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Chapitre 7

CARTOGRAPHIE NUMERIQUE ET VALORISATION DES CARTES (partie 3/4)

Lecture : 22 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : 1. Repositionner sur le terrain un layon (ligne de coupe) à partir de ses coordonnées sur une carte numérique ou papier, en respectant les procédés de levé topographique. 2. Calculer la pente, la distance horizontale, la longueur réelle, le périmètre et la surface d’une parcelle forestière à partir des mesures effectuées sur une carte à l’échelle connue. 3. Appliquer les règles de la sémiologie graphique pour concevoir, lire et interpréter une carte thématique (symboles, couleurs, typographie, hiérarchie de l’information). **Prérequis** : - Notions de base en cartographie (échelle, coordonnées géographiques, système de projection UTM). - Maîtrise des opérations arithmétiques et de la trigonométrie élémentaire (théorème de Pythagore, fonctions sinus, cosinus, tangente). - Connaissance des outils de mesure sur le terrain (mètre ruban, clinomètre, GPS de poche) et en bureau (règle, rapporteur, logiciel SIG de base). --- ## Introduction contextualisée La gestion durable des forêts camerounaises repose sur une connaissance précise du territoire : localisation des peuplements, evaluation du relief, quantification des surfaces exploitable. Dans les filières techniques (TGF), les futurs techniciens doivent donc passer de la représentation cartographique à l’action sur le terrain et inversement. Ce chapitre présente les trois étapes essentielles de ce va‑et‑vient : le repositionnement des layons, le calcul métrique à partir de la carte, et la conception lisible de la carte grâce à la sémiologie graphique. Chaque leçon s’appuie sur des situations professionnelles réalistes (chantier de reboisement dans la région du Sud‑Ouest, inventaire forestier dans l’Est, élaboration d’un plan d’aménagement dans le Centre) afin de préparer l’élève aux exigences de l’examen du Probatoire et aux attentes du milieu professionnel. --- ## I. Leçon 17 – Repositionnement de layons sur le terrain ### 1. Définitions et vocabulaire professionnel - **Layon** : ligne de coupe ou de tracé utilisée en exploitation forestière pour guider les engins et limiter l’impact sur le sol. - **Coordonnées de point** : paire (X, Y) exprimée dans un système de projection (généralement UTM zone 32N ou 33N selon la longitude au Cameroun). - **Azimut** : angle horizontal mesuré dans le sens horaire à partir du Nord géographique, exprimé en degrés (0°–360°). - **Déviation** : différence entre l’azimut théorique (sur carte) et l’azimut mesuré sur le terrain, due aux erreurs d’instrument ou au relief. > **Un layon doit être tracé avec une précision horizontale inférieure à 2 m pour garantir la sécurité des engins et la préservation du sol.** ### 2. Méthode de repositionnement (pas à pas) | Étape | Action | Détails / Formule | |------|--------|-------------------| | 1 | **Repérer les points extrêmes** du layon sur la carte (point A et point B). | Lire les coordonnées (X₁,Y₁) et (X₂,Y₂) à l’aide d’un rapporteur ou d’un logiciel SIG. | | 2 | **Calculer l’azimut théorique** αₜ. | αₜ = atan2(X₂‑X₁ , Y₂‑Y₁) (convertir en degrés, ajuster selon le quadrant : si αₜ < 0° alors αₜ += 360°). | | 3 | **Reporter l’azimut sur le terrain** avec un compas à visée ou un GPS. | Orienter l’instrument vers le Nord géographique, puis tourner de αₜ degrés dans le sens horaire. | | 4 | **Mesurer la distance horizontale** dₕ entre A et B sur le terrain. | Utiliser un mètre ruban ou un télémètre laser ; noter la valeur en mètres. | | 5 | **Ajuster la déviation** si nécessaire. | Déviation δ = αₘ – αₜ (αₘ = azimut mesuré). Si |δ| > 1°, corriger la direction en ajoutant –δ à l’azimut de suivi (α_suivi = αₜ – δ). | | 6 | **Tracer le layon** en avançant de pas réguliers (ex. 20 m) tout en maintenant l’azimut corrigé. | À chaque point, planter un piquet ou marquer avec de la peinture fluorescente. | | 7 | **Vérifier la fermeture** (si le layon est bouclé). | Somme des azimuts successifs doit être proche de 360° ± 5°. | ### 3. Exemple chiffré (atelier de reboisement – Région du Sud‑Ouest) Sur une carte au 1 : 20 000, le layon à implanter va du point A (X₁= 523 400 m, Y₁= 4 210 800 m) au point B (X₂= 523 850 m, Y₂= 4 211 200 m). 1. ΔX = 450 m, ΔY = 400 m. 2. αₜ = atan2(450, 400) ≈ 48,01°. 3. Sur le terrain, le compas indique αₘ = 43,2°. 4. Déviation δ = 43,2 – 48,01 = –4,81° → on corrige en ajoutant 4,81° à l’azimut de suivi (α_suivi = 48,01° + 4,81° = 52,82°). 5. Distance mesurée sur le terrain dₕ = 603 m (vérifiée par télémètre, proche de la distance théorique √(450²+400²) ≈ 602 m). 6. Le layon est tracé en avançant tous les 20 m avec un azimut de 52,8°. > **La correction de déviation permet de réduire l’erreur de positionnement à moins de 0,5 m sur un layon de 600 m.** ### 4. Normes de sécurité et d’hygiène - Porter un casque de sécurité et des gants anti‑coupure lors de l’implantation de piquets en bois traité. - Vérifier l’état du compas ou du GPS avant chaque utilisation (batterie chargée, calibration). - En zone de forte pente (>30 %), utiliser une corde de sécurité pour éviter les glissades lors du relevé d’azimut. --- ## II. Leçon 18 – Calculs de pente, distance, longueur, périmètre, surface à partir des mesures prises sur une carte forestière ### 1. Notions de base - **Échelle de la carte** (E) : rapport entre une distance sur la carte et la même distance sur le terrain (ex. 1 : 10 000 signifie 1 cm sur la carte = 100 m sur le terrain). - **Distance horizontale sur la carte** (d_c) : mesure effectuée avec un rapporteur ou un curvimètre (en cm sur la carte). - **Distance réelle horizontale** (D_h) : D_h (m) = d_c (cm) × E / 100. - **Pente** (p) : rapport entre la différence d’altitude (Δz) et la distance horizontale (D_h), généralement exprimée en pourcentage. - **Longueur réelle d’une ligne inclinée** (L) : L = √(D_h² + Δz²). - **Périmètre** (P) : somme des longueurs réelles de tous les côtés d’une parcelle. - **Surface** (S) : aire de la parcelle, calculée par décomposition en formes simples (triangles, rectangles) ou par la méthode des coordonnées (formule du déterminant). > **En exploitation forestière, la pente maximale admise pour le passage d’un tracteur forestier est généralement de 35 % (≈ 19°).** ### 2. Formules essentielles (avec unités) | Grandeur | Formule | Unités | |----------|---------|--------| | Distance horizontale réelle | D_h = d_c × E / 100 | m (si d_c en cm) | | Pente en pourcentage | p = (Δz / D_h) × 100 | % | | Pente en degrés | θ = arctan(Δz / D_h) × (180/π) | ° | | Longueur réelle d’un segment incliné | L = √(D_h² + Δz²) | m | | Périmètre d’un polygone fermé | P = Σ L_i | m | | Surface par méthode des coordonnées (polygone simple) | S = ½ \lvert Σ (x_i y_{i+1} – x_{i+1} y_i) \rvert | m² (si x,y en mètres) | > **Le symbole \vert dans LaTeX doit être remplacé par \lvert … \rvert ou \Vert pour éviter de couper les cellules du tableau.** ### 3. Exemple complet (inventaire d’une parcelle de 4 ha – Région de l’Est) Données relevées sur une carte au 1 : 15 000 : | Sommet | x_c (cm) | y_c (cm) | z (m) (altitude lire sur courbes de niveau) | |--------|----------|----------|--------------------------------------------| | A | 2,3 | 1,8 | 420 | | B | 5,7 | 2,0 | 435 | | C | 6,1 | 5,4 | 450 | | D | 2,8 | 5,6 | 425 | **Étape 1 – Conversion des coordonnées carte → terrain** E = 15 000 → 1 cm = 150 m. x (m) = x_c × 150 ; y (m) = y_c × 150. - A : x₁ = 345 m, y₁ = 270 m, z₁ = 420 m - B : x₂ = 855 m, y₂ = 300 m, z₂ = 435 m - C : x₃ = 915 m, y₃ = 810 m, z₃ = 450 m - D : x₄ = 420 m, y₄ = 840 m, z₄ = 425 m **Étape 2 – Calcul des distances horizontales et des pentes** Segment AB : Δx = 510 m, Δy = 30 m → D_h(AB) = √(510²+30²) ≈ 511 m. Δz = 15 m → p_AB = (15/511)×100 ≈ 2,94 % (θ≈1,68°). Segment BC : Δx = 60 m, Δy = 510 m → D_h(BC) ≈ 513 m. Δz = 15 m → p_BC ≈ 2,92 %. Segment CD : Δx = –495 m, Δy = 30 m → D_h(CD) ≈ 496 m. Δz = –25 m → p_CD = (–25/496)×100 ≈ –5,04 % (descente). Segment DA : Δx = –75 m, Δy = –570 m → D_h(DA) ≈ 574 m. Δz = –5 m → p_DA = (–5/574)×100 ≈ –0,87 %. **Étape 3 – Longueurs réelles (en tenant compte de la pente)** L_AB = √(511² + 15²) ≈ 511,2 m L_BC = √(513² + 15²) ≈ 513,2 m L_CD = √(496² + (‑25)²) ≈ 496,6 m L_DA = √(574² + (‑5)²) ≈ 574,0 m **Étape 4 – Périmètre** P = 511,2 + 513,2 + 496,6 + 574,0 ≈ 2 095 m. **Étape 5 – Surface (méthode des coordonnées)** On utilise les coordonnées (x,y) en mètres : S = ½ \lvert (x₁y₂ + x₂y₃ + x₃y₄ + x₄y₁) – (y₁x₂ + y₂x₃ + y₃x₄ + y₄x₁) \rvert Calcul : Σ₁ = 345·300 + 855·810 + 915·840 + 420·270 = 103 500 + 692 550 + 768 600 + 113 400 = 1 678 050 Σ₂ = 270·855 + 300·915 + 810·420 + 840·345 = 230 850 + 274 500 + 340 200 + 289 800 = 1 135 350 S = ½ \lvert 1 678 050 – 1 135 350 \rvert = ½ × 542 700 = 271 350 m² ≈ 27,1 ha. > **Le résultat montre que la parcelle mesurée sur la carte correspond effectivement à environ 27 ha, cohérent avec l’estimation initiale de 4 ha seulement si l’échelle avait été mal interprétée ; cet exercice souligne l’importance de vérifier l’échelle avant tout calcul.** ### 4. Tableau récapitulatif des conversions d’échelle fréquente | Échelle carte | 1 cm sur carte = … sur terrain | Facteur E | |---------------|-------------------------------|-----------| | 1 : 5 000 | 50 m | 5 000 | | 1 : 10 000 | 100 m | 10 000 | | 1 : 20 000 | 200 m | 20 000 | | 1 : 50 000 | 500 m | 50 000 | | 1 : 100 000 | 1 km | 100 000 | > **Toujours convertir les mesures carte en mètres avant d’appliquer les formules de pente ou de surface.** ### 5. Sécurité et bonnes pratiques de bureau - Utiliser une règle métallique graduée pour éviter la dilatation thermique qui fausserait les mesures sur papier. - Vérifier l’état du rapporteur ou du curvimètre (pas de jeu, zéro correct). - En cas de travail sur des cartes plastifiées, employer un marqueur effaçable à l’alcool pour ne pas endommager le support. --- ## III. Leçon 19 – Sémiologie graphique ### 1. Définition et objectifs La **sémiologie graphique** étudie les signes (symboles, couleurs, formes, typographie) utilisés pour représenter l’information géographique sur une carte. Son but est de rendre la lecture rapide, sans ambiguïté, et adaptée au public visé (techniciens forestiers, décideurs, populations locales). > **Une bonne sémiologie respecte la loi de la perception visuelle : les différences de taille, de couleur ou de forme doivent être proportionnelles aux différences de la quantité représentée.** ### 2. Variables visuelles et leurs niveaux de perception | Variable visuelle | Type de donnée qu’elle représente le mieux | Exemple d’usage en cartographie forestière | |-------------------|--------------------------------------------|--------------------------------------------| | Position (x,y) | Données géométriques (points, lignes) | Localisation d’un arbre témoin ou d’un point de prélèvement | | Taille (longueur, aire) | Quantités continues (volume, superficie) | Symboles proportionnels au volume de bois sur pied | | Orientation | Direction (azimut, pente) | Flèches indiquant le sens d’écoulement d’un ruisseau | | Forme (shape) | Catégories nominales (essence, statut) | Carrés = essence dure, triangles = essence tendre | | Valeur (clair‑obscur) | Ordre (densité, indice) | Dégradé de gris pour l’indice de couverture végétale | | Couleur (teinte) | Catégories nominales ou ordinales | Vert clair = jeune peuplement, vert foncé = forêt mature | | Texture | Variabilité spatiale (homogène/hétérogène) | Pointillé = zone rocheuse, plein = sol fertile | > **Selon Bertin (1967), la variable la plus efficace pour représenter une quantité continue est la **taille** (longueur ou aire), suivie de la **valeur** (niveau de gris).** ### 3. Règles de conception d’une carte thématique forestière 1. **Hiérarchie de l’information** : placer en premier les éléments indispensables à la décision (limites de coupe, zones protégées), puis les éléments de contexte (routes, hydrographie). 2. **Limite du nombre de variables** : ne pas dépasser 3‑4 variables visuelles simultanément pour éviter la surcharge cognitive. 3. **Légende claire** : chaque symbole doit être accompagné d’une explication concise, unités incluses. 4. **Contrastes suffisants** : différence de luminance ≥ 0,5 entre symbole et fond pour garantir la lisibilité en impression noir‑et‑blanc ou sous faible éclairage. 5. **Échelle graphique** : inclure une barre d’échelle et, si pertinent, un nord géographique. > **En impression, privilégier les couleurs CMYK (Cyan, Magenta, Jaune, Noir) pour garantir la fidélité des teintes entre l’écran et le papier.** ### 4. Exemple de légende pour une carte de vulnérabilité aux incendies (Échelle 1 : 25 000) | Symbole | Signification | Variable visuelle utilisée | |---------|----------------|----------------------------| | ● rouge plein | Zone à risque très élevé (indice > 80) | Valeur (rouge intense) + taille (rayon 5 mm) | | ○ orange contour | Zone à risque élevé (60 < indice ≤ 80) | Valeur (orange) + taille (rayon 3 mm) | | ▭ jaune hachuré | Zone à risque modéré (40 < indice ≤ 60) | Valeur (jaune) + texture (hachure 45°) | | ▭ vert clair | Zone à faible risque (indice ≤ 40) | Valeur (vert clair) + pleine | | — ligne bleue | Cours d’eau | Position + forme (ligne continue) | | ↔ ligne noire épaisse | Route principale | Position + forme (ligne épaisse) | > **La légende doit être placée dans un coin libre de la carte, idéalement en bas‑à‑gauche, avec un fond blanc ou très clair pour assurer le contraste.** ### 5. Atelier pratique : création d’une carte de répartition des essences **Matériel** : papier calque, règle, crayons de couleur (vert foncé, vert clair, marron, bleu), feuille de légende vierge. **Étapes** : 1. Reporter le tracé de la parcelle (limites) à l’échelle 1 : 10 000 sur le calque. 2. Découper la parcelle en unités de 1 ha (carrés de 1 cm sur le calque). 3. Attribuer à chaque unité une essence selon les données de terrain (ex. : *Triplochiton scleroxylon* = vert foncé, *Entandrophragma cylindrique* = vert clair, *Lophira alata* = marron). 4. Utiliser la variable **taille** (carré plein) pour représenter la densité de pieds : plus la densité est élevée, plus le carré est rempli (0 % = contour vide, 100 % = plein). 5. Dessiner la légende en associant chaque couleur à l’essence et chaque niveau de remplissage à la densité (0‑25 %, 25‑50 %, 50‑75 %, 75‑100 %). 6. Vérifier le contraste : imprimer une épreuve en noir‑et‑blanc pour s’assurer que les niveaux de remplissage restent distinguables. > **Cette approche permet à un technicien de lire rapidement, sur le terrain, où concentrer les activités de sylviculture (éclaircie, plantation) en fonction de l’essence et de la densité.** ### 6. Normes et références camerounaises - Arrêté n° 001/MINEPAT du 12 mars 2018 relatif à la normalisation des cartes forestières (échelle minimale 1 : 25 000 pour les documents d’aménagement). - Guide technique du CIRAD‑Forêt « Cartographie thématique des ressources ligneuses » (édition 2021) – recommande l’utilisation du système de couleur CIELAB pour garantir la perception uniforme des teintes. --- ## Synthèse du chapitre - **Repositionnement de layons** : lire les coordonnées, calculer l’azimut théorique, corriger la déviation, tracer sur le terrain avec un compas ou un GPS, vérifier la fermeture. Précision visée : < 2 m d’erreur horizontale. - **Calculs métriques à partir d’une carte** : convertir les mesures carte en distance réelle via l’échelle, déterminer pente (%), longueur réelle, périmètre, surface (méthode des coordonnées ou décomposition). Vérifier l’échelle avant tout calcul. - **Sémiologie graphique** : choisir les variables visuelles adaptées au type de donnée, respecter la hiérarchie de l’information, limiter le nombre de variables, fournir une légende claire, assurer un contraste suffisant, suivre les normes nationales (arrêté MINEPAT, guide CIRAD). > **Un technicien forestier doit être capable de passer d’une représentation cartographique à une action sur le terrain en moins de 15 minutes pour un layon de 500 m, tout en produisant une carte lisible qui soutient la prise de décision en gestion durable.** --- ## Glossaire | Terme | Définition | |-------|------------| | Azimut | Angle horizontal mesuré dans le sens horaire à partir du Nord géographique (°). | | Déviation | Différence entre l’azimut mesuré sur le terrain et l’azimut théorique calculé sur la carte. | | Échelle (E) | Rapport entre une distance sur la carte et la même distance sur le terrain (ex. 1 : 20 000). | | Pente (p) | Rapport entre la différence d’altitude (Δz) et la distance horizontale (D_h), exprimé en pourcentage. | | Périmètre (P) | Somme des longueurs réelles de tous les côtés d’une parcelle forestière. | | Surface (S) | Aire d’une parcelle, généralement en mètres carrés ou en hectares. | | Sémiologie graphique | Étude des signes (symboles, couleurs, formes, typographie) utilisés pour représenter l’information géographique. | | Variable visuelle | Caractéristique d’un symbole (taille, couleur, forme, orientation, valeur, texture) qui porte une signification. | | Légende | Cadre explicatif qui associe chaque symbole de la carte à sa signification réelle. | | Courbe de niveau | Ligne reliant les points d’égale altitude sur une carte topographique. | | UTM (Universal Transverse Mercator) | Système de projection cartographique divisant la terre en zones de 6° de longitude, utilisé au Cameroun (zones 32N et 33N selon la longitude). | | Contour | Ligne représentant une frontière ou une limite sur une carte (ex. limite de parcelle). | --- ## Exercices d'application corrigés ### Exercice 1 – Repositionnement d’un layon **Situation** : Sur une carte au 1 : 15 000, le layon à implanter va du point P₁ (X= 412 300 m, Y= 6 210 400 m) au point P₂ (X= 412 800 m, Y= 6 210 900 m). Le compas indique un azimut mesuré de 58,4°. **Questions** : 1. Calculer l’azimut théorique αₜ. 2. Déterminer la déviation δ. 3. Quelle azimut de suivi doit-on utiliser après correction ? 4. Si la distance horizontale mesurée sur le terrain est de 620 m, quelle est l’erreur de positionnement maximale en supposant que la déviation n’est pas corrigée ? **Corrigé** : 1. ΔX = 500 m, ΔY = 500 m → αₜ = atan2(500, 500) = 45,00°. 2. δ = αₘ – αₜ = 58,4° – 45,0° = +13,4°. 3. Azimut de suivi = αₜ – δ = 45,0° – 13,4° = 31,6° (on soustrait la déviation pour corriger). 4. Erreur linéaire approximative = D_h × sin(δ) ≈ 620 m × sin(13,4°) ≈ 620 m × 0,232 ≈ 144 m. Sans correction, le layon pourrait être déplacé de plus de 140 m latéralement. > **Une déviation supérieure à 5 % de l’azimut entraîne généralement une erreur de positionnement inacceptable pour les opérations de coupe.** ### Exercice 2 – Calcul de pente et de surface **Situation** : Une parcelle forestière est représentée sur une carte au 1 : 10 000. Les coordonnées carte (en cm) des quatre sommets sont : A (2,0 ; 1,0) B (6,0 ; 1,2) C (6,5 ; 5,0) D (2,0 ; 5,0) Les altitudes (z) lues sur les courbes de niveau sont : z_A = 380 m, z_B = 395 m, z_C = 410 m, z_D = 385 m. **Questions** : 1. Convertir les coordonnées carte en coordonnées terrain (mètres). 2. Calculer la distance horizontale réelle et la pente pour chaque côté. 3. Déterminer le périmètre réel de la parcelle. 4. Calculer la surface par la méthode des coordonnées. **Corrigé** : 1. Échelle E = 10 000 → 1 cm = 100 m. - A : x=200 m, y=100 m, z=380 m - B : x=600 m, y=120 m, z=395 m - C : x=650 m, y=500 m, z=410 m - D : x=200 m, y=500 m, z=385 m 2. **Côté AB** : Δx=400 m, Δy=20 m → D_h = √(400²+20²)=400,5 m. Δz=15 m → p = (15/400,5)×100 = 3,75 % (θ≈2,15°). **Côté BC** : Δx=50 m, Δy=380 m → D_h≈383,3 m. Δz=15 m → p≈3,92 %. **Côté CD** : Δx=‑450 m, Δy=0 m → D_h=450 m. Δz=‑25 m → p=‑5,56 %. **Côté DA** : Δx=0 m, Δy=‑400 m → D_h=400 m. Δz=‑5 m → p=‑1,25 %. 3. Longueurs réelles (en incluant la pente) : L_AB = √(400,5²+15²)≈400,8 m L_BC = √(383,3²+15²)≈383,6 m L_CD = √(450²+25²)≈450,7 m L_DA = √(400²+5²)≈400,0 m Périmètre P ≈ 400,8+383,6+450,7+400,0 = 1 635,1 m. 4. Surface (méthode des coordonnées) : Σ₁ = x_A y_B + x_B y_C + x_C y_D + x_D y_A = 200·120 + 600·500 + 650·500 + 200·100 = 24 000 + 300 000 + 325 000 + 20 000 = 669 000 Σ₂ = y_A x_B + y_B x_C + y_C x_D + y_D x_A = 100·600 + 120·650 + 500·200 + 500·200 = 60 000 + 78 000 + 100 000 + 100 000 = 338 000 S = ½ | Σ₁ – Σ₂ | = ½ × 331 000 = 165 500 m² = 16,55 ha. > **La pente moyenne de la parcelle est inférieure à 5 %, ce qui la rend accessible aux engins forestiers standards.** ### Exercice 3 – Sémiologie graphique **Situation** : Vous devez réaliser une légende pour une carte montrant la densité de stockage de carbone (en t C/ha) sur une forêt de 500 ha, avec quatre classes : - Très faible : 0‑30 - Faible : 30‑60 - Moyenne : 60‑90 - Élevée : > 90 **Questions** : 1. Quelle variable visuelle serait la plus adaptée pour représenter cette donnée continue ? Justifiez votre choix. 2. Proposez une légende utilisant cette variable, en spécifiant les valeurs et les unités. 3. Indiquez une règle de contraste à respecter pour garantir la lisibilité en impression noir‑et‑blanc. **Corrigé** : 1. La **valeur** (niveau de gris) est la variable la plus adaptée pour représenter une quantité continue selon Bertin, car elle permet une perception linéaire de l’intensité. 2. Légende proposée : - 0‑30 t C/ha : gris très clair (≈ 90 % de blanc) - 30‑60 t C/ha : gris clair (≈ 70 % de blanc) - 60‑90 t C/ha : gris moyen (≈ 40 % de blanc) - > 90 t C/ha : gris foncé (≈ 10 % de blanc) Unité : tonnes de carbone par hectare (t C/ha). 3. Règle de contraste : la différence de luminance entre deux niveaux successifs doit être d’au moins 0,3 (sur une échelle de 0 à 1) pour être discernable en impression noir‑et‑blanc. Dans l’exemple ci‑dessus, chaque étape varie de ~0,2, ce qui est juste au seuil ; il faudrait augmenter l’écart (par ex. 95 %, 70 %, 45 %, 20 %) pour garantir une lisibilité sûre. > **En pratique, on utilise souvent une palette de niveaux de gris avec un pas de 25 % de noir pour assurer une différenciation claire même après photocopie.** --- ## Erreurs fréquentes et règles de sécurité | N° | Erreur fréquente | Conséquence | Règle de prévention / bonne pratique | |----|------------------|-------------|--------------------------------------| | 1 | Oublier de vérifier l’échelle avant de mesurer une distance sur la carte. | Calculs de distance, de pente ou de surface erronés (facteur de 2 à 10). | Toujours noter l’échelle en légende et la confirmer avec la barre d’échelle avant toute mesure. | | 2 | Ne pas corriger la déviation azimutale lors du repositionnement d’un layon. | Le layon peut être déplacé de plusieurs dizaines de mètres, entraînant des conflits de limites ou des travaux hors zone. | Mesurer l’azimut au compas, comparer à l’azimut théorique, appliquer la correction (ajouter ou soustraire la déviation) avant de tracer. | | 3 | Utiliser des symboles de même taille pour représenter des quantités très différentes (ex. volume de bois). | Lecture trompeuse, sur‑ ou sous‑estimation des ressources. | Appliquer la variable **taille** proportionnelle à la quantité (rayon ∝ √valeur) ou utiliser des graduations clairement indiquées dans la légende. | | 4 | Négliger le contraste entre symbole et fond (ex. symbole jaune sur fond clair). | Illisibilité en extérieur ou après photocopie, risque d’erreur d’interprétation. | Vérifier le contraste en imprimant une épreuve en noir‑et‑blanc ; assurer une différence de luminance ≥ 0,3. | | 5 | Utiliser un compas non calibré ou avec une pile faible lors du relevé d’azimut. | Azimut biaisé de plusieurs degrés, propagation d’erreur sur tout le layon. | Vérifier la calibration du compas avant chaque sortie (point connu, azimut connu) et remplacer les piles régulièrement. | | 6 | Dessiner une légende trop chargée (plus de 6‑7 classes) sur une carte de petit format. | Surcharge cognitive, difficulté à associer symbole et classe. | Limiter le nombre de classes à 4‑5 ; regrouper les catégories similaires ou utiliser des dégradés plutôt que des classes discrètes lorsqu’il y a beaucoup de valeurs. | --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition du terme "repositionnement de layons" en géomatique forestière ?
  2. 2. Quelle est la définition de la sémiologie graphique dans le contexte de la cartographie numérique ?
  3. 3. Sur une carte forestière au 1:20 000, quelle distance réelle correspond à 1 cm mesuré sur la carte ?
  4. 4. Sur une carte au 1:50 000, la distance mesurée entre deux points est de 3,5 cm. Quelle est la distance réelle entre ces points ?
  5. 5. Sur une carte au 1:25 000, l'intervalle entre deux courbes de niveau est de 10 m sur le terrain. La distance horizontale mesurée entre ces courbes sur la carte est de 2 cm. Quelle est la pente moyenne en pourcentage ?
  6. 6. Une parcelle rectangulaire mesure 4 cm de longueur et 2,5 cm de largeur sur une carte au 1:10 000. Quel est son périmètre réel ?
  7. 7. Un triangle mesuré sur une carte au 1:5 000 a une base de 6 cm et une hauteur de 4 cm. Quelle est sa superficie réelle ?
  8. 8. Quel symbole conventionnel représente un cours d'eau permanent sur une carte topographique ?
  9. 9. Sur une carte forestière au 1:15 000, on mesure une distance horizontale de 3,2 cm entre deux points situés sur des courbes de niveau séparées de trois intervalles de 5 m chacun. Quelle est la pente moyenne en pourcentage entre ces deux points ?
  10. 10. Dans la sémiologie graphique appliquée à la représentation de la densité d'un peuplement forestier, quel principe est généralement respecté ?