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Chapitre 7

les dessins spécifiques aux projets (partie 1/7)

Lecture : 21 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Lire et interpréter un plan routier en identifiant les éléments de tracé, les profils en long et en travers, ainsi que les cotations. - Réaliser le dessin de coffrage d’un ouvrage de génie civil (fondations, voiles, dalles) en respectant les échelles, les conventions de représentation et les normes de sécurité. - Dessiner une structure métallique simple (portique, poutres‑colonnes) en appliquant les règles de représentation des profils, des assemblages boulonnés ou soudés et en indiquant les charges principales. - Utiliser le vocabulaire technique spécifique aux trois domaines et produire des légendes claires. **Prérequis :** - Maîtrise du dessin technique de base (échelles, cotes, lignes de construction, hachures). - Connaissances en géométrie descriptive (projections orthogonales, coupes, vues). - Notions de résistance des matériaux (efforts normaux, tranchants, fléchissants) acquises en physique‑chimie de seconde. > **>** Le dessin de projet constitue la langue commune entre le concepteur, le calculateur et l’exécutant sur un chantier. ## Introduction contextualisée Dans le cadre du baccalauréat séries F4, le programme officiel MINESEC/IGE accorde une place centrale aux « dessins spécifiques aux projets ». Ces représentations permettent de passer de l’idée conceptuelle à la réalisation concrète d’un ouvrage. Au Cameroun, les projets routiers (axe Yaoundé‑Douala, corridor Nord‑Sud), les ouvrages de coffrage (barrages de Lagdo, fondations du pont du Wouri) et les structures métalliques (charpentes du marché central de Yaoundé, portiques des gares de Ngaoundéré) illustrent l’importance de maîtriser ces trois types de dessin. Le présent chapitre propose une approche par compétences : analyser, produire et légender chaque dessin en s’appuyant sur des exemples locaux et des références internationales reconnues (Eurocodes, NF P 01-012, SIA 262). --- ## I. Analyse des plans routiers ### Contexte et définitions Un plan routier est l’ensemble des documents graphiques qui décrivent le tracé horizontal, le profil en long et les profils en travers d’une voie de communication. Il comprend : - Le **plan de masse** (vue du dessus) montrant l’axe, les courbes, les échangeurs et les servitudes. - Le **profil en long** (côte en fonction de l’abscisse) révélant les déclivités, les rampes et les ouvrages d’art. - Les **coupes transversales** (profil en travers) indiquant la largeur de la chaussée, les accotements, les fossés et les ouvrages de drainage. > **>** L’échelle habituelle d’un plan routier est 1/500 pour le plan de masse et 1/200 pour les profils, conformément au décret n° 2005/123 du MINTP. ### Acteurs, notions/auteurs - **Maître d’ouvrage** : Ministère des Travaux Publics (MINTP) ou sociétés concessionnaires (ex. : Camrail, SNEC). - **Maître d’œuvre** : bureau d’études routières (ex. : SETRAC, CERGA). - **Notions clés** : rayon de courbe, pente longitudinale, dévers, gabarit, terre-plein, ouvrage d’art (pont, viaduc). - **Références** : Guide de conception des routes du MINTP (2018), Eurocode 7 (géotechnique), NF P 98-330 (signalisation). ### Faits datés et lieux précis - **2012** : lancement du projet de doublement de la route nationale 1 entre Yaoundé et Édéa (longueur 45 km). - **2016** : achèvement du tronçon Douala‑Bafoussam (RN 4) avec mise en service d’un échangeur à niveaux à Bafoussam. - **2021** : étude d’impact environnemental du corridor Nord‑Sud (Yaoundé‑N’Gaoundéré) publiée par le MINTP. ### Causes puis conséquences - **Causes** : croissance du trafic routier (augmentation de 6,2 %/an entre 2010‑2020), nécessité de désenclaver les régions productrices (coton, café, bois). - **Conséquences** : réduction du temps de trajet de Yaoundé à Douala de 4h30 à 2h45, baisse de 15 % des coûts logistiques pour les exportations du secteur agricole, augmentation de la demande en matériaux de construction (granulats, bitume). ### Exemples concrets (Cameroun/Afrique) - **Plan de masse de la RN 1** : courbe de rayon 300 m à l’approche de la ville de Édéa, représenté par une série de points de contrôle espacés de 20 m. - **Profil en long du tronçon Douala‑Bafoussam** : pente maximale de 4 % sur la montée de la vallée du Nkam, avec un palier de repos à 12 km. - **Coupe transversale type** : chaussée de 7,00 m (2 voies de 3,50 m), accotements de 1,50 m chacun, fossés de 0,60 m de profondeur. ### Vocabulaire à retenir - **Axe** : ligne théorique du tracé central de la route. - **Rayon de courbe (R)** : mesure de la courbure en mètres. - **Pente longitudinale (i)** : rapport dénivelé/distance horizontale, exprimé en ‰ ou %. - **Dévers (e)** : inclinaison transversal de la chaussée pour faciliter l’écoulement des eaux. - **Gabarit** : enveloppe spatiale libre que doit respecter le véhicule. > **>** Le rayon de courbe minimal admis pour une voie de catégorie B est 200 m (arrêté MINTP nº 024/2019). ### Tableau récapitulatif – Analyse des plans routiers | Élément | Échelle habituelle | Unité de mesure | Exemple camerounais | Norme de référence | |-----------------------|--------------------|-----------------|---------------------|--------------------| | Plan de masse | 1/500 | m | RN 1 Yaoundé‑Édéa | Décret MINTP 2005/123 | | Profil en long | 1/200 | % ou ‰ | Douala‑Bafoussam | Eurocode 7 (partie 2) | | Coupe transversale | 1/100 | m | Rue de la Liberté, Yaoundé | NF P 98-330 | | Courbe horizontale | – | m (rayon) | Courbe de Édéa (R=300 m) | Guide MINTP 2018 | | Pente maximale admise | – | % | 6 % (voie de catégorie C) | Arrêté MINTP 024/2019 | --- ## II. Dessin de coffrage ### Contexte et définitions Le coffrage est l’enveloppe temporaire qui maintient le béton frais jusqu’à ce qu’il acquière suffisamment de résistance pour supporter ses propres charges et celles du service. Le dessin de coffrage doit représenter : - La **géométrie** du élément à couler (fondation, voile, dalle, poutre). - Les **planches, panneaux, étais, boulons, coins** et leurs dimensions. - Les **cotes de mise en place**, les **épaisseurs de revêtement** et les **repères de nivellement**. - Les **ouvertures** (truies, gaines, réservations) et les **details d’assemblage** (chevilles, serre-joints). > **>** Le coffrage doit être conçu pour résister à une pression latérale de béton frais d’au moins 4 kN/m² (NF P 06-001). ### Acteurs, notions/auteurs - **Entreprise de gros œuvre** : responsable de la mise en place et du démoulage (ex. : GCAM, SOTRACOM). - **Bureau d’études béton** : fournit les plans de coffrage (ex. : BETEC, SOGEA). - **Notions** : pression du béton frais, déformation admissible du coffrage, jeu de démoulage, revêtement antiadhésif. - **Références** : NF P 06-001 (coffrages et étais), Eurocode 2 (béton armé), Guide du coffrage du CSTB (2017). ### Faits datés et lieux précis - **2014** : réalisation du coffrage des fondations du barrage de Lagdo (volume béton ≈ 1 200 m³). - **2018** : mise en place du coffrage glissant pour la dalle du pont du Wouri (épaisseur 0,30 m, portée 45 m). - **2022** : utilisation de coffrages métalliques réutilisables pour les voiles du centre de conférence de Yaoundé (réduction de 30 % des déchets). ### Causes puis conséquences - **Causes** : besoin de garantir la qualité de surface et la précision dimensionnelle des ouvrages en béton armé. - **Conséquences** : réduction des reprises et des réparations post‑coulage, amélioration de la productivité (jusqu’à 20 % de gain de temps sur les grandes dalles), diminution des risques d’effondrement du coffrage pendant le coulage. ### Exemples concrets (Cameroun/Afrique) - **Fondation semelle profonde** : coffrage en panneaux de bois de 2,40 m × 1,20 m, épaisses de 20 mm, avec étais réglables tous les 0,80 m. - **Voile de retenue** : coffrage métallique à panneaux perforés, permettant le passage des armatures verticales sans démontage. - **Dalle alvéolaire** : coffrage perdu en polystyrène expansé (EPS) de 100 mm d’épaisseur, laissant des alvéoles de 150 mm après décoffrage. ### Vocabulaire à retenir - **Étai** : élément vertical de soutien réglable en hauteur. - **Pan de coffrage** : plaque ou panneau constituant la face du moule. - **Jeu de démoulage** : espace laissé entre le béton durci et le coffrage pour faciliter son retrait. - **Revêtement antiadhésif** : produit appliqué sur la face intérieure du coffrage pour éviter l’adhérence du béton. - **Coffrage perdu** : élément qui reste intégré à l’ouvrage après durcissement (ex. : EPS, fibres). > **>** Le jeu de démoulage recommandé pour une dalle de 0,20 m d’épaisseur est de 10 mm sur chaque face. ### Tableau récapitulatif – Dessin de coffrage | Type d’élément | Matériau du coffrage | Épaisseur minimale | Espacement des étais | Exemple camerounais | Référence norme | |----------------|----------------------|--------------------|----------------------|---------------------|-----------------| | Fondation semelle | Bois (pin traité) | 20 mm | 0,80 m | Fondations du barrage de Lagdo | NF P 06-001 | | Voile de retenue | Métal (acier galvanisé) | 1,5 mm | 0,60 m | Voile du centre de conférence Yaoundé | Eurocode 2 | | Dalle pleine | Bois + film polyéthylène | 18 mm | 1,00 m | Dalle du marché central Yaoundé | Guide CSTB 2017 | | Dalle alvéolaire | EPS perdu | 100 mm | – | Dalle du pont du Wouri | NF P 06-001 (annexe B) | | Poutres en T | Métal modulable | 2,0 mm | 0,50 m | Poutres du viaduc de Bafoussam | Eurocode 2 (partie 1‑1) | --- ## III. Dessin de structure en acier, portique… ### Contexte et définitions Le dessin d’une structure métallique représente les éléments porteurs (poutres, colonnes, diagonales, plaques d’assemblage) ainsi que leurs connexions (boulonnées, soudées, rivetées). Il doit indiquer : - Les **profils** utilisés (IPE, HE, U, tube carré, cornière). - Les **coupes** et **vues** nécessaires pour comprendre l’assemblage (vue de face, coupe longitudinale, détail de nœud). - Les **cotes** de longueur, d’entraxe, d’épaisseur de plaque et de diamètre de boulon. - Les **charges** permanentes et d’exploitation (poids propre, charges d’utilisation, vent, séisme) souvent représentées par des flèches et des notes. - Les **traitements de surface** (peinture, galvanisation) et les **repères de montage**. > **>** Selon l’Eurocode 3, la contrainte admissible en traction pour un acier S235 est de 235 MPa. ### Acteurs, notions/auteurs - **Fabricant de structures métalliques** : entreprises spécialisées (ex. : CAMETAL, SOMETAL). - **Bureau d’études structures** : réalise les plans de montage et les notes de calcul (ex. : SETRA, BETONARM). - **Notions** : moment d’inertie, module de résistance, flèche limite, précontrainte, boulon de haute résistance (classe 8.8 ou 10.9). - **Références** : Eurocode 3 (conception des structures en acier), NF EN 1090-2 (exigences d’exécution), Guide de construction métallique du MINTP (2020). ### Faits datés et lieux précis - **2015** : montage du portique de la gare de Ngaoundéré (portée 30 m, hauteur 12 m) en profilés HE‑B 300. - **2019** : réalisation de la charpente du marché central de Yaoundé en tubes carrés 200 × 200 mm, épaisseur 6 mm, boulonnés avec des boulons M24 de classe 8.8. - **2021** : installation d’une structure en acier pour le toit du stade de Japoma (Douala) utilisant des poutres IPE 400 et des diagonales en tube rond Ø 160 mm. ### Causes puis conséquences - **Causes** : besoin de légèreté, de rapidité de mise en œuvre et de capacité à porter de grandes portées sans appuis intermédiaires. - **Conséquences** : réduction du temps de montage (jusqu’à 40 % moins qu’en béton armé), facilité de réutilisation ou de démontage, meilleure performance sous charges dynamiques (vent, séisme). ### Exemples concrets (Cameroun/Afrique) - **Portique simple** : deux colonnes HE‑B 200 reliées par une poutre IPE 300, boulonnées avec 8 boulons M20 de classe 8.8 à chaque extrémité. - **Hall industriel** : charpente en tubes carrés 150 × 150 mm, épaisseur 5 mm, assemblés par soudure bout à bout et renforts de plaques d’angle 8 mm. - **Passerelle piétonne** : arco‑poutre en tube rond Ø 200 mm, épaisseur 4 mm, portée 25 m, avec câbles de précontrainte en acier haute résistance. ### Vocabulaire à retenir - **Profilé IPE** : poutre à ailes parallèles, hauteur nominale en mm (ex. : IPE 200 = 200 mm de hauteur). - **Profilé HE** : poutre à ailes larges, utilisée pour les colonnes et les poutres principales. - **Tube carré** : profilé creux de section carrée, souvent utilisé pour les poteaux légers. - **Boulon de haute résistance** : boulon caractérisé par sa classe de résistance (ex. : 8.8 → 800 MPa de limite élastique). - **Plaque d’assemblage** : élément plat soudé ou boulonné qui relie deux profilés. - **Flèche limite** : déformation maximale admissible sous charge de service, généralement L/250 pour les poutres en acier. - **Traitement de surface** : peinture anticorrosion ou galvanisation à chaud pour protéger l’acier. - **Nœud** : point de rencontre de plusieurs éléments où se concentre la transmission des efforts. > **>** La flèche limite admise pour une poutre en acier de portée 6 m sous charge uniformément répartie est de 24 mm (L/250). ### Tableau récapitulatif – Dessin de structure en acier | Type de profil | Dimensions usuelles (mm) | Utilisation principale | Exemple camerounais | Norme de référence | |----------------|--------------------------|------------------------|---------------------|--------------------| | IPE | 100‑600 (hauteur) | Poutres secondaires | Poutre du marché central Yaoundé | Eurocode 3 | | HE‑B | 100‑400 (hauteur) | Colonnes, poutres principales | Portique gare Ngaoundéré | Eurocode 3 | | Tube carré | 80‑300 (côté) | Poteaux légers, armatures | Charpente du stade Japoma | NF EN 1090-2 | | Tube rond | 60‑250 (diamètre) | Diagonales, arcs | Passerelle piétonne Douala | Eurocode 3 | | Cornière | 50‑150 (aile) | Renforts d’angle, plaques | Renforts de nœuds portique | Eurocode 3 | | Plaque d’assemblage | 5‑20 (épaisseur) | Soudure ou boulonnage | Assemblage poutres‑colonnes Yaoundé | NF EN 1090-2 | --- ## Synthèse du chapitre - **Analyse des plans routiers** : lecture du plan de masse, profil en long et coupes transversales ; échelles 1/500‑1/200 ; éléments clés (rayon, pente, dévers) ; exemples camerounais (RN 1, Douala‑Bafoussam). - **Dessin de coffrage** : représentation des éléments à couler, choix du matériau (bois, métal, EPS), respect des pressions de béton frais, jeu de démoulage, revêtement antiadhésif ; exemples (fondations Lagdo, dalle Wouri). - **Dessin de structure en acier** : sélection des profils (IPE, HE, tubes), représentation des nœuds, boulonnage/soudure, vérification de la flèche limite et de la contrainte admissible ; exemples (portique Ngaoundéré, charpente marché Yaoundé). - **Compétences transversales** : utiliser les échelles, produire des légendes claires, respecter les normes (NF P, Eurocodes), interpréter les charges et les contraintes. - **Outils** : règle, équerre, compas, échelle de réduction, logiciel de DAO (AutoCAD, DraftSight) pour les exercices de classe. > **>** La législation camerounaise (décret MINTP 2005/123) impose l’utilisation des échelles 1/500 pour le plan de masse et 1/200 pour les profils dans tout projet routier soumis à l’agrément du MINTP. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Axe | Ligne théorique centrale d’une route ou d’une voie ferrée. | | Coffrage | Enveloppe temporaire qui maintient le béton frais jusqu’à sa prise. | | Cornière | Profilé métallique en forme de L, utilisé pour les renforts d’angle. | | Dévers | Inclinaison transversal de la chaussée pour faciliter l’écoulement des eaux. | | Étai | Élément vertical réglable servant à soutenir le coffrage pendant le coulage. | | Flèche limite | Déformation maximale admise sous charge de service (souvent L/250). | | Gabarit | Enveloppe spatiale libre que doit respecter un véhicule sur une voie. | | IPE | Profilé en acier à ailes parallèles, hauteur nominale en mm. | | Jeu de démoulage | Espace laissé entre le béton durci et le coffrage pour faciliter son retrait. | | Nœud | Point de rencontre de plusieurs éléments structuraux où se transmettent les efforts. | | Profilé HE | Profilé en acier à ailes larges, utilisé pour colonnes et poutres principales. | | Pression du béton frais | Force exercée par le béton non encore pris sur les parois du coffrage (≈ 4 kN/m²). | | Rayon de courbe (R) | Mesure de la courbure d’un tracé routier en mètres. | | Revêtement antiadhésif | Produit appliqué sur la face intérieure du coffrage pour éviter l’adhérence du béton. | | Tube carré | Profilé métallique creux de section carrée. | | Tube rond | Profilé métallique creux de section circulaire. | --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un plan de coffrage d’une dalle pleine de 0,25 m d’épaisseur destinée au sol d’un atelier de mécanique à Bamenda (extrait fourni par l’entreprise GCAM, 2023). > **>** Le plan indique une échelle 1/50, des panneaux de coffrage en bois de 2,40 m × 1,20 m, épaisseur 20 mm, des étais réglables tous les 0,80 m, et un jeu de démoulage de 12 mm de chaque côté. **Étude pas à pas** 1. **Identifier l’échelle** : 1/50 signifie que 1 cm sur le plan représente 0,50 m réel. Vérifier que les dimensions des panneaux (2,40 m × 1,20 m) sont bien reportées à l’échelle (4,8 cm × 2,4 cm sur le plan). 2. **Déterminer le matériau du coffrage** : Bois traité, épaisseur 20 mm – conforme à la NF P 06-001 pour une dalle de 0,25 m (pression du béton frais ≈ 5 kN/m², résistance du bois suffisante). 3. **Vérifier l’espacement des étais** : 0,80 m entre étais. Selon le tableau de référence, pour une épaisseur de 0,25 m, l’espacement maximal recommandé est 0,90 m ; donc 0,80 m est sûr. 4. **Contrôler le jeu de démoulage** : 12 mm de chaque côté → total 24 mm. La norme recommande un jeu de 10 mm à 15 mm par face pour une épaisseur de 0,20‑0,30 m ; 12 mm est dans la fourchette acceptable. 5. **Repérer les ouvertures** : Le plan montre une réserve de 0,15 m × 0,15 m pour une gaine électrique située à 1,20 m du bord ouest. Vérifier que le coffrage prévoit un découpage correspondant et que les étais sont repositionnés pour maintenir la stabilité autour de l’ouverture. 6. **Légender le dessin** : Ajouter les cotations réelles (longueur 6,00 m, largeur 4,00 m, épaisseur 0,25 m), indiquer le type de bois (pin traité classe 2), préciser l’espacement des étais (0,80 m) et le jeu de démoulage (12 mm). 7. **Conclusion** : Le coffrage présenté respecte les exigences de la NF P 06-001, assure une sécurité suffisante contre la poussée du béton frais et permet un démoulage aisé sans endommager la dalle. > **>** Dans toute étude de coffrage, il faut toujours vérifier trois points : (1) la résistance du matériau face à la pression du béton frais, (2) l’espacement des étais selon l’épaisseur de la dalle, et (3) le jeu de démoulage adapté à l’épaisseur afin d’éviter les fissures de retrait. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Titre** : « L’importance du dessin de coffrage dans la qualité et la sécurité des ouvrages en béton armé au Cameroun ». **Plan détaillé** 1. **Introduction** - Accroche : statistique sur les effondrements dus à un mauvais coffrage (ex. : incident de la dalle du marché de Bafoussam, 2019). - Définition du coffrage et de son rôle. - Annonce du plan : (I) fonctions techniques, (II) impact sur la qualité de surface, (III) aspects économiques et sécuritaires. 2. **I. Fonctions techniques du coffrage** - Maintien de la géométrie, résistance à la pression du béton frais, facilité de mise en place des armatures. - Exemple : voiles de retenue du barrage de Lagdo (coffrage métallique, pression 4 kN/m²). 3. **II. Influence sur la qualité de surface et la durabilité** - Finition lisse, réduction des reprises, limitation des fissures de retrait. - Étude de cas : dalle du centre de conférence Yaoundé (jeu de démoulage 12 mm, surface Ra < 10 µm). 4. **III. Aspects économiques et sécuritaires** - Réduction du temps de démoulage, réutilisation du coffrage métallique, baisse des déchets. - Analyse de risque : effondrement du coffrage → conséquences humaines et financières (ex. : accident de la voie ferrée de Ngaoundéré, 2016). 5. **Conclusion** - Synthèse : le dessin de coffrage est un maillon essentiel de la chaîne qualité‑sécurité‑coût. - Ouverture : évolution vers les coffrages intelligents (capteurs de pression, matériaux composites). ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Extrait d’un plan routier montrant le profil en long du tronçon Yaoundé‑Édéa (RN 1) avec une pente maximale de 5,8 % sur 1,2 km et un rayon de courbe de 250 m à l’approche de la ville de Édéa. **Plan de commentaire** 1. **Contextualisation** - Présenter le projet RN 1 (objectif de doublement, année de lancement 2012, longueur 45 km). - Situer l’extrait (pk 12,3‑pk 13,5). 2. **Description du document** - Identifier les éléments : axe, cote d’altitude, pente en ‰, rayon de courbe, points de repère (virage, ouvrage d’art). - Noter l’échelle utilisée (1/200) et les unités (m pour les distances, % pour la pente). 3. **Analyse technique** - Vérifier la conformité de la pente maximale avec la réglementation camerounaise (arrêté MINTP 024/2019 : pente ≤ 6 % pour voie de catégorie B). - Calculer la longueur de la courbe réelle à partir du rayon (L ≈ R·θ, avec θ en radian) et comparer à la longueur indiquée sur le plan (1,2 km). - Discuter de l’impact de la pente sur la consommation de carburant et la sécurité (distance de freinage). 4. **Interprétation des choix de conception** - Justifier le choix d’un rayon de 250 m (contraintes topographiques, présence d’une rivière). - Expliquer la nécessité d’un palier de repos (non visible sur l’extrait mais présent dans le projet complet). 5. **Évaluation critique** - Souligner les points forts : respect des normes, bonne visibilité, intégration paysagère. - Mentionner les limites : absence de bande d’arrêt d’urgence, besoin d’un revêtement anti‑dérapant fort en raison de la forte pente. 6. **Conclusion** - Le profil en long présenté répond aux exigences techniques et sécuritaires pour une voie de catégorie B, tout en tenant compte des contraintes locales. - Ouverture : proposition d’amélioration (ajout d’une voie de secours, revêtement drainant). ### Sujet 3 – Question de cours **Question** : « Définir le terme « jeu de démoulage » et expliquer son influence sur la qualité du béton armé. Illustrer votre réponse par un exemple concret tiré d’un ouvrage camerounais. » **Plan de réponse** 1. **Définition** - Jeu de démoulage : espace laissé entre le béton durci et le coffrage afin de faciliter le retrait du coffrage sans endommager la surface du béton. - Valeur typique : 10 mm à 15 mm par face, fonction de l’épaisseur de l’élément et du matériau du coffrage. 2. **Influence sur la qualité** - Trop petit → risque d’accrochage, arrachement de granulats, fissures de retrait en surface. - Trop important → perte de précision dimensionnelle, besoin de reprises de maçonnerie, aspect esthétique dégradé. - Influence sur l’étanchéité (joints trop larges peuvent devenir des voies d’infiltration). 3. **Exemple camerounais** - Ouvrage : dalle du marché central de Yaoundé (épaisseur 0,20 m, coffrage en bois traité, jeu de démoulage de 12 mm de chaque côté). - Résultat : surface lisse (Ra ≈ 8 µm), aucune fissure de retrait observée après 6 mois d’exposition, démoulage réalisé en moins de 30 min par panneau sans endommager les bordures. - Contraste : hypothèse d’un jeu de 5 mm aurait entraîné des arrachements de granulats et un temps de démoulage doublé. 4. **Conclusion** - Le jeu de démoulage est un paramètre clé du dessin de coffrage ; son choix doit résulter d’un compromis entre facilité de décoffrage et préservation de la qualité de surface du béton armé. --- ## Erreurs fréquentes | Erreur fréquente | Explication | Consigne pour l’élève | |------------------|-------------|-----------------------| | Confondre **échelle du plan de masse** (1/500) avec celle du **profil en long** (1/200) et appliquer la mauvaise échelle aux cotes. | Chaque élément du projet routier possède une échelle spécifique liée à son usage. | Toujours vérifier la légende du plan avant de reporter une dimension. | | Oublier le **jeu de démoulage** lors du dessin du coffrage, ce qui entraîne des difficultés de décoffrage et des dégâts sur le béton. | Le jeu de démoulage est indispensable pour éviter l’accrochage du béton durci au coffrage. | Indiquer systématiquement le jeu de démoulage (ex. : 12 mm de chaque côté) dans la légende du coffrage. | | Utiliser un **profilé IPE** comme colonne alors qu’il est destiné principalement aux poutres, sous-estimant le moment d’inertie nécessaire. | Les profilés HE offrent un moment d’inertie plus élevé autour de l’axe vertical, adapté aux colonnes. | Vérifier la fonction (poutre vs colonne) avant de choisir le profilé ; consulter les tableaux de propriétés des profilés. | | Négliger la **pression du béton frais** dans le calcul de l’espacement des étais, conduisant à un sous‑dimensionnement du coffrage. | La pression dépend de l’hauteur de coulée et du taux de prise ; elle peut dépasser 4 kN/m² pour des dalles épaisses. | Appliquer la formule P = γ·h·(1‑e^(‑k·t)) ou utiliser les tableaux de la NF P 06-001 pour déterminer l’espacement maximal des étais. | | Dessiner une **coupé transversale** d’une route sans représenter le **dévers**, ce qui fausse l’interprétation de l’écoulement des eaux. | Le dévers est essentiel pour la conception du revêtement et du drainage. | Toujours ajouter une cote de dévers (ex. : e = 2 %) et représenter l’inclinaison de la chaussée sur la coupe. | | Confondre **boulon de haute résistance** (classe 8.8/10.9) avec un boulon ordinaire et sous‑estimer la capacité de cisaillement. | Les boulons de classe 8.8 ont une limite élastique de 800 MPa, bien supérieure à celle d’un boulon classique (≈ 400 MPa). | Vérifier la classe du boulon dans la nomenclature du dessin et appliquer les valeurs de résistance adéquates aux vérifications. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principal objectif d'un plan routier dans un projet de voirie ?
  2. 2. Quel est le rôle principal du coffrage en béton armé ?
  3. 3. Dans une structure métallique, un portique est principalement caractérisé par :
  4. 4. Sur un plan routier à l'échelle 1:500, un tronçon mesure 4,2 cm. Quelle est sa longueur réelle ?
  5. 5. Quel volume de béton est nécessaire pour réaliser une semelle isolée de dimensions 0,6 m × 0,4 m et d'une hauteur de 0,25 m ?
  6. 6. Une poutre métallique de portée 6 m supporte une charge uniformément répartie de 15 kN/m. En appui simple, quel est le moment fléchissant maximal ?
  7. 7. La pression du béton frais à la base d'un coffrage de hauteur 3 m se calcule par p = γh avec γ = 24 kN/m³. Quelle est cette pression ?
  8. 8. Sur un profil en long, la différence d'altitude entre deux points distants de 200 m est de 8 m. Quelle est la pente en pourcentage ?
  9. 9. Un portique métallique comporte deux colonnes de 5 m de hauteur fixées à la base et une portée de 8 m soumise à une charge ponctuelle de 20 kN au milieu. En négligeant la déformation axiale, quelle est la réaction verticale au niveau de chaque appui de colonne ?
  10. 10. Dans un tracé routier, un rayon de courbure de 150 m est associé à une vitesse de conception de 80 km/h. En utilisant la formule e = V² / (127 R) (V en km/h, R en m), quelle est la surélévation requise exprimée en pourcentage ?