Chapitre 7
Autres formulations (partie 1/2)
Lecture : 17 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Définir le biodiesel, les biolubrifiants et les bioplastiques ainsi que leurs intérêts environnementaux et économiques.
- Expliquer les principes de la transestérification, de la formulation d’huiles de base végétales additivées et de la polymérisation de matières premières renouvelables.
- Réaliser un bilan de matière simple pour déterminer le rendement d’une réaction de transestérification ou le dosage d’un additif dans un biolubrifiant.
- Interpréter les caractéristiques physico‑chimiques (viscosité, indice de viscosité, point d’écoulement, nombre d’iode, indice d’acide, point de fusion, module d’élasticité) permettant de juger de la conformité aux normes camerounaises et internationales.
- Appliquer les règles de sécurité (manipulation de méthanol, de catalyseurs basiques, de solvants, de poussières de polymères) et d’hygiène en atelier ou en laboratoire.
- Rédiger un rapport de formulation incluant le protocole expérimental, les résultats obtenus et les écarts éventuels.
**Prérequis :**
- Notions de chimie organique (fonctions ester, acide carboxylique, alcool, polymérisation).
- Notions de chimie physique (vitesse de réaction, équilibre, catalyse).
- Connaissances de base en génie des procédés (réacteur batch, agitation, séparation liquide‑liquide).
- Sécurité en laboratoire (port des EPI, manipulation de produits dangereux).
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## Introduction
Au Cameroun, la valorisation des ressources agricoles (huile de palme, huile de coton, jatropha, ricin) constitue un levier majeur pour réduire la dépendance aux importations de produits pétroliers et répondre aux exigences du développement durable. Le chapitre « Autres formulations (partie 1/2) » s’inscrit dans la logique du programme MINESEC/IGE qui vise à former des techniciens capables de concevoir, mettre en œuvre et contrôler des formulations à base de matières premières renouvelables.
Nous étudierons successivement :
1. **Le biodiesel** – carburant diesel obtenu par transestérification d’huiles végétales ou de graisses animales.
2. **Les biolubrifiants** – lubrifiants dont la base est une huile végétale, améliorée par des additifs spécifiques.
3. **Les bioplastiques** – polymères d’origine biosourcée, souvent biodégradables, destinés à l’emballage, à l’agriculture ou à l’industrie.
Chaque leçon combine notions théoriques, paramètres de procédé, caractérisation produit, normes applicables et aspects sécurité‑hygiène, illustrés par des exemples d’atelier réalisables dans les lycées techniques du Cameroun (ex. : transestérification de l’huile de palme à Yaoundé, formulation d’un biolubrifiant à base d’huile de coton à Garoua, extrusion de PLA à Douala).
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## I. Leçon 20: Formulation du biodiesel
### A. Définition et contexte
Le **biodiesel** est un ester méthylique (ou éthylique) d’acide gras obtenu par transestérification d’un triglycéride (huile ou graisse) avec un alcool méthylique (ou éthylique) en présence d’un catalyseur basique (souvent NaOH ou KOH). Il présente des propriétés proches du gazole traditionnel : pouvoir calorifique inférieur d’environ 33 MJ/kg, viscosité cinématique à 40 °C comprise entre 3,5 et 5,0 mm²/s, point d’éclair > 130 °C.
> **>** Le biodiesel réduit les émissions de CO₂ de 50 % à 80 % par rapport au gazole fossile, selon le cycle de vie de la matière première.
### B. Matières premières
Au Cameroun, les matières premières les plus répandues sont :
- **Huile de palme** (rendement ~ 4 t/ha, teneur en acide palmitique 44 %).
- **Huile de coton** (acide linoléique ~ 55 %).
- **Huile de jatropha** (résistante à la sécheresse, rendement ~ 2 t/ha).
- **Graisses animales** (déchets d’abattoir).
Le choix dépend de la disponibilité locale, du coût et du profil en acides gras (plus le degré d’insaturation est élevé, plus le biodiesel présente un risque d’oxydation).
### C. Principe de la transestérification
La réaction globale s’écrit :
\[
\text{Triglycéride} + 3\,\text{CH}_3\text{OH} \;\xrightarrow[\text{NaOH/KOH}]{\text{60‑70 °C}} \; 3\,\text{Esters méthyliques} + \text{Glycérol}
\]
Le catalyseur basique neutralise l’acide gras libre (AGL) formé pendant l’hydrolyse éventuelle des triglycérides et favorise la formation du méthyl ester.
### D. Paramètres de réaction
| Paramètre | Valeur typique | Influence |
|-----------|----------------|-----------|
| Molaire alcool/huile | 6 : 1 (excès d’alcool) | Pousse l’équilibre vers les esters |
| Température | 60‑70 °C | Augmente la vitesse de réaction |
| Catalyseur (NaOH) | 0,5‑1 % poids de l’huile | Trop élevé → formation de savons |
| Temps de réaction | 60‑90 min (batch) | Dépend de l’agitation |
| Agitation | 300‑500 tr/min | Assure homogénéité des phases |
> **>** Un excès d’alcool > 6 : 1 augmente la consommation d’énergie pour la récupération du méthanol et peut entraîner des pertes de rendement par évaporation.
### E. Purification et caractérisation
Après réaction, le mélange contient : esters méthyliques, glycérol, méthanol résiduel, catalyseur, éventuels savons. Les étapes usuelles sont :
1. **Séparation du glycérol** (densité supérieure) par décantation.
2. **Lavage à l’eau chaude** (50 °C) pour éliminer le catalyseur et les savons.
3. **Séchage sous vide** (60 °C, 10 mbar) pour retirer l’eau résiduelle.
4. **Distillation du méthanol** (récupération > 95 %).
**Caractérisation** (normes AFNOR NF EN 14214, ASTM D6751) :
- **Indice d’iode** ≤ 120 g I₂/100 g (indicateur d’insaturation).
- **Indice d’acide** ≤ 0,5 mg KOH/g (limite la corrosion).
- **Point d’écoulement** ≤ -10 °C (pour usage en zone froide).
- **Viscosité cinématique à 40 °C** entre 3,5 et 5,0 mm²/s.
### F. Normes et qualité
Au Cameroun, le **MINMIDT** référence la norme **NCM 015** (biodiesel – exigences physiques et chimiques) qui reprend largement les critères EN 14214. Un biodiesel conforme doit présenter :
- Teneur en méthyl esters ≥ 96,5 % (m/m).
- Contenu en méthanol résiduel ≤ 0,2 % (v/v).
- Teneur en eau ≤ 0,05 % (m/m).
### G. Sécurité et hygiène
- **Méthanol** : toxique par inhalation et ingestion (DL₅₀ ≈ 560 mg/kg). Porter lunettes de protection, gants nitrile et travailler sous hotte.
- **NaOH/KOH** : corrosif, provoquer des brûlures cutanées. Neutraliser les éclaboussures avec du vinaigre dilué.
- **Glycérol** : peu dangereux, mais rendre les sols glissants → nettoyer immédiatement.
- **Déchets** : le glycérol peut être valorisé en tant que matière première pour la production de propanediol ou de savon.
### H. Exemple chiffré entièrement résolu
**Objectif** : déterminer le rendement en esters méthyliques à partir de 100 kg d’huile de palme contenant 5 % d’AGL, avec un excès de méthanol de 6 : 1 et un catalyseur NaOH à 0,8 % poids huile.
1. **Masse d’huile pure** : 100 kg × (1 − 0,05) = 95 kg de triglycérides.
2. **Masse d’AGL** : 5 kg (à esterifier séparément).
3. **Stœchiométrie** : 1 mol triglyceride (≈ 885 g) donne 3 mol esters méthyliques (≈ 3 × 296 g = 888 g) + 1 mol glycérol (92 g).
4. **Moles d’huile pure** : 95 000 g / 885 g mol⁻¹ ≈ 107,3 mol.
5. **Théorique esters** : 107,3 mol × 3 = 321,9 mol → masse = 321,9 mol × 296 g mol⁻¹ ≈ 95 300 g = 95,3 kg.
6. **AGL** : 5 000 g / 282 g mol⁻¹ (acide oléique moyen) ≈ 17,7 mol → donne 17,7 mol esters → masse ≈ 5 240 g = 5,24 kg.
7. **Total théorique** = 95,3 + 5,24 ≈ 100,5 kg d’esters.
8. **Rendement expérimental** supposé 96 % (pertes dues à la séparation, lavage) → masse obtenue = 100,5 × 0,96 ≈ 96,5 kg.
**Conclusion** : à partir de 100 kg d’huile de palme brute, on obtient environ 96,5 kg de biodiesel, soit un rendement massique de 96,5 %.
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## II. Leçon 21: Formulation des biolubrifiants
### A. Définition
Un **biolubrifiant** est un lubrifiant dont la phase de base provient d’une huile végétale (triglycéride) ou d’un ester synthétique d’acide gras, auquel on ajoute des additifs pour améliorer ses performances mécaniques et thermiques. Il est destiné à remplacer les huiles minérales dans des applications où la biodégradabilité et la faible toxicité sont recherchées (machines agricoles, équipements forestiers, chaînes de transmission).
> **>** Les biolubrifiants présentent généralement un indice de viscosité supérieur à celui des huiles minérales, ce qui améliore leur comportement à température variable.
### B. Huiles de base végétales
Les huiles les plus utilisées au Cameroun sont :
- **Huile de coton** (bonne stabilité à l’oxydation, indice de viscosité ~ 110).
- **Huile de ricin** (très élevée viscosité, indice de viscosité > 200, utilisée comme additif de viscosité).
- **Huile de palme** (moins adaptée en raison de son point de fusion élevé, souvent fractionnée).
- **Huile de jatropha** (bon compromis entre stabilité et fluidité).
Le choix dépend de la viscosité cible à 40 °C (souvent entre 20 et 60 mm²/s pour les applications industrielles).
### C. Additifs typiques
| Fonction | Exemple d’additif | Concentration typique |
|----------|-------------------|-----------------------|
| Anti‑usure | Zinc dialkyldithiophosphate (ZDDP) | 0,1‑0,3 % |
| Antioxydant | Phénol hindered (ex. : BHT) | 0,02‑0,05 % |
| Détergent/dispersant | Sulfonate de calcium | 0,1‑0,2 % |
| Modificateur de viscosité | Polymère d’alkylacrylate | 0,5‑2 % |
| Point d’écoulement | Copolymère d’éthylène‑vinylacétate (EVA) | 0,1‑0,3 % |
Les additifs sont souvent sous forme de concentrés (masterbatch) à diluer dans l’huile de base.
### D. Procédé de formulation
1. **Préchauffage** de l’huile de base à 60‑80 °C pour réduire la viscosité et faciliter la dispersion.
2. **Addition progressive** des additifs sous agitation mécanique (300‑500 tr/min).
3. **Homogénéisation** pendant 15‑30 min jusqu’à obtention d’une solution claire.
4. **Refroidissement** à température ambiante et filtration (0,8 µm) pour éliminer les particules éventuelles.
5. **Conditionnement** dans des fûts propres, étiquetés avec la date de formulation et le numéro de lot.
### E. Caractérisation
- **Viscosité cinématique à 40 °C** (mm²/s) – mesurée selon ASTM D445.
- **Indice de viscosité (VI)** – calculé à partir des viscosités à 40 °C et 100 °C (ASTM D2270).
- **Point d’écoulement** – ASTM D97.
- **Stabilité à l’oxydation** – mesure du nombre d’acide après 168 h à 150 °C (ASTM D943).
- **Biodégradabilité** – test OECD 301B (CO₂ évolué) ≥ 60 % en 28 jours pour être classé « readily biodegradable ».
### F. Normes et qualité
- **ISO 15380** : biolubrifiants pour pertes totales (classification HEES, HEPG, etc.).
- **NCM 020** (Cameroun) : spécifications pour biolubrifiants à base d’huile végétale (viscosité 20‑60 mm²/s, VI ≥ 90, point d’écoulement ≤ -15 °C, biodégradabilité ≥ 60 %).
### G. Sécurité et hygiène
- Les huiles végétales sont peu irritantes, mais les additifs (ZDDP, phénols) peuvent être sensibilisants → port de gants et de lunettes.
- Les vapeurs d’alcool ou de solvants utilisés pour le nettoyage du matériel sont à éviter ; privilégier le nettoyage à l’eau chaude et au détergent neutre.
- Les déchets d’huile usée doivent être collectés séparément et envoyés à une unité de régénération ou de valorisation énergétique.
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## III. Leçon 22: Formulation des bioplastiques
### A. Définition
Un **bioplastique** est un polymère dont la matière première provient partiellement ou totalement de ressources renouvelables (amidon, cellulose, acide lactique, huiles végétales) et qui peut être biodégradable sous conditions de compostage industriel ou domestique.
> **>** Le polylactide (PLA) représente aujourd’hui plus de 60 % de la production mondiale de bioplastiques, principalement utilisé pour l’emballage rigide et les objets jetables.
### B. Polymères d’origine renouvelable les plus courants
| Polymère | Matière première | Procédé de synthèse | Propriétés clés |
|----------|------------------|---------------------|-----------------|
| **Polylactide (PLA)** | Acide lactique (fermentation de maïs, canne à sucre) | Polycondensation ou ouverture de cycle lactide | Transparent, module d’élasticité 3‑4 GPa, Tm ≈ 150‑160 °C, biodégradable en compost industriel |
| **Polyhydroxyalcanoates (PHA)** | Bactéries alimentées par sucres ou huiles | Fermentation bactérienne | Flexible à rigide selon la chaîne latérale, Tm ≡ 40‑180 °C, biodégradable en sol et eau |
| **Plastiques à base d’amidon** | Amidon de maïs, manioc, patate douce | Gelatinisation + plastifiant (glycerol, sorbitol) | Faible résistance mécanique, utilisé pour films et sacs biodégradables |
| **Polyuréthanes végétaux** | Huile de ricin, huile de palme | Réaction avec diisocyanates | Bonne élasticité, utilisé pour mousses et revêtements |
### C. Plasticateurs, charges et compatibilisants
- **Plasticateurs** : glycerol, sorbitol, citrate de triéthyle (réduisent la température de transition vitreuse, améliorent l’élongation à la rupture).
- **Charges** : farine de bois, fibres de celluloses, nanoclay (augmentent la rigidité, réduisent le coût).
- **Compatibilisants** : greffons d’anhydride maleique sur polymère (améliorent l’adhérence charge‑matrice).
### D. Procédés de mise en forme
1. **Extrusion** : granulation du polymère (PLA, PHA) à 180‑210 °C, passage dans une filière pour produire des fils ou des feuilles.
2. **Injection** : chauffage à 170‑190 °C, injection dans un moule pour produire des bouchons, des couverts, des pièces techniques.
3. **Thermoformage** : chauffage d’une feuille à 140‑160 °C, mise en forme sous vide ou pression.
4. **Soufflage** : pour bouteilles et contenants (PLA).
Les paramètres de température sont critiques : une surchauffe entraîne la dégradation du PLA (formation d’acide lactique et de monomères volatils).
### E. Propriétés mécaniques et biodégradabilité
- **Module d’élasticité (E)** : PLA ≈ 3‑4 GPa ; PHA ≈ 1‑2 GPa ; amidon plastifié ≈ 0,1‑0,5 GPa.
- **Résistance à la traction** : PLA ≈ 50‑70 MPa ; PHA ≈ 20‑40 MPa.
- **Allongement à la rupture** : PLA ≈ 5‑10 % (fragile) ; PHA ≈ 20‑200 % (plus ductile).
- **Température de fusion (Tm)** : PLA ≈ 150‑160 °C ; PHA ≈ 40‑180 °C selon la composition.
- **Biodégradabilité** : test ISO 14855 (compostage) ≥ 90 % de dégradation en 180 jours pour être classé « compostable ».
### F. Normes et qualité
- **EN 13432** : exigences pour l’emballage compostable (dégradation, désintégration, absence d’effets toxiques).
- **ASTM D6400** : spécification pour les plastiques biodégradables en compostage aérobie.
- **NCM 025** (Cameroun) : référentiel pour les sacs et films biodégradables à base d’amidon ou de PLA (épaisseur ≤ 50 µm, taux de désintégration ≥ 90 % en 180 jours).
### G. Sécurité et gestion des déchets
- Les matières premières (amidon, acide lactique) sont généralement non toxiques.
- Lors de l’extrusion, éviter l’inhalation de vapeurs de monomère lactide (irritant des voies respiratoires) ; utiliser une aspiration locale.
- Les déchets de production (chutes, rebuts) peuvent être **regranulés** après séchage et réintroduits dans le processus jusqu’à 5 % sans perte significative de propriétés.
- En fin de vie, privilégier le compostage industriel ; en l’absence de filière, diriger vers la valorisation énergétique (incinération avec récupération de chaleur).
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## Synthèse du chapitre
- **Biodiesel** : transestérification d’huiles végétales avec méthanol/catalyseur basique → esters méthyliques + glycérol. Rendement typique > 95 % (masse). Normes : EN 14214, NCM 015.
- **Biolubrifiants** : base d’huile végétale (cotton, ricin, jatropha) + additifs anti‑usure, antioxydants, modificateurs de viscosité. Viscosité 20‑60 mm²/s, VI ≥ 90, biodégradable ≥ 60 %. Normes : ISO 15380, NCM 020.
- **Bioplastiques** : PLA, PHA, amidon plastifié → extrusion/injection. Propriétés : module 0,1‑4 GPa, Tm 40‑160 °C, biodégradabilité ≥ 90 % en compostage industriel. Normes : EN 13432, ASTM D6400, NCM 025.
- **Sécurité** : manipulation de méthanol, de catalyseurs basiques, d’additifs (ZDDP, phénols) et de températures élevées ; port d’EPI, ventilation, gestion des déchets.
- **Exemple de calcul** : rendement du biodiesel à partir de 100 kg d’huile de palme brute ≈ 96,5 kg (96,5 %).
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## Glossaire
- **Transestérification** : réaction d’échange d’alkyle entre un triglycéride et un alcool, produisant des esters alkylés et du glycérol.
- **Indice d’iode** : quantité d’iode (g) absorbée par 100 g de substance, mesure du degré d’insaturation des acides gras.
- **Indice de viscosité (VI)** : nombre sans unité qui caractérise la variation de la viscosité d’un lubrifiant avec la température.
- **Point d’écoulement** : température la plus basse à laquelle un liquide s’écoule encore sous gravité.
- **Plasticateur** : substance ajoutée à un polymère pour réduire sa température de transition vitreuse et augmenter sa flexibilité.
- **Compatibilisant** : agent chimique qui améliore l’adhérence entre deux phases généralement incompatibles (polymère/charge).
- **Biodégradabilité** : capacité d’une substance à être décomposée par des microorganismes en produits simples (CO₂, eau, biomasses).
- **Compostage industriel** : processus contrôlé de dégradation aérobie de matières organiques à haute température (55‑65 °C) en présence d’oxygène.
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Détermination du rendement de transestérification
**Énoncé** : Un technicien traite 150 kg d’huile de coton contenant 4 % d’AGL. Il utilise un excès de méthanol de 6 : 1 et un catalyseur NaOH à 0,7 % poids huile. Après réaction, lavage et séchage, il obtient 138 kg d’esters méthyliques.
1. Calculer le rendement théorique en esters méthyliques (en kg).
2. Déterminer le rendement expérimental (en %).
3. Commenter les pertes éventuelles.
**Corrigé**
1. Masse d’huile pure = 150 × (1 − 0,04) = 144 kg.
Masse d’AGL = 150 × 0,04 = 6 kg.
Moles d’huile pure ≈ 144 000 g / 885 g mol⁻¹ ≈ 162,7 mol → esters théoriques = 162,7 × 3 × 296 g ≈ 144,5 kg.
Moles d’AGL ≈ 6 000 g / 282 g mol⁻¹ ≈ 21,3 mol → esters provenant de l’AGL = 21,3 × 296 g ≈ 6,3 kg.
Rendement théorique total ≈ 144,5 + 6,3 = 150,8 kg.
2. Rendement expérimental = (138 / 150,8) × 100 ≈ 91,5 %.
3. Les pertes (≈ 8,5 %) peuvent être attribuées à : évaporation du méthanol lors du chauffage, formation de savons avec l’AGL, pertes lors des lavages et du séchage, et éventuelle hydrolyse partielle des esters pendant le lavage à l’eau.
### Exercice 2 – Formulation d’un biolubrifiant à viscosité cible
**Énoncé** : On souhaite obtenir un biolubrifiant de viscosité cinématique à 40 °C de 35 mm²/s en utilisant comme base de l’huile de coton (viscosité à 40 °C = 22 mm²/s) et un modificateur de viscosité de type copolymère d’alkylacrylate (viscosité à 40 °C = 250 mm²/s). En supposant une règle de mélange linéaire, quelle proportion massique de modificateur faut-il ajouter ?
**Corrigé**
Soit x la fraction massique de modificateur, (1‑x) celle de l’huile de coton.
Viscosité mélange = (1‑x)·22 + x·250 = 35.
22 − 22x + 250x = 35 → 22 + 228x = 35 → 228x = 13 → x ≈ 0,057 ≈ 5,7 %.
Il faut donc ajouter environ **5,7 % en masse** de modificateur de viscosité à l’huile de coton pour atteindre 35 mm²/s.
### Exercice 3 – Calcul du taux de désintégration d’un film d’amidon plastifié
**Énoncé** : Un film d’amidon de maïs plastifié à 20 % de glycerol mesure initialement 120 mg. Après 180 jours de compostage industriel (ISO 14855), la masse résiduelle sèche est de 18 mg. Calculer le taux de désintégration et dire si le film est conforme à la norme NCM 025 (taux ≥ 90 %).
**Corrigé**
Masse perdue = 120 − 18 = 102 mg.
Taux de désintégration = (102 / 120) × 100 = 85 %.
Le taux est inférieur à 90 % ; le film **n’est pas conforme** à la norme NCM 025. Il faudrait augmenter la proportion de plastique biodégradable (ex. : ajouter du PLA) ou réduire la quantité de glycerol qui ralentit la dégradation microbienne.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Situation | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|-----------|------------------|-------------|--------------------------------------|
| Transestérification | Utiliser un excès de méthanol > 8 : 1 sans récupération | Perte d’énergie, émission de composés organiques volatils, risque d’explosion | Respecter le rapport 6 : 1, condenser et réutiliser le méthanol. |
| | Néutraliser le catalyseur avec de l’acide sans contrôle de pH | Formation de sels insolubles, émulsion difficile à séparer | Ajouter l’acide lentement sous agitation, vérifier pH ≈ 7 avant séparation. |
| Biolubrifiants | Surdoser les additifs anti‑usure (ZDDP) | Augmentation de la toxicité, risque de colmatage des filtres | Respecter les concentrations recommandées (≤ 0,3 %). |
| | Omettre le séchage final du mélange | Présence d’eau → hydrolyse des esters, dégradation rapide | Sécher sous vide à 60 °C jusqu’à < 0,05 % d’eau. |
| Bioplastiques | Surchauffer le PLA lors de l’extrusion (> 220 °C) | Dégradation du polymère, formation d’acide lactique, odeur désagréable | Régler la température de la zone de fusion entre 180‑210 °C, utiliser un profil de température décroissant vers la sortie. |
| | Négliger le séchage des granulés d’amidon avant extrusion | Bulles ou cavités dans le produit final, réduction de la résistance mécanique | Pré‑sécher les granulés à 80‑90 °C sous flux d’azote ou d’air sec pendant 2‑4 h. |
| Général | Manipuler du méthanol ou du NaOH sans lunettes de protection | Brûlures oculaires, intoxication | Porter systématiquement lunettes de protection, gants nitrile et blouse de travail. |
| | Jeter les déchets glycérol ou les résidus de polymère dans les égouts | Charge organique élevée, risque d’eutrophisation | Collecter séparément, valoriser le glycérol (savon, fermentation) et recycler ou incinérer les résidus de polymère selon la filière locale. |
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*Fin du cours.*
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