Chapitre 5
TECTONICS
Lecture : 24 minQuiz de 12 questions
# TECTONICS
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à fournir une compréhension approfondie des processus tectoniques qui façonnent la Terre, en intégrant les connaissances sur la structure interne, les séismes, la dérive des continents, l'expansion des fonds océaniques et la théorie de la tectonique des plaques. À l’issue de ce cours, l’élève sera capable de :
- Décrire les sphères terrestres et l’échelle de la Terre.
- Expliquer la structure interne de la Terre (croûte, manteau, noyau) et ses discontinuités physiques.
- Définir un séisme, en identifier les causes, et décrire son enregistrement et ses ondes.
- Calculer l’intensité et la magnitude d’un séisme, et déterminer son épicentre à partir des temps de parcours des ondes.
- Analyser la répartition mondiale des séismes et discuter des stratégies de prévision, de suivi et de gestion.
- Appliquer les méthodes permettant d’inférer la structure interne de la Terre (ondes sismiques, gravité, magnétisme).
- Définir l’isostasie, en expliquer les causes, les théories (Airy, Pratt), les effets, les mérites et les limites.
- Décrire l’orogenèse : cycle orogénique, types de montagnes et leur répartition mondiale.
- Caractériser la topographie des fonds marins et les avantages des marges continentales.
- Expliquer la dérive des continents : portée, effets, causes et preuves (paléontologie, paléoclimatologie, géologie).
- Décrire l’expansion des fonds océaniques : portée, causes, caractéristiques et preuves (anomalies magnétiques, âge des sédiments).
- Présenter la théorie de la tectonique des plaques : portée, principes, causes et preuves.
- Classer les marges de plaques (divergentes, convergentes, transformantes) et leurs caractéristiques.
- Analyser les activités intraplaques (points chauds, triples points) et évaluer les mérites et limites de la tectonique des plaques.
Prérequis : notions de base en physique (forces, ondes), en chimie (composition des minéraux), et en géologie générale (roches, minéraux, temps géologique).
## Introduction
La Terre est une planète dynamique dont la surface est constamment remodelée par des forces internes provenant de son intérieur. La tectonique des plaques constitue le cadre unificateur qui explique une grande variété de phénomènes géologiques : séismes, volcanisme, formation de chaînes de montagnes, expansion des fonds océaniques et déplacement des continents. Ce chapitre débute par une vue d’ensemble de la Terre comme système sphérique, puis progresse vers la structure interne, les discontinuités sismiques, les séismes comme manifestations de contraintes tectoniques, et enfin vers les théories qui expliquent le mouvement des lithosphères. Chaque notion est présentée avec définition, propriétés, exemples résolus et exercices corrigés pour assurer une maîtrise active.
## I. The Earth spheres and the scale of the Earth
La Terre est composée de plusieurs sphères imbriquées : la lithosphère (enveloppe rigide solide), l’hydrosphère (eau liquide et solide), l’atmosphère (gaz entourant la planète) et la biosphère (être vivants). Ces sphères interagissent constamment, notamment aux frontières où se produisent les phénomènes tectoniques.
> **Définition** : La lithosphère est la couche externe rigide de la Terre, comprenant la croûte et la partie supérieure du manteau, fragmentée en plaques tectoniques.
L’échelle de la Terre est exprimée par son rayon moyen : $R_T \approx 6371$ km. Son diamètre équatorial est d’environ 12 756 km, légèrement plus grand que le diamètre polaire (12 714 km) devido à l’aplatissement aux pôles. La masse de la Terre est $M_T \approx 5,97 \times 10^{24}$ kg, et sa densité moyenne est $\rho_T \approx 5515$ kg/m³.
**Exemple résolu** : Calculer la volume de la Terre en supposant une sphère parfaite.
Solution : $V = \frac{4}{3}\pi R^3 = \frac{4}{3}\pi (6371 \times 10^3)^3 \approx 1,083 \times 10^{21}$ m³.
**Exercice d’application** : Si la densité moyenne de la Terre est 5515 kg/m³ et son volume est $1,083 \times 10^{21}$ m³, vérifier que la masse calculée correspond à $5,97 \times 10^{24}$ kg.
Correction : $M = \rho V = 5515 \times 1,083 \times 10^{21} \approx 5,97 \times 10^{24}$ kg. ✓
## II. Internal Structure of the Earth 1
La Terre est structurée en couches concentriques selon la composition chimique : croûte, manteau et noyau.
> **Définition** : La croûte est la couche externe la plus mince de la Terre, composée principalement de roches silicatées (granite dans les continents, basalte dans les océans).
L’épaisseur de la croûte varie : environ 5-10 km sous les océans (croûte océanique) et 30-50 km sous les continents (croûte continentale). Le manteau s’étend de la base de la croûte jusqu’à environ 2900 km de profondeur. Il est composé de silicates de magnésium et de fer (olivine, pyroxène). Le noyau, situé sous 2900 km, est principalement constitué de fer et de nickel.
**Exemple résolu** : Quelle est la proportion du rayon terrestre occupée par la croûte océanique moyenne (7 km) ?
Solution : $\frac{7}{6371} \times 100 \approx 0,11\%$.
**Exercice d’application** : Le manteau représente environ 84% du volume terrestre. Quelle est l’épaisseur approximative du manteau si le rayon terrestre est 6371 km ?
Correction : Volume total $V_T = \frac{4}{3}\pi R^3$. Volume du manteau $V_M = 0,84 V_T$. En supposant que le noyau occupe le centre, on résout pour le rayon du noyau $r_c$ : $V_M = \frac{4}{3}\pi (R^3 - r_c^3) = 0,84 \frac{4}{3}\pi R^3$ → $R^3 - r_c^3 = 0,84 R^3$ → $r_c^3 = 0,16 R^3$ → $r_c = \sqrt[3]{0,16} R \approx 0,54 R$. Épaisseur du manteau = $R - r_c \approx 6371 - 0,54 \times 6371 \approx 2930$ km. ✓
## III. Internal Structure of the Earth 2
La structure interne peut aussi être décrite selon les propriétés mécaniques : lithosphère rigide, asthénosphère visqueuse, manteau inférieur solide, noyau externe liquide et noyau interne solide.
> **Définition** : L’asthénosphère est la zone du manteau supérieur située juste sous la lithosphère, caractérisée par une faible résistance mécanique permettant un écoulement visqueux sur de longues échelles de temps.
La lithosphère (rigide) comprend la croûte et le manteau supérieur jusqu’à environ 100 km de profondeur. En dessous, l’asthénosphère s’étend jusqu’à environ 660 km. Le manteau inférieur va de 660 km à 2900 km. Le noyau externe (liquide) s’étend de 2900 km à 5150 km, et le noyau interne (solide) de 5150 km à 6371 km.
**Exemple résolu** : Pourquoi l’asthénosphère permet-elle le mouvement des plaques tectoniques ?
Solution : Bien que solide, l’asthénosphère subit une déformation plastique lente sous contrainte due à sa température élevée et à sa pression, permettant un écoulement visqueux sur des millions d’années.
**Exercice d’application** : Si la vitesse moyenne de déplacement d’une plaque tectonique est de 5 cm/an, quelle distance parcourt-elle en 2 millions d’années ?
Correction : $5 \text{ cm/an} \times 2 \times 10^6 \text{ ans} = 10^7 \text{ cm} = 100$ km. ✓
## IV. The earth’s ’physical discontinuities and trends inside the Earth (Integration 3)
Les discontinuités physiques sont des sauts abruptes dans les propriétés physiques (vitesse des ondes sismiques, densité) révélant des changements de phase ou de composition.
> **Définition** : Une discontinuité sismique est une interface où la vitesse des ondes sismiques change brusquement, indiquant un changement de composition, de phase ou d’état physique.
Les principales discontinuités sont :
- La discontinuité de Mohorovičić (Moho) : entre croûte et manteau (augmentation de la vitesse des ondes P de ~6 à ~8 km/s).
- La discontinuité de Gutenberg : entre manteau inférieur et noyau externe (baisse brutale de la vitesse des ondes S à 0, car le noyau externe est liquide).
- La discontinuité de Lehmann : entre noyau externe et noyau interne (augmentation de la vitesse des ondes P).
Les tendances à l’intérieur de la Terre : augmentation de la pression, de la température et de la densité avec la profondeur. La densité passe de ~2700 kg/m³ en croûte à ~13000 kg/m³ au centre.
**Exemple résolu** : Une onde P met 10 secondes pour traverser une couche de manteau de 80 km d’épaisseur. Quelle est sa vitesse moyenne dans cette couche ?
Solution : $v = \frac{d}{t} = \frac{80 \text{ km}}{10 \text{ s}} = 8$ km/s.
**Exercice d’application** : Si la vitesse des ondes P dans le manteau supérieur est de 8 km/s et dans le manteau inférieur de 11 km/s, quelle est la différence de temps de parcours pour une distance de 400 km dans chaque couche ?
Correction : Temps dans manteau supérieur : $t_1 = 400/8 = 50$ s. Temps dans manteau inférieur : $t_2 = 400/11 \approx 36,36$ s. Différence : $50 - 36,36 = 13,64$ s. ✓
## V. Definition of an Earthquake and causes of Earthquakes
> **Définition** : Un séisme est un tremblement de la Terre causé par la libération soudaine d’énergie dans l’élastique terrestre, généralement due à la rupture de roches le long d’une faille.
Les causes principales sont :
- Tectoniques : déplacement le long des failles aux marges de plaques (la plus courante).
- Volcaniques : mouvement du magma sous un volcan.
- D’effondrement : effondrement de cavernes ou de mines.
- D’explosion : essais nucléaires ou grands effondrements.
La plupart des séismes sont d’origine tectonique et se produisent aux limites des plaques où les contraintes s’accumulent jusqu’à dépasser la résistance des roches.
**Exemple résolu** : Quel type de contrainte est principalement responsable des séismes aux marges convergentes ?
Solution : Contrainte de compression, entraînant le chevauchement d’une plaque sous une autre (subduction) ou le plissement et le faulting.
**Exercice d’application** : Nommez deux causes non tectoniques de séismes et donnez un exemple pour chacune.
Correction :
1. Volcanique : séismes précurseurs d’une éruption (ex. Mont St. Helens, 1980).
2. D’effondrement : effondrement d’une mine de charbon (ex. mine de Courrières, 1906). ✓
## VI. Recording of earthquakes
Les séismes sont enregistrés par des sismomètres, qui mesurent le mouvement du sol par rapport à une masse inertielle.
> **Définition** : Un sismogramme est l’enregistrement temporel du mouvement du sol mesuré par un sismomètre, montrant l’arrivée des différentes ondes sismiques.
Un sismomètre moderne comporte trois composantes : verticale, nord-sud et est-ouest. Le sismogramme montre généralement :
- Première arrivée : ondes P (primaires, longitudinales, les plus rapides).
- Deuxième arrivée : ondes S (secondaires, transversales, plus lentes).
- Puis : ondes de surface (Love et Rayleigh), les plus destructrices.
**Exemple résolu** : Sur un sismogramme, l’onde P arrive à 10h00min00s et l’onde S à 10h01min20s. Quelle est la différence de temps d’arrivée ?
Solution : $80$ secondes.
**Exercice d’application** : Si la différence de temps entre l’arrivée des ondes P et S est de 60 secondes, et que la vitesse moyenne des ondes P est 6 km/s et celle des ondes S est 3,5 km/s, quelle est la distance approximative jusqu’à l’épicentre ?
Solution : Soit $d$ la distance. $t_P = d/6$, $t_S = d/3,5$. $t_S - t_P = 60$ → $d/3,5 - d/6 = 60$ → $d(1/3,5 - 1/6) = 60$ → $d(0,2857 - 0,1667) = 60$ → $d \times 0,119 = 60$ → $d \approx 504$ km. ✓
## VII. Types of Earthquakes and types of seismic waves
Les séismes sont classés selon leur origine : tectoniques, volcaniques, d’effondrement, d’explosion.
Les ondes sismiques se divisent en ondes corporelles (P et S) et ondes de surface (Love et Rayleigh).
> **Définition** : Les ondes P (primaires) sont des ondes longitudinales qui se propagent dans les solides, les liquides et les gaz, avec un mouvement des particules parallèle à la direction de propagation.
> **Définition** : Les ondes S (secondaires) sont des ondes transversales qui ne se propagent que dans les solides, avec un mouvement des particules perpendiculaire à la direction de propagation.
> **Définition** : Les ondes de surface se propagent le long de la surface terrestre et sont responsables de la plupart des dégâts lors d’un séisme.
- Ondes Love : mouvement horizontal transverse.
- Ondes Rayleigh : mouvement elliptique rétrograde dans un plan vertical.
**Exemple résolu** : Pourquoi les ondes S ne sont-elles pas détectées dans le noyau externe ?
Solution : Parce que le noyau externe est liquide, et les ondes S ne peuvent pas se propager dans un fluide (elles nécessitent un milieu solide pour le soutien du cisaillement).
**Exercice d’application** : Classez les ondes sismiques par ordre décroissant de vitesse : ondes P, ondes S, ondes Love, ondes Rayleigh.
Correction : Ondes P > ondes S > ondes Love ≈ ondes Rayleigh (les ondes de surface sont plus lentes que les ondes corporelles). ✓
## VIII. Methods of evaluating earthquake intensities and magnitude
L’intensité mesure les effets observés d’un séisme sur les personnes, les structures et l’environnement (échelle de Mercalli modifiée). La magnitude mesure l’énergie libérée à la source (échelle de Richter, échelle de moment).
> **Définition** : La magnitude d’un séisme est une mesure logarithmique de l’énergie libérée à la source, indépendante de la distance d’observation.
L’échelle de Richter : $M_L = \log_{10}(A) - \log_{10}(A_0)$, où $A$ est l’amplitude maximale enregistrée (en µm) sur un sismomètre Wood-Anderson à 100 km, et $A_0$ est une constante d’étalonnage.
L’échelle de moment (plus précise pour les grands séismes) : $M_w = \frac{2}{3} \log_{10}(M_0) - 10,7$, où $M_0$ est le moment sismique en N·m ($M_0 = \mu \cdot A \cdot D$, avec $\mu$ = module de rigidité, $A$ = surface de la faille, $D$ = glissement moyen).
**Exemple résolu** : Un sismomètre enregistre une amplitude maximale de 200 µm pour un séisme à 100 km. Si $A_0 = 1$ µm pour l’étalonnage, quelle est la magnitude de Richter ?
Solution : $M_L = \log_{10}(200) - \log_{10}(1) = \log_{10}(200) \approx 2,30$.
**Exercice d’application** : Un séisme a un moment sismique $M_0 = 10^{19}$ N·m. Calculer sa magnitude de moment.
Solution : $M_w = \frac{2}{3} \log_{10}(10^{19}) - 10,7 = \frac{2}{3} \times 19 - 10,7 = 12,666 - 10,7 = 1,966 \approx 2,0$. ✓
## IX. Wave travel times and earthquake epicentre
L’épicentre est le point sur la surface terrestre situé directement au-dessus du foyer (hypocentre) où le séisme se déclenche.
> **Définition** : L’hypocentre (ou foyer) est le point intérieur de la Terre où la rupture sismique initiale se produit.
Pour localiser l’épicentre, on utilise la différence de temps d’arrivée entre les ondes P et S sur au moins trois sismographes.
**Méthode** :
1. Mesurer $\Delta t = t_S - t_P$ sur chaque sismogramme.
2. Utiliser une courbe de temps de parcours ou une formule empirique pour convertir $\Delta t$ en distance jusqu’à l’épicentre ($d$).
3. Dessiner des cercles de rayon $d$ autour de chaque station sismique.
4. L’intersection des trois cercles donne l’épicentre.
**Exemple résolu** : Trois stations enregistrent les différences de temps suivantes : Station A : $\Delta t = 20$ s → $d_A = 150$ km; Station B : $\Delta t = 35$ s → $d_B = 300$ km; Station C : $\Delta t = 50$ s → $d_C = 450$ km. Si les stations forment un triangle et que les cercles se coupent en un point unique, où est l’épicentre ?
Solution : À l’intersection des trois cercles de rayons 150 km, 300 km et 450 km centrés sur A, B et C respectivement.
**Exercice d’application** : Pourquoi faut-il au moins trois stations pour localiser un épicentre de manière univoque ?
Correction : Avec deux stations, on obtient deux points d’intersection possibles (symétriques par rapport à la ligne joignant les deux stations). Une troisième station permet de lever l’ambiguïté. ✓
## X. Distribution of earthquakes on a global scale, Predicting, monitoring and managing of earthquakes
Les séismes ne sont pas répartis au hasard : ils se concentrent le long des limites des plaques tectoniques.
> **Fait clé** : Environ 90% des séismes se produisent dans la ceinture de feu du Pacifique (marges convergentes et transformantes du Pacifique), et environ 6% le long de la dorsale médio-atlantique et des marges convergentes de l’Himalaya.
La ceinture alpine-himalayenne compte pour environ 5-6% des séismes mondiaux.
**Surveillance** : Réseaux mondiaux de sismomètres (ex. IRIS, GEOFON), systèmes d’alerte précoce (ex. ShakeAlert au Japon, système mexicain).
**Prédiction** : Actuellement, il n’est pas possible de prédire avec précision le moment, l’endroit et la magnitude d’un séisme futur. Cependant, on peut estimer les probabilités à long terme basé sur l’histoire sismique et les vitesses de convergence des plaques.
**Gestion** :
- Prévention : normes antisismiques dans la construction (ex. bâtiments à structure ductile).
- Préparation : plans d’urgence, exercices, kits de survie.
- Réponse : secours médicaux, recherche et sauvetage.
- Récupération : reconstruction, soutien psychologique.
**Exemple résolu** : Pourquoi les marges convergentes du Pacifique produisent-elles plus de séismes que les marges divergentes ?
Solution : Parce que les marges convergentes impliquent des contraintes de compression élevées, des subductions avec frottement important, et des failles verrouillées qui accumulent de l’énergie sur de longues périodes avant de se rompre brusquement.
**Exercice d’application** : Nommez deux stratégies de gestion des séismes appartenant à la phase de « prévention ».
Correction :
1. Application de codes de construction antisismiques (ex. renforcement des poteaux, murs de cisaillement).
2. Interdiction de construire dans les zones à haut risque de faille active ou de liquéfaction des sols. ✓
## XI. Methods to explain the Earth's Internal Structure
Plusieurs méthodes indirectes permettent d’inférer la structure interne de la Terre :
1. **Ondes sismiques** : analyse des temps de parcours, de la réfraction et de la réflexion des ondes P et S → révèle les discontinuités (Moho, Gutenberg, Lehmann).
2. **Gravité** : mesures des anomalies gravimétriques → infèrent les variations de densité intérieure (ex. excès de masse sous les chaînes de montagnes).
3. **Magnétisme** : étude du champ magnétique terrestre et de sa variation avec la profondeur → noyau externe liquide comme siège du géodynamo.
4. **Flux de chaleur** : mesure du flux thermique sortant de la Terre → contraintes sur la convection mantellique et la conductivité thermique.
5. **Rotation et précession** : variations du mouvement de rotation de la Terre → infèrent le moment d’inertie et la répartition de la masse (noyau solide vs liquide).
**Exemple résolu** : Comment la disparition des ondes S dans le noyau externe prouve-t-elle qu’il est liquide ?
Solution : Les ondes S nécessitent un milieu solide pour se propager (elles dépendent du module de cisaillement). Leur absence totale dans le noyau externe indique que ce dernier ne supporte pas le cisaillement → état liquide.
**Exercice d’application** : Quelle méthode permet de détecter la présence d’un noyau interne solide, et pourquoi ?
Correction : La réfraction des ondes P à la discontinuité de Lehmann montre une augmentation de vitesse, indiquant un changement de phase du liquide au solide → noyau interne solide. ✓
## XII. Concept of Isostasy (definition, causes, theories, effects, merits, demerits)
> **Définition** : L’isostasie est l’état d’équilibre gravitationnel de la lithosphère flottant sur l’asthénosphère visqueuse, analogue à un iceberg flottant dans l’eau.
**Causes** : Différences de densité entre la lithosphère et l’asthénosphère. Les zones de croûte plus épaisse (montagnes) ont une racine plus profonde dans le manteau pour compenser l’excès de masse.
**Théories** :
- **Isostasie d’Airy** : la croûte a une densité uniforme ; les variations de topographie sont compensées par des variations de l’épaisseur de la croûte (racines profondes sous les montagnes, antiracines sous les bassins).
- **Isostasie de Pratt** : la croûte a une épaisseur uniforme ; les variations de topographie sont compensées par des variations de densité latérale (roches moins denses sous les montagnes, plus denses sous les bassins).
**Effets** :
- Soulèvement post-glaciaire : après la fonte des calottes glaciaires, la croûte remonte lentement (ex. Scandinavie, Canada).
- Subsidence des bassins sédimentaires : accumulation de sédiments → enfoncement de la croûte.
**Mérites** :
- Explique la topographie terrestre sans nécessiter de forces horizontales importantes.
- Cohérent avec les données gravimétriques (anomalies de Bouguer faibles près des montagnes).
**Démérits** :
- Ne tient pas compte de la résistance mécanique de la lithosphère (effet de fléchissement).
- L’asthénosphère n’est pas un fluide parfait ; sa viscosité varie.
**Exemple résolu** : Selon le modèle d’Airy, si la densité de la croûte est $\rho_c = 2700$ kg/m³ et celle du manteau est $\rho_m = 3300$ kg/m³, quelle est la profondeur de la racine $r$ sous une montagne de hauteur $h = 4$ km ?
Solution : Équilibre des colonnes : $\rho_c (h + r) = \rho_m r$ → $2700(4 + r) = 3300r$ → $10800 + 2700r = 3300r$ → $10800 = 600r$ → $r = 18$ km.
**Exercice d’application** : Dans le modèle de Pratt, si l’épaisseur de la croûte est uniforme à 35 km, et que la densité sous un bassin océanique est de 2900 kg/m³, quelle doit être la densité sous une montagne voisine pour que le sommet soit à 3 km au-dessus du niveau de la mer, sachant que la densité de référence sous le bassin est de 2800 kg/m³ ?
Correction : En supposant que la densité de référence est celle sous le bassin (2800 kg/m³), et que la montagne a une élévation de +3 km, alors pour compenser : $\rho_{montagne} \times 35 = \rho_{bassin} \times (35 + 3)$ → $\rho_{montagne} = \frac{2800 \times 38}{35} \approx 3040$ kg/m³. Mais comme le bassin a une densité réelle de 2900 (plus élevée que la référence), on ajuste : en réalité, le modèle de Pratt suppose épaisseur constante, donc si le bassin est plus dense, la montagne doit être moins dense. On résout : $\rho_b \cdot 35 = \rho_m \cdot 35 + \rho_w \cdot h$ (eau) → trop complexe sans hypothèses. On simplifie : pour une élévation de 3 km, la densité de la montagne doit être telle que : $\rho_m = \rho_b \cdot \frac{35}{35-3} = 2800 \cdot \frac{35}{32} \approx 3062$ kg/m³ si on ignore l’eau. Mais comme le bassin a 2900, on doit avoir $\rho_m < 2900$. En fait, pour une élévation positive, la densité doit être plus faible. Donc : $\rho_m = \rho_b \cdot \frac{H}{H - h}$ où H=35 km, h=3 km → $\rho_m = 2900 \cdot \frac{35}{32} \approx 3164$ kg/m³ → cela donne une densité plus élevée, ce qui est faux. Correction : dans le modèle de Pratt, pour une topographie élevée, la densité doit être plus faible. Donc : $\rho_m H = \rho_b (H + h)$ si la montagne a une racine négative ? En réalité, le modèle de Pratt suppose que la pression à la base de la croûte est constante : $\rho g H =$ constant. Donc $\rho \propto 1/H$. Si H est constant, alors $\rho$ doit varier pour compenser la topographie. En fait, dans le modèle de Pratt, l’épaisseur de la croûte est constante, donc la compensation se fait par des variations de densité latérale. La pression à une profondeur donnée sous la croûte doit être égale partout. À la base de la croûte (profondeur = -H), la pression vient du poids de la croûte au-dessus : $P = \rho g H$. Pour que P soit constante, si H est constant, alors $\rho$ doit être constant → contradiction. En réalité, le modèle de Pratt suppose que la profondeur de compensation est constante (pas l’épaisseur de la croûte). On considère une profondeur de compensation D en dessous de laquelle la densité est uniforme. Au-dessus, la croûte a une épaisseur constante H, mais sa densité varie. La pression à la profondeur D est : $P = \int_0^H \rho(z) g dz + \rho_m g (D - H)$. Pour que P soit indépendante de la position horizontale, si H et $\rho_m$ sont constants, alors $\int_0^H \rho(z) dz$ doit être constant. Donc si la topographie varie, la densité moyenne de la croûte doit varier en sens inverse. Pour une montagne de hauteur h, la colonne de croûte est plus haute, donc pour maintenir le même poids, sa densité moyenne doit être plus faible. Donc : $\bar{\rho}_{montagne} \cdot (H + h) = \bar{\rho}_{bassin} \cdot H$ → $\bar{\rho}_{montagne} = \bar{\rho}_{bassin} \cdot \frac{H}{H + h}$. Avec H=35 km, h=3 km, $\bar{\rho}_{bassin}=2900$ kg/m³ → $\bar{\rho}_{montagne} = 2900 \cdot \frac{35}{38} \approx 2671$ kg/m³. ✓
## XIII. Orogenesis (Orogenic cycle, types of mountains and global location)
> **Définition** : L’orogenèse est le processus de formation des chaînes de montagnes par déformation tectonique, principalement due à la convergence des plaques lithosphériques.
**Cycle orogénique** :
1. **Phase de sédimentation** : accumulation de sédiments dans un bassin géosynclinal.
2. **Phase de compression** : convergence des plaques → plissement, faulting, métamorphisme.
3. **Phase de soulèvement** : isostasie → émergence des chaînes de montagnes.
4. **Phase d’érosion** : dégradation → réduction de la topographie, éventuellement nouveau cycle.
**Types de montagnes** :
- **De plissement** : provenant du plissement de couches sédimentaires (ex. Alpes, Himalaya).
- **De faulting et de plissement** : combinaison de failles et de plis (ex. Montagnes Rocheuses).
- **Volcaniques** : accumulation de matériaux volcaniques (ex. Andes, Chaîne des Cascades).
- **De soulèvement de bloc** : soulèvement de blocs crustaux le long de failles (ex. Sierra Nevada, Montagnes Tétons).
**Répartition mondiale** :
- Ceinture alpine-himalayenne (Europe-Afrique-Asie).
- Ceinture circum-pacifique (Andes, Rocheuses, Chaîne des Cascades, Alpes japonaises).
- Chaînes anciennes bouclier (ex. montagnes scandinaves, montagnes d’Appalaches).
**Exemple résolu** : Quel type de montagne se forme principalement à la marge convergente où une plaque océanique subit une subduction sous une plaque continentale ?
Solution : Chaîne de montagnes volcaniques (ex. Andes) due au magmatisme de l’arc volcanique.
**Exercice d’application** : Citez un exemple de montagne de soulèvement de bloc et expliquez sa formation.
Correction : La Sierra Nevada (États-Unis) s’est formée par le soulèvement d’un bloc crustal le long de la faille orientale de la Sierra, dû à l’extension tectonique dans le bassin et la chaîne de montagnes à l’ouest. ✓
## XIV. Seafloor topography (Features and Benefits of continental margins)
> **Définition** : La topographie des fonds marins décrit les formes du relief océanique, incluant les plateaux continentaux, les pentes continentales, les rises océaniques, les fosses océaniques et les plaines abyssales.
**Caractéristiques des marges continentales** :
- **Plateau continental** : zone peu profonde (0-200 m), large de quelques dizaines à centaines de km, riche en sédiments et en ressources halieutiques.
- **Pente continentale** : déclivité raide (200-2000 m), site de glissements de terrain sous-marins.
- **Montée continentale** : transition vers le fond océanique profond (2000-3000 m), souvent coupée par des canyons sous-marins.
**Avantages** :
- Zones de pêche parmi les plus productives du monde (ex. plateau de Newfoundland, mer du Nord).
- Réserves importantes de pétrole et de gaz naturel (ex. golfe du Mexique, mer de Chine méridionale).
- Lieux de dépôt de sédiments permettant la reconstitution des paléoenvironnements.
- Zones de biodiversité élevée (récifs coralliens, écosystèmes de pente).
**Exemple résolu** : Pourquoi les plateaux continentaux sont-ils des zones privilégiées pour la pêche ?
Solution : Parce qu’ils sont peu profonds, permettant la pénétration de la lumière pour la photosynthèse phytoplanctonique, base de la chaîne alimentaire marine, et parce qu’ils retiennent les nutriments apportés par les rivières et les remontées d’eaux profondes.
**Exercice d’application** : Nommez deux caractéristiques géomorphologiques des marges continentales qui augmentent leur vulnérabilité aux risques naturels.
Correction :
1. La pente continentale, sujet aux glissements de terrain sous-marins pouvant déclencher des tsunamis.
2. Les canyons sous-marins, qui peuvent canaliser des courants de turbidité puissants et érosifs. ✓
## XV. Continental drift (scope, effects, causes, evidences)
> **Définition** : La dérive des continents est l’hypothèse selon laquelle les continents se sont déplacés horizontalement à travers le géologique, proposée initialement par Alfred Wegener en 1912.
**Portée** : Explique la répartition actuelle des continents et des océans, ainsi que les similarités géologiques et paléontologiques entre des terres désormais séparées.
**Effets** :
- Formation et rupture des supercontinents (ex. Pangée, Gondwana, Laurasia).
- Ouverture et fermeture des océans (ex. océan Atlantique, océan Téthys).
- Influence sur le climat mondial (position des continents affectant les courants océaniques et la circulation atmosphérique).
**Causes** : Selon Wegener, forces de fuite polaire et forces de marée. Aujourd’hui, on sait que la dérive est une conséquence de la tectonique des plaques (convection mantellique).
**Preuves** :
- **Paléontologiques** : fossiles identiques de terrestres (ex. *Mesosaurus*, *Cynognathus*, *Lystrosaurus*) trouvés en Amérique du Sud et en Afrique, en Inde et en Antarctique.
- **Paléoclimatologiques** : traces de glaciations anciennes dans des régions aujourd’hui tropicales (ex. sédiments glaciaires du Carbonifère en Afrique du Sud, Inde, Australie).
- **Géologiques** : correspondance des chaînes de montagnes et des formations rocheuses (ex. montagnes des Appalaches correspondant à celles de la Caledonie en Scandinavie et aux montagnes britanniques).
- **Géophysiques** : alignement des anomalies magnétiques et de l’âge des fonds océaniques (confirmant l’expansion des fonds).
**Exemple résolu** : Pourquoi la présence du fossile *Mesosaurus* en Amérique du Sud et en Afrique soutient-elle l’hypothèse de la dérive des continents ?
Solution : *Mesosaurus* était un reptile d’eau douce incapable de traverser l’océan Atlantique. Sa présence sur les deux continents implique qu’ils étaient autrefois joints.
**Exercice d’application** : Citez une preuve paléoclimatologique de la dérive des continents et expliquez son implication.
Correction : Des dépôts de tillite (sediments glaciaires) du Carbonifère ont été trouvés en Afrique du Sud, en Inde, en Australie et en Antarctique. Cela implique que ces régions étaient autrefois situées à des latitudes élevées, proches du pôle sud, et ont depuis dérivé vers leurs positions actuelles. ✓
Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.