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Chapitre 5

Diagnostic d’une panne sur la chaȋne de dialogue (partie 3/3)

Lecture : 19 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis À l’issue de ce chapitre, l’élève sera capable de : - préparer et réaliser un banc de test adapté à la chaîne de dialogue d’un équipement électromécanique ; - effectuer les mesures électriques (tension, courant, résistance, continuité) et les contrôles mécaniques (jeu, alignement, usure) conformément aux normes de sécurité en vigueur au Cameroun ; - analyser les symptômes d’une panne, appliquer la méthode des 5 Pourquoi et identifier le composant défaillant ; - valider une hypothèse de panne par des essais complémentaires, décider de la réparation ou du remplacement et rédiger un rapport d’expertise ; - remettre en service l’équipement après intervention en respectant les procédures de mise en service et les consignes de prévention des risques électriques et mécaniques. **Prérequis** : connaissances de base en électrotechnique (loi d’Ohm, loi des nœuds, loi des mailles), en mécanique (effort, jeu, tolérance), lecture de schémas électriques et mécaniques, utilisation du multimètre, du tournevis isolé et des équipements de protection individuelle (EPI) tels que gants diélectriques, lunettes de sécurité et chaussures de sécurité. --- ## Introduction La chaîne de dialogue d’un équipement électromécanique (par exemple un ascenseur, une porte automatique ou un système de commande de machine‑outil) assure la transmission des informations entre les capteurs, les actionneurs et l’automate programmable. Une défaillance à ce niveau peut provoquer un arrêt complet de l’installation, des risques pour les usagers ou une perte de production importante. Dans les ateliers camerounais, les techniciens sont souvent confrontés à des pannes intermittentes liées à des contacts oxydés, des câbles sectionnés ou des composants usés par les vibrations. Ce chapitre présente, en trois leçons, la démarche complète allant de la préparation des tests jusqu’à la validation de la réparation, en s’appuyant sur des situations réelles rencontrées dans les entreprises de maintenance du secteur industriel et du BTP au Cameroun. --- ## I. Leçon 18 : Réalisation des tests, mesures et contrôles (Suite et fin) ### A. Préparation du banc de test 1. **Vérification de la consignation** : couper l’alimentation principale, appliquer un cadenas et une étiquette de consignation conformément au décret n° 2005/081 du 12 mai 2005 relatif à la sécurité des travailleurs. 2. **Mise à la terre** : relier le châssis de l’équipement à la terre de l’installation à l’aide d’un câble de cuivre de section minimale 6 mm², résistance de terre < 1 Ω. 3. **Installation des instruments** : placer le multimètre numérique (plage 600 V AC/DC, 10 A, résolution 0,01 Ω) et, si disponible, l’oscilloscope portable (bande passante 20 MHz) sur un support antistatique. 4. **Vérification des EPI** : s’assurer que le technicien porte des gants de classe 0 (1000 V), des lunettes anti‑projettent et des chaussures de sécurité avec semelle antidérapante. > **>** Toute opération sur une installation sous tension doit être précédée d’une consignation efficace et d’un contrôle de l’absence de tension avec un appareil homologué (ex. : testeur de tension sans contact). ### B. Mesures électriques | Mesure | Instrument | Plage typique | Unité | Consigne de sécurité | |--------|------------|---------------|-------|----------------------| | Tension alternative (U) | Multimètre en V~ | 0‑600 V | V | Vérifier l’isolement des pointes | | Tension continue (U) | Multimètre en V= | 0‑600 V | V | Même précaution | | Courant (I) | Pinze ampèremétrique | 0‑10 A | A | Ne pas dépasser la capacité de la pinze | | Résistance (R) | Multimètre en Ω | 0‑20 MΩ | Ω | Circuit déconnecté, décharger les capacités | | Continuité | Multimètre en bip | Seuil de déclenchement < 50 Ω | Ω | Sonde sur les deux extrémités du conducteur | **Exemple chiffré** : mesure de la tension d’alimentation d’un moteur asynchrone triphasé de 380 V. Le multimètre indique 379 V entre L1‑L2, 380 V entre L2‑L3 et 380,5 V entre L3‑L1. L’écart maximal de 1,5 V (< 0,5 %) est conforme à la norme CEI 60034‑1. ### C. Contrôles mécaniques 1. **Jeu axial et radial** : utiliser un jeu de cales d’épaisseur (0,05 mm à 2 mm) pour mesurer le jeu entre l’arbre du moteur et le palier. Valeur admissible selon le fabricant : 0,10 mm ± 0,02 mm. 2. **Alignement** : vérifier l’alignement du couplage moteur‑réducteur avec un laser d’alignement ou un comparateur à cadran ; déviation maximale admise : 0,05 mm sur 100 mm de longueur. 3. **Usure des contacts** : inspecter visuellement les contacts du relais ou du commutateur ; présence de piqûres, de dépôts d’oxyde ou de brûlure indique un besoin de nettoyage ou de remplacement. 4. **Vibration** : mesurer avec un vibromètre portable (plage 0‑500 Hz) ; valeur efficace (RMS) > 2 mm/s peut révéler un déséquilibre ou un défaut de montage. > **>** Un jeu excessif entraîne des chocs mécaniques qui accélèrent l’usure des paliers et peuvent provoquer des micro‑coupures dans les câbles de signal. ### D. Procédure pas à pas (synthèse) 1. Consigner et mettre à terre. 2. Effectuer une inspection visuelle (câbles, borniers, signes de surchauffe). 3. Mesurer les tensions d’alimentation aux points de test définis dans le schéma. 4. Vérifier la continuité des chemins de terre et des boucliers. 5. Contrôler les résistances d’isolement (phase‑terre > 1 MΩ). 6. Réaliser les contrôles mécaniques (jeu, alignement, usure). 7. Consigner les résultats dans une fiche de test (date, technicien, valeurs, écarts). ### E. Exemple d’atelier Dans un atelier de maintenance d’ascenseurs à Yaoundé, le technicien constate que la cabine ne répond plus aux appels d’étage. Après consignation, il mesure la tension du circuit de commande (24 V DC) et trouve 0 V au niveau du relais de commande. La continuité du fil d’alimentation est bonne, mais la résistance du bobinage du relais indique 2,8 kΩ au lieu de 150 Ω attendus → relais défectueux. Le contrôle mécanique montre que le palier du moteur d’entraînement présente un jeu de 0,25 mm (au‑delà de 0,10 mm). Le technicien remplace le relais, réaligne le moteur et remet en service l’ascenseur après un essai de charge à 110 % de la charge nominale pendant 5 min. --- ## II. Leçon 19 : Expertise du composant et identification de la cause de la panne ### A. Analyse symptomatique - **Symptôme primaire** : absence de réponse de l’actionneur malgré une consigne d’entrée valide. - **Symptômes secondaires** : bruits anormaux (cliquetis, sifflement), température élevée du boîtier, voyant d’erreur clignotant. - **Approche** : établir un arbre de symptômes (ex. : pas de mouvement → vérifier alimentation → vérifier commande → vérifier actionneur). ### B. Méthode des 5 Pourquoi 1. Pourquoi le moteur ne tourne‑t‑il pas ? → Pas de tension aux bornes du moteur. 2. Pourquoi pas de tension ? → Le relais de puissance reste ouvert. 3. Pourquoi le relais reste ouvert ? → Bobinage du relais en court‑circuit interne. 4. Pourquoi le bobinage est‑il en court‑circuit ? → Surchauffe due à un courant de appel excessif. 5. Pourquoi le courant d’appel est‑il excessif ? → Court‑circuit partiel dans le câble d’alimentation du moteur (isolant endommagé par vibration). Cette chaîne logique mène à la cause racine : dégradation de l’isolant du câble d’alimentation provoquant un appel de courant qui endommage le relais. ### C. Test des composants courants | Composant | Test principal | Instrument | Résultat attendu (bon) | |-----------|----------------|------------|------------------------| | Relais électromagnétique | Mesure de la résistance du bobinage | Multimètre Ω | Valeur nominale ±10 % (ex. 150 Ω) | | Capteur de proximité (inductif) | Vérification du signal de sortie | Oscilloscope (mode DC) | Tension logique 0 V/24 V selon présence | | Moteur asynchrone | Mesure de l’enroulement (phase‑phase) | Multimètre Ω | Résistance symétrique entre phases (ex. 4,2 Ω) | | Variateur de fréquence (VFD) | Contrôle du signal PWM | Oscilloscope | Fréquence de commutation conforme au réglage (ex. 8 kHz) | | Fusible | Continuité | Multimètre Ω | < 0,1 Ω (fonctionnel) ; ∞ (coupé) si ouvert | > **>** Lors du test d’un relais, toujours débrancher l’alimentation avant de mesurer la résistance du bobinage afin d’éviter d’endommager l’appareil de mesure. ### D. Utilisation du multimètre et de l’oscilloscope - **Multimètre** : choisir la fonction appropriée (V~, V=, Ω, continuité). Effectuer le zéro‑offset sur les pointes avant chaque mesure. - **Oscilloscope** : coupler la sonde en mode 10× pour atténuer le signal, régler la balayage (time‑base) pour visualiser au moins deux périodes du signal, utiliser le déclenchement sur front montant pour stabiliser l’affichage. **Exemple** : vérification du signal de sortie d’un capteur de fin de course. L’oscilloscope montre un carré de 24 V pendant 12 ms lorsqu’une cible est présente, puis 0 V sinon. La durée du pulse correspond au temps de débounce spécifié (10‑15 ms). ### E. Exemple de panne sur la chaîne de dialogue Dans une ligne de conditionnement de boissons à Douala, le système de rejet des bouteilles défectueuses ne s’active plus. Le technicien relève : - Aucun signal de sortie du capteur de présence (toujours 0 V). - Le câble du capteur présente une résistance d’isolement de 0,2 MΩ entre le conducteur et le blindage (valeur attendue > 10 MΩ). - Après remplacement du câble, le capteur renvoie un signal correct et le système de rejet reprend son fonctionnement. La cause racine était une dégradation de l’isolant du câble due à l’exposition à des vapeurs de nettoyage alcalin, provoquant un courant de fuite qui masquait le signal du capteur. --- ## III. Leçon 20 : Expertise du composant et identification de la cause de la panne (suite et fin) ### A. Validation de l’hypothèse Après avoir identifié un composant suspect, il faut confirmer que son remplacement résout le problème sans effets secondaires. 1. **Essai en boucle ouverte** : alimenter le composant hors du circuit (ex. : bobinage du relais seul) et vérifier ses caractéristiques. 2. **Essai en charge réelle** : remonter le composant, remettre l’alimentation et observer le comportement du système sous consigne normale. 3. **Essai de réversibilité** : remettre l’ancien composant (si encore fonctionnel) pour vérifier que le défaut réapparaît. > **>** Toute validation doit être consignée avec date, heure, nom du technicien et valeurs mesurées avant/après intervention. ### B. Réparation ou remplacement - **Réparation** : possible pour des contacts oxydés (nettoyage à la brosse métallique et application de produit anti‑oxydation), resserrage de vis, redressage d’un arbre légèrement tordu. - **Remplacement** : privilégié lorsque la résistance du bobinage est hors tolérance, lorsqu’un isolant présente des traces de carbonisation, ou lorsqu’un composant mécanique présente une usure dépassant les limites du fabricant. - **Pièces de rechange** : utiliser des références conformes au catalogue du constructeur (ex. : relais type Omron LY2‑N, 24 V DC, 10 A). Conserver les certificats de conformité et les notices d’installation. ### C. Essais de mise en service 1. **Essai à vide** : vérifier que l’actionneur se déplace librement sans charge. 2. **Essai en charge partielle** : appliquer 30 % de la charge nominale, surveiller la température du moteur (< 80 °C) et la consommation de courant. 3. **Essai en charge pleine** : 100 % de la charge nominale pendant la durée spécifiée par le constructeur (souvent 5 min). 4. **Essai de sécurité** : simuler une défaillance (ex. : ouverture du circuit de sécurité) et vérifier l’arrêt immédiat de l’équipement. ### D. Rapport d’expertise Le rapport doit contenir : - **En‑tête** : référence de l’équipement, numéro de série, lieu d’intervention. - **Objet** : description de la panne constatée. - **Méthodologie** : étapes suivies (consignation, mesures, tests, analyse). - **Résultats** : valeurs mesurées, écarts par rapport aux normes, cause identifiée. - **Interventions** : pièces remplacées, réparations effectuées, réglages réalisés. - **Essais de validation** : résultats des essais à vide, en charge, de sécurité. - **Conclusion** : état de l’équipement après intervention, recommandations de suivi (ex. : contrôle périodique du serrage des borniers tous les 6 mois). - **Annexes** : photos avant/après, fiches de données des pièces, relevés de mesure. > **>** Un rapport d’expertise bien structuré facilite la traçabilité, la facturation auprès du client et la prévention de récidives. ### E. Retour d’expérience (REX) Après chaque intervention, organiser un bref débriefing d’équipe (10‑15 min) pour : - Partager les difficultés rencontrées (ex. : accès difficile au borniers). - Mettre à jour les procédures internes (ajout d’un point de contrôle de l’isolement des câbles). - Capitaliser les bonnes pratiques (utilisation d’un produit de nettoyage spécifique pour les contacts en milieu alcalin). --- ## Synthèse du chapitre - **Préparation du banc de test** : consignation, mise à la terre, vérification des EPI, installation des instruments. - **Mesures électriques** : tension, courant, résistance, continuité ; respect des plages et des consignes de sécurité. - **Contrôles mécaniques** : jeu, alignement, usure, vibration ; seuils à respecter selon les fiches constructeur. - **Méthodologie d’expertise** : analyse symptomatique, 5 Pourquoi, test des composants (relais, capteurs, moteurs, VFD), utilisation du multimètre et de l’oscilloscope. - **Validation de l’hypothèse** : essais en boucle ouverte, en charge, réversibilité. - **Réparation vs remplacement** : critères de décision, pièces conformes, procédures de nettoyage. - **Essais de mise en service** : à vide, charge partielle, charge pleine, sécurité. - **Rapport d’expertise** : structure complète, annexes, traçabilité. - **Retour d’expérience** : débriefing d’équipe, mise à jour des procédures, capitalisation des bonnes pratiques. > **>** La sécurité prime : toujours consigner, mettre à la terre, vérifier l’absence de tension et porter les EPI appropriés avant toute intervention. > **>** Un jeu mécanique excessif (> 0,10 mm pour un palier moteur) génère des vibrations qui endommagent les câbles de signal et provoquent des pannes intermittentes. > **>** La résistance d’isolement d’un câble de signal doit être supérieure à 10 MΩ ; une valeur inférieure indique une dégradation de l’isolant nécessitant le remplacement du câble. > **>** Lors du test d’un relais, la résistance du bobinage doit rester dans la tolérance ±10 % de la valeur nominale ; un écart important signale un bobinage ouvert ou court‑circuité. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Consignation | Mise en sécurité d’une installation par coupure d’alimentation, verrouillage et étiquetage afin d’éviter toute remise sous tension accidentelle. | | Jeu axial | Déplacement longitudinal libre entre deux pièces mécaniques (ex. : arbre et palier), exprimé en millimètres. | | Continuité | Propriété d’un conducteur permettant le passage du courant sans résistance notable (< 1 Ω). | | Isolement | Résistance entre un conducteur actif et la terre ou un autre conducteur, mesurée en ohms ; valeur élevée indique une bonne séparation électrique. | | Oscilloscope | Instrument permettant de visualiser la variation d’une tension en fonction du temps, utile pour analyser des signaux numériques ou analogiques. | | Relais électromagnétique | Composant qui ouvre ou ferme un circuit sous l’action d’un champ magnétique créé par l’enroulement d’une bobine. | | Variateur de fréquence (VFD) | Dispositif électronique qui fait varier la vitesse d’un moteur asynchrone en modifiant la fréquence et la tension d’alimentation. | | Courant de fuite | Courant indésirable qui traverse l’isolation d’un conducteur vers la terre ou un autre conducteur, souvent dû à une dégradation de l’isolant. | | EPI (Équipements de Protection Individuelle) | Matériel porté par le travailleur pour se protéger contre les risques professionnels (gants diélectriques, lunettes, casque, chaussures de sécurité). | | Rapport d’expertise | Document formel décrivant les constatations, les analyses, les interventions réalisées et les résultats des essais après une opération de maintenance. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Mesure de tension et diagnostic **Situation** : Dans un atelier de maintenance de portes automatiques à Bamenda, le moteur d’ouverture ne démarre pas. Le technicien mesure la tension d’alimentation du moteur (230 V AC) aux bornes du contacteur et obtient 0 V. **Consigne** : 1. Indiquer les étapes de consignation à respecter avant de réaliser la mesure. 2. Procéder à la mesure de la tension d’alimentation du contacteur (en amont du moteur) et interpréter le résultat. 3. Si la tension est présente au contacteur mais absente au moteur, quelle est la première hypothèse de panne ? **Corrigé** 1. Étapes de consignation : - Couper le disjoncteur général alimentant la porte automatique. - Placer un cadenas sur le dispositif de coupure et apposer une étiquette « Ne pas remettre sous tension – Travaux en cours ». - Vérifier l’absence de tension à l’aide d’un testeur sans contact sur les phases L1, L2, L3 et le neutre. - Mettre à la terre le châssis de la porte à l’aide d’un câble de cuivre de 6 mm² relié à la prise de terre de l’installation. - S’équiper de gants de classe 0, de lunettes de sécurité et de chaussures antidérapantes. 2. Mesure de la tension d’alimentation du contacteur : - Positionner le multimètre sur V~ (600 V). - Placer les pointes sur les bornes d’alimentation du contacteur (L1 et L2). - Lecture : 228 V. - Interprétation : la tension d’alimentation du réseau est présente jusqu’au contacteur ; le problème se situe donc après le contacteur (dans le circuit de commande ou le moteur lui‑même). 3. Première hypothèse : le contacteur ne se ferme pas (bobinage défectueux, contacts oxydés ou commande absente). Il faut vérifier la commande du contacteur (tension de commande 24 V DC) et la continuité du bobinage. --- ### Exercice 2 – Analyse de panne par la méthode des 5 Pourquoi **Situation** : Un convoyeur à bande dans une usine de traitement du bois à Bafoussam s’arrête de façon intermittente. Le capteur de fin de course qui détecte la présence d’une pièce ne renvoie plus de signal. **Consigne** : Appliquer la méthode des 5 Pourquoi pour identifier la cause racine et proposer une action corrective. **Corrigé** 1. Pourquoi le capteur ne renvoie‑t‑il pas de signal ? → La sortie du capteur reste à 0 V. 2. Pourquoi la sortie reste‑t‑elle à 0 V ? → Le câble de liaison entre le capteur et l’automate présente une résistance d’isolement anormalement faible. 3. Pourquoi la résistance d’isolement est‑elle faible ? → L’isolant du câble est dégradé par l’exposition à la poussière de bois et à l’humidité. 4. Pourquoi l’isolant est‑il dégradé ? → Le câble est posé dans un conduit non étanche où l’humidité s’accumule. 5. Pourquoi le conduit n’est‑il pas étanche ? → Le joint d’étanchéité du conduit a été endommagé lors d’une précédente intervention et n’a pas été remplacé. **Action corrective** : remplacer le joint d’étanchéité du conduit, poser un nouveau câble avec une gaine résistante à l’abrasion et à l’humidité (type PUR), et ajouter un collier de serrage pour éviter les mouvements qui pourraient endommager l’isolant. Vérifier ensuite l’isolement (> 10 MΩ) et le bon fonctionnement du capteur. --- ### Exercice 3 – Essai de mise en service après remplacement d’un relais **Situation** : Après remplacement d’un relais défectueux (24 V DC, bobine 150 Ω) sur une ligne de conditionnement à Yaoundé, le technicien doit réaliser les essais de mise en service. **Consigne** : Décrire les trois essais principaux (à vide, charge partielle, charge pleine) avec les grandeurs à surveiller et les critères d’acceptation. **Corrigé** - **Essai à vide** : - Mettre le système en marche sans produit sur la ligne. - Vérifier que le moteur d’entraînement démarre immédiatement lorsqu’une consigne d’ouverture est donnée. - Surveiller le courant d’appel du moteur (doit être < 2 × le courant nominal pendant moins de 0,5 s). - Critère : aucun bruit anormal, mouvement fluide du convoyeur. - **Essai en charge partielle (30 % de la charge nominale)** : - Charger la ligne avec 30 % du poids maximal prévu. - Mesurer la température du moteur après 5 min de fonctionnement (doit rester < 80 °C). - Relever le courant stabilisé (doit être compris entre 0,25 et 0,35 × courant nominal). - Critère : pas de surchauffe, vitesse conforme au réglage du variateur. - **Essai en charge pleine (100 % pendant 5 min)** : - Appliquer la charge maximale prévue par le constructeur. - Surveiller la température du moteur (doit rester < 90 °C). - Vérifier que le courant stabilisé ne dépasse pas 1,05 × courant nominal. - Vérifier l’absence de déclenchement du relais de protection thermique. - Critère : fonctionnement stable, aucune alerte, vitesse conforme au consigne. Si tous les critères sont remplis, le technicien peut considérer la remise en service comme réussie et procéder à la rédaction du rapport d’expertise. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |---|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de mettre à la terre le châssis avant de mesurer la résistance d’isolement. | Risque de choc électrique si une tension résiduelle apparaît sur le châssis. | Toujours relier le châssis à la terre avec un câble de section adéquate et vérifier la continuité terre‑châssis (< 1 Ω) avant toute mesure. | | 2 | Utiliser le multimètre en mode courant (A) pour mesurer une tension. | Destruction immédiate de l’appareil et risque d’arc électrique. | Vérifier la fonction sélectionnée (V~, V=, Ω, continuité) avant de toucher les pointes au circuit. | | 3 | Négliger le serrage des borniers après une intervention thermique. | Desserrage progressif → augmentation de la résistance de contact → surchauffe et éventuel feu. | Appliquer le couple de serrage spécifié par le constructeur (ex. : 1,5 Nm pour un bornier M4) à l’aide d’une clé dynamométrique. | | 4 | Réutiliser un câble d’alimentation dont l’isolant présente des traces de carbonisation. | Courant de fuite, déclenchement intempestif des disjoncteurs, risque d’incendie. | Remplacer systématiquement tout câble montrant des signes de dégradation (fissures, carbonisation, odeur de brûlé). | | 5 | Ne pas porter de lunettes de sécurité lors du nettoyage des contacts avec une brosse métallique. | Projection de particules métalliques pouvant causer des lésions oculaires. | Toujours porter des lunettes de protection anti‑projettent lors de toute opération de nettoyage mécanique. | | 6 | Effectuer une mesure de tension sans vérifier que l’appareil de mesure est adapté à la catégorie de tension (ex. : utiliser un multimètre CAT II sur une installation CAT III). | Sous‑estimation de la tension réelle, risque de dépassement de la catégorie de l’appareil et d’arc. | Choisir un appareil de mesure dont la catégorie (CAT II, CAT III, CAT IV) est égale ou supérieure à celle du circuit à tester. | > **>** Toute intervention sur une installation électrique doit commencer par une vérification de l’absence de tension à l’aide d’un appareil homologué et se terminer par une remise sous tension seulement après avoir retiré tous les outils et vérifié l’absence de défauts. > **>** Le couple de serrage des borniers doit être appliqué avec une clé dynamométrique ; un serrage à « main levée » entraîne souvent un desserrage sous vibration et des échauffements locaux. > **>** Un jeu axial supérieur à la tolérance constructeur (souvent 0,10 mm pour des paliers de petits moteurs) provoque des chocs qui réduisent la durée de vie des roulements et peuvent endommager les câbles de signal situés à proximité. > **>** Lors du remplacement d’un relais, toujours vérifier que la tension de la bobine correspond à la tension de commande disponible dans le schéma (ex. : 24 V DC, pas 230 V AC). --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition du test de continuité électrique ?
  2. 2. Quel est l'objectif principal de la mesure de la résistance d'isolement avec un mégohmmètre ?
  3. 3. Quel instrument est principalement utilisé pour mesurer le déphasage entre la tension et le courant dans un circuit alternatif ?
  4. 4. Lors d'un test, vous mesurez 0,5 Ω aux bornes d'un enroulement de moteur qui devrait présenter environ 2 Ω. Quelle interprétation est la plus pertinente ?
  5. 5. Un capteur de température renvoie 0 V alors que l'alimentation est présente et correcte (5 V). Après vérification, l'alimentation du capteur est bonne. Quelle est la cause la plus probable ?
  6. 6. Vous mesurez 12 V aux bornes d'une bobine de relais, mais le relais ne s'enclenche pas. Quelle hypothèse est la plus plausible ?
  7. 7. Sur un moteur triphasé, vous mesurez les tensions ligne à ligne : 380 V, 380 V, 380 V, mais un des phases ne consomme aucun courant. Quelle est la cause la plus likely ?
  8. 8. Lors d'un contrôle d'isolement, vous mesurez 2 kΩ entre le châssis d'un moteur et la terre, alors que la valeur attendue est supérieure à 1 MΩ. Que indique ce résultat ?
  9. 9. Vous observez des lectures intermittentes d'état haut sur une entrée d'un module PLC, soupçonnant du bruit électrique. Quel test permet le mieux de confirmer la présence de parasites haute fréquence ?
  10. 10. Un transformateur doit fournir 24 V AC à vide. Sous charge de 10 Ω, vous mesurez 22 V RMS aux bornes secondaires. En supposant que la chute de tension soit due uniquement à l'impédance interne du transformateur, quelle est sa valeur approximative ?