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Chapitre 10

Préparation

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - tracer le parcours d’une canalisation d’adduction en respectant les contraintes topographiques, les servitudes et les normes de sécurité ; - choisir le support (type de tuyau, revêtement, protection) adapté au fluide, à la pression de service et aux conditions d’environnement ; - réaliser une synthèse technique (schéma, notice de pose, calculs de pertes de charge) d’un réseau d’adduction et de distribution ; - mettre en œuvre une activité d’intégration qui simule la conception d’un tronçon de réseau dans un contexte professionnel camerounais (chantier d’alimentation d’un quartier ou d’un établissement scolaire). **Prérequis** : - notions de base en hydraulique (débit, vitesse, pression, charge hydraulique) ; - connaissance des unités du Système international (m, m³/s, Pa, N/m²) ; - lecture de plans topographiques et de schematics simples ; - règles de sécurité sur les chantiers (port des EPI, signalisation, prévention des risques liés aux travaux souterrains). --- ## Introduction contextualisée Dans les zones urbaines et semi‑urbaines du Cameroun, l’alimentation en eau potable repose sur des réseaux d’adduction qui captent l’eau depuis des sources (forages, retenues, rivières) et la distribuent jusqu’aux points de consommation (habitations, écoles, centres de santé). La conception de ces réseaux doit allier performance hydraulique, durabilité des ouvrages et respect des normes environnementales et de sécurité définies par le MINESEC/IGE et le MINTP. Le présent chapitre aborde successivement le tracé du parcours, le choix des supports et la synthèse des éléments techniques, puis propose une activité d’intégration permettant de mettre en pratique les acquis dans une situation professionnelle réaliste. --- ## I. Leçon 21 : Tracé de parcours ### 1. Définition et enjeux > Le tracé de parcours désigne la représentation géométrique du trajet que suivra une canalisation d’adduction entre le point de captage et le réseau de distribution, en tenant compte des contraintes du terrain, des servitudes légales et des impératifs de sécurité. ### 2. Étapes de réalisation | Étape | Action principale | Outils / Documents | Précautions | |-------|-------------------|--------------------|-------------| | 2.1 | Analyse du terrain (courbes de niveau, obstacles) | Carte IGN, relevé GPS, niveau laser | Vérifier la stabilité du sol (risque de glissement) | | 2.2 | Détermination du tracé optimal (plus court, moindre dénivelé) | Logiciel de DAO (QCAD, LibreCAD) ou papier millimétré | Respecter la pente minimale pour éviter les poches d’air (0,5 % généralement) | | 2.3 | Vérification des servitudes et autorisations | Plans d’urbanisme, autorisations MINTP | Obtenir les accords de passage sur propriétés privées | | 2.4 | Implantation sur le terrain | Jalons, peinture de traçage, cordeau | Baliser clairement le tracé avant fouille | | 2.5 | Contrôle du tracé réalisé | Nivellement, ruban métrique | S’assurer que l’écart avec le tracé théorique < 5 cm | ### 3. Règles de pente et de vitesse - Pente minimale recommandée : **0,5 %** (5 mm/m) pour garantir l’écoulement gravitaire sans stagnation. - Vitesse d’écoulement admissible dans les conduites d’adduction : **0,6 – 1,5 m/s** (en dessous de 0,6 m/s risque de dépôt ; au‑delà de 1,5 m/s risque d’usure et de cavitation). ### 4. Exemple de tracé sur un terrain accidenté Supposons un captage situé à 120 m d’altitude et un réservoir de distribution à 95 m. La distance horizontale mesurée sur le plan est de 800 m. - Dénivelé total = 120 – 95 = **25 m** (descente). - Pente moyenne = 25 m / 800 m = **0,03125 = 3,125 %** (well above the minimum, donc acceptable). - On pourra toutefois introduire des sections horizontales ou légèrement ascendantes pour éviter une vitesse excessive ; on répartira la pente en trois tronçons de longueur égale (≈ 266,7 m chacun) avec des pentes de 2,5 %, 3,5 % et 3,2 % respectivement. Vérification : dénivelé apporté = 266,7 × 0,025 + 266,7 × 0,035 + 266,7 × 0,032 ≈ 6,67 + 9,33 + 8,53 = 24,53 m, proche du dénivelé disponible ; les 0,5 m restant peuvent être absorbés par de légères variations de terrain ou une petite ajustement de longueur. > La pente moyenne doit rester comprise entre 0,5 % et 5 % pour éviter à la fois les dépôts et l’usure prématurée des parois. ### 5. Normes de sécurité liées au tracé - Distance minimale par rapport aux réseaux électriques aériens : **3 m** (ou selon la norme NF C 15-100). - Distance minimale par rapport aux ouvrages d’assainissement : **1,5 m** pour éviter les contaminations croisées. - Signalisation obligatoire lors des travaux de fouille : panneaux “Travaux en cours – Déviation obligatoire”. --- ## II. Leçon 22 : Supports + Synthèse ### 1. Choix du support (type de tuyau) | Critère | Tuyau PVC‑U | Tuyau PE‑HD | Tuyau Fonte ductile | Tuyau Acier galvanisé | |---------|------------|------------|---------------------|-----------------------| | Pression de service (bar) | ≤ 16 | ≤ 25 | ≤ 40 | ≤ 25 | | Résistance à la corrosion | Bonne (eau non agressive) | Excellente | Moyenne (nécessite revêtement) | Faible (nécessite protection cathodique) | | Flexibilité | Rigide | Semi‑flexible | Rigide | Rigide | | Durée de vie typique | 25‑30 ans | 30‑50 ans | 40‑50 ans | 20‑30 ans | | Coût relatif (indice 100) | 80 | 90 | 130 | 110 | | Applications courantes | Adduction basse pression, réseaux domestiques | Adduction moyenne à haute pression, zones sismiques | Adduction haute pression, refoulement | Adduction industrielle, réseaux de feu | > Le choix du support se fait en fonction de la pression de service, de la nature du sol (acidité, présence de sulfates) et du budget disponible. ### 2. Protection et revêtement - **Gaine protectrice** (géotextile, bande d’enrobage) pour les tuyaux enterrés dans des sols agressifs. - **Revêtement époxy** intérieur pour les tuyaux en fonte afin de réduire la rugosité et prévenir la corrosion. - **Protection cathodique** (anodes sacrificielles) pour les tuyaux en acier dans les milieux humides. ### 3. Raccordements et accessoires - **Raccords mécaniques** (brides, colliers) pour les tuyaux rigides (PVC, fonte). - **Raccords à souder** (fusion bout à bout) pour le PE‑HD. - **Vannes d’arrêt**, **clapets anti‑retour**, **purgeurs d’air** installés selon les points hauts et bas du tracé. - **Regard de visite** tous les 30‑50 m pour permettre l’inspection et le nettoyage. ### 4. Synthèse technique d’un tronçon #### 4.1. Données du projet (exemple) - Fluide : eau potable, température 20 °C, densité ρ = 998 kg/m³, viscosité dynamique μ = 1,0 × 10⁻³ Pa·s. - Débit de conception Q = 0,025 m³/s (25 L/s). - Diamètre nominal choisi : DN 150 (D = 0,150 m). - Longueur du tronçon L = 350 m. - Matériau : PE‑HD, coefficient de rugosité k = 0,007 mm (pour Darcy‑Weisbach) ; coefficient Hazen‑Williams C = 130. #### 4.2. Calcul de la vitesse moyenne \[ v = \frac{Q}{A} = \frac{Q}{\pi D^{2}/4} \] \[ A = \frac{\pi (0,150)^{2}}{4} = 0,01767\ \text{m}² \] \[ v = \frac{0,025}{0,01767} = 1,415\ \text{m/s} \] > La vitesse obtenue (1,41 m/s) se situe dans l’intervalle admissible (0,6‑1,5 m/s). #### 4.3. Perte de charge linéaire (formule de Hazen‑Williams) \[ h_f = 10,67 \, L \, \left(\frac{Q}{C}\right)^{1,85} D^{-4,87} \] où : - \(L\) en mètres, - \(Q\) en m³/s, - \(C\) = coefficient Hazen‑Williams (130 pour PE‑HD), - \(D\) en mètres. Calcul : \[ \frac{Q}{C} = \frac{0,025}{130} = 1,923\times10^{-4} \] \[ \left(\frac{Q}{C}\right)^{1,85} = (1,923\times10^{-4})^{1,85} = 1,34\times10^{-7} \] \[ D^{-4,87} = (0,150)^{-4,87} = 1,02\times10^{4} \] \[ h_f = 10,67 \times 350 \times 1,34\times10^{-7} \times 1,02\times10^{4} \] \[ h_f = 10,67 \times 350 \times 1,37\times10^{-3} \] \[ h_f = 10,67 \times 0,4795 = 5,12\ \text{m} \] > La perte de charge linéaire sur ce tronçon est d’environ **5,1 m de colonne d’eau** (≈ 0,5 bar). #### 4.4. Vérification de la pression résiduelle Pression au départ du tronçon (réservoir) : \(P_0 = 3,0\) bar (30 m CE). Perte de charge linéaire : \(h_f \approx 5,1\) m CE ≈ 0,5 bar. Pression à l’arrivée : \(P_1 = P_0 - h_f = 3,0 - 0,5 = 2,5\) bar (≈ 25 m CE). Cette pression reste suffisante pour alimenter les points de consommation situés en aval (exigence minimale 1,5 bar). #### 4.5. Schéma de synthèse (description) - **Plan en coupe** montrant le tracé, la profondeur d’enfouissement (0,8 m), le lit de sable (0,10 m) et le remblai. - **Tableau des accès** : regards tous les 40 m, vanne d’arrêt à l’entrée et à la sortie, purgeur d’air au point haut (côte 98 m). - **Notice de pose** : étapes de fouille, mise en place du lit de sable, pose du tuyau PE‑HD par soudure bout à bout, remblayage en couches de 0,20 m compactées à 95 % du Proctor. > La synthèse doit contenir : (i) le schéma de principe, (ii) le calcul des pertes de charge, (iii) le choix du support avec justification, (iv) les détails de mise en œuvre et les consignes de sécurité. --- ## III. Activités d’intégration ### 1. Mise en situation professionnelle Le lycée technique de Yaoundé souhaite alimenter son nouveau bloc scientifique en eau potable. Le point de captage est un forage situé à 115 m d’altitude, le réservoir de distribution se trouve à 90 m d’altitude, à 620 m horizontalement du forage. Le débit de pointe prévu est de 0,030 m³/s. ### 2. Consignes de l’activité 1. Réaliser le tracé du parcours sur un plan topographique (échelle 1:500) en respectant la pente minimale et les servitudes (distance ≥ 2 m des réseaux électriques). 2. Choisir le support le plus adapté parmi PVC‑U, PE‑HD et Fonte ductile, en justifiant le choix par la pression de service estimée et la nature du sol (sol légèrement acide, pH ≈ 5,8). 3. Effectuer le calcul des pertes de charge linéaires et vérifier que la pression résiduelle au réservoir dépasse 1,5 bar. 4. Dessiner le schéma de synthèse (plan en coupe, tableau des regards, notice de pose). 5. Rédiger un bref rapport de chantier incluant les consignes de sécurité (EPI, signalisation, prévention des risques d’effondrement de fouille). ### 3. Livrables attendus - Plan tracé annoté (crayon ou logiciel DAO). - Tableau de justification du support. - Feuille de calcul des pertes de charge (avec formules). - Schéma de synthèse (plan en coupe + élévation). - Notice de pose (5‑6 étapes). - Checklist de sécurité (au moins 8 points). ### 4. Barème d’évaluation (indicatif) | Critère | Points | |---------|--------| | Qualité du tracé (respect pente, servitudes) | 4 | | Pertinence du choix du support (justification) | 3 | | Exactitude du calcul des pertes de charge | 4 | | Clarté et complétude du schéma de synthèse | 3 | | Conformité de la notice de pose aux bonnes pratiques | 3 | | Respect des consignes de sécurité | 3 | | **Total** | **20** | --- ## Synthèse du chapitre - **Tracé de parcours** : analyse du terrain, détermination de la pente (0,5 %‑5 %), respect des servitudes, implantation sur le terrain, contrôle géométrique. - **Supports** : choix selon pression, corrosion, coût ; tableau comparatif PVC‑U, PE‑HD, Fonte, Acier ; protections (gaine, revêtement époxy, cathodique). - **Synthèse technique** : schéma de principe, calcul des pertes de charge (Hazen‑Williams ou Darcy‑Weisbach), notice de pose, tableau des regards et accessoires. - **Activité d’intégration** : mise en situation réelle (alimentation d’un bloc scientifique), livrables (plan, justificatif, calcul, schéma, notice, checklist sécurité). - **Règles de sécurité** : distances minimale aux réseaux électriques et d’assainissement, port des EPI, signalisation de fouille, prévention des effondrés, contrôle de la qualité de l’eau (chloration, analyse bactériologique). > **À retenir** : la pente minimale de 0,5 % évite les dépôts ; la vitesse d’écoulement doit rester entre 0,6 et 1,5 m/s ; le coefficient Hazen‑Williams C = 130 pour le PE‑HD permet une estimation rapide des pertes de charge. --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | **Adduction** | Ensemble des ouvrages qui captent l’eau brute et la conduisent jusqu’au réservoir de distribution ou directement au réseau de distribution. | | **Distribution** | Réseau de canalisations qui délivre l’eau potable du réservoir aux points de consommation (habitations, équipements publics). | | **Tracé de parcours** | Représentation géométrique du trajet d’une canalisation entre deux points, en tenant compte du terrain, des servitudes et des contraintes de pente. | | **Support (tuyau)** | Matériau constituant la conduite d’adduction ou de distribution (PVC‑U, PE‑HD, fonte ductile, acier). | | **Perte de charge linéaire** | Diminution de la pression hydraulique due au frottement de l’eau contre la paroi du tuyau, exprimée en mètres de colonne d’eau (m CE). | | **Coefficient Hazen‑Williams (C)** | Paramètre empirique caractérisant la rugosité interne d’un tuyau ; plus C est élevé, moindre est la perte de charge. | | **Pente minimale** | Inclinaison la plus faible permettant un écoulement gravitaire sans stagnation (généralement 0,5 %). | | **Regard de visite** | Ouvrable installé sur la conduite permettant l’accès pour inspection, nettoyage ou intervention. | | **Protection cathodique** | Technique électrochimique visant à réduire la corrosion des tuyaux métalliques en imposant un courant de protection. | | **EPI** | Équipements de Protection Individuelle (casque, gants, lunettes, chaussures de sécurité) obligatoires sur les chantiers. | | **NF** | Norme Française (ex. NF EN 12201 pour les tuyaux en PE‑HD). | | **MINTP** | Ministère des Travaux Publics du Cameroun, autorité de référence pour les travaux d’infrastructure. | | **MINESEC/IGE** | Ministère de l’Éducation de Base / Inspection Générale de l’Éducation, qui définit les programmes techniques du secondaire. | --- ## Exercices d’application corrigés ### Exercice 1 – Choix du support et calcul de perte de charge **Énoncé** : Un forage fournit de l’eau à un débit de 0,018 m³/s vers un réservoir situé 40 m en contrebas, à 500 m horizontalement. Le sol est légèrement alcalin (pH ≈ 8,2). Déterminer le matériau de tuyau le plus économique parmi PVC‑U, PE‑HD et Fonte ductile, puis calculer la perte de charge linéaire sur le tronçon en supposant un diamètre nominal DN 100. **Corrigé** : 1. **Pression hydrostatique disponible** : \[ \Delta P_{hydro}= \rho g \Delta h = 998 \times 9,81 \times 40 = 391\,000\ \text{Pa} \approx 3,9\ \text{bar} \] Cette pression suffit pour supporter des pertes de charge jusqu’à environ 2 bar sans descendre sous 1,5 bar de pression résiduelle. 2. **Choix du support** : - PVC‑U : pression nominale 16 bar, coût faible, bonne résistance à la corrosion en milieu alcalin. - PE‑HD : pression nominale 25 bar, coût légèrement supérieur, excellente résistance à la corrosion. - Fonte ductile : pression nominale 40 bar, coût élevé, nécessite revêtement intérieur en milieu alcalin pour éviter la corrosion. **Conclusion** : le PVC‑U offre un bon compromis pression/coût et est adapté au pH alcalin ; on le retiendra. 3. **Vitesse moyenne** (DN 100 → D = 0,100 m) : \[ A = \frac{\pi D^{2}}{4}=0,00785\ \text{m}² \] \[ v = \frac{Q}{A}= \frac{0,018}{0,00785}=2,29\ \text{m/s} \] Cette vitesse dépasse la limite supérieure recommandée (1,5 m/s). Il faut donc augmenter le diamètre. 4. **Nouveau diamètre choisi** : DN 150 (D = 0,150 m) (comme dans l’exemple de synthèse). \[ A = \frac{\pi (0,150)^{2}}{4}=0,01767\ \text{m}² \] \[ v = \frac{0,018}{0,01767}=1,02\ \text{m/s} \] Cette vitesse est dans l’intervalle admissible. 5. **Perte de charge linéaire (Hazen‑Williams, C = 130 pour PVC‑U)** : \[ h_f = 10,67 \, L \, \left(\frac{Q}{C}\right)^{1,85} D^{-4,87} \] \[ \frac{Q}{C}= \frac{0,018}{130}=1,385\times10^{-4} \] \[ \left(\frac{Q}{C}\right)^{1,85}= (1,385\times10^{-4})^{1,85}=7,3\times10^{-8} \] \[ D^{-4,87}= (0,150)^{-4,87}=1,02\times10^{4} \] \[ h_f = 10,67 \times 500 \times 7,3\times10^{-8} \times 1,02\times10^{4} \] \[ h_f = 10,67 \times 500 \times 7,45\times10^{-4}=10,67 \times 0,3725 = 3,97\ \text{m} \] Perte de charge ≈ **4,0 m CE** (0,4 bar). 6. **Pression résiduelle au réservoir** : \[ P_{rés}= P_{hydro} - h_f = 3,9\ \text{bar} - 0,4\ \text{bar}= 3,5\ \text{bar} \] Bien au‑dessus du seuil de 1,5 bar. **Réponse** : Tuyau PVC‑U DN 150, perte de charge 4,0 m CE, pression résiduelle suffisante. --- ### Exercice 2 – Tracé de parcours avec contraintes de servitude **Énoncé** : Sur un plan topographique (échelle 1:1000), un point de captage se trouve à la cote 130 m, un réservoir à la cote 100 m, distance horizontale 900 m. Une ligne électrique aérienne passe à 25 m du tracé théorique suivant la direction Nord‑Sud. Déterminer un tracé qui respecte : (i) pente minimale 0,5 %, (ii) distance minimale 3 m par rapport à la ligne électrique, (iii) longueur totale ne dépassant pas 950 m. **Corrigé** : 1. **Dénivelé disponible** : 130 – 100 = 30 m (descente). 2. **Proposition de tracé** : trois tronçons de longueur égale \(L = 300\) m (total 900 m). - Tronçon 1 : pente \(s_1 = 3,0\%\) → dénivelé \(Δz_1 = 300 \times 0,030 = 9,0\) m. - Tronçon 2 : pente \(s_2 = 3,5\%\) → dénivelé \(Δz_2 = 300 \times 0,035 = 10,5\) m. - Tronçon 3 : pente \(s_3 = 3,5\%\) → dénivelé \(Δz_3 = 300 \times 0,035 = 10,5\) m. Total dénivelé = 9,0 + 10,5 + 10,5 = 30,0 m, correspondant exactement au dénivelé disponible. 3. **Vérification de la pente minimale** : toutes les pentes (3,0 %, 3,5 %, 3,5 %) sont supérieures à 0,5 % et inférieures à 5 % → OK. 4. **Respect de la distance à la ligne électrique** : le tracé théorique se trouve à 25 m de la ligne. On peut dévier le tracé de 10 m vers l’est (ou l’ouest) sur toute sa longueur, ce qui porte la distance minimale à \(25 - 10 = 15\) m > 3 m. Cette déviation latérale n’augmente la longueur que de façon négligeable (< 0,1 m), donc la longueur totale reste ≈ 900 m < 950 m. 5. **Vérification de la longueur** : 900 m ≤ 950 m → conforme. **Réponse** : tracé en trois tronçons de 300 m chacun avec pentes 3,0 %, 3,5 %, 3,5 %, décalé de 10 m par rapport à la ligne électrique, longueur 900 m, pente moyenne 3,33 % (> 0,5 %). --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | **Oublier de vérifier la pente réelle sur le terrain** (se baser uniquement sur le plan) | Risque de poches d’air ou de vitesses trop faibles → dépôts, corrosion sous dépôt | Effectuer un relevé en terrain (nivellement ou GPS) avant la pose et ajuster le tracé si l’écart dépasse 5 cm. | | **Choisir un diamètre trop petit pour économiser** | Vitesse > 1,5 m/s → usure accélérée, risque de cavitation, bruits excessifs | Toujours vérifier la vitesse après calcul du débit ; si v > 1,5 m/s, augmenter le diamètre d’au moins une taille standard. | | **Négliger la protection cathodique sur les tuyaux en acier dans un sol humide** | Corrosion rapide, fuites prématurées, contamination de l’eau | Réaliser une mesure du potentiel du sol ; si < ‑0,85 V/CSE, installer des anodes sacrificielles ou un système de courant imposé. | | **Poser les regards trop éloignés (> 60 m)** | Difficulté d’accès pour entretien, risque de débordement non détecté | Installer un regard tous les 30‑50 m en zone urbaine, tous les 80 m en zone rurale, conformément au DTU 60.11. | | **Ne pas porter d’EPI lors de la fouille** (casque, gants, bottes) | Blessures par chute d’objet, coupures, exposition à des déchets dangereux | Vérifier la présence et l’état des EPI avant chaque entrée sur le chantier ; prévoir une trousse de premiers secours. | | **Effectuer des soudures PE‑HD sans préchauffage ou contrôle de température** | Soudure faible, risque de fuite sous pression | Utiliser une machine de soudure à bout à bout avec régulation de température (210 ± 10 °C) et réaliser un essai de traction sur un échantillon avant la série. | > **À retenir** : la vitesse d’écoulement doit rester entre 0,6 et 1,5 m/s ; un regard de visite doit être posé au moins tous les 50 m en zone urbaine ; la protection cathodique est obligatoire pour les tuyaux métalliques enterrés dans un sol à résistivité < 1000 Ω·cm. --- Fin du cours.

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition du tracé de parcours dans le cadre de l'adduction et de la distribution d'eau ?
  2. 2. Dans le contexte des supports d'adduction, que désigne le terme « support » ?
  3. 3. Quel document est généralement élaboré lors de la phase de préparation d'un projet d'adduction selon le programme MINESEC/IGE ?
  4. 4. Un tuyau en PVC de diamètre intérieur 100 mm transporte un débit de 0,02 m³/s. Quelle est la vitesse moyenne de l'eau dans le tuyau ?
  5. 5. Pour un réseau d'adduction gravitaire, la pente minimale recommandée est de 0,5 %. Sur une longueur de 200 m, quelle différence de niveau (en mètres) doit-on prévoir entre le point de départ et le point d'arrivée ?
  6. 6. Une étude de sol révèle une portance limitée à 150 kPa. Quel type de support est le plus approprié pour une conduite de diamètre 200 mm posée en tranchée peu profonde ?
  7. 7. Dans le cadre d'une activité d'intégration, les élèves doivent dimensionner un réservoir de stockage destiné à couvrir une pointe de consommation de 150 m³ pendant 4 heures. Quel volume utile doit‑on prévoir, en supposant un coefficient de sécurité de 1,2 ?
  8. 8. Un projet d'adduction prévoit d'utiliser des tuyaux en fonte ductile de diamètre 150 mm. Si la vitesse maximale admise est de 2,0 m/s, quel est le débit maximal admissible (en L/s) ?
  9. 9. Une station de pompage doit relever l'eau d'un puits situé à 12 m sous le niveau du sol jusqu'à un réservoir situé à 25 m au-dessus du sol. Les pertes de charge estimées dans la conduite sont de 4 m. Quelle hauteur manométrique totale (HMT) la pompe doit‑elle fournir ?
  10. 10. Pour choisir entre un système gravitaire et un système pompé pour alimenter un village de 2000 habitants, on compare les coûts annuels estimés : système gravitaire : coût d'installation 8 000 000 FCFA, coût d'exploitation 200 000 FCFA/an ; système pompé : coût d'installation 5 000 000 FCFA, coût d'exploitation 800 000 FCFA/an. En supposant une durée de vie de 20 ans et un taux d'actualisation de 0 %, quel système présente le coût total le plus faible ?