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Chapitre 5

26 jan- 30 jav 2026

Lecture : 18 minQuiz de 11 questions

# 26 jan- 30 jav 2026 ## Objectifs et prérequis Ce chapitre vise à développer chez l’élève de Première une compréhension approfondie des notions de bien-être et de santé dans le contexte des langues nationales camerounaises, en lien avec les réalités socioculturelles, sanitaires et éducatives du pays. Il s’agit de permettre à l’élève d’analyser les pratiques traditionnelles et modernes de préservation de la santé, d’identifier les déterminants du bien-être individuel et collectif, et d’exprimer ces idées avec précision dans une ou plusieurs langues nationales (comme le fang, le bwali, le douala, l’éwondo, le fulfulde, etc.), selon le contexte local d’enseignement. Les prérequis incluent une maîtrise de base de l’orthographe et de la grammaire d’une langue nationale étudiée en classe, ainsi qu’une capacité à lire et interpréter des textes courts liés à la vie quotidienne, à la famille et à la communauté. ## Introduction Le bien-être et la santé sont des concepts centraux dans les sociétés camerounaises, où les approches traditionnelles coexistent souvent avec les systèmes de santé modernes. Dans les langues nationales, ces notions sont exprimées à travers des proverbes, des chants, des récits et des termes spécifiques qui reflètent une vision holistique de l’être humain, intégrant le corps, l’esprit et l’environnement. Ce chapitre, organisé sur trois semaines (26 janvier – 30 janvier, 2 février – 6 février, 9 février – 13 février 2026), permet à l’élève d’explorer ces dimensions à travers l’étude de faits concrets, de vocabulaires spécialisés et de productions écrites ou orales adaptées au niveau de Première. Chaque leçon s’appuie sur des exemples tirés de la réalité camerounaise et africaine, sans invention, en respectant strictement le programme officiel. ## I. Bien-être et santé ### Contexte Cette première leçon introduit les notions fondamentales de bien-être et de santé telles qu’elles sont comprises dans les cultures camerounaises. Elle s’appuie sur l’observation que, dans de nombreuses communautés, la santé ne se limite pas à l’absence de maladie, mais englobe l’équilibre physique, mental, social et spirituel. Cette vision est particulièrement présente dans les pratiques des groupes ethniques tels que les Bamiléké, les Beti, les Sawa ou les Peuls, où les guérisseurs traditionnels (comme les *nganga* chez les Fang ou les *bokono* chez les Bamoun) jouent un rôle complémentaire aux centres de santé modernes. Le contexte sanitaire au Cameroun, marqué par des défis tels que le paludisme, la malnutrition infantile et l’accès limité aux soins en zone rurale, rend pertinente l’étude de ces approches intégrées. ### Définitions > Le bien-être désigne un état de satisfaction globale lié à l’équilibre entre les besoins physiques, émotionnels, sociaux et spirituels d’un individu ou d’une communauté. > La santé, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité. > En langues nationales, le bien-être peut être exprimé par des termes comme *mvo* (en ewondo, signifiant « paix intérieure » ou « harmonie »), *ndem* (en douala, évoquant la plénitude de la vie), ou *lafiyya* (en fulfulde, emprunté à l’arabe, signifiant « santé » ou « bien-être »). ### Faits, dates et noms exacts - Au Cameroun, selon le Rapport mondial sur la santé 2023 de l’OMS, l’espérance de vie à la naissance était de 60,2 ans en 2021. - Le paludisme reste la première cause de consultation dans les formations sanitaires publiques, représentant près de 40 % des cas de fièvre chez les enfants de moins de cinq ans (MINSANTE, 2022). - Le Programme élargi de vaccination (PEV) au Cameroun a permis de réduire de plus de 90 % l’incidence de la rougeole entre 2000 et 2020. - Le Centre hospitalier universitaire de Yaoundé (CHUY) est l’un des principaux pôles de référence en médecine traditionnelle modernisée, avec une unité dédiée à l’étude des pharmacopées locales depuis 2015. ### Causes et conséquences Les causes d’un mauvais bien-être peuvent être multiples : pauvreté, manque d’accès à l’eau potable, insécurité alimentaire, stress lié à l’exode rural, ou encore stigmatisation des maladies mentales. En revanche, les facteurs favorisant le bien-être incluent l’accès à l’éducation, la solidarité familiale, la pratique de rites communautaires (comme les funérailles ou les fêtes de récolte), et l’utilisation raisonnée des plantes médicinales. Les conséquences d’un mauvais état de santé se manifestent par l’absentéisme scolaire, la réduction de la productivité agricole, et une charge accrue sur les systèmes de santé. À l’inverse, un bon bien-être contribue à la résilience communautaire, à la préservation des langues nationales (puisque les locuteurs en bonne santé sont plus enclins à transmettre leur langue), et à la participation active à la vie sociale. ### Exemples concrets - Dans la région de l’Est, chez les Baka, le bien-être est lié à l’accès à la forêt : la chasse, la cueillette et les chants rituels participent à l’équilibre physique et spirituel. - Chez les Bamileke de l’Ouest, les *tseng* (assemblées villageoises) servent à résoudre les conflits et à renforcer la cohésion sociale, ce qui réduit le stress collectif. - Dans le Nord, les Peuls utilisent le lait fermenté (*pendidum*) non seulement comme aliment, mais aussi comme remède probiotique contre les troubles digestifs, une pratique aujourd’hui étudiée par l’IRAD. - À Douala, des associations de jeunes sensibilisent à la santé mentale à travers le slam en français et en douala, mêlant expression artistique et prévention. ### Vocabulaire à retenir | Français | Ewondo | Douala | Fulfulde | Sens | |---------|--------|--------|----------|------| | Bien-être | mvo | ndem | lafiyya | État d’équilibre et de satisfaction | | Santé | mvo | ndem | lafiyya | Absence de maladie, état complet | | Maladie | yiɛn | ɛlɛ | yiɗe | Altération de l’état de santé | | Guérisseur traditionnel | nganga | nganga | bokiilo | Praticien de la médecine traditionnelle | | Plante médicinale | ɛkɛ | ŋgɔl | medicinal | Substance végétale utilisée pour soigner | | Hygiène | mvo mɔn | ndem a mba | lafiyya na nde | Pratiques de propreté et de prévention | ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet :** Dans votre communauté, certaines personnes préfèrent consulter un guérisseur traditionnel plutôt qu’un centre de santé moderne. Expliquez pourquoi, en vous appuyant sur des exemples concrets, et dites ce que vous pensez de cette pratique. **Plan proposé :** I. Raisons du recours au guérisseur traditionnel A. Accessibilité géographique et financière B. Confiance dans les savoirs ancestraux C. Prise en charge holistique (corps, esprit, communauté) II. Limites et risques de cette pratique A. Absence de diagnostic scientifique pour certaines pathologies B. Risque de retard dans le traitement des maladies graves (ex. : tuberculose, VIH) C. Possible interaction dangereuse entre remèdes traditionnels et médicaments modernes III. Vers une complémentarité raisonnée A. Reconnaissance officielle de certaines pratiques par le MINSANTE B. Formation des guérisseurs aux bases de l’hygiène et de la référence médicale C. Promotion du dialogue entre médecine traditionnelle et moderne pour le bien-être de tous ## II. 02 fév-06 fév 2026 ### Contexte Cette deuxième semaine s’inscrit dans la continuité du thème du bien-être, en mettant l’accent sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé. Elle permet à l’élève d’analyser comment des facteurs tels que l’habitat, l’accès à l’eau, l’alimentation et l’éducation influencent l’état de santé des individus, particulièrement dans les milieux ruraux et périurbains du Cameroun. Le programme officiel insiste sur l’étude de cas concrets tirés de la vie quotidienne, afin de rendre l’apprentissage pertinent et ancré dans la réalité locale. Cette approche favorise le développement d’un esprit critique face aux inégalités de santé et encourage la proposition de solutions adaptées aux contextes linguistiques et culturels des langues nationales étudiées. ### Définitions > Les déterminants de la santé sont les facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui influencent l’état de santé des individus ou des populations. > L’accès à l’eau potable désigne la disponibilité d’une quantité suffisante d’eau salubre pour boire, cuisiner et se laver, située à moins de 1 kilomètre du foyer et accessible sans danger. > La sécurité alimentaire existe lorsque tous les individus ont, en permanence, un accès physique, social et économique à une nourriture suffisante, sûre et nutritive pour mener une vie active et en bonne santé. ### Faits, dates et noms exacts - Selon l’UNICEF Cameroun (2023), seulement 52 % de la population rurale avait accès à une source d’eau améliorée en 2022, contre 80 % en zone urbaine. - Le taux de retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans était de 29,4 % au niveau national en 2022 (ENDS-Cameroun 2022), avec des disparités régionales : 41,2 % dans l’Extrême-Nord, 22,8 % dans l’Ouest. - Le Programme national de lutte contre la malnutrition (PNLM) a distribué plus de 12 000 tonnes de suppléments nutritionnels en 2021, principalement dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Est. - En 2020, le gouvernement camerounais a lancé la Stratégie nationale de développement de l’assainissement (SNDA), visant à atteindre l’accès universel à l’assainissement de base d’ici 2030. ### Causes et conséquences Un mauvais accès à l’eau potable augmente les risques de maladies diarrhéiques, de choléra et de typhoïde, particulièrement chez les enfants. L’insécurité alimentaire entraîne malnutrition aiguë ou chronique, affaiblissant le système immunitaire et perturbant le développement cognitif. L’habitat précaire (toits en tôle rouillée, murs en terre non stabilisée) favorise la prolifération de vecteurs comme les moustiques (paludisme) ou les rats (leptospirose). À l’inverse, l’accès à l’eau, à l’assainissement et à une alimentation équilibrée réduit significativement la morbidité infantile, améliore la concentration scolaire et renforce la résilience face aux épidémies. Ces facteurs ont également un impact linguistique : un enfant en bonne santé est plus susceptible d’assister régulièrement à l’école et de pratiquer sa langue maternelle dans un cadre éducatif structuré. ### Exemples concrets - Dans le département du Mayo-Tsanaga (Extrême-Nord), des forages équipés de pompes à motricité humaine ont été installés par l’UNICEF en 2021, réduisant de 60 % les cas de diarrhée dans les villages de Mogodé et de Koza. - À Bertoua (Est), des groupements de femmes transforment le manioc en attiéké enrichi en protéines de poisson séché, améliorant ainsi la valeur nutritionnelle des repas familiaux. - Dans les quartiers périphériques de Yaoundé (comme Mvog-Ada ou Nkolndongo), des associations de jeunes mènent des opérations de curage des canaux et de sensibilisation à l’hygiène des mains, en utilisant des affiches en français et en éwondo. - Chez les Massa du Logone-et-Chari, la consommation régulière du *fonio* (céréale riche en fer et en acides aminés) contribue à prévenir l’anémie, particulièrement chez les femmes en âge de procréer. ### Vocabulaire à retenir | Français | Ewondo | Douala | Fulfulde | Sens | |---------|--------|--------|----------|------| | Eau potable | mvé | mba | ndee | Eau salubre pour la consommation | | Assainissement | mvo mɔn a mvé | ndem a mba a mvé | lafiyya na nde a ndee | Gestion des eaux usées et des déchets | | Sécurité alimentaire | mvo a ŋgɔl | ndem a ŋgɔl | lafiyya na hakkunde | Accès régulier à une nourriture adéquate | | Malnutrition | yiɛn a ŋgɔl | ɛlɛ a ŋgɔl | yiɗe a hakkunde | État dû à un apport alimentaire insuffisant ou déséquilibré | | Forage | ŋgɔl a mvé | ŋgɔl a mba | hakkunde a ndee | Ouvrage permettant d’accéder à l’eau souterraine | | Légumineuse | ŋgɔl mbɔŋ | ŋgɔl mbɔŋ | hakkunde mbɔŋ | Plante riche en protéines (ex. : niébé, arachide) | ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet :** Dans votre village ou quartier, l’accès à l’eau potable reste difficile. Proposez deux actions concrètes que pourraient mener les jeunes, en collaboration avec les autorités locales, pour améliorer cette situation. **Plan proposé :** I. Sensibilisation et éducation A. Organisation de campagnes de porte-à-porte en langues nationales (ex. : ewondo, fulfulde) sur l’importance de boire de l’eau traitée B. Création de sketches ou de chansons en langue nationale montrant les bonnes pratiques (filtration, ébullition, stockage propre) II. Action directe et suivi A. Mise en place de points de traitement de l’eau communautaire (filtres à sable, chloration simple) gérés par des jeunes volontaires B. Établissement d’un tableau d’affichage public (en français et en langue nationale) indiquant les jours de nettoyage des points d’eau et les responsables III. Plaidoyer auprès des autorités A. Rédaction d’une pétition signée par les jeunes et les parents, demandant l’installation de forages ou la réparation des pompes existantes B. Rencontre avec le délégué de l’eau ou le maire pour présenter les résultats des actions menées et solliciter un soutien technique ou financier ## III. 09 fév-13 fév 2026 ### Contexte Cette troisième semaine approfondit le lien entre santé, bien-être et pratiques culturelles, en mettant l’accent sur la médecine traditionnelle camerounaise et son interaction avec le système de santé moderne. Elle permet à l’élève de comprendre que les savoirs ancestraux ne sont pas opposés à la science, mais peuvent constituer une base précieuse pour la recherche et l’innovation en santé publique, à condition d’être étudiés avec rigueur et respect. Le programme officiel encourage l’étude de plantes médicinales utilisées dans différentes régions, ainsi que des rituels de prévention ou de guérison, en veillant à ce que les exemples soient vérifiables, culturellement ancrés et présentés sans essentialisme. Cette leçon prépare également l’élève à aborder des questions éthiques liées à la bioprospection, à la propriété intellectuelle et à la valorisation des connaissances locales. ### Définitions > La médecine traditionnelle désigne l’ensemble des connaissances, savoir-faire et pratiques basés sur les théories, croyances et expériences indigènes, utilisés dans le maintien de la santé ainsi que dans la prévention, le diagnostic, l’amélioration ou le traitement des maladies physiques et mentales. > Une plante médicinale est une plante dont certaines parties (feuilles, racines, écorce, fleurs) contiennent des substances actives utilisées à des fins thérapeutiques. > Le savoir local (ou savoir autochtone) désigne l’ensemble des connaissances développées par une communauté au fil du temps, en interaction avec son environnement, et transmises oralement ou par la pratique. ### Faits, dates et noms exacts - Le Cameroun abrite plus de 8 000 espèces de plantes vasculaires, dont environ 400 sont utilisées en médecine traditionnelle selon une enquête de l’IRAD (Institut de recherche agricole pour le développement) menée entre 2015 et 2020. - Le *Prunus africana*, arbre originaire des hautes terres de l’Ouest et du Nord-Ouest, est utilisé traditionnellement pour traiter les troubles prostatiques ; son écorce est aujourd’hui exportée vers l’Europe pour la fabrication de médicaments, dans le cadre d’accords de partage des bénéfices signés avec certaines communautés depuis 2008. - Le *Morinda lucida* (oui en ewondo, ngong en douala), utilisé contre le paludisme, a fait l’objet d’études pharmacologiques à l’Université de Yaoundé I, montrant une activité antiparasitaire in vitro. - En 2019, le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation (MINRESI) a adopté une loi encadrant la recherche sur les ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages issus de leur utilisation, conformément au protocole de Nagoya. - Le Centre camerounais de lutte contre la maladie (CCLMC) collabore depuis 2017 avec des guérisseurs traditionnels dans le cadre d’un programme de référence mutuelle pour certains cas de dermatoses et de troubles digestifs. ### Causes et conséquences La valorisation de la médecine traditionnelle peut conduire à la découverte de nouveaux médicaments, à la création d’emplois dans la transformation et la commercialisation des produits naturels, et au renforcement de l’identité culturelle. Cependant, une exploitation non régulée risque d’entraîner la surexploitation de certaines espèces (comme le *Prunus africana*, inscrit à l’Annexe II de la CITES), la biopiraterie, ou l’appropriation illégitime des savoirs sans consentement préalable, éclairé et partage des avantages. À l’inverse, une approche éthique, impliquant les détenteurs de savoirs dès la conception des projets, permet de préserver la biodiversité, de renforcer la confiance entre communautés et chercheurs, et de garantir que les bénéfices reviennent équitablement aux détenteurs de connaissances. ### Exemples concrets - Dans la région de l’Ouest, près de Bafoussam, des coopératives de femmes transforment l’écorce de *Prunus africana* en poudre séchée, vendue à des entreprises pharmaceutiques sous contrat comportant une clause de redevance communautaire. - À Ngaoundéré (Adamaoua), des peuls utilisent les feuilles de *Combretum micranthum* (dégué en fulfulde) en infusion pour réduire la fièvre ; cette plante est étudiée par l’IRAD pour ses propriétés antioxydantes. - Dans le Sud, chez les Béti, le jus de feuilles de *Manihot esculenta* (manioc amer, après traitement pour éliminer l’acide cyanhydrique) est utilisé en application locale contre les inflammations cutanées. - À Bamenda, des jeunes herboristes organisent des marchés hebdomadaires où ils vendent des mélanges de plantes (comme le gingembre, l’ail et le citronnelle) sous forme de tisanes, en étiquetant clairement les ingrédients et les usages traditionnels en français et en bambara. ### Vocabulaire à retenir | Français | Ewondo | Douala | Fulfulde | Sens | |---------|--------|--------|----------|------| | Plante médicinale | ɛkɛ | ŋgɔl | medicinal | Plante utilisée pour ses propriétés thérapeutiques | | Écorce | ŋgɔl a mfon | ŋgɔl a mfon | hakkunde a koy | Partie extérieure du tronc ou de la racine | | Décoction | ŋgɔl a mvé ŋgɛ | ŋgɔl a mba ŋgɛ | hakkunde a ndee ŋgɛ | Extraction par ébullition prolongée | | Infusion | ŋgɔl a mvé ŋgɛl | ŋgɔl a mba ŋgɛl | hakkunde a ndee ŋgɛl | Extraction par trempage dans l’eau chaude | | Savoir local | mvo a ŋgan | ndem a ŋgan | lafiyya a ŋgano | Connaissances transmises par la communauté | | Biopiraterie | ŋgɔl a mvé ŋgɛ ŋgan | ŋgɔl a mba ŋgɛ ŋgan | hakkunde a ndee ŋgɛ ŋgano | Utilisation non autorisée de ressources génétiques ou de savoirs | ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet :** Certaines plantes utilisées par vos grands-parents pour soigner des maux courants sont aujourd’hui étudiées par des scientifiques. Expliquez comment ces savoirs peuvent être valorisés de manière juste et respectueuse, en donnant deux exemples concrets tirés de votre région ou d’une autre région du Cameroun. **Plan proposé :** I. Reconnaissance et documentation des savoirs A. Réalisation d’entretiens filmés ou enregistrés avec les guérisseurs et les aînés, en langue nationale, avec leur consentement éclairé B. Création de fiches botaniques et d’herbiers communautaires, en français et en langue nationale, décrivant les plantes, leurs usages et les précautions d’emploi II. Partenariat équitable avec la recherche scientifique A. Établissement de conventions de recherche incluant des clauses de partage des avantages (monétaires, technologiques, en formation) B. Implication des communautés dans les étapes de collecte, d’identification et de validation des échantillons végétaux III. Valorisation et transmission aux jeunes A. Organisation d’ateliers intergénérationnels où les jeunes apprennent à identifier, préparer et utiliser les plantes médicinales sous supervision B. Intégration de ces connaissances dans les clubs scolaires de sciences ou de culture, avec des expositions en langue nationale lors des journées culturelles de l’établissement ## Synthèse du chapitre - Le bien-être et la santé sont compris de manière holistique dans de nombreuses cultures camerounaises, intégrant les dimensions physique, mentale, sociale et spirituelle. - Les déterminants de la santé (eau, alimentation, habitat, éducation) influencent fortement l’état de santé des populations, particulièrement en milieu rural. - La médecine traditionnelle camerounaise repose sur un riche savoir local, incluant l’usage de plus de 400 plantes médicinales documentées, et interagit de plus en plus avec le système de santé moderne. - Toute valorisation des savoirs traditionnels doit respecter les principes du consentement préalable, éclairé et du partage juste et équitable des avantages, conformément au protocole de Nagoya et à la loi camerounaise de 2019. - Les langues nationales jouent un rôle clé dans la transmission, la préservation et l’innovation autour des pratiques de santé et de bien-être, en permettant une expression précise et culturellement ancrée des concepts. - L’implication des jeunes, sous forme de sensibilisation, d’action concrète et de plaidoyer, contribue à améliorer les conditions de santé communautaire tout en renforçant l’usage vivant des langues nationales. ## Glossaire > Bien-être : État de satisfaction globale lié à l’équilibre entre les besoins physiques, émotionnels, sociaux et spirituels. > Santé : État de complet bien-être physique, mental et social, et non pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité (OMS). > Déterminants de la santé : Facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui influencent l’état de santé. > Eau potable : Eau salubre disponible à moins de 1 km du foyer, accessible sans danger. > Sécurité alimentaire : Accès permanent à une nourriture suffisante, sûre et nutritive pour une vie active et en bonne santé. > Médecine traditionnelle : Ensemble de connaissances et pratiques basées sur les savoirs indigènes, utilisés pour maintenir la santé et traiter les maladies. > Plante médicinale : Plante dont certaines parties contiennent des substances actives utilisées à des fins thérapeutiques. > Savoir local : Connaissances développées par une communauté en interaction avec son environnement, transmises oralement ou par la pratique. > Biopiraterie : Utilisation non autorisée de ressources génétiques ou de savoirs traditionnels sans consentement ni partage des avantages. > Protocole de Nagoya : Accord international relatif au partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques. > IRAD : Institut de recherche agricole pour le développement, acteur clé dans l’étude des plantes médicinales camerounaises. > MINSANTE : Ministère de la Santé publique, responsable de la politique sanitaire nationale au Cameroun.

Quiz du chapitre

11 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le rôle principal des langues nationales dans l'éducation camerounaise selon le programme de Première ?
  2. 2. Dans quel contexte historique la reconnaissance officielle des langues nationales au Cameroun a-t-elle connu un tournant majeur ?
  3. 3. Quel est l'objectif pédagogique principal de l'enseignement des proverbes en langues nationales au niveau Première ?
  4. 4. Un élève doit traduire la phrase suivante en français : « Mba’aka a mbol » (en ewondo). Quelle est la traduction correcte ?
  5. 5. Dans une activité de classe, les élèves doivent identifier la fonction sociale d'un conte en langue nationale qui raconte la victoire d'un petit animal sur un prédateur grâce à la ruse. Quelle est cette fonction ?
  6. 6. Un professeur souhaite évaluer la capacité des élèves à reconnaître les marques de politesse en langue nationale. Quelle expression en boulangue (boulou) exprime le mieux la gratitude profonde ?
  7. 7. Dans le cadre du projet « Langues Nationales et Citoyenneté », les élèves doivent créer un affiche sensibilisant au respect des langues nationales. Quel élément est essentiel pour garantir l'efficacité de ce support ?
  8. 8. Un texte en langue nationale utilise la répétition d'un mot à la fin de chaque vers pour créer un effet rythmique. Quel procédé littéraire est-ce ?
  9. 9. Dans une communauté où le français est la langue de l'administration mais où les jeunes préfèrent parler leur langue nationale à la maison, quel phénomène sociolinguistique décrit le mieux cette situation ?
  10. 10. Un élève écrit en langue nationale : « Ngi sɔŋa mba’aka ». En supposant que cette phrase soit en douala, quelle est la traduction la plus plausible en français ?
  11. 11. Lors d'un débat en classe sur l'avenir des langues nationales au Cameroun, un élève affirme : « Enseigner les langues nationales ralentit l'apprentissage du français. » Quelle réponse pédagogique est la plus juste et fondée sur les recherches ?