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Chapitre 2

INSTALLATIONS ELECTRIQUES (partie 3/8)

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Définir et distinguer les régimes de neutre TN‑C, TN‑S et IT. - Dessiner les schémas correspondants et identifier les conducteurs de protection (PE) et le neutre (N). - Expliquer le fonctionnement du contrôleur permanent d’isolement (CPI) dans un réseau IT. - Justifier le choix d’un régime de neutre en fonction du type d’installation (habitat, tertiaire, industriel) et des exigences de sécurité. - Mettre en œuvre les procédés de protection contre les contacts indirects (disjoncteur différentiel, prise de terre) selon chaque régime. - Réaliser un diagnostic simple d’isolement et interpréter les indications du CPI. **Prérequis** : Notions de base en électrotechnique (tension, courant, résistance, loi d’Ohm), connaissance des symboles électriques usuels, notions de protection (disjoncteur, fusible, différentiel) et de mise à la terre acquises en classe de Première. --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, la plupart des installations électriques domestiques et tertiaires sont réalisées selon les régimes de neutre définis par la norme NF C 15‑100 (adoptée par le MINESEC). Le choix du régime influence directement la sécurité des personnes, la continuité de service et la facilité de maintenance. Dans les zones urbaines comme Douala ou Yaoundé, on rencontre fréquemment des installations TN‑S dans les immeubles d’habitation, tandis que les sites industriels ou les installations isolées (stations de pompage, postes de transformation rurale) privilégient le régime IT associé à un CPI pour garantir la détection précoce des défauts d’isolement. Ce chapitre présente les trois régimes, leurs schémas, leurs caractéristiques techniques et les règles d’exploitation associées, afin de préparer l’élève aux épreuves pratiques et théoriques du baccalauréat série MHB. --- ## I. Le régime TN (TN‑C et TN‑S) ### A. Définition et principe > **Régime TN** : liaison du neutre (N) à la terre au niveau du poste de transformation, le conducteur de protection (PE) étant soit confondu avec le neutre (TN‑C) soit séparé (TN‑S). Dans un régime TN, le défaut d’isolement entre un conducteur de phase et la terre crée un courant de défaut qui circule par le chemin de retour constitué du PE (ou du N‑PE dans le cas TN‑C) jusqu’au point de liaison terre du transformateur, permettant ainsi la détection par un dispositif de protection différentielle ou un disjoncteur magnétothermique. ### B. Schéma TN‑C - **Configuration** : Un seul conducteur sert à la fois de neutre (N) et de conducteur de protection (PE). On l’appelle souvent « PEN ». - **Schématiquement** : L’alimentation triphasée provient du transformateur ; le point neutre du secondaire est relié à la terre (point de prise de terre). Le conducteur PEN part du neutre du transformateur, parcourt l’installation en compagnie des conducteurs de phase et est relié aux masses métalliques des appareils ; le retour vers le point de terre du transformateur s’effectue par ce même conducteur PEN. - **Avantages** : Économie de conducteur (un seul au lieu de deux), simplicité de câblage. - **Inconvénients** : En cas de rupture du PEN, toutes les masses deviennent potentiellement dangereuses ; interdit dans les locaux humides et les installations où la continuité du PE est critique (ex. hôpitaux, laboratoires). > **Règle de sécurité** : Le PEN doit être protégé contre les surintensités par un dispositif commun (disjoncteur ou fusible) placé en amont du point de séparation N/PE, si séparation il y a. ### C. Schéma TN‑S - **Configuration** : Deux conducteurs distincts : le neutre (N) relié à la terre au transformateur, et le conducteur de protection (PE) séparé, également relié à la terre au même point mais suivant un chemin indépendant. - **Schématiquement** : Le secondaire du transformateur fournit trois phases (L1, L2, L3) et un neutre (N) mis à la terre. Le PE part de la barre de terre du tableau général, relie toutes les masses métalliques et revient à la même barre de terre. - **Avantages** : Séparation claire des fonctions, immunité aux ruptures du neutre, conforme aux exigences des locaux humides (salles de bain, cuisines). - **Inconvénients** : Nécessite un conducteur supplémentaire, coût légèrement supérieur. > **À retenir** : Dans un schéma TN‑S, le courant de défaut de phase‑terre retourne exclusivement par le PE, ce qui permet un réglage précis du seuil de déclenchement du différentiel (typiquement 30 mA pour les prises de courant). ### D. Applications typiques au Cameroun - **TN‑C** : Réseaux aériens de basse tension dans les zones rurales où le coût du conducteur est déterminant (ex. lignes de distribution 220 V monophasé). - **TN‑S** : Installations domestiques neuves, bâtiments administratifs, écoles, hôpitaux ; obligatoire pour les circuits spécialisés (cuisine, buanderie) selon la norme NF C 15‑100. --- ## II. Le régime IT et le contrôleur permanent d’isolement (CPI) ### A. Principe du régime IT > **Régime IT** : Aucun conducteur n’est intentionnellement relié à la terre ; le neutre est soit isolé, soit relié à la terre via une impédance élevée (résistance de mise à la terre de quelques centaines d’ohms à quelques kiloohms). Dans ce régime, un premier défaut d’isolement ne provoque pas de courant de défaut significatif, car il n’existe pas de boucle de retour à faible impédance. L’installation peut donc continuer à fonctionner en toute sécurité, tandis qu’un dispositif de surveillance détecte l’apparition du défaut. ### B. Schéma IT - **Configuration** : Le secondaire du transformateur fournit trois phases et un neutre qui n’est pas relié à la terre (ou relié via une résistance de mise à la terre R_T). Le conducteur de protection (PE) est distribué indépendamment et relié à la terre uniquement au niveau des masses métalliques. - **Schématiquement** : Aucun point de liaison terre au niveau du transformateur ; la terre de l’installation est séparée du neutre. - **Avantages** : Continuité de service en cas de premier défaut, réduction des risques d’incendie liés aux courants de défaut élevés. - **Inconvénients** : Nécessite une surveillance permanente de l’isolement ; le deuxième défaut peut créer un courant de défaut dangereux si les deux défauts surviennent sur des phases différentes. > **À retenir** : La tension de contact en régime IT ne dépasse pas la tension de phase (≈ 230 V monophasé ou 400 V triphasé) tant qu’un seul défaut est présent. ### C. Contrôleur permanent d’isolement (CPI) - **Fonction** : Mesure en continu la résistance d’isolement entre chaque conducteur actif (phase, neutre) et la terre. Lorsque cette résistance descend en dessous d’un seuil réglé (généralement 30 kΩ pour une installation 230 V), le CPI déclenche une alarme (visuelle ou sonore) et/ou commande l’ouverture d’un dispositif de sectionnement. - **Composants typiques** : Bloc de mesure (pont de Wheatstone ou méthode d’injection de courant), unité de traitement, relais d’alarme, éventuellement contacteur de coupure. - **Réglage** : Le seuil est choisi en fonction de la tension nominale U et du courant de défaut admissible I_d : R_seuil = U / I_d. Pour du 230 V et un courant de défaut limité à 5 mA, R_seuil ≈ 46 kΩ ; selon les exigences on peut choisir une valeur légèrement inférieure (ex. 30 kΩ) pour augmenter la sensibilité, ou une valeur légèrement supérieure (ex. 50 kΩ) pour obtenir plus de marge. > **Exemple de réglage** : Dans une installation IT de 400 V triphasé, on souhaite limiter le courant de défaut à 6 mA. R_seuil = 400 V / 0,006 A ≈ 66,7 kΩ. On règle le CPI à 60 kΩ afin de garantir le déclenchement avant que le courant ne dépasse 6,7 mA. ### D. Mise en œuvre et entretien 1. **Installation** : Le CPI est placé dans le tableau général, côté amont des départs. Ses bornes de mesure sont reliées à chaque conducteur (L1, L2, L3, N) et à la barre de terre du tableau. 2. **Vérification périodique** : Tous les six mois, on mesure la résistance d’isolement avec un mégohmmètre (500 V DC) entre chaque conducteur et la terre ; la valeur doit rester supérieure au seuil du CPI. 3. **Test de déclenchement** : On simule un défaut en reliant provisoirement une résistance connue (ex. 10 kΩ) entre une phase et la terre ; le CPI doit déclencher l’alarme avant que la résistance ne tombe en dessous du seuil réglé. 4. **Maintenance** : Nettoyage des contacts, vérification de l’alimentation du CPI (souvent 24 V DC), remplacement de la batterie de secours si présente. ### E. Applications typiques au Cameroun - **Sites isolés** : Pompage d’eau rurale, stations de télécommunication hors réseau, où la continuité de service est primordiale. - **Installations à risque d’incendie** : Ateliers de transformation du bois, scieries, où l’on veut éviter les courants de défaut élevés pouvant provoquer des échauffements. - **Postes de transformation MT/BT** : Certains transformateurs de moyenne tension utilisent le régime IT côté BT pour limiter les courants de défaut lors de travaux sous tension. --- ## III. Schémas et technique d’exploitation des réseaux selon le régime de neutre ### A. Choix du régime selon l’installation | Type d’installation | Régime recommandé | Justification principale | |---------------------|-------------------|--------------------------| | Habitat individuel (neuf) | TN‑S | Sécurité renforcée dans les pièces humides, conformité NF C 15‑100 | | Habitat collectif ancien | TN‑C (si conforme) ou rénovation vers TN‑S | Contraintes de câblage existant ; mise à niveau si rénovation lourde | | Bureaux, commerces | TN‑S | Facilité de maintenance, protection différentielle standard | | Industrie légère | TN‑S ou IT (si continuité de service critique) | Évaluation du risque d’arrêt de production | | Sites isolés (pompage, télécom) | IT + CPI | Priorité à la continuité de service, surveillance d’isolement | | Installations médicales | TN‑S (zones de soins) ou IT (zones à risque d’explosion) | Selon la norme NF C 15‑100 partie 7‑710 | > **Règle de choix** : Si l’exigence de continuité de service dépasse celle de la protection contre les contacts indirects, privilégier le régime IT avec CPI ; sinon, choisir TN‑S pour sa simplicité et sa sécurité intrinsèque. ### B. Protection contre les contacts indirects - **Dans les régimes TN** : Utilisation d’un disjoncteur différentiel de type AC ou A (30 mA pour les prises de courant, 100 mA pour les lignes spécialisées). Le différentiel détecte le courant de défaut qui retourne par le PE. - **Dans le régime IT** : Aucun différentiel ne peut détecter un premier défaut ; on s’appuie sur le CPI pour signaler l’isolement dégradé. En cas de second défaut entre deux conducteurs actifs via la terre, un courant de défaut de phase‑phase apparaît, détectable par la protection contre les surintensités. > **À retenir** : En régime IT, le différentiel ne détecte pas le premier défaut ; il peut devenir utile seulement après un second défaut qui crée un déséquilibre de courant détectable (phase‑phase via terre). ### C. Coordination des protections 1. **Niveau 1 (protection différentielle)** : Placé en tête de chaque circuit ou groupe de circuits (ex. 30 mA sur le tableau général pour les prises). 2. **Niveau 2 (protection contre les surintensités)** : Disjoncteur magnétothermique calibré selon la section du conducteur (ex. 16 A pour 1,5 mm² cuivre, 20 A pour 2,5 mm²). 3. **Niveau 3 (protection du transformateur)** : Disjoncteur ou fusible de tête de ligne côté MT, coordonné avec les protections BT pour éviter les remontées de tension. > **Exemple de coordination** : Pour un circuit éclairage de 10 A protégé par un disjoncteur 16 A courbe C, on place en amont un différentiel 30 mA type A. En cas de défaut phase‑terre, le différentiel déclenche avant que le magnétothermique n’atteigne son seuil de déclenchement thermique (souvent > 5 s à 10 A). ### D. Exploitation et maintenance - **Vérification de la continuité du PE** : Mesure de résistance entre la barre de terre et les masses métalliques (< 1 Ω). - **Contrôle du différentiel** : Test mensuel avec bouton « test » ; déclenchement obligatoire < 300 ms. - **Surveillance du CPI** : Lecture régulière de la valeur d’isolement affichée ; alarme si valeur < seuil réglé. - **Consignation** : Toute intervention sur un dispositif de protection nécessite une consignation (cadenas, étiquette) conformément au décret n° 2011‑383 du 27 avril 2011 relatif à la sécurité des travailleurs. > **À retenir** : La consignation est obligatoire avant toute opération sur un dispositif de protection différentielle ou un CPI, afin d’éviter une remise sous tension accidentelle. --- ## Synthèse du chapitre - **Régime TN‑C** : Conducteur PEN (neutre + PE) unique ; économique mais interdit en locaux humides. - **Régime TN‑S** : Conducteurs N et PE séparés ; sécurité renforcée, obligatoire pour les prises de courant et les pièces humides. - **Régime IT** : Aucun conducteur relié intentionnellement à la terre ; nécessite un CPI pour surveiller l’isolement. - **CPI** : Mesure en continu la résistance d’isolement ; déclenche une alarme quand R_iso < seuil (ex. 46 kΩ pour 230 V et 5 mA admissible, ou valeur choisie selon la sensibilité souhaitée). - **Protection différentielle** : Efficace en TN (30 mA pour prises) ; inutile pour le premier défaut en IT. - **Coordination** : Différentiel → magnétothermique → protection du transformateur. - **Exploitation** : Vérifications de continuité du PE, test du différentiel, lecture du CPI, consignation obligatoire. - **Choix du régime** : Fonction de la continuité de service requise, du type de locaux et des normes applicables (NF C 15‑100, décrets sécurité). --- ## Glossaire - **Régime de neutre** : Mode de liaison du conducteur de neutre (N) et du conducteur de protection (PE) à la terre dans une installation électrique. - **TN‑C** : Régime où le neutre et le conducteur de protection sont confondus en un seul conducteur (PEN). - **TN‑S** : Régime où le neutre (N) et le conducteur de protection (PE) sont deux conducteurs distincts, tous deux reliés à la terre au même point. - **IT** : Régime où aucun conducteur n’est relié intentionnellement à la terre ; le neutre est isolé ou relié via une impédance élevée. - **CPI (Contrôleur permanent d’isolement)** : dispositif qui mesure en continu la résistance d’isolement entre les conducteurs actifs et la terre et déclenche une alarme lorsqu’elle descend en dessous d’un seuil prédéfini. - **Disjoncteur différentiel** : appareil qui détecte un déséquilibre entre les courants entrant et sortant d’un circuit et coupe l’alimentation lorsque ce déséquilibre dépasse un seuil (ex. 30 mA). - **Continuité du PE** : propriété selon laquelle le conducteur de protection présente une faible résistance électrique (< 1 Ω) entre la barre de terre et toutes les masses métalliques de l’installation. - **Consignation** : procédure de mise en sécurité d’une installation électrique avant intervention, comportant l’isolement, le verrouillage et l’étiquetage des dispositifs d’énergie. - **Courant de défaut** : courant qui circule lorsqu’un défaut d’isolement se produit entre un conducteur actif et une masse terrestre ou un autre conducteur actif. - **Seuil de déclenchement** : valeur de courant ou de résistance à laquelle un dispositif de protection (différentiel, CPI) agit pour couper l’alimentation ou donner une alarme. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un différentiel dans une installation TN‑S **Énoncé** : Dans un logement neuf au quartier Bastos à Yaoundé, le circuit prises de courant est alimenté par un câble cuivre de 2,5 mm² (section nominale). On souhaite protéger ce circuit contre les contacts indirects. Déterminer le type et le réglage du disjoncteur différentiel à installer en tête du circuit. **Corrigé** : 1. Selon la norme NF C 15‑100, les prises de courant doivent être protégées par un différentiel de type AC ou A, sensibilité 30 mA. 2. Le câble de 2,5 mm² supporte un courant de service maximal de 20 A (tableau de correspondance). Le disjoncteur magnétothermique associé sera donc réglé à 20 A courbe C. 3. Le différentiel sera placé en amont du disjoncteur 20 A, avec les caractéristiques suivantes : - Type : A (détecte les courants alternatifs et les courants pulsés continus). - Sensibilité : 30 mA. - Temps de déclenchement : ≤ 300 ms (test bouton). 4. Vérification de la coordination : Le différentiel 30 mA déclenche avant que le magnétothermique 20 A n’atteigne son seuil thermique (environ 5 s à 10 A). Donc la sélectivité est assurée. **Réponse** : Installer un disjoncteur différentiel 30 mA type A en tête du circuit prises, suivi d’un disjoncteur magnétothermique 20 A courbe C. --- ### Exercice 2 – Vérification de l’isolement d’une installation IT avec CPI **Énoncé** : Une station de pompage rurale à Maroua fonctionne en régime IT 400 V triphasé. Le CPI est réglé à 60 kΩ. Lors d’une mesure de routine, on obtient les valeurs suivantes de résistance d’isolement (mesurées à 500 V DC) : - L1‑Terre : 80 kΩ - L2‑Terre : 55 kΩ - L3‑Terre : 90 kΩ - N‑Terre : 70 kΩ Déterminer si l’installation est conforme et, le cas échéant, quelle action entreprendre. **Corrigé** : 1. Le seuil du CPI est 60 kΩ. Toute valeur inférieure indique une dégradation de l’isolement susceptible de déclencher l’alarme. 2. L2‑Terre mesure 55 kΩ < 60 kΩ → non conforme. 3. Selon la procédure d’exploitation : - Signaler l’anomalie au responsable de maintenance. - Rechercher la cause du défaut d’isolement sur le conducteur L2 (câble endommagé, entrée d’eau, connexion lâche). - Effectuer une réparation ou remplacer le segment défectueux. - Après intervention, refaire la mesure ; la valeur doit être ≥ 60 kΩ. - Si la valeur reste inférieure, envisager une mise à la terre supplémentaire ou un renforcement de l’isolement (gainage, remplacement du câble). 4. En attendant la réparation, l’installation peut rester en service tant que seul un défaut est présent (le courant de défaut restera limité par l’impédance de 55 kΩ : I_defaut = 400 V / 55 kΩ ≈ 7,3 mA, valeur inférieure au courant de déclenchement habituel des différentiels, mais le CPI doit être vérifié pour s’assurer qu’il déclenchera bien l’alarme). **Réponse** : L’installation n’est pas conforme à cause de L2‑Terre = 55 kΩ < 60 kΩ. Il faut localiser et réparer le défaut d’isolement sur le conducteur L2, puis re‑mesurer pour confirmer une résistance ≥ 60 kΩ avant de remettre l’installation en pleine confiance. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |----|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | Confondre le PEN du régime TN‑C avec un simple neutre et oublier de le protéger par un disjoncteur commun. | En cas de rupture du PEN, toutes les masses deviennent dangereuses → risque de choc électrique. | Toujours protéger le PEN par un dispositif de coupure placé en amont du point de séparation N/PE (si séparation prévue). | | 2 | Négliger le test mensuel du bouton « test » du disjoncteur différentiel. | Le différentiel peut rester bloqué sans que l’utilisateur s’en rende compte → défaut non détecté. | Effectuer le test chaque mois ; consigner la date et le résultat sur le registre de maintenance. | | 3 | Installer un CPI sans vérifier que sa plage de mesure couvre la tension nominale de l’installation (ex. utiliser un CPI 230 V sur un réseau 400 V). | Le CPI ne mesure pas correctement l’isolement → fausses lectures, risque de non-détection d’un défaut. | Choisir un CPI adapté à la tension du système (ex. 400 V pour un réseau IT triphasé) et vérifier la notice technique avant mise en service. | | 4 | Effectuer une intervention sur un tableau électrique sans consigner les dispositifs de protection (différentiel, CPI). | Risque de remise sous tension accidentelle pendant le travail → accident grave ou mortel. | Appliquer la procédure de consignation : ouvrir le dispositif, placer un cadenas, étiqueter « travail en cours », vérifier l’absence de tension avant de commencer. | | 5 | Utiliser un disjoncteur différentiel de type AC dans un environnement comportant des équipements à électronique de puissance (onduleurs, variateurs). | Le type AC ne détecte pas les courants différentiels continus pouvant être générés par ces équipements → défaut non détecté. | Privilégier les différentiels de type A ou B selon la présence de composants électroniques ; consulter la fiche technique du charge. | | 6 | Sous‑estimer la section du conducteur de protection (PE) en raison d’une mauvaise lecture du tableau de correspondance section‑courant. | Le PE peut fondre sous courant de défaut → perte de la protection de mise à la terre et risque d’augmentation de la tension de contact. | Toujours vérifier la section minimale du PE selon la norme (ex. 2,5 mm² cuivre pour un circuit protégé par un disjoncteur 20 A) et mesurer la continuité après installation. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principe fondamental du régime de neutre TN-C ?
  2. 2. Dans un régime de neutre IT, comment sont reliés le neutre et les masses ?
  3. 3. Quel est le rôle principal du contrôleur permanent d'isolement (CPI) dans un système IT ?
  4. 4. Dans une installation TN-S, la tension phase-terre est de 230 V et l'impédance de boucle de défaut terre (Zs) vaut 0,5 Ω. Quelle est la valeur approximative du courant de défaut de terre ?
  5. 5. Dans un régime TN-C, que se passe-t-il si le conducteur PEN (protection + neutre) est coupé accidentellement ?
  6. 6. Dans un système IT alimentant un moteur triphasé, la résistance d'isolement mesurée entre chaque phase et la terre est de 2 MΩ. Quelle est la valeur approximative du courant de fuite par phase sous une tension phase-terre de 230 V ?
  7. 7. Dans une installation TN-S, un différentiel de 30 mA déclenche lorsqu'une personne touche un conducteur sous tension alors qu'elle se trouve sur un sol mouillé. Pourquoi le différentiel déclenche-t-il ?
  8. 8. Dans un système IT, le CPI mesure une résistance d'isolement de 500 kΩ entre une phase et la terre. En supposant une tension ligne-ligne de 400 V, quelle est la valeur approximative du courant de défaut terre pour un défaut monophasé vers la terre ?
  9. 9. Pour un circuit TN-S protégé par un disjoncteur de 20 A de type B, quelle est l'impédance maximale de boucle de défaut terre (Zs) permettant un déclenchement dans 0,4 s si le courant de défaut doit atteindre 5 fois le courant nominal du disjoncteur ?
  10. 10. Dans un système IT d'un hôpital, le CPI déclenche une alarme lorsque la résistance d'isolement tombe en dessous de 1 MΩ. Si un défaut crée un courant de fuite de 0,5 mA depuis une phase vers la terre, quelle est la valeur approximative de la résistance d'isolement correspondante ?