Chapitre 10
MISE EN PLACE D'UN PROTOCOLE
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- élaborer un plan de traitement céramique à partir d’un diagnostic complet ;
- définir les étapes, les techniques et les produits constituant un protocole d’intervention adapté au matériau et à l’altération observée ;
- appliquer les normes de sécurité, d’hygiène et de protection de l’environnement propres aux ateliers de restauration au Cameroun ;
- réaliser un tableau récapitulatif des interventions, des quantités de produits et des délais prévisionnels ;
- rédiger une fiche de suivi et de contrôle final conforme aux exigences du MINESEC/IGE.
**Prérequis** :
- connaissances de base en chimie des matériaux (solubilité, pH, réactivité des résines) ;
- notions de diagnostic des altérations céramiques (fissures, efflorescences, biodétérioration) ;
- maîtrise de la lecture d’une fiche de données de sécurité (FDS) et du port des équipements de protection individuelle (EPI) ;
- capacité à réaliser des relevés graphiques et photographiques d’une œuvre.
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, le patrimoine céramique regroupe des objets archéologiques (poteries du secteur du Nord), des pièces contemporaines d’artisanat (bassi, jarres, plats décoratifs) et des éléments architecturaux (carreaux de faïence, revêtements de sols). Ces œuvres sont soumises à des contraintes climatiques fortes (forte hygrométrie saisonnière, variations thermiques, présence de sels dans les sols) qui provoquent des altérations telles que des fissures, des écaillages, des efflorescences salines et des colonisations microbiennes.
La mise en place d’un protocole de restauration ne se limite pas à une simple application de produit ; elle doit résulter d’une analyse rigoureuse du diagnostic, d’une hiérarchisation des interventions selon l’urgence et la valeur patrimoniale, et d’un respect strict des règles de sécurité. Ce chapitre présente, étape par étape, la méthodologie recommandée pour élaborer un plan de traitement puis définir le protocole d’intervention concret, en s’appuyant sur des exemples réalistes d’ateliers de Yaoundé, de Douala ou de Bamenda.
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## I. Elaboration d’un plan de traitement à partir du diagnostic
### 1. Analyse du diagnostic
Le diagnostic constitue la base de toute décision de traitement. Il s’appuie sur :
- **Observation macroscopique** : éclairage rasant, loupe binoculaire (10‑40×) pour repérer fissures, écaillages, dépôts superficiels.
- **Analyses microscopiques** : microscope optique ou électronique à balayage (MEB) pour identifier la microstructure de la pâte et la présence de phases étrangères.
- **Méthodes physico‑chimiques** : diffraction des rayons X (DRX) pour identifier les composés minéraux (quartz, feldspath, calcite), spectroscopie FT‑IR pour détecter les groupes fonctionnels des résines ou des sels, mesure de la conductivité pour estimer la teneur en sels solubles.
- **Essai de solubilité** : application d’une goutte d’eau déionnée, d’éthanol ou d’acétone sur une zone discrète afin de tester la réaction du matériau.
À partir de ces données, on dresse une **liste d’altérations** avec leur localisation, leur étendue et leur mécanisme (ex. : fissure de retrait due à séchage différentiel, efflorescence de nitrate de sodium provenant du sol).
### 2. Hiérarchisation des interventions
Plusieurs critères guident la priorisation :
| Critère | Description | Échelle de notation (1‑5) |
|---------|-------------|---------------------------|
| Urgence sanitaire | Risque de perte immédiate de matière (ex. : fissure ouverte pouvant entraîner un éclatement) | 5 = très urgent |
| Stabilité structurelle | Influence sur la résistance mécanique de l’objet | 4 = important |
| Valeur patrimoniale | Rareté, âge, signification culturelle | 3 = modéré |
| Faisabilité technique | Disponibilité des produits, compétence de l’équipe | 5 = très faisable |
| Coût / délai | Ressources financières et temps disponibles | 5 = faible coût/délai (favorable) |
On attribue un score à chaque altération et on classe les interventions par ordre décroissant du total. Cette méthode permet d’établir un **plan de traitement hiérarchisé** qui évite de dépenser des ressources sur des problèmes secondaires alors que des menaces critiques restent non traitées.
> **À retenir** : La hiérarchisation doit être documentée dans un tableau de cotation signé par le responsable du projet et annexé au cahier des charges.
### 3. Formulation du plan de traitement
Un plan de traitement comprend :
1. **Objectifs généraux** (consolidation, nettoyage, protection, réintégration).
2. **Choix des méthodes** en fonction du matériau (poreux vs vitrifié) et du type d’altération.
3. **Élaboration d’un cahier des charges** précisant :
- les étapes détaillées (voir partie II) ;
- les produits avec leurs références commerciales et leurs concentrations ;
- les quantités estimées (voir exemple chiffré ci‑dessous) ;
- le planning (dates de début/fin, jalons) ;
- les responsabilités (technicien, restaurateur, chargé de sécurité) ;
- les moyens matériels (hotte, balai aspirant, éclairage UV) ;
- les contrôles qualité (tests d’adhérence, mesure d’humidité, inspection visuelle).
#### Exemple chiffré : calcul de la quantité de résine époxy nécessaire pour une fissure
- Longueur de la fissure : 150 mm
- Largeur moyenne : 0,5 mm
- Profondeur moyenne : 2 mm
Volume : \(V = L \times l \times e = 150 \times 0,5 \times 2 = 150 \text{ mm}^3 = 0,15 \text{ cm}^3\).
On ajoute un facteur de pénétration de 20 % : \(V_{total}=0,15 \times 1,20 = 0,18 \text{ cm}^3 = 0,18 \text{ mL}\).
Avec une densité de résine époxy de 1,1 g mL⁻¹, la masse nécessaire est :
\(m = 0,18 \times 1,1 = 0,20 \text{ g}\).
Ainsi, **0,2 g de résine époxy bi‑composant** suffisent pour traiter cette fissure, sachant qu’on préparera une légère excess (≈0,25 g) pour garantir une bonne imprégnation.
> **À retenir** : Toute calculation de dosage doit être consignée dans le cahier des charges et vérifiée avant la mise en œuvre.
#### Tableau récapitulatif d’un plan de traitement (exemple)
| Altération | Niveau de gravité (1‑5) | Intervention prioritaire | Produit recommandé | Précaution de sécurité |
|------------|--------------------------|--------------------------|--------------------|------------------------|
| Fissure superficielle | 2 | Consolidation par injection | Époxy bi‑composant faible viscosité (Araldite 2011) | Gants nitrile, masque FFP2, ventilation |
| Efflorescence de nitrate | 3 | Désalinisation par poultice d’argile | Argile bentonite + eau déionnée (ratio 1:2) | Lunettes de protection, masque FFP2, éviter inhalation de poussière |
| Colonisation fongique | 4 | Nettoyage biocide + contrôle d’humidité | Solution de chlorure d’hexadécyltriméthylammonium 0,1 % | Gants, lunettes, masque à gaz si travail en espace clos |
| Émail écaillé | 3 | Réintégration avec mastic de reconstitution | Mastic acrylique teinté (Paraloid B‑72 + pigments) | Gants nitrile, lunettes, masque à gaz (cartouche A2) si utilisation de solvant, ventilation, éviter contact cutané prolongé |
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## II. Définition des étapes, techniques et produits du protocole d’intervention
### 1. Étapes génériques d’un protocole de restauration céramique
1. **Préparation du poste de travail** – installation d’une hotte ou travail en extérieur, mise en place des EPI, protection du sol avec des bâches plastiques.
2. **Documentation initiale** – photos sous différents éclairages, relevés de dimensions, fiche d’état (altérations, localisations, précédents traitements).
3. **Nettoyage préliminaire** – dépoussiérage à l’aide de brosses souples et d’aspiration à faible débit ; test de solubilité sur une zone discrète.
4. **Traitement de consolidation** – injection ou imprégnation de consolidants (résines, silicates) selon la profondeur de l’altération.
5. **Traitement de désalinisation** – application de poultices, bains contrôlés ou diffusion de solutions aqueuses pour éliminer les sels solubles.
6. **Traitement de protection** – dépôt de vernis de conservation, d’hydrofuges ou d’inhibiteurs de corrosion adaptés à la surface.
7. **Réintégration esthétique** – reconstitution des manques avec des mastics compatibles, retouche chromatique à l’aide de pigments stables.
8. **Documentation finale et suivi** – nouvelles photos, mesures d’humidité, rapport d’intervention, plan de surveillance périodique (ex. : contrôle tous les 6 mois).
### 2. Techniques spécifiques selon le matériau céramique
| Type de céramique | Caractéristique principale | Technique de consolidation recommandée | Technique de nettoyage recommandée |
|-------------------|----------------------------|----------------------------------------|------------------------------------|
| Terre cuite (poreuse) | Porosité 15‑30 % | Imprégnation de silicate d’éthyle (sol‑gel TEOS) ou de résine acrylique (Paraloid B‑72 5 % en acétone) | Poultice d’argile bentonite, bain d’eau déionnée à 20 °C, agitation douce |
| Faïence (engobe vitrifié) | Surface légèrement vitrifiée, porosité 5‑10 % | Injection de résine époxy basse viscosité pour fissures profondes ; application de résine acrylique en surface pour microfissures | Nettoyage à l’ultrason doux (20‑40 kHz) avec solution de Triton X‑100 0,1 % ; rinçage à l’eau déionnée |
| Porcelaine / grès (vitreux) | Très faible porosité (<2 %) | Consolidation rarement nécessaire ; si nécessaire, utilisation de résine époxy très fluide sous vide | Nettoyage avec solvants organiques (acétone, éthanol) à faible concentration, suivi d’un rinçage à l’eau déionnée ; éviter les bains prolongés |
| Céramique émaillée | Émail sensible aux alcalis et aux solvants forts | Aucune consolidation nécessaire ; si protection souhaitée, appliquer vernis de conservation (Paraloid B‑72 5 % en toluène) | Nettoyage à l’eau déionnée + surfactant non ionique (0,05 %) ; test préalable sur une zone cachée |
### 3. Produits couramment utilisés dans les ateliers camerounais
| Famille | Produit (exemple) | Forme d’emploi | Concentration typique | Remarques de sécurité |
|---------|-------------------|----------------|-----------------------|-----------------------|
| Consolidants | Paraloid B‑72 (acrylate de méthyle‑éthyle) | Solution en acétone ou toluène | 5 % p/v (pour consolidation de surface) ; 10 % p/v (pour impregnation profonde) | Solvant inflammable – utiliser hotte ou extérieur, porter masque à gaz si concentration >10 % |
| | Époxy bi‑composant (Araldite 2011) | Mélange 1:1 (résine + durcisseur) | Utiliser tel quel, pot life ~30 min à 20 °C | Irritant cutané – gants nitrile, lunettes |
| | Silicate d’éthyle (TEOS) sol‑gel | Solution alcoolique (éthanol) avec catalyseur acide | 20‑30 % p/v en éthanol | Éthanol volatil – ventilation obligatoire |
| Nettoyants | Eau déionnée | – | – | Utiliser récipients propres pour éviter recontamination |
| | Triton X‑100 (surfactant non ionique) | Solution aqueuse | 0,1 % p/v | Peu irritant – gants recommandés |
| | Poultice d’argile bentonite | Argile + eau déionnée (ratio 1:2) | Appliquer en couche de 5‑10 mm, laisser agir 1‑2 h | Poussière – masque FFP2 lors de manipulation sèche |
| Biocides | Chlorure d’hexadécyltriméthylammonium (BKC) | Solution aqueuse | 0,1 % p/v | Irritant – gants, lunettes, éviter inhalation |
| | Peroxyde d’hydrogène (H₂O₂) | Solution aqueuse | 3 % p/v (stabilisé) | Dégradation sous lumière – conserver à l’obscurité |
| Protecteurs | Paraloid B‑72 (vernis) | Solution en toluène | 5 % p/v | Toluène toxique – hotte obligatoire, masque à gaz |
| | Hydrofuge siloxane (ex. : Silres BS) | Solution en alcool ou eau | 2‑5 % p/v selon support | Alcool inflammable – même précautions que pour les solvants |
| Pigments de retouche | Oxyde de fer jaune, noir, bleu de Prusse | Pigments secs à disperser dans liant acrylique | 5‑10 % p du poids du mastic | Certains pigments peuvent être toxiques – éviter inhalation de poussières |
### 4. Normes de sécurité, d’hygiène et de protection de l’environnement
- **Équipement de protection individuelle (EPI)** : gants nitrile (résistance aux solvants), lunettes de sécurité à coque latérale, masque filtrant (FFP2 pour poussières, masque à gaz avec cartouche A2 pour solvants organiques), blouse ou combinaison imperméable.
- **Ventilation** : travail sous hotte aspirante débit ≥ 0,5 m³ s⁻¹ ou en extérieur avec brise naturelle ; mesure périodique de la concentration de composés organiques volatils (COV) avec un détecteur portatif (seuil d’alerte 10 ppm).
- **Manipulation des produits dangereux** : consulter la FDS avant toute utilisation, stocker les produits inflammables dans une armoire anti‑feu séparée, étiqueter clairement les récipients (nom, concentration, date de préparation, dangers).
- **Gestion des déchets** : séparer les solvants usés (recyclage auprès d’un prestataire agréé), les résidus de poultice (argile sèche) peuvent être éliminés en décharge de classe II après vérification d’absence de contaminants dangereux, les emballages vides sont déposés dans les points de collecte de déchets plastiques.
- **Formation** : tout personnel doit suivre une formation initiale de 8 h sur les risques chimiques et le port des EPI, suivie d’un rappel annuel.
> **À retenir** : Aucun produit ne doit être appliqué sans avoir préalablement vérifié sa compatibilité avec le matériau (test sur témoin) et sans porter les EPI adaptés.
#### Exemple de protocole complet (jarre en terre cuite, fissures + efflorescence)
| Étape | Action | Produit / Méthode | Quantité | Durée | Responsable |
|-------|--------|-------------------|----------|-------|-------------|
| 1 | Préparation du poste | Installation hotte, EPI | – | 10 min | Technicien |
| 2 | Documentation initiale | Photo macro + échelle | – | 15 min | Restaurateur |
| 3 | Dépoussiérage | Brosse douce + aspiration faible | – | 5 min | Technicien |
| 4 | Test de solubilité | Goutte d’eau déionnée sur zone discrète | 0,5 mL | 5 min | Technicien |
| 5 | Consolidation fissure | Injection époxy Araldite 2011 (mélange 1:1) | 0,25 g (≈0,23 mL) | 20 min | Restaurateur |
| 6 | Poultice désalinisation | Argile bentonite + eau déionnée (1:2) | 30 g argile + 60 mL eau | 2 h (pose) | Technicien |
| 7 | Nettoyage surface | Solution Triton X‑100 0,1 % + eau déionnée | 100 mL | 10 min | Technicien |
| 8 | Protection émail | Paraloid B‑72 5 % en toluène (pulvérisation) | 5 mL | 15 min | Restaurateur |
| 9 | Contrôle final | Photo, hygrométrie (capteur) | – | 10 min | Restaurateur |
| **Total** | – | – | – | **≈3 h 30** | – |
> **À retenir** : Le temps de pose du poultice doit être respecté scrupuleusement ; un retrait prématuré réduit l’efficacité de la désalinisation, tandis qu’un temps excessif peut entraîner une réhydratation indésirable du support.
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## Synthèse du chapitre
- Le **plan de traitement** naît du diagnostic : observation, analyses physico‑chimiques, hiérarchisation des altérations selon urgence, stabilité, valeur patrimoniale, faisabilité et coût.
- Un **cahier des charges** détaille les étapes, les produits, les quantités, le planning et les responsabilités.
- Le **protocole d’intervention** suit une séquence logique : préparation, documentation, nettoyage préliminaire, consolidation, désalinisation, protection, réintégration, documentation finale.
- Les **techniques** varient selon la porosité de la céramique : impregnation de silicates ou résines pour les terres cuites, injection d’époxy pour les fissures profondes, nettoyage ultrasonique ou poultice d’argile selon le type d’altération.
- Les **produits** les plus utilisés au Cameroun sont le Paraloid B‑72, les résines époxy basse viscosité, le silicate d’éthyle, les poultices d’argile bentonite, les surfactants non ioniques, les biocides à base de quaternaire d’ammonium et les vernis de protection.
- La **sécurité** impose le port d’EPI adaptés, une ventilation efficace (hotte ou extérieur), la consultation des FDS, la gestion séparée des déchets et une formation régulière du personnel.
- Un **tableau récapitulatif** permet de visualiser rapidement les interventions, les quantités de produits et les durées prévisionnelles, facilitant le suivi et le contrôle qualité.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Consolidant** | Substance qui pénètre dans la matière pour renforcer sa cohésion mécanique sans altérer son aspect (ex. : résine époxy, silicate d’éthyle). |
| **Poultice** | Cataplasme humide (souvent à base d’argile) appliqué sur une surface pour extraire des sels solubles ou des colorants par diffusion. |
| **Paraloid B‑72** | Copolymère acrylate de méthyle‑éthyle utilisé comme consolidant, vernis de protection ou liant pour mastics de retouche. |
| **Triton X‑100** | Surfactant non ionique employé à faible concentration (0,1 %) pour améliorer le pouvoir mouillant de l’eau lors du nettoyage. |
| **FFP2** | Masque filtrant à particules qui retient au moins 94 % des aérosols de taille moyenne (utilisé contre les poussières d’argile ou de silicate). |
| **FDS** | Fiche de données de sécurité, document obligatoire décrivant les dangers, les précautions d’emploi et les mesures d’urgence d’un produit chimique. |
| **Hygrométrie** | Mesure de la teneur en eau relative de l’air ou d’un matériau, essentielle pour contrôler les risques de réhydratation après désalinisation. |
| **Sol‑gel** | Procédé chimique permettant d’obtenir un réseau oxyde (silice) à partir d’un précurseur liquide (ex. : TEOS) par hydrolyse et condensation. |
| **COV** | Composés organiques volatils, substances émises sous forme de gaz pouvant présenter des risques pour la santé et l’environnement. |
| **Patrimonialité** | Valeur culturelle, historique ou esthétique attribuée à un bien, influençant les priorités d’intervention en restauration. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Consolidation d’une fissure sur une jarre en terre cuite
**Situation** : Une jarre de 25 cm de hauteur présente une fissure linéaire de 120 mm de longueur, 0,4 mm de largeur et 1,5 mm de profondeur. Le restaurateur doit choisir un consolidant époxy basse viscosité (Araldite 2011) et déterminer la quantité nécessaire, en prévoyant un surplus de 25 % pour garantir l’imprégnation.
**Consigne** : Calculer la masse d’époxy à préparer (en grammes) et indiquer les précautions de sécurité à observer lors de l’injection.
**Corrigé**
1. Volume de la fissure : \(V = L \times l \times e = 120 \times 0,4 \times 1,5 = 72 \text{ mm}^3 = 0,072 \text{ cm}^3\).
2. Volume avec surplus : \(V_{tot}=0,072 \times 1,25 = 0,09 \text{ cm}^3 = 0,09 \text{ mL}\).
3. Densité de l’époxy ≈ 1,1 g mL⁻¹ → masse : \(m = 0,09 \times 1,1 = 0,099 \text{ g}\) ≈ **0,10 g**.
4. Préparer environ **0,12 g** d’époxy (mélange 1:1) pour tenir compte des pertes lors du chargement de la seringue.
**Précautions de sécurité** : porter des gants nitrile, des lunettes de sécurité, travailler sous hotte ou en extérieur avec ventilation naturelle, éviter toute flamme ou étincelle (l’époxy est inflammable pendant le mélange), lire la FDS avant usage, jeter les seringues usagées dans un conteneur de déchets dangereux, porter également un masque à gaz avec cartouche A2 si travail en espace clos.
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### Exercice 2 – Désalinisation par poultice d’argile sur une faïence salie
**Situation** : Une plaque de faïence de 30 × 30 cm présente une efflorescence visible de nitrate de sodium sur 40 % de sa surface. Le restaurateur décide d’appliquer un poultice d’argile bentonite (rapport argile : eau = 1 : 2, masse sèche).
**Consigne** : Déterminer la masse d’argile nécessaire et le volume d’eau à préparer pour couvrir entièrement la zone affectée, sachant qu’une couche de poultice de 8 mm d’épaisseur est recommandée.
**Corrigé**
- Surface à traiter : \(0,4 \times (30 \times 30) = 0,4 \times 900 = 360 \text{ cm}^2\).
- Volume de poultice : \(V = S \times e = 360 \text{ cm}^2 \times 0,8 \text{ cm} = 288 \text{ cm}^3 = 288 \text{ mL}\).
- Rapport masse argile : volume eau = 1 : 2 → soit 1 partie d’argile pour 2 parties d’eau (en masse, sachant que la densité de l’argile sèche ≈ 2,2 g cm⁻³ et celle de l’eau = 1 g mL⁻¹).
- Masse d’argile : \(m_{argile}= \frac{V}{1+2} \times \rho_{argile}= \frac{288}{3} \times 2,2 = 96 \times 2,2 = 211,2 \text{ g}\).
- Volume d’eau : \(V_{eau}= 2 \times \frac{V}{3} \times \rho_{eau}^{-1}= 2 \times 96 \times 1 = 192 \text{ mL}\).
**Résultat** : préparer **≈ 210 g d’argile bentonite** et **≈ 190 mL d’eau déionnée**, mélanger jusqu’à obtenir une pâte homogène, appliquer en couche de 8 mm sur la zone affectée, laisser agir 2 h, puis retirer délicatement avec une spatule en bois et rincer à l’eau déionnée.
**Précautions** : porter un masque FFP2 lors de la manipulation de l’argile sèche, éviter la dispersion de poussières, travailler dans un espace bien aéré, vérifier que l’eau utilisée est bien déionnée afin de ne pas réintroduire de sels.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique |
|----|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1 | **Appliquer un solvant fort (acétone, éthanol) sur une céramique émaillée sans test préalable** | Dégradation ou dissolution de l’émail, perte de couleur et de brillance. | Toujours réaliser un test de solubilité sur une zone discrète (< 5 mm²) et attendre 5 min avant de décider du traitement. |
| 2 | **Ne pas porter de masque lors du mélange ou de l’injection de résine époxy** | Inhalation de vapeurs irritantes, risque de sensibilisation respiratoire. | Utiliser un masque à gaz avec cartouche A2 (vapeurs organiques) ou travailler sous hotte aspirante ; vérifier l’étanchéité du masque avant chaque utilisation. |
| 3 | **Laisser un poultice d’argile trop longtemps (> 4 h) sur une surface poreuse** | Réabsorption d’humidité par le support, risque de nouvelles efflorescences ou de développement de moisissures. | Respecter le temps de pose recommandé (1‑2 h pour les sels solubles, contrôler l’état du poultice toutes les 30 min). |
| 4 | **Mélanger des produits incompatibles (ex. : époxy + acétone en grande quantité) dans le même récipient** | Réaction exothermique, dégagement de gaz, risque de débordement ou d’incendie. | Consulter les FDS, ne jamais mélanger deux produits sauf si la compatibilité est explicitement indiquée ; préparer chaque produit séparément. |
| 5 | **Ne pas étiqueter les récipients de produits préparés (ex. : solution de Paraloid B‑72)** | Risque d’utilisation erronée, difficulté à retrouver la concentration en cas de contrôle. | Étiqueter immédiatement chaque récipient avec : nom du produit, concentration, date de préparation, nom du préparateur, et mention de danger éventuelle. |
| 6 | **Jeter les solvants usés dans l’évier ordinaire** | Pollution des eaux usées, non‑conformité à la réglementation environnementale camerounaise (MINEE). | Collecter les solvants usés dans des contenants homologués, les faire récupérer par un prestataire agréé de traitement des déchets dangereux. |
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*Fin du cours.*
Quiz du chapitre
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