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Chapitre 3

production des tubercules et racines

Lecture : 27 minQuiz de 12 questions

# production des tubercules et racines ## Objectifs et prérequis Ce chapitre vise à permettre à l’élève de Première de comprendre les étapes techniques de la production des tubercules et racines, de la préparation du sol à la commercialisation, en intégrant les pratiques agricoles durables adaptées au contexte camerounais. Il doit être capable de réaliser des activités pratiques liées au semis, à l’entretien, à la protection et à la vente de ces cultures, tout en appliquant les principes de choix du site, d’amendement du sol et de recherche de marchés. Prérequis : connaissances de base en biologie végétale (parties de la plante, cycle de vie), notions de pédologie (types de sols, pH), et familiarité avec les outils agricoles de base (houe, râteau, cordeau). ## Introduction La production des tubercules et racines constitue un pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie rurale au Cameroun. Des espèces comme le manioc, l’igname, le taro, la patate douce et le macabo sont cultivées dans presque toutes les régions, du Sud au Nord, en passant par l’Ouest et l’Adamaoua. Ces cultures sont appréciées pour leur capacité à produire des rendements élevés sur des sols parfois marginalisés, leur résistance relative à la sécheresse et leur importance dans l’alimentation quotidienne (fufu, bobolo, ndolé, achu). Toutefois, leur productivité dépend fortement de la maîtrise des étapes techniques : choix du site, préparation du sol, semis, entretien, protection contre les ravageurs et maladies, et enfin, commercialisation. Ce chapitre suit une progression logique, du diagnostic initial à la mise en marché, en alternant apports théoriques et activités pratiques renforcées par des vidéos pédagogiques, conformément au programme officiel de Travail Manuel en Première. ## I. Prise de contact + Evaluation diagnostique ### Contexte Cette première séance permet d’évaluer les connaissances antérieures des élèves sur les tubercules et racines, leurs usages alimentaires et économiques, et leurs expériences personnelles en jardinage ou en champ familial. Elle sert à identifier les lacunes et à adapter le déroulement du chapitre. ### Définitions > **Tubercules** : Organes de réserve souterrains, modifiés à partir de tiges (ex. : pomme de terre, igname) ou de racines (ex. : manioc, patate douce), riches en amidon et utilisés pour l’alimentation humaine et animale. > **Racines tubéreuses** : Racines modifiées en organes de réserve (ex. : manioc, patate douce), distinctes des tuberiges tigeux. ### Faits et exemples concrets Au Cameroun, le manioc (*Manihot esculenta*) est la première culture racinaire en termes de superficie cultivée (environ 1,2 million d’ha selon le MINADER, 2022), suivi de l’igname (*Dioscorea spp.*), particulièrement répandue dans les régions de l’Ouest, du Nord-Ouest et de l’Adamaoua. Le taro (*Colocasia esculenta*) domine dans les zones humides du Sud et de l’Est. Ces cultures contribuent à plus de 40 % de l’apport calorique rural dans certaines zones. ### Vocabulaire à retenir - Tubercule - Racine tubéreuse - Sécurité alimentaire - Rendement - Culture vivrière ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi le manioc est considéré comme une culture stratégique pour la sécurité alimentaire au Cameroun. **Plan** : I. Importance nutritionnelle du manioc (riche en glucides, accessible) II. Adaptabilité écologique (tolérance à la sécheresse, sols pauvres) III. Rôle économique (transformation en gari, couscous de manioc, revenus ruraux) IV. Contribution à la résilience face aux chocs climatiques ## II. Activités pratiques, Préparation du sol pour le semis de tubercules et racines ### Contexte Cette activité introduit les gestes techniques de base pour préparer un sol adapté à la culture des tubercules et racines, en tenant compte de leurs besoins en aération, drainage et disponibilité en nutriments. ### Définitions > **Préparation du sol** : Ensemble des opérations mécaniques (labour, décompactage, affinage) visant à créer un lit de semence favorable à la germination et au développement racinaire ou tubéreux. > **Texture du sol** : Proportion relative des particules de sable, limon et argile dans un sol, influençant son drainage et sa rétention d’eau. ### Faits et exemples concrets Dans la région de l’Ouest Cameroun, les agriculteurs pratiquent souvent un labour en buttés pour l’igname afin d’améliorer le drainage et faciliter le développement des tubercules. Dans les zones sableuses du Nord, un apport de fumier composté est essentiel pour augmenter la rétention d’eau et la matière organique. Un sol idéal pour le manioc présente un pH entre 5,5 et 6,5, une texture limono-sableuse et une bonne profondeur (> 30 cm). ### Vocabulaire à retenir - Labour - Buttés - Texture du sol - pH - Matière organique ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Justifiez le choix du labour en buttés pour la culture de l’igname dans les régions de l’Ouest Cameroun. **Plan** : I. Besoin de drainage pour éviter l’asphyxie racinaire II. Facilitation de l’expansion tubéreuse dans le sol meuble III. Réduction du risque de pourriture en saison pluvieuse IV. Adaptation aux sols ferrallitiques courants dans cette zone ## III. Activités pratiques, vidéo pour Préparation du sol pour le semis de tubercules et racines ### Contexte Cette séance utilise une vidéo pédagogique montrant des agriculteurs camerounais préparant un champ pour le semis du manioc dans la région du Littoral, permettant d’observer les gestes techniques en situation réelle. ### Définitions > **Affinaison** : Opération visant à émietter les mottes de terre après le labour pour obtenir un lit de semence fin et uniforme. > **Lit de semence** : Zone préparée du sol où les semences ou boutures sont déposées, caractérisée par sa finesse, son humidité et son aération. ### Faits et exemples concrets La vidéo montre l’utilisation de la houe traditionnelle pour le décompactage, suivie du passage du râteau pour l’affinaison. Dans le Littoral, où les sols sont souvent argileux et sujets à l’engorgement, les agriculteurs creusent des rigoles de drainage périphériques avant le labour. L’humidité du sol est testée par la méthode de la boule : une poignée de terre doit former une boule qui se brise facilement sous la pression. ### Vocabulaire à retenir - Affinaison - Lit de semence - Rigole de drainage - Méthode de la boule - Houe traditionnelle ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Décrivez les étapes de la préparation du sol pour le semis du manioc telles qu’observées dans la vidéo du Littoral. **Plan** : I. Débroussaillage et enlèvement des résidus de culture II. Labour profond (20-30 cm) avec la houe III. Affinaison au râteau pour émietter les mottes IV. Vérification de l’humidité par la méthode de la boule V. Création éventuelle de rigoles de drainage en cas de sol argileux ## IV. Activités pratiques : Préparation du sol pour le semis de tubercules et racines ### Contexte Cette séance met en pratique les gestes observés dans la vidéo, en permettant aux élèves de préparer une petite parcelle scolaire ou un bac de culture selon les mêmes principes. ### Définitions > **Bac de culture** : Conteneur rempli de substrat préparé, utilisé pour simuler les conditions de culture en milieu restreint (ex. : école urbaine). > **Substrat** : Mélange de terre, sable et matière organique utilisé dans les bacs de culture pour imiter un sol de jardin. ### Faits et exemples concrets Dans les établissements scolaires de Yaoundé où l’espace est limité, les élèves utilisent des bacs de culture remplis d’un substrat composé de 2 parties de terre de jardin, 1 partie de sable de rivière et 1 partie de fumier composté. Ils pratiquent le mélange à la pelle, puis l’affinaison avec une petite fourche. Cette activité permet de transférer les gestes techniques même sans accès à un champ. ### Vocabulaire à retenir - Bac de culture - Substrat - Fumier composté - Pelle de jardin - Fourche à bêcher ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi un substrat composé de terre, sable et fumier composté est adapté à la culture du taro en bac. **Plan** : I. Le sable améliore le drainage, essentiel pour éviter l’asphyxie du taro en milieu confiné II. Le fumier composté apporte l’azote et la matière organique nécessaires à la croissance III. La terre de jardin fournit le soutien mécanique et les minéraux IV. Ce mélange reproduit un sol limono-sableux riche, idéal pour les racines tubéreuses ## V. Semis de tubercules et racines ### Contexte Cette leçon aborde les modalités de mise en place des cultures : utilisation de boutures, de tubercules entiers ou de fragments, selon l’espèce. ### Définitions > **Bouture** : Fragment de tige ou de racine capable de produire une nouvelle plante par bouturage (ex. : manioc, patate douce). > **Tubercule entier** : Unit de semis utilisé tel quel pour certaines ignames (ex. : *Dioscorea rotundata*). > **Espacement** : Distance entre les plants sur une même ligne et entre les lignes, optimisée pour la croissance et l’entretien. ### Faits et exemples concrets Pour le manioc, on utilise des boutures de 20 à 30 cm prélevées sur des tiges lignifiées, plantées à 45° avec 2/3 enterrées. L’espacement recommandé est de 1 m entre les lignes et 0,8 m entre les plants. Pour l’igname aérienne (*Dioscorea bulbifera*), on plante les bulbilles à 5 cm de profondeur, espacées de 1 m. La patate douce se bouture à partir de tiges de 30 cm, enterrées sur les 2/3, avec un espacement de 0,5 m entre plants et 0,8 m entre lignes. ### Vocabulaire à retenir - Bouture - Tubercule entier - Espacement - Profondeur de plantation - Angle de plantation ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Comparez les modalités de semis du manioc et de l’igname cultivée (*Dioscorea rotundata*). **Plan** : I. Type de matériau de semis : bouture pour le manioc, tubercule entier ou tête de yam pour l’igname II. Profondeur et angle de plantation : 45° et 2/3 enterré pour le manioc, vertical et entièrement enterré pour l’igname III. Espacement : plus large pour l’igname (1,2 m x 1,2 m) que pour le manioc (1 m x 0,8 m) IV. Période de semis : début de la saison des pluies pour les deux, mais l’igname nécessite un sol plus réchauffé ## VI. Entretien de la plantation de tubercules et racines ### Contexte Cette leçon couvre les soins culturales nécessaires après le semis : buttage, désherbage, apport d’engrais et surveillance de la croissance. ### Définitions > **Buttage** : Opération consistant à ramener de la terre autour de la base de la plante pour favoriser le développement des tubercules et améliorer le drainage (ex. : igname, pomme de terre). > **Désherbage** : Élimination des plantes adventices concurrentes pour l’eau, la lumière et les nutriments. > **Apport d’engrais** : Ajout de nutriments (N, P, K) pour corriger les déficiences du sol, selon les résultats d’analyse ou les symptômes de carence. ### Faits et exemples concrets Dans la région de l’Adamaoua, le buttage de l’igname est effectué deux fois : un mois après le semis et à la mi-cycle, pour soutenir la croissance rapide des tubercules. Le désherbage manuel à la houe est préféré dans les petits élevages familiaux pour éviter les dommages aux racines superficielles. Un apport de NPK 10-10-10 à raison de 200 kg/ha est recommandé pour le manioc sur sols pauvres, appliqué en pleine terre à 4 semaines après le semis. ### Vocabulaire à retenir - Buttage - Désherbage - Engrais NPK - Carence nutritionnelle - Stade de croissance ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Justifiez la réalisation de deux buttages successifs dans la culture de l’igname en zone de soudure (Adamaoua). **Plan** : I. Premier buttage : stabilisation de la plante et prévention du verse II. Deuxième buttage : stimulation de la formation de nouveaux tubercules et amélioration du drainage en saison pluvieuse III. Lutte contre l’enracinement superficiel et l’exposition des tubercules au soleil IV. Adaptation aux sols peu profonds et aux fortes pluies de la zone ## VII. Activités pratiques, vidéo sur l’Entretien de la plantation de tubercules et racines ### Contexte Cette séance présente une vidéo montrant des femmes agricultrices de la région de l’Est effectuant le buttage et le désherbage d’un champ de macabo (*Xanthosoma sagittifolium*). ### Définitions > **Stade de croissance** : Phase spécifique du développement de la plante (ex. : établissement, croissance végétative, tubérisation). > **Tubérisation** : Processus de formation et d’accumulation d’amidon dans les organes de réserve souterrains. ### Faits et exemples concrets La vidéo montre le buttage effectué à l’aide d’une petite houe, en formant des buttes de 15 à 20 cm de hauteur autour de la base du macabo, 6 semaines après le semis. Le désherbage est réalisé manuellement entre les lignes, en évitant de blesser les pétioles. Les agricultrices expliquent que le buttage permet d’éviter le verdissement des parties aériennes du tubercule exposé au soleil, qui rendrait le produit impropre à la consommation. ### Vocabulaire à retenir - Macabo - Pétiole - Verdissement - Stade de tubérisation - Butte de culture ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi le buttage est particulièrement important pour la culture du macabo. **Plan** : I. Le macabo produit ses cormels (tubercules secondaires) près de la surface du sol II. L’exposition au soleil provoque la synthèse de chlorophylline et le verdissement, rendant le tubercule amer et toxique III. Le buttage recouvre les tubercules en formation, assurant leur blanchiment et leur qualité marchande IV. Cette pratique est essentielle pour la commercialisation urbaine du macabo à Yaoundé et Douala ## VIII. Activités pratiques : Semis de tubercules et racines ### Contexte Cette séance permet aux élèves de réaliser le semis effectif de boutures de manioc ou de patate douce dans les bacs de culture préparés précédemment. ### Définitions > **Bourgeon axillaire** : Bourgeon situé à l’aisselle d’une feuille, capable de donner naissance à une nouvelle pousse (essentiel pour la viabilité des boutures de manioc). > **Viabilité de la bouture** : Capacité d’une bouture à produire des racines et des pousses après plantation. ### Faits et exemples concrets Les élèves sélectionnent des boutures de manioc de 25 cm comportant au moins 3 à 5 nœuds visibles, chacun portant un bourgeon axillaire. Elles sont plantées en biais dans le substrat, avec 2 nœuds enterrés et 1 exposé. Après 10 jours, ils observent l’apparition de nouvelles pousses aux nœuds enterrés, confirmant la viabilité. Cette activité renforce le lien entre la théorie (nœuds, bourgeons) et la pratique observée. ### Vocabulaire à retenir - Bourgeon axillaire - Nœud - Viabilité de la bouture - Pousse adventice - Stade précoce de croissance ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Pourquoi est-il essentiel de choisir une bouture de manioc comportant plusieurs nœuds avec bourgeons axillaires ? **Plan** : I. Chaque nœud peut produire une pousse et des racines adventices II. Plusieurs nœuds augmentent les chances de reprise même si certains sont endommagés III. Les bourgeons axillaires sont les seuls capables de produire des pousses aériennes viables IV. Une bouture sans bourgeon viable ne peut pas se développer, même en bon substrat ## IX. Activités pratiques : Semis de tubercules et racines (répétition pour renforcement) ### Contexte Cette séance reprend le semis, en insistant sur les erreurs fréquentes : plantation trop profonde, boutures sèches ou endommagées, mauvais orientation. ### Définitions > **Bouture endommagée** : Fragment de tige présentant des signes de dessèchement, de pourriture ou de lésions mécaniques réduisant sa capacité à repousser. > **Orientation de la bouture** : Sens de plantation (bout supérieur vs inférieur) critical pour la polarité de croissance. ### Faits et exemples concrets Une erreur fréquente observée chez les débutants est de planter la bouture à l’envers (bout supérieur enterré), ce qui empêche l’émission de pousses car les bourgeons axillaires sont orientés vers le bas. Une autre erreur consiste à utiliser des boutures trop jeunes (moins de 3 mois) ou trop âgées (plus de 12 mois), moins riches en réserves. Les élèves apprennent à identifier le bout supérieur par la présence de cicatrices foliaires plus récentes et un diamètre légèrement plus étroit. ### Vocabulaire à retenir - Bouture endommagée - Orientation de la bouture - Cicatrice foliaire - Polarité de croissance - Réserves nutritives ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Quelles sont les conséquences d’une plantation de bouture de manioc à l’envers ? **Plan** : I. Les bourgeons axillaires sont orientés vers le bas, empêchant l’émission de pousses vers la lumière II. La plante dépense ses réserves en vain sans établir de système photosynthétique aérien III. Risque accru de pourriture due à l’humidité excessive autour du bout supérieur enterré IV. Échec de reprise observé après 3 semaines, nécessitant un ressemis ## X. Activités pratiques : Semis de tubercules et racines (approfondissement) ### Contexte Cette séance introduit la notion de densité de peuplement et son impact sur le rendement et la facilité d’entretien. ### Définitions > **Densité de peuplement** : Nombre de plants par unité de surface (ex. : plants/ha), influencée par l’espacement. > **Rendement unitaire** : Production moyenne par plante (ex. : kg/tubercules par pied). > **Rendement surfacique** : Production totale par hectare (kg/ha), résultat de la densité et du rendement unitaire. ### Faits et exemples concrets Au Cameroun, une densité trop élevée (ex. : 20 000 plants/ha pour le manioc au lieu de 12 500) entraîne une compétition pour la lumière et réduit le rendement unitaire, même si le nombre de plants augmente. À l’inverse, une densité trop faible (ex. : 8 000 plants/ha) laisse un espace non exploité, favorisant l’enherbement. Les essais du IRAD montrent que le rendement surfacique maximal du manioc est atteint autour de 12 500 plants/ha (1 m x 0,8 m), avec un rendement unitaire moyen de 2,5 kg/plante en conditions optimales. ### Vocabulaire à retenir - Densité de peuplement - Rendement unitaire - Rendement surfacique - Compétition pour la lumière - Espacement optimal ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi un espacement trop réduit diminue le rendement surfacique du manioc malgré une densité élevée. **Plan** : I. Compétition accrue pour la lumière, réduisant la photosynthèse par plante II. Développement racinaire et tubéreux limité par l’espace souterrain restreint III. Augmentation de l’humidité ambiante favorisant les maladies foliaires IV. Rendement unitaire fortement diminué, compensant partiellement ou totalement l’augmentation de la densité ## XI. Activités pratiques : Entretien de la plantation de tubercules et racines (répétition pour maîtrise) ### Contexte Cette séance renforce les gestes de buttage et de désherbage, en variant les espèces (igname, taro) et les conditions (sol humide, sol sec). ### Définitions > **Stade de tubérisation avancée** : Phase où l’accumulation d’amidon dans les tubercules atteint son pic, précédant la maturation. > **Indice de couverture du sol** : Pourcentage de sol couvert par le feuillage, indicateur de la compétitivité face aux adventices. ### Faits et exemples concrets Pour le taro cultivé en zone humide (Est Cameroun), le buttage est moins fréquent mais le désherbage reste critique en début de cycle, lorsque le couvert foliaire est encore faible. Les élèves apprennent à reconnaître le stade de tubérisation avancée par le jaunissement progressif des feuilles anciennes et l’épaississement visible du corme à la base de la plante. Un indice de couverture supérieur à 70 % réduit significativement le besoin de désherbage tardif. ### Vocabulaire à retenir - Stade de tubérisation avancée - Indice de couverture du sol - Corme - Jaunissement sénescent - Couvert foliaire ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Justifiez un désherbage précoce et limité dans la culture du taro en zone humide. **Plan** : I. Le taro a un démarrage lent, avec un couvert foliaire faible les 6 premières semaines II. Les adventices compétent fortement durant cette phase d’établissement III. Un désherbage manuel à 3 et 6 semaines après le semis suffit généralement IV. Au-delà, le couvert foliaire dense (>70 %) étouffe naturellement les adventices ## XII. Choix du site ### Contexte Cette leçon aborde les critères de sélection d’un emplacement adapté à la culture des tubercules et racines, en intégrant les facteurs biophysiques et socio-économiques. ### Définitions > **Choix du site** : Processus d’évaluation d’un terrain en fonction de son aptitude à soutenir une culture spécifique, basé sur le sol, le relief, l’hydrologie et l’accessibilité. > **Pente** : Inclinaison du terrain exprimée en pourcentage ou en degrés, influençant le ruissellement et l’érosion. ### Faits et exemples concrets Dans la région du Nord-Ouest, les agriculteurs évitent les bas-fonds sujets à l’inondation prolongée pour l’igname, qui pourrit en milieu anoxique. Ils privilégient les pentes douces (3-8 %) bien drainées, exposées au sud-est pour bénéficier du matin ensoleillé. L’accès aux marchés locaux (ex. : marché de Bamenda) et aux voies de transport est également un critère décisif. Un sol avec plus de 40 % d’argile est généralement évité pour l’igname en raison du risque d’asphyxie tubéreuse. ### Vocabulaire à retenir - Choix du site - Pente - Drainage naturel - Exposition solaire - Accessibilité au marché ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi une pente de 5 % est souvent préférée à une pente de 15 % pour la culture de l’igname. **Plan** : I. Pente de 5 % : bon drainage naturel sans risque significatif d’érosion II. Pente de 15 % : risque élevé de lessivage des éléments nutritifs et d’érosion des buttes III. Nécessité de travaux coûteux de terrassement ou de banquettes en pente forte IV. Meilleure rétention de l’humidité utile en pente modérée pendant la saison sèche ## XIII. Activités pratiques : Entretien de la plantation de tubercules et racines (application sur terrain) ### Contexte Cette séance met en pratique l’entretien sur une parcelle scolaire, en intégrant le choix du site préalablement étudié (même si symbolique). ### Définitions > **Parcelle scolaire** : Petite surface cultivée appartenant à l’établissement, utilisée pour l’enseignement pratique. > **Calendrier cultural** : Tableau récapitulant les opérations culturales (semis, buttage, désherbage, récolte) selon les stades de la plante et le calendrier agricole local. ### Faits et exemples concrets Dans les écoles de l’Ouest Cameroun, le calendrier cultural de l’igname prévoit le semis en mars (début des pluies), le premier buttage en avril, le deuxième en juin, et la récolte en novembre-décembre. Les élèves tiennent un cahier de suivi où ils notent la date de chaque opération, les observations (croissance, présence de ravageurs) et les conditions météorologiques. Cette pratique développe leur capacité à planifier et à adapter les gestes techniques au contexte local. ### Vocabulaire à retenir - Parcelle scolaire - Calendrier cultural - Suivi cultural - Observations phénologiques - Conditions météorologiques ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Élaborer un calendrier cultural simplifié pour la culture du manioc dans la région du Littoral. **Plan** : I. Semis : avril-mai (après les premières pluies soutenues) II. Premier désherbage : 3 semaines après le semis III. Apport d’engrais NPK : 4-5 semaines après le semis IV. Deuxième désherbage : 8-10 semaines après le semis V. Début de la tubérisation : 3 mois après le semis VI. Récolte : 10-12 mois après le semis, selon la variété ## XIV. Activités pratiques : vidéo sur le Semis de tubercules et racines ### Contexte Cette séance présente une vidéo montrant le semis de l’igname aérienne (*Dioscorea bulbifera*) dans les hauteurs de l’Ouest Cameroun, mettant en lumière une pratique moins connue mais répandue. ### Définitions > **Igname aérienne** : Espèce d’igname produisant des tubercules aériens (bulbilles) à l’aisselle des feuilles, en plus ou à la place des tubercules souterrains. > **Bulbille** : Petit tubercule aérien formé à l’aisselle des feuilles, capable de donner une nouvelle plante lorsqu’il tombe au sol ou est planté. ### Faits et exemples concrets La vidéo montre des femmes récoltant les bulbilles jaunes de l’igname aérienne en septembre, les stockant dans des paniers en feuilles de bananier, puis les semant en octobre en les enfonçant à 3-5 cm de profondeur dans un sol meuble, espacés de 80 cm. Elles expliquent que cette espèce est appréciée pour sa facilité de culture (pas de buttage nécessaire) et sa résistance à la sécheresse, bien que son rendement soit inférieur à celui de l’igname cultivée. Les bulbilles sont souvent utilisées comme aliment de secours ou vendues sur les marchés locaux de Bafoussam. ### Vocabulaire à retenir - Igname aérienne - Bulbille - Tubercules aériens - Résistance à la sécheresse - Aliment de secours ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Comparez les avantages et les limites de la culture de l’igname aérienne par rapport à l’igname cultivée (*Dioscorea rotundata*). **Plan** : I. Avantages de l’igname aérienne : pas de buttage, résistance à la sécheresse, multiplication facile par bulbilles II. Limites : rendement inférieur, tubéreux plus petits, moindre valeur marchande III. Avantages de l’igname cultivée : rendement élevé, tubercules volumineux, forte demande urbaine IV. Limites : nécessite un sol profond et bien drainé, buttage obligatoire, plus sensible à l’excès d’eau ## XV. Activités pratiques : Vidéo sur l’Entretien de la plantation de tubercules et racines ### Contexte Cette séance présente une vidéo montrant la lutte intégrée contre la pourriture du manioc causée par *Phytophthora spp.* dans un champ du Sud Cameroun, utilisant des méthodes culturales et des variétés résistantes. ### Définitions > **Pourriture du manioc** : Maladie causée par des champignons du genre *Phytophthora*, entraînant la pourriture des racines et du collet, souvent aggravée par l’excès d’eau et les blessures mécaniques. > **Lutte intégrée** : Approche combinant méthodes culturales, biologiques et chimiques de manière raisonnée pour gérer les bioagresseurs tout en minimisant l’impact environnemental. > **Variété résistante** : Lignée de plante présentant une moindre susceptibilité à un pathogène donné, grâce à des traits génétiques naturels ou sélectionnés. ### Faits et exemples concrets La vidéo montre des agriculteurs évitant de blesser les boutures lors du semis, utilisant des variétés résistantes comme TMS 30572 (développée par l’IITA et diffusée par l’IRAD), et pratiquant un espacement large pour améliorer la circulation de l’air. Ils évitent également de cultiver le manioc en bas-fond pendant les saisons pluvieuses excessives. Aucun produit chimique n’est utilisé ; la lutte repose entièrement sur la prévention culturelle et la résistance génétique. ### Vocabulaire à retenir - Pourriture du manioc - *Phytophthora spp.* - Lutte intégrée - Variété résistante - TMS 30572 ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Justifiez l’utilisation de variétés résistantes comme TMS 30572 dans la lutte contre la pourriture du manioc en zone à fortes précipitations. **Plan** : I. La pourriture du manioc est fortement favorisée par l’humidité excédentaire et les sols mal drainés II. Les variétés résistantes réduisent l’incidence de la maladie même en conditions favorables au pathogène III. Cela permet de maintenir la production sans recourir à des fongicides coûteux ou polluants IV. La diffusion de TMS 30572 par l’IRAD a contribué à stabiliser les rendements dans le Sud et l’Est Cameroun ## XVI. La protection de la plantation de tubercules et racines ### Contexte Cette leçon traite des principaux bioagresseurs (ravageurs, maladies, mauvaises herbes) affectant les tubercules et racines au Cameroun, et des stratégies de prévention et de lutte. ### Définitions > **Bioagresseur** : Organisme vivant (insecte, nématode, champignon, virus, herbe) pouvant causer des dommages économiques à une culture. > **Nématode à galles** : Ver microscopique (*Meloidogyne spp.*) provoquant la formation de galles sur les racines, réduisant leur fonction d’absorption. > **Virus de la mosaïque du manioc** : Pathogène viral transmis par la mouche blanche (*Bemisia tabaci*), provoquant un jaunissement et un enroulement des feuilles, réduisant fortement le rendement. ### Faits et exemples concrets Au Cameroun, le nématode à galles (*Meloidogyne incognita*) est particulièrement problématique dans les sols sableux du Littoral et du Sud-Ouest, où il réduit les rendements de manioc de 30 à 50 %. La mouche blanche, vecteur du virus de la mosaïque du manioc, est répandue dans toutes les zones de culture, avec des épidémies graves observées dans l’Est et l’Adamaoua durant les sécheresses successives. Le scarabée de l’igname (*Pseudophyllus spp.*) attaque les tubercules en stockage et en champ, provoquant des galeries qui favorisent la pourriture secondaire. ### Vocabulaire à retenir - Bioagresseur - Nématode à galles - Mouche blanche - Virus de la mosaïque du manioc - Scarabée de l’igname ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Expliquez pourquoi la mouche blanche est considérée comme un bioagresseur clé pour la culture du manioc au Cameroun. **Plan** : I. Elle est le vecteur principal du virus de la mosaïque du manioc (MCMV), maladie dévastatrice II. Sa prolifération est favorisée par les températures élevées et les sécheresses récurrentes III. Elle se nourrit de la sève, affaiblissant directement la plante même sans transmission virale IV. Son contrôle est difficile en raison de sa résistance aux insecticides et de son cycle court ## XVII. La protection de la plantation de tubercules et racines (approfondissement) ### Contexte Cette séance approfondit les méthodes de lutte préventive, en mettant l’accent sur les pratiques culturales et l’utilisation de matériaux locaux. ### Définitions > **Rotation des cultures** : Succès d’espèces différentes sur une même parcelle selon un calendrier défini, pour briser les cycles de bioagresseurs et améliorer la fertilité. > **Jachère améliorée** : Période de repos du sol enrichie par la plantation de plantes fertilisantes (ex. : mucuna, crotalaria) au lieu d’une jachère naturelle. > **Paillage** : Couverture du sol autour des plantes avec des matériaux organiques (paille, feuilles mortes) pour conserver l’humidité, réduire l’enherbement et améliorer la matière organique. ### Faits et exemples concrets Dans la région de l’Est, les agriculteurs pratiquent une rotation manioc-arachide-maïs sur 3 ans pour réduire la pression des nématodes et épuisement du sol. Le mucuna pruriens est utilisé en jachère améliorée pour fixer l’azote et produire une biomasse abondante qui, une fois enfouie, améliore la structure du sol. Le paillage avec des feuilles de bananier séchées est courant autour des jeunes plants de taro pour maintenir l’humidité dans les sols sableux et réduire le désherbage manuel. ### Vocabulaire à retenir - Rotation des cultures - Jachère améliorée - Mucuna pruriens - Paillage - Biolavage du sol ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Justifiez l’utilisation du mucuna pruriens en jachère améliorée avant la culture du manioc dans les sols appauvris de l’Adamaoua. **Plan** : I. Le mucuna pruriens est une légumineuse à croissance rapide, fixant l’azote atmosphérique II. Sa biomasse riche en azote et en matière organique améliore la fertilité du sol lorsqu’elle est enfouie III. Il supprime les adventices par ombrage dense pendant la jachère IV. Ses racines profondes décompactent le sol, améliorant l’aération pour la culture suivante ## XVIII. La protection de la plantation de tubercules et racines (synthèse) ### Contexte Cette séance fait le point sur les stratégies de protection, en classant les méthodes selon leur nature (préventive, curative, culturale, chimique, biologique) et leur adéquation au contexte petit producteur camerounais. ### Définitions > **Méthode préventive** : Action visant à éviter l’apparition ou l’introduction d’un bioagresseur (ex. : utilisation de semences saines, quarantaine). > **Méthode curative** : Intervention visant à éliminer ou réduire un bioagresseur déjà présent (ex. : arrachage des plantes malades, traitement localisé). > **Seuil de nuisibilité** : Niveau de population d’un bioagresseur au-delà duquel les pertes économiques justifient une intervention de lutte. ### Faits et exemples concrets Pour le virus de la mosaïque du manioc, aucune méthode curative efficace n’existe au champ ; la lutte est entièrement préventive : utilisation de boutures saines provenant de champs certifiés, élimination immédiate des plants symptômatiques, et contrôle du vecteur par des barrières végétales (ex. : rangs de maïs autour du champ). Le seuil de nuisibilité de la mouche blanche est considéré comme très bas pour le manioc, car même quelques individus peuvent déclencher une épidémie virale en conditions favorables. ### Vocabulaire à retenir - Méthode préventive - Méthode curative - Seuil de nuisibilité - Bouture saine - Barrière végétale ### Exemple de sujet type examen avec plan **Sujet** : Pourquoi la lutte contre le virus de la mosaïque du manioc est-elle essentiellement préventive ? **Plan** : I. Aucun traitement chimique ou biologique ne guérit une plante déjà infectée par un virus II. Le virus se réplique dans les cellules végétales et se transmet par bouture et par insecte vecteur III. L’élimination des plants symptômatiques est la seule façon de limiter la propagation IV. La prévention repose sur la qualité du matériel de semis et la gestion du vecteur

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quel est le principal facteur limitant la production de manioc dans les sols acides du Cameroun ?
  2. 2. Quel est le stade optimal pour récolter l'igname afin de maximiser le rendement en matière sèche sans compromettre la qualité de conservation ?
  3. 3. Dans la production de patate douce, quelle pratique culturale permet de réduire significativement l'incidence du virus de la mosaïque de la patate douce (SPMV) ?
  4. 4. Quel est le rôle principal du paillage dans la culture du taro dans les zones à forte pluviométrie du Cameroun ?
  5. 5. Un élève de Première souhaite comparer le rendement moyen du manioc et de l'igname dans sa région. Il sait que le manioc produit généralement entre 10 et 20 tonnes/ha et l'igname entre 5 et 15 tonnes/ha. Quelle affirmation est correcte concernant leur productivité relative ?
  6. 6. Dans un projet scolaire de culture de pomme de terre, les élèves observent que les tubercules sont petits et déformés. Quel facteur culturel est le plus probablement responsable de ce phénomène ?
  7. 7. Lors de la transformation du manioc en attiéké, quelle étape est cruciale pour réduire la teneur en cyanure d'hydrogène à des niveaux sûrs pour la consommation ?
  8. 8. Un agriculteur veut associer le macabo (taro) avec du maïs pour optimiser l'utilisation de l'espace et des ressources. Quel avantage écologique cette association présente-t-elle principalement ?
  9. 9. Dans un sol ferrallitique typique du sud-Cameroun, quel amendement est le plus efficace pour corriger la déficience en potassium observée chez l'igname, tout en améliorant la structure du sol ?
  10. 10. Un groupe d'élèves réalise un essai comparatif entre deux variétés de patate douce : une à chair orange riche en bêta-carotène et une à chair blanche. Après 6 mois de culture, ils mesurent le contenu en vitamine A équivalent. Quel résultat scientifique attend-on le plus probablement ?
  11. 11. Dans la culture du manioc, pourquoi le bouturage à partir de tiges ligneuses de la partie moyenne du rameau est-il préféré à l'utilisation de bouts apicaux ou basaux ?
  12. 12. Un élève constate que lors de la cuisson du taro, des démangeaisons apparaissent au niveau de la bouche et de la gorge. Quelle est la cause biochimique la plus probable de cette réaction ?