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Chapitre 9

Discriminations

Lecture : 17 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce chapitre, l’élève pourra :** - Définir les notions de discrimination envers les femmes, d’autonomisation des femmes et de tribalisme. - Identifier les textes juridiques nationaux et internationaux qui protègent les droits des femmes au Cameroun. - Expliquer les causes historiques, sociales et économiques des discriminations et du tribalisme. - Analyser des exemples concrets camerounais et africains de ces phénomènes. - Produire un commentaire structuré ou une dissertation en mobilisant des données factuelles et des références légales. **Prérequis :** - Connaissance de la Constitution camerounaise de 1996 (principe d’égalité). - Notions de base sur les droits humains et la citoyenneté étudiées en 5ᵉ et 6ᵉ. - Capacité à lire un texte documentaire et à en extraire les informations pertinentes. --- ## Introduction contextualisée Le Cameroun, État pluriel regroupant plus de 250 groupes ethniques, connaît depuis son indépendance des tensions liées à l’appartenance de genre et à l’identité ethnique. Bien que la Constitution garantisse l’égalité devant la loi, les femmes restent souvent confrontées à des obstacles dans l’accès à l’éducation, à la santé, à la propriété foncière et à la représentation politique. Parallèlement, le tribalisme – favoritisme ou hostilité basé sur l’appartenance à un groupe ethnique – persiste dans les sphères publiques et privées, affectant la cohésion nationale. Ce chapitre examine ces deux formes de discrimination, leurs racines, leurs manifestations et les réponses institutionnelles et citoyennes mises en œuvre pour promouvoir l’égalité et l’unité nationale. --- ## I. Discriminations envers les femmes (TU18:Lesson 12) ### A. Définitions et cadre juridique > **Discrimination envers les femmes** : toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe qui a pour effet ou pour but de compromettre ou de détruire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Le cadre juridique camerounais comprend : - **Constitution du 18 janvier 1996**, article 6 : « L’État assure à tous l’égalité devant la loi ». - **Loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010** portant lutte contre les violences faites aux femmes. - **Plan national d’action pour l’égalité des genres (2015‑2020)**, élaboré par le MINPROFF. - **Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF)**, ratifiée par le Cameroun le 23 juin 1994. ### B. Acteurs et formes de discrimination | Acteur | Forme de discrimination | Exemple camerounais | |--------|------------------------|---------------------| | Employeurs privés | Inégalités salariales, accès limité aux postes de direction | Femmes gagnant en moyenne 30 % de moins que leurs homologues masculins dans le secteur informel (ENQUÊTES EESI 2019) | | Administration publique | Sous‑représentation dans les postes décisionnels | Environ 18 % de femmes parmi les ministres en 2022 (source : MINPROFF) | | Famille et communauté | Mariages précoces, restriction de l’accès à la terre | 31 % des filles mariées avant 18 ans dans l’Extrême‑Nord (MICS 2018) | | Médias | Stéréotypes de genre, sous‑représentation | Peu de femmes journalistes en tant qu’animatrices de journaux télévisés nationaux | ### C. Causes - **Patriarcat institutionnalisé** : normes sociales qui attribuent aux hommes le rôle de décideur et aux femmes celui de gardien du foyer. - **Faible accès à l’éducation secondaire** : taux de scolarisation des filles en secondaire inférieur à celui des garçons (62 % vs 71 % en 2020). - **Barrières juridiques coutumières** : dans certaines régions, le droit coutumier privilégie l’héritage masculin. - **Pauvreté** : les ménages pauvres privilégient l’éducation des garçons perçus comme future source de revenu. ### D. Conséquences - **Économiques** : perte de productivité estimée à 1,5 % du PIB annuel (Banque mondiale, 2021). - **Sanitaires** : mortalité maternelle élevée (476 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2019). - **Politiques** : faiblesse de la représentation féminine limitant l’adoption de lois sensibles au genre. - **Sociales** : perpétuation de la violence basée sur le genre et de l’exclusion sociale. ### E. Exemples concrets (Cameroun & Afrique) - **Cameroun** : Dans la région de l’Ouest, les femmes Bamileke sont souvent exclues des négociations foncières malgré leur rôle agricole majeur. - **Sénégal** : La loi sur la parité (2010) a porté la représentation féminine à l’Assemblée nationale à 43 % en 2022, montrant l’impact d’une mesure contraignante. - **Afrique du Sud** : Le Broad-Based Black Economic Empowerment (B-BBEE) inclut des critères de genre, augmentant la présence des femmes dans les postes de direction à 28 % en 2020. ### Tableau récapitulatif I | Aspect | Donnée clé | Source / Année | |--------|------------|----------------| | Taux d’alphabétisation féminine (15 ans et plus) | 68 % | ENQUÊTE Démographique et de Santé (EDSC) 2018 | | Femmes ministres | 18 % | MINPROFF 2022 | | Loi contre les violences faites aux femmes | Loi n° 2010/012 | 21 décembre 2010 | | Écarts salariaux secteur privé | -30 % (femmes vs hommes) | EESI 2019 | | Mariages précoces (filles <18 ans) | 31 % (Extrême‑Nord) | MICS 2018 | > **À retenir** : La Constitution de 1996 garantit l’égalité, mais les lois spécifiques et les politiques publiques restent essentielles pour transformer ce principe en réalité quotidienne. --- ## II. Autonomisation des femmes au Cameroun (TU19:Further studies 2) ### A. Concept d’empowerment > **Autonomisation (empowerment)** : processus par lequel les femmes acquièrent la capacité de prendre des décisions stratégiques qui affectent leur vie et celle de leur communauté, grâce à l’accès aux ressources, à l’éducation et à la participation politique. ### B. Politiques publiques et programmes | Programme / Politique | Objectif principal | Période | Responsable | |-----------------------|--------------------|---------|-------------| | Programme d’Appui à l’Autonomisation des Femmes (PAAF) | Renforcement des capacités économiques et leadership | 2018‑2022 | MINPROFF | | Fonds de Développement des Femmes Entrepreneures (FDFE) | Accès au crédit et formation en gestion | 2015‑en cours | MINPMEESA | | Campagne « Éduquer une fille, transformer une nation » | Augmentation du taux de scolarisation secondaire des filles | 2017‑2021 | MINEDUB + UNICEF | | Quota de 30 % pour les femmes dans les listes électorales (projet de loi) | Amélioration de la représentation politique | En discussion (2023) | Parlement | ### C. Acteurs (ONG, État, secteur privé) - **État** : MINPROFF, MINEDUB, MINPMEESA. - **ONG locales** : Association Camerounaise des Femmes Juristes (ACFJ), Réseau des Femmes Leaders du Cameroun (RFLC). - **Organisations internationales** : ONU Femmes, UNICEF, Banque africaine de développement (BAD). - **Secteur privé** : Sociétés de téléphonie (MTN, Orange) lançant des programmes de mentorat féminin ; banques offrant des produits de microcrédit dédiés aux femmes. ### D. Résultats et défis - **Résultats** : Augmentation de 7 points de pourcentage du taux d’inscription des filles en secondaire entre 2015 et 2020 ; création de plus de 5 000 microentreprises féminines grâce au FDFE (rapport MINPMEESA 2021). - **Défis** : Persistance des normes patriarcales limitant l’accès à la terre ; faible suivi et évaluation des programmes ; dépendance aux financements extérieurs rendant la durabilité incertaine. ### E. Exemples camerounais - **Projet « Femmes et Agricultrices »** dans la région du Littoral : formation en agroécologie, accès à des semences améliorées, augmentation moyenne du revenu de 45 % pour les bénéficiaires (2019‑2022). - **Initiative « TechWomen Cameroon »** : partenariat entre l’Université de Yaoundé II et des entreprises de TIC pour former 200 femmes au développement d’applications mobiles ; 68 % ont obtenu un emploi dans le secteur tech en moins d’un an (2021). - **Campagne de sensibilisation contre les mariages précoces** menée par l’ACFJ dans l’Extrême‑Nord a contribué à une baisse de 8 % du taux de mariages avant 18 ans entre 2018 et 2020 (MICS). ### Tableau récapitulatif II | Indicateur | Valeur (2020) | Évolution (2015‑2020) | Source | |------------|---------------|-----------------------|--------| | Taux de scolarisation secondaire filles | 62 % | +7 pts | MINEDUB | | Femmes bénéficiaires du FDFE | 5 200 microentreprises | +350 % | MINPMEESA | | Participation féminine aux décisions communautaires | 27 % | +5 pts | ENQUÊTE Afrobarometer 2020 | | Femmes élues aux conseils municipaux | 19 % | +4 pts | MINATD 2020 | > **À retenir** : L’autonomisation passe par l’éducation, l’accès au financement et la participation décisionnelle ; les résultats sont encourageants mais nécessitent un ancrage durable dans les normes sociales. --- ## III. Le tribalisme (TU20:Lesson 13) ### A. Définition > **Tribalisme** : attitude ou pratique consistant à favoriser ou à désavantager une personne en fonction de son appartenance ethnique, souvent au détriment du mérite ou de l’égalité des droits. ### B. Manifestations au Cameroun - **Recrutement public** : préférence pour des candidats issus de l’ethnie du décideur dans certaines administrations régionales. - **Attribution de marchés publics** : concentration des contrats dans les régions d’origine des responsables (ex. : régions du Nord et de l’Ouest bénéficiant davantage de projets routiers sous certains ministres). - **Accès à la terre** : conflits fonciers entre groupes autochtones et migrants, notamment dans les régions du Littoral et du Sud-Ouest où les communautés Beti et Bassa s’opposent à l’installation de populations Fulani. - **Discours politiques** : utilisation de références ethniques lors des campagnes pour mobiliser des bases électorales (ex. : références aux « fils du Nord » ou aux « enfants du Littoral »). ### C. Causes historiques et socio‑économiques | Cause | Explication | |-------|-------------| | **Colonialisme indirect** | Les puissances coloniales ont administré le territoire via les chefs traditionnels, renforçant les identités ethniques comme unités d’administration. | | **Urbanisation différenciée** | Certaines villes (Yaoundé, Douala) ont attiré majoritairement certains groupes (Beti, Bamileke), créant des enclaves ethniques. | | **Concurrence pour les ressources rares** | Accès limité à l’emploi formel et à la terre pousse les groupes à privilégier les membres de leur propre réseau ethnique. | | **Faible identité nationale** | Le sentiment d’appartenance à l’État reste parfois secondaire par rapport à l’identité ethnique, surtout dans les zones rurales. | ### D. Conséquences sur la cohésion nationale - **Affaiblissement de la confiance dans les institutions** : perception de partialité dans la justice et l’administration. - **Tensions intercommunautaires** : conflits fonciers pouvant dégénérer en violences (ex. : affrontements entre Mbororo et agriculteurs dans l’Adamaoua, 2017). - **Mobilisation électorale ethnique** : risque de polarisation et de contestation des résultats électoraux. - **Perte de potentiel humain** : exclusion de talents compétents en raison de leur origine ethnique, réduisant l’efficacité de l’administration et de l’économie. ### E. Exemples concrets - **Affaire du port de Douala (2015)** : accusations de favoritisme envers des entreprises appartenant à la communauté Bassa lors de l’attribution de contrats de manutention. - **Crise foncière dans la région du Nord-Ouest (2019‑2020)** : affrontements entre les communautés Tikar et les éleveurs Mbororo autour de l’accès aux pâturages, entraînant plusieurs dizaines de déplacés. - **Nomination des préfets (2021)** : observation par la société civile que 70 % des préfets nommés provenaient des trois mêmes régions (Centre, Ouest, Nord), perçu comme un déséquilibre ethnique. ### Tableau récapitulatif III | Manifestation | Exemple précis | Région concernée | Année | |---------------|----------------|------------------|-------| | Recrutement public | Préférence pour des candidats Bamileke à la mairie de Bafoussam | Ouest | 2018 | | Attribution de marchés | Contrats routiers majoritairement attribués à des entreprises du Littoral | Littoral | 2020 | | Conflits fonciers | Oppositions Tikar‑Mbororo autour des puits d’eau | Nord‑Ouest | 2019 | | Discours électoral | Références aux « fils du Nord » lors d’un meeting présidentiel | Nord | 2021 | > **À retenir** : Le tribalisme puise ses racines dans l’histoire coloniale et les inégalités de développement ; il menace la stabilité lorsqu’il se traduit par favoritisme institutionnel ou conflits de ressources. --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait du discours du Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, prononcé lors de la Journée internationale de la femme 2022 à Yaoundé. > « …Nous reconnaissons que, malgré les avancées législatives, 42 % des femmes camerounaises vivent encore sous le seuil de pauvreté, contre 28 % des hommes. Le mariage précoce touche encore une fille sur trois dans l’Extrême‑Nord, limitant leur accès à l’éducation secondaire. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui le programme « Femmes et Terre », qui vise à délivrer des titres fonciers sécurisés à 10 000 femmes rurales d’ici 2025, en partenariat avec le MINDAF et la FAO. » **Analyse pas à pas** 1. **Identification du problème** : Le ministre souligne deux indicateurs de discrimination – pauvreté différenciée selon le sexe et mariage précoce régional. 2. **Données chiffrées** : 42 % vs 28 % de pauvreté ; une fille sur trois mariée avant 18 ans dans l’Extrême‑Nord. Ces chiffres proviennent d’enquêtes nationales (ECAM 2020, MICS 2018). 3. **Réponse institutionnelle** : Lancement du programme « Femmes et Terre », visant à renforcer l’accès à la propriété foncière, facteur clé d’autonomisation économique. 4. **Partenariats** : Collaboration avec le MINDAF (agriculture) et la FAO (expertise foncière), montrant une approche multisectorielle. 5. **Évaluation** : Objectif de 10 000 titres fonciers d’ici 2025 permet de mesurer l’impact ; il convient de suivre les indicateurs de revenu et de scolarisation des bénéficiaires pour vérifier l’efficacité. 6. **Limites du document** : Aucun détail sur le suivi budgétaire, ni sur les mécanismes de résolution des conflits coutumiers qui pourraient entraver la délivrance des titres. **Conclusion** : Le discours illustre bien la prise de conscience des discriminations de genre et la mise en œuvre d’une mesure concrète d’empowerment, tout en révélant la nécessité d’un cadre de suivi rigoureux et d’une prise en compte des réalités coutumières. --- ## Synthèse du chapitre - **Discriminations envers les femmes** : inégalités salariales, sous‑représentation politique, mariages précoces ; racines patriarcales, éducation limitée, droits coutumiers ; conséquences économiques, sanitaires, politiques. - **Autonomisation des femmes** : empowerment via éducation, financement, participation politique ; programmes nationaux (PAAF, FDFE) et initiatives privées ; résultats encourageants mais défis de durabilité et de normes sociales. - **Tribalisme** : favoritisme ethnique dans recrutement, marchés, accès à la terre ; causes historiques (coloniale indirecte, compétition pour ressources) ; conséquences sur confiance institutionnelle, conflits, mobilisation électorale. - **Outils de lutte** : Constitution (1996), lois spécifiques (2010/012), politiques d’égalité des genres, quotas, programmes d’autonomisation, sensibilisation interculturelle. - **Exemples camerounais** : disparités salariales secteur privé, programme Femmes et Terre, conflits Tikar‑Mbororo, initiative TechWomen Cameroon. --- ## Glossaire (10 termes) - **Discrimination** : distinction injustifiée fondée sur une caractéristique (sexe, origine, etc.) qui porte atteinte à l’égalité des droits. - **Empowerment** : processus permettant à un individu ou un groupe d’acquérir le contrôle sur ses ressources et ses décisions. - **Patriarcat** : système social où l’autorité est principalement détenue par les hommes et où les rôles féminins sont subordonnés. - **Quota** : proportion fixe réservée à un groupe (ex. : femmes) dans une instance ou une liste afin de garantir une représentation minimale. - **Mariage précoce** : union matrimoniale contractée avant l’âge légal de 18 ans, souvent associée à des interruptions scolaires. - **Foncier** : ensemble des droits relatifs à la possession, à l’usage et à la transmission de la terre. - **Microcrédit** : prêts de faible montant destinés à des entrepreneurs exclu des circuits bancaires classiques. - **Ethnicité** : appartenance à un groupe partageant des caractéristiques culturelles, linguistiques ou historiques perçues comme communes. - **Cohésion nationale** : degré d’unité et de sentiment d’appartenance commune parmi les citoyens d’un État. - **Mécanisme de suivi‑évaluation** : dispositif permettant de mesurer l’avancement et l’impact d’une politique ou d’un programme grâce à des indicateurs prédéfinis. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « Les discriminations envers les femmes au Cameroun sont‑elles davantage le résultat de facteurs culturels que de lacunes juridiques ? » **Plan détaillé** 1. **Introduction** : définition de la discrimination, rappel du cadre juridique camerounais (Constitution 1996, Loi 2010/012, CEDEF). 2. **I. Le poids des facteurs culturels** - A. Normes patriarcales et rôles sociaux traditionnels. - B. Pratiques coutumières (mariage précoce, héritage masculin). - C. Influence des médias et des stéréotypes. 3. **II. Les limites du cadre juridique** - A. Application inégale des lois (ex. : faibles sanctions pour violences faites aux femmes). - B. Lacunes dans certains domaines (ex. : absence de loi spécifique sur l’égalité salariale). - C. Résistance des autorités traditionnelles aux réformes étatiques. 4. **III. Interaction entre culture et droit** - A. Comment la loi peut transformer les mentalités (ex. : campagnes de sensibilisation couplées à des sanctions). - B. Exemples de réformes réussies quand le droit s’appuie sur des leaders communautaires (ex. : abandon du mariage précoce dans certaines régions grâce à des ordonnances coutumières). 5. **Conclusion** : synthèse montrant que les deux facteurs sont imbriqués ; une réforme efficace doit combiner évolution juridique et travail sur les représentations culturelles. ### Sujet 2 – Commentaire de document **Document** : Extrait du rapport annuel du MINPROFF 2021 montrant que le taux de scolarisation des filles en secondaire est passé de 55 % en 2015 à 62 % en 2020, tandis que le taux d’alphabétisation des femmes de 15 ans et plus est resté stable à 68 %. **Consignes** : Identifier l’objectif du document, analyser les tendances présentées, expliquer les facteurs pouvant expliquer l’écart entre scolarisation et alphabétisation, proposer deux mesures pour améliorer l’alphabétisation féminine. **Plan de réponse** 1. **Présentation du document** : source, périodicité, objectif (suivi de l’éducation des filles). 2. **Analyse des données** - Augmentation du taux de scolarisation secondaire (+7 pts). - Stagnation de l’alphabétisation globale (68 %). 3. **Interprétation** - La scolarisation secondaire touche les adolescentes, mais l’alphabétisation inclut les femmes plus âgées qui n’ont pas bénéficié de l’école. - Persistance de l’abandon scolaire précoce (mariage, travail domestique). - Qualité de l’enseignement et accès aux infrastructures dans les zones rurales. 4. **Mesures proposées** - A. Programme d’alphabétisation fonctionnelle ciblant les femmes de 15‑45 ans dans les zones rurales, avec des horaires adaptés aux tâches domestiques. - B. Renforcement des cantines scolaires et des bourses pour réduire l’abandon lié à la pauvreté, notamment dans l’Extrême‑Nord. 5. **Conclusion** : le document montre des progrès partiels ; il faut agir sur la rétention scolaire et l’éducation des adultes pour réduire l’écart. ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : « Citez trois conséquences économiques des discriminations envers les femmes et expliquez brièvement chacune d’elles. » **Réponse attendue** 1. **Perte de productivité** : les femmes sous‑employées ou cantonnées à des secteurs informels à faible valeur ajoutée réduisent le PIB potentiel (estimation de 1,5 % du PIB annuel selon la Banque mondiale). 2. **Sous‑investissement en capital humain** : l’accès limité à l’éducation et à la formation diminue le stock de compétences disponibles, ce qui freine l’innovation et la compétitivité des entreprises. 3. **Dépenses sociales accrues** : la mortalité maternelle élevée et la morbidité liée aux violences de genre augmentent les coûts du système de santé et les transferts sociaux (allocations, prises en charge médicales). --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre discrimination envers les femmes et simple inégalité de salaire** : la discrimination englobe aussi l’accès à l’éducation, à la santé, à la représentation politique et aux droits fonciers. 2. **Attribuer le tribalisme uniquement à la période coloniale** : bien que le colonialisme ait renforcé les identités ethniques, le tribalisme persiste aujourd’hui du fait de la concurrence pour des ressources rares et de la faiblesse de l’identité nationale dans certaines régions. 3. **Penser que les lois suffisent à éliminer les discriminations** : l’application effective dépend de la volonté politique, des ressources allouées et de l’acceptation sociale ; des lois existent mais restent parfois lettre morte sans accompagnement. 4. **Croire que l’autonomisation des femmes se limite à l’accès au crédit** : l’empowerment nécessite également l’éducation, la participation décisionnelle et la transformation des normes sociales. 5. **Assimiler le mariage précoce à une pratique exclusivement rurale** : bien que plus fréquent en milieu rural, il apparaît aussi dans certaines zones urbaines où des réseaux informels facilitent ces unions. 6. **Confondre quota et action positive** : le quota est une mesure contraignante fixant un pourcentage minimal ; l’action positive regroupe un ensemble de mesures (sensibilisation, formation, aide financière) visant à corriger les désavantages sans imposer un pourcentage strict. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la discrimination envers les femmes selon le droit camerounais ?
  2. 2. Selon le MINPROFF, quel pourcentage de femmes camerounaises occupait un poste de décision dans la fonction publique en 2022 ?
  3. 3. Quelle est la caractéristique principale du tribalisme dans le contexte camerounais ?
  4. 4. Dans un collège de 120 élèves, 60 filles et 40 garçons participent à un club de leadership. Quel pourcentage des participantes sont des filles ?
  5. 5. Une femme emprunte 2 000 000 FCFA à un taux d'intérêt annuel de 5 % pour un an. Quel montant devra-t-elle rembourser à l'échéance ?
  6. 6. Une entreprise emploie 200 personnes. Si 70 % de son personnel appartient à la tribu dominante et que la loi exige au moins 40 % de représentation des tribus minoritaires, combien d'employés issus des tribus minoritaires doivent être embauchés en plus, sans licenciement ?
  7. 7. Une enquête révèle que 45 % des femmes camerounaises ont subi une discrimination basée sur le genre au travail. Dans un échantillon de 200 femmes, combien seraient attendues pour rapporter une telle discrimination ?
  8. 8. En 2022, l'Assemblée nationale du Cameroun comptait 180 députés, dont 24 étaient des femmes. Quel pourcentage de l'Assemblée représentent les femmes ?
  9. 9. Selon l'article 262 du Code pénal camerounais, la discrimination fondée sur le sexe est punie d'une peine d'emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d'une amende de 500 000 à 2 000 000 FCFA. Si un juge applique la peine maximale d'emprisonnement et l'amende minimale, quelle est la combinaison de peine ?
  10. 10. L'indice d'autonomisation des femmes au Cameroun était de 0,42 en 2023 sur une échelle de 0 à 1. Si l'objectif national est d'atteindre 0,60 d'ici 2025, quel pourcentage d'augmentation de l'indice est nécessaire ?