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Chapitre 15

Bien-être et santé (partie 2/2)

Lecture : 12 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis **À la fin de ce cours, l’élève pourra :** - Identifier et employer correctement les marqueurs temporels qui indiquent le passé dans les langues nationales du Cameroun (ewondo, bassa, douala, fang, etc.). - Conjuguer les verbes aux principaux temps du passé (passé composé, imparfait, plus‑que‑parfait) en respectant les règles d’accord et les particularités de chaque langue. - Analyser un texte portant sur le bien‑être et la santé, repérer les temps verbaux utilisés et expliquer leur fonction narrative ou explicative. - Produire un court écrit (récit, témoignage, exposé) en utilisant de façon cohérente les temps du passé pour décrire des faits passés liés à la santé. **Prérequis :** - Maîtrise de la conjugaison du présent de l’indicatif dans les langues nationales étudiées. - Connaissance des notions de sujet, verbe et complément d’objet direct. - Capacité à lire et comprendre un texte simple de type informatif ou narratif en langue nationale. --- ## Introduction contextualisée Le chapitre « Bien‑être et santé (partie 2/2) » s’inscrit dans la continuité de la première partie, où les élèves ont abordé le vocabulaire lié à l’hygiène, la nutrition et les structures de soins. Ici, l’accent est mis sur la **mise en forme verbale** permettant de raconter des expériences passées de maladie, de guérison ou de prévention. Dans les langues nationales, le passé n’est pas toujours marqué par une seule forme verbale ; il repose souvent sur des **marqueurs temporels** (particules, préfixes, suffixes ou changements tonaux) qui situent l’action dans le temps relatif à l’énonciation. Maîtriser ces marqueurs est essentiel pour produire des témoignages crédibles lors d’activités de sensibilisation (radio communautaire, affiches de santé, récits oraux) et pour réussir les épreuves écrites du probatoire où la cohérence temporelle est notée. --- ## I. Conjugaison aux temps du passé (marqueurs temporels) ### A. Les temps du passé en langues nationales Dans la plupart des langues nationales camerounaises, on distingue trois formes principales du passé : | Temps du passé | Fonction principale | Exemple en ewondo (verbe *kɛ́* « manger ») | |----------------|--------------------|-------------------------------------------| | Passé composé | Action achevée, souvent récente | *kɛ́‑é* (il/elle a mangé) | | Imparfait | Action en cours, habituelle ou contexte | *kɛ́‑á* (il/elle mangeait / mangeait souvent) | | Plus‑que‑parfait | Action antérieure à une autre passée | *kɛ́‑í‑é* (il/elle avait mangé) | > **Le passé composé** se forme généralement par l’ajout du suffixe ‑é (ou ‑í selon la voyelle du radical) au verbe à la base. > **L’imparfait** se marque par le suffixe ‑á (ou ‑í) qui indique une durée ou une répétition dans le passé. > **Le plus‑que‑parfait** combine le marqueur du passé composé avec un préfixe ou une particule antéposée (‑í‑) pour exprimer l’antériorité. Ces règles varient légèrement selon la langue : en bassa, le passé composé utilise le préfixe *a‑* suivi du radical, tandis qu’en douala le suffixe ‑ne apparaît. Il convient donc de consulter le tableau de conjugaison spécifique à chaque langue fournie dans le manuel officiel. ### B. Les marqueurs temporels spécifiques Outre les suffixes verbaux, certaines langues emploient des particules indépendantes qui se placent avant ou après le verbe pour renforcer la notion de passé : - **Éwondo** : particule *mɛ́* placée avant le verbe pour insister sur le caractère accompli (*mɛ́ kɛ́‑é* = « il a vraiment mangé »). - **Bassa** : mot *ŋgá* placé après le verbe pour indiquer une action passée lointaine (*kɛ́ ŋgá* = « il a mangé il y a longtemps »). - **Fang** : changement tonal du verbe (ton bas → ton haut) pour passer du présent au passé. Ces marqueurs sont souvent obligatoires dans les récits formels (discours de santé, témoignages) et facultatifs dans le langage familier. ### C. Accord du participe passé (quand applicable) > **Accord du participe passé** : Dans les langues où le verbe possède un participe passé pouvant s’accorder avec le complément d’objet direct (COD) placé avant le verbe, la règle suivante s’applique : > - Si le COD précède le verbe, le participe passé s’accorde en genre et en nombre avec ce COD ; sinon, il reste invariable. > Dans les langues étudiées (ewondo, bassa, douala, fang), le participe passé est généralement invariable ; toutefois, en bassa, un accord peut apparaître lorsque le COD précède le verbe. Exemple en ewondo : - *Mvéŋ kɛ́‑é* (le poisson a mangé) → pas d’accord (COD après). - *Mvéŋ, kɛ́‑é* (le poisson, il a mangé) → le verbe reste invariable (aucun accord). --- ## II. Intégration (application dans des textes sur le bien‑être et la santé) ### A. Utilisation des temps du passé dans des récits de santé Lorsqu’un élève raconte une expérience de vaccination, de convalescence ou de campagne de sensibilisation, il doit choisir le temps adapté : - **Passé composé** pour l’action ponctuelle qui a déclenché le récit (*Je me suis fait vacciner hier*). - **Imparfait** pour décrire le contexte ou les habitudes (*Chaque mois, nous organisions des talks sur l’hygiène des mains*). - **Plus‑que‑parfait** pour anticiper une action passée (*Avant que la campagne ne commence, nous avions déjà distribué des affiches*). ### B. Exercices de transformation 1. **Transformation du présent au passé composé** : - Présent : *Nga lá* (Je vais à l’hôpital). - Passé composé : *Nga lá‑é* (Je suis allé à l’hôpital). 2. **Transformation du présent à l’imparfait** : - Présent : *Mba lá* (Nous allons à l’hôpital). - Imparfait : *Mba lá‑á* (Nous allions à l’hôpital). 3. **Mise en forme du plus‑que‑parfait** : - Présent : *Ŋgá lá* (Ils vont à l’hôpital). - Plus‑que‑parfait : *Ŋgá í lá‑é* (Ils étaient allés à l’hôpital). Ces transformations permettent de vérifier la maîtrise des marqueurs temporels et de l’accord éventuel. ### Tableau récapitulatif des marqueurs temporels (ewondo) | Temps | Marqueur verbal | Particule éventuelle | Exemple (verbe *kɛ́*) | Traduction | |-------|----------------|----------------------|-----------------------|------------| | Passé composé | ‑é | *mɛ́* (insistance) | *mɛ́ kɛ́‑é* | il/elle a vraiment mangé | | Imparfait | ‑á | – | *kɛ́‑á* | il/elle mangeait / mangeait souvent | | Plus‑que‑parfait | ‑í‑ + ‑é | – | *kɛ́‑í‑é* | il/elle avait mangé | | Passé lointain (bassa) | – | *ŋgá* après verbe | *kɛ́ ŋgá* | il/elle a mangé il y a longtemps | --- ## Synthèse du chapitre - Les langues nationales marquent le passé principalement par des suffixes verbaux (‑é, ‑á, ‑í‑) et parfois par des particules (*mɛ́*, *ŋgá*) ou des changements tonaux. - Trois temps du passé sont essentiels : passé composé (action achevée), imparfait (action en cours ou habituelle), plus‑que‑parfait (antériorité). - L’accord du participe passé dépend de la position du COD : accord si le COD précède le verbe (dans les langues où cet accord existe, comme le bassa) ; sinon, il reste invariable (comme en ewondo). - Dans les textes de santé, le passé composé rapporte les faits ponctuels, l’imparfait plante le décor, le plus‑que‑parfait situe une action antérieure à un autre passé. - Maîtriser ces marqueurs permet de produire des récits clairs, crédibles et adaptés aux actions de sensibilisation (radio, affiches, témoignages). > **Règle d’or** : choisir le temps en fonction de la relation temporelle de l’action par rapport au moment de la narration. --- ## Glossaire - **Passé composé** : temps exprimant une action achevée, souvent récente, formé par le suffixe ‑é (ou variante) ajouté au radical verbal. - **Imparfait** : temps décrivant une action en cours, habituelle ou servant de contexte, marqué par le suffixe ‑á (ou ‑í). - **Plus‑que‑parfait** : temps indiquant une action antérieure à une autre passée, construit par la séquence ‑í‑ + ‑é. - **Marqueur temporel** : particule, préfixe, suffixe ou variation tonale qui situe l’action dans le passé. - **COD (complément d’objet direct)** : élément du groupe verbal qui subit directement l’action du verbe ; son placement peut influencer l’accord du participe passé dans certaines langues (ex. : bassa), tandis que dans d’autres (ex. : ewondo) le participe reste invariable. - **Accord du participe passé** : adaptation du participe en genre et en nombre avec le COD lorsqu’il précède le verbe, dans les langues où cet accord est prévu ; dans les langues étudiées, le participe est généralement invariable. - **Particule d’insistance** : mot comme *mɛ́* en ewondo qui renforce la valeur du passé composé. - **Changement tonal** : modification de la hauteur de ton d’un verbe pour indiquer le passage du présent au passé (ex. fang). --- ## Étude de document / de cas **Extrait tiré d’un témoignage radiophonique en ewondo (programme « Santé communautaire », Yaoundé, 12 mars 2023) :** > *« Mɛ́ kɛ́‑é nyúm, mɛ́ lá‑á hospital, bé í lá‑é vakcín. »* **Commentaire pas à pas :** 1. **Identification des marqueurs** : - *mɛ́* : particule d’insistance qui renforce le passé composé qui suit. - *kɛ́‑é* : verbe *kɛ́* « manger » au passé composé (suffixe ‑é). - *lá‑á* : verbe *lá* « aller » à l’imparfait (suffixe ‑á). - *hospital* : nom emprunté. - *bé* : pronom sujet troisième personne du pluriel (« ils/elles »). - *í* : marqueur d’antériorité (préfixe) placé avant le verbe pour former le plus‑que‑parfait. - *lá‑é* : verbe *lá* au passé composé (suffixe ‑é). - *vakcín* : nom emprunté « vaccination ». 2. **Fonction narrative** : - La première clause (*mɛ́ kɛ́‑é nyúm*) rapporte l’action ponctuelle de prise de repas (« j’ai vraiment mangé de la nourriture ») – passé composé avec insistance. - La deuxième clause (*mɛ́ lá‑á hospital*) décrit l’habitude de se rendre à l’hôpital chaque mois (imparfait = contexte récurrent) avec insistance. - La troisième clause (*bé í lá‑é vakcín*) situe une action antérieure (« ils étaient allés se faire vacciner ») avant la narration du présent, exprimant le plus‑que‑parfait. 3. **Valeur sémantique** : - L’usage du passé composé pour l’action principale (repas) montre qu’elle est perçue comme un événement déclencheur du témoignage. - L’imparfait instaure le cadre récurrent des visites médicales, essentiel pour comprendre la prévention. - Le plus‑que‑parfait établit une antériorité qui justifie la connaissance du service de vaccination. 4. **Application pédagogique** : - L’élève doit reproduire ce schéma en choisissant les temps appropriés pour raconter son propre vécu de soin (ex. : « J’ai pris mon traitement hier (passé composé), chaque semaine je vais au centre de santé (imparfait), avant cela j’avais déjà reçu des conseils (plus‑que‑parfait). ») --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Consigne** : « Dans les langues nationales camerounaises, comment la maîtrise des temps du passé contribue‑t‑elle à l’efficacité des campagnes de sensibilisation sur la santé ? » **Plan détaillé** : 1. **Introduction** - Définir la sensibilisation santé (ex. : campagnes de vaccination, lutte contre le paludisme). - Présenter l’enjeu de la clarté temporelle dans les messages. - Annoncer la thèse : la maîtrise des temps du passé permet de situer les faits, de créer de la crédibilité et de faciliter la mémorisation. 2. **I. Les fonctions des temps du passé dans le discours de santé** - A. Passé composé : rapporter les actions ponctuelles (ex. : « J’ai reçu le vaccin »). - B. Imparfait : décrire le contexte habituel (ex. : « Chaque mois, nous organisions des talks »). - C. Plus‑que‑parfait : établir des antériorités (ex. : « Avant la campagne, nous avions déjà distribué des affiches »). 3. **II. Impact sur la compréhension et l’adhésion du public** - A. Clarté chronologique réduit les ambiguïtés. - B. Crédibilité du témoin : utilisation correcte des temps montre la maîtrise du sujet. - C. Mémorisation : les structures répétées (imparfait) facilitent le rappel des consignes. 4. **III. Exemples concrets tirés du terrain camerounais** - A. Témoignage radio en ewondo sur la campagne de vaccination contre la méningite (Nord, 2022). - B. Affiches en douala présentant les étapes du dépistage du VIH (passé composé pour les actions réalisées, imparfait pour les conseils récurrents). - C. Théâtre forum en bassa utilisant le plus‑que‑parfait pour montrer les conséquences d’un retard de consultation. 5. **Conclusion** - Synthèse : la maîtrise des temps du passé est un levier linguistique essentiel. - Ouverture : envisager l’intégration de ces compétences dans la formation des animateurs de santé communautaire. --- ### Sujet 2 – Commentaire de texte **Consigne** : « Commentez l’extrait suivant en mettant en évidence l’usage des temps du passé et leur fonction narrative. » > *« Mɛ́ kɛ́‑é nyúm, mɛ́ lá‑á hospital, bé í lá‑é vakcín. »* **Plan de commentaire** : 1. **Lecture globale** - Identifier le genre (témoignage oral), le locuteur (patient), la situation (récit de parcours de soin). 2. **Analyse des temps verbaux** - Repérer chaque verbe et son marqueur (passé composé, imparfait, plus‑que‑parfait). - Expliquer la valeur aspectuelle de chaque forme (action achevée, habitude, antériorité). 3. **Fonction narrative** - Montrer comment le passé composé introduit l’événement déclencheur (repas). - Montrer comment l’imparfait plante le cadre récurrent des visites à l’hôpital. - Montrer comment le plus‑que‑parfait situe une action antérieure qui justifie la connaissance du service de vaccination. 4. **Effet sur l’auditeur** - Crédibilité du locuteur grâce à la précision temporelle. - Facilitation de la compréhension grâce à la structuration chronologique. 5. **Conclusion** - Synthèse : l’usage varié des temps du passé structure le récit et renforce son impact persuasif. - Ouverture : lien avec les objectifs du programme (compétence produire des textes clairs et cohérents). --- ### Sujet 3 – Question de cours **Consigne** : « Expliquez, avec des exemples en ewondo et en bassa, la règle d’accord du participe passé lorsque le complément d’objet direct précède le verbe. » **Réponse attendue** : - Définir le COD et rappeler sa place normale (après le verbe). - Présenter la règle : si le COD est placé avant le verbe, le participe s’accorde en genre et en nombre avec ce COD ; sinon, il reste invariable. - Donner un exemple en ewondo où le COD précède le verbe (rare, mais possible dans certaines constructions emphatiques) et montrer l’accord éventuel. - Donner un exemple en bassa où la règle est régulièrement appliquée (ex. : *Mvéŋ, kɛ́‑é* → accord éventuel selon le contexte). - Insister sur l’importance de cette règle pour éviter les fautes d’accord dans les productions écrites du probatoire. --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre le suffixe de l’imparfait (‑á) avec celui du passé composé (‑é)** → produire *kɛ́‑é* au lieu de *kɛ́‑á* pour décrire une habitude. 2. **Oublier la particule d’insistance *mɛ́* lorsqu’on veut insister sur l’accomplissement** → affaiblir la force du témoignage (*kɛ́‑é* au lieu de *mɛ́ kɛ́‑é*). 3. **Placer le COD après le verbe puis prétendre qu’il y a accord** → écrire *Mvéŋ kɛ́‑é* avec un accord imaginaire (le verbe reste invariable). 4. **Utiliser le marqueur de passé lointain *ŋgá* comme substitut du passé composé** → dire *ŋgá kɛ́* alors qu’on veut exprimer une action récente. 5. **Mettre le préfixe *í* du plus‑que‑parfait devant un verbe déjà au passé composé** → former *í kɛ́‑é* (incorrect) au lieu de *kɛ́‑í‑é*. 6. **Ne pas adapter le ton dans les langues à ton (fang, etc.)** → conserver le ton présent alors que le contexte exige le passé, rendant la phrase ambiguë. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition d'un « marqueur temporel » dans la conjugaison au passé des langues nationales camerounaises ?
  2. 2. Dans la langue ewondo, quel mot sert de marqueur temporel pour exprimer « hier » ?
  3. 3. En langue bassa, quel suffixe indique généralement le passé récent d'une action accomplie aujourd'hui ?
  4. 4. Comment conjuguer le verbe ewondo « nyam » (manger) pour la phrase « J'ai mangé hier » ?
  5. 5. En bassa, le verbe « súm » (boire) au passé récent avec le marqueur « ŋgò » (avant‑hier) se forme comment ?
  6. 6. Choisissez la phrase ewondo correcte qui signifie « Nous avons étudié hier » sachant que le verbe « étudier » se dit « sɛ́n » et que le marqueur de hier est « mbé ».
  7. 7. Dans la phrase ewondo suivante : « mbé nyamá » (J'ai mangé hier), quelle est l'erreur ?
  8. 8. Transformez le verbe ewondo « zɛ́l » (travailler) au passé récent avec le marqueur « mbé ».
  9. 9. En ewondo, pour exprimer l'action « Nous avons voyagé l'année dernière », quel marqueur temporel doit-on associer au suffixe du passé distant « -á » ?
  10. 10. En bassa, comment former la négation du passé récent pour la phrase « Je n'ai pas mangé hier » sachant que la particule de négation est « ká » et que le marqueur de hier est « mbé » ?