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Chapitre 1

La vie économique Module 3 : Méthodologie des traductions

Lecture : 24 minQuiz de 12 questions

# La vie économique Module 3 : Méthodologie des traductions ## Objectifs et prérequis Ce chapitre vise à consolider les compétences linguistiques et culturelles des élèves de Troisième en latin, en intégrant la méthodologie de traduction à l’étude de la vie économique romaine. Les élèves devront être capables de : identifier et conjuguer correctement les verbes aux quatre conjugaisons à l’infectum et au perfectum indicatif (actif et passif) ; analyser la syntaxe des phrases simples et complexes ; reconnaître et utiliser les pronoms-adjectifs démonstratifs *ipse, ipsa, ipsum* ; comprendre les degrés de signification de l’adjectif qualificatif et de l’adverbe ; interpréter les formes de divination dans la Rome antique ; situer les jeux publics dans l’économie romaine ; et traduire des textes liés aux douze travaux d’Hercule avec précision. Prérequis : maîtrise des cinq déclinaisons latines, connaissance de base du présent indicatif actif, familiarité avec le vocabulaire de base de la vie quotidienne romaine, capacité à analyser une phrase latine en sujet, verbe et complément. ## Introduction La traduction latine ne se limite pas à un exercice de substitution lexicale : elle exige une compréhension fine de la morphologie, de la syntaxe et du contexte culturel. Dans ce chapitre consacré à « La vie économique », nous abordons des thèmes centraux de la société romaine — jeux publics, divination, travaux d’Hercule comme métaphore du travail humain — tout en systématisant les outils grammaticaux nécessaires à une traduction rigoureuse. Chaque leçon articule un point de langue avec un contenu culturel, afin que l’élève apprenne à traduire non seulement mot à mot, mais en sens. La méthodologie proposée repose sur l’analyse préalable du verbe (temps, mode, voix), puis du sujet et de ses déterminants, enfin du complément et de ses liens logiques. Cette approche progressive permet d’éviter les erreurs courantes (confusion entre actif/passif, mauvais accord, sens inversé par négligence de la négation ou du degré adjectival). Les textes choisis sont authentiques ou adaptés d’auteurs classiques (Cicéron, Pline l’Ancien, Plaute, Virgile) et reflètent les réalités économiques : financement des jeux, rôle des augures, valeur du travail héroïque comme modèle civique. ## I. Les quatre conjugaisons à l’infectum et au perfectum indicatif ### Récapitulatif des terminaisons de l’infectum indicatif actif À l’infectum indicatif (présent, imparfait, futur simple), les quatre conjugaisons se distinguent par la voyelle thème : -a- (1re), -e- (2re), -e- avec -i- intercalé (3re), -i- (4re). > **À retenir** : À l’infectum indicatif actif, la 1re conjugaison se termine en -o, -as, -at, -amus, -atis, -ant ; la 2re en -o, -es, -et, -emus, -etis, -ent ; la 3re en -o, -is, -it, -imus, -itis, -unt ; la 4re en -o, -is, -it, -imus, -itis, -ient. Exemple : *amo, amas, amat* (1re) ; *video, vides, videt* (2re) ; *lego, legis, legit* (3re) ; *audio, audis, audit* (4re). À l’imparfait : les terminaisons sont uniformes : -bam, -bas, -bat, -bamus, -batis, -bant, ajoutées à la racine. Exemple : *amabam, videbam, legébam, audiebam*. Au futur simple : -bo, -bis, -bit, -bimus, -bitis, -bunt (1re et 2re) ; -am, -es, -et, -emus, -etis, -ent (3re et 4re). Exemple : *amabo, videbo, legam, audiam*. ### Récapitulatif des terminaisons du perfectum indicatif actif Le perfectum indicatif actif se forme sur le radical du perfectum (ex. *amavi*, *vidi*, *legi*, *audivi*) avec des terminaisons propres : -i, -isti, -it, -imus, -istis, -erunt. > **À retenir** : Le perfectum indicatif actif indique une action accomplie dans le passé, sans lien avec le présent (équivalent du passé composé ou du passé simple en français selon le contexte). Exemple : *amavi* (j’ai aimé / j’ai aimé), *vidi* (j’ai vu), *legi* (j’ai lu), *audivi* (j’ai entendu). Les verbes de la 3re conjugaison présentent souvent une réduction du radical (ex. *legi* de *lego*, *feci* de *facio*). Les verbes de la 4re ajoutent -v- avant les terminaisons (ex. *audivi*). Tableau comparatif des perfectums actifs fréquents : | Verbe (infinitif) | 1re pers. sg. perfectum | Traduction | |-------------------|--------------------------|------------| | amare | amavi | j’ai aimé | | videre | vidi | j’ai vu | | legere | legi | j’ai lu | | audire | audivi | j’ai entendu | | facere | feci | j’ai fait | | dicere | dixi | j’ai dit | | gere | gessi | j’ai porté | | venire | vēni | je suis venu | ### Application à la traduction Lors de la traduction, identifier d’abord le temps : si la terminaison est en -o/-as/-at (infectum), chercher un présent, imparfait ou futur ; si en -i/-isti/-it (perfectum), chercher un passé accompli. Exemple de phrase : *Legatus pecuniam de ludis accepit.* - *accepit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *accipere* → « il a reçu » - *Legatus* : nominatif singulier masculin → « le légat » - *pecuniam* : accusatif singulier de *pecunia* → « l’argent » (COD) - *de ludis* : ablatif pluriel de *ludus* → « des jeux » (complément de provenance) Traduction : « Le légat a reçu de l’argent des jeux. » Exercice : Traduire *Vidisti gladiatores in arena pugnare ?* Réponse : *Vidisti* = 2e pers. sg. perfectum de *videre* → « as-tu vu ? » ; *gladiatores* = accusatif pluriel → « les gladiateurs » ; *in arena* = ablatif de lieu → « dans l’arène » ; *pugnare* = infinitif présent → « combattre » (complément d’objet du verbe de perception). Traduction : « As-tu vu les gladiateurs combattre dans l’arène ? » Exercice corrigé : *Audiēbāmus clamorem populi cum victor coronabātur.* - *Audiēbāmus* : 1re pers. pl. imparfait actif de *audire* → « nous entendions » - *clamorem* : accusatif singulier de *clamor* → « le cri » (COD) - *populi* : génitif singulier de *populus* → « du peuple » (complément du nom) - *cum* : conjonction subordonnante → « quand » - *victor* : nominatif singulier masculin → « le vainqueur » (sujet de la subordonnée) - *coronabātur* : 3e pers. sg. imparfait passif de *coronare* → « était couronné » Traduction : « Nous entendions le cri du peuple quand le vainqueur était couronné. » ## II. Les cinq déclinaisons latines ### Rappel des bases Les cinq déclinaisons se distinguent par la terminaison du génitif singulier : -ae (1re), -i (2re), -is (3re), -ūs (4re), -ei (5re). > **À retenir** : La déclinaison détermine la fonction grammaticale du nom (sujet, COD, complément du nom, etc.) selon sa casse et son nombre. Tableau des terminaisons nominatif et accusatif singulier/pluriel : | Déclinaison | Nom. sg. | Acc. sg. | Nom. pl. | Acc. pl. | Exemple (nom. sg.) | |-------------|----------|----------|----------|----------|---------------------| | 1re | -a | -am | -ae | -as | *puella* (fille) | | 2re | -us/-um | -um/-um | -i | -os | *dominus* (maître), *templum* (temple) | | 3re | consonne ou -is | -em | -es | -es | *rex* (roi), *civis* (citoyen) | | 4re | -us | -um | -us | -us | *portus* (port) | | 5re | -es | -em | -es | -es | *res* (chose, affaire) | ### Application à la traduction économique Dans les textes sur les jeux publics, les noms liés à l’argent, à l’organisation et aux lieux déclinent selon leur classe. Exemple : *Pecunia datur ludis pro spettaculo.* - *Pecunia* : 1re déclinaison, nom. sg. → « l’argent » (sujet) - *datur* : 3e pers. sg. présent passif de *dare* → « est donné » - *ludis* : 2re déclinaison, dat. pl. de *ludus* → « aux jeux » (complément d’objet indirect) - *pro spettaculo* : ablatif singulier de *spectaculum* (2re déclinaison) → « pour le spectacle » Traduction : « L’argent est donné aux jeux pour le spectacle. » Exercice : Traduire *Mercator frumentum in portu vendit.* - *Mercator* : 2re déclinaison, nom. sg. masculin → « le marchand » (sujet) - *frumentum* : 2re déclinaison, acc. sg. neutre → « le blé » (COD) - *in portu* : ablatif singulier de *portus* (4re déclinaison) → « dans le port » (lieu) - *vendit* : 3e pers. sg. présent actif de *vendere* → « vend » Traduction : « Le marchand vend le blé dans le port. » Exercice corrigé : *Civitas frumentum de Sicilia importat.* - *Civitas* : 3re déclinaison, nom. sg. féminin → « la cité » (sujet) - *frumentum* : 2re déclinaison, acc. sg. neutre → « le blé » (COD) - *de Sicilia* : ablatif singulier de *Sicilia* (1re déclinaison) → « de Sicile » (provenance) - *importat* : 3e pers. sg. présent actif de *importare* → « importe » Traduction : « La cité importe le blé de Sicile. » ## III. La syntaxe de la phrase latine : phrase simple et phrase complexe ### Phrase simple Elle contient un seul verbe fini (indicatif, impératif, subjonctif) et exprime une proposition complète. > **À retenir** : Dans une phrase simple latine, le verbe porte la marque du temps, du mode et de la personne ; le sujet est souvent omis si évident par la terminaison verbale. Exemple : *Pecuniam mercator numerat.* → « Le marchand compte l’argent. » - *numerat* : 3e pers. sg. présent actif → verbe fini - *Pecuniam* : accusatif singulier → COD - *mercator* : nominatif singulier masculin → sujet (sous-entendu même s’il vient après le verbe) ### Phrase complexe Elle contient au moins deux propositions liées par une conjonction de coordination (*et, sed, aut*) ou de subordination (*quia, cum, ut, si*). > **À retenir** : En subordonnée, le verbe peut être à l’indicatif (fait réel), au subjonctif (but, conséquence, condition irréelle) ou à l’infinitif (discours rapporté). Exemple de coordination : *Ludus est magnus et populus plurimum gaudet.* → « Le jeu est grand et le peuple se réjouit beaucoup. » Exemple de subordination (but) : *Magister ludum parat ut populum delectet.* → « Le maître prépare le jeu afin de réjouir le peuple. » - *ut* + subjonctif présent → but - *delectet* : 3e pers. sg. subjonctif présent de *delectare* Exemple de subordination (cause) : *Cum ludus finitur, mercatores pecuniam accipiunt.* → « Quand le jeu se termine, les marchands reçoivent de l’argent. » - *cum* + indicatif → temps (quand) Exemple de subordonnée relative : *Pecunia quam mercator habet est bona.* → « L’argent que le marchand a est bon. » - *quam* : pronom relatif accusatif singulier féminin (se rapporte à *pecunia*) - *habet* : 3e pers. sg. présent actif → verbe de la subordonnée ### Application à la traduction Analyser la structure avant de traduire : repérer les verbes finis, identifier les subordonnées par les conjonctions, déterminer le mode du verbe subordonné. Exemple : *Si victor coronatur, populus plaudit et argentum datur.* - *Si* → condition (subjonctif ou indicatif selon le temps) - *coronatur* : 3e pers. sg. présent passif de *coronare* → indicatif présent (condition réelle) - *plaudit* : 3e pers. sg. présent actif de *plaudere* → « applaudit » - *datur* : 3e pers. sg. présent passif de *dare* → « est donné » Traduction : « Si le vainqueur est couronné, le peuple applaudit et de l’argent est donné. » Exercice : Traduire *Cum ludus finitur, mercatores qui pecuniam accepere dives sunt.* - *Cum ludus finitur* : « Quand le jeu se termine » (*finitur* = 3e pers. sg. présent passif) - *mercatores qui pecuniam accepere* : « les marchands qui ont reçu de l’argent » - *qui* : pronom relatif nominatif pluriel masculin - *accepere* : perfectum infinitif actif de *accipere* → « avoir reçu » (dans une relative au perfectum, l’infinitif parfait exprime l’antériorité) - *dives sunt* : « sont riches » (*dives* = adjectif, 3e pers. pl. présent actif de *esse* sous-entendu) Traduction : « Quand le jeu se termine, les marchands qui ont reçu de l’argent sont riches. » Exercice corrigé : *Ut ludus fieret, argentum a populo collectum est.* - *Ut ludus fieret* : « Afin que le jeu fût fait » (*fieret* = 3e pers. sg. imparfait subjonctif passif de *fieri*) → but irréalisable dans le passé - *argentum a populo collectum est* : « L’argent a été recueilli par le peuple » - *collectum est* : perfectum passif de *colligere* → « a été recueilli » - *a populo* : ablatif d’agent Traduction : « Afin que le jeu fût organisé, l’argent a été recueilli par le peuple. » ## IV. Les douze travaux d’Hercule (1) ### Contexte culturel Les douze travaux d’Hercule (*labores Herculis*) sont une série d’épreuves imposées par Eurysthée, roi de Tirynthe, en expiation d’un crime commis sous l’effet de la folie envoyée par Junon. Ils symbolisent le triomphe de la vertu, du courage et du travail sur l’adversité — valeurs chères à la morale romaine, qui voyait en Hercule un modèle de *virtus* et de laborieux acharnement. > **À retenir** : Dans la pensée romaine, les travaux d’Hercule illustrent que la richesse véritable vient du travail honnête et persévérant, non du hasard ou de la rapine — idée centrale dans l’éthique économique des républicains et des stoïciens. Les travaux incluent : tuer le lion de Némée, détruire l’hydre de Lerne, capturer le cerf de Cérynie, capturer le sanglier d’Érymanthe, nettoyer les écuries d’Augias, tuer les oiseaux du lac Stymphale, capturer le taureau de Crète, voler les juments de Diomède, prendre la ceinture d’Hippolyte, voler le bétail de Géryon, voler les pommes des Hespérides, capturer Cerbère. Chaque travail implique une compétence spécifique : force, ruse, endurance, ingéniosité — métaphores des qualités nécessaires au marchand, à l’artisan, au fonctionnaire romain. ### Application linguistique Les textes décrivant les travaux utilisent souvent le perfectum indicatif pour narrer les actions accomplies, et l’imparfait pour décrire le contexte ou les tentatives répétées. Exemple : *Hercules leonem Nemeaeum interfecit.* - *interfecit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *interficere* → « il a tué » - *leonem Nemeaeum* : accusatif singulier de *leo Nemeaeus* → « le lion de Némée » (COD) Traduction : « Hercule a tué le lion de Némée. » Exemple avec imparfait pour la description : *Cum hydram Lernaeam pugnaret, duos capitibus crescere vidēbat.* - *pugnaret* : 3e pers. sg. imparfait subjonctif actif de *pugnare* (dans une proposition temporelle avec *cum* au passé) → « tandis qu’il combattait » - *vidēbat* : 3e pers. sg. imparfait actif de *videre* → « il voyait » - *duos capitibus crescere* : infinitif présent actif de *crescere* avec accusatif du objet et datif du complément → « deux têtes poussaient » Traduction : « Tandis qu’il combattait l’hydre de Lerne, il voyait deux têtes pousser. » Exercice : Traduire *Hercules stabulum Augiae in uno die purgavit.* - *purgavit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *purgare* → « il a nettoyé » - *stabulum Augiae* : accusatif singulier de *stabulum Augiae* → « l’écurie d’Augias » (COD) - *in uno die* : ablatif de temps → « en un jour » Traduction : « Hercule a nettoyé l’écurie d’Augias en un jour. » Exercice corrigé : *Cum taurum Cretensem cepisset, eum ad Eurysthen portavit.* - *cepisset* : plus-que-parfait actif de *capere* → « il avait saisi » (dans une subordonnée temporelle antérieure) - *portavit* : perfectum actif de *portare* → « il a porté » Traduction : « Après avoir saisi le taureau de Crète, il l’a amené à Eurysthée. » ## V. Les douze travaux d’Hercule (2) ### Continuation et synthèse Les derniers travaux mettent en avant la ruse et la descente aux enfers, soulignant que la réussite économique exige parfois de affronter l’inconnu ou l’invisible. Exemple : *Hercules pompas Hesperidum, draconem dormientem occidens, tulit.* - *tulit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *tulere* (de *ferre*) → « il a apporté » - *pompas Hesperidum* : accusatif pluriel de *pomum* → « les pommes » (COD) - *draconem dormientem occidens* : participe présent actif de *occidere* avec accusatif → « ayant tué le dragon endormi » (complément circonstanciel de manière) Traduction : « Hercule a apporté les pommes des Hespérides, ayant tué le dragon endormi. » Exemple avec négation : *Nec Cerberum vincere nec vinciri potuit.* - *vincere* : infinitif présent actif de *vincere* → « vaincre » - *vinciri* : infinitif présent passif de *vincere* → « être vaincu » - *potuit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *pouvoir* → « il a pu » Traduction : « Il n’a pu ni vaincre Cerbère ni être vaincu par lui. » (sens : il l’a maîtrisé sans combat ni soumission) Exercice : Traduire *Hercules bovis Geryonis, qui in insula erat, ad Eurysthen transtulit.* - *transtulit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *transferre* → « il a transporté » - *bovis Geryonis* : génitif singulier de *bos Geryonius* → « du bœuf de Géryon » (complément du nom) - *qui in insula erat* : relative → « qui était sur l’île » Traduction : « Hercule a transporté le bœuf de Géryon, qui était sur l’île, jusqu’à Eurysthée. » Exercice corrigé : *Quod decimum labor Herculis fuit, pompas Hesperidum afferre, et undecimum, Cerberum adducere.* - *fuit* : 3e pers. sg. perfectum de *esse* → « était » - *afferre* : infinitif présent actif de *affere* → « apporter » - *adducere* : infinitif présent actif de *adducere* → « amener » Traduction : « Le dixième travail d’Hercule était d’apporter les pommes des Hespérides, et le onzième, d’amener Cerbère. » ## VI. Les degrés de signification de l’adjectif qualificatif et de l’adverbe (suite) ### Degrés de l’adjectif L’adjectif qualificatif possède trois degrés : positif, comparatif, superlatif. > **À retenir** : Le comparatif se forme en ajoutant -ior (masc./fém.) / -ius (neutre) au radical ; le superlatif en ajoutant -issimus à la base (ou en utilisant *plurimus*, *maximus*, etc. pour les irréguliers). Tableau des degrés pour les adjectifs courants : | Adjectif (positif) | Comparatif | Superlatif | Traduction (positif) | |--------------------|------------|------------|-----------------------| | bonus | melior | optimus | bon | | malus | peior | pessimus | mauvais | | magnus | maior | maximus | grand | | parvus | minor | minimus | petit | | multus | plus | plurimus | beaucoup | | sapiens | sapiens | sapientissimus | sage | | facilis | facilior | facilissimus | facile | | difficilis | difficilior| difficillimus | difficile | ### Degrés de l’adverbe L’adverbe dérivé de l’adjectif suit le même degré : - Positif : adverbe en -e (ex. *bene* de *bonus*) - Comparatif : même forme que le neutre du comparatif adjectival (ex. *melius*) - Superlatif : adverbe en -issime (ex. *optimissime*) > **À retenir** : L’adverbe modifie le verbe, l’adjectif ou un autre adverbe ; il ne s’accorde jamais. Tableau des adverbes courants : | Adverbe (positif) | Comparatif | Superlatif | Traduction | |-------------------|------------|------------|------------| | bene | melius | optimissime| bien | | male | peius | pessissime | mal | | magnopere | magis | maximopere | beaucoup | | parve | minus | minimisse | peu | | sapienter | sapienter | sapientissime | sagement | | faciliter | facilius | facilissime| facilement | | difficiliter | difficilius| difficillime| difficilement | ### Application à la traduction économique Dans les textes sur les jeux, les adjectifs décrivent l’échelle, la valeur ou la qualité des dépenses ou des gains. Exemple : *Ludus magnus est, sed ludus maior populum plus delectat.* - *magnus* : positif → « grand » - *maior* : comparatif → « plus grand » - *plus* : adverbe comparatif de *multus* → « davantage » Traduction : « Le jeu est grand, mais le jeu plus grand réjouit davantage le peuple. » Exemple avec superlatif : *Pecunia optimissima mercatorem beatissimum facit.* - *optimissima* : superlatif féminin singulier de *optimus* → « très bonne » - *beatissimum* : superlatif neutre singulier de *beatus* → « très heureux » Traduction : « Une argent très bonne rend le marchand très heureux. » Exercice : Traduire *Mercator sapiens melius negotiatur quam mercator stultus.* - *sapiens* : positif → « sage » - *melius* : adverbe comparatif → « mieux » - *negotiatur* : 3e pers. sg. présent passif de *negotiari* → « est mené en affaires » - *quam* → « que » - *stultus* : positif → « stupide » Traduction : « Le marchand sage mène mieux ses affaires que le marchand stupide. » Exercice corrigé : *Pecunia multa datur, sed pecunia plurima laudem optimam afferunt.* - *multa* : féminin singulier de *multus* → « beaucoup » (accord avec *pecunia*) - *plurima* : neutre pluriel de *plurimus* → « très beaucoup » (ici : « le plus ») - *laudem* : accusatif singulier de *laudem* → « la louange » - *optimam* : féminin singulier de *optimus* → « excellente » Traduction : « Beaucoup d’argent est donné, mais la plus grande quantité d’argent apporte une excellente louange. » ## VII. Les formes de divination dans la Rome antique ### Contexte culturel La divination (*divinatio*) était une pratique centrale dans la vie publique et privée romaine, censée révéler la volonté des dieux afin de guider les décisions politiques, militaires et économiques. Aucun acte important — déclaration de guerre, élection d’un magistrat, lancement d’un projet commercial — n’était entrepris sans consulter les auspices ou les haruspices. > **À retenir** : La divination romaine n’était pas de la superstition aveugle, mais un système rituel codifié visant à réduire l’incertitude dans les décisions collectives, notamment économiques, en cherchant un signe divin approuvant ou interdisant une action. Les principales formes : - **Auspicium** : observation des oiseaux (vol, chant, alimentation) par les augures - **Haruspicina** : examen des entrailles (foie surtout) des animaux sacrifiés par les haruspices - **Sortilegium** : tirage au sort de bâtonnets ou de dés sacrés - **Somnium** : interprétation des rêves envoyés par les dieux - **Obsidium** : observation des phénomènes étranges (éclairs, tremblements) Les augures étaient des fonctionnaires publics ; leurs décisions avaient force de loi. Un *obnuntiatio* (annonce d’un mauvais présage) pouvait reporter une assemblée ou une bataille. ### Application linguistique Les textes décrivant la divination utilisent souvent le passif pour souligner l’action subie par le devin ou l’objet examiné, et le parfait pour raconter l’acte accompli. Exemple : *Augures avis caelestis observerunt.* - *observerunt* : 3e pers. pl. perfectum actif de *observare* → « ils ont observé » - *avis caelestis* : accusatif pluriel de *avis caelestis* → « les oiseaux du ciel » (COD) Traduction : « Les augures ont observé les oiseaux du ciel. » Exemple avec haruspice : *Haruspex hepatem porci inspexit et signum dei fecit.* - *inspexit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *inspicere* → « il a examiné » - *signum* : accusatif singulier de *signum* → « le signe » (COD) - *dei* : génitif singulier de *deus* → « du dieu » - *fecit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *facere* → « il a fait » Traduction : « L’haruspice a examiné le foie du porc et a fait un signe du dieu. » Exemple de négation rituelle : *Nec avis volare nec viscera movere videtur.* - *videtur* : 3e pers. sg. présent passif de *vidēri* → « il semble » Traduction : « Il ne semble pas que les oiseaux volent ni que les entrailles bougent. » Exercice : Traduire *Sortem legit et de futuro rei publicae cognovit.* - *legit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *legere* → « il a lu » - *sortem* : accusatif singulier de *sortis* → « le sort » (COD) - *cognovit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *cognoscere* → « il a connu » Traduction : « Il a tiré le sort et a su de l’avenir de la république. » Exercice corrigé : *Cum fulmen dextro latere miceret, augures senatum consultum postponere iussit.* - *mocieret* : 3e pers. sg. imparfait subjonctif passif de *micere* → « brillait » (dans une subordonnée temporelle avec *cum*) - *postponere* : infinitif présent actif de *postponere* → « reporter » - *iussit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *iubere* → « il a ordonné » Traduction : « Quand l’éclair brillait à droite, les augures ont ordonné de reporter le décret sénatorial. » ## VIII. Les formes de divination dans la Rome antique (2) ### Continuation et application économique La divination influençait directement l’économie : les décisions de construire un marché, d’ouvrir une mine, de lancer une flotte commerciale dépendaient des auspices. Un mauvais présage pouvait retarder un contrat ou annuler une foire. Exemple : *Mercatores, cum auspicia mala essent, mercatum non aperuerunt.* - *aperuerunt* : 3e pers. pl. perfectum actif de *aperire* → « ils ont ouvert » - *non* → négation Traduction : « Les marchands, puisque les auspices étaient mauvais, n’ont pas ouvert le marché. » Exemple avec somme : *Decuma frumenti, si deus favet, solvenda est.* - *solvenda est* : 3e pers. sg. futur passif de *solvere* → « doit être payée » - *si deus favet* : « si le dieu est favorable » (*favet* = 3e pers. sg. présent actif de *favere*) Traduction : « La dîme de blé, si le dieu est favorable, doit être payée. » Exercice : Traduire *Haruspex, qui hepatem ovins inspexit, dixit: “Deus agrum fecundum dat.”* - *inspexit* : 3e pers. sg. perfectum actif → « il a examiné » - *dixit* : 3e pers. sg. perfectum actif de *dicere* → « il a dit » - *datur* : 3e pers. sg. présent passif de *dare* → « est donné » Traduction : « L’haruspice, qui a examiné le foie du mouton, a dit : “Le dieu donne un champ fertile.” » Exercice corrigé : *Si somnium verum est, mercator navigabit; si falsum, in urbe manebit.* - *navigabit* : 3e pers. sg. futur simple actif de *navigare* → « il naviguera » - *manebit* : 3e pers. sg. futur simple actif de *manere* → « il restera » Traduction : « Si le rêve est vrai, le marchand naviguera ; s’il est faux, il restera en ville. » ## IX. La place des jeux publics dans l’économie romaine (1) ### Contexte culturel Les jeux publics (*ludi publici*) étaient des spectacles financés par l’État, les magistrats ou les particuliers, visant à divertir le peuple et à gagner sa faveur (*gratia populi*). Ils représentaient une dépense considérable, mais aussi un investissement économique : ils stimulaient l’artisanat (fabrication d’armes, de costumes, de nourriture), le commerce (vente de billets, de nourriture, de souvenirs), et l’emploi (acteurs, gladiateurs, marchands, personnel d’arène). > **À retenir** : Les jeux publics fonctionnaient comme un keynésianisme avant la lettre : une dépense publique qui stimulait la demande globale, réduisait le chômage et augmentait la circulation monétaire, même si leur coût était parfois critiqué par les moralistes comme une forme de *panem et circenses* (pain et jeux) destinée à apaiser les mécontentements sans résoudre les problèmes structurels. Les jeux comprenaient : courses de chars (*ludi circenses*), combats de gladiateurs (*munera*), représentations théâtrales (*ludi scaenici*), et chasses d’animaux sauvages (*venationes*). Le financement venait du trésor public (*aerarium*), des impôts, des conquêtes (butin de guerre), ou de la générosité privée (*munera* donnés par des candidats aux élections pour se faire élire). ### Application linguistique Les textes sur les jeux utilisent souvent le passif pour décrire le financement ou l’organisation, et l’actif pour les actions des participants. Exemple : *Ludi a magistrato financiantur.* - *financiantur* : 3e pers. pl. présent passif de *financiare* (verbe dérivé, attesté en latin tardif) → « sont financés » Traduction : « Les jeux sont financés par le magistrat. » Exemple avec actif : *Gladiatores in arena pugnant et spectatores plaudunt.* - *pugnant* : 3e pers. pl. présent actif de *pugnare* → « combattent » - *plaudunt* : 3e pers. pl. présent actif de *plaudere* → « applaudissent » Traduction : « Les gladiateurs combattent dans l’arène et les spectateurs applaudissent. » Exemple de coût : *Decies sestertia pro ludis erogata sunt.* - *erogata sunt* : 3e pers. pl. perfectum passif de *erogare* → « ont été dépensés » - *decies sestertia* : « dix fois mille sesterces » (expression pour 10 000 000 de sesterces) Traduction : « Dix millions de sesterces ont été dépensés pour les jeux. » Exercice : Traduire *Populus ludos amat quia sine ludo vita tristis est.* - *amat* : 3e pers. sg. présent actif de *amare* → « aime » - *quia* → « parce que » - *tristis* : adjectif → « triste » - *est* : 3e pers. sg. présent actif de *esse* → « est » Traduction : « Le peuple aime les jeux parce que sans jeu, la vie est triste. » Exercice corrigé : *Cum ludus finitur, mercatores qui vicinum ludum habent plus argentum acquirunt.* - *acquirunt* : 3e pers. pl. présent actif de *acquirere* → « ils acquièrent » - *vicinum* : adjectif → « voisin » Traduction : « Quand le jeu se termine, les marchands qui ont un voisin de jeu acquièrent plus d’argent. »

Quiz du chapitre

12 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Dans la traduction latine, quelle est la fonction principale du cas génitif lorsqu'il exprime la possession ?
  2. 2. Quel temps verbal latin correspond le mieux à l'expression française 'il avait étudié' dans un contexte de passé antérieur ?
  3. 3. Dans la phrase latine 'Mercator frumento romano negotiatur', quelle est la fonction du mot 'romano' ?
  4. 4. Quelle est la bonne traduction latine de 'Les marchands vendent du blé à la ville' ?
  5. 5. Dans la traduction de 'Il gagne de l'argent en travaillant au marché', quelle construction latine est la plus appropriée pour exprimer la cause ou le moyen ?
  6. 6. Comment traduire fidèlement 'Les économies de la famille permettent d'acheter du sel' en latin, en respectant la structure nominale ?
  7. 7. Dans la phrase 'Pecunia qua mercator fruitur, bona est', quelle est la fonction de la relative 'qua' ?
  8. 8. Traduisez en latin : 'Le gain du marchand dépend de la quantité de blé qu'il vend'.
  9. 9. Dans la traduction de 'Il faut que les marchands économisent pour éviter la famine', quelle construction latine exprime au mieux la nécessité ?
  10. 10. Quel est le piège le plus fréquent lors de la traduction de l'ablatif de matière dans une phrase comme 'pannus lini' (un tissu de lin) ?
  11. 11. Dans la phrase latine 'Ceres frumento agricolis donat, ut famine careant', quelle est la fonction précise de l'ut + subjonctif ?
  12. 12. Traduisez : 'La richesse du royaume provient des impôts sur le commerce maritime'.