation | Risque de lésion oculaire par réflexion du faisceau sur des surfaces brillantes | Toujours porter des lunettes de protection adaptées (filtre OD approprié) lorsqu’on travaille avec des lasers de classe 2 ou supérieure dans un environnement industriel. | --- Fin du cours.

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principe de mesure d'un KV mètre ?
  2. 2. Que mesure exactement un pH‑mètre ?
  3. 3. À quoi sert principalement un dosimètre dans le domaine de la maintenance industrielle ?
  4. 4. Un KV mètre indique une tension de 7,2 kV. Quelle est cette tension exprimée en volts ?
  5. 5. Un vacuomètre affiche une pression de 0,45 bar. Quelle est cette pression en pascals (Pa) ?
  6. 6. Un luxmètre mesure 180 lux dans un atelier où l'éclairage recommandé est de 250 lux. Quel est l'écart d'éclairement à combler ?
  7. 7. Un tachymètre indique une vitesse de rotation de 2 400 tours par minute (tr/min). Quelle est la vitesse angulaire correspondante en rad/s ?
  8. 8. Un densimètre indique une densité de 0,78 g/cm³ pour un liquide. Quelle est sa masse volumique en kg/m³ ?
  9. 9. Un radiomètre mesure une irradiance de 3,5 W/m² sur une surface de 0,2 m². Quelle est la puissance reçue par cette surface ?
  10. 10. Un pH‑mètre indique un pH de 3,0 pour une solution acide. Après dilution dix fois, quel sera le nouveau pH approximatif ?