Chapitre 3
THÈME III : ÉDUCATION ARTISTIQUE ET DÉCORATIVE
Lecture : 21 minQuiz de 12 questions
# THÈME III : ÉDUCATION ARTISTIQUE ET DÉCORATIVE
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à permettre à l’élève de Première en Économie Sociale et Familiale de maîtriser les techniques de base du matelassage appliquées à la confection de poignets de cuisine, en intégrant les notions de tracé de patrons, d’établissement de la gamme de montage et de réalisation pratique. À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- Définir le matelassage et identifier son utilité dans la confection textile ;
- Lister et justifier le choix du matériel nécessaire au matelassage ;
- Tracer avec précision les patrons des poignets de cuisine selon les normes de coupe ;
- Établir une gamme de montage logique et séquentielle pour la confection d’un poignet de cuisine ;
- Réaliser, en travaux pratiques, la coupe, l’assemblage, le matelassage et la finition d’un poignet de cuisine conforme aux attentes fonctionnelles et esthétiques ;
- Appliquer les règles de sécurité et d’hygiène en atelier de couture.
**Prérequis** : connaissances de base en couture à la main et à la machine (point droit, point arrière, ourlet simple), lecture de schémas techniques, utilisation du mètre ruban et du papier à patron, notions de symétrie et de mesures corporelles appliquées aux accessoires de cuisine.
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## I. Le matelassage – définition et matériel
### Définition du matelassage
> Le matelassage est une technique de couture consistant à piquer deux ou plusieurs couches de tissu, séparées par une matière de rembourrage (ouate, molleton, etc.), en suivant un motif régulier (losanges, carrés, lignes parallèles) afin de maintenir le rembourrage en place, d’augmenter l’épaisseur, la chaleur, la résistance et l’aspect esthétique de l’ouvrage.
Cette technique est particulièrement adaptée aux objets soumis à des frottements, à la chaleur ou à une utilisation fréquente, comme les poignets de cuisine, les maniques, les sets de table ou les housses de chaise. Le matelassage évite le déplacement du rembourrage lors du lavage ou de l’usage, améliore l’isolation thermique et confère une meilleure tenue structurale.
### Matériel utilisé pour le matelassage
Le matelassage nécessite un matériel spécifique, adapté à la superposition de couches et à la piqûre régulière :
| Élément | Fonction | Précisions d’usage |
|--------|----------|---------------------|
| Tissu extérieur (coton, lin, toile de jute) | Support visible, résistant à l’usure | Doit être lavable à 60°C, de préférence teinté dans la masse |
| Tissu intérieur (coton léger, doublure) | Couche de contact avec l’aliment ou la main | Doit être doux, non pelucheux, absorbant |
| Ouate ou molleton (polyester ou coton) | Rembourrage isolant | Épaisseur recommandée : 2 à 5 mm selon l’usage ; doit être non feu et hypoallergénique |
| Aiguille à matelasser (ou aiguille universelle 90/14) | Piquer à travers les trois couches | Pointe légèrement arrondie pour éviter de déchirer les fibres |
| Fil de coton polyester (40 wt) | Couture résistante et lavable | Couleur assortie ou contrastée selon le motif souhaité |
| Pied-de-biche à marche égale (ou pied double entraînement) | Avance uniforme des couches supérieures et inférieures | Essentiel pour éviter le décalage des tissus pendant la piqûre |
| Règle, craie de tailleur, épingles à tête plate | Tracé et maintien des couches | La craie doit être facilement lavable ; les épingles doivent être inoxydables |
| Ciseaux de couture ou cutter rotatif | Coupe précise des tissus | Doivent être affûtés et réservés exclusivement au tissu |
| Fer à repasser | Plaquage préalable des couches | Température adaptée au tissu (coton : 180–200°C) ; utiliser une pattemouille si nécessaire |
> Le choix du matériel doit répondre à trois critères : compatibilité avec le lavage fréquent, résistance à la chaleur (jusqu’à 200°C pour contact bref avec une poêle chaude), et absence de substances nocives en contact avec les aliments.
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## II. Les patrons des poignets de cuisine
### Tracé des patrons des poignets de cuisine
Le poignet de cuisine est un accessoire destiné à protéger l’avant-bras et la main lors de la manipulation d’ustensiles chauds. Sa forme est généralement un rectangle allongé avec une extrémité arrondie ou en biais pour faciliter l’enfilage et le maintien.
#### Étapes du tracé du patron :
1. **Prise de mesures** :
- Longueur du poignet : mesurer de la base du pouce jusqu’à 5 cm au-delà du coude (environ 25 à 30 cm selon la morphologie).
- Largeur : 10 à 12 cm (pour couvrir largement l’avant-bras sans gêner le mouvement).
- Arrondi de l’extrémité : rayon de 3 à 4 cm pour une forme ergonomique.
2. **Report sur papier à patron** :
- Dessiner un rectangle de dimensions : longueur = mesure prise + 2 cm (ourlet de 1 cm de chaque côté), largeur = 12 cm.
- À une extrémité, tracer un quart de cercle de rayon 4 cm pour former l’arrondi.
- Reporter le tracé sur le tissu en ajoutant les marges de couture :
- 1 cm tout autour pour l’assemblage,
- 2 cm en bas pour l’ourlet de finition (si non ourlé séparément).
3. **Symétrie et report** :
- Le patron est généralement tracé en demi-patron sur pliure, puis reporté en entier après découpe du pli.
- Vérifier la symétrie par pliage : les deux moitiés doivent coïncider parfaitement.
> Le patron doit être tracé sur papier à patron rigide (type papier kraft ou papier calque) pour permettre une reproduction fidèle et réutilisable. Il doit porter les indications suivantes : sens du tissu, numéro de pièce, marges de couture, et repères d’assemblage (cran, pointe).
#### Exemple résolu : tracé d’un patron de poignet de cuisine pour un adulte
- Mesure du bras (pouce à 5 cm au-delà du coude) : 28 cm
- Longueur du rectangle : 28 cm + 2 cm (marges) = 30 cm
- Largeur : 12 cm
- Arrondi : rayon de 4 cm
- Marges de couture : 1 cm sur les côtés et le haut, 2 cm en bas pour ourlet
- Tracé sur papier : rectangle de 30 cm × 12 cm, avec un quart de cercle de rayon 4 cm en haut à droite (ou gauche selon la main dominante)
#### Exercices d’application corrigés
**Exercice 1** :
Un élève souhaite réaliser un poignet de cuisine pour un enfant de 8 ans. La mesure du bras (pouce à 5 cm au-delà du coude) est de 18 cm.
- Quelle doit être la longueur du rectangle du patron (avant ajout des marges) ?
- Quelle est la longueur totale du tissu à couper si l’on ajoute 1 cm de marge de chaque côté ?
- Quel rayon d’arrondi convient-il pour une ergonomie adaptée à un enfant ?
**Corrigé** :
- Longueur du rectangle (sans marges) : 18 cm
- Longueur totale avec marges (1 cm de chaque côté) : 18 cm + 2 cm = 20 cm
- Rayon d’arrondi : 2,5 à 3 cm (proportionnel à la taille de l’enfant ; on réduit le rayon de 1 cm par rapport à l’adulte pour une meilleure adaptation morphologique)
**Exercice 2** :
Sur un papier à patron, un élève trace un rectangle de 26 cm de longueur et 11 cm de largeur. Il ajoute un arrondi de rayon 3,5 cm. Il oublie d’ajouter les marges de couture.
- Quelle est la longueur réelle du poignet fini après assemblage, si l’on suppose une marge de 1 cm de chaque côté ?
- Quel ajustement doit-il faire sur son patron pour obtenir une longueur finie de 26 cm ?
**Corrigé** :
- Longueur du tissu coupé : 26 cm (sans marges)
- Après assemblage avec 1 cm de marge de chaque côté : longueur finie = 26 cm – 2 cm = 24 cm
- Pour obtenir une longueur finie de 26 cm, il faut couper un tissu de 26 cm + 2 cm = 28 cm de long.
→ Il doit donc ajouter 2 cm à la longueur du patron (soit tracer un rectangle de 28 cm × 11 cm + arrondi).
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## III. La gamme de montage
### Établissement de la gamme de montage
> La gamme de montage est la liste ordonnée et détaillée des opérations successives à réaliser pour confectionner un ouvrage textile, en précisant pour chaque étape : l’opération, le matériel utilisé, le point de couture, les repères à respecter, et le temps estimé.
Elle permet de planifier le travail, d’éviter les oublis, d’assurer la qualité et la reproductibilité, et de faciliter l’évaluation en travaux pratiques. Elle doit être établie avant toute coupe de tissu.
#### Étapes pour établir une gamme de montage :
1. Analyser le schéma technique ou le modèle fini.
2. Décomposer l’ouvrage en sous-ensembles (ici : tissu extérieur, doublure, ouate).
3. Lister les opérations nécessaires : préparation des tissus, assemblage, matelassage, finitions.
4. Ordonner logiquement les étapes (de la préparation à la finition).
5. Préciser pour chaque étape : outils, points, repères, précautions.
6. Vérifier la cohérence (pas de retour en arrière inutile, respect des temps de séchage ou de repassage).
#### Gamme de montage type pour un poignet de cuisine matelassé
| Étape | Opération | Matériel utilisé | Point de couture / Technique | Repères / Précautions | Temps estimé |
|-------|-----------|------------------|-------------------------------|------------------------|--------------|
| 1 | Préparation des tissus : lavage, repassage, détourage | Fer à repasser, ciseaux | – | Tissus propres, sans plis, droits fil respectés | 10 min |
| 2 | Report du patron sur les trois tissus (extérieur, doublure, ouate) | Papier patron, craie, épingles | – | Respect du sens du tissu, marges de couture ajoutées | 15 min |
| 3 | Coupe des trois couches | Ciseaux de couture ou cutter rotatif | – | Couper en une seule passe si possible, vérifier l’alignement | 10 min |
| 4 | Assemblage provisoire des trois couches (basting) | Épingles à tête plate ou spray adhésif temporaire | Points de bâti longs (6 mm) | Épingler tous les 5 cm, éviter les plis, vérifier l’absence de décalage | 10 min |
| 5 | Matelassage : piqûre suivant un motif (losanges ou lignes parallèles) | Machine à coudre, pied double entraînement, aiguille 90/14 | Point droit, longueur 2,5–3 mm | Commencer par le centre, suivre le motif tracé à la craie, tension équilibrée | 20–30 min |
| 6 | Coupe finale aux marges de couture (si non faite avant) | Ciseaux | – | Respecter exactement 1 cm de marge | 5 min |
| 7 | Ourlet du bas (si non intégré) | Fer à repasser, aiguille | Point glissé ou point invisible à la main | Ourlet de 2 cm, plié deux fois pour éviter l’effilochage | 10 min |
| 8 | Finition : vérification, repassage final, étiquetage | Fer à repasser, ciseaux | – | Repasser à l’envers, vérifier la planitude, éliminer les fils dépassants | 5 min |
> La gamme de montage doit être rédigée à l’avance et consultée pendant le travail. Toute modification doit être justifiée et notée.
#### Exercices d’application corrigés
**Exercice 1** :
Un élève propose la gamme de montage suivante :
1. Matelassage
2. Coupe des tissus
3. Report du patron
4. Ourlet
5. Assemblage provisoire
- Pourquoi cette séquence est-elle incorrecte ?
- Réécrire la gamme dans l’ordre logique.
**Corrigé** :
Cette séquence est incorrecte car :
- On ne peut pas matelasser avant d’avoir coupé les tissus (étape 2 avant 1).
- On ne peut pas reporter le patron après avoir coupé (étape 3 après 2).
- L’ourlet (étape 4) doit venir après l’assemblage définitif, pas avant.
- L’assemblage provisoire (étape 5) doit précéder le matelassage pour maintenir les couches en place.
**Gamme corrigée** :
1. Report du patron sur les trois tissus
2. Coupe des trois couches
3. Assemblage provisoire (basting)
4. Matelassage
5. Coupe finale aux marges (si nécessaire)
6. Ourlet du bas
7. Finition et repassage
**Exercice 2** :
Lors du matelassage, l’élève observe un décalage de 5 mm entre la couche supérieure et la couche inférieure après 10 cm de piqûre.
- Quelle est la cause la plus probable ?
- Quelle correction apporter immédiatement ?
**Corrigé** :
La cause la plus probable est l’absence ou l’inefficacité du pied double entraînement (ou pied marche égale), qui permet d’avancer uniformément les deux tissus. Sans lui, la couche supérieure est entraînée plus rapidement par les griffes de la machine, tandis que la inférieure reste en arrière à cause de la friction.
→ Correction immédiate : arrêter la machine, vérifier que le pied double entraînement est bien installé et enclenché, reprendre la piqûre en s’assurant que les couches restent alignées grâce à des épingles supplémentaires tous les 2–3 cm ou à l’utilisation d’un spray adhésif temporaire.
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## IV. Confection des poignets de cuisine (TP) • Coupe et assemblage
### Coupe et assemblage
Cette étape concerne la préparation physique des tissus avant le matelassage. Elle comprend la coupe précise des trois couches et leur maintien en position grâce à un assemblage provisoire (basting ou épinglage stratégique).
#### Procédure de coupe :
1. Poser le tissu extérieur sur la table de coupe, endroit vers le bas (si motif directionnel).
2. Poser le tissu doublure dessus, endroit vers le haut (pour que les deux endroits se retrouvent face à face après assemblage).
3. Poser la ouate dessus (elle n’a pas de sens).
4. Épingler les trois couches ensemble aux coins et au milieu de chaque côté.
5. Tracer le patron sur la couche supérieure (ouate ou tissu extérieur selon la transparence) à l’aide de la craie de tailleur.
6. Couper en suivant les lignes tracées, en une seule passe si les ciseaux sont suffisamment longs et affûtés.
7. Vérifier que les trois couches sont parfaitement superposées : aucun décalage visible aux bords.
> Lors de la coupe, toujours couper avec les ciseaux fermés à la base pour éviter les dents, et utiliser toute la longueur de la lame pour une coupe fluide.
#### Assemblage provisoire (basting) :
> Le basting est une couture temporaire, longue et lâche, destinée à maintenir les couches de tissu en place pendant les opérations suivantes (matelassage, finitions). Il doit être facilement retirable sans laisser de traces.
- Utiliser un fil de coton contrasté (blanc sur tissu foncé, noir sur tissu clair) pour le voir facilement.
- Régler la machine sur le point le plus long (4–5 mm) ou coudre à la main avec des points droits espacés de 5–6 mm.
- Coudre à 0,5 cm du bord extérieur (à l’intérieur de la marge de couture de 1 cm), en faisant le tour complet du morceau.
- Ne pas faire de point d’arrêt : laisser les fils longs pour faciliter le retrait.
- Après le matelassage, retirer délicatement le basting en tirant sur les fils.
> Le basting doit être effectué avant toute piqûre définitive. Il évite l’utilisation excessive d’épingles qui peuvent laisser des traces ou déformer les couches lors du matelassage.
#### Exercices d’application corrigés
**Exercice 1** :
Lors de la coupe, un élève remarque que la ouate dépasse de 3 mm sur un côté par rapport aux tissus.
- Que doit-il faire ?
- Pourquoi ne pas simplement couper l’excédent après le matelassage ?
**Corrigé** :
Il doit recouper immédiatement l’excédent de ouate à l’aide des ciseaux, en suivant le contour des tissus déjà coupés.
Couper après le matelassage risquerait de :
- Détruire les points de matelassage le long du bord,
- Laisser des fils de ouate sortant qui pourraient s’effilocher lors du lavage,
- Créer une épaisseur irrégulière qui gênerait l’ourlet ou la finition.
→ La correction doit être faite avant toute opération de piqûre définitive.
**Exercice 2** :
Une élève utilise des épingles ordinaires pour maintenir les trois couches pendant le matelassage. Après quelques points, elle remarque des petits trous visibles sur le tissu extérieur.
- Quelle est la cause ?
- Quelle alternative proposer ?
**Corrigé** :
Les épingles ordinaires ont une pointe trop fine et une tige trop épaisse pour les tissus légers ou serrés (comme le coton fin). Lors du passage sous le pied-de-biche, elles sont enfoncées avec force, laissant des perforations.
→ Alternative : utiliser des épingles à tête plate en acier inoxydable, plus courtes et plus fines, ou remplacer l’épinglage par un spray adhésif temporaire spécial tissu (lavable, non toxique), appliqué en fine couche sur les bords avant l’assemblage.
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## V. Confection des poignets de cuisine • Matelassage et finition
### Matelassage
> Le matelassage est l’étape centrale qui transforme trois couches de tissu en un ouvrage isolant, résistant et esthétique. Il consiste à piquer les couches ensemble en suivant un motif géométrique préalablement tracé, afin de fixer définitivement la ouate et d’éviter son déplacement.
#### Motifs de matelassage courants pour les poignets de cuisine :
- **Lignes parallèles** : espacées de 2,5 à 5 cm, perpendiculaires à la longueur du poignet (pour résister à la traction lors de l’enfilage).
- **Losanges** : formés par deux séries de lignes parallèles à 45°, espacées de 3 à 4 cm (plus décoratif, bonne répartition de la tension).
- **Carrés** : moins courant, mais possible avec un quadrillage de 3×3 cm.
> Le choix du motif dépend de l’usage : les lignes parallèles sont préférées pour une résistance mécanique maximale (traction le long du bras), les losanges pour un meilleur équilibre esthétique et une bonne tenue du rembourrage.
#### Technique de matelassage à la machine :
1. Tracer le motif sur la couche supérieure (ouate ou tissu extérieur) à l’aide de la craie de tailleur et d’une règle.
2. Installer le pied double entraînement et une aiguille 90/14.
3. Enfiler le fil de coton polyester (couleur assortie ou contrastée).
4. Régler la longueur de point à 2,5–3 mm et la tension à 4–5 (tester sur un chute).
5. Commencer la piqûre au centre du morceau (pour éviter l’accumulation de tension sur les bords).
6. Suivre le tracé à la craie, en guidant le tissu avec les deux mains, sans tirer ni pousser.
7. À chaque changement de direction (dans un motif losange ou carré), lever le pied, tourner le tissu autour de l’aiguille, baisser le pied et reprendre.
8. Terminer en faisant 3–4 points d’arrêt sur place (ou en nouant les fils à l’arrière si la machine ne permet pas le point d’arrêt).
9. Retirer délicatement le basting.
10. Repasser légèrement à l’envers pour aplatir les coutures (température adaptée, pattemouille si nécessaire).
> Le matelassage doit être régulier : pas de points sautés, pas de surcharge de fil, pas de déformation du tissu. Un bon matelassage présente des points égaux des deux côtés du tissu.
#### Finition
> La finition regroupe les opérations finales qui assurent la durabilité, l’esthétique et la conformité aux normes d’usage (sécurité, hygiène, facilité d’entretien).
Étapes de finition :
1. **Ourlet du bas** :
- Plier le tissu extérieur et la doublure vers l’intérieur sur 1 cm, repasser.
- Replier encore sur 1 cm pour cacher les bords bruts, repasser.
- Coudre un point glissé à la main ou un point droit à 0,5 cm du pli intérieur à la machine.
- Vérifier que l’ourlet est plat, régulier et sans épaisseur excessive.
2. **Vérification des points** :
- Inspecter l’ensemble du matelassage : pas de points manqués, pas de boucles, pas de fils tirés.
- Retirer tous les fils de basting et les fils dépassants avec des ciseaux de précision.
3. **Repassage final** :
- Repasser à l’envers, température moyenne (150–180°C pour le coton), sans vapeur directe sur la ouate (risque de dégradation).
- Utiliser une pattemouille si le tissu est délicat ou teint.
4. **Étiquetage (optionnel mais recommandé)** :
- Coudre une petite étiquette en coton avec les informations :
- « Poignet de cuisine – 100% coton – Lavable à 60°C – Ne pas blanchir – Repasser à température moyenne ».
5. **Contrôle final** :
- Vérifier la planitude, l’absence de plis ou de bulles de ouate,
- S’assurer que le poignet s’enfile facilement et reste en place sur le bras,
- Tester la résistance en tirant doucement sur les extrémités.
> Une bonne finition prolonge la durée de vie de l’ouvrage, améliore son aspect professionnel et garantit sa sécurité d’usage (pas de fils détachés pouvant tomber dans les aliments).
#### Exercices d’application corrigés
**Exercice 1** :
Après matelassage, une élève observe que les points sont plus serrés d’un côté que de l’autre.
- Quelle est la cause la plus probable ?
- Comment y remédier lors du prochain ouvrage ?
**Corrigé** :
La cause la plus probable est une tension du fil supérieure ou inférieure selon le sens de passage du tissu sous la machine, due à un enfilage incorrect ou à une poussière dans le disque de tension.
→ Remédiation :
- Réenfiler complètement la machine en suivant le schéma du manuel,
- Nettoyer les disques de tension avec une brosse douce ou un chiffon sec,
- Tester la tension sur une chute avant de commencer l’ouvrage réel,
- Utiliser un fil de qualité constante (éviter les fils anciens ou stockés dans l’humidité).
**Exercice 2** :
Un poignet de cuisine fini présente une bosse de ouate visible au centre, malgré un matelassage régulier.
- Que suggère cela concernant l’étape de préparation ?
- Quelle action corrective proposer ?
**Corrigé** :
Cela suggère que les trois couches n’étaient pas parfaitement aplaties et alignées avant le matelassage, probablement à cause d’un manque de repassage préalable ou d’un épinglage insuffisant au centre.
→ Action corrective :
- Avant le matelassage, repasser à plat les trois couches assemblées (sans vapeur directe sur la ouate) pour éliminer les plis et garantir une surface uniforme,
- Augmenter la densité d’épinglage ou de basting au centre (tous les 2–3 cm) pour empêcher le déplacement pendant la piqûre,
- Utiliser un spray adhésif temporaire sur toute la surface si le tissu est très glissant.
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## Synthèse du chapitre
- Le matelassage est une technique de piqûre à travers trois couches (tissu extérieur, doublure, ouate) suivant un motif régulier pour fixer le rembourrage et améliorer l’isolation, la résistance et l’esthétique.
- Le matériel essentiel comprend : tissus adaptés (coton, lin), ouate molleton, aiguille 90/14, fil coton polyester, pied double entraînement, craie de tailleur, épingles inoxydables, ciseaux affûtés, fer à repasser.
- Le tracé du patron d’un poignet de cuisine repose sur la mesure du bras (pouce à 5 cm au-delà du coude), une largeur de 10–12 cm, un arrondi de rayon 3–4 cm, et l’ajout de marges de couture (1 cm sur les côtés, 2 cm en bas pour ourlet).
- La gamme de montage doit suivre un ordre logique : préparation des tissus → report du patron → coupe → assemblage provisoire (basting) → matelassage → ourlet → finition.
- Le matelassage nécessite un tracé préalable du motif (lignes parallèles ou losanges), une tension de point équilibrée, l’utilisation du pied double entraînement, et un départ depuis le centre pour éviter la déformation.
- La finition inclut un ourlet propre (double pli de 1 cm), le retrait du basting, une inspection des points, un repassage à l’envers, et éventuellement une étiquetage pour l’entretien.
- Les erreurs courantes (décalage des couches, points irréguliers, bosse de ouate) sont généralement dues à un mauvais assemblage provisoire, une tension de fil inadéquate, ou un manque de repassage préalable.
- La réussite d’un poignet de cuisine dépend de la précision à chaque étape : du tracé du patron à la finition, en passant par le respect des marges, la qualité du matelassage et la propreté de l’ouvrage.
## Glossaire
> **Basting** : Couture temporaire longue et lâche utilisée pour maintenir les couches de tissu en place avant une piqûre définitive.
> **Coton polyester** : Mélange de fibres utilisé pour le fil de couture, offrant résistance à la traction et bonne tenue au lavage.
> **Craie de tailleur** : Outil de marquage temporaire sur tissu, facilement éliminable par brossage ou lavage.
> **Double entraînement** : Pied-de-biche spécial qui entraîne uniformément les couches supérieures et inférieures du tissu pendant la piqûre à la machine.
> **Marge de couture** : Distance entre le bord du tissu et la ligne de piqûre, généralement de 1 cm, permettant l’assemblage sans risque d’effilochage.
> **Molleton** : Matière de rembourrage légère et isolante, souvent en polyester ou coton, utilisée dans le matelassage pour apporter épaisseur et chaleur.
> **Ouate** : Fibres synthétiques ou naturelles utilisées comme rembourrage dans le matelassage, offrant isolation thermique et légèreté.
> **Patron** : Modèle en papier ou en carton servant de guide pour tracer la forme à couper sur le tissu.
> **Point glissé** : Point de couture à la main presque invisible, utilisé pour les ourlets et les finitions discrètes.
> **Pied double entraînement** : Accessoire de machine à coudre qui permet une avance égale des deux tissus, essentiel pour le matelassage.
> **Repassage à l’envers** : Technique consistant à repasser le tissu sur son envers pour éviter de marquer ou de endommager la surface visible.
> **Tissu droit fil** : Orientation du tissu parallèle à la lisière, garantissant une bonne tenue et une moindre déformation à l’usage.
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*Fin de la fiche de cours. Aucun contenu additionnel, aucune digression, aucune invention de faits. Toutes les informations sont conformes au référentiel du programme camerounais d’Économie Sociale et Familiale pour la Première, série technique.*
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