Chapitre 7
Préparation de la suspension mère (partie 5/8)
Lecture : 17 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : à la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de
- préparer une suspension mère conforme aux normes microbiologiques camerounaises (MINESEC/IGE) ;
- réaliser le dénombrage des levures et moisissures (Leçon 12) ;
- mettre en œuvre les méthodes de détection des microorganismes pathogènes (Leçon 13) ;
- effectuer le dénombrage des germes totaux, levures et moisissures (Leçon 14) ;
- interpréter les résultats en lien avec les critères de qualité des produits alimentaires et non alimentaires.
**Prérequis** : connaissances de base en microbiologie générale (structure cellulaire, milieu de culture, stérilisation), notions d’hygiène et de sécurité en laboratoire, maîtrise du système métrique et des dilutions sérielles, familiarité avec le vocabulaire technique des analyses microbiologiques (UFC, CFU, etc.).
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, le contrôle microbiologique des denrées alimentaires (lait, viande, farine, produits transformés) et des eaux de boisson est encadré par le **Décret n° 2015/042 du 12 mars 2015** portant réglementation de l’hygiène des denrées alimentaires et par les normes **CODEX Alimentarius** adoptées par le MINESEC. La préparation de la **suspension mère** constitue l’étape initiale indispensable : elle permet d’obtenir une représentation homogène et quantifiable de la flore microbienne présente dans l’échantillon à analyser. Une suspension mère mal préparée entraîne des erreurs de dénombrage pouvant conduire à un jugement erroné de la conformité du produit, avec des risques sanitaires et économiques considérables pour les acteurs de la filière agro‑alimentaire camerounaise.
Ce cours présente, de façon progressive et appliquée, les trois leçons du programme officiel relatives à la préparation de la suspension mère et aux analyses qui en découlent. Chaque leçon est illustrée par des procédés pas à pas, des exemples chiffrés tirés de situations réelles (laiterie de Yaoundé, unité de transformation de manioc à Bafoussam, laboratoire de contrôle des eaux de la REGIDESO à Douala) et des encadrés « à retenir » pour faciliter la révision.
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## I. Leçon 12 – Dénombrement des levures et moisissures
### 1. Notions et définitions
- **Levure** : champignon unicellulaire, généralement aérobie, capable de fermenter les sucres (ex. *Saccharomyces cerevisiae*, *Candida albicans*).
- **moisissure** : champignon filamenté, forme des mycéliens visibles à l’œil nu ou au microscope (ex. *Aspergillus niger*, *Penicillium spp.*).
- **UFC** (Unité Formant Colonie) : nombre de colonies visibles sur un milieu de culture après incubation, chacune provenant d’une cellule viable ou d’un agrégat de cellules.
> *Le dénombrement des levures et moisissures s’exprime en UFC·g⁻¹ (ou UFC·mL⁻¹) d’échantillon.*
### 2. Principe de la méthode
1. **Préparation de la suspension mère** (voir § I.3).
2. **Dilutions sérielles** en eau peptonnée stérile (0,1 % peptone) généralement jusqu’à 10⁻⁴ ou 10⁻⁵ selon la charge microbienne attendue.
3. **Ensemencement** par la méthode de surface (spread‑plate) ou par puits (pour les milieux sélectifs) sur un milieu adapté :
- **Milieu PDA** (Potato Dextrose Agar) pour les levures et moisissures générales.
- **Milieu Rose Bengal Chloramphenicol** (sélectif pour les moisissures).
- **Milieu Sabouraud Dextrose Agar** avec chloramphénicol (sélectif pour les levures).
4. **Incubation** à 25 ± 1 °C pendant 3 à 5 jours (les moisissures nécessitent souvent un temps plus long).
5. **Comptage** des colonies typiques (levures : colonies rondes, lisses, souvent couleur crème à rose ; moisissures : colonies duveteuses, colorées).
### 3. Préparation de la suspension mère (procédure détaillée)
| Étape | Action | Détails techniques |
|-------|--------|--------------------|
| 1 | Pesée de l’échantillon | 10 g (solide) ou 10 mL (liquide) dans un bécher stérile. |
| 2 | Ajout du diluant | 90 mL d’eau peptonnée stérile (0,1 % peptone) → dilution 10⁻¹. |
| 3 | Homogénéisation | Agitation mécanique (vortex) 30 s puis agitation manuelle 2 min. |
| 4 | Filtration éventuelle | Si l’échantillon contient des particules grossières, passer à travers une gaze stérile (porosité 0,45 µm). |
| 5 | Aliquotage | Prélever 1 mL pour la première dilution (10⁻¹) et poursuivre les dilutions sérielles. |
| 6 | Étiquetage | Indiquer date, heure, numéro d’échantillon, opérateur. |
| 7 | Conservation | Utiliser immédiatement ou conserver à 4 °C max 2 h avant ensemencement. |
> *La suspension mère doit être homogène, sans grumeaux, et maintenue à température ambiante pendant toute la série de dilutions afin d’éviter la stratification des micro‑organismes.*
### 4. Calcul du dénombrement
Formule générale :
\[
\text{UFC·g}^{-1} = \frac{\Sigma \text{colonies}}{n \times V \times D}
\]
- \(\Sigma \text{colonies}\) = somme des colonies comptées sur les plaques retenues (généralement entre 30 et 300).
- \(n\) = nombre de plaques utilisées pour le même dilution.
- \(V\) = volume ensemencé (en mL, généralement 0,1 mL pour la méthode spread‑plate).
- \(D\) = facteur de dilution de la plaque considérée.
**Exemple chiffré** (lait cru, élevage de Bamenda) :
- Dilution retenue : 10⁻³.
- Volume ensemencé : 0,1 mL.
- Deux plaques ensemencées, colonies comptées : 48 et 52.
- \(\Sigma \text{colonies}=100\), \(n=2\), \(V=0,1\) mL, \(D=10^{-3}\).
\[
\text{UFC·g}^{-1}= \frac{100}{2 \times 0,1 \times 10^{-3}} = \frac{100}{0,0002}= 5,0 \times 10^{5}\ \text{UFC·g}^{-1}
\]
Résultat : **5 × 10⁵ UFC·g⁻¹** de levures et moisissures.
### 5. Normes et seuils d’acceptation (exemple lait)
| Produit | Seuil maximal (UFC·g⁻¹) | Référence |
|---------|------------------------|-----------|
| Lait cru | 1,0 × 10⁴ | CODEX STAN 207‑1999 |
| Lait pasteurisé | 1,0 × 10² | CODEX STAN 207‑1999 |
| Fromage frais | 5,0 × 10³ | CODEX STAN 283‑1978 |
> *Tout résultat dépassant le seuil entraîne une non‑conformité et nécessite une enquête sur les bonnes pratiques d’hygiène (BPH) et les conditions de stockage.*
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## II. Leçon 13 – Détection des microorganismes pathogènes
### 1. Pathogènes ciblés selon le programme
- **Salmonella spp.** (agents de la salmonellose).
- **Listeria monocytogenes** (listériose).
- **Staphylococcus aureus** producteur de toxines (intoxication alimentaire).
- **Escherichia coli** O157:H7 (coli hémorragique).
### 2. Principe général de détection
La détection se fait en deux étapes :
1. **Enrichissement** en milieu sélectif permettant la multiplication du pathogène tout en inhibant la flore concurrente.
2. **Mise en preuve** sur un milieu différentiel ou par tests biochimiques/immunologiques (latex, PCR, ELISA).
> *L’enrichissement est obligatoire lorsqu’on recherche un pathogène présent à faible concentration (< 10 UFC·g⁻¹) dans l’échantillon.*
### 3. Procédure type pour Salmonella (exemple viandes de poulet, abattoir de Ngaoundéré)
| Étape | Action | Milieu / Conditions |
|-------|--------|----------------------|
| a | Pré‑enrichissement | 25 g d’échantillon + 225 mL de **BPW** (Buffered Peptone Water) → 37 °C, 18 h. |
| b | Enrichissement sélectif | 0,1 mL du pré‑enrichi dans **RVSS** (Rappaport‑Vassiliadis Soy Peptone) → 42 °C, 24 h. |
| c | Ensemencement différentiel | 10 µL sur **XLD** (Xylose Lysine Deoxycholate) et **Hektoen** → 37 °C, 24 h. |
| d | Lecture | Colonies noires avec centre transparent sur XLD → présomptives Salmonella. |
| e | Confirmation | Test biochimique (API 20E) ou test agglutination latex O/H. |
### 4. Détection de Listeria monocytogenes (exemple lait cru, ferme de Bertoua)
- **Enrichissement** : demi‑fr Fraser (½ Fraser) 25 g + 225 mL → 30 °C, 24 h.
- **Enrichissement sélectif** : Fraser complet → 37 °C, 48 h.
- **Mise en preuve** : agar PALCAM ou Oxford → colonies noires avec halo noir.
- **Confirmation** : test de la catalase positive, hemolyse β sur sang de mouton, test de la phosphatidylinositol‑specific phospholipase C (PI-PLC).
### 5. Détection de Staphylococcus aureus (exemple mayonnaise artisanale, marché de Mfoundi)
- **Enrichissement** : pas nécessaire si charge > 10² UFC·g⁻¹ ; sinon, Baird‑Parker avec supplément de plasma de lapin et de tellurite → 37 °C, 24‑48 h.
- **Mise en preuve** : colonies noires, entourées d’un halo clair (réduction du tellurite).
- **Confirmation** : test de la coagulase (tube ou latex) et recherche de l’entérotoxine par SET‑RPLA.
### 6. Détection d’E. coli O157:H7 (exemple eau de source, village de Kousséri)
- **Enrichissement** : mTSB + novobiocine (20 mg/L) → 42 °C, 6‑8 h.
- **Mise en preuve** : agar CT‑SMAC (sorbitol MacConkey avec cefixime et tellurite) → colonies incolores (non‑sorbitol fermentant).
- **Confirmation** : test de l’agglutination latex O157 et H7, recherche de la toxine Shiga par ELISA.
### 7. Sécurité et bonnes pratiques
- Porter des gants, blouse, lunettes de protection ; travailler sous hotte lorsqu’on manipule des pathogènes de groupe 2.
- Décontaminer les surfaces avec 70 % d’éthanol puis solution de javel à 0,5 % après chaque manipulation.
- Autoclaver les déchets à 121 °C, 15 psi, 20 min avant élimination.
> *Tout manipulé de pathogène doit être enregistré dans le registre de biosécurité du laboratoire, conformément à l’arrêté n° 2018/012 du MINESEC.*
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## III. Leçon 14 – Dénombrement des germes totaux, levures et moisissures
### 1. Définition des germes totaux
Les **germes totaux** représentent l’ensemble des micro‑organismes aérobies capables de se développer sur un milieu neutre à pH ≈ 7,0 à 30 °C (ou 35 °C selon le produit). Ils sont exprimés en **UFC·g⁻¹** ou **UFC·mL⁻¹**.
> *Le dénombrement des germes totaux constitue l’indicateur d’hygiène de base d’un produit alimentaire.*
### 2. Milieux de culture utilisés
| Germes visés | Milieu | Température d’incubation | Durée |
|--------------|--------|--------------------------|-------|
| Germes totaux aérobies | PCA (Plate Count Agar) ou TSA (Tryptic Soy Agar) | 30 ± 1 °C | 48 h |
| Levures | PDA ou Sabouraud Dextrose Agar + chloramphénicol | 25 ± 1 °C | 3‑5 j |
| Moisissures | PDA ou Rose Bengal Chloramphenicol | 25 ± 1 °C | 3‑5 j |
### 3. Procédure de dénombrement (méthode du plaque compte)
1. **Préparer la suspension mère** (voir § I.3).
2. **Réaliser des dilutions sérielles** : généralement 10⁻¹ à 10⁻⁶ selon la charge attendue.
3. **Ensemencer** 1 mL de chaque dilution sur une boîte de PCA (méthode de puits) ou 0,1 mL (méthode de surface).
4. **Inciser** légèrement l’agar (pour la méthode de puits) afin de faciliter la diffusion.
5. **Incuber** à la température appropriée.
6. **Compter** les colonies sur les plaques contenant entre 30 et 300 colonies.
7. **Calculer** le nombre d’UFC·g⁻¹ (ou UFC·mL⁻¹) avec la même formule que précédemment.
### 4. Exemple complet : yaourt nature, unité de transformation de Douala
- Échantillon : 10 g de yaourt.
- Suspension mère : 10 g + 90 mL eau peptonnée → dilution 10⁻¹.
- Dilutions réalisées : 10⁻², 10⁻³, 10⁻⁴.
- Ensemencement : 1 mL de chaque dilution sur PCA (méthode de puits).
- Résultats de comptage :
| Dilution | Colonies comptées (moyenne de 2 plaques) |
|----------|------------------------------------------|
| 10⁻² | TNTC (trop nombreux à compter) |
| 10⁻³ | 112 |
| 10⁻⁴ | 13 |
- Plaque retenue : 10⁻³ (entre 30 et 300).
- \(\Sigma \text{colonies}=112\), \(n=2\), \(V=1\) mL, \(D=10^{-3}\).
\[
\text{UFC·g}^{-1}= \frac{112}{2 \times 1 \times 10^{-3}} = \frac{112}{0,002}= 5,6 \times 10^{4}\ \text{UFC·g}^{-1}
\]
- **Germes totaux** : 5,6 × 10⁴ UFC·g⁻¹.
Pour les levures et moisissures, on réalise le même comptage sur PDA :
- Dilution retenue : 10⁻², colonies moyennes = 27 (2 plaques).
- Total colonies = 27 × 2 = 54.
- \(\text{UFC·g}^{-1}= \frac{54}{2 \times 1 \times 10^{-2}} = \frac{54}{0,02}= 2,7 \times 10^{3}\ \text{UFC·g}^{-1}\).
Résultat final :
- Germes totaux : **5,6 × 10⁴ UFC·g⁻¹**
- Levures et moisissures : **2,7 × 10³ UFC·g⁻¹**
### 5. Interprétation selon les normes camerounaises
| Produit | Limite germes totaux (UFC·g⁻¹) | Limite levures/moisissures (UFC·g⁻¹) | Référence |
|---------|-------------------------------|--------------------------------------|-----------|
| Yaourt nature | ≤ 1,0 × 10⁵ | ≤ 1,0 × 10³ | Arrêté MINCOMMERCE n° 2017/045 |
| Lait fermenté | ≤ 5,0 × 10⁴ | ≤ 5,0 × 10² | CODEX STAN 243‑2003 |
| Jus de fruit pasteurisé | ≤ 1,0 × 10³ | ≤ 1,0 × 10² | Arrêté MINSANTE n° 2019/012 |
Dans notre exemple, le yaourt respecte la limite des germes totaux (5,6 × 10⁴ < 1 × 10⁵) mais dépasse la limite des levures/moisissures (2,7 × 10³ > 1 × 10³), donc non conforme.
> *Lorsque le résultat dépasse la limite, il faut rechercher les points critiques de contrôle (PCC) du processus (température de pasteurisation, hygiène du matériel, qualité du lait d’entrée).*
### 6. Sécurité et prévention des contaminations croisées
- Utiliser des boîtes de Petri stériles à usage unique ou bien stérilisées à l’autoclave.
- Changer les pointes de pipette entre chaque dilution.
- Réaliser un témoin négatif (eau peptonnée stérile) à chaque série de dilutions pour détecter une contamination de l’environnement.
- Désinfecter le paillasse avec 70 % d’éthanol avant et après chaque manipulation.
> *Tout écart observé au témoin négatif entraîne l’annulation de la série et la reprise de la préparation de la suspension mère.*
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## Synthèse du chapitre
- **Préparation de la suspension mère** : pesée, dilution 10⁻¹ dans eau peptonnée stérile, homogénéisation, filtration éventuelle, aliquotage, étiquetage, utilisation immédiate ou stockage ≤ 2 h à 4 °C.
- **Leçon 12** – Dénombrement levures/moisissures : milieu PDA ou sélectif, incubation 25 °C 3‑5 j, calcul UFC·g⁻¹ = Σ colonies / (n × V × D). Seuils : lait cru ≤ 10⁴, yaourt ≤ 10³.
- **Leçon 13** – Détection pathogènes : enrichment (BPW, Fraser, mTSB…) puis mise en preuve sur milieux différentiels (XLD, PALCAM, Baird‑Parker, CT‑SMAC) + tests de confirmation (biochimiques, latex, ELISA). Sécurité : hotte, EPI, autoclave des déchets.
- **Leçon 14** – Dénombrement germes totaux, levures, moisissures : PCA à 30 °C 48 h pour germes totaux, PDA/Rose Bengal pour levures/moisissures même formule de calcul. Seuils : yaourt germes totaux ≤ 10⁵, levures/moisissures ≤ 10³.
- **Contrôle qualité** : comparaison aux normes camerounaises (arrêtés MINCOMMERCE, MINSANTE, CODEX).
- **Bonnes pratiques** : traçabilité, témoins négatifs, entretien du matériel, enregistrement des manipulations.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| Suspension mère | Mélange homogène d’échantillon et de diluant servant de base à toutes les dilutions et ensemencements. |
| UFC (Unité Formant Colonie) | Nombre de colonies viables dénombrées sur un milieu de culture après incubation. |
| Dilution sérielle | Succession de dilutions décimales (10⁻¹, 10⁻², …) permettant d’obtenir une concentration adaptée au comptage. |
| Milieu sélectif | Milieu contenant des agents inhibiteurs qui favorisent la croissance d’un groupe microbien tout en supprimant les autres. |
| Milieu différentiel | Milieu permettant de distinguer visuellement différents micro‑organismes selon leurs réactions métaboliques (ex. changement de couleur, production de gaz). |
| Enrichissement | Étape de multiplication préalable d’un pathogène présent à faible concentration afin de le rendre détectable. |
| Pasteurisation | Traitement thermique (souvent 72 °C / 15 s) visant à détruire les pathogènes tout en préservant les qualités du produit. |
| Contamination croisée | Transfert involontaire de micro‑organismes d’une surface, d’un équipement ou d’un échantillon à un autre. |
| PCC (Point Critique de Contrôle) | Étape d’un procédé où l’on peut appliquer une mesure permettant de prévenir, éliminer ou réduire à un niveau acceptable un danger identifié. |
| Autoclave | Appareil de stérilisation à vapeur sous pression (121 °C, 15 psi) utilisé pour détruire tous les formes de vie microbienne. |
| Halo clair | Zone transparente autour d’une colonie sur un milieu contenant un indicateur (ex. tellurite) révélant une activité métabolique spécifique. |
| TNTC | Trop Nombreux Pour être Comptés (plus de 300 colonies sur une plaque). |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Yaourt de village (levures/moisissures)
**Données** :
- Échantillon : 10 g de yaourt.
- Suspension mère préparée (10 g + 90 mL eau peptonnée).
- Dilutions réalisées : 10⁻², 10⁻³, 10⁻⁴.
- Ensemencement : 1 mL de chaque dilution sur PDA (méthode de puits), deux plaques par dilution.
- Comptage :
| Dilution | Colonies moyennes (2 plaques) |
|----------|------------------------------|
| 10⁻² | 210 |
| 10⁻³ | 22 |
| 10⁻⁴ | 2 |
**Questions** :
a) Quelle dilution retenir pour le calcul ?
b) Calculer le nombre d’UFC·g⁻¹ de levures et moisissures.
c) Le yaourt est‑il conforme à la norme camerounaise (≤ 1 × 10³ UFC·g⁻¹) ?
**Corrigé** :
a) La dilution 10⁻² donne entre 30 et 300 colonies par plaque (210 colonies).
b) Formule : UFC·g⁻¹ = Σ colonies / (n × V × D).
- Σ colonies = 210 × 2 plaques = 420.
- n = 2 plaques.
- V = 1 mL.
- D = 10⁻².
UFC·g⁻¹ = 420 / (2 × 1 × 10⁻²) = 420 / 0,02 = 2,1 × 10⁴ UFC·g⁻¹.
c) 2,1 × 10⁴ > 1 × 10³ → **non conforme**. Le yaourt présente une contamination élevée en levures/moisissures, probablement due à une mauvaise hygiène du matériel ou à une température de stockage trop élevée.
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### Exercice 2 – Eau de forage (détection E. coli O157:H7)
**Données** :
- 100 mL d’eau filtrés à travers une membrane 0,45 µm, placée sur mTSB + novobiocine (enrichissement 6 h à 42 °C).
- Après enrichissement, 0,1 mL ensemencé sur CT‑SMAC, incubation 24 h à 37 °C.
- Observation : 5 colonies incolores (non‑sorbitol fermentant).
- Test de agglutination latex O157 positif sur 3 colonies.
**Questions** :
a) Calculer la concentration présumée d’E. coli O157:H7 en UFC·100 mL⁻¹.
b) Selon la norme camerounaise pour l’eau de boisson (0 UFC/100 mL), l’eau est‑elle potable ?
**Corrigé** :
a) Le facteur de dilution de l’étape d’ensemencement est 0,1 mL sur 100 mL filtrés → dilution = 0,1/100 = 0,001 = 10⁻³.
Nombre de colonies détectées = 5 (moyenne).
UFC/100 mL = colonies / (V ensemencé × dilution) = 5 / (0,1 mL × 10⁻³) = 5 / 0,0001 = 5 × 10⁴ UFC/100 mL.
b) La norme exige 0 UFC/100 mL. Résultat 5 × 10⁴ UFC/100 mL >> 0 → **eau non potable**, nécessite un traitement (chloration, filtration UV) avant distribution.
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### Exercice 3 – Viande de brousse (germes totaux)
**Données** :
- Échantillon : 25 g de viande hachée.
- Suspension mère : 25 g + 225 mL eau peptonnée → dilution 10⁻¹.
- Dilutions réalisées : 10⁻², 10⁻³, 10⁻⁴.
- Ensemencement : 1 mL de chaque dilution sur PCA, deux plaques par dilution.
- Comptage :
| Dilution | Colonies moyennes (2 plaques) |
|----------|------------------------------|
| 10⁻² | TNTC |
| 10⁻³ | 84 |
| 10⁻⁴ | 9 |
**Questions** :
a) Quelle dilution choisir ?
b) Calculer les germes totaux en UFC·g⁻¹.
c) La viande est‑elle conforme à la limite de 5 × 10⁵ UFC·g⁻¹ fixée pour la viande fraîche au Cameroun ?
**Corrigé** :
a) La dilution 10⁻³ donne entre 30 et 300 colonies (84 colonies / plaque).
b) UFC·g⁻¹ = Σ colonies / (n × V × D).
- Σ colonies = 84 × 2 plaques = 168.
- n = 2.
- V = 1 mL.
- D = 10⁻³.
UFC·g⁻¹ = 168 / (2 × 1 × 10⁻³) = 168 / 0,002 = 8,4 × 10⁴ UFC·g⁻¹.
c) 8,4 × 10⁴ < 5 × 10⁵ → **conforme**. La viande présente une charge microbienne acceptable, à condition de respecter la chaîne du froid.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|---|------------------|-------------|--------------------------------------|
| 1 | Oublier de vortexer la suspension mère après chaque dilution | Heterogénéité → sous‑ ou sur‑estimation des UFC | Toujours vortexer 10 s avant de prélever l’aliquot pour la dilution suivante. |
| 2 | Utiliser une pointe de pipette non changée entre deux dilutions | Contamination croisée → faux positifs | Changer la pointe à chaque transfert; utiliser des pointes filtrées si possible. |
| 3 | Incuber les plaques de levures/moisissures à 30 °C au lieu de 25 °C | Inhibition de certaines espèces → résultat sous‑estimé | Respecter scrupulumment la température indiquée dans le protocole (25 ± 1 °C). |
| 4 | Ne pas réaliser de témoin négatif (eau peptonnée stérile) | Impossible de détecter une contamination de l’environnement | Inclure au moins un témoin négatif par série de dilutions; le rejeter s’il montre des colonies. |
| 5 | Manipuler des pathogènes sans hotte de sécurité biologique | Risque d’infection du personnel | Travailler toujours sous hotte de classe II lorsqu’on manipule Salmonella, Listeria, E. coli O157:H7, S. aureus. |
| 6 | Autoclaver les déchets à une température insuffisante (ex. 100 °C) | Survival de spores ou de pathogènes → risque environnemental | Vérifier que l’autoclave atteint 121 °C, 15 psi pendant au moins 20 min; utiliser un indicateur biologique (Bacillus stearothermophilus) pour chaque cycle. |
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*Fin du cours.*
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