Chapitre 2
Environnement, santé et bien-être
Lecture : 20 minQuiz de 12 questions
# Environnement, santé et bien-être
## Objectifs et prérequis
Ce chapitre vise à approfondir la maîtrise du grec ancien à travers l’étude de notions grammaticales avancées (articles, adverbes, participes, verbes en -μι, propositions subordonnées, génitif absolu) tout en les ancrant dans des thèmes culturels et philosophiques liés à l’environnement, la santé, le bien-être et l’éthique dans la Grèce antique. Les élèves doivent être capables d’analyser des textes authentiques, de produire des phrases correctes en grec, et de faire des liens entre langue, pensée et société.
Prérequis : maîtrise de la déclinaison nominale, du verbe régulier à l’indicatif présent, des participes passés et présents de base, de l’article défini, et des notions de base sur la vie quotidienne en Grèce classique (Ve-IVe s. av. J.-C.).
## I. Titre 19 : L'article devant l'adverbe
En grec ancien, l’article défini peut précéder un adverbe pour lui conférer une valeur substantivée, c’est-à-dire le transformer en nom abstrait ou concret. Cette construction est fréquente dans les textes philosophiques et rhétoriques pour exprimer des concepts généraux.
> L’article défini placé devant un adverbe substantivé fonctionne comme un nom neutre au singulier, souvent traduit par « le fait de… » ou « la manière de… ».
Exemple :
ὁ καλῶς (ho kalōs) – « le bien » (litt. « le bien-faisant »)
τὸ ἀληθῶς (to alēthōs) – « la vérité » (litt. « le véritablement »)
ἡ κακῶς (hē kakōs) – « le mal » (litt. « le mal-faisant »)
Tableau : Substantivation des adverbes avec l’article
| Adverbe | Forme substantivée | Traduction |
|---------|--------------------|------------|
| καλῶς (bien) | ὁ καλῶς | le bien |
| ἀληθῶs (vraiment) | τὸ ἀληθῶς | la vérité |
| κακῶς (mal) | ἡ κακῶς | le mal |
| σιγῶς (silencieusement) | τὸ σιγῶς | le silence |
| ταχέως (rapidement) | τὸ ταχέως | la rapidité |
Exercice : Traduire en grec :
1. Le bien est préférable au mal.
→ Ὁ καλῶς κρεῖττόν ἐστιν τοῦ κακῶς.
2. La vérité doit être dite.
→ Τὸ ἀληθῶς δεῖ λέγεσθαι.
3. Le silence est parfois nécessaire.
→ Τὸ σιγῶς ποτέ χρείαν ἔχει.
Corrigé : Voir ci-dessus.
## II. Titre 20 : Les Grecs et la philosophie
La philosophie grecque antique (VIe-IVe s. av. J.-C.) cherche à comprendre le monde par la raison, non par le mythe. Elle s’intéresse à la nature (physis), à l’homme (anthrōpos), et au bien vivre (eudaimonia). Les présocratiques (Thalès, Héraclite) interrogent l’archè (principe fondamental). Socrate recentre la philosophie sur l’homme et son âme. Platon et Aristote développent des systèmes métaphysiques et éthiques.
> La philosophie grecque vise l’eudaimonia, souvent traduite par « bonheur » ou « épanouissement humain », atteinte par la vertu et la connaissance de soi.
Texte adapté (extrait de Platon, Apologie de Socrate, 38a) :
Ὁ δὲ ἀνεξέταστος βίος οὐ βιωτὸς ἀνθρώπῳ.
« La vie non examinée ne vaut pas d’être vécue pour l’homme. »
Traduction : La vie non examinée ne vaut pas d’être vécue pour l’homme.
Vocabulaire :
- ἀνεξέταστος – non examiné
- βίος – vie
- βιωτὸs – vivable, qui vaut la peine d’être vécu
- ἀνθρώπῳ – à l’homme (datif)
Exercice : Compléter en grec :
Socrate dit que __________ est le plus grand bien.
→ ἡ σοφία (la sagesse)
## III. Titre 21 : Les emplois des participes (2)
Le participe grec peut avoir des fonctions attributive, complémentaire, ou indépendante (génitif absolu, participe complément du verbe de perception, etc.). Ici, on étudie son emploi comme complément du nom (attribut) et comme verbe dans une proposition subordonnée participiale.
> Le participe s’accorde en genre, nombre et cas avec le nom auquel il se rapporte lorsqu’il est attributif.
Exemple attributif :
ὁ ἀνὴρ ἀγροικὸς πλουσίος – « l’homme riche, agriculteur »
(mais mieux : ὁ πλούσιος ἀνὴρ ὁ ἀγροικὸs – « l’homme riche, qui est agriculteur »)
Exemple de participe complément du verbe de perception :
Ἐὼν τὸν παῖδα κλαίοντα, ἐλέησα αὐτόν.
« Ayant vu l’enfant pleurer, j’ai eu pitié de lui. »
(κλαίοντα = participe présent accusatif singulier masculin, complément de τὸν παῖδα)
Tableau : Fonctions du participe
| Fonction | Exemple grec | Traduction |
|----------|--------------|------------|
| Attributif | ὁ σοφὸς ἀνὴρ | l’homme sage |
| Complément du verbe de vision | Ἐὼν τὸν δένδρον πτῶντα | Ayant vu l’arbre tomber |
| Génitif absolu (voir Titre 34) | Τοῦ ἡλίου δύνοντος | Le soleil se couchant |
| Complément du verbe de jugement | Νομίζω τὸν ἄνδρα δικαῖον | Je considère l’homme juste |
Exercice : Traduire en grec :
1. L’homme sage, voyant la maladie, s’en alla.
→ Ὁ σοφὸς ἀνὴρ, ἰδὼν τὴν νόσον, ἀπῆλθεν.
2. Ayant entendu les paroles du roi, le peuple se tut.
→ Ἀκούσας τοὺς λόγους τοῦ βασιλέως, ὁ λαὸς ἐσίγησεν.
Corrigé : Voir ci-dessus.
## IV. Titre 22 : L’homme et l’environnement géographique
Les Grecs anciens percevaient leur environnement comme façonnant leur caractère et leur mode de vie. Hérodote note dans ses Enquêtes que la géographie influence les mœurs (coutumes). Les cités côtières (Athènes, Corinthe) développent le commerce et la démocratie ; les régions montagneuses (Sparte, Arcadie) favorisent l’austérité et la guerre.
> L’environnement géographique détermine en partie les modes de subsistance, les valeurs sociales et les formes politiques chez les Grecs anciens.
Texte adapté (Hérodote, Enquêtes, I, 142) :
οἱ μὲν ἐν ταῖς νήσοις οἰκοῦντες ἐμπορικὸς βίος ἐστί, οἱ δὲ ἐν ταῖς ὄρεσιν πολεμικὸν ἔθος ἔχουσιν.
« Ceux qui habitent les îles ont une vie commerciale ; ceux qui habitent les montagnes ont un caractère guerrier. »
Traduction : Ceux qui habitent les îles ont une vie commerciale ; ceux qui habitent les montagnes ont un caractère guerrier.
Vocabulaire :
- νῆσος – île
- ὄρος – montagne
- ἐμπορικὸς – commercial
- πολεμικὸς – guerrier
- ἔθος – caractère, coutume
Exercice : Compléter en grec :
Les Athéniens, vivant près de la mer, __________.
→ ἐμπορεύονται (ils font du commerce)
## V. Titre 23 : L’adverbe enclavé entre l’article et le nom
Cette construction est rare mais attestée dans la poésie et la prose littéraire. L’adverbe placé entre l’article et le nom modifie le nom avec une nuance de manière ou de circonstance, souvent traduit par un adjectif ou une proposition subordonnée.
> L’adverbe enclavé entre l’article et le nom fonctionne comme un déterminant circonstanciel, exprimant la manière dont le nom est envisagé.
Exemple :
ὁ εὖ ζῶν ἀνὴρ – « l’homme qui vit bien » (litt. « l’homme le bien-vivant »)
τὸ κακῶς πάσχον – « ce qui souffre mal » (litt. « le le-mal-souffrant »)
ἡ σιγῶς βασιλεύουσα γυνὴ – « la reine qui règne en silence »
Tableau : Adverbe enclavé
| Construction | Traduction littérale | Traduction naturelle |
|--------------|----------------------|----------------------|
| ὁ εὖ ζῶν ἀνὴρ | l’homme le bien-vivant | l’homme qui vit bien |
| τὸ κακῶς πάσχον | le le-mal-souffrant | ce qui souffre mal |
| ἡ σιγῶς βασιλεύουσα γυνὴ | la reine le-silencieusement-régnante | la reine qui règne en silence |
| ὁ ταχέως τρέχων ἵππος | le cheval le-rapidement-courant | le cheval qui court vite |
Exercice : Traduire en grec :
1. La femme qui parle doucement.
→ ἡ ἡσυχῶς λέγουσα γυνὴ
2. L’enfant qui joue joyeusement.
→ ὁ εὖ παίζον παῖς
Corrigé : Voir tableau ci-dessus.
## VI. Titre 24 : Développement d’un corpus traitant de la question de la paix dans la Grèce antique
La paix (eirēnē) était une valeur idéale mais rarement réalisée. Les cités étaient souvent en guerre (guerres médiques, guerre du Péloponnèse). Pourtant, des traités de paix (spondai) étaient signés, et des fêtes comme les trêves sacrées pendant les Jeux olympiques permettaient une cessation temporaire des hostilités.
> La paix dans la Grèce antique était souvent conçue comme une trêve négociée (spondai) ou une harmonie intérieure (eirēnē comme ordre cosmique et social).
Texte adapté (Thucydide, Histoire de la Guerre du Péloponnèse, V, 18) :
Εἰρήνη οὐκ ἐστὶν ἀπόλυσις πολέμου, ἀλλὰ σύμφωνος ἁρμονία πόλεων.
« La paix n’est pas simplement la cessation de la guerre, mais un accord harmonieux entre les cités. »
Traduction : La paix n’est pas simplement la cessation de la guerre, mais un accord harmonieux entre les cités.
Vocabulaire :
- εἰρήνη – paix
- πόλεμος – guerre
- σύμφωνος – harmonieux, d’accord
- ἁρμονία – harmonie, accord
- πόλις – cité
Exercice : Traduire en grec :
1. La paix est préférable à la guerre.
→ ἡ εἰρήνη κρεῖττόν ἐστιν τοῦ πολέμου.
2. Après la guerre, les cités ont signé un traité de paix.
→ Μετὰ τὸν πόλεμον, αἱ πόλεις συνέθεντο spondas. (note : spondas est emprunté, mais en grec classique on dirait ἱεράς εἰρήνης)
Corrigé :
1. ἡ εἰρήνη κρεῖττόν ἐστιν τοῦ πολέμου.
2. Μετὰ τὸν πόλεμον, αἱ πόλεις ἱερὰν εἰρήνην ἐποίησαν.
## VII. Titre 25 : Les verbes en -μι à toutes les voix
Les verbes en -μι (comme ἵστημι, δίδωμι, τίθημι) forment leur présent à l’actif avec une racine réduite et des terminaisons spécifiques. Ils ont des formes moyennes et passives distinctes.
> Les verbes en -μι présentent une conjugaison irrégulière au présent, avec des racines en zéro-grade et des terminaisons actives : -μι, -ς, -σι, -μεν, -τε, -ασι.
Tableau : Conjugaison du présent de ἵστημι (je place)
| Voix | 1ère sg. | 2ème sg. | 3ème sg. | 1ère pl. | 2ème pl. | 3ème pl. |
|------|----------|----------|----------|----------|----------|----------|
| Actif | ἵστημι | ἵστης | ἵστησι(ν) | ἱστάμεν | ἱστέτε | ἱστᾶσι(ν) |
| Moyen | ἵσταμαι | ἵστασαι | ἵσταται | ἱσταόμεθα | ἱστασθε | ἵστωνται |
| Passif | ἵσταμαι | ἵστασαι | ἵσταται | ἱσταόμεθα | ἱστασθε | ἵστωνται |
Note : Le moyen et le passif sont identiques en forme pour ces verbes.
Exemple :
τίθημι – je place
τίθης – tu places
τίθησι – il/elle place
τίθεμεν – nous plaçons
τίθετε – vous placez
τίθασι – ils/elles placent
Exercice : Conjuguer à l’actif présent : δίδωμι (je donne)
→ δίδωμι, δίδως, δίδωσι(ν), διδόμεν, διδότε, διδόασι(ν)
Corrigé : Voir ci-dessus.
## VIII. Titre 26 : L'Homme et son bien-être
Le bien-être (eudaimonia) est le but ultime de l’existence humaine selon Aristote. Il ne se réduit pas au plaisir, mais à l’accomplissement de l’homme selon sa vertu (aretē) et sa raison. La santé du corps et de l’âme est essentielle.
> L’eudaimonia, bien-être humain suprême, réside dans l’activité de l’âme conforme à la vertu, selon Aristote.
Texte adapté (Aristote, Éthique à Nicomaque, I, 4) :
Εὐδαιμονία ἐστὶν ἐνέργεια ψυχῆς κατ’ ἀρετὴν τελείαν.
« Le bonheur est une activité de l’âme conforme à la vertu parfaite. »
Traduction : Le bonheur est une activité de l’âme conforme à la vertu parfaite.
Vocabulaire :
- εὐδαιμονία – bonheur, épanouissement
- ἐνέργεια – activité
- ψυχή – âme
- κατ’ – selon
- ἀρετὴ – vertu
- τελείαν – parfaite
Exercice : Traduire en grec :
1. Le bien-être vient de la vertu.
→ Ἡ εὐδαιμονία ἀπὸ τῆς ἀρετῆς ἔρχεται.
2. Un homme vertueux est heureux.
→ ὁ ἀνὴρ ἀρετὴν ἔχων εὐδαίμων ἐστί.
Corrigé :
1. Ἡ εὐδαιμονία ἀπὸ τῆς ἀρετῆς ἔρχεται.
2. ὁ ἀνὴρ ἀρετὴν ἔχων εὐδαίμων ἐστί.
## IX. Titre 27 : La proposition participiale
La proposition participiale est une subordonnée où le verbe est au participe. Elle exprime souvent le temps, la cause, la condition, ou la manière. Elle dépend d’une proposition principale.
> La proposition participiale exprime une circonstance (temps, cause, etc.) et se construit avec un participe accordé au nom auquel il se rapporte.
Exemple de temps :
Ἐλθὼν εἰς τὴν ἀγορὰν, ἀγορᾶσα τὸν ἄρτον, ἐπέστρεψεν εἰς τὸν οἶκον.
« étant venu au marché, ayant acheté le pain, il est retourné à la maison. »
Exemple de cause :
Φοβούμενος τὸν θεόν, οὐκ ἐπείθετο τῷ νόμῳ.
« ayant peur du dieu, il n’a pas obéi à la loi. » (cause)
Tableau : Sens de la proposition participiale
| Sens | Participe | Exemple grec | Traduction |
|------|-----------|--------------|------------|
| Temps | Aoriste | Ἐλθὼν | étant venu |
| Cause | Présent | Φοβούμενος | ayant peur |
| Condition | Présent | Ἐὼν | si l’on est |
| Manière | Présent | καλῶς ἀκούων | en écoutant bien |
Exercice : Traduire en grec :
1. Ayant fini ses devoirs, l’élève sortit.
→ Τελέσας τὰς ἀσκήσεις, ὁ μαθητὴς ἐξῆλθεν.
2. Parce qu’il était malade, il ne vint pas à l’école.
→ Ἀσθενοῦν, οὐκ ἦλθεν εἰς τὴν σχολήν.
Corrigé : Voir ci-dessus.
## X. Titre 28 : La Grèce antique et la Grèce contemporaine
La Grèce antique (VIIIe-IVe s. av. J.-C.) se distingue par ses cités-États, sa démocratie directe, sa philosophie et son art. La Grèce contemporaine (depuis 1830) est un État-nation héritier de cette culture, mais avec des institutions modernes, une économie mixte, et des défis urbains et environnementaux.
> La Grèce contemporaine perpétue l’héritage antique par la langue, les valeurs démocratiques et l’attention au bien-être citoyen, tout en intégrant des réalités modernes.
Texte adapté (extrait de la Constitution grecque actuelle, préambule) :
« Nous, les Grecs, fidèles aux idéaux de liberté, de démocratie et de justice hérités de nos ancêtres, nous engageons à construire un État social et écologique. »
Traduction : Nous, les Grecs, fidèles aux idéaux de liberté, de démocratie et de justice hérités de nos ancêtres, nous engageons à construire un État social et écologique.
Vocabulaire :
- πολιτεία – État, république
- δημοκρατία – démocratie
- ελευθερία – liberté
- δικαιοσύνη – justice
- κοινωνικός – social
- οικολόγος – écologique
Exercice : Compléter en grec :
La Grèce d’aujourd’hui valorise __________, hérité de l’antiquité.
→ τὴν δημοκρατίαν (la démocratie)
## XI. Titre 29 : Les propositions subordonnées
Les propositions subordonnées complètent, expliquent ou circonscrivent la proposition principale. Elles peuvent être conjonctives (introduites par ἵνα, ὅτι, εἰ, etc.) ou infinitives.
> Une proposition subordonnée conjonctive exprime un contenu (pensée, doute, but) et est introduite par une conjonction comme ὅτι (que), ἵna (afin que), ou εἰ (si).
Exemple :
Οἶδα ὅτι σοφὸς εἶ.
« Je sais que tu es sage. » (complément circonstanciel)
Βούλομαι ἵνα ἐλθῇς.
« Je veux que tu viennes. » (but)
Tableau : Conjonctions subordonnantes
| Conjonction | Sens | Exemple grec | Traduction |
|-------------|------|--------------|------------|
| ὅτι | que | Οἶδα ὅτι σοφὸς εἶ | Je sais que tu es sage |
| ἵνα | afin que | Βούλομαι ἵνα ἐλθῇς | Je veux que tu viennes |
| εἰ | si | Ἐὰν εἰς τὴν ἀγορὰν ἐλθῇς, ὄψῃ τὸν βασιλέα | Si tu vas au marché, tu verras le roi |
| ὡς | comme, puisque | ὡς ἐλαθὼν ἐστὶν ὥρα, ἀπῆλθεν | Comme il était tard, il est parti |
Exercice : Traduire en grec :
1. Je pense qu’il est juste.
→ Νομίζω ὅτι δίκαιος ἐστί.
2. Afin que la paix vienne, nous prions.
→ Ἱνα εἰρήνη ἔλθῃ, προσευχόμεθα.
Corrigé : Voir ci-dessus.
## XII. Titre 30 : Développement d'un corpus traitant du bien-être de l'Homme dans les cités grecques
Le bien-être dans les cités grecques dépendait de l’équilibre entre corps et âme, de la participation à la vie politique (pour les citoyens libres), de l’accès à la nourriture, à l’eau potable, et aux espaces publics (agora, gymnase, thermes). Les médecins comme Hippocrate liaient santé et environnement.
> Le bien-être urbain dans la Grèce antique reposait sur l’hygiène, l’activité physique, la justice sociale et la participation civique.
Texte adapté (Hippocrate, Airs, eaux, lieux, chap. 1) :
Οἱ ἐν ταῖς πολεῖς οἰκοῦντες ὑγιεῖς εἰσὶν, εἰ τὸν ἀέρα καθαρὸν ἔχουσιν καὶ τὸ νερό πηγαῖον.
« Ceux qui habitent les villes sont en bonne santé, s’ils ont un air pur et de l’eau de source. »
Traduction : Ceux qui habitent les villes sont en bonne santé, s’ils ont un air pur et de l’eau de source.
Vocabulaire :
- πόλις – ville
- ὑγιεῖς – en bonne santé
- ἀήρ – air
- καθαρὸs – pur
- νερό – eau
- πηγαῖος – de source
Exercice : Traduire en grec :
1. Dans la cité, le bien-être vient de l’eau propre et de l’air pur.
→ Ἐν τῇ πόλει, ἡ εὐδαιμονία ἀπὸ τοῦ καθαροῦ νεροῦ καὶ τοῦ καθαροῦ ἀέρος ἔρχεται.
2. Les citoyens allaient au gymnase pour se maintenir en forme.
→ Οἱ πολῖται ἐς τὸ γυμνάσιον ἐπορεύοντο ἵνα τὸ σῶμα ὑγιὲς ἔχωσιν.
Corrigé : Voir ci-dessus.
## XIII. Titre 31 : La proposition participiale (rappel et approfondissement)
Voir Titre 27. Cette leçon renforce l’analyse des propositions participiales dans des textes littéraires complexes, notamment chez Thucydide et Platon, où elles servent à condenser l’information et à créer un style sobre et soutenu.
> Dans la prose historique et philosophique, la proposition participiale permet d’exprimer plusieurs actions en séquence sans surcharger la phrase avec des conjonctions.
Exemple (Thucydide, I, 23) :
Ἀγορὰς ἱστὼν τὸν πόλεμον, καὶ τὰς σύμμαχους ἀπολέσας, ἐπέστρεψεν εἰς τὴν ἀγορὰν.
« ayant provoqué la guerre et ayant perdu ses alliés, il est retourné au marché. »
Exercice : Analyser : « Ἐλθὼν εἰς τὴν ἀγορὰν, ἀγορᾶσα τὸν ἄρτον, ἐπέστρεψεν »
→ Deux propositions participiales : temps (Ἐλθὼn) et cause/manière (ἀγορᾶσα) — l’action principale est ἐπέστρεψen.
## XIV. Titre 32 : La cosmogonie grecque
La cosmogonie grecque explique l’origine du monde par des mythes (Hésiode, Théogonie) ou par la raison (philosophes présocratiques). Chez Hésiode, le monde naît du Chaos, puis de Gaïa (Terre), Tartare, Éros. Chez les présocratiques, Thalès voit l’eau comme principe, Héraclite le feu, Anaximandre l’apeiron (l’indéfini).
> La cosmogonie hésiodique présente une génération théogonique du monde à partir du Chaos, tandis que les présocratiques cherchent un principe naturel unique (archè).
Texte adapté (Hésiode, Théogonie, 116-122) :
ἐξ δὲ Χάος Γαῖα βροτειῆς ἐστὶν ἀσφαλὴς ἕδρα, καὶ Τάρταρος ἐνὸς εὐρὺς ἀνὰ χόον, καὶ Ἔρως ἀρρενὸς τε καὶ θῆλυς.
« Du Chaos naquirent la Terre, demeure sûre des mortels, le Tartare, vaste souterrain, et l’Amour, mâle et femelle. »
Traduction : Du Chaos naquirent la Terre, demeure sûre des mortels, le Tartare, vaste souterrain, et l’Amour, mâle et femelle.
Vocabulaire :
- Χάος – Chaos
- Γαῖα – Terre
- Τάρταρος – Tartare
- Ἔρως – Amour
- βροτειῆς – mortel(le)
- ἀσφαλὴς – sûr
- ἕδρα – demeure
- εὐρὺs – vaste
- χόον – souterrain
- ἀρρενὸς – mâle
- θῆλυς – femelle
Exercice : Compléter en grec :
Selon Hésiode, le premier principe est __________.
→ ὁ Χάος (le Chaos)
## XV. Titre 33 : Etude comparative des verbes contractes et non contractes à travers les 3 voix
Les verbes contractes (en -αω, -εω, -οω) subissent une contraction des voyelles en -ῳ, -ῃ, -οῦ au présent. Les verbes non contractes conservent leurs voyelles. Cette règle s’applique aux trois voix (actif, moyen, passif).
> Les verbes en -αω, -εω, -οω contractent leurs voyelles au présent de l’indicatif à toutes les voix : -αω → -ῳ, -εω → -ῃ, -οω → -οῦ.
Tableau : Contraction des verbes au présent
| Type | Exemple | Actif | Moyen/Passif |
|------|---------|-------|--------------|
| Non contracte | λύω (je délie) | λύω, λύεις, λύει, λύομεν, λύετε, λύουσι(ν) | λύομαι, λύῃ, λύεται, λυόμεθα, λύεσθε, λύονται |
| Contracte en -αω | τιμάω (je honore) | τιμῶ, τιμᾷς, τιμᾷ, τιμῶμεν, τιμᾶτε, τιμῶσι(ν) | τιμῶμαι, τιμᾷ, τιμᾶται, τιμώμεθα, τιμᾶσθε, τιμῶνται |
| Contracte en -εω | φιλέω (j’aime) | φιλῶ, φιλεῖς, φιλεῖ, φιλοῦμεν, φιλεῖτε, φιλοῦσι(ν) | φιλοῦμαι, φιλεῖ, φιλεῖται, φιλούμεθα, φιλεῖσθε, φιλοῦνται |
| Contracte en -οω | νοέω (je pense) | νοῶ, νοεῖς, νοεῖ, νοοῦμεν, νοεῖτε, νοοῦσι(ν) | νοοῦμαι, νοεῖ, νοεῖται, νοούμεθα, νοεῖσθε, νοοῦνται |
Exercice : Conjuguer à l’actif présent : ποιέω (je fais)
→ ποιῶ, ποιεῖς, ποιεῖ, ποιοῦμεν, ποιεῖτε, ποιοῦσι(ν)
Corrigé : Voir tableau ci-dessus.
## XVI. Titre 34 : Le génitif absolu
Le génitif absolu est une construction indépendante où un nom et son participe sont au génitif, sans lien syntaxique avec la proposition principale. Il exprime souvent le temps, la cause, ou la condition.
> Le génitif absolu se compose d’un nom au génitif et d’un participe au génitif, s’accordant en genre et nombre, et exprime une circonstance extérieure à la proposition principale.
Exemple :
Τοῦ ἡλίου δύνοντος, οἱ ἄνθρωποι εἰς τὰς οἰκίας ἐπῆλθον.
« Le soleil se couchant, les hommes rentrèrent dans leurs maisons. » (temps)
Διὰ τὸν ἄνεμον πνέοντα, τὰ πλοῖα οὐκ ἐπλεῦσαν.
« À cause du vent soufflant, les bateaux ne naviguèrent pas. » (cause)
Tableau : Génitif absolu
| Nom au génitif | Participe au génitif | Traduction |
|----------------|----------------------|------------|
| Τοῦ ἡλίου | δύνοντος | le soleil se couchant |
| Τῆς γυναικός | λαλούσης | la femme parlant |
| Τῶν ἀνέμων | πνέοντος | les vents soufflant |
| Τῆς πόλεως | ἁλισκομένης | la ville étant prise |
Exercice : Traduire en grec :
1. Le roi parlant, les soldats se turent.
→ Τοῦ βασιλέως λαλούντος, οἱ στρατιῶται ἐσίγησαν.
2. La nuit venant, nous allumâmes les lampes.
→ Τῆς νυκτὸς ἐπιγινομένης, ἡμεῖς τὰς λampάδας ἐνέκαψεν. (note : ἐπιγινόμενον = venant, mais mieux : Τῆς νυκτὸς ἐπισκιάζουσας → nuit tombante)
Corrigé :
1. Τοῦ βασιλέως λαλούντος, οἱ στρατιῶται ἐσίγησαν.
2. Τῆς νυκτὸς ἐπισκιάζουσας, ἡμεῖς τὰς λαμπάδας ἐνέκαψεν.
## XVII. Titre 35 : Développement d'un corpus traitant de la question de l'éthique et de la morale chez les Grecs
L’éthique grecque (ēthos) concerne la caractère et les habitudes vertueuses. La morale concerne les règles de conduite. Pour Platon, la justice est l’harmonie de l’âme. Pour Aristote, la vertu est un juste milieu entre deux excès. L’éthique est liée à la polis : être bon citoyen, c’est être vertueux.
> L’éthique aristotélicienne définit la vertu comme un état disposant à choisir le juste milieu, relatif à nous, déterminé par la raison pratique.
Texte adapté (Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 6) :
Ἀρετὴ οὖν ἐστὶν ἕξις προαιρετικὴ, μέσον ἔχουσα τὴν πρὸς ἡμᾶς, ὃς ὁ φρόνιμος ἂν ὁρίσειε.
« La vertu est donc une disposition délibérative, portant un juste milieu relatif à nous, qui est déterminé par l’homme de bon sens. »
Traduction : La vertu est donc une disposition délibérative, portant un juste milieu relatif à nous, qui est déterminé par l’homme de bon sens.
Vocabulaire :
- ἀρετὴ – vertu
- ἕξις – disposition, habitude
- προαιρετικὴ – délibérative
- μέσον – milieu
- πρὸς ἡμᾶς – relatif à nous
- φρόνιμος – homme de bon sens, prudent
- ὁρίζειε – déterminerait
Exercice : Traduire en grec :
1. La vertu est une habitude du bien agir.
→ Ἡ ἀρετὴ ἐστὶν ἕξις τοῦ εὖ πράττειν.
2. Le juste milieu entre la peur et la témérité est le courage.
→ τὸ μέσον ἀναμέσον τῆς φόβου καὶ τῆς θρασύσεως ἐστὶν ἡ ἀνδρεία.
Corrigé :
1. Ἡ ἀρετὴ ἐστὶν ἕξις τοῦ εὖ πράτteiν.
2. τὸ μέσον ἀναμέσον τῆς φόβου καὶ τῆς θρασύσεως ἐστὶν ἡ ἀνδρεία.
## XVIII. Synthèse du chapitre
- Maîtrise de la substantivation des adverbes par l’article (ὁ καλῶς, τὸ ἀληθῶς) pour exprimer des concepts abstraits.
- Compréhension de la philosophie grecque comme recherche de l’eudaimonia par la vertu et la connaissance de soi.
- Analyse des emplois du participe : attributif, complément du verbe de perception, proposition participiale, génitif absolu.
- Étude de l’interaction entre l’homme et son environnement géographique dans la détermination des modes de vie et des valeurs.
- Exploration de la paix (eirēnē) comme idéal négocié (spondai) et harmonie intérieure dans la pensée grecque antique.
- Conjugaison précise des verbes en -μι à toutes les voix, avec leurs particularités morphologiques.
- Réflexion sur le bien-être humain (eudaimonia) comme activité de l’âme conforme à la vertu parfaite (Aristote).
- Utilisation de la proposition participiale pour exprimer temps, cause, condition, ou manière de façon concise et soutenue.
- Comparaison entre la Grèce antique (cités-États, démocratie directe) et la Grèce contemporaine (État-nation, héritage culturel).
- Maîtrise des propositions subordonnées conjonctives (ὅτι, ἵνα, εἰ, ὡs) pour exprimer pensée, but, condition, et concession.
- Analyse du bien-être urbain dans les cités grecques : hygiène, activité physique, accès à l’eau et à l’air pur, participation civique.
- Approfondissement de la proposition participiale dans les textes historiques et philosophiques pour un style sobre et dense.
- Étude de la cosmogonie hésiodique (Chaos, Gaïa, Tartare, Éros) et comparaison avec les explications rationnelles des présocratiques (archè).
- Application de la règle de contraction des voyelles dans les verbes en -αω, -εω, -οω à toutes les voix du présent.
- Utilisation du génitif absolu pour exprimer des circonstances indépendantes (temps, cause, condition) avec nom et participe au génitif.
- Compréhension de l’éthique grecque comme vertu (aretē) définie par le juste milieu (Aristote) ou l’harmonie de l’âme (Platon).
Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.