Chapitre 7
ETUDE DES SYSTEMES D'ECLAIRAGE DE SECURITE (partie 2/3)
Lecture : 21 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de :
- expliquer le principe de fonctionnement d’un bloc autonome d’éclairage de sécurité (BAES) et d’une source centralisée d’éclairage de sécurité (SCES) ;
- identifier les domaines d’application typiques des BAES au Cameroun (bâtiments tertiaires, industriels, habitations collectives, établissements recevant du public) ;
- réaliser le dimensionnement simple d’un BAES (capacité de batterie, autonomie requise) à partir des données d’éclairement et de la durée de coupure prévue ;
- mettre en œuvre les consignes de sécurité liées à l’installation, la maintenance et le contrôle périodique des systèmes d’éclairage de sécurité conformément aux normes NF C 15-100, NF C 15-100‑1 et au décret n° 2005‑1213 du 30 novembre 2005 relatif à la sécurité des personnes dans les établissements recevant du public.
**Prérequis** :
- notions de base en électricité (tension, courant, puissance, loi d’Ohm) ;
- connaissance des unités SI (volt, ampère, watt, heure) ;
- compréhension du schéma d’un circuit d’éclairage simple (source, protection, charge) ;
- familiarité avec les symboles normalisés des luminaires et des blocs de secours (IEC 60417).
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## Introduction contextualisée
L’éclairage de sécurité a pour vocation de garantir une évacuation sûre des occupants en cas de défaillance de l’alimentation normale. Au Cameroun, la croissance rapide du parc immobilier tertiaire et industriel, ainsi que l’exigence accrue des normes de prévention des risques (décret 2005‑1213, arrêté du 28 février 2011 relatif à l’éclairage de sécurité), rendent indispensable la maîtrise des deux familles de systèmes : les **blocs autonomes** (BAES) et les **sources centralisées** (SCES). Ce chapitre présente, leçon par leçon, le fonctionnement, les domaines d’application et les règles de mise en œuvre de ces dispositifs, en s’appuyant sur des exemples concrets d’ateliers, de chantiers et de bureaux situés dans les principales villes du pays (Yaoundé, Douala, Garoua).
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## I. Leçon 13 : Fonctionnement des blocs autonomes
### 1. Définition et composition
Un **bloc autonome d’éclairage de sécurité (BAES)** est un dispositif qui intègre, dans un même boîtier étanche (IP ≥ 44), une source lumineuse (généralement une lampe LED ou une lampe fluorescente à faible consommation), une batterie d’accumulateurs (plomb‑acide ou Ni‑Cd) et un circuit de commande qui assure :
- la détection de la perte de tension du réseau (seuil généralement fixé à 70 % de la tension nominale) ;
- le basculement automatique sur la batterie ;
- la fourniture d’un éclairement minimal pendant une durée d’autonomie prédéfinie (souvent 1 h ou 2 h).
> Un BAES doit fournir un éclairement moyen d’au moins **1 lux** sur la surface de circulation minimale définie par la norme NF C 15-100‑1.
### 2. Principe de fonctionnement (schéma bloc)
1. **Alimentation normale** : le bloc est alimenté par le réseau 230 V CA via un transformateur d’isolement et un redresseur qui charge la batterie.
2. **Surveillance de la tension** : un comparateur surveille la tension redressée ; lorsqu’elle chute sous le seuil, il déclenche le relais de basculement.
3. **Basculement** : le relais coupe l’alimentation du réseau et connecte la batterie à l’onduleur (ou directement au driver LED si la batterie fournit du courant continu adapté).
4. **Émission de lumière** : le driver LED régule le courant à travers les diodes pour maintenir un flux lumineux constant malgré la décharge de la batterie.
5. **Recharge** : dès le retour de la tension réseau, le relais rétablit l’alimentation normale et la batterie se recharge via le circuit de charge (courant limité à 0,1 C pour préserver la durée de vie).
### 3. Caractéristiques techniques essentielles
| Paramètre | Valeur typique | Unité | Remarque |
|-----------|----------------|-------|----------|
| Tension de batterie | 12 V (plomb‑acide) ou 24 V (Ni‑Cd) | V | Dépend du nombre d’éléments en série |
| Capacité nominale | 7 Ah – 20 Ah | Ah | Choisie selon l’autonomie requise |
| Puissance lumineuse | 5 W – 15 W (LED) | W | Équivaut à 300–900 lm |
| Autonomie nominale | 1 h – 2 h | h | Définie par le fabricant, vérifiable par test |
| Indice de protection | IP 44 – IP 65 | – | Selon l’environnement (intérieur, extérieur, humide) |
| Température de fonctionnement | –10 °C → +40 °C | °C | Limites garanties par le constructeur |
> La capacité de batterie nécessaire (Ah) se calcule avec :
> \[
> C_{bat} = \frac{P_{lum} \times t_{aut}}{U_{bat} \times \eta}
> \]
> où \(P_{lum}\) est la puissance lumineuse en watts, \(t_{aut}\) l’autonomie souhaitée en heures, \(U_{bat}\) la tension de la batterie en volts et \(\eta\) le rendement global du driver (souvent 0,85–0,90).
### 4. Exemple de dimensionnement (atelier de mécanique, Douala)
Un atelier nécessite un éclairement de secours de 1 lux sur une surface de 20 m². Le flux lumineux requis est donc :
\[
\Phi = E \times S = 1 \, \text{lux} \times 20 \, \text{m}^2 = 20 \, \text{lm}
\]
On choisit une lampe LED de 5 W produisant 150 lm (rendement 30 lm/W). Pour obtenir 20 lm, on peut utiliser un driver qui limite le courant à 0,13 A (≈ 1,6 W) ; toutefois, pour garantir une marge, on prend une lampe de 5 W (150 lm) et on accepte un sur‑éclairement.
Données :
- \(P_{lum}=5\) W
- \(t_{aut}=1,5\) h (exigence du règlement intérieur)
- \(U_{bat}=12\) V
- \(\eta=0,88\)
Calcul :
\[
C_{bat}= \frac{5 \times 1,5}{12 \times 0,88}= \frac{7,5}{10,56}=0,71 \, \text{Ah}
\]
On choisira donc une batterie de **1 Ah** (valeur commerciale standard) afin de prévoir une réserve de charge et de tenir compte du vieillissement.
### 5. Règles de sécurité et de maintenance
- Vérifier mensuellement l’état de charge de la batterie (tension à vide > 12,6 V pour une batterie plomb‑acide 12 V).
- Effectuer un test de basculement trimestriel en simulant une coupure réseau (bouton test).
- Remplacer la batterie tous les 3–5 ans selon les préconisations du fabricant ou dès que la capacité mesurée tombe sous 80 % de la valeur nominale.
- S’assurer que le bloc est fixé à une hauteur permettant un éclairement uniforme sur les voies de fuite (entre 2 m et 2,5 m du sol).
- Respecter les distances d’isolement minimale par rapport aux matériaux combustibles (≥ 30 cm) conformément au NF C 15-100‑1.
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## II. Leçon 14 : Domaines d’application des blocs autonomes
### 1. Classification selon le type d’établissement
| Catégorie d’établissement | Exemples concrets au Cameroun | Besoin spécifique en BAES |
|---------------------------|------------------------------|---------------------------|
| **Établissements recevant du public (ERP)** | Hôpitaux (Yaoundé Central), écoles primaires, salles de spectacle | Éclairage des issues de secours, escaliers, couloirs ; autonomie minimale 1 h |
| **Bâtiments de bureaux** | Immeubles administratifs (ministères, sociétés pétrolières) | Éclairage des postes de travail situés loin des issues, zones de stockage d’archives |
| **Établissements industriels** | Usines de transformation agroalimentaire (Douala), ateliers de métallurgie | Éclairage des zones à risque (machines en mouvement, zones de stockage de produits dangereux) |
| **Habitations collectives** | Résidences universitaires, immeubles locatifs (Bamenda) | Éclairage des cages d’escalier, paliers, parkings souterrains |
| **Établissements d’enseignement technique et professionnel** | Lycées techniques, centres de formation professionnelle (Garoua) | Éclairage des ateliers, laboratoires, couloirs d’accès aux équipements dangereux |
> Dans les ERP, la norme NF C 15-100‑1 impose un BAES toutes les **15 m** le long des voies de fuite et un BAES au moins tous les **7,5 m** dans les escaliers.
### 2. Facteurs influençant le choix du BAES
- **Nature du risque** : présence de gaz explosifs → choisir un boîtier antidéflagrant (Ex : zone ATEX).
- **Conditions environnementales** : humidité, poussière → indice de protection IP 65 recommandé.
- **Contraintes d’installation** : hauteur sous plafond limitée → privilégier les blocs plats ou encastrés.
- **Contraintes de maintenance** : accès difficile → choisir des blocs avec batterie facilement remplaçable sans démontage complet.
### 3. Exemple d’application sur chantier (construction d’un immeuble de bureaux à Yaoundé)
Lors de la phase de gros œuvre, le chantier dispose d’une alimentation temporaire génératrice. Pour garantir la sécurité des travailleurs en cas de panne du groupe électrogène, on installe des BAES de type **portable** (boîtier ABS, poignée intégrée) équipés de batteries plomb‑acide 12 V 7 Ah et de lampes LED 3 W (≈ 200 lm).
- **Nombre de blocs** : calculé selon la règle des 15 m : le chantier présente un périmètre de 180 m → 180 / 15 = 12 blocs disposés le long des chemins de circulation principaux.
- **Autonomie requise** : 2 h (temps moyen d’intervention du service de maintenance du générateur).
- **Vérification** : chaque bloc est testé à la mise en service (bouton test) et les relevés de tension de batterie sont consignés dans le registre de sécurité du chantier.
### 4. Normes et références camerounaises
- Décret n° 2005‑1213 du 30 novembre 2005 relatif à la sécurité des personnes dans les établissements recevant du public.
- Arrêté du 28 février 2011 fixant les règles techniques d’éclairage de sécurité.
- NF C 15-100 (édition 2016) – Partie 1 : Installations électriques à basse tension – Règles générales.
- NF C 15-100‑1 (édition 2018) – Éclairage de sécurité – Exigences particulières.
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## III. Leçon 15 : Fonctionnement des sources centralisées
### 1. Définition
Une **source centralisée d’éclairage de sécurité (SCES)** est un dispositif qui fournit, à partir d’une unique batterie ou d’un groupe de batteries installé dans un local technique, l’alimentation de plusieurs luminaires de secours répartis dans le bâtiment. Elle se compose généralement de :
- un **onduleur/statique** (ou un convertisseur DC‑DC) qui transforme la tension de batterie en tension alternative 230 V CA (ou en courant continu adapté aux LED) ;
- un **système de surveillance** de la tension réseau et de l’état de charge des batteries ;
- un **dispositif de basculement** (relais ou thyristor) qui commute l’alimentation du réseau vers la batterie en cas de perte de tension ;
- un **panneau de commande** permettant les tests manuels, l’affichage de l’état et la journalisation des événements.
> La SCES doit garantir un éclairement moyen d’au moins **1 lux** sur les voies de fuite, avec un éclairement minimal en tout point ne pouvant être inférieur à **0,2 lux** (uniformité ≥ 0,2) selon la NF C 15-100‑1.
### 2. Principe de fonctionnement (bloc fonctionnel)
1. **Charge des batteries** : lorsqu’il y a présence du réseau, le redresseur‑chargeur maintient les batteries à leur tension de flottement (ex. : 13,6 V pour une batterie plomb‑acide 12 V).
2. **Surveillance** : un comparateur mesure la tension du réseau ; si elle descend sous 70 % de la valeur nominale, il envoie un signal de basculement.
3. **Basculement** : le relais de puissance (ou un thyristor à déclenchement zéro) coupe l’alimentation du réseau et connecte l’onduleur à la batterie.
4. **Conversion** : l’onduleur produit une tension sinusoïdale 230 V CA, 50 Hz, avec une distorsion harmonique totale (THD) < 5 % afin de ne pas perturber les équipements sensibles.
5. **Alimentation des luminaires** : la tension ainsi générée alimente les circuits d’éclairage de sécurité via le tableau électrique dédié (disjoncteurs différentiels 30 mA, protection contre les surintensités).
6. **Recharge** : dès le retour du réseau, le relais rétablit l’alimentation normale et le chargeur reprend la charge des batteries.
### 3. Caractéristiques techniques typiques
| Paramètre | Valeur courante | Unité | Commentaire |
|-----------|----------------|-------|-------------|
| Tension de batterie | 24 V (série de 2×12 V) ou 48 V | V | Selon la puissance totale à fournir |
| Capacité totale des batteries | 20 Ah – 200 Ah | Ah | Dépend de l’autonomie souhaitée et de la puissance cumulée des luminaires |
| Puissance de l’onduleur | 0,5 kW – 5 kW | W | Dimensionnée selon la somme des puissances des luminaires de secours |
| Rendement de l’onduleur | 0,85 – 0,92 | – | Pértes sous forme de chaleur |
| Temps de basculement | < 0,5 s | s | Conformité à la NF C 15-100‑1 |
| Autonomie nominale | 1 h – 3 h | h | Définie par le cahier des charges du projet |
| Indice de protection du local technique | IP 44 – IP 55 | – | Local ventilé, protégé contre les projections d’eau |
> La puissance nécessaire de l’onduleur se calcule par :
> \[
> P_{onduleur} = \frac{\sum P_{luminaires}}{\eta_{onduleur}}
> \]
> où \(\sum P_{luminaires}\) est la somme des puissances nominales de tous les luminaires de secours reliés à la SCES.
### 4. Exemple de dimensionnement (hôpital régional de Garoua)
L’hôpital dispose de 120 luminaires de secours de type LED 8 W chacun (flux lumineux ≈ 560 lm).
- Somme des puissances : \(\sum P = 120 \times 8 = 960\) W.
- Rendement de l’onduleur choisi : \(\eta = 0,90\).
- Puissance onduleur requise : \(P_{onduleur} = 960 / 0,90 = 1066\) W → on sélectionne un onduleur de **1,2 kW** (marge de 20 %).
Autonomie exigée par le règlement de l’établissement de santé : **2 h**.
Capacité de batterie nécessaire (tension batterie 48 V) :
\[
C_{bat}= \frac{P_{onduleur} \times t_{aut}}{U_{bat} \times \eta_{onduleur}} = \frac{1066 \times 2}{48 \times 0,90}= \frac{2132}{43,2}=49,4 \, \text{Ah}
\]
On choisit donc un banc de batteries plomb‑acide de **50 Ah** à 48 V constitué de seize blocs de 12 V 12,5 Ah disposés en quatre séries de quatre blocs en parallèle (chaque série de quatre blocs donne 48 V 12,5 Ah ; quatre telles séries en parallèle donnent 48 V 50 Ah) afin d’assurer la marge de vieillissement.
### 5. Installation et mise en service
- Le local technique doit être situé à l’abri des inondations, avec une ventilation naturelle ou mécanique permettant d’évacuer les gaz dégagés lors de la charge (hydrogène, oxygène).
- Les câbles d’alimentation entre l’onduleur et le tableau de secours doivent être de section adaptée (ex. : 6 mm² cuivre pour 20 A) et protégés par un disjoncteur différentiel 30 mA.
- Après raccordement, on effectue :
1. Un test de présence de tension réseau (vérifier que l’onduleur est en veille).
2. Une simulation de coupure réseau (bouton test ou ouverture du disjoncteur d’entrée) pour confirmer le basculement < 0,5 s et la présence de 230 V CA sur les sorties.
3. Une mesure de l’autonomie réelle en décharge contrôlée (déconnecter le réseau, mesurer la durée jusqu’à la chute de tension de batterie à 10,5 V).
- Toutes les opérations sont consignées dans le registre de sécurité de l’établissement.
### 6. Maintenance périodique
- **Mensuel** : contrôle de la tension de flottement des batteries, inspection visuelle des connexions, nettoyage des éventuels dépôts de poussière.
- **Trimestriel** : test de basculement et mesure du temps de basculement.
- **Semestriel** : test de décharge partielle (25 % de la capacité) pour vérifier la capacité réelle.
- **Annuel** : contrôle complet de la capacité ( décharge à 80 % de la capacité nominale ), remplacement des batteries si la capacité mesurée < 80 % de la valeur nominale, vérification du serrage des bornes, contrôle du système de refroidissement de l’onduleur.
> Toute intervention sur une SCES doit être réalisée par un technicien habilité (qualification **BR** ou **BC** selon la norme NF C 18-510) et consignée dans le registre de sécurité.
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## Synthèse du chapitre
- **Bloc autonome (BAES)** : unité tout‑en‑un (lampe + batterie + commande), basculement automatique dès perte de tension, éclairement ≥ 1 lux, autonomie 1‑2 h, utilisé surtout dans les ERP, bureaux, ateliers et habitations collectives.
- **Source centralisée (SCES)** : batterie centrale + onduleur + tableau de secours, alimente plusieurs luminaires, basculement < 0,5 s, rendement onduleur 0,85‑0,92, adapté aux grands établissements (hôpitaux, écoles, immeubles de grande hauteur).
- **Dimensionnement** : capacité batterie \(C = \frac{P_{lum} \times t_{aut}}{U_{bat} \times \eta}\) (BAES) ; puissance onduleur \(P_{onduleur} = \frac{\sum P_{lum}}{\eta_{onduleur}}\) (SCES).
- **Normes de référence** : NF C 15-100, NF C 15-100‑1, décret 2005‑1213, arrêté du 28 février 2011.
- **Sécurité** : tests mensuels de batterie, tests trimestriels de basculement, remplacement batterie tous les 3‑5 ans, respect des distances d’isolement et des indices de protection (IP 44‑IP 65).
- **Maintenance** : suivi du registre de sécurité, contrôles de tension, de temps de basculement, de capacité réelle, remplacement des composants défaillants.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|-------|------------|
| **Bloc autonome d’éclairage de sécurité (BAES)** | Dispositif intégrant lampe, batterie et circuit de commande dans un même boîtier étanche, assurant l’éclairage de secours en cas de perte du réseau. |
| **Source centralisée d’éclairage de sécurité (SCES)** | Installation comportant une batterie centrale, un onduleur et un tableau de secours qui alimente plusieurs luminaires de secours répartis dans le bâtiment. |
| **Autonomie** | Durée pendant laquelle le système peut fournir l’éclairement requis après une coupure du réseau, exprimée en heures. |
| **Tension de flottement** | Tension à laquelle une batterie est maintenue en charge lorsqu’elle est totalement chargée, afin de compenser les pertes d’autodécharge. |
| **Onduleur/statique** | Dispositif qui convertit la tension continue de la batterie en tension alternative sinusoïdale (230 V CA, 50 Hz) compatible avec les luminaires de secours. |
| **Basculement** | Action automatique de commutation de l’alimentation du réseau vers la batterie (ou vice‑versa) lorsqu’une perte ou un retour de tension est détecté. |
| **Indice de protection (IP)** | Code définissant le degré de protection d’un enveloppe contre les corps solides et les liquides (ex. : IP 44 = protégé contre les corps solides > 1 mm et les projections d’eau). |
| **Rendement (η)** | Rapport entre la puissance utile délivrée au luminaire et la puissance consommée par le système (batterie + onduleur), exprimé en décimal ou pourcentage. |
| **THD (Total Harmonic Distortion)** | Mesure de la distorsion harmonique d’un signal électrique ; pour un onduleur de sécurité, THD < 5 % est généralement requis afin de ne pas perturber les équipements sensibles. |
| **Registre de sécurité** | Document obligatoire où sont consignés les essais, les contrôles, les maintenances et les interventions effectuées sur les systèmes d’éclairage de sécurité. |
| **Disjoncteur différentiel 30 mA** | Dispositif de protection qui coupe l’alimentation en cas de courant de fuite supérieur à 30 mA, assurant la protection des personnes contre les chocs électriques. |
| **Batterie plomb‑acide** | Type d’accumulateur largement utilisé dans les BAES et SCES pour sa robustesse, son faible coût et sa capacité à délivrer des courants élevés. |
| **LED (Light Emitting Diode)** | Source lumineuse à faible consommation, longue durée de vie et haut rendement lumineux, privilégiée dans les systèmes d’éclairage de sécurité modernes. |
| **Local technique** | Pièce dédiée où sont installés les batteries, l’onduleur et le tableau de commande d’une SCES, nécessitant une ventilation adéquate et un indice de protection adapté. |
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## Exercices d’application corrigés
### Exercice 1 – Dimensionnement d’un BAES (atelier de soudure, Douala)
**Données** :
- Surface à éclairer : 15 m².
- Éclairement requis : 1 lux.
- Lampe LED choisie : 4 W, flux lumineux 120 lm (rendement 30 lm/W).
- Batterie disponible : 12 V, plomb‑acide.
- Autonomie souhaitée : 1 h.
- Rendement du driver : 0,88.
**Questions** :
1. Calculer le flux lumineux nécessaire.
2. Déterminer la puissance lumineuse réellement nécessaire (en W).
3. Calculer la capacité de batterie requise (en Ah).
4. Proposer une valeur commerciale de batterie et justifier le choix.
**Corrigé**
1. Flux nécessaire : \(\Phi = E \times S = 1 \times 15 = 15\) lm.
2. Puissance lumineuse nécessaire : \(P_{lum} = \Phi / (\text{rendement lampe}) = 15 / 30 = 0,5\) W. Comme la lampe fournit 4 W (120 lm), on possède une marge importante ; on pourra donc utiliser la lampe à pleine puissance ou réduire le courant via le driver.
3. En utilisant la lampe à 4 W (puissance réelle consommée) :
\[
C_{bat}= \frac{P_{lum} \times t_{aut}}{U_{bat} \times \eta}= \frac{4 \times 1}{12 \times 0,88}= \frac{4}{10,56}=0,38 \text{ Ah}
\]
4. On choisira une batterie de **0,5 Ah** (valeur commerciale la plus proche supérieure) afin de prévoir une réserve de charge et de tenir compte du vieillissement. Un bloc de 12 V 0,5 Ah est disponible sous forme de petite batterie plomb‑acide scellée (type « gel ») adaptée aux environnements industriels.
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### Exercice 2 – Dimensionnement d’une SCES (lycée technique, Yaoundé)
**Données** :
- 30 luminaires de secours, chacun 6 W LED (flux ≈ 300 lm).
- Autonomie exigée : 2 h.
- Tension de batterie du système : 48 V (série de 4×12 V).
- Rendement de l’onduleur : 0,90.
**Questions** :
1. Calculer la puissance totale des luminaires.
2. Déterminer la puissance de l’onduleur nécessaire.
3. Calculer la capacité de batterie totale requise (en Ah).
4. Proposer une configuration de batteries (nombre de blocs 12 V, capacité unitaire) permettant d’atteindre cette capacité.
**Corrigé**
1. Puissance totale : \(P_{tot}=30 \times 6 = 180\) W.
2. Puissance onduleur : \(P_{onduleur}= P_{tot} / \eta = 180 / 0,90 = 200\) W → on sélectionnera un onduleur de **250 W** (marge 25 %).
3. Capacité batterie :
\[
C_{bat}= \frac{P_{onduleur} \times t_{aut}}{U_{bat} \times \eta}= \frac{250 \times 2}{48 \times 0,90}= \frac{500}{43,2}=11,57 \text{ Ah}
\]
On arrondira à **12 Ah** pour garantir la marge.
4. Avec des blocs de 12 V 7 Ah (couramment disponibles), on peut réaliser un banc en série‑parallèle :
- Quatre blocs de 12 V 7 Ah en série donnent 48 V 7 Ah.
- Deux tels groupes en parallèle donnent 48 V 14 Ah.
Ainsi, on obtient une capacité de 48 V 14 Ah, supérieure aux 12 Ah requis, ce qui assure une marge de sécurité.
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### Exercice 3 – Vérification de conformité d’un BAES (hôpital, Garoua)
Un BAES installé dans un couloir d’hôpital présente les caractéristiques suivantes :
- Batterie 12 V 9 Ah (plomb‑acide).
- Lampe LED 5 W (flux 250 lm).
- Temps de basculement mesuré : 0,4 s.
- Tension de batterie à vide après 30 jours sans charge : 11,8 V.
**Questions** :
1. Vérifier si l’autonomie théorique respecte la norme minimale de 1 h.
2. Apprécier l’état de la batterie à partir de la tension à vide.
3. Conclure sur la conformité du dispositif au regard de la NF C 15-100‑1.
**Corrigé**
1. Autonomie théorique :
\[
t_{aut}= \frac{U_{bat} \times C_{bat} \times \eta}{P_{lum}}= \frac{12 \times 9 \times 0,88}{5}= \frac{95,04}{5}=19,0 \text{ h}
\]
Même en considérant un facteur de décharge à 80 % (pour préserver la batterie), on obtient ≈ 15 h, bien au‑delà de la exigence de 1 h.
2. Une batterie plomb‑acide 12 V totalement chargée présente une tension à vide d’environ 12,6‑12,8 V. Une valeur de 11,8 V indique une décharge d’environ 30 % ; la batterie est donc partiellement déchargée mais encore utilisable. Il convient de la recharger immédiatement et de vérifier qu’elle retrouve une tension > 12,4 V après charge.
3. Le temps de basculement (0,4 s) est inférieur à la limite de 0,5 s exigée par la norme. L’éclairement fourni (5 W LED ≈ 250 lm) dépasse largement le seuil de 1 lux sur les surfaces de circulation usuelles. Ainsi, le dispositif est **conforme** à la NF C 15-100‑1, à condition de recharger la batterie et de consigner l’opération dans le registre de sécurité.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de bonne pratique / sécurité |
|----|------------------|-------------|------------------------------------|
| 1 | **Ne pas tester le basculement mensuellement** | Risque de défaillance inaperçue lors d’une coupure réelle → éclairement insuffisant pendant l’évacuation. | Effectuer un test de basculement (bouton test ou ouverture du disjoncteur d’entrée) au moins une fois par mois et consigner le résultat. |
| 2 | **Sous‑dimensionner la capacité de batterie** (ex. : choisir 2 Ah alors que le calcul indique 5 Ah) | Autonomie réelle inférieure à la réglementation → non‑conformité et mise en danger des occupants. | Toujours appliquer la formule de dimensionnement avec un facteur de marge de 20 % et vérifier la capacité réelle par test de décharge périodique. |
| 3 | **Installer un BAES dans un local à risque d’explosion sans boîtier antidéflagrant** | Possibilité d’inflammation des vapeurs ou poussières en cas d’étincelle interne. | Utiliser des blocs certifiés ATEX ou IECEx pour les zones classées (gaz, vapeurs, poussières) et respecter les distances d’isolement prescrites. |
| 4 | **Négliger la ventilation du local technique d’une SCES** | Accumulation d’hydrogène lors de la charge → risque d’explosion. | Prévoir une ventilation naturelle ou mécanique permettant un renouvellement d’air d’au moins 6 volumes/heure ; contrôler régulièrement les détecteurs de gaz si présents. |
| 5 | **Omettre la mise à la terre du châssis du bloc ou de l’onduleur** | Risque de choc électrique en cas de défaut d’isolement. | Connecter systématiquement le châssis à la prise de terre du bâtiment selon la norme NF C 15-100, vérifier la continuité de terre avec un ohmmeter (< 1 Ω). |
| 6 | **Utiliser des câbles de section insuffisante entre l’onduleur et le tableau de secours** | Surchauffe, chute de tension, déclenchement intempestif du disjoncteur. | Calculer la section en fonction du courant de charge (I = P / U) avec un facteur de sécurité de 1,25 ; respecter les tables de section des conducteurs (ex. : 6 mm² Cu pour 20 A). |
---
*Fin du cours.*
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