Chapitre 3
Dosage des glucides et dérivés (partie 1/3)
Lecture : 16 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Réaliser un dosage acido‑basique de l’acide citrique dans un jus d’orange en respectant les bonnes pratiques de laboratoire.
- Interpréter les résultats obtenus et les comparer aux normes de qualité des jus de fruits au Cameroun.
- Mettre en œuvre un dosage volumétrique des sucres réducteurs (méthode de Fehling) sur un échantillon de fruit frais.
- Effectuer le calcul de la concentration en acide citrique et en sucres réducteurs, en exprimant les résultats en g / 100 mL ou en % masse/volume.
- Rédiger un compte‑rendu d’analyse conforme aux exigences du contrôle qualité en industrie agroalimentaire.
**Prérequis :**
- Notions de base en chimie analytique (mol, molarité, équivalence, indicateur colorimétrique).
- Manipulation de verrerie volumétrique (pipette, burette, flask jaugé).
- Connaissances des règles d’hygiène et de sécurité en laboratoire (port du blouse, lunettes, manipulation des produits chimiques).
- Utilisation d’une balance analytique (précision 0,01 g).
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## Introduction contextualisée
Dans le secteur agroalimentaire camerounais, le contrôle qualité des jus de fruits et des produits à base de fruits est essentiel pour garantir la conformité aux normes du **MINCOMMERCE** et répondre aux attentes des consommateurs. L’acide citrique, principal acide organique du jus d’orange, influence le goût, la stabilité microbiologique et la durée de conservation. Les sucres réducteurs (glucose, fructose) déterminent la valeur énergétique et la tendance au brunissement lors de la transformation.
Le présent chapitre propose deux dosages classiques, largement utilisés en laboratoire de contrôle qualité :
1. **Dosage acido‑basique** de l’acide citrique par titration avec une solution étalon de NaOH, utilisant le phénolphtaléine comme indicateur.
2. **Dosage volumétrique** des sucres réducteurs par réaction de Fehling (solution alcaline contenant du sulfate de cuivre(II) complexé par le tartrate), suivie d’une titration au thiosulfate de sodium après réduction du Cu²⁺ en Cu⁺ (précipité d’oxyde de cuivre(I) rouge).
Ces méthodes permettent d’obtenir des résultats rapides, reproductibles et économiquement viables, adaptés aux contraintes des petites et moyennes entreprises (PME) agroalimentaires du Cameroun.
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## I. Dosage acido-basique de l’acide citrique du jus d’orange
### 1. Principe du dosage
L’acide citrique (C₆H₈O₇) est un acide triprotique. En milieu aqueux, il réagit avec la hydroxyde de sodium selon l’équation globale :
\[
\text{C}_6\text{H}_8\text{O}_7 + 3\,\text{NaOH} \rightarrow \text{Na}_3\text{C}_6\text{H}_5\text{O}_7 + 3\,\text{H}_2\text{O}
\]
Le point d’équivalence est détecté par le changement de couleur de la phénolphtaléine (incolore → rose pâle) à pH ≈ 8,2–10,0.
### 2. Réactifs et matériel
| Réactif / Matériel | Spécification | Usage |
|--------------------|---------------|-------|
| Jus d’orange frais | Filtré, 25 mL | Échantillon à analyser |
| Solution NaOH 0,100 N | Étalonné contre KHP | Réactif de titration |
| Phénolphtaléine 1 % | Solution alcoolique | Indicateur |
| Burette de 25 mL | Précision 0,05 mL | Distribution NaOH |
| Pipette jaugée 25 mL | Précision 0,02 mL | Prélèvement jus |
| Erlenmeyer 250 mL | – | Réaction |
| Agitateur magnétique | – | Homogénéisation |
| Balance analytique | 0,01 g | Pesée éventuelle de solide |
### 3. Protocole expérimental pas à pas
1. **Préparation de l’échantillon** : Filtrer 25 mL de jus d’orange à l’aide d’un filtre papier ; transférer dans un Erlenmeyer propre.
2. **Ajout de l’indicateur** : Verser 2 mL de phénolphtaléine 1 % ; la solution reste incolore.
3. **Titration** : Remplir la burette avec la solution NaOH 0,100 N. Ajouter le NaOH goutte à goutte sous agitation jusqu’à apparition d’une couleur rose pâle qui persiste au moins 30 s. Noter le volume V_NaOH consommé.
4. **Blank** : Réaliser une titration identique avec de l’eau distillée (25 mL) pour corriger l’éventuelle acidité de l’indicateur.
5. **Nettoyage** : Rincer la verrerie à l’eau distillée, puis à l’acétone si nécessaire.
### 4. Calcul du résultat
La quantité de NaOH consommée (en équivalents) est :
\[
n_{\text{NaOH}} = C_{\text{NaOH}} \times V_{\text{NaOH}} \quad (\text{mol})
\]
Comme 1 mol d’acide citrique réagit avec 3 mol de NaOH :
\[
n_{\text{acide citrique}} = \frac{n_{\text{NaOH}}}{3}
\]
La concentration en acide citrique (g / 100 mL) s’obtient par :
\[
\%\,\text{acide citrique} = \frac{n_{\text{acide citrique}} \times M_{\text{C}_6\text{H}_8\text{O}_7} \times 100}{V_{\text{échantillon}} (\text{mL})}
\]
où \(M_{\text{C}_6\text{H}_8\text{O}_7}=192,12\ \text{g mol}^{-1}\) et \(V_{\text{échantillon}}=25\ \text{mL}\).
### 5. Exemple chiffré entièrement résolu
- Volume de NaOH utilisé : **V_NaOH = 18,4 mL**
- Concentration NaOH : **C_NaOH = 0,100 N**
\[
n_{\text{NaOH}} = 0,100\ \text{mol L}^{-1} \times 0,0184\ \text{L}=1,84\times10^{-3}\ \text{mol}
\]
\[
n_{\text{acide citrique}} = \frac{1,84\times10^{-3}}{3}=6,13\times10^{-4}\ \text{mol}
\]
\[
\%\,\text{acide citrique}= \frac{6,13\times10^{-4}\ \text{mol}\times192,12\ \text{g mol}^{-1}\times100}{25\ \text{mL}}
=0,47\ \text{g / 100 mL}=0,47\%
\]
Le jus d’orange analysé contient donc **0,47 % d’acide citrique**, valeur conforme aux standards camerounais (0,3–0,6 %).
### 6. Normes de sécurité/hygiène
> **Porter en permanence blouse de laboratoire, lunettes de protection et gants nitrile lors de la manipulation de NaOH (corrosif).**
> **En cas de contact avec la peau, rincer abondamment à l’eau pendant au moins 15 min et consulter un médecin.**
> **Ne jamais pipetter à la bouche ; utiliser toujours une poire ou un dispositif de pipetage sécurisé.**
> **Éliminer les déchets basiques dans le récipient dédié aux déchets alcalins, conformément à la procédure interne de l’établissement.**
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## II. Activités d’intégration
### 1. Objectif de l’activité
Mettre en situation professionnelle le technicien de contrôle qualité qui doit réaliser, en une seule séance, le dosage de l’acide citrique **et** celui des sucres réducteurs sur un même échantillon de fruit (orange ou mangue), puis interpréter les résultats pour décider de la conformité du lot.
### 2. Mise en situation professionnelle
Une unité de transformation de jus de fruits située à Yaoundé reçoit un lot de 500 kg d’oranges fraîches. Le responsable qualité demande :
- Vérifier que l’acide citrique se situe entre 0,30 % et 0,60 % (masse/volume).
- S’assurer que le taux de sucres réducteurs ne dépasse pas 12 % (masse/volume), seuil au-delà duquel le risque de fermentation non maîtrisée augmente.
Le technicien doit préparer deux aliquotes de 25 mL de jus filtré, réaliser les deux dosages, consigner les données et produire un rapport de conformité.
### 3. Réalisation du dosage complet (acide citrique + sucres réducteurs)
| Étape | Action | Temps estimé |
|-------|--------|--------------|
| A | Préparation du jus (filtration, homogénéisation) | 10 min |
| B | Dosage acido‑basique (NaOH + phénolphtaléine) | 15 min |
| C | Dosage des sucres réducteurs (Fehling + titration thiosulfate) | 20 min |
| D | Calculs et interprétation | 10 min |
| E | Rédaction du rapport | 10 min |
| **Total** | | **≈ 65 min** |
### 4. Analyse des résultats et interprétation
Supposons les mesures suivantes obtenues sur le même échantillon :
- **Dosage acide citrique** : V_NaOH = 16,2 mL → % acide citrique = 0,41 %
- **Dosage sucres réducteurs** : V_thiosulfate = 5,0 mL (solution Na₂S₂O₃ 0,100 N) → % sucres réducteurs = 0,18 %
Interprétation :
- L’acide citrique (0,41 %) est dans l’intervalle autorisé → **conforme**.
- Les sucres réducteurs (0,18 %) sont en dessous de la limite de 12 % → **conforme**.
Le lot peut donc être accepté pour la production de jus.
### 5. Encadrés « à retenir »
> **La phénolphtaléine change de couleur entre pH 8,2 et 10,0 ; elle est adaptée aux titrages d’acides faibles avec une base forte.**
> **Dans la réaction de Fehling, chaque mole de sucre réducteur réduit deux moles de Cu²⁺ en Cu⁺, qui précipite ensuite sous forme d’oxyde de cuivre(I) rouge.**
> **Le facteur de dilution doit être pris en compte lorsque l’échantillon est prélevé à partir d’un jus concentré ou dilué.**
> **Toute manipulation de solutions alcalines concentrées nécessite le port de gants résistants aux produits chimiques.**
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## III. Dosage volumétrique des sucres réducteurs dans un fruit
### 1. Principe (réaction de Fehling)
Le réactif de Fehling est constitué de deux solutions :
- **Solution A** : sulfate de cuivre(II) pentahydraté (CuSO₄·5H₂O) 0,05 M en milieu aqueux.
- **Solution B** : hydroxyde de potassium (KOH) 0,3 M + tartrate de potassium et de sodium (sel de Rochelle) 0,3 M, qui maintient le Cu²⁺ en solution sous forme de complexe tartraté.
Lors du chauffage, le sucre réducteur (aldéhyde ou cétone capable d’oxydo‑réduction) réduit le complexe Cu²⁺‑tartrate en Cu⁺, qui précipite sous forme d’oxyde de cuivre(I) (Cu₂O) rouge. L’excès de Cu²⁺ restant est ensuite libéré par ajout d’iodure de potassium (KI) :
\[
2\,\text{Cu}^{2+} + 4\,\text{I}^- \rightarrow 2\,\text{CuI}\,(s) + \text{I}_2
\]
L’iode ainsi formé est titré avec une solution étalon de thiosulfate de sodium (Na₂S₂O₃) en présence d’amidon comme indicateur :
\[
\text{I}_2 + 2\,\text{S}_2\text{O}_3^{2-} \rightarrow 2\,\text{I}^- + \text{S}_4\text{O}_6^{2-}
\]
Réaction globale de réduction :
\[
\text{R‑CHO} + 2\,\text{Cu}^{2+} + 5\,\text{OH}^- \rightarrow \text{R‑COO}^- + \text{Cu}_2\text{O}\downarrow + 3\,\text{H}_2\text{O}
\]
Titrage du thiosulfate :
\[
\text{I}_2 + 2\,\text{S}_2\text{O}_3^{2-} \rightarrow 2\,\text{I}^- + \text{S}_4\text{O}_6^{2-}
\]
### 2. Réactifs et matériel
| Réactif / Matériel | Spécification | Usage |
|--------------------|---------------|-------|
| Jus de fruit filtré | 25 mL | Échantillon |
| Solution Fehling A (CuSO₄·5H₂O 0,05 M) | – | Source de Cu²⁺ |
| Solution Fehling B (KOH 0,3 M + tartrate 0,3 M) | – | Milieu alcalin complexeant |
| Solution Na₂S₂O₃ 0,100 N | Étalonné contre K₂Cr₂O₇ | Titrage du Cu²⁺ résiduel |
| KI 10 % | – | Libération d’I₂ pour indicateur |
| Amidon 1 % | – | Indicateur du iode (bleu‑noir) |
| Burettes 25 mL | Précision 0,05 mL | Distribution Fehling & thiosulfate |
| Pipette jaugée 25 mL | Précision 0,02 mL | Prélèvement jus |
| Ballon de réaction 250 mL | – | Chauffage du mélange |
| Plaque chauffante avec agitation | – | Ébullition contrôlée |
| Chronomètre | – | Temps de réaction (5 min) |
| Balance analytique | 0,01 g | Pesée éventuelle de solide |
### 3. Protocole
1. **Préparation du mélange réactionnel** : Dans un ballon de 250 mL, verser 10 mL de solution Fehling A et 10 mL de solution Fehling B. Ajouter 25 mL de jus de fruit filtré. Mélanger.
2. **Chauffage** : Porter à ébullition douce sous agitation pendant exactement **5 min** (chronométré). Un précipité rouge de Cu₂O doit apparaître.
3. **Refroidissement** : Refroidir le ballon sous l’eau du robinet jusqu’à ≈ 25 °C.
4. **Ajout du KI et de l’amidon** : Verser 5 mL de KI 10 % puis 1 mL d’amidon 1 % ; la solution devient bleu‑noir si du iode libre est présent.
5. **Titrage au thiosulfate** : Titrer immédiatement avec la solution Na₂S₂O₃ 0,100 N jusqu’à disparition de la couleur bleu‑noir. Noter le volume V_thio consommé.
6. **Blank** : Réaliser le même procédé avec de l’eau distillée à la place du jus pour corriger l’absorbance du réactif.
### 4. Calcul du taux de sucres réducteurs
La quantité initiale de Cu²⁺ apportée par le réactif de Fehling est :
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{initial}} = C_{\text{Fehling}} \times V_{\text{Fehling}}
\]
où \(C_{\text{Fehling}} = 0,05\ \text{mol L}^{-1}\) et \(V_{\text{Fehling}} = V_A + V_B = 10\ \text{mL} + 10\ \text{mL} = 20\ \text{mL} = 0,020\ \text{L}\).
Après réaction avec le sucre réducteur, l’excès de Cu²⁺ est libéré sous forme d’I₂ par ajout de KI, puis titré par le thiosulfate. Selon les équations ci‑dessus, chaque mole d’I₂ consomme 2 moles de thiosulfate, et chaque mole d’I₂ provient de 2 moles de Cu²⁺ excédentaire. Ainsi, chaque mole de thiosulfate consommée correspond à une mole de Cu²⁺ excédentaire :
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{excès}} = n_{\text{thio}} = C_{\text{thio}} \times V_{\text{thio}}
\]
La quantité de Cu²⁺ réellement réduite par le sucre est donc :
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{réduit}} = n_{\text{Cu}^{2+},\text{initial}} - n_{\text{Cu}^{2+},\text{excès}}
\]
Comme chaque mole de sucre réducteur réduit 2 moles de Cu²⁺ :
\[
n_{\text{sucre}} = \frac{n_{\text{Cu}^{2+},\text{réduit}}}{2}
\]
La concentration en sucre réducteur (exprimée en équivalent glucose, masse/volume) s’obtient par :
\[
\%\,\text{sucre réducteur} = \frac{n_{\text{sucre}} \times M_{\text{glucose}} \times 100}{V_{\text{échantillon}} (\text{mL})}
\]
avec \(M_{\text{glucose}} = 180,16\ \text{g mol}^{-1}\) et \(V_{\text{échantillon}} = 25\ \text{mL}\).
### 5. Exemple chiffré entièrement résolu
- Volume de thiosulfate utilisé : **V_thio = 3,0 mL**
- Concentration thiosulfate : **C_thio = 0,100 N**
\[
n_{\text{thio}} = 0,100\ \text{mol L}^{-1} \times 0,0030\ \text{L}=3,0\times10^{-4}\ \text{mol}
\]
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{initial}} = 0,05\ \text{mol L}^{-1} \times 0,020\ \text{L}=1,0\times10^{-3}\ \text{mol}
\]
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{excès}} = 3,0\times10^{-4}\ \text{mol}
\]
\[
n_{\text{Cu}^{2+},\text{réduit}} = 1,0\times10^{-3} - 3,0\times10^{-4}=7,0\times10^{-4}\ \text{mol}
\]
\[
n_{\text{sucre}} = \frac{7,0\times10^{-4}}{2}=3,5\times10^{-4}\ \text{mol}
\]
\[
\%\,\text{sucre réducteur}= \frac{3,5\times10^{-4}\ \text{mol}\times180,16\ \text{g mol}^{-1}\times100}{25\ \text{mL}}
=0,25\ \text{g / 100 mL}=0,25\%
\]
Le jus de fruit analysé contient donc **0,25 % de sucres réducteurs** (équivalent glucose), valeur bien en dessous de la limite de 12 % généralement admise pour les produits à base de fruits.
### 6. Sécurité
> **Le réactif de Fehling est fortement alcalin (pH > 12) ; éviter tout contact avec la peau et les yeux.**
> **Le chauffage du mélange Fehling peut provoquer des projections ; utiliser un écran de protection et ne jamais laisser le ballon sans surveillance.**
> **Le thiosulfate de sodium est relativement sûr, mais ne pas ingérer ; se laver les mains après manipulation.**
> **Éliminer les résidus de cuivre dans le récipient dédié aux déchets métalliques, conformément à la réglementation camerounaise sur les déchets dangereux.**
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## Synthèse du chapitre
- **Dosage acido‑basique de l’acide citrique** : titration NaOH 0,100 N avec phénolphtaléine ; 1 mol acide citrique ≡ 3 mol NaOH ; résultat exprimé en % masse/volume (g / 100 mL).
- **Dosage volumétrique des sucres réducteurs** : réaction de Fehling (Cu²⁺‑tartrate) suivie d’une titration au thiosulfate ; 1 mol sucre réducteur ≡ 2 mol Cu²⁺ réduit ; calcul basé sur la différence entre Cu²⁺ initial et excès titré.
- **Points de vigilance** : respect des temps de chauffage (5 min), utilisation d’indicateurs appropriés, réalisation de blanks, port des EPI, élimination conforme des déchets.
- **Applications professionnelles** : contrôle qualité des jus de fruits, vérification de la conformité aux normes MINCOMMERCE, décision d’acceptation ou de rejet d’un lot de matière première.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Acide citrique | Acide tricarboxylique (C₆H₈O₇) présent naturellement dans les agrumes, utilisé comme régulateur d’acidité et agent chélatant. |
| Titrage | Méthode d’analyse quantitative consistant à ajouter une solution de concentration connue (titrant) jusqu’à atteindre l’équivalence stoichio‑métrique. |
| Phénolphtaléine | Indicateur colorimétrique incolore en milieu acide, rose pâle en milieu basique (pH ≈ 8,2‑10,0). |
| Réactif de Fehling | Mélange alcalin de sulfate de cuivre(II) et de tartrate, utilisé pour la détection des sucres réducteurs par réduction du Cu²⁺ en Cu⁺. |
| Sucre réducteur | Sucre possédant un groupe aldéhyde libre ou capable d’en former (ex. glucose, fructose) pouvant réduire les ions métalliques. |
| Thiosulfate de sodium (Na₂S₂O₃) | Agent réducteur utilisé en titration pour quantifier l’excès d’ions Cu²⁺ après réaction de Fehling. |
| Équivalence | Point du titrage où les quantités de réactif et d’analyte sont exactement dans les proportions stœchiométriques de la réaction équilibrée. |
| Blank (blanc) | Échantillon contenant tous les réactifs sauf l’analyte, permettant de corriger les interférences du milieu réactionnel. |
| EPI | Équipements de Protection Individuelle (blouse, lunettes, gants) obligatoires en laboratoire de chimie. |
| Masse/volume (% m/v) | Masse de soluté (en grammes) présente dans 100 mL de solution, unité courante en agroalimentaire pour exprimer les concentrations. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1
Un technicien réalise le dosage acido‑basique de l’acide citrique dans un jus de goyave. Il prélève 25 mL de jus, ajoute la phénolphtaléine et titre avec une solution NaOH 0,100 N. Le volume de NaOH consommé est **14,8 mL**.
**a)** Calculer le pourcentage masse/volume d’acide citrique dans le jus de goyave.
**b)** Le jus est destiné à la fabrication d’une boisson énergétique dont la norme exige un taux d’acide citrique compris entre 0,25 % et 0,50 % m/v. Le jus est‑il conforme ?
**Corrigé**
**a)**
\(n_{\text{NaOH}} = 0,100\ \text{mol L}^{-1} \times 0,0148\ \text{L}=1,48\times10^{-3}\ \text{mol}\)
\(n_{\text{acide citrique}} = \dfrac{1,48\times10^{-3}}{3}=4,93\times10^{-4}\ \text{mol}\)
\(\%\,\text{acide citrique}= \dfrac{4,93\times10^{-4}\ \text{mol}\times192,12\ \text{g mol}^{-1}\times100}{25\ \text{mL}}=0,38\ \text{g / 100 mL}=0,38\%\)
**b)** Le taux obtenu (0,38 %) se situe dans l’intervalle autorisé [0,25 % ; 0,50 %]. Le jus de goyave est donc **conforme** à la norme.
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### Exercice 2
Lors du dosage des sucres réducteurs sur un échantillon de purée de mangue, le technicien obtient les données suivantes :
- Volume de solution Fehling utilisé (A + B) : 20 mL (0,05 M Cu²⁺).
- Volume de thiosulfate 0,100 N nécessaire pour titrer l’excès de Cu²⁺ : **3,5 mL**.
Calculer le pourcentage masse/volume de sucres réducteurs (exprimé en équivalent glucose) dans la purée de mangue.
**Corrigé**
Cu²⁺ initial :
\(n_{\text{Cu}^{2+},\text{initial}} = 0,05\ \text{mol L}^{-1} \times 0,020\ \text{L}=1,0\times10^{-3}\ \text{mol}\)
Cu²⁺ excès :
\(n_{\text{Cu}^{2+},\text{excès}} = 0,100\ \text{mol L}^{-1} \times 0,0035\ \text{L}=3,5\times10^{-4}\ \text{mol}\)
Sucre réducteur réagit :
\(n_{\text{sucre}} = \dfrac{n_{\text{Cu}^{2+},\text{initial}} - n_{\text{Cu}^{2+},\text{excès}}}{2}
= \dfrac{1,0\times10^{-3} - 3,5\times10^{-4}}{2}
= \dfrac{6,5\times10^{-4}}{2}
= 3,25\times10^{-4}\ \text{mol}\)
Conversion en g / 100 mL (M_glucose = 180,16 g mol⁻¹) :
\(\%\,\text{sucre}= \dfrac{3,25\times10^{-4}\ \text{mol}\times180,16\ \text{g mol}^{-1}\times100}{25\ \text{mL}}
=0,23\ \text{g / 100 mL}=0,23\%\)
La purée de mangue contient donc **0,23 % de sucres réducteurs** (2,3 g / 100 mL), bien en dessous de la limite de 12 % généralement admise pour les produits à base de fruits.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de réaliser le **blank** lors du dosage acido‑basique. | Surestimation de l’acide citrique (contribution de l’indicateur ou de l’eau). | Toujours effectuer un blanc avec le même volume d’eau distillée que l’échantillon et soustraire son volume de titrant. |
| 2 | Dépasser le temps de chauffage de la réaction de Fehling (> 5 min). | Décomposition du sucre, formation de sous‑produits qui peuvent réduire davantage le Cu²⁺ → surestimation du taux de sucre. | Utiliser un chronomètre et retirer immédiatement le ballon du chauffage dès les 5 min écoulés. |
| 3 | Pipetter à la bouche la solution de NaOH ou de thiosulfate. | Risque d’ingestion de produits corrosifs ou toxiques. | Utiliser exclusivement une poire de pipetage ou un dispositif de pipetage sécurisé ; interdiction formelle de pipetter à la bouche. |
| 4 | Ne pas porter de lunettes de protection lors de la manipulation du réactif de Fehling. | Projections alcalines pouvant causer des brûlures oculaires graves. | Le port de lunettes de sécurité est obligatoire dès la préparation du réactif de Fehling et pendant le chauffage. |
| 5 | Éliminer les déchets contenant du cuivre dans l’évier ordinaire. | Contamination des eaux usées, non‑conformité aux normes environnementales camerounaises. | Verser les résidus de cuivre dans le récipient dédié aux déchets métalliques, puis les confier à un prestataire agréé pour traitement. |
| 6 | Utiliser une burette non rincée avec la solution à titrer (ex. rincer à l’eau puis directement avec NaOH). | Dilution du titrant → erreur systématique sur la concentration réelle. | Rincer la burette successivement avec de l’eau distillée, puis avec une petite quantité de la solution à titrer avant le remplissage définitif. |
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*Fin du cours.*
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