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Chapitre 20

Éléments d'immunologie générale (partie 3/3)

Lecture : 15 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire les étapes physiopathologiques de la réaction inflammatoire aiguë et chronique. - Identifier les principaux médiateurs cellulaires et chimiques de l’inflammation et expliquer leur rôle. - Distinguer les quatre types d’hypersensibilité selon la classification de Gell et Coombs, en précisant les mécanismes immunologiques, les cellules effectrices et les manifestations cliniques. - Réaliser, en respectant les normes de biosécurité, un prélèvement biologique destiné à la mise en évidence d’une réaction inflammatoire ou d’une hypersensibilité (exsudat, test cutané, dosage d’IgE). - Interpréter les résultats d’un test d’allergie (prick‑test, dosage d’IgE) et proposer une conduite à tenir adaptée au contexte camerounais (exposition aux pollens, aux acariens, aux aliments locaux). **Prérequis :** - Notions de base en immunité innée et adaptée (leçons 1‑19). - Connaissances en histologie des tissus conjonctifs et vasculaires. - Règles d’hygiène et de sécurité en laboratoire de biologie médicale (port des EPP, manipulation des échantillons biologiques, élimination des déchets). --- ## Introduction contextualisée Au Cameroun, les affections inflammatoires (arthrite, dermatites, infections respiratoires) et les réactions d’hypersensibilité (asthme, rhinite allergique, allergies alimentaires aux arachides ou au manioc) représentent une part importante des motifs de consultation en première ligne. Le technicien de laboratoire doit donc maîtriser les mécanismes sous‑jacents à ces réponses immunitaires afin de réaliser des analyses fiables, d’interpréter les résultats dans le respect des bonnes pratiques et de conseiller les prescripteurs sur la prévention et la prise en charge. Ce chapitre présente, de façon progressive, les réactions inflammatoires puis les hypersensibilités, en insistant sur les aspects techniques rencontrés en atelier de biologie médicale (prélèvement d’exsudat, mise en culture, lecture de tests cutanés, dosage d’IgE par ELISA). --- ## I. Réactions inflammatoires (Leçon 20) ### Définition et phases > **La réaction inflammatoire est la réponse vasculaire et tissulaire immédiate à une lésion ou à une agression, visant à éliminer l’agent nocif, à limiter la propagation du dommage et à initier la réparation.** Elle se déroule en trois phases : 1. **Phase vasculaire** (vasodilatation, augmentation de la perméabilité capillaire). 2. **Phase cellulaire** (migration et activation des leucocytes). 3. **Phase de résolution** (phagocytose des débris, libération de facteurs anti‑inflammatoires, remodelage tissulaire). ### Mediateurs cellulaires et chimiques > **Les médiateurs de l’inflammation sont classés en deux catégories :** - **Cellulaires** : neutrophiles, macrophages, mastocytes, plaquettes, lymphocytes. - **Chimiques** : amines (histamine, sérotonine), dérivés de l’acide arachidonique (prostaglandines, leucotriènes), cytokines (IL‑1β, TNF‑α, IL‑6), composés du complément (C3a, C5a), oxyde nitrique (NO), espèces réactives de l’oxygène (ROS). Chaque médiateur possède une demi‑vie et un site d’action spécifiques ; par exemple, l’histamine agit en quelques secondes sur les récepteurs H1 des cellules endothéliales, tandis que le TNF‑α possède une demi‑vie d’environ 6 h et agit sur la transcription de gènes pro‑inflammatoires. ### Étapes du processus inflammatoire 1. **Déclenchement** : reconnaissance d’un PAMP (Pathogen‑Associated Molecular Pattern) ou d’un DAMP (Damage‑Associated Molecular Pattern) par les récepteurs de pattern recognition (TLR, NLR). 2. **Activation des cellules résidentes** (macrophages, mastocytes) → libération d’histamine et de cytokines. 3. **Vasodilatation** médiée par l’histamine et le NO → augmentation du débit sanguin (rubor, calor). 4. **Augmentation de la perméabilité vasculaire** → exsudation de plasma riche en protéines (fibrinogène, immunoglobulines) → formation d’un exsudat. 5. **Chimiotaxie** des neutrophiles via IL‑8 et C5a → adhésion (selectines, intégrines) et diapédèse. 6. **Phagocytose** et libération de ROS, myéloperoxydase, protéases. 7. **Résolution** : apoptose des neutrophiles, phagocytose par les macrophages, sécrétion de TGF‑β et IL‑10, dépôt de collagène. ### Exemple professionnel : prélèvement et observation d’un exsudat En laboratoire d’analyses médicales au Cameroun, un prélèvement d’exsudat cutané (ex. : plaie infectée) se fait selon la procédure suivante : 1. **Préparation** : porter gants stériles, masque, lunettes de protection ; nettoyer la zone avec une solution antiseptique à base de chlorhexidine 0,5 %. 2. **Aspiration** : à l’aide d’une seringue stérile de 5 mL, prélever 1–2 mL de liquide sous pression négative douce. 3. **Conditionnement** : transférer l’exsudat dans un tube contenant un anticoagulant (EDTA) pour les cellules, et un autre tube sans anticoagulant pour le dosage des protéines totales (méthode de Biuret). 4. **Analyse** : - **Numération formule sanguine** sur l’échantillon EDTA (automate hematologique). - **Coloration de Gram** sur une lame étalée, séchage à l’air, fixation à la chaleur, coloration selon le protocole standard. - **Mesure de la protéine totale** : lecture d’absorbance à 540 nm, comparaison à une étalon de BSA (0–10 g/L). > **Règle de sécurité** : tout contact avec un exsudat potentiellement infectieux doit être suivi d’une décontamination immédiate des surfaces avec une solution d’hypochlorite de sodium à 0,5 % pendant 10 min. ### Tableau récapitulatif des principaux médiateurs de l’inflammation | Médiateur | Origine | Action principale | Demi‑vie approximative | |-----------|---------|-------------------|------------------------| | Histamine | Mastocytes, basophiles | Vasodilatation, augmentation de la perméabilité | < 1 min | | TNF‑α | Macrophages, monocytes | Activation endothelium, fièvre, cachexie | ~6 h | | IL‑1β | Macrophages | Induction de COX‑2, synthèse de PGE₂ | ~4–6 h | | PGE₂ | Cellules endothéliales (via COX‑2) | Vasodilatation, douleur, fièvre | ~5 min | | Leucotriène B4 | Neutrophiles, macrophages | Chimiotaxie des neutrophiles | < 5 min | | C5a | Complément (activation classique/alternative) | Chimiotaxie, activation des phagocytes | < 10 min | | NO | Endothélium (iNOS) | Vasodilatation, inhibition de l’adhésion leucocytaire | ~2 s | | ROS | Phagocytes (NADPH oxidase) | Tuer les microbes, signalisation | millisecondes | --- ## II. Hypersensibilité (Leçon 21) ### Définition et classification > **L’hypersensibilité désigne une réponse immunitaire exagérée ou inappropriée qui provoque des lésions tissulaires chez l’individu sensibilisé.** Selon la classification de Gell et Coombs (1963), on distingue quatre types : | Type | Mécanisme immunologique | Cellules/effeteurs principaux | Temps d’apparition | Exemples cliniques | |------|------------------------|------------------------------|--------------------|--------------------| | I | IgE fixées sur mastocytes/basophiles → dégranulation lors de re‑exposition à l’antigène | Mastocytes, basophiles, éosinophiles | Minutes à quelques heures | Rhinite allergique, asthme, urticaire, anaphylaxie | | II | IgG ou IgM dirigées contre antigènes de surface cellulaire → activation du complément ou phagocytose | Cellules cibles (érythrocytes, plaquettes, cellules thyroïdiennes) | Quelques heures | Anémie hémolytique auto‑immune, purpura thrombopénique, maladie de Goodpasture | | III | Complexes immuns solubles (Ag‑Ab) déposés dans les tissus → activation du complément et inflammation | Neutrophiles, macrophages | 3–8 h | Lupus érythémateux systémique, arthrite sero‑négative, maladie des dépôts d’IgA | | IV | Lymphocytes T sensibilisés (Th1, Tc) libèrent des cytokines et cytotoxines → inflammation cellulaire | Lymphocytes T CD4⁺ (Th1), CD8⁺ (Tc), macrophages | 24–72 h | Dermatite de contact, tuberculose cutanée, rejet de greffe | ### Types I‑IV : mécanismes détaillés #### Type I (réaction immédiate) - **Sensibilisation** : première exposition → différenciation des lymphocytes B en plasmocytes produisant des IgE spécifiques. - **Fixation** : IgE se lient aux récepteurs FcεRI sur mastocytes et basophiles. - **Déclenchement** : re‑exposition → réticulation des IgE → dégranulation → libération d’histamine, leucotriènes, prostaglandines, cytokines (IL‑4, IL‑5, IL‑13). - **Effets** : vasodilatation, augmentation de la perméabilité, bronchoconstriction, sécrétion de mucus, recrutement d’éosinophiles. #### Type II (cytotoxique) - **Anticorps** : IgG ou IgM reconnaissent des antigènes membranaires. - **Effeteurs** : activation du complément (C3b → opsonisation, C5a → chimiotaxie) ou recrutement de cellules NK via FcγR (ADCC). - **Conséquence** : lyse cellulaire, phagocytose, inflammation locale. #### Type III (complexes immuns) - **Formation** : excès d’antigène ou d’anticorps entraîne des complexes solubles qui échappent à la clairance phagocytaire. - **Déposition** : dans les vaisseaux glomérulaires, synoviaux ou cutanés. - **Effet** : activation du complément → libération de C5a → recrutement de neutrophiles → libération d’enzymes protéolytiques et de ROS → dommages tissulaires. #### Type IV (retardée) - **Activation** : lymphocytes T spécifiques reconnaissent des peptides présentés par les molécules MHC de cellules présentatrices (macrophages, cellules dendritiques). - **Cytokines** : IFN‑γ, TNF‑α → activation des macrophages → production de ROS et d’enzymes lysosomales. - **Effet** : inflammation granulomateuse, nécrose tissulaire. ### Tests diagnostiques en laboratoire | Test | Principe | Application | Interprétation | |------|----------|-------------|----------------| | **Prick‑test** (cutané) | Déposition d’une goutte d’allergène sur la peau, légère piqûre à travers la goutte. | Détection d’hypersensibilité de type I (pollen, acariens, aliments). | Papule ≥ 3 mm de diamètre après 15–20 min = positif. | | **Dosage d’IgE totale** (ELISA) | Capture d’IgE sur anticorps anti‑IgE, révélation par enzyme conjuguée. | Évaluation de l’état atopique, suivi de thérapie. | Valeurs > 100 UI/mL chez l’adulte suggèrent atopie. | | **Test de lymphocyte transformation (LTT)** | Proliferation des lymphocytes T en présence d’antigène spécifique, mesure de l’incorporation de ^3H‑thymidine ou de CFSE. | Détection d’hypersensibilité de type IV (métaux, médicaments). | Index de stimulation ≥ 2 = positif. | | **Dosage de complexes immuns** (PEG precipitation) | Précipitation des complexes immuns par PEG, mesure de la turbidité. | Suspicion de lupus, vasculites. | Niveau élevé = indication de pathologie immunologique. | ### Exemple professionnel : réalisation d’un test cutané d’allergie au pollen de *Pennisetum purpureum* (herbe éléphant) Au Cameroun, l’herbe éléphant est largement utilisée comme fourrage ; son pollen peut provoquer des rhinites saisonnières chez les travailleurs agricoles. 1. **Matériel** : lancette stérile, solution saline, extrait de pollen (10 µg/mL), contrôles positif (histamine 10 µg/mL) et négatif (saline). 2. **Procédé** : - Nettoyer la face interne de l’avant‑bras avec une compresse imbibée d’alcool à 70 %. - Déposer 10 µL de chaque extrait et des contrôles à 2 cm d’intervalle. - Percer la peau à travers chaque goutte avec la lancette (profondeur ~1 mm). - Laisser agir 15 min, puis mesurer le diamètre de la papule entourée d’érythème. 3. **Interprétation** : - Papule ≥ 3 mm → sensibilisation au pollen de *Pennisetum purpureum*. - Contrôle négatif doit rester < 2 mm ; contrôle positif doit être ≥ 5 mm (validation du test). 4. **Sécurité** : prévoir un kit d’adrénaline (0,15 mg IM) en cas de réaction systémique rare ; surveiller le patient 30 min après le test. > **Rappel de bonne pratique** : les tests cutanés doivent être réalisés dans un espace dédié, éloigné des zones de préparation de réactifs, avec un affichage clair des consignes d’urgence. ### Tableau récapitulatif des types d’hypersensibilité | Type | Anticorps/Cellule | Effeteur principal | Temps de réaction | Exemple de test diagnostique | |------|-------------------|--------------------|-------------------|------------------------------| | I | IgE fixée sur mastocytes | Histamine, leucotriènes | Minutes | Prick‑test, dosage IgE spécifique | | II | IgG/IgM anti‑cellule | Complément, NK cells | Heures | Test de Coombs direct, dosage d’auto‑anticorps | | III | Complexes immuns solubles | Neutrophiles, complément | 3–8 h | Dosage de complexes immuns (PEG), C3, C4 | | IV | Lymphocytes T (Th1/Tc) | Cytokines (IFN‑γ, TNF‑α), macrophages | 24–72 h | LTT, patch test | --- ## Synthèse du chapitre - La réaction inflammatoire comporte trois phases (vasculaire, cellulaire, résolution) et repose sur des médiateurs cellulaires (neutrophiles, macrophages) et chimiques (histamine, cytokines, complément, NO, ROS). - L’hypersensibilité est classée en quatre types (I‑IV) selon les mécanismes immunologiques (IgE, IgG/IgM, complexes immuns, lymphocytes T) et les cellules effectrices. - Chaque type possède un délai d’apparition caractéristique et des manifestations cliniques spécifiques (ex. : rhinite allergique pour le type I, anémie hémolytique auto‑immune pour le type II, lupus pour le type III, dermatite de contact pour le type IV). - Les outils de diagnostic en laboratoire comprennent les tests cutanés (prick‑test), le dosage d’IgE (ELISA), le test de lymphocyte transformation et la mesure des complexes immuns. - En contexte camerounais, les prélèvements d’exsudat et les tests cutanés doivent respecter les normes de biosécurité (EPP, décontamination à l’hypochlorite, disponibilité d’adrénaline). --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Inflammation aiguë** | Réponse vasculaire et tissulaire immédiate, de durée limitée (minutes à quelques heures), visant à éliminer l’agent nocif. | | **Médiateur** | Substance libérée par une cellule qui modifie l’activité d’une autre cellule (ex. : histamine, TNF‑α). | | **Degranulation** | Libération rapide du contenu des granules cytoplasiques des mastocytes ou basophiles lors de l’activation IgE‑dépendante. | | **Opsonisation** | Recouvrement d’un pathogène par des molécules (anticorps, C3b) qui facilitent sa reconnaissance par les phagocytes. | | **Complexe immun** | Association d’un antigène avec son anticorps spécifique, pouvant rester en circulation ou se déposer dans les tissus. | | **Lymphocyte T helper 1 (Th1)** | Sous‑population de lymphocytes T produisant de l’IFN‑γ, activant les macrophages dans l’immunité cellulaire et l’hypersensibilité de type IV. | | **Patch test** | Test cutané d’allergie de type IV où l’allergène est appliqué sous pansement occlusif pendant 48 h. | | **ELISA (Enzyme‑Linked Immunosorbent Assay)** | Technique immunoenzymatique permettant la quantification d’un antigène ou d’un anticorps dans un échantillon biologique. | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Dosage d’IgE totale par ELISA Un technicien de laboratoire reçoit un sérum de patient présentant une rhinite allergique saisonnière. Le dosage d’IgE totale est réalisé selon le protocole suivant : - **Étalon** : préparation d’une série de concentrations d’IgE humaine purifiée (0, 25, 50, 100, 200 UI/mL). - **Mesure** : absorbance lue à 450 nm après révélation avec le substrat TMB. - **Résultats** : | Concentration d’IgE (UI/mL) | Absorbance (moyenne) | |-----------------------------|----------------------| | 0 | 0,045 | | 25 | 0,112 | | 50 | 0,190 | | 100 | 0,340 | | 200 | 0,610 | | Échantillon patient | 0,260 | **Question** : Calculer la concentration d’IgE de l’échantillon patient par interpolation linéaire entre les deux points les plus proches. **Corrigé** : L’absorbance de l’échantillon (0,260) se situe entre celles de 50 UI/mL (0,190) et 100 UI/mL (0,340). On utilise la formule d’interpolation linéaire : \[ C = C_1 + \frac{(A - A_1) \times (C_2 - C_1)}{(A_2 - A_1)} \] où : - \(C_1 = 50\) UI/mL, \(A_1 = 0,190\) - \(C_2 = 100\) UI/mL, \(A_2 = 0,340\) - \(A = 0,260\) \[ C = 50 + \frac{(0,260 - 0,190) \times (100 - 50)}{(0,340 - 0,190)} = 50 + \frac{0,070 \times 50}{0,150} = 50 + \frac{3,5}{0,150} = 50 + 23,33 \approx 73,3 \text{ UI/mL} \] **Réponse** : la concentration d’IgE totale de l’échantillon est d’environ **73 UI/mL**. > **À retenir** : l’interpolation linéaire est valable tant que la réponse de l’essai est linéaire dans l’intervalle considéré (ici entre 50 et 100 UI/mL). ### Exercice 2 – Interprétation d’un prick‑test Un travailleur agricole présente des éternuements et une congestion nasale après exposition à l’herbe éléphant (*Pennisetum purpureum*). Un prick‑test est réalisé avec les extraits suivants : pollen d’herbe éléphant, histamine (contrôle positif), solution saline (contrôle négatif). Les mesures des papules après 15 min sont : - Pollen d’herbe éléphant : 4 mm - Histamine : 6 mm - Saline : 1 mm **Question** : Interpréter ces résultats et préciser la conduite à tenir. **Corrigé** : - Le contrôle négatif (saline) donne une papule de 1 mm (< 2 mm) → test valide. - Le contrôle positif (histamine) donne une papule de 6 mm (≥ 3 mm) → test valide. - La réaction au pollen d’herbe éléphant mesure 4 mm, supérieure au seuil de positivité (≥ 3 mm) → **test positif**, indiquant une sensibilisation de type I au pollen de cette plante. **Conduite à tenir** : 1. Informer le patient de l’allergie identifiée. 2. Conseiller l’évitement autant que possible (port de masque filtrant lors de la manipulation de l’herbe, pause pendant les périodes de forte émission de pollen). 3. Prescrire un antihistaminique de deuxième génération (ex. : cétirizine 10 mg/j) en cas de symptômes. 4. Envisager une immunothérapie spécifique si les symptômes sont sévères et persistants (disponible dans certains centres de référence au Cameroun). 5. Réévaluer après 3–6 mois selon l’évolution clinique. > **À retenir** : un prick‑test positif nécessite toujours la mise en place de mesures d’évitement et/ou de traitement symptomatique, sous surveillance médicale. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |----|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | Oublier de porter des gants lors de la manipulation d’exsudat ou de réactifs biologiques. | Risque de contamination croisée et d’exposition à des agents pathogènes (VIH, hépatites). | Toujours porter des gants nitrile non stériles, les changer entre chaque échantillon et se laver les mains après retrait. | | 2 | Utiliser une lancette non stérile pour le prick‑test. | Introduction de bactéries pouvant provoquer une infection locale ou une réaction fausse positive. | Utiliser exclusivement des lancettes stériles à usage unique, les jeter dans un conteneur d’objets tranchants après chaque test. | | 3 | Interpréter un résultat d’ELISA sans vérifier la linéarité de l’étalon dans l’intervalle de mesure. | Sous‑ ou sur‑estimation de la concentration d’IgE, leading to mauvais diagnostic. | Tracer la courbe d’étalon, vérifier le coefficient de corrélation (R² ≥ 0,98) et ne pas extrapoler hors de l’intervalle linéaire. | | 4 | Laisser un tube contenant un exsudat à température ambiante pendant plus de 2 h avant l’analyse. | Dégradation des cellules et des médiateurs, résultats faussement négatifs. | Placer immédiatement les échantillons sur glace ou à 4 °C et les analyser dans les 30 min suivant le prélèvement (ou ajouter un stabilisateur si le délai est inévitable). | | 5 | Négliger la décontamination du plan de travail après un test cutané positif. | Risque de sensibilisation croisée du personnel ou des patients suivants. | Nettoyer la surface avec un désinfectant de niveau intermédiaire (ex. : solution d’alcool à 70 % ou hypochlorite 0,5 %) pendant au moins 10 min, puis rincer à l’eau. | | 6 | Ne pas disposer d’une dose d’adrénaline immédiatement disponible lors d’un prick‑test. | En cas de réaction anaphylactique sévère, retard de traitement pouvant être fatal. | Avoir toujours une seringue préremplie d’adrénaline (0,15 mg IM) et un masque à oxygène à portée de main lors de chaque séance de tests cutanés. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le caractère essentiel de la réaction inflammatoire aiguë ?
  2. 2. Quel signe clinique n'est pas parmi les cinq signes classiques de l'inflammation ?
  3. 3. Quel médiateur est libéré principalement par les mastocytes lors de la dégranulation immédiate de l'hypersensibilité de type I ?
  4. 4. Un patient présente un œdème du visage après ingestion de cacahuètes. Quel type d'hypersensibilité est le plus probablement impliqué ?
  5. 5. Dans une réaction de type IV (hypersensibilité retardée), quel type cellulaire est principalement responsable du dommage tissulaire ?
  6. 6. Un test de tuberculine (PPD) positif après 48-72h indique une réponse d'hypersensibilité de quel type ?
  7. 7. Lors d'une réaction inflammatoire aiguë, la perméabilité capillaire augmente, entraînant un exsudat riche en protéines. Si le taux de protéines plasmatiques est de 7 g/dL et que l'exsudat contient 3,5 g/dL, quel est le coefficient de fuite approximatif ?
  8. 8. Un patient sous traitement anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) présente une diminution de la synthèse des prostaglandines. Quel effet cela a-t-il sur la phase vasodilatatoire de l'inflammation ?
  9. 9. Dans une réaction d'hypersensibilité de type III, les complexes immuns se déposent principalement dans quel compartiment entraînant une lésion ?
  10. 10. Une déficience en C1-estérase inhibiteur entraîne une activation incontrôlée du complément. Quel type d'hypersensibilité ou quelle pathologie est-elle associée ?