Se connecterS'abonner

Chapitre 6

5 : Cameroon’s foreign policy objectives

Lecture : 19 minQuiz de 12 questions

# 5 : Cameroon’s foreign policy objectives ## Objectifs et prérequis Ce chapitre vise à permettre à l'élève de comprendre les objectifs, les succès et les limites de la politique étrangère du Cameroun sous les présidences d'Ahmadou Ahidjo (1972-1982) et de Paul Biya (1982-2024). L'élève doit être capable d'analyser les continuités et les ruptures dans l'approche camerounaise des relations internationales, d'évaluer l'impact de ces politiques sur le développement national et la position du Cameroun en Afrique et dans le monde, et de mobiliser des faits précis pour répondre à des questions d'examen. Les prérequis incluent une connaissance de l'histoire politique du Cameroun depuis l'indépendance, notamment la réunification de 1961 et la création de l'État unitaire en 1972, ainsi que des notions de base sur les organisations internationales (ONU, UA, CEEAC, Commonwealth). ## Introduction La politique étrangère du Cameroun, depuis son indépendance, a été marquée par un équilibre délicat entre non-alignement, coopération sud-sud, et engagement dans les institutions multilatérales. Sous Ahmadou Ahidjo, la politique étrangère visait à consolider l'indépendance nationale, à promouvoir l'unité territoriale après la réunification, et à attirer un soutien économique et militaire diversifié. Sous Paul Biya, elle a évolué vers une affirmation plus affirmée de la souveraineté camerounaise, une participation active aux initiatives africaines de paix et de développement, et une ouverture stratégique vers des partenaires émergents, tout en maintenant des liens historiques avec la France et le Commonwealth. Les deux présidences partagent un socle de principes : respect de la souveraineté, non-ingérence, et promotion du développement par la coopération. Cependant, les contextes internationaux (guerre froide, fin du bipolarisme, mondialisation, crises sécuritaires) ont façonné des réponses distinctes. ## I. TU10:Lesson 10: Ahidjo’s foreign policy 1972 - 1982: Objectives – Successes – Weaknesses ### Contexte Après la création de l'État unitaire en 1972, Ahmadou Ahidjo chercha à renforcer la légitimité interne du régime tout en sécurisant les frontières nationales face aux séquelles de la guerre d'indépendance camerounaise (1955-1964) et aux tensions persistantes dans les régions anglophones. La guerre froide était à son apogée, et de nombreux États africains cherchaient à tirer parti de la rivalité entre blocs pour obtenir un soutien économique et militaire. Le Cameroun, bien que officiellement non-aligné, entretenait des relations privilégiées avec la France tout en diversifiant ses partenariats. ### Définitions et concepts clés > **Non-alignement** : Politique consistant à ne pas s'aligner officiellement avec aucun bloc de puissance durant la guerre froide, tout en maintenant des relations indépendantes avec chacun. > **Coopération Sud-Sud** : Échange de ressources, de connaissances et de soutien entre pays en développement, sans passer par les puissances industrielles traditionnelles. > **Diplomatie préventive** : Action diplomatique visant à éviter l'escalade de conflits avant qu'ils ne deviennent violents. ### Objectifs 1. **Consolider l'indépendance et la souveraineté nationale** : Éviter toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures, notamment après les tentatives de déstabilisation liées à l'UPC. 2. **Promouvoir l'unité nationale et territoriale** : Renforcer l'intégration des anciennes régions du Cameroun oriental et du Cameroun occidental sous l'État unitaire. 3. **Attirer un soutien économique et militaire diversifié** : Réduire la dépendance envers une seule puissance étrangère en sollicitant l'aide des États-Unis, de l'URSS, de la Chine, et des pays européens. 4. **Renforcer la position du Cameroun en Afrique** : Jouer un rôle actif dans les organisations régionales et continentales pour défendre les intérêts des États africains. 5. **Attirer l'investissement étranger privé** : Créer un climat favorable aux entreprises étrangères pour stimuler l'industrialisation et le développement des infrastructures. ### Successes - **Adhésion et participation active à l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine)** : Le Cameroun a contribué aux débats sur la décolonisation des territoires portugais en Afrique (Angola, Mozambique, Guinée-Bissau) et a soutenu les mouvements de libération, tout en maintenant des canaux de dialogue avec les gouvernements coloniaux pour éviter l'escalade. - **Médiation dans le conflit tchadien (1975-1979)** : Ahidjo a offert le territoire camerounais comme cadre pour des négociations entre les factions tchadiennes, accueillant les pourparlers de Kousseri en 1979, ce qui a contribué à un cessez-le-feu temporaire. - **Diversification des partenariats économiques** : Signature d'accords de coopération avec l'URSS (1974) pour l'entraînement militaire et l'équipement, avec la Chine (1971, renforcé dans les années 70) pour l'aide technique en agriculture et en santé, et maintien des accords avec la France (accords de coopération de 1961 renouvelés). - **Adhésion au Mouvement des Pays Non-Alignés** : Le Cameroun a participé régulièrement aux sommets, affirmant son indépendance de décision dans les affaires internationales. - **Stabilité des frontières** : Aucune perte territoriale n'a été subie durant cette période, et les frontières héritées du colonialisme ont été préservées grâce à une diplomatie de prévention et à des accords frontaliers avec le Nigeria (accord de 1975 sur la frontière maritime) et le Tchad. ### Weaknesses - **Dépendance persistante envers la France** : Malgré les efforts de diversification, le Cameroun restait fortement dépendant de l'aide financière française, des accords de défense, et de l'utilisation du franc CFA, limitant réellement son autonomie financière. - **Réponse limitée aux crises internes** : La politique étrangère n'a pas empêché la résurgence de tensions dans les régions anglophones, notamment après les manifestations de 1972 contre l'État unitaire, révélant un décalage entre la diplomatie extérieure et la gestion des conflits internes. - **Manque de suivi des initiatives de médiation** : Les efforts de médiation au Tchad n'ont pas conduit à une paix durable, faute d'engagement régional soutenu et de mécanismes de mise en œuvre. - **Transparence limitée dans les accords militaires** : Certains accords d'armement avec l'URSS et la Chine ont suscité des inquiétudes internes et externes concernant une possible alignement idéologique, malgré le discours de non-alignement. - **Faible impact économique de la coopération Sud-Sud** : L'aide technique de la Chine et de l'URSS, bien que symboliquement importante, n'a pas généré de transformations structurelles significatives dans l'économie camerounaise comparée à l'investissement français. ### Vocabulaire à retenir - Non-alignement - État unitaire - Organisation de l'Unité Africaine (OUA) - Franc CFA - Médiation diplomatique - Coopération Sud-Sud - Accords de coopération - Décolonisation - Factions armées - Frontières héritées ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Évaluer les succès et les faiblesses de la politique étrangère d'Ahmadou Ahidjo entre 1972 et 1982, en montrant comment elle a cherché à concilier souveraineté nationale et engagement africain. **Plan proposé** : I. Une politique étrangère fondée sur la consolidation de l'indépendance et de l'unité nationale A. Objectifs de souveraineté et de non-ingérence B. Réponse aux séquelles de la guerre d'indépendance et aux tensions internes II. Des succès dans la diplomatie africaine et la diversification des partenariats A. Rôle actif à l'OUA et dans le Mouvement des Non-Alignés B. Médiation au Tchad et accords frontaliers C. Diversification de l'aide militaire et économique (France, URSS, Chine) III. Des limites liées à la dépendance structurelle et aux défis internes A. Persistance de la dépendance envers la France et le franc CFA B. Insuffisance de la politique étrangère face aux crises internes (régions anglophones) C. Manque de durabilité dans certaines initiatives de médiation Conclusion : Une politique étrangère prudente et pragmatique, mais contrainte par des hérités coloniaux et des défis internes non résolus. ## II. TU11:Lesson 11: Biya’s foreign policy 1982 – 2024: Objectives – Successes ### Contexte Paul Biya accède à la présidence en novembre 1982 après la démission d'Ahidjo. Il hérite d'un État unitaire confronté à une crise économique liée à la chute des prix des matières premières (pétrole, cacao, café) et à l'ajustement structurel imposé par le FMI et la Banque mondiale. La fin de la guerre froide modifie profondément les rapports de force internationaux : le non-alignement perd de sa pertinence, tandis que l'accent est mis sur la bonne gouvernance, la lutte contre la pauvreté, et la coopération pour le développement. Le Cameroun fait face à de nouveaux défis sécuritaires : instabilité au Nigéria (Boko Haram à partir de 2009), crise en République centrafricaine, et tensions persistantes dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à partir de 2016. La politique étrangère de Biya s'inscrit dans cette logique d'adaptation aux nouvelles réalités africaines et mondiales. ### Définitions et concepts clés > **Diplomatie économique** : Utilisation des relations internationales pour promouvoir les échanges commerciaux, attirer l'investissement étranger, et soutenir les exportations nationales. > **Paix et sécurité en Afrique** : Engagement dans la prévention, la gestion, et la résolution des conflits sur le continent africain, souvent à travers des missions de l'UA ou des initiatives régionales. > **Partenariats stratégiques** : Alliances délibérées avec des États ou des organisations visant à atteindre des objectifs spécifiques de développement, de sécurité, ou d'influence, au-delà des liens historiques. ### Objectifs 1. **Promouvoir le développement économique par la coopération internationale** : Attirer l'investissement étranger direct (IED), soutenir les exportations (pétrole, gaz, cacao, bois), et bénéficier de l'aide au développement ciblée sur les infrastructures et l'énergie. 2. **Renforcer la paix et la sécurité en Afrique centrale et au-delà** : Contribuer aux efforts de prévention et de résolution des conflits, notamment par des médiations, des contributions aux opérations de paix de l'ONU et de l'UA, et un soutien logistique aux forces régionales. 3. **Affirmer la souveraineté camerounaise dans un monde multipolaire** : Diversifier les partenariats au-delà de la France traditionnelle, en engageant des relations approfondies avec la Chine, les États-Unis, le Golfe, et les puissances émergentes, tout en maintenant les liens historiques. 4. **Promouvoir l'intégration régionale et continentale** : Soutenir activement les projets de la CEEAC (Communauté économique des États de l'Afrique centrale), de l'UA, et de la ZLECAf (Zone de libre-échange continentale africaine). 5. **Protéger la diaspora camerounaise et promouvoir l'image du Cameroun à l'étranger** : Renforcer les services consulaires, encourager les envois de fonds, et participer aux forums internationaux pour valoriser le rôle du Cameroun en Afrique. ### Successes - **Leadership dans la médiation de la crise centrafricaine (2013-2015)** : Le Cameroun a accueilli les pourparlers de Brazzaville (2014) et de Libreville (2015) sous l'égide de la CEEAC, avec une implication personnelle de Paul Biya en tant que médiateur facilitateur, contribuant à l'accord de cessez-le-feu de 2014 et à la transition politique en Centrafrique. - **Engagement dans la lutte contre Boko Haram** : Depuis 2014, le Cameroun a déployé des milliers de soldats dans l'Extrême-Nord pour combattre Boko Haram, participé à la Force multinationale mixte (FMM) du bassin du Lac Tchad (avec le Niger, le Nigeria, et le Tchad), et reçu un soutien logistique et renseignant des États-Unis, de la France, et de l'UE. Cette coopération a permis de reprendre plusieurs territoires occupés et de réduire la fréquence des attaques, bien que la menace persiste. - **Adhésion active à la ZLECAf** : Le Cameroun a ratifié la ZLECAf en 2019 et a participé aux négociations visant à harmoniser les douanes et à réduire les barrières non tarifaires, visant à booster le commerce intra-africain, notamment pour ses exportations de produits transformés et de services. - **Renforcement du partenariat avec la Chine** : Signature de nombreux accords dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) : construction du port en eau profonde de Kribi (phase 1 opérationnelle en 2018), financement de l'autoroute Yaoundé-Douala, et projets énergétiques (barrage de Memve'ele). La Chine est devenue un des principaux créanciers et fournisseurs d'équipements du Cameroun. - **Maintien et adaptation de la coopération avec la France** : Renouvellement des accords de défense (2008, 2018), coopération renforcée dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et le Lac Tchad, et poursuite de l'aide au développement via l'AFD (Agence française de développement) pour les secteurs de l'eau, de l'énergie, et de l'éducation. - **Participation aux opérations de paix de l'ONU** : Le Cameroun a contribué des contingents militaires et policiers à des missions en République centrafricaine (MINUSCA, depuis 2014), au Mali (MINUSMA, jusqu'en 2023), et en République démocratique du Congo (MONUSCO), gagnant en visibilité et en crédibilité sur la scène africaine de la paix. - **Promotion du Cameroun comme destination pour l'investissement** : Organisation régulière de forums économiques (comme le Cameroon International Investment Forum) et amélioration du climat des affaires grâce à des réformes législatives, attirant des investissements dans les télécoms (MTN, Orange), l'énergie (Gaz du Cameroun, Perenco), et l'agro-industrie. - **Renforcement des liens avec le Commonwealth** : Bien que le Cameroun ait rejoint le Commonwealth en 1995, sous Biya, cette adhésion a été activement utilisée pour accéder à des programmes de formation, de soutien aux petites entreprises, et de coopération éducative, notamment à travers le Commonwealth Scholarship and Fellowship Plan. ### Vocabulaire à retenir - Diplomatie économique - Force multinationale mixte (FMM) - Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) - Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) - Opérations de paix de l'ONU - Agence française de développement (AFD) - Commonwealth Scholarship and Fellowship Plan - Autoroute Yaoundé-Douala - Port en eau profonde de Kribi - Médiation facilitateur - Envois de fonds - Climat des affaires ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Analyser en quoi la politique étrangère de Paul Biya depuis 1982 reflète une adaptation aux défis du monde contemporain, en mettant l'accent sur la paix en Afrique et la coopération économique. **Plan proposé** : I. Une diplomatie au service du développement économique et de l'attraction des investissements A. Partenariats stratégiques avec la Chine et les puissances émergentes B. Maintien et adaptation de la coopération traditionnelle avec la France C. Promotion de la ZLECAf et amélioration du climat des affaires II. Un engagement actif pour la paix et la sécurité en Afrique A. Médiation dans les conflits régionaux (Centrafrique, Lac Tchad) B. Contribution aux opérations de paix de l'ONU et de l'UA C. Lutte contre le terrorisme transfrontalier (Boko Haram) III. Affirmation de la souveraineté dans un cadre multipolaire et régional intégré A. Diversification des partenariats au-delà des liens historiques B. Leadership dans les organisations régionales (CEEAC, UA) C. Promotion de l'image du Cameroun et soutien à la diaspora Conclusion : Une politique étrangère pragmatique et orientée vers les résultats, cherchant à transformer les défis africains en opportunités de coopération et d'influence. ## III. TU11:Lesson 11 continues: Biya’s foreign policy 1982 – 2024: Objectives – Successes *Cette section poursuit l'analyse de la politique étrangère de Biya, en insistant sur les mêmes thèmes d'objectifs et de succès, avec une éventuelle mise en avant d'aspects moins couverts précédemment ou d'une synthèse plus approfondie. Comme indiqué dans le programme, elle ne introduit pas de nouveaux thèmes majeurs mais permet un approfondissement.* ### Approfondissement : La diplomatie camerounaise face aux défis sécuritaires émergents Au-delà de la lutte contre Boko Haram, la politique étrangère de Biya a dû répondre à l'insécurité croissante dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à partir de 2016. Bien que principalement perçue comme un conflit interne, elle a eu des répercussions internationales : accusations de violations des droits de l'homme devant les instances de l'ONU et de l'UA, pression des groupes de défense des droits humains, et inquiétude des partenaires étrangers concernant la stabilité. La réponse camerounaise a combiné une approche sécuritaire interne avec une diplomatie de clarification : le gouvernement a invité des missions d'observation de l'UA et de l'ONU pour évaluer la situation, a participé aux dialogues nationaux inclusifs (2019), et a cherché à présenter ses efforts comme faisant partie d'une lutte contre le terrorisme et le séparatisme, cherchant à obtenir une compréhension voire un soutien de partenaires comme les États-Unis et l'UE, malgré les critiques. Cette période a testé la capacité de la diplomatie camerounaise à gérer une crise à forte dimension intérieure tout en préservant ses relations extérieures. ### Approfondissement : Le rôle du Cameroun dans la gouvernance économique mondiale et climatique Le Cameroun a cherché à tirer parti de sa position géographique et de ses ressources naturelles pour participer activement aux forums économiques et environnementaux mondiaux. Il a été un acteur engagé dans les négociations climatiques de l'ONU (COP), mettant en avant ses efforts de réduction de la déforestation (à travers des programmes comme le REDD+ soutenu par la Banque mondiale et l'UE) et son potentiel en énergie renouvelable (barrage de Nachtigal, projet solaire). Sur le plan économique, le Cameroun a soutenu les réformes du FMI visant à renforcer la résilience des économies africaines aux chocs externes, tout en négociant des facilités de crédit adaptées à ses besoins de développement. Cette approche reflète une volonté de ne pas être un simple bénéficiaire de l'aide, mais un acteur participant à l'élaboration des règles économiques et environnementales globales. ### Vocabulaire à retenir (approfondissement) - Dialogue national inclusif - REDD+ (Réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts) - Facilités de crédit du FMI - Énergie renouvelable - Missions d'observation de l'ONU/UА - Lutte contre le séparatisme - Gouvernance climatique - Résilience économique - Forêts du bassin du Congo - Nachtigal hydroelectric project ### Exemple de sujet type examen avec plan (approfondissement) **Sujet** : Dans quelle mesure la politique étrangère de Paul Biya a-t-elle su répondre aux défis sécuritaires et environnementaux du Cameroun depuis 2016, en équilibrant impératifs internes et attentes externes ? **Plan proposé** : I. Une diplomatie mise à l'épreuve par la crise dans les régions anglophones A. Origines et évolution du conflit depuis 2016 B. Réponse sécuritaire interne et pression internationale C. Efforts de diplomatie de clarification et de dialogue (missions d'observation, dialogues nationaux) II. Une engagement croissant pour la préservation de l'environnement et la gouvernance climatique A. Participation aux COP et projets REDD+ B. Valorisation du potentiel en énergie renouvelable (Nachtigal, solaire) C. Plaidoyer pour un financement climatique adapté aux pays du bassin du Congo III. Une adaptation aux exigences de la gouvernance économique mondiale A. Négociations avec le FMI : facilités de crédit et réformes structurelles B. Participation aux débats sur la dette souveraine et la résilience africaine C. Recherche d'équilibre entre souveraineté nationale et intégration aux règles globales Conclusion : Une diplomatie de plus en plus complexe, devant naviguer entre légitimité interne, responsabilité régionale, et attentes des partenaires internationaux sur la paix, l'environnement, et la bonne gouvernance. ## Synthèse du chapitre - La politique étrangère camerounaise sous Ahidjo (1972-1982) visait à consolider l'indépendance, promouvoir l'unité nationale, attirer un soutien diversifié, renforcer la position africaine, et attirer l'investissement étranger, avec des succès dans la médiation au Tchad, l'adhésion active à l'OUA et aux Non-Alignés, et la diversification des partenariats, mais des faiblesses liées à la dépendance persistante envers la France, la réponse limitée aux crises internes, et le manque de suivi de certaines initiatives. - Sous Paul Biya (1982-2024), la politique étrangère a évolué vers une diplomatie économique renforcée, un engagement actif pour la paix et la sécurité en Afrique (médiation centrafricaine, lutte contre Boko Haram, opérations de paix de l'ONU), une affirmation de la souveraineté dans un monde multipolaire (partenariats avec la Chine, maintien adapté avec la France), un soutien à l'intégration régionale (ZLECAf, CEEAC), et une promotion de l'image du Cameroun et de sa diaspora, avec des succès tangibles dans les infrastructures chinoises, la coopération sécuritaire multilatérale, et la participation aux forums économiques et climatiques mondiaux. - Les deux présidences partagent un socle de principes (souveraineté, non-ingérence, développement par la coopération), mais Biya a dû naviguer dans un contexte post-guerre froide marqué par la montée du terrorisme transfrontalier, les crises de gouvernance, et l'urgence climatique, nécessitant une diplomatie plus proactive et multidimensionnelle. - La diplomatie camerounaise reste confrontée à des défis structurels : dépendance aux exportations de matières premières, vulnérabilité aux chocs externes, et nécessité de traduire l'engagement international en amélioration concrète des conditions de vie nationales. - L'évolution montre un passage d'une diplomatie de la survie et de la consolidation de l'État à une diplomatie de l'influence et de la participation active à la résolution des défis continentaux et globaux. ## Glossaire - **Non-alignement** : Politique consistant à ne pas s'aligner officiellement avec aucun bloc de puissance durant la guerre froide, tout en maintenant des relations indépendantes avec chacun. - **État unitaire** : Forme d'État où le pouvoir politique est centralisé et où il n'existe pas de collectivités territoriales dotées d'une souveraineté constitutionnelle. - **Organisation de l'Unité Africaine (OUA)** : Organisation panafricaine fondée en 1963, prédécesseure de l'Union africaine, visant à promouvoir l'unité, la solidarité, et la coopération entre les États africains. - **Franc CFA** : Monnaie utilisée dans quatorze pays d'Afrique de l'Ouest et centrale, liée à l'euro et garantie par le Trésor français. - **Médiation diplomatique** : Intervention d'un tiers neutre pour faciliter la négociation et la résolution d'un conflit entre deux ou plusieurs parties. - **Coopération Sud-Sud** : Échange de ressources, de connaissances, et de soutien entre pays en développement, sans passer par les puissances industrielles traditionnelles. - **Force multinationale mixte (FMM)** : Force militaire régionale créée en 2015 par le Cameroun, le Tchad, le Niger, et le Nigeria pour combattre Boko Haram dans la région du Lac Tchad. - **Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)** : Accord visant à créer un marché unique pour les biens et services en Afrique, en éliminant les droits de douane et les obstacles non tarifaires au commerce intra-africain. - **Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA)** : Plateforme de dialogue et de coopération entre la Chine et les pays africains, établie en 2000, visant à renforcer les partenariats économiques, politiques, et sociaux. - **Agence française de développement (AFD)** : Établissement public français qui finance et accompagne des projets de développement dans les pays du Sud, en mettant l'accent sur la transition écologique et sociale. - **Commonwealth Scholarship and Fellowship Plan** : Programme du Commonwealth offrant des bourses d'études et de recherche aux citoyens des pays membres pour étudier dans d'autres pays membres. - **Dialogue national inclusif** : Processus de concertation nationale visant à rassembler toutes les forces vives d'un pays autour d'une table pour discuter des réformes politiques, sociales, et sécuritaires. - **REDD+** : Mécanisme des Nations Unies visant à réduire les émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement, tout en favorisant la conservation, la gestion durable des forêts, et l'augmentation des stocks de carbone. - **Nachtigal hydroelectric project** : Projet de barrage hydroélectrique sur le fleuve Sanaga au Cameroun, d'une capacité de 420 MW, financé par un consortium international incluant la Banque mondiale et des partenaires privés. - **Résilience économique** : Capacité d'une économie à résister aux chocs externes (comme les fluctuations des prix des matières premières ou les crises financières) et à se rétablir rapidement.

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Which of the following is a primary objective of Cameroon’s foreign policy as defined in its official documents?
  2. 2. What role does non-alignment play in Cameroon’s foreign policy objectives?
  3. 3. Which objective is most directly linked to Cameroon’s foreign policy goal of attracting foreign direct investment?
  4. 4. How does Cameroon’s foreign policy support its national development goals?
  5. 5. A Cameroonian company seeks to export cocoa to the European Union. Which foreign policy objective most directly supports this effort?
  6. 6. In the context of regional security, how does Cameroon’s foreign policy contribute to stability in the Lake Chad Basin?
  7. 7. Which of the following best illustrates Cameroon’s application of soft power in its foreign policy?
  8. 8. Cameroon votes in favor of a UN resolution condemning human rights abuses in another country. Which foreign policy objective does this action most likely reflect?
  9. 9. A new Cameroonian government seeks to diversify its economic partnerships away from traditional European allies. Which foreign policy adjustment would best support this goal?
  10. 10. Which statement accurately describes a tension in Cameroon’s foreign policy between sovereignty and international engagement?
  11. 11. How does Cameroon’s foreign policy address the challenge of climate change in its international engagements?
  12. 12. In the context of Francophonie, how does Cameroon leverage its membership to advance foreign policy objectives?