Chapitre 3
Biochimie (partie 3/8)
Lecture : 16 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
- Définir et classer les oses selon leur nombre de carbones et leur fonction aldéhyde/cétone.
- Expliquer les propriétés physicochimiques (solubilité, rotation optique, points de fusion) des oses et leur influence sur les procédés technologiques.
- Décrire la formation, la nomenclature et l’hydrolyse des osides (O-, N-, S-, C-osides).
- Appliquer les méthodes de dosage du glucose et du fructose dans des matrices alimentaires camerounaises (jus de fruit, sirop de manioc).
- Classer les lipides selon leur structure et identifier leurs propriétés physiques (point de fusion, indice d’iode) et chimiques (hydrolyse, oxydation, saponification).
- Réaliser un contrôle qualité de l’huile de palme en mesurant l’indice d’iode et l’acidité libre.
- Utiliser les règles de sécurité et d’hygiène propres aux laboratoires d’analyse biochimique et aux unités de transformation agroalimentaires.
**Prérequis :**
- Notions de chimie organique générale (liaisons covalentes, groupes fonctionnels, stéréochimie).
- Connaissances de base en biologie cellulaire (composition des membranes, rôle énergétique des glucides et lipides).
- Maîtrise du système métrique et des unités usuelles (g, mol, L, °C, nm).
---
## Introduction contextualisée
Dans les filières techniques du secondaire au Cameroun, la biochimie trouve des applications directes dans l’industrie agroalimentaire (transformation du manioc, production d’huile de palme, jus de fruits), la santé (analyse de glycémie, contrôle de la qualité des médicaments) et l’environnement (biocarburants, traitement des déchets). Les oses, osides et lipides constituent les trois grandes familles de biomolécules que l’on rencontre quotidiennement dans ces secteurs. Comprendre leurs propriétés physicochimiques permet d’optimiser les procédés d’extraction, de purification, de stabilisation et de contrôle qualité, tout en respectant les normes d’hygiène et de sécurité en vigueur au Cameroun (arrêtés ministériels sur la sécurité des denrées alimentaires, normes ONAN).
---
## I. Propriétés physicochimiques des oses
### A. Définition et classification des oses
Un **ose** est un polyhydroxyaldéhyde ou polyhydroxycétone comportant au moins trois atomes de carbone. Selon le nombre de carbones, on distingue : trioses (C₃), tétroses (C₄), pentoses (C₅), hexoses (C₆) et heptoses (C₇). La fonction aldéhyde donne les **aldoses**, la fonction cétone les **cétoses**.
> **>** *Exemple : le glucose est un aldose hexose (C₆H₁₂O₆) ; le fructose est un cétose hexose.*
### B. Propriétés physiques
| Propriété | Valeur typique (glucose) | Influence sur le procédé |
|-----------|--------------------------|--------------------------|
| Solubilité dans l’eau (20 °C) | 910 g L⁻¹ | Facilite la dissolution dans les sirops et jus |
| Point de fusion | 146 °C (α‑D‑glucose) | Utilisé pour la cristallisation du sucre |
| Rotation optique spécifique [α]ᴅ²⁰ | +52,7° (α‑D‑glucose) | Permet le contrôle de la pureté polarimétrique |
| pKa (groupes hydroxyle) | ~16 | Peu d’acidité, stabilité en milieu neutre |
La solubilité augmente avec le nombre de groupes hydroxyle ; la rotation optique dépend de la configuration stéréochimique (D/L) et de l’anomérie (α/β).
### C. Propriétés chimiques
1. **Réduction** : les oses possédant un groupe aldéhyde libre (ou pouvant en former par ouverture du cycle) réduisent les ions Cu²⁺ (test de Fehling, Benedict) ou Ag⁺ (test de Trommard).
2. **Oxydation** : l’ion Cu²⁺ oxyde le groupe aldéhyde en acide aldotonique (acide gluconique).
3. **Formation d’osides** : réaction du groupe hydroxyle anomérique avec un alcool, un amine, un thiol ou un groupe phényle sous catalyse acide → liaison glycosidique.
4. **Réaction de Maillard** : entre un groupe carbonylé d’un ose et un groupe amine d’un aminoacide, produisant des composés aromatiques et des pigments (important en torréfaction du café camerounais).
### D. Exemple professionnel : dosage du glucose dans un jus de fruit au laboratoire d’analyses alimentaires (Yaoundé)
**Principe** : réaction d’oxydo‑réduction avec le réactif de Fehling ; la quantité de précipité d’oxyde de cuivre(I) (Cu₂O) formée est proportionnelle à la concentration de glucose.
**Protocole simplifié** :
1. Prélever 5 mL de jus, diluer à 50 mL avec de l’eau distillée (facteur de dilution 10).
2. Prendre 5 mL de cette solution diluée (ou utiliser la totalité si le volume de réactif le permet) ; ici nous prenons 5 mL de la solution diluée pour la réaction.
3. Ajouter 5 mL de réactif de Fehling A (solution de CuSO₄·5H₂O, 0,2 M) et 5 mL de réactif de Fehling B (solution alcaline de tartrate).
4. Chauffer le mélange à ébullition (≈ 95‑100 °C) pendant 3 minutes, puis refroidir rapidement.
5. Filtrer le précipité de Cu₂O, le laver à l’eau distillée.
6. Dissoudre le précipité dans 10 mL d’acide sulfurique dilué (0,5 M), ajouter un excès de solution de KI 10 % (w/v), laisser réagir 5 minutes dans l’obscurité.
7. Titrer l’iode libéré avec une solution étalonnée de thiosulfate de sodium (Na₂S₂O₃) 0,100 M jusqu’à disparition de la couleur bleue du complexe iode‑amidon (indicator starch).
**Calcul** :
La réaction globale :
\[
\text{Cu}^{2+} + \text{glucose} \rightarrow \text{Cu}_2\text{O} \downarrow + \text{acide gluconique}
\]
Chaque mole de glucose réduit 2 moles de Cu²⁺ → 1 mole de Cu₂O.
Le thiosulfate réagit avec l’iode libéré lors de la dissolution du Cu₂O :
\[
\text{Cu}_2\text{O} + 2\text{H}^+ + \text{I}_2 \rightarrow 2\text{Cu}^{2+} + 2\text{I}^- + \text{H}_2\text{O}
\]
\[
\text{I}_2 + 2\text{S}_2\text{O}_3^{2-} \rightarrow 2\text{I}^- + \text{S}_4\text{O}_6^{2-}
\]
Ainsi, 1 mole de glucose ≡ 2 moles de S₂O₃²⁻ consommées.
Si le titre de thiosulfate utilisé est **V = 12,4 mL** d’une solution **C = 0,100 mol L⁻¹**, alors :
\[
n_{\text{S}_2\text{O}_3^{2-}} = C \times V = 0,100 \times 0,0124 = 1,24 \times 10^{-3}\text{ mol}
\]
\[
n_{\text{glucose}} = \frac{n_{\text{S}_2\text{O}_3^{2-}}}{2} = 6,20 \times 10^{-4}\text{ mol}
\]
Cette quantité correspond au glucose présent dans les 5 mL de solution diluée prélevés (étape 2). Comme la dilution initiale était de 10, la quantité de glucose dans les 5 mL de jus non dilué est identique (la dilution n’ajoute que de l’eau). Donc :
\[
C_{\text{glucose}} = \frac{6,20 \times 10^{-4}\text{ mol}}{0,005\text{ L}} = 0,124\text{ mol L}^{-1}
\]
Converti en g L⁻¹ (M glucose = 180,16 g mol⁻¹) :
\[
0,124 \times 180,16 = 22,3\text{ g L}^{-1}
\]
Ce résultat indique une concentration modérée, compatible avec un jus de fruit non concentré ; il serait éventuellement concentré avant mise en bouteille.
> **>** *Règle de sécurité : porter des lunettes de protection et des gants nitrile lors de la manipulation du réactif de Fehling (solution alcaline chaude, risque de brûlures).*
---
## II. Les Osides
### A. Définition et liaison glycosidique
Un **oside** est formé par la condensation d’un groupe hydroxyle d’un ose (souvent l’oxygène anomérique C‑1) avec un groupe hydroxyle, amine, thiol ou phényle d’une autre molécule, éliminant une molécule d’eau. La liaison ainsi créée s’appelle **liaison glycosidique** (O‑, N‑, S‑ ou C‑lien selon la nature de l’atome lié au carbone anomérique).
> **>** *Exemple : le saccharose (glucose‑α‑1,2‑fructose) est un O‑oside.*
### B. Classification selon l’atome lié au carbone anomérique
| Type d’oside | Atome lié au C‑1 | Exemple courant | Stabilité |
|--------------|------------------|-----------------|-----------|
| O‑oside | O (alcool, phénol) | Maltose, saccharose, cellulose | Hydrolysable par acide ou enzymatique |
| N‑oside | N (amine) | Adenosine, guanosine (nucléosides) | Résistant à l’acide, sensible aux nucléases |
| S‑oside | S (thiol) | Thio‑glucosides (ex. : sinigrine) | Sensible à l’oxydation |
| C‑oside | C (carbone) | Glucosyl‑cétone (rare) | Très stable, peu hydrolysable |
### C. Hydrolyse des osides
- **Hydrolyse acide** : catalyse par H⁺, rupture de la liaison glycosidique, rendement dépendant de la température et du temps.
- **Hydrolyse enzymatique** : spécifiques (α‑amylase, β‑galactosidase, lactase, cellulase) ; fonction du lien (α ou β) et de la substitution.
> **>** *Règle de sécurité : travailler à température contrôlée (< 80 °C) lors de l’hydrolyse acide pour éviter la dégradation des sucres en composés toxiques (hydroxyméthylfurfural).*
### D. Exemple professionnel : extraction de l’amidon du manioc et production de sirop de glucose à Douala
1. **Pré‑traitement** : racines de manioc lavées, épluchées, râpées.
2. **Extraction de l’amidon** : suspension dans de l’eau froide (1 : 4 p/v), agitation 30 min, décantation, récupération du précipité d’amidon.
3. **Liquéfaction** : ajout d’α‑amylase (Bacillus licheniformis) à 90 °C, pH 6,5, 2 min → dextrines.
4. **Saccharification** : ajout de glucoamylase (Aspergillus niger) à 60 °C, pH 4,5, 24 h → glucose.
5. **Purification** : filtration sur charbon actif, évaporation sous vide à 60 °C → sirop de glucose 70 °Brix.
**Contrôle qualité** : mesure du DE (dextrose equivalent) par titration de Fehling ; un DE de 90‑95 indique un sirop riche en glucose, adapté à la fermentation pour l’éthanol.
> **>** *Norme camerounaise : le sirop de glucose destiné à l’industrie boisson doit contenir moins de 0,1 % de résidus protéiques (analyse Kjeldahl).*
---
## III. Généralités sur les lipides
### A. Définition et classification
Les **lipides** sont des biomolécules hydrophobes, solubles dans les solvants organiques (chloroforme, éther, hexane) et peu solubles dans l’eau. On les classe selon leur structure :
| Classe | Sous‑classe | Exemple | Fonction principale |
|--------|-------------|---------|---------------------|
| Lipides simples | Acides gras | Acide palmitique (C16:0) | Stockage d’énergie |
| | Glycérolides | Triglycérides (triacylglycérols) | Réserve énergétique |
| Lipides complexes | Phospholipides | Phosphatidylcholine | Composant membranaire |
| | Glycolipides | Cérébroside | Reconnaissance cellulaire |
| Lipides dérivés | Stéroïdes | Cholestérol | Précurseur d’hormones |
| | Alcaloïdes lipidiques | - | Activité biologique diverse |
### B. Propriétés physiques
- **Point de fusion** : dépend de la longueur de la chaîne et du degré d’insaturation. Plus la chaîne est longue et saturée, plus le point de fusion est élevé (ex. : acide stéarique C18:0, Tf ≈ 70 °C ; acide oléique C18:1, Tf ≈ 13 °C).
- **Indice d’iode (I)** : mesure du degré d’insaturation (g d’iode absorbés par 100 g de lipide).
\[
I = \frac{12,69 \times V \times N}{m}
\]
où *V* = volume de solution de thiosulfate consommé (mL), *N* = normalité du thiosulfate (eq L⁻¹), *m* = masse de l’échantillon (g).
- **Indice de saponification** : mg de KOH nécessaires pour saponifier 1 g de lipide (reflecte la masse moyenne des acides gras).
> **>** *Exemple : une huile de palme brute a un indice d’iode d’environ 50 g I₂/100 g, indiquant une faible insaturation comparée à l’huile de tournesol (I ≈ 130).*
### C. Propriétés chimiques
1. **Hydrolyse** : réaction d’estérification inverse (acide ou basique) produisant glycérol et acides gras (saponification avec NaOH → savon + glycérol).
2. **Oxydation** : attaque des doubles liaisons par l’oxygène → peroxydes → composés carbonylés responsables de la rancidité.
3. **Rancidité** : deux types :
- *Rancidité hydrolytique* (libération d’acides gras libres, mesurée par l’indice d’acidité).
- *Rancidité oxydative* (formation de peroxydes, mesurée par l’indice de peroxyde).
4. **Saponification** : valeur utilisée pour contrôler la qualité des huiles alimentaires.
### D. Exemple professionnel : contrôle de la qualité de l’huile de palme dans une unité de transformation à Bertoua
**Objectif** : vérifier que l’huile brute respecte les normes camerounaises (indice d’acidité ≤ 5 mg KOH/g, indice d’iode entre 45‑55).
**Procédure** :
1. **Indice d’acidité** : titration de 10 g d’huile avec une solution d’éthanol‑phénolphtaléine et de KOH 0,1 N jusqu’à apparition d’une couleur rose permanente.
\[
\% \text{AGL} = \frac{V \times N \times 56,1}{m}
\]
où *V* = volume de KOH consommé (mL), *N* = normalité, *m* = masse de l’échantillon (g), 56,1 = masse moléculaire du KOH (g mol⁻¹).
2. **Indice d’iode** : méthode du Wijs (solution d’ICl dans l’acide acétique). Après réaction, ajout d’iodure de potassium, titration du iode libéré avec thiosulfate 0,1 N.
\[
I = \frac{12,69 \times (V_{blanc} - V_{échantillon}) \times N}{m}
\]
3. **Indice de peroxyde** : titration du iode libéré par réaction de l’huile avec un mélange d’acide acétique/chloroforme et d’iodure de potassium, puis titration avec thiosulfate.
**Résultat typique** :
- Masse d’échantillon *m* = 2,00 g
- Volume KOH pour acidité *V* = 0,42 mL, N = 0,1 N → %AGL = (0,42 × 0,1 × 56,1)/2,00 = 1,18 mg KOH/g → conforme.
- Volume thiosulfate pour iode *V* = 1,20 mL, N = 0,1 N, V_blanc = 1,50 mL → I = (12,69 × (1,50‑1,20) × 0,1)/2,00 = 0,19 g I₂/100 g → valeur trop faible, indique possible sur‑saturation (erreur de manipulation). On répète la mesure.
> **>** *Règle de sécurité : effectuer les titrages dans une hotte, porter un masque anti‑vapeurs lors de l’utilisation du chloroforme (toxique, cancérigène suspecté).*
---
## Synthèse du chapitre
- **Oses** : polyhydroxyaldéhydes/cétones ; propriétés physiques (solubilité, rotation optique, point de fusion) dépendent du nombre de carbones et de la stéréochimie.
- **Réduction/oxydation** : tests de Fehling, Benedict, Trommard ; formation d’acides aldotoniques.
- **Osides** : liaison glycosidique (O-, N-, S-, C-) ; hydrolyse acide ou enzymatique ; exemples : saccharose, nucléosides, amidon.
- **Lipides** : hydrophobes ; classification (simples, complexes, dérivés) ; propriétés physiques (point de fusion, indice d’iode, saponification) et chimiques (hydrolyse, oxydation, rancidité).
- **Applications camerounaises** : dosage du glucose dans les jus de fruit, production de sirop de glucose à partir du manioc, contrôle qualité de l’huile de palme (indice d’acidité, indice d’iode, indice de peroxyde).
- **Sécurité** : port de lunettes, gants, hotte pour produits chimiques (Fehling, chloroforme, réactifs alcalins).
---
## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Ose** | Polyhydroxyaldéhyde ou polyhydroxycétone comportant ≥ 3 atomes de carbone. |
| **Aldose** | Ose possédant un groupe aldéhyde fonctionnel (ex. : glucose). |
| **Cétose** | Ose possédant un groupe cétone fonctionnel (ex. : fructose). |
| **Osidation** | Réaction de condensation formant une liaison glycosidique avec élimination d’eau. |
| **Liaison glycosidique** | Liaison covalente entre le carbone anomérique d’un ose et un groupe O, N, S ou C d’une autre molécule. |
| **Indice d’iode (I)** | Masse d’iode (g) absorbée par 100 g de lipide, mesure du degré d’insaturation. |
| **Indice d’acidité** | Quantité de KOH (mg) nécessaire pour neutraliser les acides gras libres présents dans 1 g de lipide. |
| **Indice de peroxyde** | Masse d’iode équivalent (g) liée aux peroxydes présents dans 1 kg de lipide, indicateur de rancidité oxydative. |
| **Saponification** | Hydrolyse basique d’un ester lipidique produisant du savon et du glycérol. |
| **DE (Dextrose Equivalent)** | Pourcentage de pouvoir réducteur d’un sirop de glucose par rapport au glucose pur (100 % = glucose totalement libre). |
| **Hotte de laboratoire** | Enclos ventilé qui aspire les vapeurs dangereuses pour protéger l’opérateur. |
| **Kjeldahl** | Méthode d’analyse quantitative de l’azote, utilisée pour estimer la teneur en protéines. |
---
## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Dosage du fructose dans un sirop de miel (laboratoire d’analyses de Mfoundi)
**Données** :
- 5 mL de sirop de miel dilué à 50 mL avec de l’eau distillée.
- Réaction avec le réactif de Fehling (comme pour le glucose).
- Volume de thiosulfate Na₂S₂O₃ 0,100 N utilisé pour la titration : 9,8 mL.
**Question** : Calculer la concentration de fructose (en g L⁻¹) dans le sirop de miel, sachant que chaque mole de fructose réduit 2 moles de Cu²⁺ (comme le glucose).
**Corrigé** :
1. Moles de thiosulfate consommées :
\[
n_{S_2O_3^{2-}} = C \times V = 0,100 \times 0,0098 = 9,8 \times 10^{-4}\text{ mol}
\]
2. Moles de fructose (équivalence 2 : 1) :
\[
n_{fructose} = \frac{n_{S_2O_3^{2-}}}{2} = 4,9 \times 10^{-4}\text{ mol}
\]
3. Concentration dans l’échantillon dilué (5 mL) :
\[
C_{dil} = \frac{4,9 \times 10^{-4}\text{ mol}}{0,005\text{ L}} = 0,098\text{ mol L}^{-1}
\]
4. Comme nous avons utilisé la totalité de la solution diluée (50 mL) provenant des 5 mL de sirop, la quantité de fructose mesurée correspond exactement à celle présente dans les 5 mL d’échantillon original. Donc :
\[
C_{fructose} = 0,098\text{ mol L}^{-1}
\]
5. Masse volumique (M fructose = 180,16 g mol⁻¹) :
\[
\rho = 0,098 \times 180,16 = 17,6\text{ g L}^{-1}
\]
**Réponse** : la concentration de fructose dans le sirop de miel est d’environ **18 g L⁻¹**.
> **>** *À retenir : dans la titration de Fehling, chaque mole de sucre réducteur consomme deux moles de thiosulfate.*
---
### Exercice 2 – Détermination de l’indice d’iode d’une huile de graines de coton (unité de transformation à Garoua)
**Données** :
- Masse d’échantillon d’huile : *m* = 1,50 g.
- Volume de solution de thiosulfate 0,100 N utilisé pour la titration du iode libéré : *V* = 2,30 mL.
- Volume de blanc (sans huile) : *V_blanc* = 2,80 mL.
**Question** : Calculer l’indice d’iode (I) de l’huile de graines de coton.
**Corrigé** :
\[
I = \frac{12,69 \times (V_{blanc} - V) \times N}{m}
\]
\[
I = \frac{12,69 \times (2,80 - 2,30) \times 0,100}{1,50}
= \frac{12,69 \times 0,50 \times 0,100}{1,50}
= \frac{0,6345}{1,50}
= 0,423\text{ g I₂/100 g}
\]
**Résultat** : I ≈ **0,42 g I₂/100 g**. Cette valeur est très faible, indiquant une huile fortement saturée (typique d’une huile de palme ou de coprah). On vérifiera la préparation du blanc et la possibilité d’une perte d’iode par volatilisation.
> **>** *À retenir : l’indice d’iode diminue quand le degré d’insaturation diminue ; une valeur proche de zéro correspond à une huile totalement saturée.*
---
## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1 | Oublier de porter des lunettes lors de la manipulation du réactif de Fehling (solution alcaline chaude). | Risque de brûlures oculaires par projection. | Toujours porter des lunettes de protection et un tablier lors de travaux avec des bases chaudes. |
| 2 | Utiliser du chloroforme sans hotte lors de la détermination de l’indice de peroxyde. | Inhalation de vapeurs toxiques, risque de céphalées et de dommages hépatotoxiques. | Effectuer les étapes avec chloroforme exclusivement dans une hotte aspirante ; porter un masque à cartouche organique si nécessaire. |
| 3 | Ne pas corriger le facteur de dilution lors du calcul de concentration de sucre. | Résultats sur‑ ou sous‑estimés de 10 à 100 fois, leading to mauvais contrôle de procédé. | Noter systématiquement le volume initial et le volume final après dilution ; appliquer le facteur de dilution dans le calcul. |
| 4 | Chauffer l’échantillon d’huile au‑delà de 100 °C lors de l’extraction de l’indice d’iode. | Dégradation des acides gras insaturés, formation de composés secondaires qui faussent la mesure. | Respecter la température prescrite (généralement 30‑40 °C) pour les réactions d’halogénation des doubles liaisons. |
| 5 | Utiliser une solution de thiosulfate non standardisée (sans contrôle de la normalité). | Erreur systématique sur tous les titrages (acidité, iode, peroxyde). | Standardiser la solution de thiosulfate contre une solution primaire d’iodate de potassium avant chaque série d’analyses. |
| 6 | Négliger l’étape de filtration du précipité de Cu₂O avant la titration. | Présence de particules qui consomment du thiosulfate, surestimation du sucre. | Filtrer le précipité sur papier filtre ou utiliser une centrifugeuse ; rincer abondamment à l’eau distillée avant dissolution. |
---
*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.