Chapitre 10
Métabolisme des lipides (partie 2/2)
Lecture : 15 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
1. Décrire le déroulement détaillé de la β‑oxydation des acides gras saturés et insaturés, en identifiant les enzymes, les cofacteurs et les produits à chaque étape.
2. Calculer le rendement énergétique (ATP, NADH, FADH₂) de l’oxydation complète d’un acide gras donné, en tenant compte du coût d’activation et du transport dans la mitochondrie.
3. Expliquer la régulation de la β‑oxydation (inhibition par le malonyl‑CoA, influence de l’état énergétique cellulaire).
4. Décrire la voie de la lipogenèse cytosolique : formation du malonyl‑CoA, rôle de l’acétyl‑CoA carboxylase (ACC) et de la synthase d’acides gras (FAS), apports en NADPH.
5. Réaliser un bilan stoichiométrique de la synthèse d’un acide gras palmitique à partir de l’acétyl‑CoA, du NADPH et de l’ATP.
6. Mettre en relation la lipogenèse avec le stockage des triglycérides dans les adipocytes et les implications métaboliques (état de jeûn vs état alimenté).
7. Appliquer ces connaissances à des situations professionnelles camerounaises (transformation de l’huile de palme, contrôle de la qualité des huiles végétales, gestion des stocks d’aliments gras).
**Prérequis** :
- Structure chimique des acides gras (saturés, mono‑ et polyinsaturés) et des triglycérides.
- Notions de base du métabolisme énergétique : glycolyse, cycle de Krebs, chaîne respiratoire, phosphorylation oxydative.
- Fonction des coenzymes NAD⁺/NADH, FAD/FADH₂, NADP⁺/NADPH et de l’ATP.
- Concepts de régulation allostérique et hormonale (insuline, glucagon, adrénaline).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, les huiles végétales (palme, arachide, coton, tournesol) constituent une part importante de l’alimentation et des revenus ruraux. Leur transformation industrielle implique l’extraction, le raffinage, la stabilisation contre l’oxydation et parfois la modification (hydrogénation, interestérification). Comprendre le métabolisme des lipides permet aux techniciens de :
- Optimiser les procédés d’extraction en connaissant les formes sous lesquelles les acides gras sont stockés (triglycérides) et mobilisés (acides gras libres).
- Prévoir la formation de composés indésirables (peroxydes, aldéhydes) lors du stockage et proposer des antioxydants adaptés.
- Contrôler la qualité nutritionnelle des produits finis en ajustant le degré d’insaturation et en évitant la formation d’acides gras trans.
- Conseiller les producteurs sur les bonnes pratiques de stockage (température < 20 °C, faible humidité, protection de la lumière) afin de limiter la rancidité.
Ce chapitre présente donc les deux voies métaboliques centrales : la dégradation (β‑oxydation) qui libère de l’énergie, et la synthèse (lipogenèse) qui stocke l’excès énergétique sous forme de triglycérides.
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## I. Bêta‑oxydation des acides gras et production d’énergie
### 1. Principe général
La β‑oxydation est le processus par lequel un acide gras à chaîne longue est coupé successivement en unités d’acétyl‑CoA, chaque cycle produisant 1 NADH, 1 FADH₂ et 1 acétyl‑CoA. L’acétyl‑CoA entre ensuite dans le cycle de Krebs, tandis que le NADH et le FADH₂ alimentent la chaîne respiratoire pour générer de l’ATP par phosphorylation oxydative.
> **>** La β‑oxydation se déroule dans la matrice mitochondriale pour les acides gras à chaîne longue (> 12 C) ; les acides gras à chaîne très longue (> 22 C) sont d’abord raccourcis dans les peroxysomes.
### 2. Étapes d’un cycle de β‑oxydation
| Étape | Enzyme (nom usuel) | Réaction | Produit | Cofacteur réduit |
|-------|-------------------|----------|---------|------------------|
| 1. Déshydrogénation | Acyl‑CoA déshydrogénase (ACAD) | Acyl‑CoA + FAD → trans‑Δ²‑énoyl‑CoA + FADH₂ | trans‑Δ²‑énoyl‑CoA | FADH₂ |
| 2. Hydratation | Enoyl‑CoA hydratase | trans‑Δ²‑énoyl‑CoA + H₂O → L‑3‑hydroxyacyl‑CoA | L‑3‑hydroxyacyl‑CoA | – |
| 3. Déshydrogénation | 3‑hydroxyacyl‑CoA déshydrogénase | L‑3‑hydroxyacyl‑CoA + NAD⁺ → 3‑cétoacyl‑CoA + NADH + H⁺ | 3‑cétoacyl‑CoA | NADH |
| 4. Thiolyse | Acétyl‑CoA acyl‑transférase (thiolase) | 3‑cétoacyl‑CoA + CoA‑S‑H → acétyl‑CoA + acyl‑CoA (raccourci de 2 C) | acétyl‑CoA + acyl‑CoA raccourci | – |
Chaque cycle raccourcit la chaîne de deux carbons et libère un acétyl‑CoA. Le nombre de cycles nécessaires pour un acide gras saturé de n carbons est (n/2 − 1) ; le dernier cycle donne deux acétyl‑CoA.
### 3. Activation et transport dans la mitochondrie
1. **Activation cytosolique** : l’acide gras libre réagit avec du CoA et de l’ATP sous l’action de l’acyl‑CoA synthétase → acyl‑CoA + AMP + PPi (équivalent à 2 ATP consommés).
2. **Transport** : l’acyl‑CoA est transformé en acyl‑carnitine par la carnitine palmitoyltransférase I (CPT I) située sur la membrane mitochondriale externe, traverse l’espace intermembranaire, puis est reconverti en acyl‑CoA par la CPT II sur la membrane interne.
> **>** La CPT I est inhibée allostériquement par le malonyl‑CoA, premier intermédiaire de la lipogenèse ; ainsi, lorsque la cellule synthétise des acides gras, la β‑oxydation est ralentie (réciprocité métabolique).
### 4. Rendement énergétique
Chaque NADH produit ≈ 2,5 ATP (via la chaîne respiratoire) et chaque FADH₂ ≈ 1,5 ATP. L’activation coûte 2 ATP.
Pour un acide gras saturé de n carbons :
- Nombre de cycles de β‑oxydation = n/2 − 1
- NADH produits = n/2 − 1
- FADH₂ produits = n/2 − 1
- Acétyl‑CoA produits = n/2
Chaque acétyl‑CoA entrant dans le cycle de Krebs donne 3 NADH, 1 FADH₂, 1 GTP (≈ 1 ATP).
**Formule globale d’ATP** :
\[
\text{ATP}_{\text{total}} = \big[(n/2-1)\times(2,5+1,5)\big] + \big[(n/2)\times(3\times2,5+1,5+1)\big] - 2
\]
En simplifiant :
\[
\text{ATP}_{\text{total}} = \big[(n/2-1)\times4\big] + \big[(n/2)\times10\big] - 2
\]
\[
\text{ATP}_{\text{total}} = 2n - 4 + 5n - 2 = 7n - 6
\]
Pour un acide gras pair, le rendement théorique est donc ≈ 7 n − 6 ATP (les valeurs exactes dépendent du P/O utilisé).
> **>** Exemple chiffré : l’acide palmitique (C16:0) donne 106 ATP (voir exercice corrigé).
### 5. Cas des acides gras insaturés
Les doubles liaisons cis nécessitent des enzymes supplémentaires :
- **Enoyl‑CoA isomerase** (convertit un Δ³‑cis en Δ²‑trans) pour éviter une étape de déshydrogénation inutile.
- **2,4‑diénoyl‑CoA réductase** (utilise NADPH) pour les doubles liaisons espacées de deux carbons (ex. linoléique).
Ces étapes modifient légèrement le rendement (une NADH ou un FADH₂ en moins selon le cas).
### 6. Régulation hormonale
- **Insuline** : active la protéine phosphatase qui déphosphoryle et active l’ACC → augmentation du malonyl‑CoA → inhibition de la CPT I → baisse de la β‑oxydation.
- **Glucagon / adrénaline** : activent la protéine kinase A → phosphorylation et inhibition de l’ACC → diminution du malonyl‑CoA → activation de la CPT I → stimulation de la β‑oxydation.
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## II. Lipogenèse : synthèse et stockage des lipides
### 1. Vue d’ensemble
La lipogenèse cytosolique transforme l’excès de glucides (via l’acétyl‑CoA mitochondrial exporté sous forme de citrate) en acides gras saturés, principalement le palmitate (C16:0). Le processus nécessite :
- **Acétyl‑CoA** (source de carbone)
- **Malonyl‑CoA** (unité d’extension à deux carbons) synthétisé par l’acétyl‑CoA carboxylase (ACC)
- **NADPH** (réducteur) fourni principalement par la voie des pentoses phosphate et, dans une moindre mesure, par la malique enzyme.
- **ATP** (pour l’activation de l’acétyl‑CoA en malonyl‑CoA et pour l’action de la synthase d’acides gras).
Le produit final, l’acyl‑ACP (acyl‑porteur de protéine), est libéré par une thioestérase sous forme d’acide gras libre, qui est ensuite estérifié en triglycéride par la glycéride‑3‑phosphate acyltransférase (GPAT) puis la diacylglycerol acyltransférase (DGAT).
> **>** L’ACC est l’étape limitante et fortement régulée : activation par l’insuline (déphosphorylation) et inhibition par le glucagon/adrénaline (phosphorylation) ainsi que par un taux élevé d’acyl‑CoA à longue chaîne (feedback).
### 2. Synthèse du malonyl‑CoA
\[
\text{Acétyl‑CoA} + \text{HCO}_3^- + \text{ATP} \xrightarrow{\text{ACC}} \text{Malonyl‑CoA} + \text{ADP} + \text{Pi}
\]
### 3. Synthèse des acides gras par la FAS
La synthase d’acides gras (FAS) est un complexe multifonctionnel qui réalise répétitivement le cycle suivant sur l’acyl‑ACP :
1. **Condensation** : acétyl‑ACP + malonyl‑ACP → acétoacyl‑ACP + CO₂ (cétosynthase).
2. **Réduction** : acétoacyl‑ACP + NADPH → D‑3‑hydroxyacyl‑ACP + NADP⁺ (cétoacyl‑ACP réductase).
3. **Déshydratation** : D‑3‑hydroxyacyl‑ACP → trans‑Δ²‑énoyl‑ACP + H₂O (hydroxyacyl‑ACP déshydratase).
4. **Réduction** : trans‑Δ²‑énoyl‑ACP + NADPH → acyl‑ACP (allongé de 2 C) + NADP⁺ (énoyl‑ACP réductase).
Après sept cycles (partant de l’acétyl‑ACP initiateur), on obtient le palmitoyl‑ACP (C16). Une thioestérase libère l’acide gras palmitique.
**Bilan stoichiométrique de la synthèse d’un palmitate** :
\[
\begin{aligned}
8\; \text{Acétyl‑CoA} &+ 7\; \text{Malonyl‑CoA} + 14\; \text{NADPH} + 14\; \text{H}^+ \\
&\rightarrow \text{Palmitate} + 8\; \text{CoA‑S‑H} + 7\; \text{CO}_2 + 14\; \text{NADP}^+ + 6\; \text{H}_2\text{O}
\end{aligned}
\]
Le malonyl‑CoA lui‑même provient de 7 acetyl‑CoA + 7 ATP + 7 HCO₃⁻. En combinant, on obtient :
\[
\text{Acétyl‑CoA total} = 8 + 7 = 15\; \text{mol}
\]
\[
\text{ATP consommé} = 7\; \text{(pour la formation du malonyl‑CoA)}
\]
\[
\text{NADPH nécessaire} = 14\; \text{mol}
\]
> **>** Chaque molécule de NADPH apporte l’équivalent de 2,5 ATP lorsqu’il est oxydé via la chaîne respiratoire (dans le contexte de la production d’énergie), mais dans la lipogenèse il est consommé directement comme pouvoir réducteur.
### 4. Stockage sous forme de triglycérides
Le glycerol‑3‑phosphate, issu de la glycolyse (réduction du dihydroxyacétone phosphate par la glycéride‑3‑phosphate déshydrogénase, NADH dépendant), est acylé successivement :
1. **GPAT** : glycerol‑3‑phosphate + acyl‑CoA → lysophosphatidic acid + CoA‑S‑H
2. **AGPAT** : lysophosphatidic acid + acyl‑CoA → phosphatidic acid + CoA‑S‑H
3. **Phosphatase** : phosphatidic acid → diacylglycerol + Pi
4. **DGAT** : diacylglycerol + acyl‑CoA → triglycéride + CoA‑S‑H
Les triglycérides sont ensuite empaquetés dans des lipoprotéines (chylomicrons chez l’entérocyte, VLDL chez le foie) pour être transportés vers les tissus adipeux où ils sont stockés dans les gouttelettes lipidiques des adipocytes.
> **>** Dans les adipocytes, la lipolyse (hydrolyse des triglycérides) est activée par l’adrénaline via la protéine kinase A qui phosphoryle la lipase hormono‑sensible (HSL) et la protéine perilipine, augmentant l’accès des lipases au noyau lipidique.
### 5. Régulation de la lipogenèse
- **Insuline** : stimule la synthèse du glycogène, active l’ACC (déphosphorylation) et augmente l’expression de la FAS et de la SREBP‑1c (facteur de transcription qui favorise les gènes lipogéniques).
- **Glucagon / adrénaline** : inhibent l’ACC (phosphorylation) et diminuent l’expression de SREBP‑1c.
- **Niveaux énergétiques** : un rapport ATP/AMP élevé active l’AMP‑kinase qui phosphoryle et inhibe l’ACC, favorisant l’oxydation plutôt que la synthèse.
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## Synthèse du chapitre
- **β‑oxydation** : dégradation mitochondriale des acides gras en acétyl‑CoA, NADH, FADH₂ ; coût d’activation = 2 ATP ; rendement théorique ≈ 7 n − 6 ATP pour un acide gras de n carbons.
- **Régulation** : malonyl‑CoA (produit de la lipogenèse) inhibe la CPT I → réciprocité entre synthèse et dégradation.
- **Lipogenèse** : cytosolique ; nécessite acétyl‑CoA, malonyl‑CoA (ACC), NADPH (voie des pentoses phosphate) et ATP ; synthèse du palmitate consomme 8 acetyl‑CoA, 7 malonyl‑CoA, 14 NADPH et 7 ATP.
- **Stockage** : les acides gras sont esterifiés sur le glycerol‑3‑phosphate pour former des triglycérides, stockés dans les adipocytes sous forme de gouttelettes lipidiques.
- **Signaux hormonaux** : insuline favorise la lipogenèse et inhibe la β‑oxydation ; glucagon/adrénaline ont l’effet inverse.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Acyl‑CoA | Thioester d’un acide gras et du coenzyme A, forme activée pour la β‑oxydation ou la lipogenèse. |
| Carnitine palmitoyltransférase I (CPT I) | Enzyme mitochondriale externe qui transporte les acyl‑CoA dans la matrice sous forme d’acyl‑carnitine ; inhibée par le malonyl‑CoA. |
| Malonyl‑CoA | Intermédiaire de la lipogenèse, produit par l’acétyl‑CoA carboxylase ; régulateur clé de la CPT I. |
| Acétyl‑CoA carboxylase (ACC) | Enzyme biotinée qui catalyse la carboxylation de l’acétyl‑CoA en malonyl‑CoA, étape limitante de la lipogenèse. |
| Synthase d’acides gras (FAS) | Complexe multifonctionnel qui allonge l’acyl‑ACP de deux carbons à chaque cycle, utilisant du malonyl‑CoA et du NADPH. |
| NADPH | Coenzyme réducteur issu principalement de la voie des pentoses phosphate, indispensable aux réductions de la FAS. |
| Triglycéride | Ester de trois acides gras sur un glycerol, forme de stockage principale des lipides dans les adipocytes. |
| Lipase hormono‑sensible (HSL) | Enzyme cytosolique activée par phosphorylation (adrénaline) qui hydrolyse les triglycérides lors de la lipolyse. |
| SREBP‑1c | Facteur de transcription qui, sous l’action de l’insuline, augmente l’expression des gènes de la lipogenèse (ACC, FAS). |
| Voie des pentoses phosphate | Parcours métabolique qui génère du NADPH et des pentoses à partir du glucose-6‑phosphate. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Calcul du rendement énergétique de l’oxydation d’un acide gras insaturé
**Situation** : Un technicien d’une unité de transformation de l’huile de palme doit évaluer l’apport énergétique théorique de l’acide oléique (C18:1, Δ⁹ cis) lorsqu’il est oxydé complètement.
**Données** :
- L’acide oléique possède une double liaison cis en position 9.
- Lors de la β‑oxydation, lorsqu’une double liaison cis est rencontrée après trois cycles, l’enoyl‑CoA isomerase la convertit en trans‑Δ²‑énoyl‑CoA, évitant ainsi une étape de déshydrogénation qui aurait produit un FADH₂.
- Aucun autre ajustement n’est nécessaire.
**Demande** : Calculer le nombre net d’ATP produits par l’oxydation complète d’une molécule d’acide oléique, en tenant compte du coût d’activation (2 ATP).
**Corrigé** :
1. **Nombre de carbons** : n = 18.
2. **Nombre de cycles de β‑oxydation** : n/2 − 1 = 9 − 1 = 8 cycles.
3. **Production habituelle sans ajustement** :
- NADH : 8
- FADH₂ : 8
- Acétyl‑CoA : n/2 = 9
4. **Ajustement pour la double liaison** : une étape de déshydrogénation (qui aurait donné un FADH₂) est évitée → on retire 1 FADH₂.
- NADH reste 8.
- FADH₂ devient 7.
5. **Rendement énergétique** (en utilisant P/O = 2,5 pour NADH et 1,5 pour FADH₂) :
- ATP provenant du NADH : 8 × 2,5 = 20 ATP
- ATP provenant du FADH₂ : 7 × 1,5 = 10,5 ATP
- ATP provenant de l’acétyl‑CoA dans le cycle de Krebs : chaque acétyl‑CoA donne 3 NADH (7,5 ATP), 1 FADH₂ (1,5 ATP) et 1 GTP (≈ 1 ATP) → total 10 ATP par acétyl‑CoA.
- 9 acétyl‑CoA × 10 ATP = 90 ATP
6. **Somme avant activation** : 20 + 10,5 + 90 = 120,5 ATP
7. **Coût d’activation** : 2 ATP (formation de l’acyl‑CoA)
8. **Rendement net** : 120,5 − 2 = **118,5 ATP** (arrondi à 119 ATP si l’on considère des valeurs entières).
**Réponse** : L’oxydation complète d’une molécule d’acide oléique fournit environ **119 ATP** nets.
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### Exercice 2 – Quantité de NADPH nécessaire à la synthèse d’un triglycéride de tripalmitine
**Situation** : Dans un laboratoire de contrôle qualité d’une huilerie, on veut déterminer la quantité de NADPH requise pour synthétiser un triglycéride constitué de trois chaînes d’acide palmitique (tripalmitine) à partir du glucose.
**Données** :
- Chaque molécule d’acide palmitique (C16:0) nécessite, selon le bilan de la lipogenèse, 14 mol de NADPH.
- Le glycerol‑3‑phosphate provient du glucose ; sa formation consomme 1 mol de NADH (via la glycéride‑3‑phosphate déshydrogénase) mais ne nécessite pas de NADPH.
**Demande** : Calculer le nombre total de molécules de NADPH nécessaires pour produire une molécule de tripalmitine.
**Corrigé** :
- Une molécule de tripalmitine contient 3 mol d’acide palmitique.
- NADPH par acide palmitique = 14 mol.
- Total NADPH = 3 × 14 = **42 mol de NADPH**.
Le NADH utilisé pour la réduction du dihydroxyacétone phosphate en glycerol‑3‑phosphate n’est pas compté ici car la question porte spécifiquement sur le NADPH.
**Réponse** : **42 mol de NADPH** sont nécessaires à la synthèse d’une molécule de tripalmitine.
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### Exercice 3 – Influence du malonyl‑CoA sur la β‑oxydation (cas pratique)
**Situation** : Un technicien observe que, après un repas riche en glucides, le taux d’oxydation des acides gras dans les tissus musculaires diminue nettement.
**Données** :
- Après le repas, l’insuline est élevée → activation de l’ACC → augmentation du malonyl‑CoA.
- La CPT I est inhibée par le malonyl‑CoA avec une constante d’inhibition (Kᵢ) d’environ 5 µM.
**Demande** : Expliquer, en quelques phrases, pourquoi l’augmentation du malonyl‑CoA entraîne une baisse de la β‑oxydation, et proposer une mesure expérimentale simple pour vérifier cette inhibition in vitro.
**Corrigé** :
Le malonyl‑CoA, produit de l’étape de carboxylation de l’acétyl‑CoA par l’ACC, se lie au site allostérique de la CPT I située sur la membrane mitochondriale externe. Cette liaison diminue l’affinité de la CPT I pour l’acyl‑carnitine, réduisant ainsi le flux d’acyl‑CoA vers la matrice mitochondriale où se déroule la β‑oxydation. En conséquence, moins d’acides gras entrent dans la mitochondrie, la production d’acétyl‑CoA, de NADH et de FADH₂ diminue, et l’oxydation des lipides est ralentie.
**Mesure expérimentale** : Préparer des mitochondries isolées du muscle, ajouter un substrat acyl‑CoA (ex. palmitoyl‑CoA) et mesurer la consommation d’O₂ (ou la production d’acétyl‑CoA) en présence de différentes concentrations de malonyl‑CoA (0, 2, 5, 10, 20 µM). On observera une diminution progressive de la vitesse d’oxydation avec l’augmentation du malonyl‑CoA, permettant de déterminer la Kᵢ expérimentale.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|------------------|-------------|--------------------------------------|
| **Confondre le nombre de cycles de β‑oxydation** (penser que c’est n/2 au lieu de n/2 − 1) | Surestimation du rendement énergétique | Rappeler que le dernier cycle libère deux acétyl‑CoA ; faire un schéma avec un acide gras C16 pour visualiser. |
| **Oublier le coût d’activation (2 ATP)** lors du calcul du rendement ATP | Surestimation de l’ATP produit | Toujours ajouter l’étape d’activation (acyl‑CoA synthétase) avant de compter les cycles. |
| **Attribuer un FADH₂ à chaque double liaison cis** sans tenir compte de l’isomérase | Sous‑estimation du NADH/FADH₂ produit | Rappeler le rôle de l’enoyl‑CoA isomerase et de la 2,4‑diénoyl‑CoA réductase selon l’espacement des doubles liaisons. |
| **Penser que le malonyl‑CoA active la CPT I** (au lieu de l’inhiber) | Inversion de la régulation métabolique | Insister sur le fait que le malonyl‑CoA est un signal d’abondance énergétique qui bloque l’entrée des acides gras dans la mitochondrie. |
| **Utiliser du NADH au lieu du NADPH** pour les réductions de la FAS | Erreur de bilan redox | Souligner que la voie des pentoses phosphate fournit spécifiquement du NADPH pour les réductases de la FAS. |
| **Ne pas prendre en compte l’acidité des huiles lors du stockage** (ex. laisser à température ambiante > 30 °C) | Augmentation de la peroxydation, rancidité, perte de qualité | Appliquer les bonnes pratiques de stockage : température < 20 °C, faible humidité, protection de la lumière, ajout d’antioxydants (tocophérols) si nécessaire. |
| **Ne pas porter de gants nitrile** lors de la manipulation d’huiles oxydées | Risque d’irritation cutanée et d’absorption de composés peroxydés | Porter toujours des gants résistants aux solvants et des lunettes de protection lors des essais d’indice de peroxyde ou d’analyse d’acides gras libres. |
| **Jeter les résidus d’huile usagée** dans l’évier | Pollution des eaux, risque de colmatage | Collecter les huiles usagées dans des contenants étiquetés et les remettre à un centre de recyclage ou de valorisation (biogaz, savon). |
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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