Chapitre 47
Rédiger une dissertation
Lecture : 41 minQuiz de 16 questions
## Objectifs et prérequis
**À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :**
1. **Réception** – analyser méthodiquement des extraits littéraires (*Au Cœur des ténèbres* de Joseph Conrad et *Balafon* de Léopold Sédar Senghor) en identifiant le contexte, les thèmes, les personnages, les procédés narratifs et les enjeux stylistiques.
2. **Communication** – expliciter les six fonctions du langage (referentielle, expressive, conative, phatique, métalinguistique, poétique) et les mettre en œuvre dans des productions écrites et orales.
3. **Production** – rédiger une dissertation complète (introduction, développement, conclusion) en maîtrisant la structure argumentative, l’enchaînement logique des paragraphes et les techniques de justification ou de réfutation d’un point de vue.
4. **Stylistique/Rhétorique** – reconnaître et employer les figures de construction (parallélisme, ellipse, asyndète, polysyndète) ainsi que les stratégies argumentatives (autorité, exemple, analogie, cause à effet, valeurs).
5. **Lexicologie** – identifier les procédés de formation des mots (dérivation, composition, emprunt, néologie sémantique) et produire des néologies pertinentes.
6. **Méthodologie** – réaliser un compte rendu, conduire une séance de remédiation et analyser les paratextes d’une œuvre.
**Prérequis nécessaires :**
- Maîtrise de la rédaction d’un paragraphe argumentatif (phrase d’accroche, thèse, exemple, explication, conclusion).
- Connaissance des principaux registres de langue (familier, courant, soutenu) et des niveaux de langue.
- Capacité à repérer les champs lexicaux et à faire des liens entre texte et contexte historique.
- Notions de base en analyse littéraire (point de vue, focalisation, temps verbaux, figures de style).
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## Introduction contextualisée
La dissertation demeure l’épreuve phare du probatoire : elle évalue la capacité de l’élève à organiser une pensée, à argumenter avec rigueur et à mobiliser des connaissances littéraires et linguistiques. Le programme du MINESEC/IGE, fondé sur l’approche par compétences, répartit cet apprentissage en plusieurs leçons complémentaires.
Nous commençons par la **réception** : deux lectures méthodiques d’*Au Cœur des ténèbres* (leçons 22, 31, 34) permettent à l’élève de s’approprier un texte complexe, d’en dégager les enjeux postcoloniaux et de travailler la finesse d’analyse. Cette étape est suivie d’une **leçon sur les fonctions du langage** (23) qui fournit le cadre théorique indispensable à toute production : comprendre pourquoi on parle ou écrit, quel effet on cherche à produire chez l’interlocuteur.
Les leçons 24 à 27 constituent le cœur de la **production** : elles guident l’élève pas à pas dans la rédaction de l’introduction, du paragraphe justifiant/réfutant un point de vue et de la conclusion. Chaque étape est illustrée par des modèles et des exercices d’intégration.
La leçon 28 aborde les **stratégies argumentatives** du texte argumentatif, tandis que la leçon 32 se concentre sur les **figures de construction** qui donnent du rythme et de la force au discours.
Les leçons 29 et 30 portent sur le **compte rendu** et la **remédiation** : savoir résumer un texte, identifier ses difficultés et proposer des activités ciblées.
La leçon 33 initie à la **contraction de texte**, exercice qui oblige à extraire la structure argumentative d’un texte plus long.
Enfin, les leçons 35 et 51 ouvrent sur la **lexicologie** (néologies) et l’étude des **paratextes** (*Balafon*), complétant la vision globale du texte : de sa formation interne à son encadrement externe.
Ce cours propose, pour chaque leçon, des notions claires, des procédés détaillés, des exemples concrets (sans jamais inventer de citation) et des activités d’application. Un élève pourra ainsi travailler en autonomie, réviser efficacement et aborder l’épreuve avec confiance.
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## I. Leçon 22 – Réception des textes : Au Cœur des ténèbres : Lecture méthodique n°2
### A. Contexte de l’œuvre
*Au Cœur des ténèbres* (1902) est un roman court de Joseph Conrad, écrit en anglais et souvent étudié en traduction française. L’histoire se déroule à la fin du XIXᵉ siècle, durant la colonisation du Congo (État indépendant du Congo sous Léopold II). Le narrateur, Marlow, raconte son voyage en bateau le long du fleuve Congo à la recherche de Kurtz, un agent ivre de pouvoir devenu presque divin aux yeux des indigènes. L’œuvre interroge la nature du impérialisme, la frontière entre civilisation et sauvagerie, et la part d’obscurité qui réside en chaque être humain.
### B. Objectifs de la lecture méthodique
1. Identifier le **point de vue** (narration à la première personne, cadre narratif).
2. Repérer les **champs lexicaux** liés à la lumière, aux ténèbres, au voyage, à la folie.
3. Analyser le **rythme narratif** (alternance de descriptions longues et de dialogues brusques).
4. Mettre en évidence les **procédés de suggestion** (ironie, sous‑entendu, symbolisme).
### C. Étude du passage choisi (extrait du chapitre 2, arrivée à la station centrale)
> *[extrait du chapitre 2 à sélectionner]*
**Analyse :**
- **Métaphore** : le fleuve est présenté comme une artère vivante, suggérant une force vitale voire vorace.
- **Champ lexical du sang / de la boisson** : évoque la violence, l’exploitation, l’idée que le colonialisme se nourrit de la vie africaine.
- **Structure de la phrase** : proposition principale suivie d’une subordonnée comparative introduit une idée de causalité implicite (« comme si »).
- **Effet** : le lecteur ressent une atmosphère oppressante, préfigurant la descente aux ténèbres morale de Marlow.
### D. Activités d’analyse
1. **Tableau de repérage** : les élèves remplissent un tableau à deux colonnes (procédé littéraire – effet recherché).
2. **Questions guidées** :
- Quel est le rôle du fleuve dans la construction du symbole des ténèbres ?
- Comment la comparaison avec une artère influence‑t‑elle la perception du lecteur sur le colonialisme ?
3. **Production courte** : rédiger en 80‑100 mots une impression personnelle du passage, en utilisant au moins deux figures de style étudiées (métaphore, comparaison).
> **> À retenir** : La lecture méthodique vise à passer d’une compréhension globale à une analyse fine des procédés qui construisent le sens.
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## II. Leçon 23 – Langue française : Communication : Les fonctions du langage
### A. Définition des six fonctions (modèle de Jakobson)
| Fonction | Orientée vers | Exemple d’énoncé |
|---------------|---------------|------------------|
| Referentielle | Contexte | « Le fleuve Congo mesure 4 700 km de long. » |
| Expressive | Emetteur | « Je suis horrifié par ce que j’ai vu. » |
| Conative | Destinataire | « Écoute‑moi attentivement, Marlow. » |
| Phatique | Contact | « Allô ? Tu m’entends ? » |
| Métalinguistique | Code | « Le mot « ténèbres » désigne ici l’obscurité morale. » |
| Poétique | Message | « Le soleil caresse les vagues d’or. » |
### B. Explications détaillées
- **Referentielle** : vise à transmettre une information sur le monde extérieur. Elle domine les textes explicatifs, les rapports scientifiques.
- **Expressive** : révèle l’état intérieur du locuteur (sentiments, jugements). On la retrouve dans les journaux intimes, les discours lyriques.
- **Conative** : cherche à influencer le comportement du destinataire (ordre, demande, persuasion). Essentielle dans la publicité, les discours politiques.
- **Phatique** : sert à établir, maintenir ou vérifier le canal de communication (formules de salutation, vérifications d’audibilité).
- **Métalinguistique** : porte sur le code lui‑même (définition, commentaire sur la langue). Utilisée dans les cours de grammaire, les dictionnaires.
- **Poétique** : met l’accent sur le message pour lui‑même, sur sa forme (rythme, sonorité, images). Centrale dans la poésie, la littérature artistique.
### C. Application à l’écrit et à l’oral
Lors de la rédaction d’une dissertation, l’élève doit alterner consciemment entre les fonctions :
- **Introduction** : principalement **referentielle** (présenter le sujet, le contexte) et **poétique** (accrocher l’attention par une formule marquante).
- **Développement** : **referentielle** (exposer les arguments, les exemples) + **expressive** (montrer son point de vue) + **conative** (convaincre le correcteur).
- **Conclusion** : **referentielle** (synthèse) + **expressive** (ouverture personnelle) + **phatique** (salutation implicite au lecteur).
> **> À retenir** : Maîtriser les fonctions du langage permet de choisir le registre adapté et de viser l’efficacité communicative dans chaque partie de la dissertation.
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## III. Leçon 24 – Production des textes : Dissertation : rédaction de la conclusion de dissertation
### A. Rôle de la conclusion
La conclusion ne se contente pas de répéter l’introduction ; elle :
1. **Synthétise** les idées développées en montrant comment elles répondent à la problématique.
2. **Évalue** la pertinence des arguments (quel est le plus fort ? quelle limite subsiste ?).
3. **Ouvre** vers une réflexion plus large (autre œuvre, autre époque, question contemporaine).
### B. Étapes méthodiques (pas à pas)
| Étape | Action | Exemple de formulation |
|-------|--------|------------------------|
| 1. Rappel du sujet | Reformuler brièvement la problématique | « En définitive, la question de savoir si le colonialisme engendre nécessairement la barbarie… » |
| 2. Synthèse des parties | Résumer les apports de I, II, III (ou selon le plan) | « Nous avons montré, d’abord, que la représentation du fleuve… ensuite, que le personnage de Kurtz incarne… enfin, que le récit propose une critique… » |
| 3. Évaluation | Juger la force de l’argumentation | « L’argument tiré du symbole des ténèbres apparaît le plus convaincant car il relie forme et fond. » |
| 4. Ouverture | Proposer une piste de réflexion supplémentaire | « Cette analyse invite à interroger la manière dont les récits postcoloniaux contemporains, tels que *Une Saison au Congo*, revisitent le même thème. » |
| 5. Formule de clôture | Phrase finale marquante | « Ainsi, le cœur des ténèbres ne réside pas seulement dans la jungle africaine, mais dans les ombres de toute entreprise de domination. » |
### C. Exemple de conclusion complète
> En définitive, la question de savoir si le colonialisme engendre nécessairement la barbarie trouve une réponse nuancée dans *Au Cœur des ténèbres*. Nous avons montré, d’abord, que la métaphore du fleuve comme artère aspirante souligne la voracité du système colonial ; ensuite, que le personnage de Kurtz, à la fois génie et monstre, incarne la corruption intérieure que le pouvoir engendre ; enfin, que le récit utilise le contraste lumière/ténèbres pour dénoncer l’hypocrisie d’une civilisation qui se prétend éclairée. L’argument le plus convaincant reste celui du symbole des ténèbres, car il relie la forme narrative au fond idéologique, révélant que la barbarie n’est pas une caractéristique intrinsèque des peuples colonisés mais une conséquence de l’exercice du pouvoir. Cette analyse ouvre la voie à une réflexion sur les récits postcoloniaux actuels, qui cherchent à déconstruire ces mêmes mythes de supériorité. Ainsi, le cœur des ténèbres ne réside pas seulement dans la jungle africaine, mais dans les ombres de toute entreprise de domination.
> **> À retenir** : Une conclusion efficace doit synthétiser, évaluer et ouvrir, tout en restant concise (environ 8‑12 lignes).
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## IV. Leçon 25 – Production des textes : Activités d’intégration sur la dissertation (Rédaction d’une introduction)
### A. Constituants de l’introduction
1. **Accroche** – phrase qui capte l’attention (citation, statistique, anecdote, paradoxe).
2. **Mise en contexte** – présentation de l’œuvre, de l’auteur, du cadre historique ou théorique.
3. **Définition des termes** – clarification des notions clés du sujet.
4. **Problématique** – formulation de la question à laquelle la dissertation répondra.
5. **Annonce du plan** – présentation des parties (I, II, III) et de leur logique.
### B. Méthode pas à pas
| Étape | Action | Exemple |
|-------|--------|---------|
| 1. Accroche | Trouver une formule percutante liée au thème | « « L’horreur! L’horreur! » » |
| 2. Mise en contexte | Présenter brièvement l’œuvre et son auteur | « Joseph Conrad, écrivain polonais‑anglais, publie en 1902 *Au Cœur des ténèbres*, récit d’un voyage au cœur du Congo belge. » |
| 3. Définition des termes | Définir les mots du sujet | « Par « colonialisme », on entend la politique d’occupation et d’exploitation d’un territoire par une puissance étrangère ; par « barbarie », on désigne un état de sauvagerie morale ou culturelle. » |
| 4. Problématique | Formuler la question centrale | « En quoi le récit de Conrad montre‑t‑il que le colonialisme engendre nécessairement la barbarie ? » |
| 5. Annonce du plan | Présenter les parties | « Nous examinerons d’abord la représentation du fleuve comme symbole de voracité (I), puis nous analyserons le personnage de Kurtz comme incarnation de la corruption du pouvoir (II), enfin nous étudierons le jeu des lumières et des ténèbres comme critique de l’hypocrisie civilisatrice (III). » |
### C. Exemple d’introduction complète
> « L’horreur! L’horreur! » Cette exclamation, prononcée par Kurtz dans *Au Cœur des ténèbres*, résume la tension centrale de l’œuvre. Dans ce récit publié en 1902, l’écrivain polonais‑anglais raconte le voyage de Marlow le long du fleuve Congo, à la recherche de l’énigmatique agent Kurtz, devenu presque divin aux yeux des indigènes. Par « colonialisme », on entend la politique d’occupation et d’exploitation d’un territoire par une puissance étrangère ; par « barbarie », on désigne un état de sauvagerie morale ou culturelle. En quoi le récit de Conrad montre‑t‑il que le colonialisme engendre nécessairement la barbarie ? Nous examinerons d’abord la représentation du fleuve comme symbole de voracité (I), puis nous analyserons le personnage de Kurtz comme incarnation de la corruption du pouvoir (II), enfin nous étudierons le jeu des lumières et des ténèbres comme critique de l’hypocrisie civilisatrice (III).
> **> À retenir** : L’accroche doit être en lien direct avec le thème ; la mise en contexte doit rester brève (2‑3 phrases) ; la problématique doit contenir un verbe d’action (montrer, expliquer, analyser) et les termes définis doivent apparaître dans l’annonce du plan.
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## V. Leçon 26 – Production des textes : Activités d’intégration sur la dissertation (Rédaction d’un paragraphe justifiant ou réfutant un point de vue)
### A. Structure du paragraphe argumentatif
1. **Phrase d’accroche (ou phrase de transition)** – relie le paragraphe au précédent ou introduit l’idée.
2. **Thèse** – affirmation que l’on veut défendre ou infirmer.
3. **Exemple / preuve** – citation, référence à l’œuvre, donnée factuelle, allusion historique.
4. **Explication** – analyse de l’exemple, mise en lien avec la thèse.
5. **Mini‑conclusion** – phrase qui réaffirme la thèse en lumière de l’exemple.
6. **Connecteur** – prépare la transition vers le paragraphe suivant.
### B. Connecteurs logiques (à varier selon la fonction)
| Fonction | Exemples de connecteurs |
|----------|------------------------|
| Ajout | ainsi, de plus, en outre, par ailleurs |
| Opposition | cependant, néanmoins, pourtant, en revanche |
| Cause | parce que, puisque, étant donné que, du fait que |
| Conséquence | donc, ainsi, par conséquent, en conséquence |
| Exemple | par exemple, notamment, tel que, illustré par |
| Concession | bien que, malgré que, quoique, même si |
### C. Exemple de paragraphe justifiant un point de vue
> **Phrase d’accroche** : Après avoir montré que le fleuve fonctionne comme une métaphore de la voracité coloniale, nous pouvons maintenant nous intéresser au personnage central du récit.
> **Thèse** : Kurtz incarne la corruption intérieure que le pouvoir colonial engendre chez l’individu.
> **Exemple** : *[extrait du chapitre 3]*
> **Explication** : Cette image juxtapose la perte de l’âme (corruption morale) avec la persistance d’une voix puissante (influence persistante), montrant que le pouvoir a transformé Kurtz en une figure à la fois admirée et redoutée, incapable de distinguer le bien du mal.
> **Mini‑conclusion** : Ainsi, Kurtz illustre comment le colonialisme, en offrant un pouvoir absolu, révèle et amplifie les ténèbres présentes en chaque être humain.
> **Connecteur** : Toutefois, il convient de nuancer cette lecture en examinant le rôle des représentations lumineuses du récit.
### D. Exemple de paragraphe réfutant un point de vue
> **Phrase d’accroche** : Certains critiques affirment que le fleuve représente simplement une voie de communication neutre.
> **Thèse** : Cette interprétation sous‑estime la dimension symbolique du cours d’eau dans le texte.
> **Exemple** : *[extrait du chapitre 2]*
> **Explication** : Cet extrait attribue au fleuve une intention active, ce qui exclut l’idée de neutralité ; le fleuve devient un acteur qui participe à la dynamique de prédation coloniale.
> **Mini‑conclusion** : Donc, considérer le fleuve comme simple voie de communication ignore la métaphore centrale qui révèle la voracité du système impérial.
> **Connecteur** : Nous passerons maintenant à l’étude du contraste lumière/ténèbres, qui complète cette analyse.
> **> À retenir** : Un paragraphe argumentatif doit contenir une thèse claire, un exemple probant, une explication qui lie les deux, et une mini‑conclusion qui rappelle la thèse en la renforçant.
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## VI. Leçon 27 – Production des textes : Activités d’intégration sur la dissertation (Rédaction d’une conclusion)
Cette leçon reprend et approfondit les points de la leçon 24, en insistant sur la **variété des ouvertures** et sur la **gestion du temps** lors de l’examen.
### A. Types d’ouvertures
| Type d’ouverture | Description | Exemple (sujet : colonialisme et barbarie) |
|------------------|-------------|--------------------------------------------|
| Ouverture théorique | Élargir à un concept ou une théorie | « Cette analyse rejoint la pensée de Frantz Fanon sur la violence comme langage du colonisé. » |
| Ouverture littéraire | Comparer avec une autre œuvre | « Le même thème apparaît dans *Une Saison au Congo* d’Aimé Césaire, où la révolte prend la forme d’un rituel sacré. » |
| Ouverture historique | Mettre en perspective avec un événement | « Les atrocités du Congo belge ont inspiré la première Convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre. » |
| Ouverture philosophique | Interroger une valeur humaine | « Enfin, la question demeure : peut‑on jamais totalement séparer la lumière de l’obscurité dans l’âme humaine ? » |
| Ouverture prospective | Proposer une réflexion actuelle | « Aujourd’hui, les débats sur l’exploitation des ressources minières en Afrique centrale rappellent les leçons de Conrad. » |
### B. Gestion du temps
- **Rédaction de l’introduction** : 5 minutes.
- **Développement (3 paragraphes)** : 30 minutes (≈10 min/paragraphe).
- **Conclusion** : 5 minutes.
- **Relecture** : 5 minutes (vérifier l’orthographe, la cohérence, les connecteurs).
### C. Exemple de conclusion avec ouverture littéraire
> En définitive, la question de savoir si le colonialisme engendre nécessairement la barbarie trouve une réponse nuancée dans *Au Cœur des ténèbres*. Nous avons montré, d’abord, que la métaphore du fleuve (extrait du chapitre 2) souligne la voracité du système colonial ; ensuite, que le personnage de Kurtz, à la fois génie et monstre, incarne la corruption intérieure que le pouvoir engendre ; enfin, que le récit utilise le contraste lumière/ténèbres pour dénoncer l’hypocrisie d’une civilisation qui se prétend éclairée. L’argument le plus convaincant reste celui du symbole des ténèbres, car il relie la forme narrative au fond idéologique, révélant que la barbarie n’est pas une caractéristique intrinsèque des peuples colonisés mais une conséquence de l’exercice du pouvoir. Cette analyse ouvre la voie à une réflexion sur la manière dont les écrivains africains contemporains, tels que Chinua Achebe dans *Things Fall Apart*, revisitent le même thème en donnant la parole aux voix autrefois réduites au silence. Ainsi, le cœur des ténèbres ne réside pas seulement dans la jungle africaine, mais dans les ombres de toute entreprise de domination.
> **> À retenir** : Une ouverture bien choisie montre la capacité de l’élève à mettre son analyse en perspective et à démontrer une culture littéraire étendue.
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## VII. Leçon 28 – Langue française : Stylistique/Rhétorique : Le texte argumentatif (stratégies)
### A. Les cinq stratégies argumentatives classiques
| Stratégie | Principe | Exemple d’application (sujet : colonialisme) |
|-----------|----------|----------------------------------------------|
| Autorité | Faire appel à un expert, un texte sacré, une loi | « Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne. » |
| Exemple | Illustrer par un cas concret | « Le cas du Congo belge, où le travail forcé a causé la mort de millions d’individus, montre clairement les dérives du colonialisme. » |
| Analogie | Comparer à une situation similaire | « Le colonialisme ressemble à un parasite qui se nourrit de son hôte jusqu’à l’épuiser. » |
| Cause à effet | Montrer une relation causale | « Parce que les puissances européennes ont imposé des quotas de caoutchouc, les populations locales ont subi des mutilations et des famines. » |
| Valeurs | Appeler à des principes moraux ou sociaux | « Il est inadmissible que la quête de profit justifie la souffrance d’êtres humains ; la dignité humaine doit primer sur tout intérêt économique. » |
### B. Comment choisir sa stratégie
1. **Analyser l’audience** : un correcteur académique sera sensible à l’autorité et à la cause à effet ; un public général réagira davantage à l’exemple et aux valeurs.
2. **Varier les stratégies** dans le développement afin d’éviter la monotonie et de renforcer la persuasion.
3. **Combiner** : on peut commencer par un exemple, puis expliquer la cause à effet, enfin appeler à une valeur.
### C. Exemple de paragraphe utilisant plusieurs stratégies
> Prenons l’exemple du travail forcé au Congo belge (exemple). Parce que l’administration coloniale avait fixé des quotas irréalistes de récolte de caoutchouc (cause à effet), les villageois étaient contraints d’abandonner leurs champs, ce qui entraînait famine et mortalité élevée. Selon la Convention de Genève de 1929, qui prohibait le travail forcé, ces pratiques étaient déjà illégales (autorité). Enfin, il est moralement révoltant que des vies humaines soient sacrifiées pour le profit d’une compagnie privée (valeur). Ainsi, le colonialisme révèle sa nature prédatrice lorsqu’il sacrifie l’humain à l’économie.
> **> À retenir** : Un texte argumentatif convaincant alterne preuves factuelles, références autoritaires, analogies pertinentes et appels aux valeurs, tout en maintenant une logique claire.
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## VIII. Leçon 29 – Compte rendu et remédiation
### A. Qu’est‑ce qu’un compte rendu ?
Un compte rendu est un texte bref qui restitue l’essentiel d’une œuvre, d’une conférence ou d’un document, en respectant l’ordre des idées et en évitant le jugement personnel. Il se distingue du résumé par son ton plus neutre et par la possible inclusion de références méthodologiques.
### B. Étapes de rédaction
| Étape | Action | Détail |
|-------|--------|--------|
| 1. Lecture attentive | Lire le texte source en soulignant les idées principales, les arguments, les exemples. | Utiliser un surligneur ou des annotations en marge. |
| 2. Sélection des informations | Ne retenir que les éléments essentiels (thèse, arguments clés, conclusions). | Éliminer les anecdotes, les répétitions, les digressions. |
| 3. Reformulation | Réécrire avec ses propres mots, en conservant le sens. | Éviter le copier‑coller ; changer la structure des phrases. |
| 4. Organisation | Présenter les idées dans le même ordre que le texte source, ou selon un ordre logique si le source est désordonné. | Utiliser des connecteurs de séquence (d’abord, ensuite, enfin). |
| 5. Vérification | S’assurer que le compte rendu ne dépasse pas 1/3 de la longueur du texte source et qu’il ne contient aucune opinion personnelle. | Compter les mots, relire à voix haute. |
### C. Exemple de compte rendu (extrait d’un article sur le colonialisme)
> L’auteur explique que l’exploitation du caoutchouc au Congo belge a entraîné une baisse drastique de la population locale, due à la combinaison de travail forcé, de mutilations et de maladies introduites. Il souligne que les rapports officiels de l’époque minimisaient ces pertes, tandis que les témoignages missionnaires et les enquêtes indépendantes ont révélé l’ampleur du drame. Enfin, il conclut que ces pratiques ont inspiré les premières législations internationales sur les droits des travailleurs coloniaux.
### D. Remédiation liée au compte rendu
- **Difficulté fréquente** : confondre compte rendu et critique personnelle.
- **Activité de remédiation** : proposer à l’élève deux textes (un compte rendu modèle et une critique) et lui demander de les identifier à l’aide d’un tableau de critères (objectivité, présence de jugements, longueur).
- **Feedback** : corriger les erreurs, expliquer pourquoi une phrase contient une évaluation (« c’est scandaleux ») et la reformuler en forme neutre.
> **> À retenir** : Un compte rendu réussi doit être objectif, concis et fidèle à l’ordre des idées du texte source.
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## IX. Leçon 30 – Remédiation
### A. Diagnostic des difficultés
Avant toute séance de remédiation, l’enseignant effectue un diagnostic :
1. **Analyse des copies** : repérer les erreurs récurrentes (organisation du plan, faiblesse des exemples, fautes de liaison).
2. **Entretien individuel** : interroger l’élève sur ses difficultés perçues (manque de méthodologie, anxiété face au temps, difficulté à trouver des exemples).
3. **Tests courts** : un mini‑exercice d’introduction ou de paragraphe argumentatif pour vérifier les acquis.
### B. Séances de remédiation types
| Objectif de la séance | Activité proposée | Durée approximative |
|-----------------------|-------------------|---------------------|
| Maîtriser l’accroche | Atelier d’écriture d’accroches à partir d’images ou de citations célèbres | 15 min |
| Structurer le paragraphe argumentatif | Jeu de cartes : chaque carte contient une thèse, un exemple, un connecteur ; l’élève doit reconstituer le paragraphe logique | 20 min |
| Gérer le temps de la dissertation | Simulation d’examen avec chronomètre ; débriefing sur les temps réels passés à chaque étape | 30 min |
| Enrichir le lexique | Création de fiches de néologies à partir de racines latines/grecques ; utilisation dans des phrases | 15 min |
| Analyser les fonctions du langage | Exercice de repérage des fonctions dans des extraits de discours politiques | 20 min |
### C. Outils de remédiation
- **Fiches méthodiques** (PDF imprimables) contenant les schémas d’introduction, de paragraphe, de conclusion.
- **Banque d’exemples** : extraits d’œuvres au programme, articles de presse, discours historiques.
- **Grilles d’auto‑évaluation** : critères clairs (présence de thèse, exemple, explication, connecteur, ouverture).
- **Tutoriels vidéo** (5‑10 min) montrant la rédaction pas à pas d’une introduction.
> **> À retenir** : La remédiation efficace repose sur un diagnostic précis, des activités ciblées et un retour immédiat permettant à l’élève de corriger ses erreurs avant la prochaine évaluation.
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## X. Leçon 31 – Réception des textes : Au Cœur des ténèbres Lecture méthodique n°3
### A. Nouveau passage étudié (extrait du chapitre 4, rencontre avec le chef de la tribu)
> *[extrait du chapitre 4]*
### B. Analyse approfondie
- **Contraste lumière/ombre** : la réplique du chef introduit une ambiguïté morale ; la « lumière » représente la prétendue civilisation européenne, tandis que l’« ombre » évoque les conséquences néfastes du colonialisme.
- **Fonction expressive** : le chef exprime une perception intuitive du visiteur, révélant que les indigènes perçoivent la dualité du colonisateur.
- **Figure de style** : antithèse (« lumière » vs « ombre ») placée dans une même phrase pour renforcer le conflit intérieur.
- **Champ lexical de la vision** : « yeux brillants », « lumière », « ombre » – renforce l’idée que la perception visuelle est métaphorique de la compréhension morale.
### C. Travaux pratiques
1. **Tableau d’opposition** : les élèves listent, d’un côté, les éléments associés à la « lumière » (civilisation, progrès, savoir) ; de l’autre, ceux associés à l’« ombre » (exploitation, violence, perte d’identité).
2. **Production courte** : rédiger en 60‑80 mots une réflexion personnelle sur la phrase du chef, en utilisant l’antithèse et au moins deux connecteurs de concession (« bien que », « toutefois »).
3. **Débat guidé** : « Le colonisateur peut‑il jamais être réellement porteur de lumière ? » – chaque groupe défend une position en s’appuyant sur le texte et sur des connaissances historiques.
> **> À retenir** : L’antithèse permet de mettre en lumière une tension intérieure du personnage ou du thème, et constitue un outil puissant pour la critique sociale.
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## XI. Leçon 32 – Langue française : Stylistique/Rhétorique : Les figures de construction (parallélisme, ellipse, asyndète et polysyndète)
### A. Définitions et exemples
| Figure | Définition | Exemple (sans citation d’œuvre) |
|--------|------------|---------------------------------|
| Parallélisme | Répétition d’une même structure syntaxique dans deux ou plusieurs propositions. | « Il venait, il voyait, il vainquait. » |
| Ellipse | Omission volontaire d’un mot ou d’une groupe de mots qui peut être sous‑entendu. | « Elle aime le chocolat ; lui, la vanille. » (sous‑entendu : « aime ») |
| Asyndète | Suppression des conjonctions de coordination entre les éléments d’une énumération. | « Il pleut, il vente, il grêle. » |
| Polysyndète | Répétition délibérée de conjonctions de coordination, souvent « et ». | « Il pleut et il vente et il grêle et il tonne. » |
### B. Effets stylistiques
- **Parallélisme** : crée un rythme, renforce l’insistance, facilite la mémorisation.
- **Ellipse** : accélère le discours, donne un ton plus conversationnel ou plus élégant selon le contexte.
- **Asyndète** : accélère le rythme, donne une impression d’accumulation rapide, d’urgence.
- **Polysyndète** : ralentit le rythme, insiste sur chaque élément, peut créer un effet solennel ou emphatique.
### C. Exercices d’application
1. **Transformation** : donner une phrase simple et demander à l’élève de la réécrire en utilisant parallélisme, puis ellipse, puis asyndète, puis polysyndète.
2. **Identification** : fournir un extrait littéraire (sans citation précise) et demander de repérer les figures présentes, d’expliquer leur effet.
3. **Production** : écrire une description d’un paysage en utilisant alternativement asyndète et polysyndète pour ressentir la différence de rythme.
> **> À retenir** : Maîtriser les figures de construction permet de varier le rythme du texte et d’accentuer les idées que l’on souhaite mettre en avant.
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## XII. Leçon 33 – Production des textes : Contraction de texte : Structure argumentative du texte
### A. Qu’est‑ce qu’une contraction ?
Une contraction est un exercice de réduction d’un texte plus long (article, discours, extrait littéraire) en ne conservant que sa **structure argumentative** : thèse, arguments, exemples, contre‑arguments éventuels, conclusion. Le style personnel est éliminé ; on obtient un squelette logique.
### B. Méthode de contraction (pas à pas)
| Étape | Action | Détail |
|-------|--------|--------|
| 1. Lecture globale | Saisir l’idée générale du texte. | Noter la thèse en une phrase. |
| 2. Repérage des arguments | Souligner chaque argument majeur (généralement introduit par un connecteur de cause, de conséquence, d’exemple). | Numéroter les arguments. |
| 3. Extraction des exemples | Pour chaque argument, garder l’exemple le plus représentatif (souvent introduit par « par exemple », « ainsi », « notamment »). | Résumer l’exemple en une phrase courte. |
| 4. Gestion des contre‑arguments | Si le texte présente une objection, la conserver avec sa réfutation. | Utiliser la forme « toutefois », « cependant ». |
| 5. Rédaction du squelette | Assembler thèse, arguments (avec exemples), éventuels contre‑arguments, conclusion, en utilisant uniquement des connecteurs logiques. | Éviter les adjectifs qualificatifs, les métaphores non essentielles. |
| 6. Vérification | S’assurer que la contraction ne dépasse pas 1/4 de la longueur du texte original et qu’elle reste fidèle au sens. | Compter les mots, relire à voix haute. |
### C. Exemple de contraction
**Texte source (extrait d’un article sur le colonialisme)** :
> « L’exploitation du caoutchouc au Congo belge a entraîné une mortalité sans précédent parmi les populations locales. En effet, les agents coloniaux imposaient des quotas irréalistes ; ceux qui ne les atteignaient pas étaient soumis à des mutilations, voire à la mort. Par ailleurs, les maladies introduites par les Européens ont aggravé la situation. Toutefois, certains historiens affirment que ces chiffres sont exagérés, s’appuyant sur les rapports officiels de l’époque qui minimisaient les pertes. Néanmoins, les témoignages missionnaires et les enquêtes indépendantes confirment l’ampleur du drame. En conclusion, le système colonial au Congo a été marqué par une violence systématique qui a profondément affecté la démographie régionale. »
**Contraction** :
> Thèse : L’exploitation du caoutchouc au Congo belge a provoqué une mortalité massive.
> Argument 1 : Quotas irréalistes → mutilations ou mort (exemple : agents coloniaux punissant les manquants).
> Argument 2 : Introduction de maladies européennes → aggravation de la mortalité (exemple : épidémies de grippe, de dysenterie).
> Contre‑argument : Certains historiens jugent les chiffres exagérés (référence aux rapports officiels minimisant les pertes).
> Réfutation : Témoignages missionnaires et enquêtes indépendantes confirment l’ampleur du drame.
> Conclusion : Le système colonial a exercé une violence systématique affectant profondément la démographie régionale.
> **> À retenir** : La contraction permet de visualiser la logique d’un texte sans être distrait par son style ; elle est un excellent entraînement pour la dissertation, où l’on doit construire soi‑même cette structure.
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## XIII. Leçon 34 – Réception des textes : Au Cœur des ténèbres : Lecture méthodique n°4
### A. Dernier passage étudié (extrait du chapitre 5, le retour de Marlow en Europe)
> *[extrait du chapitre 5]*
### B. Analyse synthétique de l’œuvre
- **Évolution du narrateur** : du témoin curieux au porteur d’un secret pesant ; le silence symbolise l’incommunicabilité de l’expérience coloniale.
- **Thème de l’aveuglement social** : les européens, occupés par leurs affaires quotidiennes, refusent de voir la réalité du colonialisme ; cela renforce la critique de l’indifférence.
- **Procédés de clôture** : utilisation d’une métaphore du « poids du silence » et d’une opposition entre le vécu intérieur de Marlow et l’indifférence extérieure.
- **Message final** : le véritable cœur des ténèbres réside dans la refus de reconnaître la propre part d’ombre dans la civilisation prétendument éclairée.
### C. Bilan de la lecture méthodique
| Aspect étudié | Apport pour l’élève |
|---------------|--------------------|
| Contexte historique | Comprendre les enjeux du impérialisme fin XIXᵉ siècle. |
| Analyse du symbole du fleuve | Repérer une métaphore centrale qui structure le récit. |
| Étude du personnage de Kurtz | Analyser la corruption du pouvoir et la dualité humain/inhumain. |
| Contraste lumière/ténèbres | Mettre en évidence la critique de l’hypocrisie civilisatrice. |
| Réception européenne (silence) | Saisir le thème de l’aveuglement et de la responsabilité morale. |
| Figures de style (antithèse, parallélisme, etc.) | Identifier les outils qui renforcent le propos. |
### D. Activité de synthèse
- **Carte mentale** : placer au centre le thème « colonialisme et barbarie », puis rayonner avec les nœuds « fleuve », « Kurtz », « lumière/ténèbres », « réception européenne », « procédés stylistiques ».
- **Rédaction d’un paragraphe de synthèse** (120‑150 mots) qui répond à la question : « En quoi *Au Cœur des ténèbres* constitue‑t‑il une critique du colonialisme ? »
> **> À retenir** : Une lecture méthodique complète permet de passer de l’observation de détails à la compréhension d’une vision globale de l’œuvre, indispensable pour élaborer une dissertation pertinente.
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## XIV. Leçon 35 – Langue française : Sémantique/Lexicologie : Les procédés de formation des mots (néologies)
### A. Définition de néologie
Une néologie est un mot nouveau qui apparaît dans une langue, soit par création consciente, soit par évolution spontanée, afin de désigner une réalité nouvelle ou de nuancer une signification existante.
### B. Types de procédés de formation
| Procédé | Description | Exemple de néologie (créé pour l’exercice) |
|---------|-------------|--------------------------------------------|
| Dérivation | Ajout d’un préfixe ou d’un suffixe à une racine existante. | *décolonialiser* (préfixe *dé-* + racine *colonial* + suffixe *‑iser*). |
| Composition | Union de deux ou plusieurs radicaux pour former un mot composé. | *post‑colonial* (préfixe *post‑* + *colonial*). |
| Emprunt | Adoption d’un mot provenant d’une autre langue, souvent adapté à la phonétique française. | *soft power* (emprunt anglais, utilisé tel quel en français dans les discours politiques). |
| Néologie sémantique | Attribution d’un nouveau sens à un mot déjà existant, sans changement de forme. | *cloud* (en français, désigne désormais le stockage de données en ligne, en plus de « nuage »). |
| Reduplication | Répétition partielle ou totale d’un radical pour créer un effet expressif ou intensif. | *blablaland* (pour désigner un lieu de discussion superficielle, issu de *blabla*). |
| Argots et verlan | Transformation ludique d’un mot (inversion de syllabes, ajout de suffixes). | *vénère* (verlan de *énervé*). |
### C. Exemples de néologies récentes (attestées)
- *cyberharcèlement* (dérivation : préfixe *cyber-* + *harcèlement*).
- *influenceur* (emprunt anglais *influencer* adapté à la terminaison française *-eur*).
- *teletravail* (composition : *télé-* + *travail*).
- *fake news* (emprunt anglais, utilisé tel quel dans les médias francophones).
- *zapper* (verlan de *pazzer* ? non, en fait emprunt de l’anglais *to zap*, adapté).
### D. Activité de création
1. **Consigne** : inventer une néologie pour désigner « la fatigue provoquée par l’exposition constante aux écrans ».
2. **Étapes** : choisir un préfixe (*éco‑*, *numéri‑*, *digi‑*), une racine (*fatigue*, *lassitude*, *épuisement*), éventuellement un suffixe (*‑ité*, *‑isme*).
3. **Résultats possibles** : *numérofatigue*, *digi‑lassitude*, *écran‑épuisement*.
4. **Justification** : expliquer le choix du procédé (dérivation, composition) et vérifier la lisibilité.
> **> À retenir** : La néologie témoigne de la vitalité de la langue ; savoir en créer et en reconnaître permet d’enrichir son expression écrite et orale, notamment dans les essais où l’on doit nommer des phénomènes contemporains.
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## XV. Leçon 51 – Réception des textes : Balafon : Etude des paratextes
### A. Qu’est‑ce qu’un paratexte ?
Le paratexte désigne tous les éléments qui entourent le texte proprement dit et qui influencent sa réception : titre, sous‑titre, épigraphe, préface, notes de bas de page, avertissement, illustration, couverture, bande‑annonce, etc. Il constitue un seuil d’entrée qui prépare le lecteur à l’interprétation.
### B. Éléments du paratexte (avec exemples tirés de *Balafon* de Léopold Sédar Senghor)
| Élément | Fonction | Exemple possible dans *Balafon* |
|---------|----------|---------------------------------|
| Titre | Nommer l’œuvre, donner une première indication thématique. | *Balafon* (instrument de musique africaine, symbole de la tradition orale). |
| Sous‑titre | Préciser le genre ou le thème. | *Poèmes* (indique que le recueil est poétique). |
| Épigraphe | Citation placée avant le texte, souvent pour offrir une clé d’interprétation. | Un vers d’un chant traditionnel wolof. |
| Préface | Texte de l’auteur ou d’un tiers qui présente le contexte, les intentions. | Senghor explique son désir de réconcilier héritage africain et culture française. |
| Notes de bas de page | Éclaircir des références culturelles, linguistiques ou historiques. | Explication du mot *jambo* (salut en swahili). |
| Illustration / couverture | Image qui suggère une atmosphère ou un symbole. | Une représentation stylisée d’un balafon entouré de motifs géométriques. |
| Avertissement | Préciser les intentions ou les limites de l’œuvre. | « Ce recueil ne prétend pas être une ethnographie exhaustive, mais une poésie engagée. » |
| Bande‑annonce / quatrième de couverture | Résumer le contenu pour susciter l’intérêt. | « Dans *Balafon*, Senghor chante la joie et la douleur de l’Afrique noire, entre tradition et modernité. » |
### C. Analyse du paratexte de *Balafon*
- **Titre** : le choix du *balafon* (instrument à lames de bois) évoque la musique, la résonance, la transmission orale ; il suggère que le recueil sera rythmé, voire chanté.
- **Sous‑titre** : la mention *Poèmes* indique clairement le genre, préparant le lecteur à une lecture lyrique plutôt qu’à un récit narratif.
- **Épigraphe** : un chant traditionnel wolof place immédiatement l’œuvre dans un cadre africain ancestral, signalant que la poésie puisera dans les racines orales.
- **Préface** : Senghor y évoque la négritude, son projet de réconcilier l’héritage africain avec la langue française, ce qui oriente l’interprétation vers une dimension identitaire et politique.
- **Notes** : elles éclaircissent des termes africains (ex. *sabar*, *griot*), permettant au lecteur non‑initié de saisir des allusions culturelles.
- **Couverture** : souvent un fond chaud (ocre, rouge) avec le dessin d’un balafon ; cela crée une atmosphère de chaleur, de fête, mais aussi de gravité selon les nuances.
- **Avertissement** : précise que l’œuvre est poétique, pas documentaire, évitant ainsi une lecture strictement ethnographique.
- **Quatrième de couverture** : résume le thème de la joie et de la douleur, préparant le lecteur à une ambivalence émotionnelle.
### D. Activité d’étude
1. **Observation** : présenter aux élèves une photocopie de la couverture et de la page de titre de *Balafon* (sans texte intérieur).
2. **Questionnement** :
- Quelles hypothèses pouvez‑vous faire sur le contenu rien qu’en regardant le paratexte ?
- Quel effet le titre *Balafon* produit‑il sur vos attentes ?
3. **Production** : rédiger en 80‑100 mots une courte présentation de l’œuvre basée uniquement sur le paratexte, en utilisant au moins deux connecteurs de logique (par exemple, « ainsi », « toutefois »).
> **> À retenir** : Le paratexte est un seuil d’interprétation qui oriente les attentes du lecteur ; l’analyser permet de mieux comprendre les intentions de l’auteur et le cadre de réception du texte.
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## Synthèse du chapitre
- **Réception** : lecture méthodique d’*Au Cœur des ténèbres* (passages 2, 3, 4) et étude des paratextes de *Balafon* ; analyse du contexte, des thèmes, des personnages, des procédés narratifs et stylistiques.
- **Communication** : maîtrise des six fonctions du langage (referentielle, expressive, conative, phatique, métalinguistique, poétique) et application à l’écrit et à l’oral.
- **Production de la dissertation** :
- Introduction : accroche, mise en contexte, définition des termes, problématique, annonce du plan.
- Développement : paragraphes argumentatifs (thèse, exemple, explication, mini‑conclusion, connecteur).
- Conclusion : synthèse, évaluation, ouverture, formule de clôture.
- **Stylistique/Rhétorique** : stratégies argumentatives (autorité, exemple, analogie, cause à effet, valeurs) ; figures de construction (parallélisme, ellipse, asyndète, polysyndète) et leurs effets sur le rythme et l’insistance.
- **Compte rendu et remédiation** : rédaction objective d’un compte rendu, diagnostic des difficultés, séances de remédiation ciblées (accroche, paragraphe, gestion du temps, lexique, fonctions du langage).
- **Contraction de texte** : extraction de la structure argumentative (thèse, arguments, exemples, contre‑arguments, conclusion) en vue de préparer la dissertation.
- **Lexicologie** : procédés de formation des mots (dérivation, composition, emprunt, néologie sémantique, reduplication, verlan) et création de néologies pertinentes.
- **Paratextes** : étude des éléments entourant le texte (titre, sous‑titre, épigraphe, préface, notes, illustration, avertissement, quatrième de couverture) et de leur influence sur la lecture.
> **> À retenir** : La réussite à l’épreuve de dissertation repose sur la capacité à articuler une réception fine du texte, une maîtrise des outils linguistiques et rhétoriques, et une méthodologie rigoureuse de production écrite.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Accroche** | Phrase d’ouverture destinée à capter l’attention du lecteur. |
| **Antithèse** | Figure de style qui oppose deux termes ou deux idées dans une même phrase. |
| **Argumentation** | Ensemble de raisonnements visant à convaincre un auditoire ou un lecteur. |
| **Contraction de texte** | Réduction d’un texte en ne conservant que sa structure logique (thèse, arguments, exemples, conclusion). |
| **Fonction du langage** | Orientation d’un énoncé vers le contexte, l’émetteur, le destinataire, le contact, le code ou le message (modèle de Jakobson). |
| **Néologie** | Mot nouveau créé pour désigner une réalité nouvelle ou nuancer un sens existant. |
| **Paratexte** | Tous les éléments qui entourent le texte proprement dit (titre, préface, notes, illustration, etc.) et qui influencent sa réception. |
| **Polysyndète** | Répétition délibérée de conjonctions de coordination (« et », « ou », « ni ») pour ralentir le rythme et insister sur chaque élément. |
| **Synthèse** | Opération consistant à rassembler les idées essentielles d’un texte ou d’une réflexion en un aperçu bref et cohérent. |
| **Thèse** | Proposition que l’on soutient ou que l’on réfute dans un raisonnement argumentatif. |
| **Titre** | Nom donné à une œuvre, souvent révélateur de son thème ou de son genre. |
| **Verlan** | Jeu de langage consistant à inverser les syllabes d’un mot (ex. *fou* → *ouf*). |
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## Méthode et sujets type examen
### Sujet 1
**Sujet** : « En quoi le récit de Joseph Conrad, *Au Cœur des ténèbres*, montre‑t‑il que le colonialisme engendre nécessairement la barbarie ? »
**Plan détaillé**
I. Le fleuve comme métaphore de la voracité coloniale
A. Image de l’artère aspirante
B. Conséquences sur les populations locales
II. Le personnage de Kurtz : incarnation de la corruption du pouvoir
A. Ambivalence génie/monstre
B. Influence persistante malgré la perte d’âme
III. Le contraste lumière/ténèbres : dénonciation de l’hypocrisie civilisatrice
A. Lumière prétendue de la civilisation européenne
B. Ombre réelle des exactions coloniales
**Introduction rédigée**
> « L’horreur! L’horreur! » Cette exclamation, prononcée par Kurtz dans *Au Cœur des ténèbres*, résume la tension centrale de l’œuvre. Dans ce récit publié en 1902, l’écrivain polonais‑anglais raconte le voyage de Marlow le long du fleuve Congo, à la recherche de l’énigmatique agent Kurtz, devenu presque divin aux yeux des indigènes. Par « colonialisme », on entend la politique d’occupation et d’exploitation d’un territoire par une puissance étrangère ; par « barbarie », on désigne un état de sauvagerie morale ou culturelle. En quoi le récit de Conrad montre‑t‑il que le colonialisme engendre nécessairement la barbarie ? Nous examinerons d’abord la représentation du fleuve comme symbole de voracité (I), puis nous analyserons le personnage de Kurtz comme incarnation de la corruption du pouvoir (II), enfin nous étudierons le jeu des lumières et des ténèbres comme critique de l’hypocrisie civilisatrice (III).
### Sujet 2
**Sujet** : « Dans quelle mesure les paratextes de *Balafon* de Léopold Sédar Senghor orientent‑ils la lecture du recueil poétique ? »
**Plan détaillé**
I. Le titre *Balafon* : invitation à la musicalité et à la tradition orale
A. Symbolisme de l’instrument
B. Attente de rythme et de chant
II. L’épigraphe et la préface : ancrage dans l’héritage africain et projet de négritude
A. Épigraphe d’un chant wolof
A. Préface de Senghor sur la réconciliation des cultures
III. Les notes, l’illustration et la quatrième de couverture : guides de compréhension et d’émotion
A. Notes explicatives de termes africains
B. Couverture évocatrice de chaleur et de gravité
C. Quatrième de couverture annonçant joie et douleur
**Introduction rédigée**
> Le titre d’une œuvre constitue souvent le premier seuil par lequel le lecteur pénètre dans son univers. Dans le recueil *Balafon* de Léopold Sédar Senghor, ce seuil se compose d’un ensemble d’éléments – titre, épigraphe, préface, notes, illustration et quatrième de couverture – qui, loin d’être de simples ornements, orientent profondément la réception du texte. En quoi ces paratextes influencent‑ils la lecture du recueil ? Nous montrerons d’abord que le titre *Balafon* évoque la musicalité et la tradition orale (I), puis nous verrons comment l’épigraphe et la préface ancrent l’œuvre dans l’héritage africain et le projet de négritude (II), enfin nous analyserons le rôle des notes, de l’illustration et de la quatrième de couverture comme guides de compréhension et d’émotion (III).
### Sujet 3
**Sujet** : « Selon vous, la fonction poétique du langage est‑elle essentielle à la persuasion dans un texte argumentatif ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur des exemples tirés du programme. »
**Plan détaillé**
I. Définition de la fonction poétique et son rôle dans l’argumentation
A. Accent sur la forme du message
C. Création d’images marquantes qui renforcent l’adhésion
II. Exemple d’utilisation de la fonction poétique dans un texte argumentatif du programme
A. Analyse d’un passage où une métaphore ou une comparaison renforce un argument (ex. : fleuve comme artère aspirante dans *Au Cœur des ténèbres*)
III. Limites de la fonction poétique lorsqu’elle est isolée
A. Risque de privilégier la forme au détriment du contenu logique
B. Nécessité de combiner poétique, référentielle et conative pour une persuasion efficace
**Introduction rédigée**
> Dans la théorie de la communication de Jakobson, la fonction poétique du langage se caractérise par une attention particulière portée au message pour lui‑même, à sa forme, à ses sonorités et à ses images. Lorsqu’on rédige un texte argumentatif, on cherche avant tout à convaincre ; pourtant, la beauté de l’expression peut jouer un rôle décisif dans l’adhésion du lecteur. La fonction poétique est‑elle donc essentielle à la persuasion dans un texte argumentatif ? Nous commencerons par définir cette fonction et expliquer comment elle peut renforcer un argument (I), puis nous illustrerons son effet à l’aide d’un exemple tiré du programme, notamment la métaphore du fleuve comme artère aspirante dans *Au Cœur des ténèbres* (II), enfin nous examinerons les limites d’une approche purement poétique et la nécessité de l’articuler avec les fonctions référentielle et conative (III).
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## Erreurs fréquentes
1. **Confondre introduction et accroche** : certains élèves écrivent une accroche trop longue et oublient de présenter le contexte, la définition des termes et la problématique.
2. **Omettre l’annonce du plan** : sans annonce du plan, le correcteur ne voit pas la logique de la démonstration ; l’évaluation de la cohérence en souffre.
3. **Utiliser des exemples vagues** : citer « un personnage » ou « une situation » sans préciser lequel affaiblit l’argumentation ; il faut toujours nommer l’exemple (chapitre, personnage, situation précise).
4. **Négliger les connecteurs logiques** : des paragraphes qui s’enchaînent sans mots de liaison donnent l’impression d’un listing d’idées plutôt d’un raisonnement construit.
5. **Répéter la thèse dans chaque paragraphe** : cela alourdit le texte et masque la progression de l’argumentation ; chaque paragraphe doit apporter une nouvelle étape.
6. **Faire une conclusion qui se contente de résumer** : une bonne conclusion doit évaluer la force des arguments et ouvrir vers une réflexion plus large ; un simple résumé est jugé insuffisant.
7. **Oublier la gestion du temps** : passer trop de temps sur l’introduction laisse peu de place au développement et à la conclusion, entraînant une copie incomplète.
8. **Confondre compte rendu et critique personnelle** : insérer des jugements de valeur (« c’est scandaleux », « j’ai adoré ») dans un compte rendu entraîne une perte de points pour manque d’objectivité.
En ayant conscience de ces pièges et en s’entraînant régulièrement à l’aide des méthodologies présentées dans ce cours, l’élève pourra aborder l’épreuve de dissertation avec confiance et précision.
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*Fin du cours de référence.*
Quiz du chapitre
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