Chapitre 4
Média et Communication
Lecture : 25 minQuiz de 12 questions
# Média et Communication
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à permettre à l’élève de Première de comprendre les fondements théoriques et pratiques de la musique occidentale et du théâtre, en lien avec les médias et la communication. Il s’agit de développer des compétences d’analyse, de reconnaissance auditive et visuelle, ainsi que d’expression orale et écrite, en s’appuyant sur des références camerounaises et africaines lorsque le contexte s’y prête. L’élève doit être capable de distinguer les gammes, intervalles, accords, mesures, types de textes théâtraux et notions de tons/demi-tons, et de les appliquer dans des exercices d’écoute, de lecture de partition et d’analyse de textes.
**Prérequis** : Maîtrise des notions de base du solfège (notes, valeurs rythmiques, clef de sol), connaissance des familles d’instruments à vent, à cordes et à percussion, familiarité avec les genres littéraires de base (narratif, descriptif, argumentatif), et capacité à lire un texte théâtral simple.
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## I. Les tonalités : les gammes majeures – les gammes mineures
### Contexte
Les gammes majeures et mineures forment la base du système tonal occidental, hérité de la musique européenne de la Renaissance et consolidé au XVIIIe siècle par des théoriciens comme Jean-Philippe Rameau. Elles structurent la mélodie et l’harmonie dans la plupart des musiques savantes, populaires et de scène occidentales, influençant également les adaptations camerounaises dans les chœurs d’église, les fanfares scolaires et les compositions modernes inspirées du jazz ou du gospel.
### Définitions
> Une gamme majeure est une succession de sept notes séparées par des intervalles spécifiques : ton, ton, demi-ton, ton, ton, ton, demi-ton, construite à partir de la tonique.
> Une gamme mineure naturelle est une succession de sept notes avec l’intervalle suivant : ton, demi-ton, ton, ton, demi-ton, ton, ton, construite à partir de la tonique.
### Faits et exemples
- La gamme de Do majeur : Do – Ré – Mi – Fa – Sol – La – Si – Do (aucun altération).
- La gamme de La mineur naturel : La – Si – Do – Ré – Mi – Fa – Sol – La (aucune altération).
- Au Cameroun, les chœurs de la cathédrale de Yaoundé utilisent souvent le solfège occidental pour interpréter des cantiques en français ou en langues locales (comme le boulou ou l’éwondo), en adaptant les gammes majeures à des mélodies pentatoniques africaines par ajout de notes de passage.
- La gamme mineure harmonique (non au programme mais utile pour comprendre les altérations) élève la septième degré (ex. : Sol# en La mineur) pour renforcer la conduite vers la tonique.
### Vocabulaire à retenir
- Tonique, degré, intervalle, altération, bémol, dièse, naturelle, gamme relative (ex. : Do majeur et La mineur sont relatives).
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Définir la gamme majeure et la gamme mineure naturelle. Donner un exemple de chacune en notation musicale et expliquer leur relation de relatif.
**Plan** :
1. Définition de la gamme majeure (structure intervallique).
2. Définition de la gamme mineure naturelle (structure intervallique).
3. Exemple de Do majeur et de La mineur naturel.
4. Explication de la relation de relatif (même armure, toniques séparées d’une tierce mineure descendante ou majeure ascendante).
5. Application camerounaise : utilisation dans un chant de chœur scolaire à Yaoundé.
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## II. Les intervalles simples : majeurs, mineurs, diminués, augmentés
### Contexte
Les intervalles sont la distance sonore entre deux notes. Leur classification (majeur, mineur, juste, diminué, augmenté) permet d’analyser la qualité harmonique et mélodique d’une pièce. Cette notion est essentielle pour la lecture de partitions, la composition et l’improvisation, notamment dans les ensembles instrumentaux scolaires camerounais (fanfares, orchestres à cordes).
### Définitions
> Un intervalle est juste s’il s’agit d’une quarte, quinte ou octave pure (sans altération).
> Un intervalle est majeur s’il est un demi-ton au-dessus de l’intervalle juste correspondant (pour les secondes, tierces, sixièmes, septièmes).
> Un intervalle est mineur s’il est un demi-ton en dessous de l’intervalle majeur correspondant.
> Un intervalle est diminué s’il est un demi-ton en dessous de l’intervalle juste ou mineur.
> Un intervalle est augmenté s’il est un demi-ton au-dessus de l’intervalle juste ou majeur.
### Faits et exemples
- Seconde majeure : Do–Ré (2 demi-tons). Seconde mineure : Do–Ré♭ (1 demi-ton).
- Tierce majeure : Do–Mi (4 demi-tons). Tierce mineure : Do–Mi♭ (3 demi-tons).
- Quarte juste : Do–Fa (5 demi-tons). Quarte augmentée : Do–Fa♯ (6 demi-tons). Quarte diminuée : Do–Fa♭♭ (4 demi-tons, enharmonique à Mi).
- Quinte juste : Do–Sol (7 demi-tons). Quinte augmentée : Do–Sol♯ (8 demi-tons). Quinte diminuée : Do–Sol♭ (6 demi-tons).
- Dans l’orchestre scolaire de Bamenda, les élèves apprennent à reconnaître la tierce mineure dans le thème de « Cameroon, O’ Cameroon » (hymne national) lorsqu’il est joué en mineur relatif pour des arrangements funéraires ou commémoratifs.
### Vocabulaire à retenir
- Demi-ton, ton, enharmonique, intervalle juste, intervalle consonné, intervalle dissonné.
### Tableau comparatif des intervalles simples (de la tonique Do)
| Intervalle | Demi-tons | Exemple (Do–X) | Qualité |
|------------|-----------|----------------|---------|
| Seconde mineure | 1 | Do–Ré♭ | Mineur |
| Seconde majeure | 2 | Do–Ré | Majeur |
| Tierce mineure | 3 | Do–Mi♭ | Mineur |
| Tierce majeure | 4 | Do–Mi | Majeur |
| Quarte juste | 5 | Do–Fa | Juste |
| Quarte augmentée | 6 | Do–Fa♯ | Augmenté |
| Quinte diminuée | 6 | Do–Sol♭ | Diminué |
| Quinte juste | 7 | Do–Sol | Juste |
| Quinte augmentée | 8 | Do–Sol♯ | Augmenté |
| Sixte mineure | 8 | Do–La♭ | Mineur |
| Sixte majeure | 9 | Do–La | Majeur |
| Septième mineure | 10 | Do–Si♭ | Mineur |
| Septième majeure | 11 | Do–Si | Majeur |
| Octave juste | 12 | Do–Do (sup) | Juste |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Identifier la qualité des intervalles suivants : Do–Mi♭, Fa–La, Sol–Do♭, Ré–Fa♯.
**Plan** :
1. Compter les demi-tons entre les deux notes pour chaque intervalle.
2. Comparer à l’intervalle juste ou majeur de même nombre de degrés.
3. Déterminer si c’est majeur, mineur, juste, diminué ou augmenté.
4. Appliquer à chaque exemple :
- Do–Mi♭ : 3 demi-tons → tierce mineure
- Fa–La : 4 demi-tons → tierce majeure
- Sol–Do♭ : 6 demi-tons → quinte diminuée (Sol–Do est quinte juste, Do♭ abaisse d’un demi-ton)
- Ré–Fa♯ : 4 demi-tons → tierce majeure (Ré–Fa est tierce mineure, Fa♯ élève d’un demi-ton → majeure)
5. Conclusion : savoir lire les altérations et compter précisément.
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## III. Les accords : parfaits, majeurs, mineurs, renversés, fondamentaux
### Contexte
Les accords sont des sons simultanés de trois notes ou plus, construits en superposant des tierces. Ils forment la base de l’harmonie occidentale. Au Cameroun, leur enseignement est intégré dans les cours de musique scolaire pour préparer les élèves à accompagner des chœurs, à jouer dans des fanfares ou à comprendre les accompagnements de guitare dans les styles urbains (makossa, bikutsi adaptés).
### Définitions
> Un accord parfait est constitué d’une fondamentale, d’une tierce et d’une quarte juste au-dessus de la fondamentale (ou equivalent : fondamentale + tierce + quinte).
> Un accord majeur a une tierce majeure et une quinte juste.
> Un accord mineur a une tierce mineure et une quinte juste.
> Un accord renversé est un accord dont la fondamentale n’est pas dans la basse (première renversée : tierce dans la basse ; deuxième renversée : quinte dans la basse).
> Un accord fondamental est un accord où la fondamentale est dans la basse.
### Faits et exemples
- Accord de Do majeur : Do (fondamentale) – Mi (tierce majeure) – Sol (quinte juste).
- Accord de La mineur : La – Do (tierce mineure) – Mi (quinte juste).
- Première renversée de Do majeur : Mi–Sol–Do (tierce dans la basse).
- Deuxième renversée de Do majeur : Sol–Do–Mi (quinte dans la basse).
- Dans les églises protestantes de l’Ouest camerounais, les accompagnements d’orgue ou de piano utilisent souvent des accords fondamentaux en début de phrase et des renversements pour créer des lignes de basse fluides dans les cantiques comme « Amazing Grace » traduit en français ou en fang.
### Vocabulaire à retenir
- Fondamentale, tierce, quinte, renversement, basse, harmonie, consonance, dissonance.
### Tableau des accords de Do
| Accord | Notes | Qualité | Fondamentale dans la basse ? |
|--------|-------|---------|------------------------------|
| Do majeur | Do–Mi–Sol | Majeur | Oui (fondamental) |
| Do mineur | Do–Mi♭–Sol | Mineur | Oui (fondamental) |
| Do majeur 1ère renversée | Mi–Sol–Do | Majeur | Non (tierce dans la basse) |
| Do majeur 2ème renversée | Sol–Do–Mi | Majeur | Non (quinte dans la basse) |
| Do diminué | Do–Mi♭–Sol♭ | Diminué | Oui |
| Do augmenté | Do–Mi–Sol♯ | Augmenté | Oui |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Construire l’accord de Sol majeur fondamental et ses deux renversements. Indiquer la qualité de l’accord et la note dans la basse pour chaque forme.
**Plan** :
1. Déterminer les notes de l’accord de Sol majeur : Sol (fondamentale), Si (tierce majeure), Ré (quinte juste).
2. Écrire l’accord fondamental : Sol–Si–Ré.
3. Première renversée : Si–Ré–Sol (tierce dans la basse).
4. Deuxième renversée : Ré–Sol–Si (quinte dans la basse).
5. Préciser que l’accord est majeur dans les trois cas (la qualité ne change pas avec le renversement).
6. Application : montrer comment cette progression est utilisée dans l’accompagnement de guitare dans un morceau de makossa moderne à Douala.
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## IV. Musique et danses occidentales : étude et maniement des instruments occidentaux
### Contexte
L’étude des instruments occidentaux (à cordes, à vent, à percussion) permet à l’élève de comprendre leur mécanisme sonore, leur rôle dans l’orchestre et leur adaptation dans des contextes africains. Au Cameroun, ces instruments sont présents dans les écoles publiques et privées, les orchestres scolaires, les églises et les ensembles de jazz ou de variété.
### Définitions
> Les instruments à cordes produisent le son par la vibration de cordes frottées (violon, alto, violoncelle, contrebasse) ou pincées (guitare, harpe).
> Les instruments à vent produisent le son par la vibration d’une colonne d’air : bois (flûte, clarinette, hautbois, basson) ou cuivres (trompette, cor, trombone, tuba).
> Les instruments à percussion produisent le son par frappe, secouement ou frottement (timbales, caisse claire, triangle, xylophone).
### Faits et exemples
- Le violon, introduit au Cameroun par les missionnaires au début du XXe siècle, est utilisé dans les orchestres scolaires de Ngaoundéré pour interpréter des adaptations de morceaux classiques ou des mélodies inspirées du bikutsi.
- La trompette est centrale dans les fanfares des écoles techniques de Yaoundé, souvent jouée lors des cérémonies de remise de diplômes ou des fêtes nationales.
- Le xylophone, bien que d’origine africaine, est enseigné en parallèle avec ses homologues occidentaux (comme le glockenspiel) pour comparer les systèmes de tempérament.
- Dans les églises catholiques de Douala, l’orgue à tuyaux accompagne les messes solennelles, avec un répertoire mêlant grégorien adapté et chants locaux en langues bantoues.
### Vocabulaire à retenir
- Archet, anche, anche simple, anche double, anche libre, anche battante, anche frappante, anche libre, anche battante, anche frappante (à adapter selon l’instrument), résonance, timbre, tessiture, registre.
### Tableau des familles d’instruments occidentaux
| Famille | Exemples | Mode de production du son | Rôle typique dans l’orchestre |
|---------|----------|----------------------------|-------------------------------|
| Cordes frottées | Violon, alto, violoncelle, contrebasse | Vibration de cordes frottées par l’archet | Mélodie, harmonie, fondement |
| Cordes pincées | Guitare, harpe | Vibration de cordes pincées | Accompagnement, solo, couleur |
| Bois | Flûte, clarinette, hautbois, basson | Vibration d’une colonne d’air dans un tube avec anche ou embouchure | Mélodie, contre-chant, agilité |
| Cuivres | Trompette, cor, trombone, tuba | Vibration des lèvres dans un embouchure en coupe | Puissance, éclat, soutien rythmique |
| Percussion | Timbales, caisse claire, triangle, xylophone | Frappe, secouement, frottement | Rythme, effets, couleur |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Décrire le mécanisme de production du son d’une clarinette et d’un violon. Comparer leurs rôles dans un orchestre scolaire camerounais.
**Plan** :
1. Clarinette : anche simple qui vibre sous l’action de l’air soufflé, mettant en vibration la colonne d’air dans le tube cylindrique.
2. Violon : archet qui fait vibrer les cordes par frottement, la résonance étant amplifiée par la caisse de résonance.
3. Rôle de la clarinette : souvent utilisée pour les mélodies lyriques, les contre-chants dans les morceaux lents, ou les effets comiques (glissandi, staccato).
4. Rôle du violon : porte souvent la mélodie principale, joue les harmonies en arpèges, ou exécute des virtuoses dans les morceaux rapides.
5. Exemple concret : dans l’orchestre du Lycée Général Leclerc de Yaoundé, la clarinette introduit le thème de « Héros nationaux » tandis que les violons développent la mélodie principale en harmonie à la tierce.
6. Conclusion : complémentarité des timbres pour enrichir la texture sonore.
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## V. Les mesures (suite)
### Contexte
La mesure définit l’organisation temporelle de la musique en unités régulières appelées temps. La suite de l’étude des mesures inclut les mesures compoundes, les changements de mesure et l’interprétation des signes de mesure complexes, essentielle pour jouer en ensemble et suivre un chef d’orchestre.
### Définitions
> Une mesure est simple lorsque chaque temps se divise en deux parties égales (binaire).
> Une mesure est composée lorsque chaque temps se divise en trois parties égales (ternaire).
> Le chiffre du haut indique le nombre de temps par mesure.
> Le chiffre du bas indique la valeur de la note qui vaut un temps (4 = noire, 8 = croche, 2 = blanche).
### Faits et exemples
- Mesure 2/4 : deux temps noirs par mesure (marche, polka).
- Mesure 3/4 : trois temps noirs par mesure (valse, menuet).
- Mesure 4/4 : quatre temps noirs par mesure (la plus courante : rock, jazz, marche classique).
- Mesure 6/8 : deux temps composés de trois croches chacun (souvent ressentie comme deux temps forts : 1-2-3-4-5-6 avec accent sur 1 et 4).
- Mesure 9/8 : trois temps composés de trois croches chacun (valse lente, certains airs de musique traditionnelle camerounaise adaptée).
- Dans les fanfares scolaires de Garoua, les morceaux en 6/8 sont utilisés pour accompagner des danses inspirées du danse du ventre ou des rythmes peuls, avec un accent sur le premier et le quatrième croche.
- Le changement de mesure (ex. : passage de 4/4 à 3/4) est indiqué par un nouveau signe de mesure porté à la portée et utilisé pour créer du contraste ou suivre les paroles d’un chant.
### Vocabulaire à retenir
- Temps fort, temps faible, mesure simple, mesure composée, leçon de mesure, changement de mesure, signature rythmique, subdivision.
### Tableau des mesures courantes
| Mesure | Nombre de temps | Valeur du temps | Type | Exemple d’utilisation |
|--------|------------------|------------------|------|------------------------|
| 2/4 | 2 | Noire | Simple | Marche, polka |
| 3/4 | 3 | Noire | Simple | Valse, menuet |
| 4/4 | 4 | Noire | Simple | Rock, jazz, marche classique |
| 6/8 | 2 (composés) | Croche | Composée | Marche lente, certains bikutsi adaptés |
| 9/8 | 3 (composés) | Croche | Composée | Valse lente, airs lyriques |
| 12/8 | 4 (composés) | Croche | Composée | Blues, certains rythmes de musique urbaine camerounaise |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Expliquer la différence entre la mesure 3/4 et la mesure 6/8. Donner un exemple d’utilisation camerounaise pour chacune.
**Plan** :
1. 3/4 : trois temps noirs, mesure simple, accent sur le premier temps (1-2-3).
2. 6/8 : deux temps composés de trois croches chacun, mesure composée, accent sur le premier et le quatrième croche (1-2-3-4-5-6).
3. 3/4 utilisée dans une adaptation camerounaise de la valse pour un spectacle scolaire à Bafoussam (ex. : « Valse des jeunes filles » en costume traditionnel).
4. 6/8 utilisée dans un morceau de fanfare à Maroua pour accompagner une danse peule inspirée du « danse du bâton », avec des accents sur les premières croches de chaque groupe de trois.
5. Conclusion : même nombre de croches (6), mais organisation différente des accents → sensation rythmique distincte.
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## VI. Les types de textes au théâtre : les textes tragiques
### Contexte
Le théâtre tragique, hérité de la Grèce antique et développé par Corneille, Racine et Voltaire en France, présente des personnages confrontés à un destin inéluctable, souvent lié à une faute (hubris) ou à un conflit entre devoir et passion. Au Cameroun, l’étude de la tragédie permet d’analyser des œuvres modernes qui revisitent ce genre pour traiter de conflits sociaux, politiques ou identitaires (ex. : colonisation, tradition vs modernité).
### Définitions
> Un texte tragique est une pièce de théâtre où le protagoniste, généralement d’un rang élevé, subit une chute irréversible due à une erreur de jugement ou à une force supérieure (destin, dieux, société), suscitant chez le spectateur de la pitié et de la crainte (catharsis aristotélicienne).
> Les caractéristiques principales sont : l’unité de lieu, de temps et d’action (dans la tragédie classique), un héros noble, une faute tragique (hamartia), un conflit intérieur ou extérieur, et une fin malheureuse (mort, exil, déshonneur).
### Faits et exemples
- Corneille, *Le Cid* (1637) : Rodrigue doit venger l’honneur de son père ou préserver son amour pour Chimène.
- Racine, *Phèdre* (1677) : Phèdre, amoureuse de son beau-fils Hippolyte, lutte contre un désir interdit qui mène à la mort.
- Au Cameroun, des dramaturges comme Bernard Binlin Dadié (Ivoirien, mais étudié au Cameroun) ou des auteurs locaux tels que Guillaume Oyono-Mbia (*Trois prétendants… un mari*, bien que plus comédie, montre des influences tragiques dans les conflits de devoir) ou des pièces contemporaines comme *Le Cercle des sacrifices* de Werewere Liking (artiste camerounaise) explorent des tragédies modernes liées à la tradition, au pouvoir ou à l’exil.
- Dans les lycées de Buea ou de Bamenda, les élèves étudient souvent des extraits de *Antigone* de Sophocle (adapté en français) pour analyser le conflit entre la loi divine et la loi humaine, en le rapprochant de situations réelles comme le refus de participer à des pratiques coutumières jugées oppressives.
### Vocabulaire à retenir
- Tragédie, héros tragique, hamartia, catharsis, unité de lieu, unité de temps, unité d’action, conflit, destin, hubris, pitié, crainte.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Définir la tragédie et expliquer deux de ses caractéristiques essentielles avec un exemple tiré du répertoire étudié en classe.
**Plan** :
1. Définition de la tragédie : chute irréversible d’un personnage noble due à une faute ou à une force supérieure, suscitant pitié et crainte.
2. Première caractéristique : la présence d’un héros noble confronté à un conflit intérieur ou extérieur (ex. : Antigone choisit d’enterrer son frère malgré l’interdit du roi Créon).
3. Deuxième caractéristique : la catharsis, purification des émotions du spectateur par l’identification au destin du héros (ex. : le public ressent de la pitié pour Antigone et de la crainte devant la puissance aveugle de la loi étatique).
4. Application camerounaise : rapprochement avec une situation contemporaine où un jeune refuse de participer à un rite coutumier jugé dangereux, au nom de ses convictions personnelles ou religieuses, entraînant son exclusion familiale.
5. Conclusion : la tragédie reste pertinente pour interroger les tensions entre tradition et conscience individuelle.
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## VII. Les types de textes au théâtre : les textes dramatiques
### Contexte
Le texte dramatique, contrairement au tragique, ne vise pas nécessairement la chute du héros ni la catharsis. Il privilégie la représentation réaliste ou symbolique de conflits sociaux, psychologiques ou quotidiens, souvent avec une fin ouverte ou ambiguë. Il domine le théâtre moderne et contemporain, y compris en Afrique, où il sert à critiquer les réalités postcoloniales, urbaines ou familiales.
### Définitions
> Un texte dramatique est une pièce de théâtre qui représente une action humaine plausible, souvent ancrée dans un contexte social spécifique, mettant en scène des personnages ordinaires confrontés à des conflits intérieurs ou extérieurs, sans recours obligatoire au destin ou à la noblesse héroïque.
> Les caractéristiques incluent : la psychologie des personnages, le dialogue naturaliste ou stylisé, l’usage du décor et des accessoires pour signifier le milieu social, une structure souvent en actes ou scènes liées par une logique de cause à effet, et une fin qui peut être ouverte, résolue ou ambiguë.
### Faits et exemples
- Henrik Ibsen, *Une maison de poupée* (1879) : Nora quitte son mari et ses enfants pour trouver son identité, remettant en question les rôles de genre.
- Anton Tchekhov, *La Mouette* (1896) : exploration des rêves brisés et de l’aliénation artistique dans une propriété rurale.
- Au Cameroun, des œuvres comme *Le Pacte* de Sankara Mbi (dramaturge camerounais) montrent des conflits familiaux liés à l’héritage et à la modernité dans un contexte urbain.
- La pièce *Trois prétendants… un mari* de Guillaume Oyono-Mbia, bien que souvent classée en comédie, utilise des éléments dramatiques pour critiquer le mariage arrangé, la polygamie et la place des femmes dans la société traditionnelle, avec un langage parlé proche du quotidien camerounais (mélange de français, pidgin et expressions locales).
- Dans les ateliers théâtre des lycées de Douala, les élèves créent souvent des saynètes dramatiques inspirées de la vie urbaine : conflits entre générations dans un foyer, pression sociale sur la réussite scolaire, ou difficultés d’accès à l’emploi après le bac.
### Vocabulaire à retenir
- Drame, réalisme, naturalisme, psychologie des personnages, dialogue, milieu social, conflit, fin ouverte, acte, scène, unité dramatique (non stricte), représentation.
### Tableau comparatif : tragédie vs drame
| Critère | Tragédie | Drame |
|--------|----------|-------|
| Héros | Noble, élevé | Ordinaire, moyen |
| Conflit | Destin, faute morale, dieux | Social, psychologique, quotidien |
| Fin | Inéluctable, malheureuse (mort, exil) | Ouverte, résolue ou ambiguë |
| Objectif | Catharsis (pitié + crainte) | Réflexion critique, identification |
| Langage | Élevé, soutenu, souvent versifié | Naturel, parlé, parfois argotique |
| Exemple classique | *Phèdre* (Racine) | *Une maison de poupée* (Ibsen) |
| Exemple camerounais | *Le Cercle des sacrifices* (Werewere Liking) | *Trois prétendants… un mari* (Oyono-Mbia) |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Comparer le texte tragique et le texte dramatique en mettant en évidence deux différences fondamentales, avec un exemple camerounais pour chaque.
**Plan** :
1. Première différence : nature du héros – noble et élevé dans la tragédie (ex. : Antigone, fille d’Œdipe, princesse de Thèbes) vs ordinaire et moyen dans le drame (ex. : Juliette dans *Trois prétendants… un mari*, jeune fille d’un modeste fonctionnaire).
2. Deuxième différence : fin et objectif – fin inéluctable et malheureuse visant la catharsis dans la tragédie (ex. : mort d’Antigone et d’Hémon) vs fin ouverte ou résolue visant la réflexion sociale dans le drame (ex. : Juliette choisit de ne pas épouser aucun des trois prétendants et affirme son indépendance).
3. Application camerounaise : dans la tragédie moderne *Le Cercle des sacrifices*, le personnage principal subit une chute irréversible à cause de son attachement à une tradition sacrée qui entre en conflit avec la loi étatique ; dans le drame urbain étudié en atelier à Douala, un jeune chômeur confronte son père sur la valeur des études dans un contexte de crise économique.
4. Conclusion : le drame permet une critique plus directe de la société contemporaine, tandis que la tragédie interroge les valeurs universelles à travers des figures exemplaires.
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## VIII. Les tons et les demi-tons
### Contexte
Les tons et les demi-tons sont les unités de base de la mesure des intervalles en musique occidentale. Leur maîtrise est essentielle pour construire des gammes, des accords, des mélodies et pour transposer ou moduler. Cette notion est transversale et sous-tend toutes les autres leçons du chapitre (gammes, intervalles, accords, mesures).
### Définitions
> Un ton est l’intervalle qui sépare deux notes consécutives d’une gamme majeure lorsqu’il y a une note intermédiaire (ex. : Do–Ré, Ré–Mi, Fa–Sol, Sol–La, La–Si).
> Un demi-ton est l’intervalle le plus petit utilisé dans la musique occidentale tempérée, séparant deux notes consécutives lorsqu’il n’y a pas de note intermédiaire (ex. : Do–Do♯, Mi–Fa, Si–Do, Fa–Fa♯).
### Faits et exemples
- Dans la gamme de Do majeur : les tons se trouvent entre Do–Ré, Ré–Mi, Fa–Sol, Sol–La, La–Si ; les demi-tons entre Mi–Fa et Si–Do.
- Dans la gamme de La mineur naturel : les tons entre La–Si, Do–Ré, Ré–Mi, Fa–Sol, Sol–La ; les demi-tons entre Si–Do et Mi–Fa.
- Au Cameroun, les élèves des écoles de musique de Yaoundé utilisent des claviers ou des guitares pour pratiquer les gammes en montant et descendant par tons et demi-tons, en commençant par Do majeur puis en explorant les altérations (ex. : jouer une gamme de Sol majeur en ajoutant un Fa♯).
- La reconnaissance auditive du demi-ton est travaillée par des exercices d’écoute : distinguer un intervalle de seconde mineure (demi-ton) d’une seconde majeure (ton) dans des extraits de musique camerounaise moderne (ex. : intro de guitare dans un morceau de makossa où une note chromatique crée une tension).
### Vocabulaire à retenir
- Ton, demi-ton, intervalle, chromatisme, altération, tempérée égale, note consécutive, note intermédiaire.
### Tableau des tons et demi-tons dans la gamme de Do majeur
| Degré | Note suivante | Intervalle | Type |
|-------|---------------|------------|------|
| Do | Ré | 2 demi-tons | Ton |
| Ré | Mi | 2 demi-tons | Ton |
| Mi | Fa | 1 demi-ton | Demi-ton |
| Fa | Sol | 2 demi-tons | Ton |
| Sol | La | 2 demi-tons | Ton |
| La | Si | 2 demi-tons | Ton |
| Si | Do (sup) | 1 demi-ton | Demi-ton |
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Définir le ton et le demi-ton. Indiquer où se trouvent les demi-tons dans la gamme de Do majeur et expliquer leur rôle dans la caractérisation de la gamme.
**Plan** :
1. Définition du ton : intervalle de deux demi-tons séparant deux notes avec une note intermédiaire dans la gamme majeure.
2. Définition du demi-ton : plus petit intervalle utilisé en musique occidentale tempérée, séparant deux notes consécutives sans note intermédiaire.
3. Dans la gamme de Do majeur : demi-tons entre Mi–Fa et Si–Do.
4. Rôle : ces demi-tons créent les points de tension et de résolution qui définissent le caractère « majeur » de la gamme (contraste entre les tons stables et les demi-tons dirigés).
5. Application : montrer comment le passage de Mi à Fa (demi-ton montant) crée une tendance vers Fa, et comment le passage de Si à Do (demi-ton montant) renforce la résolution vers la tonique Do, essentielle pour la sensation de clôture mélodique.
6. Conclusion : sans ces demi-tons spécifiques, la gamme ne serait pas reconnue comme majeure (ex. : si tous les intervalles étaient des tons, ce serait une gamme entière, non tonale).
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## Synthèse du chapitre (liste structurée)
- Les gammes majeures et mineures naturelles sont définies par des successions spécifiques de tons et de demi-tons ; leur relation de relatif partage la même armure.
- Les intervalles sont classés selon leur nombre de demi-tons et leur qualité (majeur, mineur, juste, diminué, augmenté), essentielle pour l’analyse harmonique et mélodique.
- Les accords parfaits sont construits par superposition de tierces ; leur qualité (majeur/mineur) dépend de la tierce, et leur renversement change la basse sans altérer la qualité.
- Les instruments occidentaux (cordes, vents, percussion) produisent le son par des mécanismes distincts (vibration de cordes, d’air, ou par frappe) et sont utilisés dans des contextes éducatifs et religieux camerounais.
- Les mesures organisent le temps musical : simples (binaire) ou composées (ternaire), avec des signatures comme 2/4, 3/4, 4/4, 6/8, 9/8, influençant le caractère rythmique (marche, valse, blues).
- Le texte tragique présente un héros noble confronté à un destin inéluctable, suscitant pitié et crainte (catharsis), tandis que le texte dramatique représente des conflits sociaux ou psychologiques réalistes, souvent avec une fin ouverte.
- Le ton (2 demi-tons) et le demi-ton (1 demi-ton) sont les unités fondamentales de la mesure intervallique ; leur répartition dans les gammes définit leur caractère (majeur/mineur).
- Les notions étudiées sont transversales et s’appliquent à l’écoute, à la lecture de partition, à l’accompagnement instrumental et à l’analyse de textes théâtraux au Cameroun et en Afrique.
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## Glossaire
- **Altération** : symbole (bémol, dièse, naturelle) qui modifie la hauteur d’une note d’un demi-ton.
- **Armure** : groupe d’altérations placées au début de la portée indiquant la tonalité.
- **Catharsis** : purification des émotions (pitié et crainte) éprouvée par le spectateur devant une tragédie, selon Aristote.
- **Demi-ton** : plus petit intervalle utilisé dans la musique tempérée occidentale, séparant deux notes consécutives sans note intermédiaire.
- **Fundamentale** : note la plus basse d’un accord lorsqu’il est à l’état fondamental, donnant son nom à l’accord.
- **Gamme majeure** : succession de sept notes avec l’intervalle ton–ton–demi-ton–ton–ton–ton–demi-ton.
- **Intervalle juste** : quarte, quinte ou octave pure, sans altération, considérée comme consonante dans le système tonal.
- **Mesure composée** : mesure où chaque temps se divise en trois parties égales (ex. : 6/8, 9/8).
- **Renversement d’accord** : forme d’accord où la fondamentale n’est pas dans la basse (première ou deuxième renversée).
- **Tessiture** : étendue de sons qu’une voix ou un instrument peut produire avec facilité et homogénéité.
- **Tierce** : intervalle de trois degrés (ex. : Do–Mi), déterminant la qualité majeure ou mineure d’un accord.
- **Unité d’action** : principe classique du théâtre selon lequel une pièce doit représenter une seule action principale, sans sous-intrigues étrangères.
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*Fin de la fiche de cours.*
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