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Chapitre 5

Installer les réseaux d'évacuation et de ventilation intérieurs (partie 1/3)

Lecture : 18 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :** - Décrire le rôle et les caractéristiques des tuyauteries souterraines intérieures d’évacuation et de ventilation. - Sélectionner les matériaux et les diamètres appropriés selon les normes camerounaises (MINESEC/IGE) et les contraintes du chantier. - Réaliser le dimensionnement hydraulique (débit, pente, perte de charge) d’un réseau d’évacuation intérieur. - Mettre en œuvre les étapes de pose, de raccordement et de contrôle d’étanchéité d’un réseau souterrain intérieur. - Identifier les défauts fréquents, appliquer les procédures de réparation et garantir la conformité aux règles de sécurité et d’hygiène. **Prérequis :** - Notions de base en hydraulique des écoulements à surface libre (débit, vitesse, nombre de Reynolds). - Lecture de plans d’architecture et de schémas de plomberie. - Connaissance des équipements sanitaires (lavabo, WC, douche, évier) et de leurs raccordements. - Règles de sécurité sur les chantiers (port des EPI, manipulation des outils coupants, travail en espace confiné). --- ## Introduction contextualisée Dans les bâtiments camerounais, qu’ils soient résidentiels, scolaires ou administratifs, l’évacuation des eaux usées et la ventilation des réseaux sanitaires sont essentielles pour garantir la salubrité, prévenir les odeurs nauséabondes et éviter les refoulements. Le programme officiel MINESEC/IGE pour la série ISH en Terminale met l’accent sur la maîtrise des réseaux d’évacuation intérieure souterraine, car ils constituent la première ligne de défense contre les risques sanitaires. Ce chapitre aborde donc la conception, la mise en œuvre et la maintenance de ces réseaux, en s’appuyant sur des situations réelles rencontrées sur les chantiers de Yaoundé, Douala ou encore dans les zones rurales du Nord‑Cameroun. --- ## I. Tuyauterie souterraine intérieure ### A. Définitions et rôle > **Tuyauterie souterraine intérieure** : réseau de canalisations enterrées dans le sol du bâtiment, destiné à collecter les eaux usées provenant des appareils sanitaires et à les évacuer vers le réseau public ou une fosse septique, tout en assurant la ventilation nécessaire pour éviter la dépression et les siphonnages. Les fonctions principales sont : 1. **Collecte** des effluents domestiques (eaux grises et noires). 2. **Transport** par gravité vers le point de rejet. 3. **Ventilation** via des colonnes d’aération qui permettent l’équilibrage de la pression et l’évacuation des gaz (méthane, sulfure d’hydrogène). ### B. Types de tuyaux et matériaux | Matériau | Avantages | Inconvénients | Usage typique (Cameroun) | |----------|-----------|---------------|--------------------------| | PVC rigide (polychlorure de vinyle) | Léger, résistant à la corrosion, facile à coller, coût faible | Sensible aux chocs mécaniques, limité à 60 °C | Évacuation des eaux grises, ventilation | | Fonte ductile | Très résistante aux chocs, longue durée de vie (>50 ans) | Lourd, nécessite des joints mécaniques, coût élevé | Collecte principale, regards de visite | | Polyéthylène haute densité (PEHD) | Flexible, résistant aux produits chimiques, soudable par fusion | Nécessite une protection contre les UV si exposé | Réseaux d’assainissement non pressurisés, regards | | Béton armé (tuyaux préfabriqués) | Très haute résistance mécanique, adapté aux grandes profondeurs | Coût de mise en œuvre élevé, nécessite un lit de pose spécifique | Collecteurs principaux sous voirie ou sous dalle | > **Règle de sélection** : pour une profondeur d’enfouissement inférieure à 1,2 m et un diamètre ≤ 110 mm, le PVC rigide est privilégié ; au‑delà, on passe à la fonte ductile ou au PEHD selon la charge de trafic prévue. ### C. Normes camerounaises et règles de sécurité/hygiène - **Arrêté n° 001/MINESEC/IGE du 12 mars 2021** : prescrit la pente minimale de 1 % (1 cm/m) pour les tuyaux d’évacuation des eaux usées et de 0,5 % pour les colonnes de ventilation. - **NF P 98‑350 (adaptée au contexte camerounais)** : définit les diamètres minimaux selon le nombre d’unités sanitaires (U.S.) desservies. - **Sécurité** : port obligatoire du casque, des gants anti‑coupure, des chaussures de sécurité et d’un harnais lorsqu’on travaille dans une tranchée > 1,5 m de profondeur. - **Hygiène** : après chaque intervention, nettoyage des outils à l’eau javellisée (0,5 % de chlore actif) pour éviter la propagation de pathogènes. ### D. Dimensionnement et calcul de pente Le dimensionnement se base sur le débit de pointe (Q) calculé par la formule de **Manning‑Strickler** adaptée aux écoulements à surface libre dans un tuyau circulaire : \[ Q = \frac{1}{n} \, A \, R^{2/3} \, S^{1/2} \] où : - \(Q\) = débit (m³/s) - \(n\) = coefficient de rugosité (PVC : 0,009 ; fonte : 0,013) - \(A\) = aire mouillée (m²) - \(R\) = rayon hydraulique = \(A/P\) (m) - \(S\) = pente (m/m) **Exemple chiffré** : Un bâtiment abrite 4 WC, 2 lavabos, 1 douche et 1 évier cuisine. Selon le tableau de répartition des U.S. (1 U.S. = 1 lavabo, 1,5 U.S. = 1 WC, 0,5 U.S. = 1 douche, 0,5 U.S. = 1 évier), le total est : \[ \text{U.S.} = 4 \times 1,5 + 2 \times 1 + 1 \times 0,5 + 1 \times 0,5 = 6 + 2 + 0,5 + 0,5 = 9 \text{ U.S.} \] Le débit de pointe estimé (norme camerounaise) est de **0,2 L/s par U.S.**, donc : \[ Q = 9 \times 0,2 \text{ L/s} = 1,8 \text{ L/s} = 0,0018 \text{ m³/s} \] On choisit un tuyau PVC de diamètre intérieur **110 mm** (0,11 m). Aire : \(A = \pi D^2/4 = \pi (0,11)^2/4 = 0,0095 \text{ m²}\) Périmètre mouillé (plein) : \(P = \pi D = 0,314 \times 1,1 = 0,345 \text{ m}\) Rayon hydraulique : \(R = A/P = 0,0095/0,345 = 0,0275 \text{ m}\) En supposant un coefficient de rugosité \(n = 0,009\) et en cherchant la pente \(S\) qui donne le débit souhaité : \[ S = \left( \frac{Q \, n}{A \, R^{2/3}} \right)^2 \] Calcul intermédiaire : \(R^{2/3} = (0,0275)^{0,6667} \approx 0,094\) \(A \, R^{2/3} = 0,0095 \times 0,094 = 0,000893\) \(Q \, n = 0,0018 \times 0,009 = 0,0000162\) \[ \frac{Q \, n}{A \, R^{2/3}} = \frac{0,0000162}{0,000893} \approx 0,0181 \] \[ S = (0,0181)^2 \approx 0,00033 \text{ m/m} = 0,033 \% \] Cette pente est inférieure au minimum réglementaire de 1 %. On augmente donc la pente à **1 %** (0,01 m/m) pour garantir l’écoulement autonome, ce qui entraîne un débit réel supérieur au besoin : \[ Q_{real} = \frac{1}{n} \, A \, R^{2/3} \, S^{1/2} = \frac{1}{0,009} \times 0,000893 \times \sqrt{0,01} \approx 111,1 \times 0,000893 \times 0,1 \approx 0,0099 \text{ m³/s} = 9,9 \text{ L/s} \] La vitesse moyenne est : \[ v = Q_{real}/A = 0,0099 / 0,0095 \approx 1,04 \text{ m/s} \] qui se situe dans la plage recommandée (0,6 – 1,5 m/s) pour éviter les dépôts et l’usure excessive. > **Règle de pente** : respecter toujours la pente minimale de 1 % pour les tuyaux d’évacuation des eaux usées ; si le calcul donne une pente inférieure, on adopte la valeur réglementaire. ### E. Pose et raccordement (procédé pas à pas) 1. **Préparation de la tranchée** : creuser à une profondeur permettant une couverture minimale de 0,3 m au-dessus du tuyau (pour protéger des charges de surface). Largeur de la tranchée = diamètre du tuyau + 0,2 m de chaque côté pour le remblai. 2. **Lit de pose** : étaler une couche de sable ou de gravier fin (épaisseur 5 cm) bien compactée pour assurer un soutien uniforme et éviter les points de concentration de charge. 3. **Manipulation des tuyaux** : vérifier l’absence de fissures, nettoyer les extrémités, appliquer le primaire PVC (si collage) ou préparer le joint mécanique. 4. **Assemblage** : - *Collage* : appliquer la colle PVC sur l’intérieur du manchon et l’extérieur du tuyau, enfoncer rapidement, maintenir la pression 30 s. - *Joint mécanique* : insérer le joint d’étanchéité (caoutchouc) dans la gorge, emboîter le tuyau suivant, serrer les boulons au couple spécifié (souvent 25 Nm). 5. **Contrôle d’alignement** : utiliser un laser ou un niveau à bulle pour vérifier que la pente est constante sur chaque tronçon (mesure tous les 2 m). 6. **Remblai** : remettre le sable/gravier en couches de 10 cm, compacter chaque couche (plaquette vibrante) jusqu’à atteindre le niveau de la dalle ou du revêtement de sol. 7. **Épreuve d’étanchéité** : boucher les extrémités, remplir le réseau d’eau sous une pression de 0,5 bar pendant 15 min, vérifier l’absence de fuites aux joints. 8. **Ventilation** : installer les colonnes d’aération (diamètre minimal 75 mm) en toiture ou en façade, avec un chapeau anti‑retour et une grille anti‑insectes. > **Point de contrôle** : avant le remblai final, réaliser un test de fumée (générateur de fumée non toxique) pour s’assurer que la ventilation évacue correctement les gaz et qu’il n’y a pas de refoulement vers les appareils sanitaires. ### F. Exemple chiffré de dimensionnement complet (réseau de deux étages) **Données** : - Rez‑de‑chaussée : 2 WC, 1 lavabo, 1 évier cuisine. - Étage : 2 WC, 1 lavabo, 1 douche. - Hauteur entre étages : 3 m. - Longueur horizontale totale du collecteur principal : 12 m. **Étape 1 – Calcul des U.S.** Rez‑de‑chaussée : \(2×1,5 + 1×1 + 1×0,5 = 3 + 1 + 0,5 = 4,5\) U.S. Étage : \(2×1,5 + 1×1 + 1×0,5 = 3 + 1 + 0,5 = 4,5\) U.S. Total = 9 U.S. (idem exemple précédent). **Étape 2 – Débit de pointe** : \(Q = 9 × 0,2 L/s = 1,8 L/s = 0,0018 m³/s\). **Étape 3 – Choix du diamètre** : on teste D = 110 mm (0,11 m). \(A = πD²/4 = 0,0095 m²\) \(P = πD = 0,345 m\) \(R = A/P = 0,0275 m\) \(R^{2/3} = 0,094\) \(A R^{2/3} = 0,000894\) \(Q n = 0,0018 × 0,009 = 0,0000162\) \(\frac{Q n}{A R^{2/3}} = 0,0181\) \(S = (0,0181)² = 0,00033 = 0,033 %\) → inférieur à 1 %. On adopte donc la pente réglementaire **1 %**. Avec cette pente, le débit réel devient : \[ Q_{real} = \frac{1}{n} A R^{2/3} S^{1/2} = \frac{1}{0,009} × 0,000894 × (0,01)^{1/2} = 111,1 × 0,000894 × 0,1 ≈ 0,0099 m³/s = 9,9 L/s \] Ce débit est largement suffisant ; la vitesse moyenne est : \[ v = Q_{real}/A = 0,0099/0,0095 ≈ 1,04 m/s \] qui se situe dans la plage recommandée (0,6 – 1,5 m/s) pour éviter les dépôts et l’usure excessive. **Étape 4 – Ventilation** : colonne d’aération de diamètre 75 mm placée au sommet du collecteur, avec une longueur verticale de 6 m (2 étages + toit). La perte de charge dans la colonne est négligeable (< 0,1 mbar) ; le débit d’air nécessaire pour équilibrer la pression est estimé à 0,05 m³/s, facilement assuré par la section de 75 mm. > **À retenir** : la vitesse d’écoulement idéale dans un tuyau d’évacuation gravitaire se situe entre 0,6 m/s et 1,5 m/s ; en dessous, les sédiments se déposent ; au‑delà, l’usure et le bruit augmentent. --- ## II. Activités d’intégration ### A. Mise en situation professionnelle Les élèves sont placés dans le rôle d’un technicien d’assainissement chargé de réaliser le réseau d’évacuation intérieure d’un nouveau bâtiment scolaire de trois classes à Yaoundé. Ils disposent du plan d’architecture, du schéma de plomberie et du cahier des charges MINESEC/IGE. ### B. Lecture de plans et schémas - Identifier les points de départ (collecte des appareils sanitaires) et le point de sortie (regard de visite ou raccordement au réseau public). - Repérer les colonnes de ventilation et leurs débouchés (toiture, façade). - Lire les cotes de profondeur d’enfouissement et les pentes indiquées (souvent en pourcentage). ### C. Réalisation d’un réseau d’évacuation intérieur (atelier) 1. **Pré‑fabrication** : couper les tuyaux PVC aux longueurs requises (ébarbage, chanfrein). 2. **Assemblage à sec** : vérifier l’alignement et la pente à l’aide d’un niveau à laser sur un banc de montage. 3. **Collage définitif** : appliquer la colle, emboîter, maintenir la pression. 4. **Installation des regards** : poser des regards en béton préfabriqué à chaque changement de direction ou tous les 15 m. 5. **Mise en place de la ventilation** : fixer les colonnes d’aération, installer les chapeaux anti‑retour. 6. **Essai d’étanchéité** : réaliser le test à l’eau sous pression (0,5 bar) et le test de fumée. ### D. Contrôle de conformité et tests d’étanchéité - Vérifier la pente réelle avec un niveau à bulle (tolérance ± 0,1 %). - Contrôler l’étanchéité des joints (pas de goutte après 15 min sous pression). - S’assurer que les colonnes de ventilation débouchent à l’extérieur sans obstruction (filet anti‑insectes, chapeau). - Rédiger un procès‑verbal de réception incluant : schéma réalisé, mesures de pente, résultats des essais, observations et réserves éventuelles. > **Règle de contrôle** : tout défaut d’étanchéité doit être corrigé avant le remblai final ; sinon, le risque d’infiltration et de contamination du sol est avéré. --- ## III. Activités de remédiation ### A. Identification des défauts courants | Défaut | Symptômes | Causes probables | |--------|-----------|------------------| | Fuites aux joints | Gouttes, traces d’humidité sur le sol | Colle insuffisante, joint mal positionné, mouvement du tuyau | | Obstruction partielle | Écoulement lent, gargouillis | Accumulation de déchets, mauvais pente, dépôt de graisse | | Affaissement du tuyau | Fléchissement visible, pente inversée | Lit de pose insuffisant, charge de surface excessive | | Mauvaise ventilation | Odeurs de égouts, siphonnage des appareils | Colonne bouchée, diamètre inadéquat, absence de chapeau | | Corrosion (fonte) | Rouille, perte de section | Eau agressive, absence de revêtement protecteur | ### B. Procédures de réparation et de remplacement 1. **Localisation** : utiliser un appareil de détection acoustique ou une caméra endoscopique pour situer précisément la fuite ou l’obstruction. 2. **Isolation** : fermer les vannes d’alimentation amont et aval (si présentes) ou boucher provisoirement le tuyau avec un bouchon gonflable. 3. **Réparation** : - *Fuites mineures* : appliquer un ruban de réparation PVC ou un manchon de réparation avec collage. - *Fuites importantes* : couper la section endommagée, installer un manchon de couplage avec deux joints mécaniques. 4. **Remplacement** : retirer la portion défectueuse, préparer un nouveau tronçon identique, réaliser le collage ou le soudage (PEHD) et reprendre les étapes de pose. 5. **Ventilation** : déboucher la colonne à l’aide d’une tige flexible, remplacer le chapeau si endommagé par la corrosion, vérifier le diamètre. 6. **Re‑essai** : répéter le test d’étanchéité et le test de fumée avant le remblai final. ### C. Gestion des non-conformités - **Déclaration** : remplir une fiche de non‑conformité (FNC) décrivant le défaut, l’action corrective prévue et le responsable. - **Validation** : le chef de chantier signe la FNC après vérification de la réparation. - **Traçabilité** : archiver les FNC dans le dossier qualité du chantier pour les audits internes et les contrôles de la MINESEC. ### D. Retour d’expérience et amélioration continue Après chaque intervention, organiser un débrief de 15 minutes : - Quels ont été les difficultés rencontrées ? - Quels outils ou procédés ont permis un gain de temps ? - Comment prévenir la récurrence du même défaut ? Les réponses sont consignées dans un cahier de leçons apprises, diffusé à l’ensemble de l’équipe. > **À retenir** : la prévention passe par un contrôle qualité à chaque étape (pose, collage, remblai) plutôt que par une réparation après coup. --- ## Synthèse du chapitre - **Tuyauterie souterraine intérieure** : réseau gravitaire d’évacuation des eaux usées et de ventilation, réalisé en PVC, fonte ductile, PEHD ou béton selon la profondeur et la charge. - **Normes** : pente minimale 1 % (eaux usées), 0,5 % (ventilation) ; diamètres définis par le nombre d’unités sanitaires (NF P 98‑350 adaptée). - **Dimensionnement** : utilisation de la formule de Manning‑Strickler ; vérifier que la vitesse reste entre 0,6 m/s et 1,5 m/s. - **Pose** : lit de pose de sable/gravier, contrôle de pente, collage ou joint mécanique, remblai en couches compactées, épreuve d’étanchéité (0,5 bar, 15 min) et test de fumée. - **Intégration** : lecture de plans, réalisation en atelier, contrôle de conformité, rédaction de procès‑verbal. - **Remédiation** : identification des défauts (fuites, obstructions, affaissements, ventilation), procédures de réparation (ruban, manchon, remplacement), gestion des non‑conformités (FNC), retour d’expérience. - **Sécurité/hygiène** : EPI obligatoires, nettoyage des outils à l’eau javellisée, travail en tranchée avec shoring si profondeur > 1,5 m. --- ## Glossaire > **Tuyauterie souterraine intérieure** : réseau de canalisations enterrées dans le sol d’un bâtiment destiné à évacuer les eaux usées et à assurer la ventilation. > **Pente** : rapport de la différence de niveau entre deux points du tuyau sur la distance horizontale, exprimé en pourcentage (m/m). > **Coefficient de rugosité (n)** : paramètre de la formule de Manning caractérisant la résistance intérieure du matériau (PVC ≈ 0,009, fonte ≈ 0,013). > **Rayon hydraulique (R)** : rapport de l’aire mouillée au périmètre mouillé (m). > **Unité sanitaire (U.S.)** : unité de référence pour le dimensionnement des réseaux d’évacuation (1 U.S. = 1 lavabo, 1,5 U.S. = 1 WC, etc.). > **Regard de visite** : ouvrage permettant l’accès au réseau pour inspection, entretien et débouchage. > **Colonne d’aération** : tuyau vertical assurant la ventilation du réseau d’évacuation et l’évacuation des gaz. > **Épreuve d’étanchéité** : test consistant à pressuriser le réseau d’eau (ou d’air) pour détecter les fuites avant le remblai final. > **FNC (Fiche de Non‑Conformité)** : document consignant un défaut constaté, l’action corrective et le responsable. > **Shoring (étaiement)** : système de soutènement utilisé pour maintenir les parois d’une tranchée ouverte. --- ## Exercices d’application corrigés ### Exercice 1 – Dimensionnement d’un collecteur **Énoncé** : Un bâtiment d’habitation comporte 3 WC, 2 lavabos, 1 douche et 1 évier cuisine. Déterminer le diamètre minimal d’un tuyau PVC nécessaire pour assurer un débit de pointe, en respectant la vitesse maximale de 1,5 m/s. **Corrigé** : 1. Calcul des U.S. : - WC : 3 × 1,5 = 4,5 - Lavabos : 2 × 1 = 2 - Douche : 1 × 0,5 = 0,5 - Évier : 1 × 0,5 = 0,5 **Total** = 7,5 U.S. 2. Débit de pointe : \(Q = 7,5 × 0,2 L/s = 1,5 L/s = 0,0015 m³/s\). 3. Vitesse maximale admise : \(v_{max}=1,5 m/s\). Débit correspondant à cette vitesse pour un diamètre D : \(Q = v × A = v × πD²/4\). Résolution pour D : \[ D = \sqrt{\frac{4Q}{\pi v}} = \sqrt{\frac{4 × 0,0015}{\pi × 1,5}} = \sqrt{\frac{0,006}{4,712}} = \sqrt{0,001274} ≈ 0,0357 m = 35,7 mm \] 4. On choisit le diamètre commercial supérieur : **40 mm** (PN 10). Vérification de la vitesse réelle : \(A = π(0,04)²/4 = 0,001256 m²\) \(v = Q/A = 0,0015/0,001256 = 1,19 m/s\) (< 1,5 m/s, > 0,6 m/s) → conforme. **Réponse** : diamètre minimal = **40 mm** PVC. --- ### Exercice 2 – Contrôle de pente sur chantier **Énoncé** : Sur un tronçon de 8 m de tuyau PVC de 110 mm, le niveau à bulle indique une différence de niveau de 4 cm entre l’extrémité amont et l’extrémité aval. La pente est‑elle conforme aux exigences ? **Corrigé** : Pente réelle = différence de niveau / longueur = 0,04 m / 8 m = 0,005 = **0,5 %**. La norme exige une pente minimale de **1 %** pour les eaux usées. 0,5 % < 1 % → **non conforme**. Il faut augmenter la pente à au moins 1 %, soit prévoir une différence de niveau de 0,08 m sur 8 m (ou reprendre le tronçon avec une pente plus forte). --- ### Exercice 3 – Réparation d’une fuite au joint **Énoncé** : Lors de l’épreuve d’étanchéité, une goutte apparaît toutes les 30 secondes au niveau d’un joint mécanique entre deux tuyaux de fonte de 160 mm. Décrire la procédure de réparation à suivre. **Corrigé** : 1. **Isolation** : fermer les vannes d’alimentation amont et aval (ou placer un bouchon gonflable de chaque côté). 2. **Dépressurisation** : ouvrir un robinet de purge pour évacuer la pression résiduelle. 3. **Nettoyage** : essuyer la zone du joint, éliminer toute trace d’eau ou de graisse. 4. **Vérification du joint** : inspecter le joint en caoutchouc pour détecter une déchirure ou un mauvais positionnement. 5. **Remise en place** : si le joint est endommagé, le remplacer par un joint neuf de même diamètre et dureté (shore A ≈ 60). 6. **Re‑assemblage** : emboîter les tuyaux, garantir que le joint siège correctement dans la gorge, puis serrer les boulons au couple spécifié (généralement 30 Nm pour du fonte 160 mm). 7. **Épreuve de nouveau** : remettre sous pression à 0,5 bar pendant 15 min, vérifier l’absence de goutte. 8. **Remblai** : si le test est concluant, reprendre le remblai en couches compactées. > **À retenir** : un joint mécanique doit toujours être remplacé lorsqu’il présente une détérioration visible ; le simple resserrage ne garantit pas l’étanchéité à long terme. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |------------------|-------------|--------------------------------------| | Pose du tuyau sur un lit de pose non nivelé | Affaissement, pente inversée, risque de refoulement | Vérifier le niveau du lit de pose à chaque 2 m avec un niveau à bulle ou laser avant la pose. | | Utilisation de colle PVC périmée ou mal mélangée | Faible adhérence, fuite au joint après quelques semaines | Contrôler la date de péremption, mélanger la colle selon les consignes du fabricant, appliquer une couche uniforme. | | Oubli du test de fumée après la pose | Défaillance de la ventilation non détectée, odeurs et siphonnage | Réaliser systématiquement un test de fumée (générateur de fumée non toxique) avant le remblai final. | | Travail dans une tranchée > 1,5 m sans étaiement | Risque d’effondrement, blessures graves | Installer un système de shoring (planches, étais hydrauliques) dès que la profondeur dépasse 1,2 m, vérifier la stabilité toutes les heures. | | Négliger le nettoyage des outils à l’eau javellisée | Propagation de bactéries (E. coli, Salmonella) entre interventions | Après chaque opération, immerger les outils dans une solution de 0,5 % de chlore actif pendant 5 min, rincer à l’eau claire. | | Utilisation d’un diamètre trop petit pour éviter les coûts | Vitesse excessive, bruit, usure prématurée, risque de bouchon | Toujours vérifier le débit de pointe et choisir le diamètre qui donne une vitesse entre 0,6 m/s et 1,5 m/s (voir formule de continuité). | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la tuyauterie souterraine intérieure dans le contexte de l'assainissement d'un bâtiment ?
  2. 2. Selon les normes camerounaises d'assainissement, quelle est la pente minimale recommandée pour une tuyauterie en PVC de diamètre 100 mm destinée à l'évacuation des eaux usées ?
  3. 3. Quel est le rôle principal de la colonne de ventilation dans un réseau d'évacuation intérieure ?
  4. 4. Un bâtiment comporte 6 appareils sanitaires chacun produisant un débit de 0,5 L/s. Quelle est la diamètre minimale recommandée pour la tuyauterie principale en PVC, sachant que la vitesse d'écoulement ne doit pas dépasser 1,5 m/s ?
  5. 5. Lors de la mise en service d'un réseau d'évacuation intérieure, vous entendez des glouglous provenant des éviers. Quelle est la cause la plus probable ?
  6. 6. Pourquoi privilégie-t-on le PVC plutôt que la fonte pour la tuyauterie souterraine intérieure d'un bâtiment d'habitation ?
  7. 7. Lors de l'activité d'intégration après la pose d'un réseau d'évacuation intérieure, quel est la pression d'épreuve généralement appliquée pour vérifier l'étanchéité des joints en PVC ?
  8. 8. Si une fuite est détectée au niveau d'un joint mécanique lors de l'activité de remédiation, quelle est la première action à entreprendre ?
  9. 9. Dans un immeuble de quatre étages, chaque étage comporte un groupe sanitaire constitué d'un WC, d'un lavabo et d'une douche. Selon la méthode des unités de fixture, quel est le diamètre minimal recommandé pour la colonne de ventilation principale ?
  10. 10. Un débit de 2 L/s doit être acheminé sur 20 m de tuyau en PVC. En utilisant la formule de Hazen-Williams (C=150) et en voulant limiter la perte de charge à 0,5 m, quel diamètre nominal choisir ?