Chapitre 15
Alimentation des moteurs à essence (partie 2/2)
Lecture : 18 minQuiz de 10 questions
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : à la fin de ce chapitre l’élève sera capable de :
- expliquer le fonctionnement du circuit d’alimentation en essence d’un moteur à essence ;
- réaliser la maintenance préventive et curative du circuit (filtre, conduites, régulateur, injecteurs/carburateur) ;
- contrôler la pression et le débit d’une pompe d’alimentation (mécanique ou électrique) ;
- diagnostiquer les pannes fréquentes des pompes et mettre en œuvre les procédures de réparation ou de remplacement ;
- appliquer les règles de sécurité et d’hygiène spécifiques aux travaux sur les carburants.
**Prérequis** : notions de base du moteur à essence (cycle quatre temps, admission, combustion), lecture de schémas hydrauliques, utilisation du manomètre, du débitmètre et de l’ohmmètre, connaissances des EPI (gants nitrile, lunettes de protection, masque anti‑vapeurs) et des consignes de prévention des risques d’incendie et d’explosion.
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## Introduction contextualisée
Au Cameroun, la majorité des véhicules légers et des engins agricoles utilisent encore des moteurs à essence, notamment dans les zones urbaines où la qualité du carburant peut varier (présence d’impuretés, d’eau ou de sédiments). Une alimentation en essence fiable garantit le démarrage à froid, la puissance moteur et la réduction de la consommation. Les pannes du circuit d’alimentation sont parmi les causes les plus fréquentes d’immobilisation d’atelier, d’où l’importance d’une maîtrise précise des opérations de maintenance, de contrôle et de réparation des pompes d’alimentation. Ce chapitre s’appuie sur le référentiel MINESEC/IGE (programme officiel de la série MAV) et propose une démarche progressive, de la description du circuit à l’intervention sur les pompes, en intégrant les normes de sécurité camerounaises (arrêté n° 2005/… relatif à la manipulation des hydrocarbures).
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## I. Leçon 17 – Maintenance du circuit d’alimentation en essence du moteur
### A. Constitution du circuit d’alimentation
Le circuit d’alimentation en essence se compose des éléments suivants :
1. **Réservoir** – contenant du carburant, équipé d’un jauge et d’un évent de ventilation.
2. **Pompe à essence** – mécanique (entraînée par l’arbre à cames) ou électrique (immergée dans le réservoir).
3. **Filtre à carburant** – généralement placé entre la pompe et les injecteurs/carburateur, il retient les particules > 10 µm.
4. **Conduites** – tuyaux métalliques ou en caoutchouc renforcé, assurant le transport du carburant sous pression.
5. **Injecteurs ou carburateur** – dispositif de métrage du carburant dans l’admission.
6. **Régulateur de pression** – maintient une pression constante (généralement 3,0 – 3,5 bar) en renvoyant l’excès vers le réservoir.
7. **Soupape de retour** – permet le retour du carburant non utilisé vers le réservoir.
> **>** Le circuit doit rester étanche à toute pression supérieure à 0,5 bar pour éviter les vapeurs d’essence dans l’habitacle.
### B. Fonctionnement et principes
- La pompe crée une **dépression** à l’aspiration qui attire le carburant du réservoir, puis une **pression de refoulement** qui le pousse vers les injecteurs.
- Le **régulateur** compare la pression réelle à une consigne (via un diaphragme et un ressort) et ouvre une vanne de retour lorsque la pression dépasse la consigne.
- Le **débit** délivré dépend de la vitesse de rotation de la pompe (mécanique) ou de la tension d’alimentation (électrique).
### C. Procédure de maintenance (pas à pas)
| Étape | Action | Outils / Documents | Contrôle attendu |
|---|---|---|---|
| 1 | Vérifier le niveau et la qualité du carburant (absence d’eau, de sédiments) | Jerrican propre, papier filtre | Carburant clair, taux d’eau < 0,05 % |
| 2 | Inspecter visuellement les conduites (fuites, corrosion, fissures) | Lampe torche, miroir d’inspection | Aucun écoulement, pas de traces de rouille |
| 3 | Remplacer le filtre à carburant | Clé à filtre, récipient de récupération | Neuf, sens de flux respecté (flèche vers le moteur) |
| 4 | Mesurer la pression de refoulement avec un manomètre placé sur le raccord de test | Manomètre 0‑5 bar, adaptateur | 3,0 – 3,5 bar (selon constructeur) |
| 5 | Vérifier le débit à l’aide d’un débitmètre en ligne | Débitmètre 0‑200 L/h | 120 – 180 L/h (exemple Toyota 2ZR) |
| 6 | Contrôler le régulateur de pression (pression de consigne, retour) | Manomètre, clé de réglage | Retour ouvert dès dépassement de la consigne |
| 7 | Nettoyer ou remplacer les injecteurs/carburateur (ultrason, solvant) | Bain à ultrasons, brosse douce | Jet uniforme, pas de gouttes |
| 8 | Remonter, remettre sous pression et faire tourner le moteur au ralenti | Clé dynamométrique, tournevis | Régime stable, aucune fumée blanche |
> **>** Toujours relâcher la pression du circuit avant toute ouverture (débrancher la pompe, actionner la soupape de décharge).
### D. Normes et règles de sécurité/hygiène
- Porter des gants nitrile résistants aux hydrocarbures, des lunettes de protection et un masque à cartouche organique.
- Travailler dans un espace bien ventilé ou sous hotte d’aspiration ; interdiction de flamme nue ou de soudage à proximité.
- Mettre à la terre le réservoir et les outils métalliques pour éviter les décharges statiques.
- Utiliser uniquement des récipients homologués (bidons UN) pour le stockage temporaire du carburant récupéré.
- Éliminer les déchets (filtres usés, chiffons imbibés) selon le décret camerounais n° 2005/… relatif aux déchets dangereux.
### E. Exemple chiffré d’atelier
Lors d’une intervention sur une Toyota Corolla (moteur 1NZ‑FE, année 2018) :
- Pression mesurée : **3,2 bar** (manomètre calibré).
- Débit mesuré : **145 L/h** (débitmètre en ligne).
- Spécifications constructeur : pression 3,0‑3,5 bar, débit 120‑180 L/h.
**Conclusion** : les valeurs sont dans les tolérances ; aucune action corrective n’est requise sur la pompe, mais le filtre présentant une légère coloration est remplacé par précaution.
### F. Tableau récapitulatif des intervalles de maintenance (Cameroun)
| Élément | Périodicité | Action principale |
|---|---|---|
| Filtre à carburant | chaque 10 000 km ou 6 mois | remplacement |
| Conduites (visuelle) | chaque 20 000 km | inspection fuites/corrosion |
| Pompe à essence (pression/débit) | chaque 30 000 km | test manométrique/débitmétrique |
| Injecteurs (nettoyage ultrason) | chaque 40 000 km | nettoyage ou remplacement |
| Régulateur de pression | chaque 30 000 km | vérification pression de consigne |
| Joints de la pompe | chaque 30 000 km | contrôle d’usure, remplacement si nécessaire |
> **>** Le respect de ces intervalles permet de réduire de 30 % les pannes d’alimentation relevées en atelier au Cameroun (source : enquête MINESEC 2022).
### G. Encadrés « à retenir » (au moins 4)
> **>** La pression d’alimentation doit être mesurée à chaud, moteur tournant au ralenti, pour refléter les conditions réelles d’injection.
> **>** Un filtre obstrué augmente la charge de travail de la pompe et peut entraîner une surchauffe du moteur électrique.
> **>** Le retour excessif de carburant vers le réservoir indique un régulateur défectueux ou une fuite interne de la pompe.
> **>** Toute intervention sur le circuit d’alimentation doit être suivie d’un test d’étanchéité à l’aide d’un détecteur de fuites à lampe UV.
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## II. Leçon 18 – Contrôle et réparation des pompes d’alimentation
### A. Types de pompes d’alimentation
1. **Pompe mécanique** – entraînée par l’arbre à cames via une came ou un excentrique ; fonctionne par déplacement volumétrique (piston ou diaphragme).
2. **Pompe électrique immergée** – moteur à courant continu entraînant une turbine ou une roue à aubes située dans le réservoir ; pression régulée par un clapet de décharge intégré.
3. **Pompe à débit variable** – commande électronique (ECU) modulant la tension d’alimentation pour adapter le débit aux besoins du moteur.
> **>** Dans les véhicules camerounais récents (ex. : Nissan Navara D40, année 2016) la pompe électrique immergée domine en raison de son silence et de sa capacité à maintenir une pression constante malgré les variations de niveau de carburant.
### B. Principe de fonctionnement
- **Pompe mécanique** : lors de la montée du piston, le clapet d’entrée s’ouvre, le carburant remplit la chambre ; lors de la descente, le clapet d’entrée se ferme, le clapet de sortie s’ouvre et refoule le carburant sous pression.
- **Pompe électrique** : le moteur fait tourner une turbine qui augmente la vitesse du fluide ; la pression générée dépend de la vitesse de rotation et de la restriction du circuit (injecteurs, régulateur). Un clapet anti‑retour empêche le retour du carburant lorsque la pompe s’arrête.
### C. Symptômes de défaillance
| Symptôme | Cause probable |
|---|---|
| Difficulté de démarrage à chaud | Pression insuffisante (< 2,5 bar) |
| Calage soudain en débit partiel | Débit trop faible ou présence d’air dans le circuit |
| Consommation anormale élevée | Fuite interne de la pompe ou régulateur bloqué en ouverture |
| Bruit de grincement ou de cavitation | Usure du rotor, présence de particules abrasives |
| Odeur d’essence autour du réservoir | Joint d’étanchéité défectueux ou fissure du corps de pompe |
### D. Procédure de contrôle (pas à pas)
1. **Dépressurisation du circuit** – débrancher la batterie, actionner la soupape de décharge (si présente) ou démonter le relais de la pompe pour éviter toute pression résiduelle.
2. **Vidange partielle** – placer un récipient agréé sous le raccord de sortie de la pompe pour récupérer le carburant résiduel.
3. **Démontage** – suivre le schéma constructeur (ex. : retirer le boulon de fixation de la pompe, dégager le connecteur électrique, sortir la pompe du réservoir).
4. **Inspection visuelle** – vérifier l’état du corps, des joints, du filtre intégré et du clapet anti‑retour (présence de dépôts, de corrosion, de jeu excessif).
5. **Mesure de la résistance du bobinage** (pompe électrique uniquement) – avec un ohmmètre, mesurer entre les deux bornes ; valeur typique 2,0 – 3,0 Ω (±10 %).
6. **Test de pression** – monter la pompe sur un banc d’essai, faire tourner à vitesse nominale (12 V pour une pompe 12 V) et relever la pression avec un manomètre placé à la sortie.
7. **Test de débit** – placer un débitmètre en ligne à la sortie, mesurer le volume délivré pendant une minute à vitesse nominale.
8. **Vérification du clapet anti‑retour** – appliquer une légère pression à l’entrée et s’assurer qu’il n’y a pas de fuite vers l’entrée lorsque la pompe est arrêtée.
> **>** Toute mesure de pression doit être effectuée avec un manomètre calibré (±0,05 bar) et à température ambiante (20 ± 5 °C) pour éviter les variations dues à la dilatation du carburant.
### E. Réparation / remise en état
| Défaut observé | Action corrective | Couple de serrage (exemple) |
|---|---|---|
| Joint d’étanchéité usé | remplacer le joint torique (matériau Viton) | 8 Nm (vis de couvercle) |
| Filtre intégré colmaté | nettoyer à l’ultrason ou remplacer | – |
| Clapet anti‑retour défectueux | remplacer le clapet (pièce d’origine) | – |
| Rotor ou piston usé | remplacer l’ensemble piston/cylindre ou la pompe complète | 25 Nm (boulons de fixation du corps) |
| Bobinage hors tolérance | remplacer le moteur électrique de la pompe | – |
Après remontage, répéter les tests de pression et de débit. Si les valeurs restent hors spécifications, la pompe doit être remplacée entièrement.
> **>** Lors du remontage, toujours appliquer un lubrifiant compatible avec les hydrocarbures (graisse silicone) sur les joints pour éviter le pincement et garantir l’étanchéité.
### F. Exemple chiffré de contrôle
Sur une pompe électrique immergée d’une Peugeot 208 (moteur EB2, 1,2 L, 2019) :
- Résistance mesurée du bobinage : **2,68 Ω** (ohmmètre).
- Tolérance constructeur : 2,40 – 2,80 Ω → **acceptable**.
- Pression à 12 V : **3,1 bar** (manomètre).
- Spécification pression : 3,0 – 3,5 bar → **conforme**.
- Débit à 12 V : **132 L/h** (débitmètre).
- Spécification débit : 120 – 180 L/h → **conforme**.
**Conclusion** : la pompe est en bon état ; aucune intervention nécessaire.
### G. Normes de sécurité spécifiques aux pompes
- Toujours travailler avec le réservoir **dépressurisé** et **vidangé partiellement** pour limiter le volume de carburant manipulé.
- Utiliser des outils **antidéflagrants** (clés à cliquet en laiton ou en aluminium) pour éviter les étincelles.
- Interdire l’utilisation de appareils électroniques non homologués (telephone, lampe torche) près du réservoir ouvert.
- Recueillir le carburant récupéré dans un **bidon UN** clairement étiqueté « Carburant usé – à éliminer ».
- Éliminer les déchets selon le **décret n° 2005/…** relatif à la gestion des déchets dangereux (transport vers un centre agréé).
> **>** Une étincelle provenant d’un outil non antidéflagrant peut provoquer l’explosion du mélange air‑essence dans le réservoir, d’où l’obligation d’utiliser uniquement du matériel certifié.
### H. Encadrés « à retenir » (au moins 4 supplémentaires)
> **>** La résistance du bobinage d’une pompe électrique doit être mesurée à froid ; une valeur hors tolérance indique un court‑circuit ou un fil coupé.
> **>** Un débit inférieur à 80 % du débit nominal, même si la pression est correcte, signe souvent un filtre intégré partiellement obstrué.
> **>** Le couple de serrage des boulons de fixation de la pompe doit être respecté sous peine de déformation du corps et de fuites internes.
> **>** Après toute réparation, effectuer un test de marche à vide pendant 2 minutes puis vérifier l’absence de fuite sous pression avant de remettre le véhicule en service.
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## III. Synthèse du chapitre
- Le circuit d’alimentation en essence comprend réservoir, pompe, filtre, conduites, injecteurs/carburateur, régulateur et soupape de retour.
- La maintenance préventive repose sur le contrôle du niveau/qualité du carburant, l’inspection des conduites, le remplacement du filtre, la mesure de pression et de débit, et le nettoyage des injecteurs.
- Les pompes d’alimentation sont soit mécaniques (déplacement volumétrique) soit électriques immergées (turbine entraînée par moteur CC).
- Le contrôle d’une pompe implique dépressurisation, démontage, inspection visuelle, mesure de résistance (électrique), test de pression et de débit, et vérification du clapet anti‑retour.
- La réparation consiste à remplacer joints, filtre intégré, clapet, rotor/piston ou bobinage, puis à remonter avec les couples de serrage prescrits et à re‑tester.
- Les normes de sécurité exigent EPI hydrocarbures, ventilation, outils antidéflagrants, mise à la terre, récupération du carburant dans des bidons UN et élimination conforme au décret camerounais sur les déchets dangereux.
- Les intervalles de maintenance type (filtre 10 000 km, conduites 20 000 km, pompe 30 000 km, injecteurs 40 000 km) permettent de réduire significativement les pannes d’atelier.
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## Glossaire
| Terme | Définition |
|---|---|
| **Dépressurisation** | Action de réduire la pression du circuit d’alimentation à zéro avant toute ouverture, généralement en actionnant une soupape de décharge ou en débranchant la pompe. |
| **Clapet anti‑retour** | Dispositif unidirectionnel qui empêche le retour du carburant vers la pompe ou le réservoir lorsque celle‑ci est arrêtée. |
| **Régulateur de pression** | Composant qui maintient une pression constante dans le circuit en renvoyant l’excès de carburant vers le réservoir lorsque la pression dépasse la consigne. |
| **Filtre à carburant** | Élément filtrant placé entre la pompe et les injecteurs/carburateur, retenant les particules supérieures à 10 µm afin de protéger le système d’injection. |
| **Couple de serrage** | Valeur de torque (en Nm) à appliquer lors du remontage d’un boulon ou d’une vis pour garantir l’étanchéité et éviter la déformation des pièces. |
| **Ohmmètre** | Instrument de mesure de la résistance électrique, utilisé pour contrôler le bobinage d’une pompe électrique immergée. |
| **Débitmètre** | Appareil qui mesure le volume de fluide passant par unité de temps (L/h), employé pour vérifier le débit d’une pompe d’alimentation. |
| **Joint torique** | Joint d’étanchéité circulaire, généralement en élastomère (Viton, NBR), utilisé entre deux surfaces métalliques pour prévenir les fuites de carburant. |
| **Cavitation** | Formation de bulles de vapeur dans un liquide due à une chute locale de pression, pouvant endommager les pièces mobiles d’une pompe. |
| **Débit nominal** | Volume de carburant que la pompe doit délivrer à sa vitesse de rotation nominale, spécifié par le constructeur (ex. : 150 L/h). |
| **Pression de consigne** | Valeur de pression que le régulateur tente de maintenir dans le circuit d’alimentation (ex. : 3,2 bar). |
| **Réservoir** | Récipient contenant le carburant du véhicule, équipé d’un jauge, d’un évent et souvent d’une pompe immergée. |
| **Injecteur** | Dispositif qui pulvérise le carburant sous pression dans le collecteur d’admission du moteur, assurant un mélange air‑carburant homogène. |
| **Carburateur** | Dispositif mécanique qui mélange air et carburant par effet de Venturi, utilisé sur certains moteurs anciens ou de petite puissance. |
| **Bidon UN** | Récipient homologué pour le transport et le stockage temporaire de produits dangereux, marqué selon les réglementations des Nations Unies. |
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## Exercices d'application corrigés
### Exercice 1 – Contrôle de pression et de débit
**Situation** : Lors de l’entretien d’une camionnette Toyota Hilux (moteur 2KD‑FTV, 2,5 L diesel, mais équipée d’une pompe d’alimentation essence auxiliaire pour le démarrage à froid), le technicien mesure une pression de **2,6 bar** et un débit de **110 L/h** avec un manomètre et un débitmètre en ligne. Les spécifications constructeur indiquent une pression de **3,0 – 3,5 bar** et un débit de **120 – 180 L/h**.
**Questions** :
1. Quelles sont les anomalies observées ?
2. Quelles actions de maintenance préconiseriez‑vous ?
3. Après remplacement du filtre à carburant, la pression remonte à **3,1 bar** et le débit à **128 L/h**. Le système est‑il maintenant conforme ?
**Corrigé** :
1. **Anomalies** : pression inférieure de 0,4 bar au minimum autorisé et débit inférieur de 10 L/h au minimum autorisé → alimentation insuffisante, risque de démarrage difficile et de perte de puissance.
2. **Actions** :
- Vérifier l’état du filtre à carburant (possiblement colmaté).
- Inspecter les conduites pour détecter une éventuelle fuite ou un étranglement.
- Tester la pompe d’alimentation (pression et débit) sur banc d’essai pour confirmer si elle délivre les valeurs nominales.
- Remplacer le filtre si nécessaire, puis refaire les mesures.
3. Après remplacement du filtre, la pression (**3,1 bar**) se situe dans l’intervalle 3,0‑3,5 bar et le débit (**128 L/h**) dans l’intervalle 120‑180 L/h → **le système est conforme**.
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### Exercice 2 – Diagnostic d’une pompe électrique immergée
**Situation** : Sur une Renault Logan (moteur K9K, 1,5 L dCi, année 2017) équipée d’une pompe électrique immergée de 12 V, le conducteur signale des à‑coups à l’accélération et une consommation anormale. Le technicien effectue les contrôles suivants :
- Résistance du bobinage mesurée à **2,9 Ω** (ohmmètre).
- Pression mesurée à **2,8 bar** (manomètre).
- Débit mesuré à **95 L/h** (débitmètre).
Les données constructeur sont : résistance du bobinage **2,5 Ω ± 10 %**, pression **3,0 – 3,5 bar**, débit **120 – 180 L/h**.
**Questions** :
1. Interprétez chaque mesure par rapport aux tolérances constructeur.
2. Quelle est la cause la plus probable du symptôme décrit ?
3. Proposez une procédure de réparation, en indiquant les pièces à remplacer et les contrôles à effectuer après remontage.
**Corrigé** :
1. **Résistance** : 2,9 Ω se situe dans l’intervalle 2,25‑2,75 Ω ? Non, 2,9 Ω dépasse la limite supérieure de 2,75 Ω → **hors tolérance** (possible court‑circuit partiel ou surchauffe du bobinage).
**Pression** : 2,8 bar est inférieure au minimum de 3,0 bar → **pression insuffisante**.
**Débit** : 95 L/h est inférieur au minimum de 120 L/h → **débit insuffisant**.
2. La combinaison d’une résistance élevée, d’une pression basse et d’un débit bas indique que le moteur électrique de la pompe ne tourne pas à sa vitesse nominale, probablement à cause d’un **bobinage partiellement endommagé** augmentant sa résistance et réduisant le couple, ce qui entraîne une faible pression et débit.
3. **Procédure de réparation** :
- Dépressuriser le circuit et vidanger partiellement le réservoir.
- Démonter la pompe suivant le schéma constructeur (débrancher le connecteur électrique, retirer les boulons de fixation, sortir la pompe du réservoir).
- Remplacer le **moteur électrique complet** (ou le bobinage si disponible en pièce détachée) par une pièce d’origine.
- Vérifier l’état du **joint torique** et du **filtre intégré** ; les remplacer s’ils présentent des signes d’usure ou de colmatage.
- Remonter la pompe en respectant le couple de serrage spécifié (ex. : 25 Nm pour les boulons de corps).
- Après remontage, effectuer les contrôles suivants :
* Mesure de la résistance du bobinage (doit être dans 2,25‑2,75 Ω).
* Test de pression (doit être entre 3,0‑3,5 bar).
* Test de débit (doit être entre 120‑180 L/h).
- Effectuer un essai routier pour vérifier la disparition des à‑coups et la normalisation de la consommation.
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## Erreurs fréquentes et règles de sécurité
| Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique |
|---|---|---|
| **Oublier de dépressuriser le circuit avant de démonter la pompe** | Projection de carburant sous pression, risque de brûlure ou d’incendie. | Toujours actionner la soupape de décharge ou débrancher le relais de la pompe et attendre la chute de pression à zéro. |
| **Utiliser une clé à cliquet en acier ordinaire près du réservoir ouvert** | Risque d’étincelle pouvant enflammer les vapeurs d’essence. | Employer exclusivement des outils antidéflagrants (laiton, aluminium ou plastique conducteur) dans les zones où des vapeurs d’hydrocarbures sont présentes. |
| **Ne pas remplacer le joint torique lors du remontage de la pompe** | Fuite de carburant au niveau du corps de pompe, perte de pression et risque d’incendie. | Systematiquement remplacer le joint torique par une pièce neuve compatible (Viton) et lubrifier légèrement avec une graisse silicone. |
| **Réutiliser un filtre à carburant visiblement sale** | Obstruction progressive, augmentation de la charge de la pompe, surchauffe et éventuelle casse. | Remplacer le filtre à chaque entretien prévu ou dès qu’il présente une coloration anormale ou un débit réduit mesuré. |
| **Serrage excessif des boulons de fixation de la pompe** | Déformation du corps de pompe, fuite interne, mauvaise répartition de la pression. | Respecter le couple de serrage indiqué par le constructeur (ex. : 25 Nm) à l’aide d’une clé dynamométrique. |
| **Ne pas ventiler l’atelier lors de travaux sur le circuit d’alimentation** | Accumulation de vapeurs d’essence, risque d’intoxication ou d’explosion. | Travailler dans un espace équipé d’une hotte d’aspiration ou assurer une ventilation naturelle permanente (portes ouvertes, extracteur d’air). |
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*Fin du cours.*
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