Chapitre 3
MINERALLOGY AND CRYSTALLOGRAPHY
Lecture : 23 minQuiz de 12 questions
# MINERALLOGY AND CRYSTALLOGRAPHY
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l'étudiant sera capable de définir un minéral, d'expliquer son origine et sa nature, de décrire sa chimie et ses propriétés physiques, d'identifier les minéraux formant les roches courantes, de comprendre la structure cristalline (maille unitaire, morphologie, géométrie, symétrie, systèmes cristallins), d'analyser le twinning, la polymorphisme, la pseudomorphose et l'isomorphisme, et de classer et décrire les minéraux selon des critères établis.
**Prérequis** : Notions de base en chimie (atomes, ions, liaisons covalentes/ioniques, formules chimiques), en physique (densité, dureté, conductivité), et en géologie générale (roches, processus géologiques).
## Introduction
La minéralogie et la cristallographie forment le fondement de la compréhension des matériaux terrestres. Un minéral est un solide naturel, inorganique, doté d'une composition chimique définie ou variable dans des limites étroites, et d'un ordre atomique interne caractéristique qui se manifeste par ses propriétés physiques et sa forme cristalline. La cristallographie étudie l'arrangement des atomes dans les solides cristallins, permettant de relier la structure à la propriété. Ce chapitre couvre successivement la définition, l'occurrence, la chimie, les propriétés physiques, les minéraux rocheux courants, la cristallographie de base (maille unitaire, symétrie, systèmes), les phénomènes de twinning et de polymorphisme, et enfin la classification et la description des minéraux.
## I. Definition, origin and nature of a mineral.
### Définition
> Un minéral est un solide naturel, inorganique, formé par des processus géologiques, possédant une composition chimique définie ou variable dans des limites étroites, et une structure atomique ordonnée qui se traduit par des propriétés physiques caractéristiques et, souvent, une forme cristalline.
### Origine
Les minéraux se forment par divers processus géologiques :
- **Précipitation à partir de solutions aqueuses** (ex. : halite dans les lacs évaporés).
- **Cristallisation à partir de magma ou de lave** (ex. : quartz, feldspath dans les granites).
- **Transformation métamorphique** (ex. : grenat à partir de boue argileuse sous pression et température élevées).
- **Processus biogéniques** (ex. : calcite dans les coquilles, bien que certains soient considérés comme minéraux si inorganiques).
- **Oxydation et altération** (ex. : oxydes de fer dans les sols lateritiques).
### Nature
La nature d'un minéral réside dans sa **structure cristalline** : les atomes, ions ou molécules sont disposés selon un motif périodique répété dans l'espace en trois dimensions. Cette périodicité confère au minéral ses propriétés anisotropes (variation selon la direction) et sa capacité à former des faces cristallines bien définies. Contrairement aux verres (solides amorphes), les minéraux présentent un ordre à longue portée.
### Exemple résolu : Vérification de la nature minérale du quartz
Le quartz a la formule SiO₂. Dans sa structure, chaque atome de Si est tétraédriellement coordonné à 4 atomes d'O, et chaque O relie deux Si. Ce réseau tétraédrique Si-O-Si est répété périodiquement dans l'espace, formant un cadre tridimensionnel. Cette périodicité confirme sa nature cristalline et donc minérale.
### Exercices d'application
1. **Question** : L'opale est-elle un minéral ? Justifiez.
**Réponse** : Non. L'opale est du SiO₂·nH₂O, mais ses particules de SiO₂ sont amorphes (pas d'ordre atomique à longue portée), donc elle est un minéroïde, pas un minéral vrai.
2. **Question** : Un cristal de sucre de table (saccharose) trouvé dans la nature est-il un minéral ?
**Réponse** : Non. Bien qu'il soit cristallin et ait une composition définie (C₁₂H₂₂O₁₁), il est organique (produit par des êtres vivants), donc exclu par la définition du minéral (inorganique).
## II. Occurrence of minerals
### Occurrence
L'occurrence d'un minéral fait référence aux conditions géologiques et aux environnements où il est trouvé naturellement. Elle dépend de la température, de la pression, de la composition chimique du milieu, et de la disponibilité des éléments.
### Types d'occurrence
- **Ignée** : Dans les roches magmatiques (intrusives : plutoniques ; extrusives : volcaniques). Ex. : olivine dans les basaltes, feldspath dans les granites.
- **Sédimentaire** : Par précipitation, évaporation, ou accumulation de débris. Ex. : halite (NaCl) dans les dépôts évaporés, calcite dans le calcaire.
- **Métamorphique** : Par transformation de minéraux préexistants sous P-T élevées. Ex. : staurotide dans les schistes, kyanite dans les gneiss.
- **Hydrothermale** : À partir de fluides chauds circulant dans les fractures. Ex. : quartz veineux, sulfures (pyrite, chalcopyrite).
- **Surfacique** : Par altération et oxydation. Ex. : oxydes de fer (hématite, goethite) dans les sols lateritiques.
### Exemple résolu : Occurrence de l'halite
L'halite (NaCl) se forme par évaporation d'eau de mer ou de lacs salés. Lorsque la concentration de Na⁺ et Cl⁻ dépasse la solubilité, NaCl précipite sous forme de cristaux cubiques. On le trouve dans des bassins évaporés comme le lac Tchad (parties nord) ou les salins de l'Ouganda.
### Exercices d'application
1. **Question** : Où trouverait-on du grenat almandin en contexte métamorphique ?
**Réponse** : Dans des schistes ou gneiss de faciès amphibolite, dérivés de boue argileuse soumise à des températures de 500-700°C et pressions modérées.
2. **Question** : Pourquoi le diamant n'est-il pas trouvé dans les roches sédimentaires de surface ?
**Réponse** : Le diamant se forme à haute pression (>4 GPa) et haute température dans le manteau terrestre. Il est amené à la surface par des kimberlites. À la surface, il est métastable mais ne se forme pas par sédimentation.
## III. Chemistry of minerals 1
### Composition chimique
La composition chimique d'un minéral est exprimée par sa formule chimique, qui peut être :
- **Définie** : Composition fixe (ex. : quartz SiO₂, halite NaCl).
- **Variable** : Solution solide (ex. : olivine (Mg,Fe)₂SiO₄, où Mg et Fe se substituent librement).
### Substitution ionique
Les ions de taille et de charge similaires peuvent remplacer un ion dans le réseau cristallin sans en altérer fondamentalement la structure (ex. : Na⁺ et K⁺ dans les feldspaths).
### Charge et équilibre
La somme des charges positives doit égaler la somme des charges négatives dans la formule unitaire.
### Exemple résolu : Vérification de la neutralité électrique dans l'olivine
L'olivine a la formule générale (Mg,Fe)₂SiO₄.
- Supposons une olivine riche en magnésium : Mg₂SiO₄.
- Charges : 2×(+2) + (+4) + 4×(-2) = +4 +4 -8 = 0. Neutre.
- Supposons une olivine riche en fer : Fe₂SiO₄.
- Charges : 2×(+2) + (+4) + 4×(-2) = +4 +4 -8 = 0. Neutre.
La substitution Mg²⁺ ↔ Fe²⁺ conserve la neutralité car même charge.
### Exercices d'application
1. **Question** : Vérifiez que la formule du feldspath orthose KAlSi₃O₈ est électriquement neutre.
**Réponse** : K⁺ (+1), Al³⁺ (+3), 3×Si⁴⁺ (+12), 8×O²⁻ (-16). Total : +1+3+12-16 = 0.
2. **Question** : Pourquoi le remplacement de Si⁴⁺ par Al³⁺ dans les feldspaths nécessite-t-il un ion monovalent comme K⁺ ou Na⁺ ?
**Réponse** : Pour compenser la déficit de charge positif : chaque Al³⁺ remplaçant Si⁴⁺ introduit une charge négative effective (-1), nécessitant un cation +1 pour l'équilibrer.
## IV. Chemistry of minerals 2
### Isomorphisme
> L'isomorphisme est la capacité de deux ou plusieurs minéraux à avoir la même structure cristalline malgré des différences dans leur composition chimique, dues à la substitution ionique.
### Exemple : Groupe des feldspaths
L'orthose (KAlSi₃O₈), l'albite (NaAlSi₃O₈) et l'anorthite (CaAl₂Si₂O₈) sont isomorphes : ils partagent la même structure de tétraèdres Si/Al-O en réseau tridimensionnel, avec des cations variés dans les sites interstitiels.
### Solution solide
> Une solution solide est un mélange homogène à l'échelle atomique de deux ou plusieurs composants dans un seul réseau cristallin.
### Types
- **Substitutionnelle** : Ions de taille similaire remplacent un ion du réseau (ex. : Mg²⁺ ↔ Fe²⁺ dans l'olivine).
- **Interstitielle** : Atomes petits occupent des sites vides (rare en minéraux courants).
- **Omissionnelle** : Vacances créées pour compenser des différences de charge (ex. : dans certains oxydes).
### Exemple résolu : Solution solide dans l'olivine
L'olivine varie de forstérite Mg₂SiO₄ à fayalite Fe₂SiO₄.
- À 50% Mg, 50% Fe : (Mg₀.₅Fe₀.₅)₂SiO₄ = MgFeSiO₄.
- Vérification de charge : 2×[(0.5×+2)+(0.5×+2)] + (+4) + 4×(-2) = 2×[+1++1] +4 -8 = 2×+2 +4 -8 = +4+4-8=0.
### Exercices d'application
1. **Question** : Décrivez la solution solide dans le groupe des plagioclases.
**Réponse** : Les plagioclases forment une solution solide continue de l'albite (NaAlSi₃O₈) à l'anorthite (CaAl₂Si₂O₈), où Na⁺ et Ca²⁺ substituent, avec compensation de charge par Al³⁺ ↔ Si⁴⁺ (ex. : dans l'anorthite, un Al³⁺ supplémentaire remplace un Si⁴⁺ pour équilibrer la charge +2 de Ca²⁺ vs +1 de Na⁺).
2. **Question** : Pourquoi l'isomorphisme est-il limité par la taille ionique ?
**Réponse** : Selon les règles de Goldschmidt, la substitution ionique est favoree si les rayons ioniques diffèrent de moins de 15%. Au-delà, la déformation du réseau devient trop énergétiquement coûteuse.
## V. Physical properties of minerals 1
### Couleur
> La couleur est l'apparence visuelle d'un minéral due à l'absorption et à la réflexion de certaines longueurs d'onde de la lumière visible.
- **Couleur intrinsèque** : Due à la composition électronique (ex. : bleu du cuivre dans l'azurite).
- **Couleur extrinsèque** : Due à des impuretés ou des défauts (ex. : violet de l'améthyste dû au Fe³⁺ dans le quartz).
### Trace
> La trace est la couleur de la poudre d'un minéral obtenue en le frottant sur une plaque de porcelaine non émaillée (plaque de trace).
- Plus fiable que la couleur car moins affectée par les impuretés superficielles.
- Ex. : L'hématite a une trace rouge-brun, quelle que soit sa couleur apparente (métallique gris-noir ou rouge terreux).
### Éclat
> L'éclat décrit la manière dont la surface d'un minéral réfléchit la lumière.
Types :
- **Métallique** : Comme un métal (ex. : pyrite, galène).
- **Adamantin** : Comme un diamant (ex. : diamant, zircon).
- **Vitreux** : Comme du verre (ex. : quartz, feldspath).
- **Résineux** : Comme de la résine (ex. : soufre).
- **Grasse** : Comme de l'huile (ex. : talc).
- **Pérlé** : Comme de la nacre (ex. : certaines micas).
- **Mat** : Réflexion diffuse (ex. : craie).
### Exemple résolu : Identification par la trace
Un minéral noir métallique laisse une trace jaune-brun. Cela suggère la pyrite (FeS₂), dont la trace est verdâtre-noire à brunâtre, contrairement à la magnétite (trace noire) ou à l'hématite (trace rouge-brun).
### Exercices d'application
1. **Question** : Un minéral a un éclat vitreux, une dureté de 7, et une trace blanche. Quelle est son identité probable ?
**Réponse** : Quartz (SiO₂).
2. **Question** : Pourquoi la trace de l'hématite est-elle toujours rouge-brun malgré sa couleur variable ?
**Réponse** : La trace dépend de la composition chimique du minéral en poudre, qui est homogène et représentative de sa vraie composition, contrairement à la couleur de surface affectée par l'altération ou les inclusions.
## VI. Physical properties of minerals 2
### Dureté
> La dureté est la résistance d'un minéral à être rayé, mesurée sur l'échelle de Mohs (1 à 10).
Échelle de Mohs :
1. Talc
2. Gypse
3. Calcite
4. Fluorite
5. Apatite
6. Orthose
7. Quartz
8. Topaze
9. Corindon
10. Diamant
- Un minéral raye tous ceux ayant un numéro inférieur ou égal sur l'échelle.
- Méthode : Essayer de rayer le minéral avec des étalons connus ou des objets usuels (ongle ~2.5, couteau ~5.5, verre ~5.5).
### Tenacité
> La tenacité décrit la résistance d'un minéral à la rupture, à l'écaillage ou à la déformation.
Types :
- **Cassant** : Se brise facilement (ex. : quartz, calcite).
- **Malleable** : Peut être aplati en feuille sans se briser (ex. : or natif).
- **Ductile** : Peut être tiré en fil (ex. : argent natif).
- **Flexible** : Se plie mais revient à sa forme initiale (ex. : certaines micas).
- **Élastique** : Se déforme sous charge et revient à sa forme initiale lorsque la charge est retirée (ex. : certains minéraux fibreux comme l'amiante).
### Exemple résolu : Test de dureté
Un minéral raye le verre (dureté ~5.5) mais est rayé par l'orthose (dureté 6). Sa dureté est donc entre 5.5 et 6, probablement autour de 5.5-6 (ex. : feldspath plagioclase).
### Exercices d'application
1. **Question** : Un minéral ne peut pas être rayé par un couteau (dureté ~5.5) mais raye facilement le verre. Quelle est sa dureté minimale ?
**Réponse** : Plus de 5.5, donc au moins 6 (orthose ou plus dur).
2. **Question** : Pourquoi le diamant est-il utilisé pour couper d'autres minéraux ?
**Réponse** : Parce qu'il a la dureté maximale (10 sur l'échelle de Mohs), il peut rayer tous les autres minéraux.
## VII. Physical properties of minerals 3
### Clivage
> Le clivage est la tendance d'un minéral à se briser suivant des plans parallèles à des faces cristallines potentielles, résultant de liaisons plus faibles dans certaines directions du réseau cristallin.
- Décrit par : nombre de directions, qualité (parfait, bon, médiocre, aucun), et angle entre les directions.
- Ex. : Mica : un clivage parfait basal (une direction).
- Ex. : Fluorite : quatre directions de clivage parfait formant des octaèdres.
- Ex. : Calcite : trois directions de clivage parfait formant des rhomboèdres (angles de 75° et 105°).
### Fracture
> La fracture est l'apparence de la surface d'un minéral lorsqu'il se brise de manière non conforme à son clivage.
Types :
- **Conchoïdale** : Comme des ondulations de coquille (ex. : quartz, verre).
- **Écaillarde** : En petites écailles (ex. : micas).
- **Écaillarde** : En morceaux irréguliers (ex. : granit).
- **Filamenteuse** : Comme des fibres (ex. : amiante).
- **Écaillarde** : En plaques (ex. : graphite).
### Exemple résolu : Identification par le clivage
Un minéral présente trois directions de clivage parfait qui ne sont pas à 90°. Les angles mesurés sont de 75° et 105°. Cela correspond au clivage rhomboédrique de la calcite (CaCO₃).
### Exercices d'application
1. **Question** : Un minéral montre un clivage parfait dans une seule direction, avec des feuilles flexibles. Quelle est son identité probable ?
**Réponse** : Mica (ex. : muscovite ou biotite).
2. **Question** : Pourquoi le quartz présente-t-il une fracture conchoïdale et pas de clivage ?
**Réponse** : Parce que ses liaisons Si-O sont fortes et égales dans toutes les directions ; il n'y a pas de direction de faiblesse privilégiée dans son réseau tétraédrique tridimensionnel.
## VIII. Physical properties of minerals 4
### Densité spécifique
> La densité spécifique (ou poids spécifique) est le rapport de la densité d'un minéral à celle de l'eau à 4°C. Elle est sans dimension.
- Mesurée en pesant le minéral dans l'air et dans l'eau (méthode de la pesée hydrostatique).
- Dépend de la composition chimique et de l'empaquetage atomique.
- Ex. : Quartz : ~2.65 ; Hématite : ~5.0-5.3 ; Galène : ~7.4-7.6.
### Propriétés magnétiques
> Certains minéraux présentent des propriétés magnétiques en raison de la présence d'ions ferromagnétiques (Fe²⁺, Fe³⁺, Ni²⁺, etc.).
Types :
- **Ferromagnétique** : Forte aimantation permanente (ex. : magnétite Fe₃O₄).
- **Ferrimagnétique** : Comme la magnétite (sous-type).
- **Paramagnétique** : Faible attraction par un champ magnétique (ex. : ilménite FeTiO₃).
- **Diamagnétique** : Très faible répulsion (ex. : quartz, calcite).
### Propriétés électriques
> Certains minéraux conduisent l'électricité ou présentent des phénomènes électriques sous contrainte.
- **Conductivité électronique** : Minéraux métalliques (ex. : galène PbS, pyrite FeS₂).
- **Conductivité ionique** : Certains oxydes ou sulfures à haute température.
- **Piézoélectricité** : Génération de charge électrique sous contrainte mécanique (ex. : quartz, tourmaline).
- **Pyroélectricité** : Génération de charge sous changement de température (ex. : tourmaline).
### Exemple résolu : Calcul de densité spécifique
Un échantillon de minéral pèse 24 g dans l'air et 16 g dans l'eau.
- Masse apparente dans l'eau = 24 g - 16 g = 8 g (masse d'eau déplacée).
- Densité spécifique = Masse dans l'air / Masse d'eau déplacée = 24 g / 8 g = 3.0.
Cela correspond à des minéraux comme la baryte (BaSO₄, ~4.5) ou l'apatite (~3.1-3.2) ; ici, 3.0 suggère peut-être la fluorine (CaF₂, ~3.1-3.2) ou une variété d'apatite.
### Exercices d'application
1. **Question** : Un minéral a une densité spécifique de 4.5. Il est blanc et a un éclat vitreux. Quelle est son identité probable ?
**Réponse** : Baryte (BaSO₄).
2. **Question** : Pourquoi la magnétite est-elle attirée par un aimant alors que l'hématite ne l'est que faiblement ?
**Réponse** : La magnétite (Fe₃O₄) contient des Fe²⁺ et Fe³⁺ disposés de façon à donner un moment magnétique net fort (ferrimagnétisme), tandis que l'hématite (Fe₂O₃) a une structure antiferromagnétique avec faiblesse de moment net (seulement paramagnétisme faible à température ambiante).
## IX. Physical properties of minerals 5
### Propriétés optiques (introduction)
> Certains minéraux modifient la lumière qui les traverse de manière caractéristique, utile pour leur identification en lame mince.
- **Biréfringence** : Différence entre les indices de réfraction pour la lumière ordinaire et extraordinaire dans les cristaux anisotropes.
- **Pléochroïsme** : Variation de la couleur selon la direction de la lumière polarisée (ex. : tourmaline).
- **Interférence** : Couleurs observées entre nicoles croisées en microscopie polarisée devido aux différences de phase.
- **Indice de réfraction** : Mesure de la vitesse de la lumière dans le minéral relatif au vide.
### Fluorescence
> Certains minéraux émettent de la lumière visible lorsqu'ils sont exposés à la lumière ultraviolette (UV).
- Due à l'activation par des impuretés (activateurs) comme le Mn²⁺, ou à des défauts du réseau.
- Ex. : Fluorite (CaF₂) peut fluorescer en bleu, vert, violet selon les traces d'Y ou d'Eu.
- Ex. : Willemite (Zn₂SiO₄) fluoresce en vert sous UV courte longueur d'onde.
### Phosphorescence
> Emission de lumière qui persiste après l'arrêt de l'excitation UV (moins courante).
### Exemple résolu : Fluorescence de la fluorite
Un échantillon de fluorite sous lampe UV courte longueur d'onde (254 nm) émet une lumière bleue vive. Cela est dû à l'activation par des traces d'yttrium (Y³⁺) ou d'europium (Eu²⁺) remplaçant partiellement le Ca²⁺ dans le réseau, créant des niveaux d'énergie permettant l'émission de photons visibles après excitation UV.
### Exercices d'application
1. **Question** : Un minéral incolore à la lumière blanche montre un fort pléochroïsme (bleu à jaune) sous lumière polarisée. Quelle est son identité probable ?
**Réponse** : Tourmaline (spécifiquement, une variété comme l'indigolite ou la dravite selon la teinte dominante).
2. **Question** : Pourquoi le quartz ne fluoresce-t-il généralement pas sous UV ?
**Réponse** : Le quartz pur (SiO₂) manque d'impuretés activatrices ou de défauts de réseau permettant des transitions électroniques dans le domaine visible après excitation UV.
## X. Common Rock forming Minerals 1
### Quartz (SiO₂)
- **Structure** : Réseau tétraédrique Si-O-Si en 3D (cristobalite, tridymite, quartz alpha/beta).
- **Propriétés** : Dureté 7, éclat vitreux, fracture conchoïdale, pas de clivage, densité spécifique ~2.65, insoluble dans les acides sauf HF.
- **Occurrence** : Ubiquitaire : granites, rhyolites, grès, quartzites, veines hydrothermales.
- **Variétés** : Cristal de roche (incolore), améthyste (violet, Fe³⁺), citrine (jaune, Fe³⁺), fumé (marron, irradiation).
### Feldspaths
#### Orthose (KAlSi₃O₈)
- **Structure** : Tectosilicate, chaînes de tétraèdres Si/Al-O avec K⁺ dans les cavités.
- **Propriétés** : Dureté 6, éclat vitreux à perlé, clivage parfait dans deux directions à 90°, densité spécifique ~2.55-2.63.
- **Occurrence** : Granites, syénites, pegmatites.
#### Albite (NaAlSi₃O₈)
- **Propriétés** : Similaire à l'orthose, mais Na⁺ au lieu de K⁺. Clivage moins parfait.
- **Occurrence** : Roches felsiques, pegmatites albiteuses.
#### Anorthite (CaAl₂Si₂O₈)
- **Propriétés** : Dureté 5-6, éclat vitreux, clivage dans deux directions pas à 90°, densité spécifique ~2.74-2.76.
- **Occurrence** : Roches basiques (gabbro, anorthosite).
### Exemple résolu : Différenciation orthose vs albite
Un feldspath montre un clivage parfait à 90° et contient du potassium détecté par analyse chimique. C'est de l'orthose. Si le même clivage est observé mais avec du sodium, c'est de l'albite. La distinction chimique est essentielle car optiquement et structuralement très similaires.
### Exercices d'application
1. **Question** : Pourquoi les feldspaths sont-ils les minéraux les plus abondants dans la croûte terrestre ?
**Réponse** : Parce qu'ils se forment facilement à partir de magma riche en Si, Al, Na, K, Ca, qui sont des éléments courants, et leur structure tectosilicate est stable sur un large intervalle de P-T.
2. **Question** : Un minéral gris-blanc, dureté 6, clivage à 90°, éclat vitreux, se trouve dans un granite. Quelle est son identité ?
**Réponse** : Orthose ou albite (nécessite un test chimique pour distinguer K vs Na).
## XI. Common Rock forming Minerals 2
### Micas
#### Muscovite (KAl₂(AlSi₃O₁₀)(OH)₂)
- **Structure** : Phyllosilicate, feuillets de tétraèdres Si/Al-O liés par des octaèdres d'Al, avec K⁺ entre les feuillets.
- **Propriétés** : Éclat perlé, clivage parfait basal (une direction), feuilles flexibles, dureté 2-3, densité spécifique ~2.76-3.10.
- **Occurrence** : Granites, pegmatites, schistes micaeux.
#### Biotite (K(Mg,Fe)₃(AlSi₃O₁₀)(OH)₂)
- **Propriétés** : Éclat vitreux à perlé, clivage parfait basal, feuilles flexibles, dureté 2.5-3, densité spécifique ~2.8-3.2, couleur noire à brun foncé (Fe, Mg).
- **Occurrence** : Roches ignées et métamorphiques répandues.
### Amphiboles (ex. : Hornblende)
- **Structure** : Inosilicate à double chaîne de tétraèdres Si-O.
- **Formule générale** : (Ca,Na)₂₋₃(Mg,Fe,Al)₅Si₆(Si,Al)₂O₂₂(OH)₂.
- **Propriétés** : Dureté 5-6, éclat vitreux à perlé, clivage parfait dans deux directions à 56° et 124°, densité spécifique ~2.9-3.4.
- **Occurrence** : Roches ignées (diorite, andésite) et métamorphiques (amphibolite).
### Exemple résolu : Identification du mica
Un minéral présente des feuilles brillantes, flexibles, qui se séparent facilement en feuilles minces, avec un éclat perlé. Il raye l'ongle mais pas une lame de couteau. Cela correspond au mica (muscovite ou biotite) : clivage parfait basal, dureté faible (~2.5).
### Exercices d'application
1. **Question** : Pourquoi les micas ont-ils un clivage parfait dans une seule direction ?
**Réponse** : Parce que leur structure est en feuillets fortement liés à l'intérieur des feuillets (liaisons covalentes/ioniques fortes Si-O-Al-O), mais les feuillets sont liés entre eux uniquement par des ions K⁺ faibles et facilement séparables.
2. **Question** : Quelle est la différence principale entre muscovite et biotite en termes de composition et de couleur ?
**Réponse** : La muscovite contient surtout Al et K, est généralement incolore, blanche ou rose pâle. La biotite contient du Mg et/ou Fe en plus de l'Al et K, ce qui lui donne une couleur brun foncé à noire.
## XII. Common Rock forming Minerals 3 (Integration 1)
### Olivine ((Mg,Fe)₂SiO₄)
- **Structure** : Nesosilicate, tétraèdres SiO₄ isolés entourés de cations Mg²⁺/Fe²⁺ en coordination octaédrique.
- **Propriétés** : Dureté 6.5-7, éclat vitreux, fracture conchoïdale, pas de clivage, densité spécifique ~3.2-4.4 (augmente avec le Fe).
- **Occurrence** : Roches basiques et ultrabasiques (gabbro, péridotite), météores.
- **Variétés** : Forstérite (Mg₂SiO₄, verte pâle), fayalite (Fe₂SiO₄, brun-rouge).
### Pyroxènes (ex. : Augite)
- **Structure** : Inosilicate à chaîne simple de tétraèdres Si-O.
- **Formule générale** : (Ca,Na)(Mg,Fe,Al,Ti)(Si,Al)₂O₆.
- **Propriétés** : Dureté 5-6, éclat vitreux à perlé, clivage parfait dans deux directions à 87° et 93° (près de 90°), densité spécifique ~3.2-3.5.
- **Occurrence** : Roches ignées de composition intermédiaire à basique (basalte, gabbro).
### Grenat
- **Structure** : Nesosilicate, tétraèdres SiO₄ isolés.
- **Formule générale** : X₃Y₂(SiO₄)₃ où X = Ca, Mg, Fe²⁺, Mn²⁺ ; Y = Al, Fe³⁺, Cr³⁺.
- **Propriétés** : Dureté 6.5-7, éclat vitreux à résineux, fracture conchoïdale, pas de clivage, densité spécifique ~3.5-4.3.
- **Occurrence** : Roches métamorphiques (schistes, gneiss) et ignées.
- **Variétés** : Almandin (Fe₃Al₂(SiO₄)₃, rouge-brun), pyrope (Mg₃Al₂(SiO₄)₃, rouge), grossulaire (Ca₃Al₂(SiO₄)₃, vert, jaune, blanc).
### Exemple résolu : Identification de l'olivine
Un minéral vert olive, dureté ~6.5, éclat vitreux, fracture conchoïdale, densité spécifique mesurée à 3.6, se trouve dans un basalte. Cela correspond à l'olivine (probablement riche en fayalite, car la densité est élevée pour du pur forstérite ~3.2).
### Exercices d'application
1. **Question** : Pourquoi l'olivine est-elle instable à la surface terrestre et altere-t-elle facilement ?
**Réponse** : Parce qu'elle se forme à haute température et pression dans le manteau, et à la surface, les conditions de basse température et pression favorisent sa réaction avec l'eau pour former des minéraux comme la serpentine ou l'hydroxyde de fer (ex. : olivine + H₂O → serpentine + Mg(OH)₂).
2. **Question** : Un grenat rouge trouvé dans un schiste a une densité spécifique de 4.1. Quelle variété est-ce probablement ?
**Réponse** : Almandin (Fe₃Al₂(SiO₄)₃), car il a la densité spécifique la plus élevée parmi les grenats courants (~4.1-4.3).
## XIII. The Unit Cell
### Définition
> La maille unitaire (unit cell) est le plus petit groupe d'atomes, d'ions ou de molécules qui, lorsqu'il est répété par translation dans les trois directions de l'espace, reconstitue l'ensemble du cristal.
### Paramètres de la maille unitaire
- Longueurs des côtés : *a*, *b*, *c* (en Å ou nm).
- Angles entre les côtés : α (entre *b* et *c*), β (entre *a* et *c*), γ (entre *a* et *b*).
- Système cristallin déterminé par les relations entre *a*, *b*, *c*, α, β, γ.
### Types de mailles unitaires (selon le centrage)
- **Primitive (P)** : Atomes uniquement aux coins.
- **Centrée sur les faces (F)** : Atomes aux coins et au centre de chaque face.
- **Centrée sur le corps (I)** : Atomes aux coins et au centre du corps.
- **Centrée sur les bases (C)** : Atomes aux coins et au centre de deux faces opposées.
### Exemple résolu : Maille unitaire du chlorure de sodium (halite)
- Structure : FCC (face-centered cubic) pour les Cl⁻, avec Na⁺ occupant tous les sites octaédriques.
- Maille unitaire conventionnelle : cube de côté *a*.
- Contenu : 4 Na⁺ et 4 Cl⁻ par maille unitaire.
- Cl⁻ : 8 coins × 1/8 + 6 faces × 1/2 = 1 + 3 = 4.
- Na⁺ : 12 arêtes × 1/4 + 1 centre = 3 + 1 = 4.
- Formule unitaire : Na₄Cl₄ → NaCl (après simplification).
### Exercices d'application
1. **Question** : Combien d'atomes y a-t-il dans une maille unitaire primitive cubique contenant un seul type d'atome aux coins ?
**Réponse** : 8 coins × 1/8 = 1 atome par maille unitaire.
2. **Question** : Dans une maille unitaire centrée sur le corps (I) avec des atomes identiques aux coins et au centre, combien d'atomes y a-t-il par maille unitaire ?
**Réponse** : 8 coins × 1/8 + 1 centre = 1 + 1 = 2 atomes.
## XIV. Crystal morphology
### Définition
> La morphologie cristalline décrit la forme extérieure d'un cristal, résultant de la croissance différentielle de ses faces sous l'influence des conditions environnementales (température, pression, composition du fluide).
### Loi des angles constants (de Steno)
> Les angles entre les faces correspondantes d'un même minéral sont constants, indépendamment de la taille ou de la forme du cristal, et caractéristiques de ce minéral.
### Habitus cristallin
> L'habitus décrit la forme générale d'un agrégat de cristaux ou d'un cristal individuel fréquent dans certaines conditions.
Types d'habitus :
- **Isométrique** : Approximativement équidimensional (ex. : grenat, halite).
- **Tabulaire** : Plat comme une tablette (ex. : certains micas).
- **Aiguilleux** : En forme d'aiguille (ex. : certains amphiboles comme le trembolite).
- **Fibreux** : En fibres parallèles (ex. : amiante).
- **Reniforme** : En forme de rein (ex. : hématite botryoïdale).
- **Dendritique** : En forme d'arbre (ex. : certains oxydes de manganèse).
### Exemple résolu : Habitus du quartz
Le quartz montre souvent un habitus prismatique hexagonal avec des terminaisons pyramidales. Cela résulte de la croissance plus rapide des faces prismatiques {10-10} par rapport aux faces basales {0001} et aux faces pyramidales {10-11} dans des solutions riches en SiO₂ à température modérée.
### Exercices d'application
1. **Question** : Pourquoi deux cristaux de halite de tailles différentes ont-ils les mêmes angles entre leurs faces ?
**Réponse** : Parce que la loi des angles constants stipule que ces angles sont déterminés par la structure interne du cristal, pas par sa taille.
2. **Question** : Quel habitus attendre pour un minéral qui croît rapidement dans une direction et lentement dans les deux autres perpendiculaires ?
**Réponse** : Habitus aiguilleux ou fibreux.
Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.