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Chapitre 5

Distinguer les différents domaines de la microbiologie et les grands noms (partie 8/8)

Lecture : 16 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce cours, l’élève sera capable de :** - Définir la contagiosité, la transmissibilité et la toxinogénèse chez les microorganismes pathogènes. - Différencier les mécanismes qui rendent un agent infectieux plus ou moins transmissible selon son hôte et son milieu. - Expliquer la nature, les propriétés biochimiques et le pouvoir antigénique des exotoxines et des endotoxines. - Interpréter les résultats de tests de détection toxinique utilisés en laboratoire de microbiologie médicale au Cameroun. - Appliquer les règles de sécurité biologique (niveau de confinement 2) lors de la manipulation d’échantillons suspects de toxines. - Réaliser une auto‑évaluation corrigée et identifier les points à remédier en vue du probatoire. **Prérequis :** - Notions de base en bactériologie (structure cellulaire, métabolisme, classification Gram). - Connaissances générales sur les mécanismes de pathogenèse (adhésion, invasion, éviction immunitaire). - Maîtrise des règles d’hygiène et de sécurité en laboratoire (port du masque, lavage des mains, utilisation du poste de sécurité biologique). --- ## Introduction Dans le contexte sanitaire camerounais, les infections bactériennes restent une cause majeure de morbidité, notamment les pathologies diarrhéiques, les méningites et les septicémies. Comprendre comment un microorganisme se propage d’un individu à un autre (contagiosité et transmissibilité) et comment il produit des substances toxiques (toxinogénèse) permet d’anticiper les épidémies, de choisir les mesures de prévention appropriées et d’interpréter les résultats diagnostiques. Ce chapitre aborde successivement les concepts de contagiosité/transmissibilité/toxinogénèse (Leçon 21), puis les caractéristiques spécifiques des exotoxines et des endotoxines ainsi que leur pouvoir antigénique (Leçon 22). Enfin, une séance de révision, d’évaluation et de remédiation consolide les acquis en vue de l’examen du probatoire. --- ## I. Leçon 21 – Contagiosité, transmissibilité et toxinogénèse ### A. Définitions > **Contagiosité** : capacité d’un microorganisme à être transmis directement d’un hôte infecté à un hôte sensible sans intermédiaire. > **Transmissibilité** : mesure plus large qui inclut les voies directes (contact, gouttelettes) et indirectes (eau, aliments, vecteurs, fomites). > **Toxinogénèse** : capacité d’un microorganisme à synthétiser et à libérer des toxines qui contribuent à la pathogenèse en endommageant les cellules hôtes ou en modulant la réponse immunitaire. ### B. Facteurs influençant la contagiosité | Facteur | Effet sur la contagiosité | Exemple camerounais | |---|---|---| | Dose infectieuse minimale (ID₅₀) | Plus faible → plus contagieux | *Vibrio cholerae* O1 (ID₅₀ ≈ 10⁸ bactéries) | | Durée de survie hors hôte | Plus longue → transmission indirecte accrue | *Salmonella* spp. sur surfaces humides (jusqu’à 24 h) | | Capacité à produire des facteurs d’adhésion (pili, fimbries) | Facilite colonisation → hausse contagiosité | *Shigella flexneri* (pili) | | Présence d’une capsule ou d’un biofilm | Protection contre les défenses hôtes → persistance | *Klebsiella pneumoniae* (capsule) | ### C. Mécanismes de transmissibilité 1. **Transmission directe** : contact peau‑à‑peau, échange de fluides (salive, sang), gouttelettes respiratoires (>5 µm). 2. **Transmission indirecte** : - **Vehicle-borne** (eau contaminée, aliments) – typique des choléra et typhoïde. - **Vector-borne** (mouches, moustiques) – moins fréquent pour les bactéries mais pertinent pour certaines rickettsies. - **Fomite-borne** (objets inanimés) – stéthoscopes, poignées de porte dans les centres de santé. > **Règle de sécurité** : Toute manipulation d’échantillons suspects de transmission aérienne doit se faire dans un poste de sécurité biologique de classe II (Niveau de confinement 2). ### D. Toxinogénèse - **Toxines exogènes** : libérées dans le milieu extracellulaire (exotoxines). - **Toxines endogènes** : restent associées à la paroi bactérienne et sont libérées lors de la lyse (endotoxines). - **Rôle pathogène** : altération de la fonction cellulaire (inhibition de la synthèse protéique, activation de voies de signalisation, formation de pores). > **Exemple de toxinogénèse** : *Clostridium difficile* produit les toxines A (enterotoxine) et B (cytotoxine) qui provoquent une colite pseudomembraneuse fréquente après antibiothérapie en milieu hospitalier camerounais. ### E. Situation professionnelle – Laboratoire de microbiologie médicale (Yaoundé) Un technicien reçoit un prélèvement rectal suspect de choléra. Après ensemencement sur TCBS, il observe des colonies jaunes. Il réalise un test de agglutination avec antisérum O1 pour confirmer l’identité. Puis, il effectue un test de détection de la toxine cholérique (ELISA) sur le surnageant. Un résultat positif confirme la toxinogénèse et justifie l’alerte sanitaire régionale. --- ## II. Leçon 22 – Exotoxines et endotoxines : propriétés et pouvoir antigénique ### A. Exotoxines > **Définition** : protéines sécrétées par des bactéries vivantes, hautement actives à très faible concentration (ng‑µg). - **Structure** : souvent composée de sous‑unités A (activité enzymatique) et B (liaison aux récepteurs cellulaires). - **Spécificité d’action** : neurotoxiques (tétanos, botulisme), cytotoxiques (colite), entérotoxiques (choléra), ou leucotoxiques (staphylocoque). - **Thermolabilité** : généralement détruites par chauffage à 60 °C pendant 10 min. - **Antigénicité** : forte capacité à induire une réponse immunitaire neutralisante (anticorps IgG). **Tableau récapitulatif des principales exotoxines rencontrées au Cameroun** | Bactérie | Toxine | Type d’activité | Maladie associée | Test de détection courant | |---|---|---|---|---| | *Vibrio cholerae* | Toxine cholérique | Activité adénylate cyclase → sécrétion d’eau et d’électrolytes | Choléra | ELISA (détection de sous‑unité A) | | *Clostridium tetani* | Toxine tétanique | Bloque libération de neurotranspresseurs inhibiteurs | Tétanos | Test de neutralisation in vivo (souris) | | *Clostridium botulinum* | Toxine botulique | Bloque libération d’acétylcholine → paralysie flasque | Botulisme | Test de souris + dosage ELISA | | *Staphylococcus aureus* | Entérotoxine A | Stimule les lymphocytes T → vomissements, diarrhée | Intoxication alimentaire | Test RPLA (reverse passive latex agglutination) | | *Escherichia coli* EHEC | Toxine Shiga (Stx) | Inhibe synthèse protéique → syndrome hémolytique‑urémique | Diarrhée hémorragique | ELISA ou PCR détectant gène stx | > **Propriété clé** : La plupart des exotoxines sont **neutralisables** par des antitoxines spécifiques (ex. antitoxine tétanique, antitoxine botulique). ### B. Endotoxines > **Définition** : lipopolysaccharide (LPS) situé dans la couche externe de la membrane externe des bactéries Gram‑négatif; libéré lors de la lyse bactérienne. - **Composition** : lipid A (responsable de l’activité toxique), noyau glucidique, antigène O (polysaccharide variable). - **Activité** : pyrogène forte (induction de fièvre via libération de IL‑1β, TNF‑α), activation du complément, choc septique à forte dose. - **Thermostabilité** : résistante à la chaleur (100 °C pendant 30 min ne détruit pas complètement l’activité). - **Antigénicité** : faible pouvoir antigénique du lipid A (peu immunogène); l’antigène O est fortement immunogène mais varie selon les sérotypes. **Exemple camerounais** : *Salmonella Typhi* (fièvre typhoïde) libère son LPS lors de la lyse intracellulaire dans les macrophages, contribuant à la fièvre persistante observée chez les patients. > **Test de détection** : Limulus Amebocyte Lysate (LAL) – mesure de l’activité coagulante du LPS; résultat exprimé en EU/mL (Endotoxin Units). ### C. Pouvoir antigénique comparé | Caractéristique | Exotoxine | Endotoxine (LPS) | |---|---|---| | Nature chimique | Protéine | Lipopolysaccharide | | Solubilité | Hydrosoluble | Amphiphile (associée à micelles) | | Stabilité thermique | Labile (60‑70 °C) | Stable (≥100 °C) | | Immunogénicité | Forte (induit anticorps neutralisants) | Faible pour lipid A; forte pour antigène O (sérotype) | | Neutralisation possible | Oui (antitoxine spécifique) | Non (pas d’antitoxine efficace) | | Utilité vaccinale | Souvent utilisée (toxoid) | Rare (vaccins conjugués ciblent l’antigène O) | > **Formule de calcul du titre neutralisant** (exemple pour antitoxine tétanique) : > \[ > \text{Titre (UI/mL)} = \frac{\text{Dose de toxine qui tue 50 % des souris}}{\text{Dose d’antitoxine qui protège 50 % des souris}} > \] > (Les unités UI sont définies par l’OMS ; 1 UI = activité neutralisante de 1 UI de référence internationale). ### D. Méthodes de détection en laboratoire 1. **Dosage enzymatique** (ex. ELISA pour toxine cholérique). 2. **Test de neutralisation cellulaire** (ex. culture de cellules VERO pour toxine Shiga). 3. **Test LAL** pour endotoxines (lecture spectrophotométrique à 405 nm). 4. **PCR en temps réel** ciblant les gènes de toxinogénie (ex. *ctxA* pour choléra, *stx1/stx2* pour EHEC). ### E. Atelier professionnel – Détection de la toxine cholérique dans un centre de santé de Douala - **Étape 1** : Prélever un échantillon de selles, homogeniser dans du tampon phosphate (pH 7,2). - **Étape 2** : Réaliser une ELISA sandwich : anticorps capture fixé sur puits, ajout du surnageant, incubation 1 h à 37 °C, lavage, ajout d’anticorps marqué (HRP), incubation 45 min, lavage, ajout du substrat TMB, lecture à 450 nm après arrêt avec H₂SO₄. - **Étape 3** : Construire une courbe étalon avec des concentrations connues de toxine cholérique pure (0,1‑10 ng/mL). - **Étape 4** : Interpoler l’absorbance de l’échantillon sur la courbe pour obtenir la concentration. - **Résultat** : Si > 1 ng/mL → considéré comme positif (seuil défini par le kit). - **Sécurité** : Manipulation dans un poste de sécurité biologique de classe II, port de gants nitrile, lunettes de protection, décontamination des surfaces avec eau de Javel 0,5 % après usage. --- ## III. Leçon 23 – Révision générale, évaluation et remédiation ### A. Synthèse rapide (points à retenir) > - La contagiosité dépend de la dose infectieuse, de la survie extérieure et des facteurs d’adhésion. > - La transmissibilité inclut voies directes et indirectes (eau, aliments, vecteurs, fomites). > - La toxinogénèse se distingue en exotoxines (protéines sécrétées, thermolabiles, fortement immunogènes) et endotoxines (LPS de Gram‑négatif, thermostables, faiblement immunogènes pour le lipid A). > - Les exotoxines sont neutralisables par des antitoxines spécifiques ; les endotoxines ne le sont pas. > - Les méthodes de détection (ELISA, neutralisation cellulaire, LAL, PCR) sont essentielles pour le diagnostic et la surveillance épidémiologique au Cameroun. ### B. Auto‑évaluation (questions à choix multiples) 1. Quelle affirmation décrit le mieux la différence entre contagiosité et transmissibilité ? a) La contagiosité ne concerne que les virus, la transmissibilité les bactéries. b) La transmissibilité inclut les voies indirectes alors que la contagiosité est strictement directe. ✅ c) La contagiosité mesure la gravité de la maladie, la transmissibilité mesure la durée d’incubation. d) Aucun des deux ne dépend de la dose infectieuse. 2. Parmi les suivantes, laquelle est une caractéristique typique d’une endotoxine ? a) Protéine sécrétée, détruite à 60 °C. b) Lipopolysaccharide libéré lors de la lyse, résistant à la chaleur. ✅ c) Forte capacité à induire des anticorps neutralisants. d) Agit exclusivement au niveau du système nerveux central. 3. Quel test est le plus approprié pour détecter la toxine cholérique dans un échantillon de selles ? a) Test LAL. b) ELISA sandwich visant la sous‑unité A de la toxine cholérique. ✅ c) PCR ciblant le gène *rfb* O1. d) Culture sur gélose sanguine. 4. Quelle affirmation concernant le pouvoir antigénique des exotoxines est vraie ? a) Elles sont peu immunogènes et ne provoquent pas de réponse anticorps. b) Leur sous‑unité B est responsable de l’activité enzymatique. c) Elles induisent une réponse immunitaire forte permettant la production d’antitoxines neutralisantes. ✅ d) Elles sont identiques chez toutes les espèces bactériennes. ### C. Remédiation (points à revoir si erreur) - Si l’élève confond contagiosité et transmissibilité → revoir les définitions et le tableau des facteurs (section I.B). - Si l’élève pense que les endotoxines sont détruites par la chaleur habituelle de pasteurisation → insister sur la thermostabilité du lipid A (section II.B). - Si l’élève ne sait pas quel test utiliser pour une toxine protéique → rappeler les principes d’**ELISA** et de neutralisation cellulaire (section II.D). - Si l’élève croit que l’antitoxine peut neutraliser une endotoxine → clarifier l’absence d’antitoxine efficace contre le LPS (section II.B). --- ## Synthèse du chapitre - **Contagiosité** : transmission directe, dépend de la dose infectieuse et des facteurs d’adhésion. - **Transmissibilité** : englobe voies directes et indirectes (eau, aliments, vecteurs, fomites). - **Toxinogénèse** : production de toxines ; distinction exotoxine (protéine sécrétée, thermolabile, fortement immunogène, neutralisable) vs endotoxine (LPS de Gram‑négatif, thermostable, faiblement immunogène pour le lipid A, non neutralisable). - **Méthodes de détection** : ELISA, neutralisation cellulaire, test LAL, PCR en temps réel. - **Application professionnelle** : manipulation sécurisée (Niveau de confinement 2), utilisation de postes de sécurité biologique, port d’EPI, décontamination avec javellisant 0,5 %. - **Valeurs de référence** : ID₅₀ de *V. cholerae* O1 ≈ 10⁸ bactéries ; seuil de positivité ELISA toxine cholérique ≈ 1 ng/mL ; unité LAL exprimée en EU/mL (seuil d’alerte souvent 0,5 EU/mL pour l’eau de consommation). --- ## Glossaire (12 termes) - **Contagiosité** : capacité d’un agent infectieux à se passer directement d’un hôte à un autre. - **Transmissibilité** : mesure globale de la capacité d’un agent à se propager, incluant voies directes et indirectes. - **Toxinogénèse** : aptitude d’un microorganisme à synthétiser et libérer des toxines contribuant à sa virulence. - **Exotoxine** : protéine sécrétée par une bactérie vivante, active à faible concentration, généralement thermolabile et fortement immunogène. - **Endotoxine** : lipopolysaccharide (LPS) de la membrane externe des bactéries Gram‑négatif, libéré lors de la lyse, thermostable, faiblement immunogène pour le lipid A. - **ID₅₀** : dose infectieuse qui provoque une infection chez 50 % des sujets exposés. - **ELISA** (Enzyme‑Linked Immunosorbent Assay) : technique immunologique permettant la quantification d’une protéine (toxine) par réaction enzymatique couplée à un changement de couleur. - **Test LAL** (Limulus Amebocyte Lysate) : dosage de l’endotoxine basé sur la coagulation du lysat d’amebocytes de limule en présence de LPS. - **Antitoxine** : anticorps spécifique capable de neutraliser l’activité toxique d’une exotoxine. - **Sérotype** : variante d’une bactérie définie par la structure de son antigène O (polysaccharide du LPS). - **Niveau de confinement 2 (BSL‑2)** : catégorie de laboratoire permettant la manipulation d’agents associés à des maladies humaines modérées, avec poste de sécurité biologique de classe II et EPI appropriés. - **EU/mL** (Endotoxin Units par millilitre) : unité de mesure de l’activité endotoxique utilisée dans le test LAL. --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Détection de la toxine cholérique **Situation** : Un centre de santé de Garoua reçoit un lot de 20 échantillons de selles provenant de patients présentant une diarrhée aqueuse. Le technicien doit déterminer lesquels sont positifs pour la toxine cholérique à l’aide d’un kit ELISA dont le seuil de positivité est fixé à 1 ng/mL. **Données** : - Courbe étalon : absorbance (A) = 0,05 × [C] (ng/mL) + 0,02 (R² = 0,99). - Absorbances mesurées (moyenne du duplicate) : | Échantillon | A (450 nm) | |---|---| | 1 | 0,12 | | 2 | 0,07 | | 3 | 0,22 | | 4 | 0,05 | | 5 | 0,18 | | 6 | 0,03 | | 7 | 0,15 | | 8 | 0,09 | | 9 | 0,25 | |10 | 0,04 | |11 | 0,11 | |12 | 0,06 | |13 | 0,19 | |14 | 0,02 | |15 | 0,14 | |16 | 0,08 | |17 | 0,21 | |18 | 0,01 | |19 | 0,16 | |20 | 0,05 | **Corrigé** : 1. Résoudre l’équation de la courbe pour obtenir la concentration : \[ [C] = \frac{A - 0,02}{0,05} \] 2. Calculer chaque concentration : | Échantillon | [C] (ng/mL) | Positif? (≥1 ng/mL) | |---|---|---| | 1 | (0,12‑0,02)/0,05 = 2,0 | ✅ | | 2 | (0,07‑0,02)/0,05 = 1,0 | ✅ (seuil inclus) | | 3 | (0,22‑0,02)/0,05 = 4,0 | ✅ | | 4 | (0,05‑0,02)/0,05 = 0,6 | ❌ | | 5 | (0,18‑0,02)/0,05 = 3,2 | ✅ | | 6 | (0,03‑0,02)/0,05 = 0,2 | ❌ | | 7 | (0,15‑0,02)/0,05 = 2,6 | ✅ | | 8 | (0,09‑0,02)/0,05 = 1,4 | ✅ | | 9 | (0,25‑0,02)/0,05 = 4,6 | ✅ | |10 | (0,04‑0,02)/0,05 = 0,4 | ❌ | |11 | (0,11‑0,02)/0,05 = 1,8 | ✅ | |12 | (0,06‑0,02)/0,05 = 0,8 | ❌ | |13 | (0,19‑0,02)/0,05 = 3,4 | ✅ | |14 | (0,02‑0,02)/0,05 = 0,0 | ❌ | |15 | (0,14‑0,02)/0,05 = 2,4 | ✅ | |16 | (0,08‑0,02)/0,05 = 1,2 | ✅ | |17 | (0,21‑0,02)/0,05 = 3,8 | ✅ | |18 | (0,01‑0,02)/0,05 = –0,2 → 0 (non détectable) | ❌ | |19 | (0,16‑0,02)/0,05 = 2,8 | ✅ | |20 | (0,05‑0,02)/0,05 = 0,6 | ❌ | **Résultat** : 13 échantillons positifs (1,2,3,5,7,8,9,11,13,15,16,17,19). **Conclusion** : 13/20 échantillons sont positifs pour la toxine cholérique ; le centre doit déclencher l’alerte sanitaire et entreprendre des mesures de réhydratation et d’isolement des cas. --- ### Exercice 2 – Interprétation d’un test LAL **Situation** : Un laboratoire de Yaoundé analyse l’eau de forage utilisée pour la préparation des solutés de perfusion. Le résultat du test LAL indique une activité de 0,8 EU/mL. La norme nationale pour l’eau destinée à un usage parentéral est ≤ 0,5 EU/mL. **Question** : Que doit faire le laboratoire et pourquoi ? **Corrigé** : - Le résultat dépasse la limite autorisée (0,8 > 0,5 EU/mL). - Selon les procédures de bonne pratique de laboratoire (BPL) et les recommandations de l’OMS pour l’eau de perfusion, l’eau est considérée comme contaminée par des endotoxines et ne peut être utilisée telle quelle. - Actions correctives : 1. **Rejet** du lot d’eau concerné. 2. **Investigation** de la source : vérifier l’état du filtre à charbon, la désinfection du réservoir, la possibilité de rétrocontamination par biofilm. 3. **Retraitement** : faire passer l’eau à travers un filtre à endotoxines (membrane de 0,02 µm) ou réaliser une nouvelle étape de distillation/déionisation suivie d’une filtration 0,2 µm. 4. **Re‑test** après traitement : le résultat doit être ≤ 0,5 EU/mL avant remise en service. 5. **Documentation** de l’incident dans le registre de non‑conformité et mise à jour du plan de gestion du risque biologique. **Raison** : Les endotoxines, même à faible concentration, peuvent provoquer des réactions pyrogènes graves (fièvre, choc) lorsqu’elles sont introduites dans la circulation sanguine ; respecter la limite garantit la sécurité des patients perfusés. --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité (6 cas) | # | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de sécurité / bonne pratique | |---|------------------|-------------|------------------------------------| | 1 | Confondre **contagiosité** et **transmissibilité** lors de l’élaboration d’un questionnaire d’enquête épidémiologique. | Sous‑estimation des voies indirectes (eau, aliments) → mesures de prévention inadéquates. | Toujours distinguer : contagiosité = transmission directe uniquement ; transmissibilité = toutes les voies. Utiliser le tableau des facteurs (section I.B) comme aide‑mémoire. | | 2 | Chauffer un échantillon suspect de toxine à 80 °C pendant 5 min pour « le rendre inoffensif » avant de le manipuler hors poste de sécurité. | Inactivation incomplète des exotoxines thermolabiles mais persistence d’endotoxines → risque de réaction pyrogène. | Ne jamais compter sur la chaleur seule pour neutraliser les endotoxines ; utiliser un poste de sécurité biologique de classe II et des EPI adaptés. | | 3 | Oublier de réaliser un témoin négatif lors d’une ELISA de détection de toxine. | Faux‑positif dû à une réaction de fond non spécifique → alerte inutile. | Inclure systématiquement un puits de témoin (buffer uniquement) et un témoin positif (toxine connue) à chaque plaque. | | 4 | Utiliser la même pipette pour transférer un échantillon de selles et le réactif d’ELISA sans changer la pointe. | Contamination croisée → résultats erronés. | Changer la pointe entre chaque échantillon ; respecter la règle « une pointe, un transfert ». | | 5 | Négliger de noter le numéro de lot du kit LAL et la date de péremption avant utilisation. | Utilisation d’un réactif périmé → sous‑ ou sur‑estimation de l’endotoxine. | Toujours vérifier la date de péremption et consigner le numéro de lot dans le cahier de laboratoire. | | 6 | Manipuler un isolat de *Salmonella* Typhi sur une paillasse ouverte sans porter de blouse ni de gants. | Exposition du personnel à des bactéries pathogènes → risque d’infection professionnelle. | Travailler exclusivement dans un poste de sécurité biologique de classe II (BSL‑2) ; porter blouse, gants nitrile, protection oculaire ; se laver les mains à la sortie. | --- *Fin du cours.* --- *Ce document respecte les exigences du programme officiel MINESEC/IGE pour la série F6, Première, et prépare l’élève aux épreuves du probatoire en microbiologie médicale.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de la contagiosité en microbiologie médicale ?
  2. 2. Qu'est-ce qu'une endotoxine ?
  3. 3. Qui a découvert la toxine diphtérique en 1888 ?
  4. 4. Une culture bactérienne a un temps de génération de 20 minutes. Combien de générations se produiront en 2 heures ?
  5. 5. Un patient présente une diarrhée aqueuse sévère après avoir consommé du poulet insuffisamment cuit. Quel type de toxine est le plus probablement impliqué ?
  6. 6. Quel énoncé décrit correctement le pouvoir antigénique des exotoxines par rapport aux endotoxines ?
  7. 7. Une bactérie à Gram positif produit une exotoxine qui inhibe la synthèse des protéines en ADP-ribosylant le facteur d'élongation EF-2. Quelle est cette toxine ?
  8. 8. Si on chauffe une suspension bactérienne à 60°C pendant 30 minutes, quelle toxine est la plus susceptible d'être inaktivée ?
  9. 9. Comparons l'action de la toxine cholérique et de la coqueluche (pertussis) sur les protéines G. Quel énoncé est vrai ?
  10. 10. Concernant la localisation génétique des facteurs de virulence, lequel des affirmations suivantes est correct ?