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Chapitre 3

Représentation des menuiseries intérieures (partie 1/2)

Lecture : 12 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Définir et distinguer les escaliers droits, à marches balancées et tournants. - Réaliser les tracés géométriques nécessaires à leur représentation en plan, élévation et coupe. - Appliquer les règles de dimensionnement (hauteur de marche, giron, largeur minimale) conformément au règlement camerounais de la construction. - Identifier les éléments constitutifs (limon, marche, contremarque, rampe, main‑courante) et les représenter avec les conventions du dessin technique. - Analyser un document technique (plan ou coupe) comportant un escalier et en extraire les informations nécessaires à sa réalisation. **Prérequis** : Maîtrise du dessin en orthogonal (plan, élévation, coupe), connaissance des échelles usuelles (1/50, 1/100), notions de géométrie descriptive (droites parallèles, perpendiculaires, angles droits), vocabulaire de base du bâtiment (mur, dalle, poteau, poutre). ## Introduction contextualisée Dans les bâtiments camerounais, qu’ils soient résidentiels, administratifs ou scolaires, l’escalier constitue un élément de circulation verticale indispensable. Son conception doit allier sécurité, ergonomie et intégration esthétique. Le programme officiel de la série IGE du MINESEC insiste sur la représentation des menuiseries intérieures, dont les escaliers font partie, afin de préparer les futurs techniciens du bâtiment à lire et produire des plans conformes aux normes du MINESEC/IGE. Ce chapitre aborde trois familles d’escaliers : droits, à marches balancées et tournants, en s’appuyant sur des exemples locaux (maisons à Yaoundé, écoles à Douala, centres de santé à Bamenda) pour ancrer les notions dans le vécu des élèves. ## I. Les escaliers droits ### A. Définition et typologie > Un escalier droit est une succession de marches alignées sur une même ligne de foulée, sans changement de direction. Il se compose d’un limon central ou de deux limons latéraux, de marches, de contremarches éventuelles, d’une rampe et d’une main‑courante. ### B. Géométrie et calcul - **Hauteur de marche (h)** : généralement entre 16 cm et 18 cm (norme camerounaise : 17 cm ± 2 cm). - **Giron (g)** : profondeur de la marche, compris entre 24 cm et 30 cm (g + 2h ≈ 60 à 65 cm, règle du pas). - **Nombre de marches (n)** : n = Htot / h (arrondi à l’entier supérieur), où Htot est la hauteur totale à franchir. - **Longueur de l’escalier (L)** : L = n × g. - **Largeur minimale** : 0,90 m pour un usage résidentiel, 1,20 m pour un usage collectif. ### C. Exemples concrets camerounais - Maison traditionnelle à Bafoussam : escalier en bois de iroko, h = 17 cm, g = 26 cm, n = 14 pour un étage de 2,38 m. - Lycée bilingue de Ngaoundéré : escalier en béton armé, h = 18 cm, g = 28 cm, largeur 1,20 m, revêtement antidérapant. ### Tableau récapitulatif – Escaliers droits | Élément | Valeur typique | Unité | Commentaire | |---------|----------------|-------|-------------| | Hauteur de marche | 17 | cm | Variable 16‑18 cm | | Giron | 26 | cm | Variable 24‑30 cm | | Nombre de marches | Htot / h | – | Arrondi à l’entier supérieur | | Largeur minimale | 0,90 | m | Résidentiel | | Largeur minimale collective | 1,20 | m | Établissements scolaires | ## II. Les escaliers à marches balancées ### A. Définition > Un escalier à marches balancées (ou à quart tournant balancé) présente un changement de direction de 90° réalisé par des marches dont le giron varie progressivement, permettant une transition douce sans palier intermédiaire. ### B. Géométrie et calcul - Le tracé se fait sur un plan en développant la ligne de foulée en une courbe (souvent un quart de cercle ou une ellipse). - Le giron moyen (gm) reste compris entre 24 cm et 30 cm ; les marches intérieures ont un giron réduit, les extérieures un giron augmenté. - La hauteur de marche reste constante (h). - Le rayon de courbe (R) est choisi en fonction de l’encombrement disponible : R ≈ (Ltot / (π/2)) pour un quart de cercle. - La longueur de la ligne de foulée (Lf) = n × gm. ### C. Exemples concrets africains - Centre de santé de Garoua : escalier en béton à marches balancées en quartzite, h = 17 cm, gm = 26 cm, R = 1,20 m, permettant un gain de place de 0,40 m par rapport à un droit. - Hôtel de luxe à Kribi : escalier en marbre avec marches balancées, revêtement antidérapant, largeur 1,20 m (conforme aux normes collectives). ### Tableau récapitulatif – Escaliers à marches balancées | Paramètre | Valeur usuelle | Unité | Remarque | |-----------|----------------|-------|----------| | Hauteur de marche | 17 | cm | Constante | | Giron moyen | 26 | cm | Variable selon la position | | Rayon de courbe | 1,00‑1,50 | m | Dépend de l’encombrement | | Nombre de marches | Htot / h | – | Même calcul que droit | | Largeur minimale | 0,90 | m | Résidentiel | | Largeur minimale collective | 1,20 | m | Établissements publics | ## III. Les escaliers tournants ### A. Définition > Un escalier tournant réalise un changement de direction de 90° (quart tournant) ou 180° (demi‑tournant) grâce à la présence d’un palier intermédiaire ou de marches en rayon continu. ### B. Géométrie et calcul #### 1. Quart tournant avec palier - Palier carré ou rectangulaire, côté généralement égal à la largeur de l’escalier. - Deux volées droites de même hauteur de marche (h) et de giron (g). - Hauteur de chaque volée : Hvolée = Htot / 2. - Nombre de marches par volée : nvolée = Hvolée / h (arrondi à l’entier supérieur). #### 2. Demi‑tournant sans palier (en hélice) - Marche en rayon continu, giron variable, souvent conçu sur un cylindre de rayon R. - La ligne de foulée forme une hélice : pas = h, développée sur un cercle de rayon R. - Longueur de la ligne de foulée : Lf = √[(2πR)² + (nh)²] (où n est le nombre total de marches). ### C. Exemples concrets camerounais - École primaire de Maroua : escalier en béton quart tournant avec palier de 1,00 m, h = 17 cm, g = 26 cm, deux volées de 12 marches chacune. - Administration régionale de Bertoua : escalier demi‑tournant en acier, h = 18 cm, rayon moyen 0,80 m, 20 marches, utilisé pour gagner de l’espace dans un couloir étroit. ### Tableau récapitulatif – Escaliers tournants | Type | Caractéristique principale | Valeur typique | Unité | |------|----------------------------|----------------|-------| | Quart tournant avec palier | Palier carré | côté = largeur d’escalier | m | | Quart tournant avec palier | Hauteur de marche | 17 | cm | | Quart tournant avec palier | Giron | 26 | cm | | Demi‑tournant hélicoïdal | Rayon moyen | 0,80‑1,20 | m | | Demi‑tournant hélicoïdal | Hauteur de marche | 18 | cm | | Demi‑tournant hélicoïdal | Nombre de marches | Htot / h | – | | Largeur minimale (tous) | Résidentiel | 0,90 | m | | Largeur minimale (tous) | Collectif | 1,20 | m | ## Synthèse du chapitre - **Escaliers droits** : marches alignées, calcul simple h + g ≈ 60‑65 cm, largeur ≥ 0,90 m (résidentiel) ou ≥ 1,20 m (collectif). - **Escaliers à marches balancées** : changement de direction de 90° sans palier, giron variable, rayon de courbe adapté, même hauteur de marche. - **Escaliers tournants** : quart tournant avec palier ou demi‑tournant hélicoïdal, permettent de réduire l’encombrement au sol tout en respectant les normes de confort. - **Règles communes** : hauteur de marche 16‑18 cm, giron 24‑30 cm, pas (g + 2h) ≈ 60‑65 cm, largeur minimale selon l’usage. - **Représentation** : plan (trace de la ligne de foulée, limites des marches, limons), élévation (hauteur des marches, épaisseur des contremarches), coupe (épaisseur du limon, détail de la rampe). ## Glossaire - **Limon** : pièce structurale (latérale ou centrale) supportant les marches d’un escalier. - **Marche** : élément horizontal sur lequel on pose le pied. - **Contremarche** : partie verticale entre deux marches (peut être absente dans les escaliers à jour). - **Giron** : profondeur horizontale de la marche. - **Hauteur de marche (h)** : distance verticale entre le dessus de deux marches consécutives. - **Pas** : somme g + 2h, valeur confortable entre 60 et 65 cm. - **Palier** : plateforme horizontale permettant de changer de direction ou de se reposer. - **Rampe** : élément incliné qui soutient la main‑courante (ou sert de garde‑corps). - **Main‑courante** : barre fixée sur la rampe pour se tenir. - **Enveloppe** : volume occupé par l’escalier dans le bâtiment. - **Hélice** : courbe tridimensionnelle formée par la ligne de foulée d’un escalier tournant sans palier. - **Quart tournant** : changement de direction de 90° réalisé par un palier ou des marches balancées. - **Demi‑tournant** : changement de direction de 180°, avec ou sans palier. - **Largeur minimale** : dimension réglementaire garantissant la sécurité et l’accessibilité. ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un plan d’étage d’une école secondaire à Yaoundé (échelle 1/50) montrant un escalier en béton armé situé entre deux ailes du bâtiment. L’escalier présente un quart tournant avec un palier carré de 1,00 m de côté, deux volées de 13 marches chacune, hauteur de marche 17 cm, giron 26 cm, largeur totale 1,20 m. La rampe est en acier peint, main‑courante en bois traité. **Analyse pas à pas** : 1. Identifier l’échelle : 1 cm sur le plan représente 0,50 m réel. 2. Mesurer la largeur de l’escalier sur le plan : 2,4 cm → 2,4 × 0,50 = 1,20 m (conforme à la norme collective). 3. Déterminer la hauteur totale à franchir : lecture de la cote d’étage indique 3,50 m. 4. Calculer le nombre de marches théorique : n = 350 cm / 17 cm ≈ 20,6 → on arrondit à 21 marches. Le plan montre 26 marches (13 + 13) ; cela implique une hauteur de marche réelle de 350 / 26 ≈ 13,5 cm, ce qui est inférieur à la norme. On constate donc une erreur de représentation : soit la cote d’étage est mal reportée, soit les marches sont sous‑dimensionnées. 5. Vérifier le giron : sur le plan, la longueur d’une volée mesure 6,5 cm → 6,5 × 0,50 = 3,25 m. Avec 13 marches, giron = 325 / 13 ≈ 25 cm, conforme. 6. Contrôler le palier : côté mesuré 2,0 cm → 1,00 m réel, conforme à la largeur de l’escalier. 7. Conclusion : le document présente une incohérence entre la hauteur totale et la hauteur de marche indiquée ; il faut soit augmenter la hauteur de marche à 17 cm (réduire le nombre de marches à 21) soit revoir la cote d’étage. Cette analyse illustre l’importance de vérifier la cohérence des cotes avant de passer à la réalisation. ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « L’escalier, élément de sécurité et d’esthétique dans l’architecture camerounaise : analyse des normes et des pratiques ». **Plan détaillé** : I. L’escalier comme élément de circulation obligatoire A. Fonctionnelle : liaison verticale, accès aux secours. B. Réglementaire : références au décret n° 2005/322 du MINTP sur les escaliers d’usage collectif. II. Les normes de confort et de sécurité A. Hauteur de marche, giron, pas, largeur minimale. B. Exemples d’application dans les écoles publiques (cas de Yaoundé et Douala). III. L’esthétique et l’intégration culturelle A. Utilisation de matériaux locaux (bois d’iroko, pierre de laterite). B. Influence des traditions architecturales (cases à toit de chaume, escaliers extérieurs). IV. Enjeux contemporains A. Accessibilité pour personnes à mobilité réduite (rampe, largeur accrue). B. Durabilité et entretien dans le climat tropical. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Intitulé** : Commenter le plan d’un escalier à marches balancées extrait d’un projet de centre de santé à Garoua (échelle 1/100). **Plan détaillé** : 1. Présentation du document : échelle, orientation, légende. 2. Description géométrique : ligne de foulée en quart de cercle, rayon 1,10 m, hauteur de marche 17 cm, giron moyen 26 cm. 3. Vérification de la conformité aux normes : calcul du nombre de marches, largeur, hauteur totale. 4. Analyse des choix techniques : matériau (béton armé avec granulats locaux), finition antidérapante, rampe en acier galvanisé. 5. Appréciation de l’intégration fonctionnelle : gain de place, flux de patients, accessibilité. 6. Conclusion : pertinence du choix balancé pour un bâtiment de santé en zone urbaine dense. ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : « Définir le terme « giron » et expliquer son rôle dans le dimensionnement d’un escalier droit. Donner la formule permettant de vérifier le confort du pas et appliquer-la à un exemple numérique. » **Plan de réponse** : - Définition du giron (profondeur horizontale de la marche). - Rôle : déterminer l’espace disponible pour le pied, influencer la pente de l’escalier. - Formule du pas : P = g + 2h ; confort si 60 cm ≤ P ≤ 65 cm. - Exemple : h = 17 cm, g = 26 cm → P = 26 + 2×17 = 60 cm → conforme. - Conséquence d’un giron trop petit ou trop grand sur la sécurité et la fatigue. ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre hauteur de marche et hauteur de contremarche** : certains élèves ajoutent l’épaisseur de la contremarche à la hauteur de marche, faussant le calcul du nombre de marches. 2. **Oublier la règle du pas (g + 2h)** : ils calculent seulement h ou g séparément, aboutissant à des escaliers trop raides ou trop plats. 3. **Mettre la largeur de l’escalier égale à celle du limon** : ils négligent l’épaisseur du revêtement ou de la main‑courante, conduisant à une sous‑estimation de l’encombrement réel. 4. **Interpréter mal le palier d’un quart tournant** : ils considèrent le palier comme une marche supplémentaire, augmentant inutilement le nombre de marches. 5. **Ne pas convertir les unités lorsqu’on travaille à l’échelle** : ils lisent directement les mesures sur le plan sans appliquer le facteur d’échelle, produisant des valeurs irréalistes. 6. **Utiliser un giron constant dans un escalier à marches balancées** : ils oublient que le giron varie le long de la courbe, ce qui fausse le tracé de la ligne de foulée. --- Fin du cours.

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'un escalier droit selon le programme de dessin des ouvrages ?
  2. 2. Comment appelle-t-on une marche dont le nez dépasse légèrement le contour de la marche précédente, afin d'améliorer la sécurité de la descente ?
  3. 3. Dans le vocabulaire de l'escalier, que désigne le terme 'giron' ?
  4. 4. Un escalier doit franchir une hauteur totale de 2,80 m. Si la hauteur de marche souhaitée est de 18 cm, quel est le nombre de marches nécessaires (en arrondissant à l'entier supérieur) ?
  5. 5. Pour un escalier droit comportant 14 marches, la hauteur totale à franchir est de 2,66 m. Quelle est la hauteur de chaque marche (en cm) ?
  6. 6. Dans un escalier à marches balancées, le débordement du nez de marche est généralement fixé à 2 cm. Si la profondeur de marche (giron) est de 28 cm, quelle est la longueur utile de la marche (du nez au nez de la marche suivante) ?
  7. 7. Un escalier tournant (quart de tour) doit effectuer un changement de direction de 90°. Si la largeur de la volée est de 90 cm et que le rayon intérieur du tournant est de 30 cm, quel est le rayon extérieur approximatif du tournant ?
  8. 8. Pour respecter la norme de hauteur libre minimale sous l'escalier (2,10 m), quel est le dégagement vertical nécessaire au-dessus de la marche la plus haute si l'épaisseur du dallage de marche est de 2 cm et le revêtement de sol fini ajoute 1,5 cm ?
  9. 9. Un projet prévoit un escalier droit avec une hauteur totale de 2,70 m et un giron de 28 cm. La réglementation exige que la pente (rapport hauteur/giron) soit comprise entre 0,55 et 0,65. L'escalier proposé respecte-t-il cette exigence ?
  10. 10. Sur un plan d'escalier tournant représenté en coupe, on observe que le palier intermédiaire est tracé avec une épaisseur de 5 cm alors que l'épaisseur réelle du dallage est de 15 cm. Quelle conséquence cela peut-il avoir sur la lecture du dessin ?