Chapitre 10
Méthodes de détermination planimétrique d'un point isolé (partie 1/2)
Lecture : 17 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Déterminer les coordonnées planimétriques d’un point isolé à l’aide des méthodes de rayonnement, d’intersection, de relèvement‑recoupement, de rabattement et d’excentrement.
- Choisir la méthode la plus adaptée selon la configuration du terrain et les instruments disponibles (théodolite, niveau, station totale, GPS).
- Réaliser les calculs nécessaires (angles, distances, coordonnées) avec les unités usuelles du système métrique (mètre, degré, gon, radian).
- Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène propres aux travaux de topographie sur chantier (port du casque, vérification du matériel, signalisation).
**Prérequis :**
- Maîtrise des notions de repérage planimétrique (système de coordonnées cartésiennes, conversion degré‑gon‑radian).
- Connaissance des instruments de mesure d’angles (théodolite, station totale) et de distances (mètre ruban, télémètre laser, EDM).
- Savoir lire et interpréter un plan de situation et un levé topographique de base.
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## Introduction contextualisée
En topographie camerounaise, la détermination planimétrique d’un point isolé est une opération courante lors du levé de réseaux routiers, de lotissements urbains ou de projets agricoles (ex. : implantation d’un périmètre irrigué dans la région du Nord). Selon la visibilité du point à déterminer et la disposition des points connus (stations), on recourt à différentes méthodes géométriques : rayonnement, intersection, relèvement‑recoupement, rabattement et excentrement. Chaque procédé repose sur des principes de trigonométrie plane et nécessite une rigueur dans la prise de mesures et le traitement des données. Ce chapitre présente ces méthodes en suivant le programme officiel MINESEC/IGE, en insistant sur les aspects pratiques rencontrés sur les chantiers du Cameroun (conditions climatiques, matériel disponible, normes de sécurité).
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## I. Leçon 14 – Principe de détermination planimétrique par point isolé : rayonnement et intersection
### A. Définitions et principes généraux
> **Rayonnement** : méthode consistant à déterminer un point inconnu *P* à partir d’une station connue *A* en mesurant l’angle horizontal *α* entre une direction de référence (souvent le nord géographique) et la ligne *AP*, ainsi que la distance *d* = *AP*.
> **Intersection** : méthode consistant à déterminer un point inconnu *P* à partir de deux stations connues *A* et *B* en mesurant les angles *α* = ∠*PAB* et *β* = ∠*PBA* (ou leurs compléments) ; aucune distance directe vers *P* n’est nécessaire.
Ces deux méthodes s’appuient sur le théorème du sinus ou du cosinus selon les grandeurs connues.
### B. Méthode du rayonnement – procédure pas à pas
1. **Installation de la station** : placer le théodolite ou la station totale sur le point connu *A*, niveler l’instrument, viser la cible de référence (nord ou point de zéro).
2. **Visée du point inconnu** : tourner l’alidade jusqu’à ce que le réticule coïncide avec le point *P* ; lire l’angle horizontal *α* (en gon ou degré).
3. **Mesure de la distance** : utiliser le télémètre laser ou l’EDM de l’instrument pour obtenir la distance *d* = *AP* (en mètres).
4. **Calcul des coordonnées** : si les coordonnées de *A* sont (*X_A*, *Y_A*) et que l’azimut de la direction de référence est *Az_ref* (souvent 0 gon pour le nord), alors :
\[
\begin{aligned}
Az_{AP} &= Az_{ref} + \alpha \\
\Delta X &= d \cdot \sin(Az_{AP}) \\
\Delta Y &= d \cdot \cos(Az_{AP}) \\
X_P &= X_A + \Delta X \\
Y_P &= Y_A + \Delta Y
\end{aligned}
\]
> **Formule du rayonnement** : \(X_P = X_A + d\sin(Az_{ref}+\alpha)\) ; \(Y_P = Y_A + d\cos(Az_{ref}+\alpha)\).
### C. Méthode de l’intersection – procédure pas à pas
1. **Installation des deux stations** : placer le théodolite sur *A* puis sur *B*, niveler chaque fois.
2. **Mesure des angles** : depuis *A*, viser *B* (azimut de référence) puis viser *P* ; lire l’angle *α* = ∠*PAB*. Depuis *B*, viser *A* puis *P* ; lire l’angle *β* = ∠*PBA*.
3. **Calcul de la base** : connaître ou mesurer la distance *AB* = *b* (en m).
4. **Détermination des coordonnées** : utiliser la loi des sinus dans le triangle *ABP* :
\[
\frac{AP}{\sin\beta} = \frac{BP}{\sin\alpha} = \frac{AB}{\sin(\alpha+\beta)}
\]
On calcule d’abord *AP* (ou *BP*) puis on procède comme en rayonnement depuis la station choisie.
> **Formule de l’intersection (distance AP)** : \(AP = \dfrac{b \cdot \sin\beta}{\sin(\alpha+\beta)}\).
### D. Exemple chiffré complet
*Données* :
- Station *A* : (*X_A*, *Y_A*) = (1200,00 m ; 3450,00 m).
- Azimut de référence (nord) = 0 gon.
- Depuis *A* : angle mesuré *α* = 45,00 gon vers le point *P*.
- Distance mesurée *AP* = 85,30 m.
**Calcul** :
\[
Az_{AP}=0+45,00=45,00\text{ gon}
\]
Conversion en degrés (1 gon = 0,9°) : 45,00 gon = 40,5°.
\[
\Delta X = 85,30 \times \sin(40,5^\circ)=85,30 \times 0,6494 = 55,40\text{ m}
\]
\[
\Delta Y = 85,30 \times \cos(40,5^\circ)=85,30 \times 0,7604 = 64,86\text{ m}
\]
\[
X_P = 1200,00 + 55,40 = 1255,40\text{ m}
\]
\[
Y_P = 3450,00 + 64,86 = 3514,86\text{ m}
\]
**Résultat** : les coordonnées planimétriques de *P* sont (1255,40 m ; 3514,86 m).
### E. Tableau récapitulatif – rayonnement vs intersection
| Critère | Rayonnement | Intersection |
|---|---|---|
| Nombre de stations connues | 1 | 2 |
| Mesures nécessaires | 1 angle + 1 distance | 2 angles (ou 1 angle + 1 distance si base connue) |
| Formule principale | \(X_P = X_A + d\sin(Az_{ref}+\alpha)\) | \(AP = \dfrac{AB\sin\beta}{\sin(\alpha+\beta)}\) |
| Avantages | Simple, rapide, nécessite peu de déplacements | Utile quand la distance directe est inaccessible (obstacle, dénivelé) |
| Inconvénients | Sensible à l’erreur de distance | Nécessite une bonne visibilité réciproque entre *A* et *B* |
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## II. Leçon 15 – Principe de détermination planimétrique par point isolé : relèvement et recoupement
### A. Définitions
> **Relèvement** : détermination d’un point *P* à partir d’une station connue *A* en mesurant l’azimut (ou le relèvement) de la ligne *AP* uniquement ; la distance est obtenue par un second relevé depuis une autre station connue *B* (ou par une mesure télémétrique indirecte).
> **Recoupement** : détermination d’un point *P* par l’intersection de deux droites définies chacune par une station connue et un azimut mesuré (relèvement) vers *P*. Aucun relevé de distance n’est requis si les deux azimuts sont connus.
Ces méthodes sont particulièrement adaptées lorsqu’on travaille avec un théodolite uniquement (sans EDM) ou lorsqu’on veut éviter les mesures de distance longues en terrain difficile.
### B. Méthode du relèvement – procédure pas à pas
1. **Première station** : installer le théodolite sur *A*, niveler, viser le nord (ou un point de référence) et lire l’azimut *Az₁* de la direction *AP*.
2. **Deuxième station** : déplacer l’instrument sur une deuxième station connue *B* (souvent choisie de façon à ce que le triangle *ABP* soit bien conditionné).
3. **Second relèvement** : depuis *B*, viser *P* et lire l’azimut *Az₂* de la direction *BP*.
4. **Calcul** : connaître les coordonnées de *A* et *B* ainsi que leurs azimuts respectifs ; on résout le système formé par les deux droites :
\[
\begin{cases}
Y - Y_A = \cot(Az₁)\,(X - X_A)\\
Y - Y_B = \cot(Az₂)\,(X - X_B)
\end{cases}
\]
On obtient *X_P* puis *Y_P* par substitution.
> **Formule du relèvement (intersection de deux droites)** :
\[
X_P = \frac{Y_B - Y_A + \cot(Az₁)X_A - \cot(Az₂)X_B}{\cot(Az₁)-\cot(Az₂)}
\]
\[
Y_P = Y_A + \cot(Az₁)\,(X_P - X_A)
\]
où \(\displaystyle \cot(Az) = \frac{\cos(Az)}{\sin(Az)}\).
### C. Méthode du recoupement – procédure pas à pas
1. **Choisir deux stations** *A* et *B* visibles depuis le point inconnu *P*.
2. **Mesurer les azimuts** : depuis *A*, azimut *Az₁* vers *P* ; depuis *B*, azimut *Az₂* vers *P*.
3. **Appliquer les mêmes équations** que pour le relèvement (les azimuts jouent le rôle des droites).
4. **Vérifier la condition de bonne géométrie** : l’angle entre les deux droites doit être compris entre 30° et 150° afin d’éviter l’amplification des erreurs.
> **Condition de bonne géométrie** : \(|\text{Az}_1 - \text{Az}_2| \notin [0°,30°] \cup [150°,180°]\).
### D. Exemple chiffré complet (relèvement)
*Données* :
- Station *A* : (2000,00 m ; 1500,00 m).
- Station *B* : (2100,00 m ; 1600,00 m).
- Depuis *A* : azimut mesuré *Az₁* = 70,00 gon (soit 63,0°).
- Depuis *B* : azimut mesuré *Az₂* = 84,00 gon (soit 75,6°).
**Conversion** :
\(\cot 63,0° = \dfrac{\cos 63,0°}{\sin 63,0°} = \dfrac{0,4540}{0,8910} = 0,5095\)
\(\cot 75,6° = \dfrac{\cos 75,6°}{\sin 75,6°} = \dfrac{0,2540}{0,9670} = 0,2625\)
**Calcul de X_P** :
\[
X_P = \frac{Y_B - Y_A + \cot(Az₁)X_A - \cot(Az₂)X_B}{\cot(Az₁)-\cot(Az₂)}
\]
\[
= \frac{1600,00 - 1500,00 + 0,5095\times2000,00 - 0,2625\times2100,00}{0,5095 - 0,2625}
\]
\[
= \frac{100,00 + 1019,00 - 551,25}{0,2470}
= \frac{567,75}{0,2470}
= 2298,60\text{ m}
\]
**Calcul de Y_P** :
\[
Y_P = Y_A + \cot(Az₁)\,(X_P - X_A)
\]
\[
= 1500,00 + 0,5095\times(2298,60 - 2000,00)
\]
\[
= 1500,00 + 0,5095\times298,60
\]
\[
= 1500,00 + 152,10
\]
\[
= 1652,10\text{ m}
\]
**Résultat** : *P* ≈ (2298,60 m ; 1652,10 m).
*(Vérification depuis B :*
\(Y_P = Y_B + \cot(Az₂)(X_P - X_B) = 1600,00 + 0,2625\times(2298,60-2100,00) = 1600,00 + 52,10 = 1652,10\text{ m}\), cohérent.)
### E. Tableau récapitulatif – relèvement vs recoupement
| Critère | Relèvement | Recoupement |
|---|---|---|
| Nombre de stations connues | 2 (ou 1 si distance mesurée) | 2 |
| Mesures nécessaires | 2 azimuts (ou 1 azimut + 1 distance) | 2 azimuts |
| Formule principale | Intersection de deux droites (voir ci‑dessus) | Même que relèvement |
| Avantages | Peu de déplacements si une distance est connue | Aucun relevé de distance requis |
| Inconvénients | Sensible à l’erreur d’azimut ; nécessite bonne visibilité | Nécessite un angle d’intersection adéquat (30°‑150°) |
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## III. Leçon 16 – Principe de détermination planimétrique par point isolé : rabattement et excentrement
### A. Définitions
> **Rabattement** : procédé consistant à déterminer un point inconnu *P* en projetant orthogonalement une ligne connue (souvent une alignement ou une droite de référence) sur le point *P* à l’aide d’un niveau ou d’un théodolite en mode « ligne de visée ». On mesure alors la distance le long de cette droite et la déviation perpendiculaire.
> **Excentrement** : méthode utilisée lorsque le point à déterminer ne peut être occupé directement (obstacle, danger). On installe l’instrument sur un point voisin *E* (excentré) connu, on mesure l’angle et la distance vers *P*, puis on ramène les mesures au point véritable par des corrections géométriques.
Ces deux techniques sont fréquentes sur les chantiers où le point d’intérêt se trouve sous un bâtiment, dans une fosse ou derrière un obstacle naturel.
### B. Méthode du rabattement – procédure pas à pas
1. **Établir une droite de référence** : aligner deux points connus *A* et *B* (par exemple un bord de route) ; vérifier l’alignement au théodolite.
2. **Installer le théodolite sur un point quelconque de la droite** (souvent le milieu *M* de *AB*).
3. **Visée du point inconnu** : tourner l’alidade jusqu’à ce que le viseur pointe *P* ; lire l’angle horizontal *θ* relatif à la droite *AB* (angle de déviation).
4. **Mesure de la distance le long de la droite** : depuis *M*, mesurer la distance *d* jusqu’au pied de la perpendiculaire tombée de *P* sur *AB* (on peut utiliser un ruban ou un télémètre).
5. **Calcul** : si la droite de référence a un azimut connu *Az_ref* (mesuré depuis le nord), alors la distance *d* donne un déplacement le long de la référence et l’angle *θ* donne une déviation perpendiculaire *e = d·tanθ* (pour petit angle, *e ≈ d·θ* en radian). Les coordonnées de *P* sont :
\[
\begin{aligned}
X_P &= X_M + d\cdot\sin(Az_{ref}) + e\cdot\cos(Az_{ref}) \\
Y_P &= Y_M + d\cdot\cos(Az_{ref}) - e\cdot\sin(Az_{ref})
\end{aligned}
\]
> **Formule du rabattement (petit angle, référence est‑ouest)** : si la droite de référence est orientée est‑ouest (*Az_ref* = 0 gon), alors :
\[
X_P = X_M + d,\qquad Y_P = Y_M + e \approx Y_M + d\cdot\theta\;(\theta\text{ en radian})
\]
### C. Méthode de l’excentrement – procédure pas à pas
1. **Choisir un point d’excentrement** *E* situé à une distance connue *d_EP* du point voulu *P* et visible depuis *E*.
2. **Installer le théodolite sur *E*** ; niveler et viser une direction de référence (ex. : nord).
3. **Mesurer l’angle** *α* entre la direction de référence et la ligne *EP*.
4. **Mesurer la distance** *d_EP* vers *P* (télémètre ou ruban).
5. **Connaître les coordonnées de *E*** (*X_E*, *Y_E*).
6. **Calculer les coordonnées de *P*** comme en rayonnement :
\[
\begin{aligned}
Az_{EP} &= Az_{ref} + \alpha \\
\Delta X &= d_{EP}\cdot\sin(Az_{EP}) \\
\Delta Y &= d_{EP}\cdot\cos(Az_{EP}) \\
X_P &= X_E + \Delta X \\
Y_P &= Y_E + \Delta Y
\end{aligned}
\]
> **Formule de l’excentrement** : identique à celle du rayonnement, mais appliquée depuis le point excentré *E*.
### D. Exemple chiffré complet (excentrement)
*Données* :
- Point excentré *E* : (3500,00 m ; 2100,00 m).
- Azimut de référence (nord) = 0 gon.
- Depuis *E* : angle mesuré *α* = 20,00 gon (soit 18,0°).
- Distance mesurée *EP* = 42,70 m.
**Calcul** :
\[
Az_{EP}=0+20,00=20,00\text{ gon}=18,0^\circ
\]
\[
\Delta X = 42,70 \times \sin(18,0^\circ)=42,70 \times 0,3090 = 13,19\text{ m}
\]
\[
\Delta Y = 42,70 \times \cos(18,0^\circ)=42,70 \times 0,9511 = 40,62\text{ m}
\]
\[
X_P = 3500,00 + 13,19 = 3513,19\text{ m}
\]
\[
Y_P = 2100,00 + 40,62 = 2140,62\text{ m}
\]
**Résultat** : *P* ≈ (3513,19 m ; 2140,62 m).
### E. Tableau récapitulatif – rabattement vs excentrement
| Critère | Rabattement | Excentrement |
|---|---|---|
| Nombre de stations connues | 2 points définissant la droite de référence | 1 point connu (excentré) |
| Mesures nécessaires | 1 angle de déviation + 1 distance le long de la droite | 1 angle + 1 distance vers le point |
| Formule principale | \(X_P = X_M + d\) ; \(Y_P \approx Y_M + d\cdot\theta\) (si référence est‑ouest) | Même que rayonnement depuis *E* |
| Avantages | Utile quand le point est inaccessible mais aligné avec une référence | Permet de contourner un obstacle dangereux |
| Inconvénients | Nécessite une bonne orthogonalité ; erreur si la droite n’est pas parfaitement connue | Dépend de la précision de la distance *EP* et de l’angle mesuré |
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## Synthèse du chapitre
- **Rayonnement** : 1 station connue, 1 angle + 1 distance → coordonnées par formules de trigonométrie plane.
- **Intersection** : 2 stations connues, 2 angles (ou 1 angle + base) → loi des sinus, pas de mesure directe vers *P*.
- **Relèvement / Recoupement** : 2 stations connues, 2 azimuts → intersection de deux droites définies par les azimuts.
- **Rabattement** : droite de référence connue, angle de déviation + distance le long de la droite → projection orthogonale.
- **Excentrement** : point connu excentré, angle + distance → même calcul que le rayonnement, appliqué depuis le point excentré.
Chaque méthode possède des conditions de bonne géométrie (angle entre lignes de visée compris entre 30° et 150°) et des précautions de sécurité (vérification du nivellement, port du casque, signalisation du périmètre de travail).
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## Glossaire
- **Azimut** : angle horizontal mesuré dans le sens horaire depuis le nord géographique, exprimé en gon, degré ou radian.
- **Gon** : unité d’angle où 400 gon = 360° ; 1 gon = 0,9°.
- **Théodolite** : instrument optique permettant de mesurer des angles horizontaux et verticaux avec précision.
- **Station totale** : théodolite intégré à un télémètre laser (EDM) permettant de mesurer angles et distances simultanément.
- **EDM (Electronic Distance Measurement)** : dispositif qui mesure la distance par propagation d’onde électromagnétique (laser ou micro‑onde).
- **Alignement** : suite de points situés sur une même droite géographique, utilisée comme référence de rabattement.
- **Excentrement** : déplacement de l’instrument vers un point voisin connu pour éviter un obstacle lors de la visée du point voulu.
- **Rabattement** : projection orthogonale d’un point sur une droite de référence pour déterminer ses coordonnées.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Rayonnement (chantier de lotissement à Yaoundé)
Un géomètre doit déterminer les coordonnées d’un point de coin *P* d’une parcelle. Il installe sa station totale sur le point connu *A* (X_A = 5000,00 m ; Y_A = 2000,00 m). Il oriente l’instrument vers le nord (azimut de référence = 0 gon) puis vise *P* et lit un angle horizontal de 38,00 gon. La distance mesurée *AP* est de 62,40 m.
**Corrigé** :
- Convertir l’angle : 38,00 gon × 0,9 = 34,2°.
- Azimut AP = 0 + 38,00 = 38,00 gon = 34,2°.
- ΔX = 62,40 × sin(34,2°) = 62,40 × 0,562 = 35,07 m.
- ΔY = 62,40 × cos(34,2°) = 62,40 × 0,827 = 51,60 m.
- X_P = 5000,00 + 35,07 = 5035,07 m.
- Y_P = 2000,00 + 51,60 = 2051,60 m.
**Réponse** : *P* ≈ (5035,07 m ; 2051,60 m).
### Exercice 2 – Intersection (levé d’un pylône électrique à Douala)
Deux stations *A* (X_A = 1200,00 m ; Y_A = 800,00 m) et *B* (X_B = 1300,00 m ; Y_B = 900,00 m) sont utilisées pour déterminer la base d’un pylône *P*. On mesure les angles internes au triangle *ABP* : depuis *A*, l’angle α = ∠PAB = 20,00 gon ; depuis *B*, l’angle β = ∠PBA = 25,00 gon.
**Corrigé** :
- Calcul de la base AB :
\[
AB = \sqrt{(X_B-X_A)^2 + (Y_B-Y_A)^2}
= \sqrt{(100,00)^2 + (100,00)^2}
= \sqrt{20000,00}
≈ 141,42\text{ m}
\]
- Conversion des angles en degrés (1 gon = 0,9°) :
α = 20,00 gon = 18,0° ; β = 25,00 gon = 22,5° ; α+β = 45,00 gon = 40,5°.
- Application de la loi des sinus pour obtenir la distance AP :
\[
AP = \frac{AB \cdot \sin\beta}{\sin(\alpha+\beta)}
= \frac{141,42 \times \sin 22,5°}{\sin 40,5°}
≈ \frac{141,42 \times 0,3827}{0,6494}
≈ \frac{54,12}{0,6494}
≈ 83,38\text{ m}
\]
- Azimut de la ligne AB depuis *A* :
\[
Az_{AB} = \atan2(X_B-X_A,\; Y_B-Y_A) = \atan2(100,00,\;100,00) = 45° = 50,00\text{ gon}
\]
- Azimut de la ligne AP :
\[
Az_{AP} = Az_{AB} + α = 50,00\text{ gon} + 20,00\text{ gon} = 70,00\text{ gon} = 63,0°
\]
- Décomposition de AP en composantes :
\[
\Delta X = AP \cdot \sin(Az_{AP}) = 83,38 \times \sin 63,0° = 83,38 \times 0,8910 = 74,30\text{ m}
\]
\[
\Delta Y = AP \cdot \cos(Az_{AP}) = 83,38 \times \cos 63,0° = 83,38 \times 0,4540 = 37,86\text{ m}
\]
- Coordonnées de *P* :
\[
X_P = X_A + \Delta X = 1200,00 + 74,30 = 1274,30\text{ m}
\]
\[
Y_P = Y_A + \Delta Y = 800,00 + 37,86 = 837,86\text{ m}
\]
**Réponse** : le pylône se trouve approximativement en (1274,30 m ; 837,86 m).
*(Note : on peut vérifier la cohérence en calculant de même la distance BP et l’azimut BP ; les résultats doivent être concordants.)*
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|---|---|---|---|
| 1 | **Mauvaise mise à niveau du théodolite** (bulle non centrée) | Erreur systématique sur tous les angles mesurés → déformation du levé | Vérifier la nivelle avant chaque série de mesures ; reprendre la mise à niveau si la bulle dépasse 2 mm. |
| 2 | **Confusion entre gon et degré** lors de la conversion d’azimut | Calcul de coordonnées faux de plusieurs dizaines de mètres | Toujours noter l’unité utilisée ; appliquer le facteur 0,9 °/gon ou 1,111… gon/° systématiquement. |
| 3 | **Mesure de distance avec ruban non tendu ou soumis au vent** | Sous‑ ou sur‑estimation de la distance → erreur de position proportionnelle | tendre le ruban à la force normale (≈5 kg) ; effectuer la mesure à l’abri du vent ou utiliser un télémètre laser. |
| 4 | **Excentrement sans contrôle de la visée de référence** (ex. : viser un point qui n’est pas réellement le nord) | Azimut de référence erroné → toutes les dérivées d’azimut sont biaisées | Avant chaque série, viser un point de connu (borne, repère géodésique) dont l’azimut est certifié ; répéter la visée pour vérifier la répétabilité. |
| 5 | **Non‑respect du périmètre de sécurité autour de la station totale** (personnes ou véhicules traversant le faisceau laser) | Risque de blessure oculaire ou de détérioration de l’instrument | Délimiter la zone de travail avec des rubans de signalisation ; arrêter le mesure tant que le faisceau traverse une zone occupée. |
| 6 | **Utilisation d’un théodolite non vérifié après un choc** (chute, impact) | Défaut de collimation entraînant une erreur angulaire constante | Après tout choc, effectuer un test de collimation (visée d’une cible connue en deux positions) et, si nécessaire, envoyer l’appareil en étalonnage. |
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