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Chapitre 9

Constat de défaillance

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Définir le constat de défaillance et expliquer son rôle dans la maintenance préventive et corrective. - Appliquer la méthodologie d’élaboration d’un constat de défaillance en suivant les étapes normalisées (observation, recueil d’informations, analyse, rédaction). - Utiliser les outils professionnels (fiche de constat, registre de maintenance, GMAO) et respecter les normes de sécurité et d’hygiène lors de l’intervention sur un équipement électromécanique. - Rédiger un constat clair, complet et exploitable, incluant les données techniques, les symptômes observés et les premières hypothèses de cause. - Communiquer le constat aux responsables de maintenance et suivre son traitement. **Prérequis :** - Notions de base en électrotechnique (moteurs asynchrones, pompes, groupes électrogènes). - Connaissance des symboles schématiques et des documents techniques (notice d’utilisation, plan de câblage). - Savoir lire et interpréter un relevé de mesures (tension, courant, température, vibration). - Maîtriser les règles de sécurité électrique (habilitation B0, B1, B2) et les consignes d’hygiène sur un chantier ou en atelier. --- ## Introduction contextualisée Dans les entreprises industrielles camerounaises, la disponibilité des équipements électromécaniques (moteurs, pompes, compresseurs, groupes électrogènes) conditionne la continuité de la production. Une panne non détectée à temps peut entraîner des arrêts coûteux, des risques pour la sécurité du personnel et des pertes de matière première. Le **constat de défaillance** constitue le premier acte formel de la maintenance : il consigne, de façon objective et structurée, les signes observés, les mesures réalisées et les premières interprétations afin de guider le diagnostic ultérieur et la décision de réparation ou de remplacement. Ce chapitre présente la méthodologie officielle élaborée par le MINESEC/IGE pour le Probatoire séries MEM, en s’appuyant sur des situations réelles rencontrées dans les ateliers de maintenance des entreprises publiques (CAMWATER, SONARA, ENEO) et privées du secteur agro‑alimentaire ou textile. --- ## I. Leçon 21 : Méthodologie d'élaboration du constat de défaillance ### 21.1 Définition et objectifs du constat de défaillance > **Constat de défaillance** : document écrit qui enregistre, de façon objective et chronologique, les symptômes, les mesures et les conditions d’apparition d’un dysfonctionnement d’un équipement électromécanique. Ses objectifs sont : 1. Fournir une base objective pour le diagnostic ultérieur. 2. Faciliter la communication entre les opérateurs, les techniciens de maintenance et les responsables de production. 3. Constituer un historique exploitable pour l’amélioration de la fiabilité (analyse de tendance, retour d’expérience). 4. Satisfaire aux exigences réglementaires (norme NF EN 13306, décret camerounais sur la sécurité des machines). ### 21.2 Étapes de la méthodologie La méthodologie se décline en quatre phases successives : | Étape | Action principale | Livrable attendu | |-------|-------------------|------------------| | 1. Observation initiale | Repérer les signes visibles (bruits, vibrations, fuites, température anormale, arrêt soudain). | Notes préliminaires sur le poste de travail. | | 2. Recueil d’informations | Consulter le carnet de maintenance, interroger l’opérateur, relever les paramètres de fonctionnement (tension, courant, vitesse, pression). | Fiche de relevé de données. | | 3. Analyse préliminaire | Croiser les symptômes avec les données techniques, établir des hypothèses de cause (désalignement, usure, surcharge, défaut d’alimentation). | Tableau de corrélation symptômes‑hypothèses. | | 4. Rédaction du constat | Rédiger le document suivant le modèle normalisé (en-tête, description de l’équipement, contexte, observations, mesures, hypothèses, conclusions préliminaires, signatures). | Constat de défaillance signé et archivé. | ### 21.3 Outils et supports - **Fiche de constat** : formulaire pré‑imprimé ou numérique (champ libre pour observations, tableaux pour mesures). - **Registre de maintenance** : livre ou base de données où chaque constat est référencé par numéro d’ordre, date et code équipement. - **GMAO (Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur)** : permet de générer automatiquement un constat à partir d’un ordre de travail et de le lier à l’historique de l’équipement. - **Instruments de mesure** : multimètre, pince ampèremétrique, tachymètre, caméra thermique, vibromètre. ### 21.4 Normes de sécurité et d’hygiène Avant toute intervention, le technicien doit : - Vérifier son habilitation électrique (B0, B1, B2 pour travaux sous tension; H0, H1, H2 pour travaux hors tension). - Isoler l’équipement (verrouillage‑étiquetage, consignation). - Porter les EPI appropriés (gants isolants, lunettes de protection, chaussures de sécurité, casque antibruit si nécessaire). - S’assurer de la bonne ventilation du local lorsqu’il travaille sur des équipements pouvant dégager des vapeurs d’huile ou de gaz. - Nettoyer la zone de travail après l’intervention pour éviter les risques de glissade ou d’ingestion de particules. ### 21.5 Exemple d’atelier : constat sur un moteur asynchrone triphasé **Contexte** : Lors d’un arrêt de ligne de conditionnement à la SONARA, le moteur M‑205 (7,5 kW, 400 V, 50 Hz) présente une hausse de température et un bruit sourd. | Étape | Action réalisée | Résultat | |-------|----------------|----------| | Observation initiale | Vibration ressentie au niveau du carter, température extérieure du carter 85 °C (norme ≤ 60 °C). | Anomalie thermique détectée. | | Recueil d’informations | Lecture du multimètre : tension de ligne 398 V, courant de phase 12,5 A (courant nominal 11 A). Consultation du carnet : dernière révision il y a 3 mois, aucun remplacement de roulements. | Surcharge de courant suspectée. | | Analyse préliminaire | Comparaison avec la courbe de charge du moteur : surcharge de ~14 % pouvant provoquer une élévation de température et des vibrations dues à un désalignement ou un défaut de roulement. | Hypothèse : roulement avant usé ou désalignement arbre‑couplage. | | Rédaction du constat | Le technicien remplit la fiche : <br>• Équipement : Moteur asynchrone M‑205 <br>• Date/heure : 12/03/2025, 09h15 <br>• Symptômes : bruit sourd, vibration, Tcarter=85 °C, I=12,5 A <br>• Mesures : V=398 V, I=12,5 A, vitesse réelle 1470 tr/min (nominale 1500 tr/min) <br>• Hypothèses : usure roulement avant, désalignement couplage, surcharge mécanique <br>• Conclusions préliminaires : arrêter le moteur, vérifier l’alignement et l’état des roulements. <br>• Signatures : technicien, chef d’atelier. | Constat prêt pour transmission au service de maintenance. | --- ## II. Leçon 22 : Application de l'élaboration du constat de défaillance ### 22.1 Mise en situation professionnelle (cas d’une pompe centrifuge) Une pompe centrifuge P‑102 (débit nominal 150 m³/h, hauteur manométrique totale 32 m) utilisée pour le relevage d’eau brute à la station de traitement de CAMWATER présente une baisse de débit et des vibrations excessives. ### 22.2 Procédure pas à pas sur le terrain 1. **Sécurisation** : fermeture des vannes d’aspiration et de refoulement, dépressurisation, verrouillage‑étiquetage. 2. **Observation** : vibration perceptible au niveau du support, température du corps de pompe 70 °C (norme ≤ 55 °C), présence de petites éclaboussures d’eau autour du joint mécanique. 3. **Recueil d’informations** : - Lecture du débitmètre : 95 m³/h (≈ 37 % du nominal). - Mesure de la pression refoulement : 2,1 bar (norme 2,8 bar). - Vérimentation du moteur : tension 400 V, courant 8,2 A (courant nominal 7,5 A). - Consultation du carnet : dernier remplacement du joint mécanique il y a 8 mois, aucun contrôle d’alignement depuis la révision. 4. **Analyse préliminaire** : - Baisse de débit + perte de pression → possibilité de cavitation ou de fuite interne. - Courant moteur légèrement supérieur → charge mécanique accrue, possiblement due à un désalignement ou à un usure du joint. - Température élevée → frottement excessif au niveau du joint ou des roulements. Hypothèses principales : usure du joint mécanique, désalignement arbre‑moteur, présence d’air dans la suction (cavitation). 5. **Rédaction du constat** : utilisation de la fiche normalisée (voir annexe). ### 22.3 Rédaction du constat : modèle de fiche ``` ------------------------------------------------------------ | CONSTAT DE DÉFAILLANCE | ------------------------------------------------------------ Équipement : Pompe centrifuge P‑102 Code : P102-01 Localisation : Station de traitement d’eau – CAMWATER Date : 18/04/2025 Heure de début : 14h00 Heure de fin : 15h30 Opérateur : M. K. NGASSA Technicien : T. L. MBELLA ------------------------------------------------------------ CONTEXTE : - Arrêt partiel de la ligne de relevage suite à baisse de débit observée par le SCADA. OBSERVATIONS : - Vibration perceptible au support (amplitude estimée 0,4 mm/s). - Température corps pompe : 70 °C (mesure caméra thermique). - Présence de petites éclaboussures d’eau autour du joint mécanique. MESURES REALISEES : - Débitmètre (entrée) : 95 m³/h (consigne 150 m³/h). - Pressostat refoulement : 2,1 bar (consigne 2,8 bar). - Tension moteur : 400 V (L1‑L2‑L3). - Courant moteur : 8,2 A (L1), 8,0 A (L2), 8,1 A (L3). - Vitesse arbre (tachymètre laser) : 1450 tr/min (nominale 1500 tr/min). HYPOTHESES DE CAUSE : 1. Usure du joint mécanique entraînant fuite interne et perte de charge. 2. Désalignement arbre‑moteur provoquant surcharge et vibrations. 3. Présence d’air dans la suction (cavitation) due à une vanne d’aspiration partiellement fermée. CONCLUSIONS PRELIMINAIRES : - Arrêter la pompe, contrôler l’état du joint mécanique et réaliser un contrôle d’alignement laser. - Purger la ligne d’aspiration pour éliminer l’air éventuel. SIGNATURES : Technicien : _____________________ Chef d’atelier : _____________________ ------------------------------------------------------------ ``` ### 22.4 Validation et transmission du constat - Le constat est signé par le technicien et le chef d’atelier, puis enregistré dans le registre de maintenance sous le numéro **C‑2025‑04‑18‑001**. - Une copie numérique est envoyée via la GMAO au responsable de planification qui crée un ordre de travail (OT‑2025‑0456) pour les interventions prévues. - Le responsable de production accuse réception par courriel ou par accusé de lecture dans la GMAO, assurant la traçabilité. ### 22.5 Exemple chiffré : calcul du taux de défaillance λ Sur une période de suivi de 6 mois (≈ 4320 h de fonctionnement), la pompe P‑102 a connu 3 arrêts non planifiés liés à des défauts de joint. \[ \lambda = \frac{\text{Nombre de défaillances}}{\text{Temps de fonctionnement total}} = \frac{3}{4320\ \text{h}} = 6,94 \times 10^{-4}\ \text{h}^{-1} \] Ce taux signifie qu’en moyenne, une défaillance survient toutes les **1440 h** (≈ 60 jours) de fonctionnement. Cette valeur sera utilisée dans le plan de maintenance préventive pour définir l’intervalle de remplacement du joint (ex. : tous les **864 h** avec un facteur de sécurité de 0,6). --- ## III. ACTIVITES D'INTEGRATION ### 3.1 Travail en groupe : élaboration d’un constat sur un groupe électrogène - **Consigne** : En équipes de 3 à 4, les élèves disposent d’un groupe électrogène de 10 kVA (moteur diesel + alternateur) présentant un démarrage difficile et une fumée noire à l’échappement. - **Étapes** : sécurisation, observation (bruit, température, fumée), recueil de données (tension de batterie, pression d’huile, consommation de carburant), analyse (hypothèses : filtre à air encrassé, injecteur défectueux, usure des bagues de piston), rédaction du constat sur fiche fournie. ### 3.2 Présentation orale et critique Chaque groupe présente son constat devant la classe pendant 5 minutes, suivi d’une séance de questions‑réponses. Les pairs notent la clarté, la complétude et le respect de la méthodologie à l’aide d’une grille d’évaluation (critères : respect des étapes, pertinence des mesures, qualité de la rédaction, orthographe technique). ### 3.3 Auto‑évaluation à l’aide d’une grille de compétences À l’issue de l’activité, chaque élève complète une auto‑évaluation sur les compétences suivantes : - C1 : Appliquer la méthodologie d’élaboration d’un constat de défaillance. - C2 : Utiliser les outils de mesure et les documents de maintenance. - C3 : Respecter les règles de sécurité et d’hygiène. - C4 : Rédiger un constat technique exploitable. Chaque compétence est notée sur 4 (0 = non acquis, 4 = maîtrise). Les résultats servent à identifier les besoins de remédiation avant l’évaluation sommative. --- ## Synthèse du chapitre - Le **constat de défaillance** est un document factuel qui initie le processus de maintenance. - La méthodologie officielle comporte quatre étapes : observation, recueil d’informations, analyse préliminaire, rédaction. - Les outils essentiels sont la fiche de constat, le registre de maintenance et la GMAO, accompagnés d’instruments de mesure adaptés. - Le respect des normes de sécurité (habilitation, EPI, consignation) et d’hygiène est obligatoire avant toute intervention. - Le constat doit contenir : identification de l’équipement, contexte, observations détaillées, mesures chiffrées, hypothèses de cause, conclusions préliminaires et signatures. - Un exemple de calcul du taux de défaillance λ montre comment exploiter les données du constat pour la planification de la maintenance préventive. - Les activités d’intégration permettent de mettre en pratique la méthodologie sur des équipements réels (moteur, pompe, groupe électrogène) et de développer les compétences professionnelles attendues au Probatoire. --- ## Glossaire > **Constat de défaillance** : document écrit qui enregistre de façon objective les symptômes, les mesures et les conditions d’apparition d’un dysfonctionnement d’un équipement électromécanique. > **GMAO** : Gestion de la Maintenance Assistée par Ordinateur, système informatisé permettant de suivre les ordres de travail, l’historique des interventions et les indicateurs de fiabilité. > **λ (lambda)** : taux de défaillance, exprimé en défauts par heure, calculé comme le nombre de défaillances divisé par le temps de fonctionnement total. > **Consignation** : opération consistant à isoler une source d’énergie (électrique, hydraulique, pneumatique) par verrouillage et étiquetage afin d’éviter toute mise sous tension accidentelle pendant une intervention. > **EPI** : Équipements de Protection Individuelle (gants, lunettes, casque, chaussures de sécurité, etc.) destinés à protéger le travailleur contre les risques professionnels. > **Habilitation électrique** : reconnaissance officielle de la capacité d’un travailleur à réaliser des opérations sur ou à proximité d’installations électriques, selon les niveaux B0, B1, B2. > **Cavitation** : phénomène de formation et d’effondrement de bulles de vapeur dans un liquide soumis à une forte dépression, pouvant endommager les aubes d’une pompe ou d’une turbine. > **Désalignement** : défaut de coaxialité entre l’arbre moteur et l’arbre entraîné, provoquant des vibrations, une surcharge mécanique et une usure prématurée des paliers et des couplages. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Moteur asynchrone sur une ligne de conditionnement **Situation** : Lors d’un contrôle de routine à l’usine SONARA, le moteur M‑310 (5,5 kW, 400 V, 50 Hz) présente un démarrage lent, un courant de démarrage de 45 A (courant nominal 10,5 A) et une odeur de brûlé détectée près du boîtier de connexion. **Consigne** : 1. Réaliser l’observation initiale et noter les symptômes. 2. Lister les informations à recueillir (tensions, courants, température, consultation du carnet). 3. Procéder à une analyse préliminaire et formuler deux hypothèses de cause plausibles. 4. Rédiger un extrait de constat (observations, mesures, hypothèses, conclusions préliminaires) en suivant le modèle de fiche. **Corrigé** : 1. **Observation initiale** : démarrage du moteur difficile, temps de mise en vitesse > 5 s (norme < 2 s), courant d’appel élevé, odeur de brûlé, aucune vibration notable au démarrage. 2. **Informations à recueillir** : - Tension d’alimentation (L1‑L2, L2‑L3, L3‑L1) au tableau. - Courant de fonctionnement en régime permanent (pince ampèremétrique). - Température du boîtier de connexion (caméra thermique ou thermocouple). - État des câbles d’alimentation (inspection visuelle, mesure de continuité). - Consultation du carnet de maintenance : dernier resserrage des connexions il y a 4 mois, aucun remplacement d’isolant. 3. **Analyse préliminaire** : - Courant d’appel excessif suggère une baisse de l’impédance du rotor (court‑circuit spire à spire) ou une surcharge mécanique. - Odeur de brûlé indique une surchauffe au niveau des connexions ou de l’isolant du stator. Hypothèses : (a) court‑circuit partiel dans l’enroulement du rotor ; (b) connexion lâche ou oxydée au niveau du bornier provoquant un échauffement localisé et une augmentation de la résistance de contact. 4. **Extrait de constat** : ``` ------------------------------------------------------------ | CONSTAT DE DÉFAILLANCE | ------------------------------------------------------------ Équipement : Moteur asynchrone M‑310 Code : M310-02 Localisation : Ligne de conditionnement – SONARA Date : 05/05/2025 Heure : 08h30 Opérateur : M. B. TCHOUA Technicien : T. L. NKOLO ------------------------------------------------------------ OBSERVATIONS : - Démarrage lent (>5 s), courant d’appel mesuré 45 A (Inom 10,5 A). - Odeur de brûlé détectée près du bornier d’alimentation. - Aucune vibration notable au démarrage. MESURES REALISEES : - Tension L1‑L2 : 398 V ; L2‑L3 : 401 V ; L3‑L1 : 399 V. - Courant en régime permanent (après 30 s) : 11,2 A (légère surcharge). - Température bornier : 92 °C (caméra thermique) ; limite autorisée 70 °C. HYPOTHESES DE CAUSE : 1. Court‑circuit spire à spire dans l’enroulement du rotor (augmentation du courant d’appel). 2. Connexion lâche/oxydée au bornier provoquant échauffement local et augmentation de la résistance de contact. CONCLUSIONS PRELIMINAIRES : - Arrêter le moteur, effectuer un test d’impédance du rotor (méthode du courant de court‑circuit) et contrôler le serrage ainsi que l’état des bornes. - Remplacer l’isolant détérioré si nécessaire. SIGNATURES : Technicien : _____________________ Chef d’atelier : _____________________ ------------------------------------------------------------ ``` --- ### Exercice 2 – Pompe de relevage d’eaux usées **Situation** : À la station de traitement de Yaoundé, la pompe de relevage PR‑07 (débit nominal 200 m³/h, HMT 25 m) présente des à‑coups de débit, des vibrations importantes et une hausse de la consommation électrique de 18 % par rapport à la normale. **Consigne** : - Décrire les étapes de la méthodologie que vous suivriez sur le terrain. - Réaliser un tableau de relevé de mesures (tension, courant, débit, pression, température). - Calculer le taux de défaillance λ sachant que, sur les douze derniers mois, la pompe a connu 4 arrêts non planifiés liés à des vibrations excessives. - Proposer une action corrective prioritaire. **Corrigé** : **Étapes de la méthodologie** : 1. Sécuriser la pompe (fermeture des vannes, dépressurisation, verrouillage‑étiquetage). 2. Observer les symptômes (à‑coups de débit, vibrations, bruit, température). 3. Recueillir les données : tensions, courants, débitmètre, pressostat, température du corps de pompe, consultation du carnet (dernier remplacement du joint mécanique, dernier contrôle d’alignement). 4. Analyser : comparer les mesures aux valeurs nominales, établir des hypothèses (désalignement, usure du joint, présence de gaz dans la suction, cavitation). 5. Rédiger le constat selon le modèle normalisé. **Tableau de relevé de mesures** : | Paramètre | Valeur mesurée | Valeur nominale | Écart (%) | |-------------------------|----------------|-----------------|-----------| | Tension L1‑L2 | 398 V | 400 V | -0,5 % | | Courant moteur (L1) | 9,8 A | 8,3 A | +18,1 % | | Débitmètre (entrée) | 162 m³/h | 200 m³/h | -19 % | | Pressostat refoulement | 1,9 bar | 2,5 bar | -24 % | | Température corps pompe | 68 °C | ≤ 55 °C | +24 % | | Vitesse arbre (tachymètre) | 1440 tr/min | 1500 tr/min | -4 % | **Calcul du taux de défaillance λ** : Temps de fonctionnement sur 12 mois ≈ 8760 h (fonctionnement continu). Nombre de défaillances = 4. \[ \lambda = \frac{4}{8760\ \text{h}} = 4,57 \times 10^{-4}\ \text{h}^{-1} \] Cela correspond à une défaillance moyenne toutes les **2190 h** (≈ 91 jours). **Action corrective prioritaire** : Effectuer un contrôle d’alignement laser entre le moteur et la pompe, car l’augmentation du courant (+18 %) associée à une baisse de débit et de pression indique une surcharge mécanique due à un désalignement. Après réalignement, revérifier les vibrations et la température ; si le problème persiste, inspecter l’état du joint mécanique et vérifier la présence d’air dans la suction (purge de la ligne d’aspiration). --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de verrouiller‑étiqueter l’équipement avant l’intervention. | Risque de mise sous tension accidentelle → choc électrique, brûlures, endommagement du matériel. | Toujours appliquer la procédure de consignation (verrouillage + étiquetage) et vérifier l’absence de tension avec un multimètre avant de toucher les parties actives. | | 2 | Ne pas porter les EPI adaptés (ex. : lunettes de protection manquantes lors du contrôle d’un joint sous pression). | Projection de liquide chaud ou de particules → lésions oculaires ou cutanées. | Porter systématiquement les EPI prescrits par l’évaluation des risques (lunettes, gants, casque antibruit, chaussures de sécurité). | | 3 | Interpréter une mesure hors contexte (ex. : considérer un courant élevé comme uniquement dû à une surcharge électrique sans vérifier la charge mécanique). | Diagnostic erroné, remplacement inutile de pièces, perte de temps. | Croiser toujours les données électriques avec les observations mécaniques (vibrations, température, débit, pression) avant d’établir une hypothèse. | | 4 | Négliger de consigner les mesures dans le registre de maintenance ou la GMAO. | Perte de traçabilité, impossibilité d’exploiter les historiques pour l’amélioration de la fiabilité. | Après chaque intervention, saisir immédiatement les mesures, le constat et les actions réalisées dans le registre ou la GMAO, puis faire valider par le responsable. | | 5 | Utiliser un appareil de mesure non calibré (ex. : pince ampèremétrique déréglée). | Valeurs erronées → mauvais diagnostic, risque de sur‑ ou sous‑dimensionnement des interventions. | Vérifier la périodicité de calibration des instruments selon le plan de métrologie de l’entreprise ; étiqueter chaque appareil avec la date de dernière vérification. | | 6 | Effectuer une intervention sur un équipement encore en marche pour gagner du temps. | Exposition à des pièces en rotation, risque d’enroulement, de projection ou de coupure. | Respecter strictement la consigne d’arrêt machine ; aucune intervention ne doit être réalisée tant que l’équipement n’est pas mis à l’arrêt et sécurisé. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition la plus précise du « constat de défaillance » dans le contexte des équipements électromécaniques ?
  2. 2. Parmi les étapes suivantes, laquelle ne fait pas partie de la méthodologie d'élaboration d'un constat de défaillance ?
  3. 3. Dans un constat de défaillance, à quoi correspondent exactement les « symptômes observés » ?
  4. 4. Un moteur asynchrone de 3 kW présente une surchauffe (stator à 95 °C, limite 80 °C) et un courant de phase de 6 A (nominal 4 A), accompagné d'un bruit métallique. Quelle hypothèse de défaillance doit être envisagée en priorité ?
  5. 5. Lors du constat de défaillance d'une pompe centrifuge, le technicien relève une vibration accrue à 50 Hz et une baisse de débit de 20 %. Quel outil d'analyse est le plus adapté pour identifier l'origine de ce problème ?
  6. 6. Un variateur de fréquence affiche le code d'erreur « Overvoltage » alors que la tension d'entrée triphasée mesure 400 V stable. Quelle action de diagnostic doit être réalisée en priorité ?
  7. 7. Dans le cadre d'une activité d'intégration, les élèves doivent calculer la force de traction maximale théorique avant glissement d'une bande sur un convoyeur. Données : tension de la bande = 150 N, coefficient de frottement = 0,25, diamètre de la poulie moteur = 200 mm. Quelle est cette force maximale ?
  8. 8. Un alternateur de voiture délivre seulement 12,5 V au lieu des 14,4 V attendus. Le régulateur de tension est suspecté. Quelle mesure supplémentaire permettrait de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse ?
  9. 9. Un groupe électrogène diesel de 10 kW présente des à-coups de puissance et de la fumée noire à l'échappement. Le filtre à air est encrassé à 70 % et la pression d'injection mesure 250 bar (valeur nominale 200 bar). Quel facteur est le plus probablement responsable de la fumée noire ?
  10. 10. Lors de l'élaboration d'un constat de défaillance sur un système de convoyage à chaîne, comment distinguer objectivement une usure normale d'une usure prématurée ?