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Chapitre 6

Les systèmes triangulés

Lecture : 32 minQuiz de 16 questions

# Les systèmes triangulés ## Généralités sur les systèmes triangulés ### Introduction Bienvenue à cette leçon sur les systèmes triangulés ! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les ponts, les charpentes de toits ou les grues ont souvent une structure répétitive de triangles ? La réponse réside dans la stabilité et l'efficacité de ces configurations. Dans ce cours, nous allons découvrir ce qu'est un système triangulé, pourquoi il est si important en mécanique appliquée et comment on peut en analyser les principes de base. ### Concepts Clés #### Qu'est-ce qu'un système triangulé ? Un système triangulé, souvent appelé treillis, est une structure composée de barres rigides (ou membrures) reliées entre elles à leurs extrémités par des articulations (nœuds). La caractéristique essentielle est que ces barres forment des triangles. Le triangle est la seule figure géométrique indéformable par les forces appliquées à ses sommets. #### Pourquoi le triangle est-il si stable ? Imaginez une structure avec quatre barres formant un carré. Si vous appliquez une force à l'un des coins, le carré peut facilement se déformer et devenir un losange. Maintenant, imaginez une structure de trois barres formant un triangle. Si vous appliquez une force à l'un de ses sommets, le triangle conserve sa forme. C'est cette rigidité intrinsèque qui rend les systèmes triangulés si robustes et efficaces pour supporter des charges. #### Les éléments constitutifs d'un treillis * **Les Barres (Membrures):** Ce sont les éléments linéaires qui composent le treillis. Elles peuvent être en bois, en métal, etc. * **Les Nœuds:** Ce sont les points d'articulation où les barres se rejoignent. Dans les modèles idéalisés, on considère que les barres sont reliées par des articulations parfaites (charnières ou rotules) qui ne transmettent aucun moment. #### Hypothèses simplificatrices pour l'analyse des treillis Pour faciliter le calcul et l'étude des systèmes triangulés, on utilise généralement les hypothèses suivantes : * **Articulations parfaites :** Les barres sont articulées entre elles aux nœuds, sans capacité à transmettre des moments de flexion. * **Charges appliquées aux nœuds :** Toutes les forces extérieures (poids des éléments supportés, charges du vent, etc.) sont appliquées uniquement aux nœuds. * **Poids propre négligé :** Le poids des barres elles-mêmes est souvent négligé par rapport aux charges externes, ou alors réparti sur les nœuds. * **Efforts axiaux :** Grâce aux hypothèses précédentes, chaque barre d'un treillis est soumise uniquement à un effort axial (le long de son axe) : soit de la **traction** (la barre est étirée), soit de la **compression** (la barre est pressée). #### Stabilité des treillis plans - La formule d'Euler Pour savoir si un treillis plan est stable et si ses efforts internes peuvent être déterminés par les équations de la statique, on utilise la formule d'Euler : \[ B + R = 2N \] Où : * \( B \) est le nombre de barres du treillis. * \( R \) est le nombre de réactions d'appui (forces exercées par les appuis pour maintenir le treillis en place). * Un appui simple (rouleau) fournit 1 réaction d'appui. * Un appui double (pivot) fournit 2 réactions d'appui. * \( N \) est le nombre de nœuds du treillis. En fonction de cette équation, on peut classer les treillis : * **Isostatique :** Si \( B + R = 2N \). Le treillis est géométriquement stable et ses efforts internes peuvent être déterminés uniquement avec les équations d'équilibre de la statique. * **Hyperstatique :** Si \( B + R > 2N \). Le treillis a plus de barres ou d'appuis que nécessaire. Il est plus rigide et stable, mais le calcul de ses efforts nécessite des méthodes plus complexes (résistance des matériaux). * **Hypostatique :** Si \( B + R < 2N \). Le treillis est instable et peut se déformer librement ou s'effondrer. ### Vocabulaire * **Système triangulé (Treillis) :** Structure rigide formée de barres articulées entre elles pour former des triangles. * **Nœud :** Point de jonction (articulation) de plusieurs barres. * **Barre (Membrure) :** Élément linéaire constituant le treillis, soumis à des efforts de traction ou de compression. * **Traction :** Effort qui tend à allonger une barre (la tire). * **Compression :** Effort qui tend à raccourcir une barre (la pousse). * **Articulation :** Liaison permettant la rotation entre les éléments, sans transmission de moment. * **Isostatique :** Se dit d'une structure stable et dont les efforts peuvent être calculés par les équations de la statique. * **Hyperstatique :** Se dit d'une structure stable mais dont les efforts ne peuvent pas être calculés par les seules équations de la statique. * **Hypostatique :** Se dit d'une structure instable. * **Réaction d'appui :** Force exercée par un support sur la structure pour la maintenir en équilibre. ### Exemples Les systèmes triangulés sont omniprésents dans notre environnement ! * **Ponts :** De nombreux ponts routiers ou ferroviaires utilisent des structures triangulées pour supporter le tablier (la partie où circulent les véhicules/trains). * **Charpentes de toits :** Dans les hangars industriels, les gymnases ou certaines maisons, la structure du toit est souvent un treillis. * **Grues de chantier :** Les flèches des grues sont des systèmes triangulés pour être à la fois légères et résistantes. * **Pylônes électriques :** Ces structures supportant les lignes électriques à haute tension sont des treillis en 3D. * **Structures de scènes :** Pour les concerts et événements, les structures qui supportent les lumières et le son sont souvent des treillis légers et modulables. ### Exercices 1. Expliquez en vos propres mots pourquoi les ingénieurs préfèrent utiliser des triangles plutôt que des carrés ou d'autres polygones pour les structures portantes. 2. Énumérez au moins trois des hypothèses simplificatrices que l'on utilise pour l'analyse des systèmes triangulés et expliquez brièvement leur intérêt. 3. Un treillis plan est constitué de 6 nœuds et 9 barres. Il repose sur un appui double et un appui simple. En utilisant la formule d'Euler, déterminez si ce treillis est isostatique, hyperstatique ou hypostatique. * \( N = 6 \) * \( B = 9 \) * \( R = ? \) (Pensez au nombre de réactions pour un appui double et un appui simple) ### Devoir à la maison 1. Recherchez et dessinez un exemple de trois types de treillis différents (par exemple, treillis de Pratt, treillis de Warren, treillis de Howe) en indiquant les noms de leurs barres principales. 2. Observez votre environnement et identifiez au moins trois structures qui utilisent le principe des systèmes triangulés. Pour chaque structure, prenez une photo ou faites un croquis, et expliquez en une phrase l'avantage de la triangulation dans ce cas précis. 3. Imaginez que vous devez concevoir une petite passerelle piétonne. Proposez un croquis de la structure latérale en utilisant le principe des treillis. Indiquez où se situeraient les nœuds et les barres. ### Résumé Les systèmes triangulés, ou treillis, sont des structures fondamentales en mécanique appliquée. Leur stabilité découle de l'indéformabilité du triangle. En simplifiant leur analyse grâce à des hypothèses clés (charges aux nœuds, articulations parfaites, efforts axiaux), on peut comprendre leur comportement. La formule d'Euler (\( B + R = 2N \)) permet de classer un treillis en isostatique, hyperstatique ou hypostatique, ce qui est crucial pour sa conception et son calcul. Ces principes sont appliqués dans une multitude d'ouvrages, des ponts aux grues, en passant par les charpentes de toits. ## Détermination des efforts dans les barres d'un système triangulé par la méthode de CREMONA # Détermination des efforts dans les barres d'un système triangulé par la méthode de CREMONA\n\n## Introduction\nBienvenue dans cette leçon sur les systèmes triangulés ! Aujourd'hui, nous allons découvrir une méthode graphique puissante, la méthode de Cremona, pour déterminer les efforts internes (traction ou compression) dans les barres de ces structures. Comprendre ces efforts est crucial pour concevoir des structures sûres et efficaces comme les ponts ou les charpentes de toit.\n\n## Concepts Clés\n\n### Qu'est-ce qu'un système triangulé ?\nUn système triangulé est un assemblage de barres droites, généralement minces, reliées entre elles par des articulations (nœuds). L'arrangement en triangles est fondamental car c'est la seule forme géométrique indéformable par simple articulation de ses sommets, garantissant ainsi la stabilité de la structure.\nOn les retrouve partout : dans les ponts treillis, les grues, les charpentes de bâtiments, et même certaines tours de transmission.\n\n### Les efforts dans les barres\nChaque barre d'un système triangulé est soumise à un effort axial : soit de **traction** (la barre est étirée, elle tend à s'allonger), soit de **compression** (la barre est poussée, elle tend à raccourcir).\nIl n'y a pas d'efforts de flexion ou de cisaillement dans les barres d'un système triangulé idéal, car les articulations ne transmettent pas de moments.\n\n### Principe de la méthode de Cremona\nLa méthode de Cremona est une approche graphique qui permet de déterminer la nature et l'intensité des efforts dans les barres d'un système triangulé **isostatique**.\nElle est basée sur le principe de l'équilibre statique de chaque nœud du système. Pour chaque nœud, la somme vectorielle de toutes les forces (externes et internes des barres) qui y convergent doit être nulle.\nMathématiquement, pour un nœud en équilibre, on a : \( \sum \vec{F} = \vec{0} \), ce qui se traduit par \( \sum F_x = 0 \) et \( \sum F_y = 0 \) pour les composantes horizontales et verticales des forces.\nLe **diagramme de Cremona** est une représentation graphique unique où tous les polygones de forces des nœuds sont assemblés de manière cohérente.\n\n### Conditions d'application\n* Le système doit être **isostatique**, c'est-à-dire que le nombre de réactions et d'équations d'équilibre est suffisant et nécessaire pour le résoudre.\n* Les forces extérieures appliquées et les réactions aux appuis doivent être connues (si ce n'est pas le cas, il faut les calculer au préalable).\n* Les barres sont considérées comme articulées à leurs extrémités et ne transmettent que des efforts axiaux.\n\n### Étapes de la méthode de Cremona\n\n#### 1. Préparation du tracé\n* Dessiner le système triangulé à l'échelle, en y indiquant les forces extérieures connues et les réactions aux appuis.\n* **Notation de Bow (ou de Blankenburg) :** Cette étape cruciale consiste à numéroter les espaces *entre* les forces et les barres, et non les nœuds ou les barres elles-mêmes. Chaque espace extérieur et chaque compartiment intérieur reçoit une lettre ou un chiffre. Cela facilite la lecture du diagramme de Cremona.\n\n#### 2. Calcul des réactions aux appuis (si nécessaire)\n* Utiliser les équations d'équilibre statique globales (somme des forces horizontales = 0, somme des forces verticales = 0, somme des moments = 0) pour déterminer les réactions aux appuis.\n* \[ \sum F_x = 0 \]\n* \[ \sum F_y = 0 \]\n* \[ \sum M = 0 \]\n\n#### 3. Construction du polygone des forces extérieures (ou du polygone de charge)\n* À partir d'un point de départ, tracer séquentiellement les vecteurs des forces extérieures et des réactions aux appuis, en respectant leur direction et leur intensité (selon une échelle de forces choisie). Ce polygone doit se fermer, confirmant l'équilibre global de la structure.\n\n#### 4. Construction du diagramme de Cremona\n* Partir d'un nœud qui ne contient pas plus de deux barres dont les efforts sont inconnus.\n* Pour chaque nœud, tracer les forces connues (externes ou efforts de barres déjà déterminés) puis les efforts des barres inconnues, en suivant l'ordre cyclique des espaces autour du nœud.\n* Chaque segment du diagramme de Cremona représente l'effort dans une barre. La longueur du segment, mesurée avec l'échelle des forces, donne l'intensité de l'effort. Le sens du parcours autour du nœud permet de déterminer la nature de l'effort (traction ou compression).\n* Si le vecteur s'éloigne du nœud, c'est de la traction. S'il s'approche du nœud, c'est de la compression.\n\n#### 5. Détermination de la nature et de l'intensité des efforts\n* Mesurer la longueur des segments représentant les barres sur le diagramme de Cremona et convertir en force réelle grâce à l'échelle choisie.\n* Analyser le sens des flèches pour chaque barre par rapport aux nœuds pour identifier si la barre est en traction ou en compression.\n\n## Vocabulaire\n* **Système triangulé :** Structure composée de barres droites articulées entre elles formant des triangles.\n* **Barre :** Élément structural d'un système triangulé, soumis uniquement à des efforts axiaux.\n* **Nœud :** Point d'articulation reliant plusieurs barres entre elles, où peuvent s'appliquer des forces extérieures.\n* **Traction :** Effort qui tend à allonger une barre. Les forces s'éloignent du nœud.\n* **Compression :** Effort qui tend à raccourcir une barre. Les forces se dirigent vers le nœud.\n* **Isostatique :** Se dit d'une structure dont les efforts et réactions peuvent être déterminés uniquement par les équations de l'équilibre statique.\n* **Méthode de Cremona :** Méthode graphique de détermination des efforts dans les barres d'un système triangulé.\n* **Diagramme de Cremona :** Représentation graphique vectorielle des efforts internes et externes d'un système triangulé, où tous les polygones de forces des nœuds sont assemblés.\n* **Notation de Bow :** Système de désignation des forces et des barres d'un système triangulé par les lettres (ou chiffres) des espaces qu'elles séparent.\n* **Polygone des forces :** Représentation graphique vectorielle des forces agissant sur un nœud ou sur l'ensemble de la structure, formant un polygone fermé en cas d'équilibre.\n* **Équilibre statique :** État d'un corps ou d'un système où la somme de toutes les forces et de tous les moments est nulle, résultant en l'absence de mouvement.\n\n## Exemples\n\n### Exemple 1 : Treillis simple\nConsidérons un simple treillis en forme de triangle équilatéral, appuyé sur un appui simple (rotule) à gauche et un appui à rouleaux à droite. Une force verticale est appliquée au sommet.\n\n* **Système :** Un treillis ABC, AB=BC=CA=L. Appui en A (rotule), en B (rouleaux). Force F verticale vers le bas appliquée en C.\n* **Notation de Bow :**\n * Espaces extérieurs : 1 (entre la réaction en A et F), 2 (entre F et la réaction en B), 3 (entre la réaction en B et la réaction en A).\n * Espaces intérieurs : a (barre AC), b (barre BC), c (barre AB).\n\n**Étapes :**\n1. **Calcul des réactions :** Appliquer les équations d'équilibre. Par exemple, si F = 10 kN et le treillis est symétrique, les réactions verticales seront \( R_{Ay} = 5 \) kN et \( R_{By} = 5 \) kN. La réaction horizontale \( R_{Ax} = 0 \) kN.\n2. **Polygone des forces extérieures :** Tracer \( R_{Ay} \) (vers le haut), puis \( F \) (vers le bas), puis \( R_{By} \) (vers le haut). Le polygone doit se fermer.\n3. **Diagramme de Cremona :**\n * **Nœud A :** Les forces qui agissent sur le nœud A sont \( R_{Ay} \), l'effort dans la barre AB (1-c) et l'effort dans la barre AC (c-a). En suivant la notation de Bow (1-c-a-1), on trace le polygone de forces pour le nœud A à partir du polygone des forces extérieures.\n * **Nœud B :** Similaire pour le nœud B avec \( R_{By} \) et les efforts dans BC (2-b) et AB (b-c).\n * **Nœud C :** Similaire pour le nœud C avec F et les efforts dans AC (a-c) et BC (b-a).\n\nEn traçant méticuleusement chaque segment, on obtient le diagramme de Cremona complet. Chaque point du diagramme correspond à un espace de la notation de Bow, et chaque ligne entre deux points représente l'effort dans la barre ou la force externe qui sépare ces deux espaces.\n\n* **Interprétation :** Mesurer les longueurs des segments du diagramme de Cremona pour obtenir les intensités. Observer la direction des vecteurs par rapport au nœud pour déterminer si une barre est en traction (s'éloigne du nœud) ou en compression (arrive au nœud).\n * Par exemple, pour la barre AB, si le vecteur va de '1' vers 'c' dans le polygone du nœud A, et de 'c' vers 'b' dans le polygone du nœud B, cela indique son sens et donc sa nature.\n\n## Exercices\n\n### Exercice 1 :\nUn treillis est composé de trois barres formant un triangle rectangle. Les appuis sont une rotule en A et un rouleau en B. Une force horizontale de 50 kN est appliquée au nœud C.\n\n* **Tâche :**\n 1. Dessinez le treillis à l'échelle et appliquez la notation de Bow.\n 2. Calculez les réactions aux appuis.\n 3. Construisez le diagramme de Cremona à l'échelle appropriée (par exemple, 1 cm = 10 kN).\n 4. Déterminez l'intensité et la nature (traction ou compression) des efforts dans chaque barre.\n\n### Exercice 2 : Questions de compréhension\n1. Pourquoi un système triangulé est-il intrinsèquement stable ?\n2. Quel est l'objectif principal de la méthode de Cremona ?\n3. Expliquez la différence entre un effort de traction et un effort de compression dans une barre.\n\n## Devoir à la maison\n\n### Analyse d'un pont simple\nImaginez un petit pont piétonnier en treillis, dont la structure est représentée par le schéma suivant : un treillis de 6 mètres de long, composé de trois travées de 2 mètres chacune. Les barres forment des triangles équilatéraux. Les appuis sont aux extrémités (rotule à gauche, rouleau à droite). Une charge concentrée de 20 kN est appliquée au milieu de la travée centrale (au nœud supérieur central).\n\n* **Tâche :**\n 1. Dessinez le treillis à l'échelle (par exemple, 1:100) et identifiez tous les nœuds et barres.\n 2. Appliquez la notation de Bow à l'ensemble de la structure.\n 3. Calculez les réactions aux appuis.\n 4. Construisez le diagramme de Cremona pour ce treillis en utilisant une échelle des forces de 1 cm = 5 kN.\n 5. Créez un tableau récapitulatif des efforts dans chaque barre, indiquant leur intensité et leur nature (traction ou compression).\n\n## Résumé\nEn résumé, la méthode de Cremona est un outil graphique essentiel en mécanique appliquée pour l'analyse des systèmes triangulés. Elle nous permet de visualiser et de calculer les efforts internes (traction ou compression) dans chaque barre d'une structure isostatique. En suivant rigoureusement les étapes – préparation du tracé avec la notation de Bow, calcul des réactions, construction du polygone des forces extérieures et enfin l'assemblage nœud par nœud du diagramme de Cremona – nous pouvons assurer la sécurité et l'efficacité des conceptions structurales. Rappelez-vous que la précision du tracé est la clé de la réussite de cette méthode ! ## Détermination des efforts dans les barres d'un système triangulé par la méthode de RITTER ### 1. Introduction Bienvenue à cette leçon sur les systèmes triangulés, également appelés treillis ! En mécanique appliquée, il est crucial de comprendre comment les forces sont distribuées à l'intérieur de ces structures. Les systèmes triangulés sont omniprésents dans l'ingénierie, des ponts aux grues en passant par les toitures. Nous allons explorer une méthode analytique puissante, la méthode de Ritter, qui permet de déterminer les efforts de traction ou de compression dans les différentes barres d'un treillis, sans avoir à analyser chaque nœud individuellement. ### 2. Concepts Clés #### 2.1. Qu'est-ce qu'un Système Triangulé (Treillis) ? Un système triangulé est un assemblage de barres droites, généralement minces, reliées entre elles à leurs extrémités par des articulations (rotules). Ces articulations permettent une rotation libre, ce qui signifie que les barres ne sont soumises qu'à des efforts axiaux : traction ou compression. * **Hypothèses fondamentales de calcul :** * Les barres sont considérées comme sans poids (ou leur poids est négligeable). Pour les structures très grandes, le poids propre peut être réparti sur les nœuds. * Les liaisons entre les barres sont des articulations parfaites (rotules sans frottement). * Les forces externes et les réactions d'appui sont appliquées uniquement aux nœuds. * **Conséquence :** Chaque barre est soumise à un effort axial constant sur toute sa longueur, soit en traction (elle "tire" sur les nœuds), soit en compression (elle "pousse" sur les nœuds). #### 2.2. Efforts de Traction et de Compression * **Traction :** Une barre est en traction si elle tend à s'allonger sous l'effet des forces. L'effort est alors considéré comme positif et "sortant" des nœuds. Symboliquement, nous représentons la force comme s'éloignant du nœud. * **Compression :** Une barre est en compression si elle tend à se raccourcir sous l'effet des forces. L'effort est alors considéré comme négatif et "entrant" dans les nœuds. Symboliquement, nous représentons la force comme se dirigeant vers le nœud. #### 2.3. Principe de la Méthode de Ritter La méthode de Ritter est une technique analytique qui utilise le principe de l'équilibre statique. Elle est particulièrement utile pour déterminer les efforts dans quelques barres spécifiques d'un grand treillis sans avoir à résoudre le système nœud par nœud. * **L'idée principale :** Effectuer une "coupe imaginaire" (aussi appelée section de Ritter) à travers le treillis, de manière à traverser un maximum de *trois barres* dont les efforts sont inconnus. Cette coupe divise le treillis en deux parties. Ensuite, on isole l'une des deux parties et on applique les équations d'équilibre statique pour cette partie. * **Équations fondamentales de l'équilibre plan :** 1. Somme des forces horizontales nulle : \[ \sum F_x = 0 \] 2. Somme des forces verticales nulle : \[ \sum F_y = 0 \] 3. Somme des moments par rapport à un point nul : \[ \sum M = 0 \] * **Le "Point de Ritter" :** C'est la clé de cette méthode ! Lorsque l'on effectue une coupe à travers trois barres inconnues, on cherche un point d'intersection (réel ou imaginaire) de deux de ces barres. En prenant la somme des moments par rapport à ce "Point de Ritter", les efforts des deux barres qui s'y croisent n'exerceront aucun moment (car leur bras de levier est nul). Cela permet de calculer directement l'effort dans la troisième barre coupée avec une seule équation. #### 2.4. Étapes de la Méthode de Ritter 1. **Calcul des réactions aux appuis :** Avant toute coupe, il est essentiel de calculer toutes les réactions aux appuis du système triangulé complet, en utilisant les équations d'équilibre global (\( \sum F_x = 0 \), \( \sum F_y = 0 \), \( \sum M = 0 \)). 2. **Choix de la section de Ritter :** Tracez une coupe imaginaire qui traverse au maximum trois barres dont les efforts sont inconnus. Assurez-vous que ces trois barres ne sont pas toutes parallèles et ne se rencontrent pas toutes au même point. 3. **Isolement d'une partie :** Choisissez l'une des deux parties du treillis coupées pour l'analyse. Sélectionnez celle qui est la plus simple, c'est-à-dire celle qui a le moins de forces externes ou de réactions d'appui à considérer. 4. **Application des équations d'équilibre :** * Représentez les efforts inconnus dans les barres coupées comme des forces de traction (sortant des nœuds). Si le résultat du calcul est négatif, l'effort est en réalité de la compression. * Identifiez les "points de Ritter" : points d'intersection des lignes d'action de deux des barres coupées. * Appliquez l'équation des moments (\( \sum M = 0 \)) par rapport à un point de Ritter pour isoler et calculer l'effort dans la troisième barre. Répétez pour les autres barres si nécessaire en choisissant d'autres points de Ritter ou en utilisant les équations de somme de forces. 5. **Interprétation des résultats :** Un résultat positif indique un effort de traction, un résultat négatif indique un effort de compression. ### 3. Vocabulaire Essentiel * **Système triangulé (Treillis) :** Structure composée de barres articulées formant des triangles. * **Barre :** Élément structurel droit qui ne subit que des efforts axiaux. * **Nœud :** Point d'articulation reliant plusieurs barres. * **Effort de traction :** Force qui tend à allonger une barre (positive). * **Effort de compression :** Force qui tend à raccourcir une barre (négative). * **Appui simple :** Liaison qui bloque un degré de liberté (souvent une réaction verticale). * **Appui double (charnière) :** Liaison qui bloque deux degrés de liberté (réaction verticale et horizontale). * **Réactions d'appui :** Forces exercées par les appuis sur la structure pour maintenir son équilibre. * **Méthode de Ritter :** Méthode analytique pour calculer les efforts dans les barres d'un treillis par une coupe imaginaire. * **Section de Ritter (Coupe de Ritter) :** La coupe imaginaire à travers le treillis. * **Point de Ritter :** Point d'intersection des lignes d'action de deux barres coupées, utilisé pour annuler leurs moments. * **Équations d'équilibre :** Conditions (\( \sum F_x = 0 \), \( \sum F_y = 0 \), \( \sum M = 0 \)) pour qu'un corps soit en équilibre statique. ### 4. Exemples d'Application Considérons le treillis simple ci-dessous avec une charge ponctuelle appliquée. Nous voulons déterminer les efforts dans les barres \( B_1 \), \( B_2 \) et \( B_3 \) en utilisant la méthode de Ritter. (Imaginez un treillis avec 4 panneaux, une hauteur de 3m, une longueur de chaque panneau de 4m, et une charge verticale P de 10 kN appliquée au nœud central supérieur. Les appuis sont en A (charnière) et E (rouleau)). #### Étapes : 1. **Calcul des réactions aux appuis :** * Supposons des réactions \( R_{Ax} \), \( R_{Ay} \) en A et \( R_{Ey} \) en E. * \( \sum F_x = 0 \implies R_{Ax} = 0 \) * \( \sum M_A = 0 \implies P \cdot (4 \text{m}) - R_{Ey} \cdot (8 \text{m}) = 0 \implies R_{Ey} = \frac{P \cdot 4}{8} = \frac{10 \cdot 4}{8} = 5 \text{ kN} \) * \( \sum F_y = 0 \implies R_{Ay} + R_{Ey} - P = 0 \implies R_{Ay} = P - R_{Ey} = 10 - 5 = 5 \text{ kN} \) 2. **Choix de la section de Ritter :** * Traçons une coupe imaginaire (section 1-1) qui traverse les barres \(B_1\) (barre supérieure horizontale), \(B_2\) (barre diagonale) et \(B_3\) (barre inférieure horizontale). * Nous isolons la partie gauche du treillis. 3. **Calcul de l'effort dans \( B_1 \) :** * Le point de Ritter pour \( B_1 \) est l'intersection des lignes d'action de \( B_2 \) et \( B_3 \), soit le nœud inférieur droit de la section (appelons-le D). * Prenons les moments par rapport à D : \[ \sum M_D = 0 \] * La barre \( B_1 \) est à 3m du point D (hauteur du treillis). * \( R_{Ay} \cdot (4 \text{m}) + B_1 \cdot (3 \text{m}) = 0 \) * \( 5 \text{ kN} \cdot (4 \text{m}) + B_1 \cdot (3 \text{m}) = 0 \) * \( 20 + 3 B_1 = 0 \implies B_1 = -\frac{20}{3} = -6.67 \text{ kN} \) * \( B_1 \) est en compression. 4. **Calcul de l'effort dans \( B_3 \) :** * Le point de Ritter pour \( B_3 \) est l'intersection des lignes d'action de \( B_1 \) et \( B_2 \), soit le nœud supérieur gauche de la section (appelons-le C). * Prenons les moments par rapport à C : \[ \sum M_C = 0 \] * La barre \( B_3 \) est à 3m du point C. * \( R_{Ay} \cdot (4 \text{m}) - B_3 \cdot (3 \text{m}) = 0 \) * \( 5 \text{ kN} \cdot (4 \text{m}) - B_3 \cdot (3 \text{m}) = 0 \) * \( 20 - 3 B_3 = 0 \implies B_3 = \frac{20}{3} = 6.67 \text{ kN} \) * \( B_3 \) est en traction. 5. **Calcul de l'effort dans \( B_2 \) :** * Nous pouvons utiliser l'équilibre des forces verticales pour la partie gauche isolée. * \( \sum F_y = 0 \implies R_{Ay} + B_2 \cdot \sin(\alpha) = 0 \) * Si la hauteur est 3m et la portée du panneau est 4m, l'angle \( \alpha \) (avec l'horizontale) est \( \tan^{-1}(3/4) \). Donc \( \sin(\alpha) = 3/5 = 0.6 \) et \( \cos(\alpha) = 4/5 = 0.8 \). * \( 5 \text{ kN} + B_2 \cdot 0.6 = 0 \implies B_2 = -\frac{5}{0.6} = -8.33 \text{ kN} \) * \( B_2 \) est en compression. ### 5. Exercices **Exercice 1 :** Considérez un treillis simple en K, de portée 12m et de hauteur 3m. Il est supporté par un appui simple en A et un appui à rouleau en F. Une charge verticale ponctuelle de 20 kN est appliquée au nœud C (milieu de la travée supérieure). Déterminez les efforts dans les barres \( B_{CD} \), \( B_{DG} \) et \( B_{FG} \) en utilisant la méthode de Ritter. (Diagramme du treillis à fournir par l'enseignant) **Exercice 2 :** Pour le même treillis que l'exemple (avec la charge P de 10 kN au nœud central supérieur), déterminez les efforts dans les barres suivantes en utilisant la méthode de Ritter : 1. La barre diagonale située juste à droite de la barre \(B_2\). 2. La barre inférieure horizontale située juste à droite de la barre \(B_3\). ### 6. Devoirs à la maison **Devoir 1 :** Analysez un treillis de type Pratt (similaire à l'exemple mais avec des diagonales orientées différemment) avec une charge uniformément répartie modélisée par des charges ponctuelles aux nœuds supérieurs. Choisissez trois barres représentatives (une membrure supérieure, une membrure inférieure et une diagonale) et calculez leurs efforts en utilisant la méthode de Ritter. **Devoir 2 :** Recherchez et décrivez les avantages et les inconvénients de la méthode de Ritter par rapport à la méthode des nœuds. Dans quelles situations la méthode de Ritter est-elle la plus avantageuse ? ### 7. Résumé La méthode de Ritter est une technique analytique très efficace pour déterminer les efforts axiaux (traction ou compression) dans des barres spécifiques d'un système triangulé. Elle repose sur le principe de l'équilibre statique appliqué à une partie du treillis isolée par une coupe imaginaire (section de Ritter). La clé de la méthode est l'identification des "points de Ritter", qui sont les intersections des lignes d'action de deux des barres coupées, permettant de simplifier les équations de moments et de résoudre directement l'effort dans la troisième barre. C'est un outil précieux pour l'ingénieur en structure, offrant une alternative rapide aux méthodes graphiques ou à la résolution nœud par nœud, surtout lorsque l'on ne s'intéresse qu'à quelques éléments de la structure. ## Détermination des efforts dans les barres d'un système triangulé par la méthode de CULMAN ### Introduction Bienvenue à cette leçon sur la détermination des efforts internes dans les barres des systèmes triangulés, un sujet fondamental en mécanique appliquée. Les systèmes triangulés, aussi appelés treillis, sont des structures composées de barres reliées par des articulations, formant des triangles indéformables. On les retrouve couramment dans les ponts, les charpentes de toits, les grues et d'autres constructions où la légèreté et la rigidité sont essentielles. Pour garantir la sécurité et la stabilité de ces structures, il est crucial de connaître les forces (traction ou compression) que subissent chacune de leurs barres. La méthode de Culmann est une approche graphique puissante qui nous permet de calculer ces efforts de manière systématique. ### Concepts Clés #### Qu'est-ce qu'un système triangulé (treillis) ? Un **système triangulé** est un assemblage de barres droites, généralement minces, reliées entre elles par des articulations (nœuds) afin de former des triangles. La forme triangulaire est la seule géométrie polygonale indéformable par nature, ce qui confère aux treillis leur grande rigidité. * **Barre:** Élément constitutif du treillis, soumis principalement à des efforts axiaux (traction ou compression). * **Nœud:** Point d'articulation où plusieurs barres se rejoignent. On suppose généralement les liaisons comme des rotules parfaites. **Hypothèses de calcul simplificatrices pour les treillis:** * Les barres sont bi-articulées à leurs extrémités. * Les efforts sont uniquement axiaux (traction ou compression). * Le poids propre des barres est négligé ou concentré aux nœuds. * Les charges extérieures sont appliquées uniquement aux nœuds. #### Principe de la méthode de Culmann La méthode de Culmann est une **méthode graphique** qui permet de déterminer les efforts internes dans les barres d'un système triangulé en coupant la structure et en analysant l'équilibre de la partie isolée. Elle est particulièrement utile pour déterminer les efforts dans trois barres coupées, non concourantes et non parallèles. Elle repose sur le principe fondamental de la statique: pour qu'un corps (ici, la section isolée du treillis) soit en équilibre, la somme vectorielle de toutes les forces qui lui sont appliquées doit être nulle, et la somme des moments de ces forces par rapport à n'importe quel point doit également être nulle. #### Étapes de la méthode de Culmann ##### 1. Détermination des réactions d'appuis Avant d'appliquer la méthode de Culmann, il est indispensable de calculer les réactions aux appuis du treillis. Cela se fait en considérant le treillis dans son ensemble et en appliquant les équations d'équilibre statique globales: * Somme des forces horizontales: \\( \sum F_x = 0 \\) * Somme des forces verticales: \\( \sum F_y = 0 \\) * Somme des moments par rapport à un point quelconque: \\( \sum M = 0 \\) ##### 2. Choix de la coupure de Culmann Une **coupure de Culmann** est une ligne imaginaire qui traverse le treillis, isolant une partie de celui-ci. Cette coupure doit respecter les règles suivantes: * Elle doit traverser **au maximum trois barres** dont les efforts sont inconnus. * Les efforts de ces trois barres, ainsi que toutes les forces extérieures (charges appliquées et réactions d'appuis) agissant sur la section isolée, doivent être en équilibre. ##### 3. Construction du polygone des forces et de la ligne de Culmann Une fois la section isolée, nous avons un ensemble de forces connues (forces extérieures, réactions) et trois forces inconnues (les efforts dans les barres coupées). Pour résoudre graphiquement: 1. **Dessiner le polygone des forces connues:** Représenter vectoriellement et à l'échelle toutes les forces externes (connues) agissant sur la section isolée. Cela forme un polygone de forces. Sa résultante \\( R \\) est le vecteur qui ferme ce polygone (du point de départ au point d'arrivée). 2. **Identifier un pôle (point de concours):** Choisir le point d'intersection de deux des trois barres coupées comme pôle. Par rapport à ce pôle, le moment des forces dans ces deux barres est nul. L'équilibre des moments autour de ce pôle permettra de trouver la troisième force. 3. **Tracer la ligne de Culmann:** La ligne de Culmann est une droite passant par le pôle et parallèle à la résultante \\( R \\) des forces connues. C'est le lieu géométrique des points où la force résultante de la section coupée pourrait agir. ##### 4. Détermination des efforts En utilisant le polygone des forces, le pôle, et la ligne de Culmann, les efforts dans les trois barres coupées peuvent être déterminés graphiquement. Le sens des vecteurs indique si la barre est en traction (flèche sortante du nœud) ou en compression (flèche entrante au nœud). #### Conventions de signes Il est essentiel d'adopter une convention claire pour les efforts axiaux: * **Traction (Positive):** L'effort tend à allonger la barre. Graphiquement, la flèche d'effort sort du nœud. * **Compression (Négative):** L'effort tend à raccourcir la barre. Graphiquement, la flèche d'effort entre dans le nœud. ### Vocabulaire * **Système triangulé (Treillis):** Structure composée de barres articulées formant des triangles. * **Barre:** Élément linéaire d'un treillis, supportant des efforts axiaux. * **Nœud (Articulation):** Point de liaison entre les barres. * **Effort axial:** Force interne agissant le long de l'axe d'une barre (traction ou compression). * **Traction:** État d'une barre tirée à ses extrémités, tendant à s'allonger. * **Compression:** État d'une barre poussée à ses extrémités, tendant à se raccourcir. * **Réactions d'appuis:** Forces exercées par les appuis sur la structure pour maintenir l'équilibre. * **Coupure de Culmann:** Ligne imaginaire traversant le treillis pour isoler une section. * **Polygone des forces:** Représentation graphique vectorielle des forces en équilibre. * **Ligne de Culmann:** Droite utilisée dans la méthode de Culmann pour la fermeture graphique du polygone des forces, passant par le pôle et parallèle à la résultante des forces connues. * **Pôle:** Point d'intersection des axes de deux barres coupées, utilisé comme point de référence pour les moments. ### Exemples Considérons un treillis simple soumis à une charge ponctuelle \\[ P \\\] au centre. 1. **Calcul des réactions d'appuis:** En utilisant \\( \sum F_y = 0 \\) et \\( \sum M = 0 \\), nous trouvons les réactions verticales aux appuis. Par exemple, pour une poutre isostatique et symétrique avec une charge centrale \\( P \\), chaque appui supportera \\( R_A = R_B = P/2 \\). 2. **Choix d'une coupure:** Pour déterminer les efforts dans les barres du milieu (par exemple, une barre horizontale supérieure \\( H_s \\), une diagonale \\( D \\) et une barre horizontale inférieure \\( H_i \\)), nous traçons une coupure verticale qui les traverse. 3. **Isolation de la section:** On isole la partie gauche du treillis coupée. Les forces agissant sur cette section sont la réaction d'appui \\( R_A \\), d'éventuelles charges extérieures sur cette section, et les trois efforts inconnus \\( F_{Hs} \\), \\( F_D \\), \\( F_{Hi} \\) dans les barres coupées. 4. **Construction graphique (aperçu):** * Dessiner les forces connues \\( R_A \\) (et charges si présentes) à une certaine échelle. * Leur résultante ferme le polygone partiel. Les trois efforts inconnus doivent équilibrer cette résultante. * Identifier le pôle (e.g., l'intersection de \\( F_{Hs} \\) et \\( F_D \\)). La ligne de Culmann sera tracée à partir de l'origine de la résultante des forces connues, en passant par le pôle, et en respectant les directions des barres. Les longueurs des segments sur le diagramme de forces, après mesure et mise à l'échelle, donneront les valeurs des efforts. Le sens des vecteurs déterminera si c'est de la traction ou de la compression. ### Exercices **Exercice 1:** Un treillis triangulé simple est soumis à une charge verticale \\( F = 10 \text{ kN} \\) à un nœud intermédiaire. Les appuis sont un appui simple et une rotule. Déterminez graphiquement les réactions d'appuis. **Exercice 2:** À partir du treillis de l'Exercice 1, proposez une coupure de Culmann pertinente pour trouver les efforts dans les trois barres d'une section donnée (par exemple, la barre supérieure, une diagonale et la barre inférieure). Décrivez les étapes principales de la méthode graphique que vous utiliseriez pour trouver ces efforts. ### Devoir à la Maison Considérez le treillis ci-dessous (image non fournie, mais imaginez un treillis simple de type Pratt ou Howe avec 5 travées et une charge uniformément répartie modélisée par des charges nodales). 1. **Représenter le treillis à l'échelle** sur une feuille de papier millimétré. 2. **Calculer analytiquement les réactions d'appuis** pour toutes les charges données. 3. **Appliquer la méthode de Culmann** pour déterminer les efforts (traction ou compression et leur intensité) dans trois barres spécifiques de votre choix, en montrant clairement la coupure, le polygone des forces, le pôle et la ligne de Culmann. 4. **Interpréter vos résultats:** Indiquez si chaque barre est en traction ou en compression et justifiez votre réponse par le sens des vecteurs efforts obtenus. ### Résumé La méthode de Culmann est un outil graphique précieux pour l'analyse des systèmes triangulés en mécanique appliquée. Elle nous permet de déterminer les efforts internes (traction ou compression) dans les barres d'un treillis. Les étapes clés incluent le calcul des réactions d'appuis, le choix judicieux d'une coupure traversant au maximum trois barres inconnues, la construction du polygone des forces connues, l'identification d'un pôle, et l'utilisation de la ligne de Culmann pour fermer graphiquement le système et trouver les efforts inconnus. Comprendre et maîtriser cette méthode est fondamental pour la conception et la vérification des structures réticulées.

Quiz du chapitre

16 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la caractéristique principale d'un système triangulé ?
  2. 2. Quelle hypothèse fondamentale est faite concernant les barres d'un système triangulé lors de l'étude ?
  3. 3. Dans un système triangulé, où sont appliquées les forces extérieures ?
  4. 4. Qu'est-ce qu'un système triangulé isostatique ?
  5. 5. Pour un système triangulé plan isostatique, quelle est la relation entre le nombre de barres (b), le nombre de nœuds (n) et le nombre de réactions d'appui (r) ?
  6. 6. Quel est l'objectif principal de la méthode de Cremona ?
  7. 7. Avant d'appliquer la méthode de Cremona, quelle est la première étape indispensable ?
  8. 8. Quel principe fondamental de la statique la méthode de Cremona exploite-t-elle ?
  9. 9. Dans la méthode de Cremona, que représente un polygone des forces fermé pour un nœud ?
  10. 10. Comment détermine-t-on la nature d'un effort (traction ou compression) dans une barre avec la méthode de Cremona ?
  11. 11. Quelle est l'importance de l'échelle des forces dans la méthode de Cremona ?
  12. 12. Dans le diagramme de Cremona, un effort de traction dans une barre signifie que la barre...
  13. 13. Comment doit-on choisir l'ordre des nœuds à analyser lors de l'application de la méthode de Cremona ?
  14. 14. Qu'est-ce qu'une barre en compression dans un système triangulé ?
  15. 15. Si le diagramme de Cremona ne se ferme pas pour le dernier nœud, qu'est-ce que cela indique ?
  16. 16. Quelle est une des limitations de la méthode de Cremona ?