Chapitre 2
Energy in the Atmosphere
Lecture : 27 minQuiz de 12 questions
# Energy in the Atmosphere
## Objectifs et prérequis
**Objectifs** : À la fin de ce chapitre, l'élève sera capable de :
- Expliquer la nature et la composition du rayonnement solaire entrant dans l'atmosphère terrestre.
- Analyser le bilan énergétique de la radiation solaire incidente, incluant l'albédo, l'absorption et la réflexion.
- Décrire les mécanismes de transfert de chaleur horizontal (advection) et vertical (convection, conduction, rayonnement).
- Interpréter la répartition latitudinale de la chaleur à la surface terrestre et ses variations saisonnières.
- Identifier l'influence des facteurs géographiques (altitude, proximité maritime, courants océaniques, relief) sur la distribution thermique.
- Expliquer la distribution verticale de la température dans l'atmosphère et ses liens avec les couches atmosphériques.
- Définir et analyser les phénomènes d'inversion de température, leurs types, causes et conséquences environnementales.
**Prérequis** : Notions de base sur la structure de l'atmosphère (troposphère, stratosphèse, etc.), les unités de mesure de l'énergie (joule, watt, watt/m²), les concepts de température et de chaleur, la rotation et la révolution de la Terre, et la lecture de cartes climatiques simples.
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## Introduction
L'énergie dans l'atmosphère provient principalement du rayonnement solaire. Cette énergie pilote tous les processus météorologiques et climatiques : elle réchauffe la surface terrestre, déclenche les courants d'air, influence la formation des nuages et des précipitations, et module les régimes de température à différentes échelles spatiales et temporelles. Comprendre comment cette énergie est reçue, transformée, transférée et distribuée est fondamental pour saisir la dynamique du système climatique terrestre. Ce chapitre examine successivement les étapes clés : l'arrivée du rayonnement solaire, son bilan énergétique, les modes de transfert de chaleur, sa répartition selon les latitudes, l'influence des facteurs géographiques, sa variation avec l'altitude, et enfin les phénomènes d'inversion de température qui perturbent le profil thermique normal de l'atmosphère.
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## I. Solar Radiation
### Contexte
Le rayonnement solaire est la principale source d'énergie pour le système climatique terrestre. Il provient de la fusion nucléaire dans le noyau du Soleil et se propage sous forme d'ondes électromagnétiques. Seulement une fraction minuscule de l'énergie totale émise par le Soleil atteint la Terre, mais elle suffit à maintenir la vie et à entraîner les processus atmosphériques.
### Définitions
> **Rayonnement solaire** : Énergie électromagnétique émise par le Soleil, couvrant un spectre large incluant les ultraviolets (UV), la lumière visible et les infrarouges (IR).
> **Constante solaire** : Quantité d'énergie solaire reçue perpendiculairement au-dessus de l'atmosphère terrestre, à la distance moyenne Soleil-Terre, mesurée à environ 1361 W/m².
> **Albédo** : Fraction du rayonnement incident réfléchi par une surface, exprimée en pourcentage ou en valeur entre 0 et 1.
### Faits et mécanismes
- Le Soleil émet de l'énergie selon une courbe de corps noir approximative à 5778 K, avec un pic d'émission dans la lumière visible (~500 nm).
- Environ 99 % du rayonnement solaire terrestre se situe entre 0,15 et 4,0 μm de longueur d'onde.
- Lors de son passage à travers l'atmosphère, le rayonnement subit :
- **Diffusion** (Rayleigh pour les particules petites, Mie pour les plus grandes) : responsable de la couleur bleue du ciel.
- **Absorption** par l'ozone (UV), la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone (IR).
- **Réflexion** par les nuages, les aerosols et la surface terrestre.
- Environ 50 % du rayonnement solaire incident atteint la surface terrestre sous forme de rayonnement net (après diffusion et absorption atmosphériques).
- La longueur d'onde dominante du rayonnement terrestre émis est dans l'infrarouge lointain (4-100 μm), contrairement au pic solaire dans le visible.
### Exemples concrets
- Au Cameroun, notamment dans les régions du Nord (Extrême-Nord, Nord), l'ensoleillement est élevé toute l'année en raison de la faible nébulosité et de la proximité du tropique du Cancer, ce qui contribue à des températures élevées.
- En Afrique de l'Ouest, l'albédo élevé du désert du Sahara (0,25-0,40) contraste avec celui des forêts tropicales du bassin du Congo (0,10-0,15), influençant les bilans radiatifs régionaux.
- La ville de Yaoundé, située à environ 750 m d'altitude, reçoit un rayonnement solaire plus intense que Douala au niveau de la mer, en raison de l'atténuation moindre par l'air moins dense.
### Vocabulaire à retenir
Rayonnement solaire, constante solaire, albédo, diffusion de Rayleigh, absorption sélective, spectre électromagnétique, infrarouge, ultraviolet, lumière visible, transmissivité atmosphérique.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Expliquez la nature du rayonnement solaire et décrivez les principaux processus qui modifient son intensité lors de son passage à travers l'atmosphère terrestre.
**Plan** :
I. Caractéristiques du rayonnement solaire (origine, spectre, constante solaire)
II. Modifications lors du trajet atmosphérique : diffusion, absorption, réflexion
III. Fraction atteignant la surface terrestre et implications pour le bilan énergétique
IV. Exemple d'application : contraste entre régions désertiques et forestières en Afrique
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## II. In-coming Solar Radiation Balances
### Contexte
Le bilan de la radiation solaire incidente quantifie ce qui arrive à l'énergie solaire lorsqu'elle rencontre le système Terre-atmosphère. Ce bilan détermine la quantité d'énergie effectivement disponible pour réchauffer la planète et influencer le climat.
### Définitions
> **Bilan radiatif à haut de l'atmosphère (TOA)** : Équilibre entre le rayonnement solaire entrant et le rayonnement terrestre sortant (infrarouge) au sommet de l'atmosphère.
> **Forçage radiatif** : Changement net du flux énergétique à haut de l'atmosphère dû à un facteur externe (ex. augmentation des gaz à effet de serre).
> **Absorption atmosphérique** : Partie du rayonnement solaire absorbée par les gaz, les nuages et les aerosols dans l'atmosphère.
### Faits et mécanismes
- Sur une moyenne annuelle et globale :
- Environ 30 % du rayonnement solaire incident est réfléchi vers l'espace (albédo planétaire moyen ≈ 0,30).
- 20 % par les nuages
- 6 % par l'atmosphère (aérosols, diffusion)
- 4 % par la surface terrestre
- Environ 70 % est absorbé :
- 51 % par la surface terrestre
- 19 % par l'atmosphère (ozone, vapeur d'eau, nuages)
- Ce bilan varie selon la latitude, la saison, la nébulosité et le type de surface.
- Aux pôles, l'albédo est élevé (glace, neige : 0,6-0,9), réduisant l'absorption.
- Dans les tropiques, l'albédo est faible (océans : 0,06 ; végétation : 0,1-0,25), maximisant l'absorption.
- L'équation du bilan radiatif à TOA :
**Entrée solaire absorbée = (1 - α) × S₀/4**
où α = albédo planétaire, S₀ = constante solaire (1361 W/m²), le facteur 4 venant de la répartition sur la surface sphérique terrestre.
### Exemples concrets
- Dans la région du Lac Tchad (frontière Cameroun-Nigéria-Tchad-Niger), la réduction de la surface lacustre due au dessèchement a augmenté l'albédo local (passage de l'eau à la terre nue), contribuant à un refroidissement régional relatif malgré le réchauffement global.
- Les villes camerounaises comme Maroua (Extrême-Nord) ont un albédo urbain élevé en raison des toits en tôle et des surfaces minérales, contribuant à l'effet d'îlot de chaleur urbain, bien que cet effet soit souvent masqué par la faible humidité et la forte évaporation.
- L'océan Atlantique au large du Cameroun a un albédo très faible (~0,06), absorbant une grande partie du rayonnement solaire, ce qui influence la température de surface de la mer et les brises marines côtières.
### Vocabulaire à retenir
Albédo planétaire, bilan radiatif, forçage radiatif, absorption atmosphérique, réflexion nuageuse, albédo de surface, équilibre énergétique, constante solaire, facteur géométrique (1/4), rayonnement net.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Calculez la quantité moyenne d'énergie solaire absorbée par mètre carré à haut de l'atmosphère terrestre, sachant que la constante solaire est de 1361 W/m² et l'albédo planétaire moyen est de 0,30. Interprétez le résultat.
**Plan** :
I. Rappel de la formule du bilan radiatif à TOA
II. Application numérique : (1 - 0,30) × 1361 / 4
III. Interprétation : valeur obtenue (~238 W/m²) comme énergie moyenne disponible pour le système climatique
IV. Discussion : rôle de ce bilan dans l'équilibre thermique planétaire
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## III. Heat Energy: Horizontal heat transfer, Vertical heat transfer
### Contexte
Une fois absorbée, l'énergie solaire sous forme de chaleur doit être redistribuée pour réduire les gradients de température entre les régions chaudes (équateur) et froides (pôles), et entre la surface et les couches supérieures de l'atmosphère. Ce transfert se fait par des processus horizontaux et verticaux distincts.
### Définitions
> **Transfert horizontal de chaleur (advection)** : Transport de chaleur par le mouvement horizontal de masses d'air possédant différentes températures.
> **Transfert vertical de chaleur** : Redistribution de la chaleur dans la dimension verticale, principalement par convection, conduction et rayonnement.
> **Convection** : Mouvement vertical de fluide dû à des différences de densité causées par des variations de température.
> **Conduction** : Transfert de chaleur par collision entre molécules, significatif seulement dans les premières millimètres au-dessus de la surface.
> **Rayonnement terrestre** : Émission d'énergie infrarouge par la surface et l'atmosphère selon la loi de Stefan-Boltzmann.
### Faits et mécanismes
**Transfert horizontal (advection)** :
- Principal moteur des vents et des courants jet.
- Les vents d'ouest dans les moyennes latitudes transportent la chaleur des océans vers les continents en hiver.
- En Afrique, la mousson de l'Ouest africaine transporte de l'air chaud et humide du Golfe de Guinée vers le Sahel pendant l'été boréal.
- Les courants océaniques (ex. courant de Guinée) jouent un rôle majeur dans le transfert latitudinal de chaleur.
**Transfert vertical** :
- **Convection** : Dominante dans la troposphère. L'air chauffé par la surface devient moins dense, monte, se refroidit adiabatiquement, et peut former des nuages.
- Taux de décroissance adiabatique sec : ~9,8 °C/km
- Taux de décroissance adiabatique humide : ~4-7 °C/km (variable selon la teneur en vapeur d'eau)
- **Conduction** : Négligeable au-delà de quelques centimètres au-dessus du sol ; importante seulement dans la couche limite très proche de la surface.
- **Rayonnement** : La surface émet un rayonnement infrarouge vers le haut ; une partie est absorbée par les gaz à effet de serre et renvoyée vers le bas (effet de serre).
- L'équilibre vertical résulte de la compétition entre chauffage solaire de la surface, refroidissement infrarouge de l'atmosphère, et transport convectif.
### Exemples concrets
- Dans la région du Mont Cameroun, le chauffage diurne intense des pentes sud entraîne des courants de vallée ascendants (anabatiques) l'après-midi, illustrant la convection thermique provoquée par le relief.
- La brise de mer le long de la côte camerounaise (ex. près de Douala) résulte du chauffage différentiel entre terre et mer : l'air au-dessus de la terre se réchauffe plus vite, monte, et est remplacé par l'air plus frais venant de la mer — un transfert horizontal de chaleur à échelle locale.
- Pendant la saison sèche dans l'Extrême-Nord du Cameroun, l'air chaud et sec du Sahara est advecté vers le sud, apportant des températures élevées et une faible humidité — un exemple d'advection horizontale de chaleur provenant du désert.
- Dans les vallées intérieures comme celle du fleuve Benoué, des inversions de température peuvent se former la nuit lorsque l'air froid, plus dense, draine vers le bas des pentes et s'accumule dans le fond de vallée — un processus lié au transfert vertical déficitaire.
### Vocabulaire à retenir
Advection, convection, conduction, rayonnement terrestre, taux de décroissance adiabatique, couche limite, brise de terre/mer, courant de vallée, transport de chaleur sensible, flux de chaleur latente.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Différencez le transfert horizontal et le transfert vertical de chaleur dans l'atmosphère, en donnant un mécanisme dominant pour chacun et un exemple camerounais illustratif.
**Plan** :
I. Transfert horizontal : définition, mécanisme dominant (advection par les vents), exemple (brise de mer côtière ou mousson de l'Ouest africaine)
II. Transfert vertical : définition, mécanismes (convection dominante, conduction négligeable, rayonnement), exemple (courants de vallée anabatiques sur le Mont Cameroun ou convection orographique)
III. Comparaison : échelle, rôle dans l'équilibre thermique, dépendance aux gradients de température
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## IV. Latitudinal (horizontal) distribution of heat
### Contexte
La répartition de la chaleur à la surface terrestre n'est pas uniforme. Elle suit un schéma largement déterminé par la latitude, en raison de la variation de l'angle d'incidence du rayonnement solaire et de la durée du jour.
### Définitions
> **Insolation** : Quantité d'énergie solaire reçue par unité de surface et de temps, exprimée en W/m² ou J/(m²·s).
> **Zones climatiques selon la latitude** : Division de la Terre en zones tropicales (entre les tropiques), tempérées (entre tropiques et cercles polaires), et polaires (au-delà des cercles polaires).
> **Gradient thermique meridional** : Variation de la température moyenne avec la latitude, généralement décroissante de l'équateur vers les pôles.
### Faits et mécanismes
- L'insolation maximale se produit là où les rayons du Soleil sont les plus verticaux (près du zénith).
- Entre les tropiques (23,5°N et 23,5°S), le Soleil peut être au zénith deux fois par an.
- Aux tropiques, une fois par an (solstices).
- Hors des tropiques, jamais au zénith.
- L'insolation moyenne annuelle diminue avec la latitude :
- Équateur : ~400 W/m²
- 30° de latitude : ~280 W/m²
- 60° de latitude : ~120 W/m²
- Pôles : ~100 W/m² (en moyenne annuelle, très faible en hiver)
- Cependant, la température moyenne de surface ne suit pas exactement cette courbe en raison de :
- L'inertie thermique des océans (retard et atténuation du cycle saisonnier).
- Le transport de chaleur par les courants atmosphériques et océaniques (qui réduit le gradient thermique observé).
- Les différences d'albédo (glace, végétation, sols).
- En janvier (été austral), l'insolation est plus élevée dans l'hémisphère Sud malgré la distance légèrement plus grande du Soleil (périhélie en janvier) — effet dominé par l'orientation de l'axe terrestre.
- En juillet (été boréal), l'hémisphère Nord reçoit plus d'insolation malgré l'aphelie.
### Exemples concrets
- Au Cameroun, situé entre 2°N et 13°N, l'insolation est élevée toute l'année, avec deux maxima équinoxiaux (mars et septembre) et un minimum relatif en décembre-janvier (soleil plus bas dans le ciel).
- La région de l'Extrême-Nord (Maroua, Kousséri) connaît les températures les plus élevées du pays en raison de sa latitude nordique (proche du tropique du Cancer), de son faible couvert nuageux et de son albédo relativement élevé (sols arides).
- La région de l'Est (Bertoua, Batouri), bien qu'à une latitude similaire, enregistre des températures légèrement plus basses en raison de la couverture forestière dense (albédo faible mais forte évapotranspiration utilisant l'énergie pour la vaporisation plutôt que le chauffage sensible).
- En Afrique du Sud, la ville du Cap (34°S) a des températures modérées en été malgré sa latitude intermédiaire, grâce à l'influence de l'océan Atlantique froid et du courant de Benguela.
- À l'inverse, Alger (36°N) connaît des étés très chauds en raison de la proximité du désert du Sahara et de l'absence d'influence maritime forte.
### Vocabulaire à retenir
Insolation, zénith, tropiques, cercle polaire, gradient thermique meridional, inertie thermique des océans, transport de chaleur atmosphérique et océanique, solstice, équinoxe, périhélie/aphelie.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Expliquez pourquoi la température moyenne de surface ne diminue pas uniformément avec la latitude, malgré la décroissance de l'insolation. Donnez deux facteurs qui modifient ce gradient théorique.
**Plan** :
I. Relation théorique entre insolation et latitude (décroissance du flux solaire avec l'angle d'incidence)
II. Pourquoi la température ne suit pas exactement cette courbe :
A. Inertie thermique des océans (décalage et atténuation saisonnière)
B. Transport de chaleur par les courants atmosphériques et océaniques (réduction du gradient observé)
III. Exemple illustratif : contraste entre régions côtières et intérieures à même latitude
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## V. Geographical factors
### Contexte
Au-delà de la latitude, des facteurs géographiques locaux modifient significativement la répartition de la chaleur à la surface terrestre. L'altitude, la proximité maritime, les courants océaniques, le relief et la couverture végétale sont des déterminants clés des climats locaux.
### Définitions
> **Effet d'altitude** : Diminution de la température avec l'augmentation de l'altitude, principalement due à la baisse de la pression et de la densité de l'air.
> **Continentalité** : Degré auquel le climat d'une région est influencé par sa distance par rapport à la mer, mesuré par l'amplitude thermique annuelle.
> **Courant océanique chaud/froid** : Courant de surface transportant de l'eau relativement chaude ou froide, influençant la température de l'air au-dessus.
> **Effet de foehn** : Chauffage adiabatique de l'air descendant le versant sous-le-vent d'une chaîne de montagnes après avoir perdu son humidité par condensation sur le versant au vent.
### Faits et mécanismes
**Altitude** :
- Taux moyen de décroissance thermique dans la troposphère : ~6,5 °C/km (taux de décroissance environnemental moyen).
- Ce taux varie selon l'humidité, la saison et les conditions de stabilité.
- Plus on monte, plus l'air est rare, moins il absorbe et retient la chaleur, et plus la pression partielle des gaz diminue.
**Proximité maritime** :
- L'eau a une chaleur spécifique élevée (~4186 J/kg·K) et une grande inertie thermique.
- Les régions côtières ont des amplitudes thermiques journalières et annuelles réduites.
- Les brises de terre et de mer sont des circulations locales dues au chauffage différentiel terre-mer.
**Courants océaniques** :
- Courant de Guinée (le long de la côte ouest africaine, du Sénégal au Cameroun) : courant chaud provenant de l'équateur, élève les températures côtières.
- Courant de Benguela (ouest de l'Afrique australe) : courant froid provenant de l'Antarctique, abaisse les températures malgré la latitude intermédiaire.
- Gulf Stream : réchauffe l'Europe de l'Ouest malgré sa latitude élevée.
**Relief et effet de foehn** :
- Lorsque l'air humide rencontre une montagne, il est forcé de monter, se refroidit adiabatiquement, perd de l'humidité par précipitation (versant au vent).
- L'air descendant le versant sous-le-vent est désormais sec et se réchauffe adiabatiquement à un taux plus sec (~9,8 °C/km), pouvant être nettement plus chaud que lors de la montée.
- Cet effet est observé sur le versant nord des Alpes, et dans certaines vallées intérieures africaines sous l'influence des alizés.
**Couverture végétale** :
- Les forêts ont un albédo faible mais une forte évapotranspiration : une grande partie de l'énergie solaire sert à vaporiser l'eau plutôt qu'à chauffer l'air (flux de chaleur latente élevé, flux sensible moindre).
- Les sols nus, les déserts ou les zones urbaines ont souvent un albédo plus élevé mais convertissent davantage de l'énergie nette en chaleur sensible.
### Exemples concrets
- Au Cameroun, la ville de Bamenda (environ 1500 m d'altitude) a des températures moyennes annuelles nettement plus basses que celles de Garoua (environ 250 m), malgré une latitude similaire (Bamenda ~6°N, Garoua ~9°N). La différence d'altitude compense largement la différence de latitude.
- La région du Littoral (Douala, environ 10 m d'altitude) bénéficie de l'influence modératrice de l'Atlantique et du courant de Guinée chaud, ce qui évite des extrêmes thermiques malgré la proximité de l'équateur.
- Dans la région de l'Adamaoua ( Ngaoundéré, ~1100 m), l'altitude modère les températures malgré la position nord du pays (7°N), empêchant l'atteinte des températures extrêmes du Sahel.
- L'effet de foehn peut se produire sur le versant oriental des montagnes de l'Ouest camerounais lorsque les alizés de sud-est rencontrent le relief : l'air perd son humidité sur les pentes occidentales et se réchauffe en descendant vers les plaines de l'Adamaoua.
- En Afrique de l'Est, le plateau éthiopien (2000-3000 m) connaît un climat tempéré malgré sa proximité de l'équateur, en raison de l'effet d'altitude dominant.
### Vocabulaire à retenir
Altitude, taux de décroissance thermique, continentalité, courant océanique chaud/froid, effet de foehn, versant au vent/ sous-le-vent, albédo végétal, évapotranspiration, flux de chaleur sensible/latente, chaleur spécifique de l'eau.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Deux villes situées à la même latitude présentent des températures moyennes annuelles très différentes. Expliquez trois facteurs géographiques qui pourraient expliquer cette différence.
**Plan** :
I. Différence d'altitude (explication du taux de décroissance thermique)
II. Différence de proximité maritime (effet modérateur de l'océan, amplitude thermique)
III. Différence de couverture végétale ou de courants océaniques locaux (albédo, évapotranspiration, apport de chaleur/froid marin)
IV. Exemple illustratif : Bamenda vs Garoua (altitude) ou Douala vs Maroua (maritimité et continentalité)
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## VI. Vertical distribution of temperature
### Contexte
La température de l'atmosphère varie non seulement horizontalement mais aussi verticalement. Cette variation définit les couches atmosphériques (troposphère, stratosphèse, mésosphère, thermosphère) et est liée aux processus d'absorption et d'émission de rayonnement.
### Définitions
> **Taux de décroissance thermique (lapse rate)** : Taux auquel la température diminue avec l'augmentation de l'altitude dans l'atmosphère.
> **Taux de décroissance adiabatique sec (DALR)** : Taux de refroidissement d'un paquet d'air montant sans échange de chaleur avec l'environnement et sans condensation (~9,8 °C/km).
> **Taux de décroissance adiabatique humide (MALR)** : Taux de refroidissement d'un paquet d'air montant avec condensation et libération de chaleur latente (~4-7 °C/km, variable).
> **Couche limite planétaire** : Partie inférieure de la troposphère directement influencée par la surface terrestre, où les échanges de quantité de mouvement, de chaleur et d'humidité sont intenses.
### Faits et mécanismes
**Troposphère** (0 à ~12 km aux tropiques, moins aux pôles) :
- Couche où se produisent tous les phénomènes météorologiques.
- Température généralement décroissante avec l'altitude (taux moyen environnemental ~6,5 °C/km).
- Ce décrochement est dû à :
- Chauffage principal de la surface par absorption du rayonnement solaire.
- Refroidissement par émission infrarouge vers l'espace (partiellement retenu par l'effet de serre).
- Transport convectif de chaleur depuis la surface.
- La tropopause marque la frontière où le décrochement cesse : température minimale (~ -60°C aux tropiques, ~ -45°C aux pôles).
**Stratosphère** (~12 à 50 km) :
- Température généralement croissante avec l'altitude.
- Ce réchauffement est dû à l'absorption du rayonnement ultraviolet UV-B et UV-C par la couche d'ozone (O₃).
- L'ozone absorbe fortement entre 0,2 et 0,3 μm, convertissant l'énergie UV en chaleur cinétique des molécules.
- La stratopause (~50 km) marque le sommet de cette couche, où la température atteint un maximum (~0°C).
**Mésosphère** (~50 à 85 km) :
- Température décroissante avec l'altitude (pas d'absorption significative de rayonnement solaire).
- Refroidissement par émission infrarouge du CO₂ et de l'O₂ vers l'espace.
- La mésopause (~85 km) est la région la plus froide de l'atmosphère (~ -90°C).
**Thermosphère** (>85 km) :
- Température croissante avec l'altitude malgré la faible densité.
- Chauffage par absorption du rayonnement ultraviolet extrême (EUV) et des rayons X par l'azote moléculaire (N₂) et l'oxygène atomique (O).
- Les températures peuvent dépasser 1000°C, mais la chaleur sensible est négligeable en raison de l'extrême raréfaction (peu de collisions moléculaires).
- L'ionosphère (chevauche la mésosphère inférieure et la thermosphère) est ionisée par ce rayonnement, permettant la propagation des ondes radio.
### Exemples concrets
- Les avions de ligne volent généralement dans la basse stratosphère (au-dessus de la tropopause) pour éviter les turbulences et les phénomènes météorologiques de la troposphère, bénéficiant de l'air plus stable et plus froid (mais réchauffé avec l'altitude dans cette couche).
- Les nuages nacrés (nuages polaires stratosphériques) se forment dans la basse stratosphère pendant l'hiver polaire lorsque les températures descendent en dessous de -78°C, favorisant la réaction chimique qui détruit l'ozone.
- Les météores se disintegrent principalement dans la mésosphère en raison du frottement avec les molécules d'air suffisamment denses pour provoquer un chauffage intense, mais pas assez pour permettre un passage facile.
- Les aurores boréales et australes se produisent dans la thermosphère (et hautes couches de la mésosphère) lorsque les particules chargées du vent solaire interagissent avec le champ magnétique terrestre et excèdent les atomes d'oxygène et d'azote, provoquant l'émission de lumière lors de leur désexcitation.
- Au Cameroun, les vols internationaux depuis l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen ou Douala empruntent souvent des routes qui montent rapidement dans la troposphère supérieure pour atteindre des vents favorables (jet stream) ou éviter les nuages cumuliformes associés à la convection diurne.
### Vocabulaire à retenir
Troposphère, stratosphère, mésosphère, thermosphère, tropopause, stratopause, mésopause, taux de décroissance thermique, taux adiabatique sec/humide, couche d'ozone, absorption UV, couche limite planétaire, ionosphère.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Décrivez la variation de la température avec l'altitude dans l'atmosphère terrestre, en expliquant les causes du réchauffement ou du refroidissement dans chaque couche principale.
**Plan** :
I. Troposphère : décroissance générale (chauffage de surface, refroidissement IR, convection)
II. Stratosphère : réchauffement (absorption UV par l'ozone)
III. Mésosphère : décroissance (pas d'absorption significative, refroidissement IR)
IV. Thermosphère : réchauffement (absorption EUV et rayons X par N₂ et O)
V. Synthesis : lien entre composition atmosphérique, processus radiatifs et profil thermique
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## VII. Temperature inversion
### Contexte
Dans des conditions spécifiques, le profil thermique normal de l'atmosphère (température décroissante avec l'altitude) peut être inversé : une couche d'air plus chaud se trouve au-dessus d'une couche d'air plus froid. Ce phénomène, appelé inversion de température, a des conséquences importantes sur la dispersion des polluants, la formation du brouillard et les conditions météorologiques locales.
### Définitions
> **Inversion de température** : Couche atmosphérique où la température augmente avec l'altitude, contrairement au décrochage thermique normal.
> **Couche d'inversion** : Bande verticale où se produit l'inversion, délimitée par une base (altitude où l'inversion commence) et un sommet (où elle se termine).
> **Inversion de rayonnement** : Type d'inversion formé principalement par le refroidissement radiatif de la surface terrestre la nuit.
> **Inversion d'advection** : Formée lorsque l'air chaud se déplace au-dessus d'air froid (ex. air maritime chaud sur courant froid ou surface neigeuse).
> **Inversion subsidence** : Associée à l'air descendant dans les systèmes de haute pression, chauffé par compression adiabatique.
> **Inversion frontale** : Se forme le long d'un front chaud lorsque l'air chaud glisse au-dessus de l'air froid retenu au sol.
### Faits et mécanismes
**Inversion de rayonnement (la plus courante)** :
- Se forme la nuit sous ciel clair et vents faibles.
- La surface terrestre refroidit par émission infrarouge vers l'espace (pas de nuages pour retenir ce rayonnement).
- L'air en contact immédiat avec la surface se refroidit par conduction.
- L'air au-dessus, moins en contact avec la surface, refroidit moins vite → profil thermique inversé près du sol.
- Plus fréquente en hiver, dans les vallées, et dans les régions à haute pression anticyclonique.
- Peut conduire à la formation de brouillard de rayonnement si l'air refroidit jusqu'au point de rosée.
**Inversion d'advection** :
- Exemple classique : air chaud et humide du Golfe de Guinée advecté au-dessus du courant de Benguela froid le long de la côte ouest de l'Afrique australe → brouillard côtier persistant.
- Également observé lorsque l'air maritime doux passe au-dessus de sols enneigés ou de courants océaniques froids.
**Inversion de subsidence** :
- Dans les anticyclones, l'air descend lentement (subsidence).
- En descendant, il est comprimé et se réchauffe adiabatiquement (~9,8 °C/km si sec).
- L'air au-dessus, descendant plus récemment, est moins chauffé que l'air en dessous, qui a subi plus de compression → inversion.
- Courante dans les régions subtropicales sous l'anticyclone des Açores ou du Pacifique Nord.
**Inversion frontale** :
- Se forme le long d'un front chaud : l'air chaud, moins dense, glisse au-dessus de l'air froid plus dense qui reste coincé près du sol.
- L'air au-dessus se réchauffe par mélange avec l'air chaud entrant, tandis que l'air au sol reste froid → inversion.
- Associée à des précipitations prolongées et nuageuses (stratus, nimbostratus).
**Conséquences** :
- **Pollution** : Les inversions piègent les polluants (NOₓ, SO₂, particules) près du sol, pouvant entraîner des épisodes de smog (ex. Los Angeles, vallée du Po).
- **Brouillard** : Si l'air refroidit jusqu'au point de rosée dans la couche d'inversion, du brouillard de rayonnement ou d'advection peut se former.
- **Phénomènes acoustiques** : Le son peut se propager sur de longues distances sous inversion (reflexion vers le bas par le gradient de température).
- **Performance aéronautique** : Réduction de la portance et de la puissance moteur au décollage dans l'air froid et dense près du sol sous inversion.
### Exemples concrets
- Dans la vallée du fleuve Logone (frontière Cameroun-Tchad), des inversions de rayonnement peuvent se former les nuits claires et calmes de la saison sèche, particulièrement dans les dépressions où l'air froid draine et s'accumule.
- La ville de Yaoundé, située dans un relief ondulé, peut connaître des poches d'air froid dans les bas-fonds la nuit, tandis que les collines environnantes restent plus chaudes — un effet de drainage thermique lié à l'inversion.
- Le long de la côte camerounaise, particulièrement près de Kribi ou Limbe, des brouillards marins peuvent se former lorsque l'air chaud et humide de l'advection maritime rencontre le courant de Guinée relativement frais ou des upwellings locaux — exemple d'inversion d'advection favorisant le brouillard.
- Dans les régions du Sahel camerounais (Extrême-Nord), l'anticyclone subtropical du Sahara peut produire des inversions de subsidence en saison sèche, contribuant à la stabilité atmosphérique et à l'absence de nuages malgré la chaleur intense.
- Lors des périodes d'harmattan (vent sec et poussiéreux venant du Nord-Est en hiver), l'air froid et sec advecté du Sahara peut parfois être sous-cut par des couches d'air légèrement plus chaud en altitude, créant des inversions faibles mais détectables par profilométrie.
### Vocabulaire à retenir
Inversion de température, couche d'inversion, inversion de rayonnement, inversion d'advection, inversion de subsidence, inversion frontale, brouillard de rayonnement, drainage d'air froid, subsidence anticyclonique, front chaud, point de rosée, stabilité atmosphérique.
### Exemple de sujet type examen avec plan
**Sujet** : Expliquez la formation d'une inversion de température par rayonnement nocturne et décrivez deux de ses conséquences sur l'environnement local.
**Plan** :
I. Conditions favorables : ciel clair, vents faibles, nuit longue
II. Mécanisme : refroidissement radiatif de la surface → conduction à l'air de surface → profil thermique inversé près du sol
III. Conséquence 1 : piégeage des polluants près du sol (risque d'épisodes de pollution)
IV. Conséquence 2 : formation de brouillard de rayonnement si température ≤ point de rosée
V. Exemple illustratif : vallées intérieures camerounaises en saison sèche
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## Synthèse du chapitre
- Le rayonnement solaire est la source d'énergie principale du système climatique, avec une constante solaire d'environ 1361 W/m² et un spectre dominé par le visible et l'infrarouge proche.
- Environ 30 % du rayonnement solaire incident est réfléchi (albédo planétaire), tandis que 70 % est absorbé (51 % par la surface, 19 % par l'atmosphère), déterminant le bilan radiatif à haut de l'atmosphère.
- La chaleur absorbée est redistribuée par transfert horizontal (advection des masses d'air et courants océaniques) et transfert vertical (convection dominante, conduction négligeable près de la surface, rayonnement terrestre).
- La répartition latitudinale de la chaleur suit une décroissance générale de l'équateur vers les pôles, mais est modifiée par l'inertie thermique des océans et le transport de chaleur atmosphérique et océanique.
- Les facteurs géographiques — altitude, proximité maritime, courants océaniques, relief, couverture végétale — jouent un rôle décisif dans les climats locaux, souvent plus influents que la latitude seule (ex. Bamenda vs Garoua au Cameroun).
- La température varie avec l'altitude selon des couches définies par les processus radiatifs : décroissance dans la troposphère (chauffage de surface), réchauffement dans la stratosphère (absorption UV par l'ozone), décroissance dans la mésosphère, et réchauffement dans la thermosphère (absorption EUV).
- Les inversions de température, où la température augmente avec l'altitude, se forment par rayonnement nocturne, advection d'air chaud sur air froid, subsidence anticyclonique ou soulèvement frontal, et ont des impacts significatifs sur la pollution, le brouillard et la stabilité atmosphérique.
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## Glossaire
- **Albédo** : Fraction du rayonnement incident réfléchi par une surface (valeur entre 0 et 1 ou pourcentage).
- **Constante solaire** : Flux d'énergie solaire reçu perpendiculairement au-dessus de l'atmosphère à la distance moyenne Soleil-Terre (~1361 W/m²).
- **Couche d'inversion** : Bande verticale où la température augmente avec l'altitude, contrairement au décrochage normal.
- **Convection** : Mouvement vertical de fluide dû à des différences de densité causées par des variations de température.
- **Taux de décroissance thermique (lapse rate)** : Taux auquel la température diminue avec l'augmentation de l'altitude dans l'atmosphère.
- **Couche limite planétaire** : Partie inférieure de la troposphère directement influencée par les échanges avec la surface terrestre.
- **Effet de foehn** : Chauffage adiabatique de l'air descendant le versant sous-le-vent d'une montagne après perte d'humidité.
- **Inversion de rayonnement** : Inversion formée par le refroidissement radiatif de la surface terrestre la nuit sous ciel clair et vents faibles.
- **Insolation** : Quantité d'énergie solaire reçue par unité de surface et de temps (W/m²).
- **Mésosphère** : Couche atmosphérique située entre ~50 et 85 km d'altitude, où la température diminue avec l'altitude.
- **Stratosphère** : Couche située entre ~12 et 50 km, où la température augmente avec l'altitude grâce à l'absorption UV par l'ozone.
- **Troposphère** : Couche inférieure de l'atmosphère (0 à ~12 km), où se produisent tous les phénomènes météorologiques et où la température diminue généralement avec l'altitude.
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Quiz du chapitre
12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.