Chapitre 9
Configuration et virtualisation des réseaux
Lecture : 21 minQuiz de 12 questions
# Configuration et virtualisation des réseaux
## Introduction
Dans un contexte professionnel ou personnel, la mise en place d'un réseau informatique répond à un besoin précis : partager des ressources (fichiers, imprimantes, connexion Internet), communiquer entre postes, ou centraliser des données. Ce chapitre aborde la démarche complète d'ingénierie réseau : du choix des équipements matériels à leur interconnexion physique, en passant par la configuration logicielle (adressage IP, services DHCP) et l'utilisation d'outils de simulation et d'émulation (Packet Tracer, GNS3). La seconde partie du chapitre traite de la virtualisation, technique permettant de faire fonctionner plusieurs systèmes d'exploitation sur une même machine physique, et de la mise en réseau de machines virtuelles. L'objectif est de vous rendre capable de concevoir, configurer et diagnostiquer un réseau local, et de déployer une infrastructure virtualisée.
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## I. Sélection des équipements réseaux appropriés au type de problème à résoudre
### I.1. Les équipements de base et leurs rôles
Le choix d'un équipement réseau dépend du problème à résoudre : interconnecter deux postes, relier plusieurs machines, segmenter un réseau, ou connecter un réseau local à Internet.
| Équipement | Fonction principale | Quand l'utiliser ? |
|------------|---------------------|---------------------|
| **Carte réseau (NIC)** | Interface entre la machine et le support de transmission (câble ou onde) | Obligatoire sur chaque poste pour toute connexion réseau |
| **Switch (commutateur)** | Relie plusieurs équipements au sein d'un même réseau local (LAN) ; achemine les trames selon les adresses MAC | Pour interconnecter plus de 2 machines dans un LAN ; remplace le hub (plus efficace, pas de collision) |
| **Routeur** | Interconnecte des réseaux différents ; achemine les paquets selon les adresses IP ; permet l'accès à Internet | Pour relier un LAN à un autre réseau (WAN, Internet) ; pour segmenter en sous-réseaux |
| **Point d'accès Wi-Fi (AP)** | Permet la connexion sans fil d'équipements au réseau | Pour des postes mobiles ou lorsque le câblage est impossible |
| **Modem** | Convertit le signal numérique en signal analogique (et inversement) pour la transmission sur ligne téléphonique ou fibre | Pour la connexion à Internet via un FAI (Fournisseur d'Accès Internet) |
| **Hub (concentrateur)** | Relie plusieurs équipements mais diffuse les données à tous les ports (partage de bande passante, collisions) | Obsolète ; à éviter sauf pour de très petits réseaux temporaires |
| **Câble (paire torsadée, fibre optique)** | Support physique de transmission | Selon la distance et le débit requis |
### I.2. Critères de choix
Pour sélectionner l'équipement adapté, il faut considérer :
- **Le nombre de machines à interconnecter** : un switch avec suffisamment de ports (8, 16, 24, 48 ports).
- **Le type de réseau** : LAN (switch), WAN (routeur), sans fil (point d'accès).
- **Le débit souhaité** : 10/100 Mbps (Fast Ethernet), 1 Gbps (Gigabit Ethernet), 10 Gbps.
- **La distance** : paire torsadée (max 100 m), fibre optique (plusieurs km).
- **Le budget** : les équipements gérés (configurables) coûtent plus cher que les non gérés.
- **La sécurité** : un routeur avec pare-feu intégré pour filtrer le trafic.
> **À retenir** : Un **switch** interconnecte des machines d'un même réseau local en utilisant les adresses MAC. Un **routeur** interconnecte des réseaux différents en utilisant les adresses IP. Le choix de l'équipement se fait selon le problème : relier des postes entre eux (switch), relier des réseaux entre eux (routeur), ou offrir un accès sans fil (point d'accès).
### I.3. Exemple de sélection pour un cas concret
**Problème** : Une petite entreprise de 15 postes veut partager des fichiers, une imprimante et une connexion Internet ADSL.
**Solution** :
- 1 routeur ADSL (modem-routeur) pour la connexion Internet et la fonction NAT.
- 1 switch 24 ports Gigabit pour interconnecter les 15 postes, l'imprimante réseau et le routeur.
- 15 cartes réseau Ethernet (souvent intégrées à la carte mère).
- Câbles RJ45 catégorie 6 (longueur < 100 m).
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## II. Interconnexion des équipements réseaux
### II.1. Les supports de transmission
- **Paire torsadée (câble UTP/STP)** : 8 fils torsadés par paires, connecteurs RJ45. Deux normes de câblage : T568A et T568B. Pour un câble droit (poste vers switch), les deux extrémités utilisent la même norme. Pour un câble croisé (poste à poste, ou poste à routeur ancien), une extrémité en T568A et l'autre en T568B.
- **Fibre optique** : transmission par impulsions lumineuses, grande distance, insensible aux interférences électromagnétiques.
- **Ondes radio (Wi-Fi)** : normes IEEE 802.11 (a/b/g/n/ac/ax), fréquences 2,4 GHz et 5 GHz.
### II.2. Règles d'interconnexion
- Un **poste** se connecte à un **switch** (ou à un routeur) avec un câble droit.
- Un **switch** se connecte à un **routeur** avec un câble droit (port uplink ou port normal).
- Un **poste** se connecte directement à un autre **poste** avec un câble croisé (ou via un switch).
- Un **routeur** se connecte au **modem** (ou directement à la ligne) pour l'accès WAN.
- Un **point d'accès Wi-Fi** se connecte au switch ou au routeur par câble Ethernet.
### II.3. Schéma d'interconnexion type
```onbuch-svg
[Poste 1] --- [Switch] --- [Routeur] --- [Modem] --- Internet
[Poste 2] --- [Switch] |
[Poste 3] --- [Switch] [Point d'accès Wi-Fi] --- (Poste mobile)
[Imprimante] - [Switch]
```
### II.4. Vérification de la connectivité physique
- Vérifier les voyants (LED) sur les cartes réseau et les ports du switch : vert/orange indique la liaison.
- Utiliser la commande `ipconfig` (Windows) ou `ifconfig` (Linux) pour vérifier que la carte possède une adresse IP.
- Tester la liaison avec `ping` vers une adresse connue.
> **À retenir** : L'interconnexion physique doit respecter les types de câbles (droit pour poste-switch, croisé pour poste-poste) et les normes de câblage T568A/T568B. Un câble droit relie des équipements de niveaux différents (poste-switch), un câble croisé relie des équipements de même niveau (poste-poste).
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## III. Simulateur Packet Tracer et émulateur GNS3 pour configurer un serveur DHCP, créer un réseau filaire ou sans fil
### III.1. Présentation de Packet Tracer
**Packet Tracer** est un **simulateur** de réseaux développé par Cisco. Il permet de construire des topologies virtuelles en glissant-déposant des équipements (routeurs, switches, PC, serveurs) et de les configurer via des interfaces graphiques ou en ligne de commande (CLI). Il est idéal pour l'apprentissage et la certification Cisco CCNA.
**Fonctionnalités clés** :
- Simulation de protocoles (DHCP, DNS, HTTP, RIP, OSPF, etc.).
- Mode simulation pour observer le trafic paquet par paquet.
- Équipements variés : routeurs Cisco (ISR 4321, 2911), switches (2960, 3560), PC, serveurs, points d'accès, téléphones IP.
### III.2. Présentation de GNS3
**GNS3** (Graphical Network Simulator 3) est un **émulateur** qui exécute de véritables images de systèmes d'exploitation réseau (IOS Cisco, images Linux, etc.) sur la machine hôte. Il permet de faire tourner de vrais logiciels de routage et de commutation, offrant une fidélité quasi totale avec le matériel réel.
**Fonctionnalités clés** :
- Utilisation d'images réelles (Cisco IOS, appliances, machines virtuelles).
- Intégration avec VirtualBox et VMware pour ajouter des machines virtuelles.
- Capture de trafic avec Wireshark.
- Nécessite plus de ressources matérielles que Packet Tracer.
### III.3. Différence entre simulateur et émulateur
| Critère | Simulateur (Packet Tracer) | Émulateur (GNS3) |
|---------|----------------------------|------------------|
| **Définition** | Reproduit le comportement d'un système de manière simplifiée, sans exécuter le code réel | Exécute le code réel (systèmes d'exploitation, logiciels) dans un environnement virtuel |
| **Fidélité** | Approximative ; certains protocoles sont simplifiés | Très élevée ; comportement identique au matériel réel |
| **Ressources** | Faibles (fonctionne sur un simple PC) | Élevées (nécessite RAM, CPU, parfois plusieurs machines) |
| **Usage** | Pédagogique, certification CCNA, tests de topologies simples | Professionnel, tests de configurations réelles, laboratoires avancés |
| **Exemples** | Packet Tracer, Cisco Modeling Labs | GNS3, QEMU, VirtualBox (pour les OS) |
> **À retenir** : Un **simulateur** imite le comportement d'un système de manière simplifiée (Packet Tracer), tandis qu'un **émulateur** exécute le véritable code du système (GNS3). Le simulateur est plus léger et pédagogique ; l'émulateur est plus fidèle et exigeant en ressources.
### III.4. Configuration d'un serveur DHCP avec Packet Tracer
**Objectif** : Créer un réseau avec un serveur DHCP qui attribue automatiquement des adresses IP aux postes clients.
**Procédure pas-à-pas** :
1. **Créer la topologie** : Placer un serveur (Server0), un switch (Switch0) et deux PC (PC0, PC1). Relier le serveur et les PC au switch avec des câbles droits (cuivre droit).
2. **Configurer le serveur DHCP** :
- Cliquer sur le serveur, onglet **Config** puis **DHCP**.
- Activer le service DHCP (case "On").
- Renseigner :
- **Pool Name** : `Pool1`
- **Default Gateway** : `192.168.1.1`
- **DNS Server** : `192.168.1.1` (ou un DNS public comme 8.8.8.8)
- **Start IP Address** : `192.168.1.10`
- **Subnet Mask** : `255.255.255.0`
- **Maximum Users** : `50`
3. **Configurer les PC en DHCP** :
- Cliquer sur PC0, onglet **Desktop** puis **IP Configuration**.
- Sélectionner **DHCP**.
- Cliquer sur **Fast Forward Time** ou attendre quelques secondes.
- Vérifier que l'adresse IP obtenue est bien dans la plage (ex : 192.168.1.10).
4. **Vérifier** :
- Depuis PC0, ouvrir l'invite de commande et taper `ipconfig` pour voir l'adresse attribuée.
- Taper `ping 192.168.1.11` (adresse de PC1) pour tester la connectivité.
### III.5. Création d'un réseau filaire avec Packet Tracer
1. Placer 3 PC et 1 switch.
2. Relier chaque PC au switch avec un câble **Cuivre droit** (Copper Straight-Through).
3. Attribuer des adresses IP statiques aux PC (voir section V).
4. Tester avec `ping` entre les PC.
### III.6. Création d'un réseau sans fil avec Packet Tracer
1. Placer un **routeur sans fil** (Wireless Router) ou un **point d'accès** (Access Point).
2. Placer un PC portable (Laptop) avec une carte réseau sans fil (WPC300N).
3. Relier le routeur sans fil au switch (ou directement aux PC filaires).
4. Configurer le SSID (nom du réseau) et la clé WPA2 sur le routeur sans fil.
5. Sur le PC portable, onglet **Desktop** > **PC Wireless** : sélectionner le SSID, entrer la clé.
6. Vérifier l'obtention d'une adresse IP (via DHCP du routeur) et tester la connectivité.
> **À retenir** : Packet Tracer permet de simuler un serveur DHCP en quelques clics : il suffit d'activer le service DHCP sur un serveur, de définir la plage d'adresses et la passerelle, puis de configurer les postes en mode DHCP. Le réseau sans fil se configure via le SSID et la clé de sécurité WPA2.
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## IV. Configuration de l'adressage statique dans un réseau
### IV.1. Principe de l'adressage IP statique
L'adressage statique consiste à attribuer manuellement une adresse IP, un masque de sous-réseau, une passerelle par défaut et un serveur DNS à chaque machine. Cette méthode est utilisée pour les serveurs, les imprimantes réseau, les routeurs, ou les postes d'un petit réseau où le nombre de machines est limité.
### IV.2. Paramètres à configurer
- **Adresse IP** : identifiant unique de la machine sur le réseau (ex : 192.168.1.10).
- **Masque de sous-réseau** : détermine la partie réseau et la partie hôte (ex : 255.255.255.0 pour un réseau /24).
- **Passerelle par défaut** : adresse IP du routeur qui permet d'accéder aux autres réseaux (ex : 192.168.1.1).
- **Serveur DNS** : adresse du serveur qui résout les noms de domaine en adresses IP (ex : 8.8.8.8).
### IV.3. Procédure de configuration sous Windows
1. Ouvrir le **Panneau de configuration** > **Centre Réseau et partage** > **Modifier les paramètres de la carte**.
2. Clic droit sur la carte réseau (Ethernet) > **Propriétés**.
3. Sélectionner **Protocole Internet version 4 (TCP/IPv4)** > **Propriétés**.
4. Cochez **Utiliser l'adresse IP suivante** et saisir :
- Adresse IP : `192.168.1.10`
- Masque de sous-réseau : `255.255.255.0`
- Passerelle par défaut : `192.168.1.1`
5. Cochez **Utiliser l'adresse de serveur DNS suivante** :
- Serveur DNS préféré : `8.8.8.8`
- Serveur DNS auxiliaire : `8.8.4.4`
6. Cliquer **OK** pour valider.
### IV.4. Procédure de configuration sous Linux (Ubuntu)
1. Ouvrir le fichier de configuration réseau :
```bash
sudo nano /etc/netplan/01-network-manager-all.yaml
```
2. Saisir la configuration suivante :
```yaml
network:
version: 2
ethernets:
eth0:
dhcp4: no
addresses:
- 192.168.1.10/24
routes:
- to: default
via: 192.168.1.1
nameservers:
addresses:
- 8.8.8.8
- 8.8.4.4
```
3. Appliquer la configuration :
```bash
sudo netplan apply
```
### IV.5. Vérification
- Sous Windows : `ipconfig` pour vérifier les paramètres.
- Sous Linux : `ifconfig` ou `ip addr show`.
- Tester la connectivité : `ping 192.168.1.1` (passerelle), puis `ping 8.8.8.8` (Internet).
> **À retenir** : L'adressage statique est configuré manuellement sur chaque machine. Il faut renseigner l'adresse IP, le masque, la passerelle et le DNS. Il est adapté aux petits réseaux et aux équipements serveurs. Une erreur de saisie (doublon d'adresse IP) provoque un conflit d'adressage.
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## V. Identification d'une carte réseau active
### V.1. Sous Windows
La commande `ipconfig` affiche toutes les cartes réseau de la machine. Une carte **active** possède une adresse IP valide et un état "Média connecté".
```cmd
C:\> ipconfig
Configuration IP de Windows
Carte Ethernet Ethernet :
Suffixe DNS propre à la connexion. . . :
Adresse IPv6. . . . . . . . . . . . . : fe80::...
Adresse IPv4. . . . . . . . . . . . . : 192.168.1.10
Masque de sous-réseau. . . . . . . . . : 255.255.255.0
Passerelle par défaut. . . . . . . . . : 192.168.1.1
```
Pour plus de détails : `ipconfig /all` affiche l'adresse MAC (adresse physique), le DHCP activé ou non, etc.
### V.2. Sous Linux
La commande `ifconfig` (ou `ip addr show`) affiche les interfaces réseau. Une interface active possède une adresse IP et l'état `UP`.
```bash
$ ifconfig
eth0: flags=4163<UP,BROADCAST,RUNNING,MULTICAST> mtu 1500
inet 192.168.1.10 netmask 255.255.255.0 broadcast 192.168.1.255
ether 00:1a:2b:3c:4d:5e txqueuelen 1000
RX packets 1234 bytes 123456 (123.4 KB)
TX packets 567 bytes 56789 (56.7 KB)
```
### V.3. Identification de la carte active
- **Windows** : `ipconfig` — la carte avec une adresse IPv4 et une passerelle est active. Si l'adresse commence par `169.254.x.x`, c'est une adresse APIPA (aucun serveur DHCP joignable).
- **Linux** : `ifconfig` — l'interface avec `UP` et `RUNNING` est active. `lo` est l'interface de bouclage (loopback), toujours active.
> **À retenir** : Une carte réseau active est une interface qui possède une adresse IP valide et qui est connectée physiquement au réseau (état UP/RUNNING). La commande `ipconfig` (Windows) ou `ifconfig` (Linux) permet de l'identifier.
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## VI. Commandes réseau PING, TRACERT/TRACEROUTE, Netview, IPconfig/Ifconfig
### VI.1. PING
**Rôle** : Tester la connectivité entre deux machines en envoyant des paquets ICMP Echo Request et en attendant des réponses Echo Reply.
**Syntaxe** :
```cmd
ping [adresse IP ou nom de domaine]
```
**Exemple** :
```cmd
C:\> ping 192.168.1.1
Envoi d'une requête 'Ping' 192.168.1.1 avec 32 octets de données :
Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=1 ms TTL=64
Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=1 ms TTL=64
Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=1 ms TTL=64
Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=1 ms TTL=64
Statistiques Ping pour 192.168.1.1:
Paquets : envoyés = 4, reçus = 4, perdus = 0 (perte 0%),
```
**Interprétation** :
- Réponse reçue : la machine est joignable.
- "Délai d'attente de la demande dépassé" : la machine ne répond pas (pare-feu, hors ligne, mauvaise adresse).
- "Destination inaccessible" : le réseau ou la machine n'existe pas.
### VI.2. TRACERT / TRACEROUTE
**Rôle** : Afficher le chemin (liste des routeurs) emprunté par les paquets pour atteindre une destination. Utile pour diagnostiquer un problème de routage.
**Syntaxe Windows** :
```cmd
tracert [adresse IP ou nom de domaine]
```
**Syntaxe Linux** :
```bash
traceroute [adresse IP ou nom de domaine]
```
**Exemple** :
```cmd
C:\> tracert 8.8.8.8
Détermination de l'itinéraire vers 8.8.8.8 sur un maximum de 30 sauts.
1 1 ms 1 ms 1 ms 192.168.1.1
2 10 ms 11 ms 10 ms 41.202.219.1
3 20 ms 21 ms 20 ms 41.202.216.1
4 30 ms 30 ms 30 ms 8.8.8.8
Itinéraire déterminé.
```
Chaque ligne correspond à un routeur (saut). Les temps indiquent la latence aller-retour.
### VI.3. NETVIEW
**Rôle** : Afficher la liste des partages réseau (dossiers et imprimantes partagés) sur une machine distante.
**Syntaxe** :
```cmd
net view \\nom_machine
net view /all
```
**Exemple** :
```cmd
C:\> net view \\SERVEUR01
Partages de ressources sur \\SERVEUR01
Nom de partage Type Utilisé comme Commentaire
-------------------------------------------------------------------------------
Documents Disk
ImprimanteHP Print
```
### VI.4. IPCONFIG / IFCONFIG
**Rôle** : Afficher la configuration IP de la machine (adresse IP, masque, passerelle, DNS, adresse MAC).
**Windows** :
```cmd
ipconfig # version courte
ipconfig /all # version détaillée
ipconfig /release # libère l'adresse IP (DHCP)
ipconfig /renew # renouvelle l'adresse IP (DHCP)
```
**Linux** :
```bash
ifconfig # version courte
ifconfig -a # toutes les interfaces
ip addr show # alternative moderne
```
> **À retenir** : `ping` teste la connectivité de base, `tracert`/`traceroute` trace le chemin des paquets, `net view` liste les partages réseau, `ipconfig`/`ifconfig` affiche la configuration IP. Ces commandes sont les outils de diagnostic essentiels d'un administrateur réseau.
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## VII. Partage d'un dossier et d'une imprimante dans un réseau
### VII.1. Partage d'un dossier sous Windows
**Objectif** : Rendre un dossier accessible aux autres machines du réseau.
**Procédure** :
1. Cliquer droit sur le dossier à partager > **Propriétés** > onglet **Partage**.
2. Cliquer sur **Partage avancé**.
3. Cochez **Partager ce dossier**.
4. Donner un **Nom de partage** (ex : `Documents`).
5. Cliquer sur **Autorisations** pour définir les droits (Lecture, Modification, Contrôle total).
6. Cliquer **OK** pour valider.
**Accès depuis une autre machine** :
- Ouvrir l'Explorateur de fichiers.
- Dans la barre d'adresse, taper `\\nom_du_serveur\nom_du_partage` (ex : `\\SERVEUR01\Documents`).
- Ou utiliser la commande `net view \\SERVEUR01` pour lister les partages.
### VII.2. Partage d'une imprimante sous Windows
**Procédure** :
1. Ouvrir **Paramètres** > **Périphériques** > **Imprimantes et scanners**.
2. Sélectionner l'imprimante à partager > **Gérer** > **Propriétés de l'imprimante**.
3. Onglet **Partage** : cocher **Partager cette imprimante**.
4. Donner un **Nom de partage** (ex : `ImprimanteHP`).
5. Cliquer **OK**.
**Installation sur un poste client** :
1. Ouvrir **Paramètres** > **Périphériques** > **Imprimantes et scanners**.
2. Cliquer sur **Ajouter une imprimante**.
3. Sélectionner **Ajouter une imprimante réseau, sans fil ou Bluetooth**.
4. Choisir l'imprimante partagée dans la liste.
5. Suivre les instructions pour installer le pilote.
### VII.3. Partage sous Linux (Samba)
Samba est le logiciel qui permet le partage de fichiers et d'imprimantes avec des machines Windows.
**Configuration d'un partage Samba** :
1. Installer Samba : `sudo apt install samba`.
2. Éditer le fichier `/etc/samba/smb.conf` :
```ini
[Documents]
path = /home/utilisateur/Documents
browseable = yes
read only = no
guest ok = yes
```
3. Redémarrer le service : `sudo systemctl restart smbd`.
**Accès depuis Windows** : `\\adresse_ip_linux\Documents`.
> **À retenir** : Le partage de ressources (dossiers, imprimantes) se configure via les propriétés de l'élément (onglet Partage sous Windows) ou via Samba sous Linux. L'accès se fait par le chemin UNC `\\nom_machine\nom_partage`. Les autorisations (lecture/écriture) doivent être définies avec précaution pour la sécurité.
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## VIII. Virtualisation : avantages et inconvénients
### VIII.1. Définition
La **virtualisation** consiste à faire fonctionner plusieurs systèmes d'exploitation (invités) sur une seule machine physique (hôte) à l'aide d'un logiciel appelé **hyperviseur**. Chaque système invité s'exécute dans une **machine virtuelle** (VM) isolée des autres.
### VIII.2. Types de virtualisation
- **Virtualisation matérielle (full virtualization)** : l'hyperviseur simule du matériel complet pour chaque VM (VirtualBox, VMware, Hyper-V).
- **Paravirtualisation** : l'OS invité est modifié pour coopérer avec l'hyperviseur (Xen).
- **Virtualisation de conteneurs** : le noyau de l'hôte est partagé entre les conteneurs (Docker, LXC) — plus léger mais moins isolé.
### VIII.3. Avantages de la virtualisation
| Avantage | Explication |
|----------|-------------|
| **Économie de matériel** | Une seule machine physique remplace plusieurs serveurs |
| **Isolation** | Chaque VM est indépendante ; une panne dans une VM n'affecte pas les autres |
| **Flexibilité** | Création, copie, sauvegarde et migration de VM en quelques clics |
| **Tests et développement** | Tester des configurations sans risque sur le système principal |
| **Consolidation de serveurs** | Optimisation de l'utilisation des ressources (CPU, RAM) |
| **Reprise après sinistre** | Les VM peuvent être sauvegardées et restaurées facilement |
### VIII.4. Inconvénients de la virtualisation
| Inconvénient | Explication |
|--------------|-------------|
| **Performance** | Légère dégradation des performances par rapport à une installation native |
| **Complexité** | Nécessite des compétences en administration système et réseau |
| **Coût des licences** | Certains hyperviseurs (VMware vSphere) sont payants |
| **Risque de surconsommation** | Trop de VM sur un hôte peut saturer les ressources |
| **Point de défaillance unique** | Si l'hôte tombe en panne, toutes les VM sont indisponibles |
| **Sécurité** | Une faille dans l'hyperviseur peut compromettre toutes les VM |
> **À retenir** : La virtualisation permet d'exécuter plusieurs systèmes d'exploitation sur une seule machine physique. Ses avantages sont l'économie de matériel, l'isolation, la flexibilité et la consolidation. Ses inconvénients sont la dégradation des performances, la complexité et le risque de point de défaillance unique.
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## IX. Déploiement d'un logiciel de virtualisation (VirtualBox, VMware Workstation) et mise en réseau de deux postes virtuels
### IX.1. Installation de VirtualBox
**Prérequis** : Processeur avec virtualisation activée (Intel VT-x ou AMD-V), au moins 4 Go de RAM, 20 Go d'espace disque.
**Procédure d'installation** :
1. Télécharger VirtualBox depuis le site officiel (https://www.virtualbox.org).
2. Lancer l'installateur et suivre les instructions (suivant, suivant, installer).
3. Accepter l'installation des pilotes réseau virtuels.
4. Terminer l'installation.
### IX.2. Création d'une machine virtuelle
1. Ouvrir VirtualBox.
2. Cliquer sur **Nouvelle**.
3. Nommer la VM (ex : `Ubuntu_Client1`), choisir le type (Linux) et la version (Ubuntu 64-bit).
4. Allouer la mémoire RAM (ex : 2048 Mo).
5. Créer un disque virtuel : choisir **Créer un disque dur virtuel maintenant**.
6. Type de fichier : **VDI (VirtualBox Disk Image)**.
7. Stockage : **Dynamiquement alloué** (ou taille fixe).
8. Taille du disque : 20 Go.
9. Cliquer **Créer**.
### IX.3. Configuration réseau de deux postes virtuels
**Objectif** : Mettre en réseau deux VM (Ubuntu_Client1 et Ubuntu_Client2) pour qu'elles puissent communiquer entre elles.
**Étape 1 : Configurer le mode réseau en "Réseau interne"**
1. Sélectionner la VM `Ubuntu_Client1` > **Paramètres** > **Réseau**.
2. Dans **Mode d'accès réseau**, choisir **Réseau interne**.
3. Nommer le réseau interne : `intnet1`.
4. Cliquer **OK**.
5. Répéter l'opération pour `Ubuntu_Client2` avec le même nom de réseau interne (`intnet1`).
**Étape 2 : Installer les systèmes d'exploitation**
1. Démarrer la VM `Ubuntu_Client1`.
2. Monter l'image ISO d'Ubuntu (Périphériques > Lecteur optique > Choisir un fichier disque).
3. Suivre l'installation d'Ubuntu.
4. Répéter pour `Ubuntu_Client2`.
**Étape 3 : Configurer les adresses IP statiques**
Sur `Ubuntu_Client1` :
```bash
sudo nano /etc/netplan/01-network-manager-all.yaml
```
```yaml
network:
version: 2
ethernets:
enp0s3:
dhcp4: no
addresses:
- 192.168.100.10/24
```
```bash
sudo netplan apply
```
Sur `Ubuntu_Client2` :
```bash
sudo nano /etc/netplan/01-network-manager-all.yaml
```
```yaml
network:
version: 2
ethernets:
enp0s3:
dhcp4: no
addresses:
- 192.168.100.11/24
```
```bash
sudo netplan apply
```
**Étape 4 : Tester la connectivité**
Depuis `Ubuntu_Client1` :
```bash
ping 192.168.100.11
```
Si les réponses arrivent, les deux VM communiquent correctement.
### IX.4. Autres modes réseau dans VirtualBox
| Mode | Description | Usage |
|------|-------------|-------|
| **NAT** | La VM accède à Internet via l'hôte ; les VM ne sont pas visibles entre elles | Accès Internet simple |
| **NAT Network** | Les VM partagent un réseau NAT et peuvent communiquer entre elles | Réseau de VM avec accès Internet |
| **Réseau interne** | Les VM communiquent entre elles uniquement, pas d'accès Internet | Laboratoire isolé |
| **Pont (Bridged)** | La VM est sur le même réseau que l'hôte, avec sa propre adresse IP | VM accessible depuis le réseau local |
| **Accès par pont** | Similaire au pont mais avec des fonctionnalités avancées | Cas particuliers |
> **À retenir** : Pour mettre en réseau deux machines virtuelles, on utilise le mode **Réseau interne** (communication entre VM uniquement) ou **NAT Network** (communication entre VM + accès Internet). Il faut ensuite configurer des adresses IP statiques dans le même sous-réseau sur chaque VM et tester avec `ping`.
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## Conclusion
La configuration et la virtualisation des réseaux constituent des compétences fondamentales pour tout technicien en informatique. Ce chapitre a permis de couvrir l'ensemble du processus : la sélection raisonnée des équipements (switch, routeur, point d'accès) en fonction du problème posé, leur interconnexion physique selon les normes de câblage, puis leur configuration logicielle via l'adressage statique ou dynamique (DHCP). Les outils de simulation (Packet Tracer) et d'émulation (GNS3) offrent un environnement d'apprentissage sans risque, permettant de reproduire des infrastructures complexes. Les commandes de diagnostic (ping, tracert, net view, ipconfig) sont les outils quotidiens de l'administrateur pour vérifier et dépanner le réseau. Enfin, la virtualisation avec VirtualBox ou VMware permet de consolider les serveurs, de tester des configurations variées et de créer des laboratoires de test complets. La maîtrise de ces techniques ouvre la voie à l'administration de réseaux d'entreprise et à l'ingénierie des infrastructures cloud.
Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.