Chapitre 13
SF 753 : Les comportements discriminatoires
Lecture : 18 minQuiz de 12 questions
# SF 753 : Les comportements discriminatoires
## Objectifs et prérequis
Comprendre les formes de comportements discriminatoires au Cameroun et en Afrique, leurs causes, leurs conséquences juridiques et sociales, ainsi que les mécanismes de lutte et de prévention.
Prérequis : notions de citoyenneté, de droits humains fondamentaux, de la Constitution camerounaise (notamment son préambule et l’article 1), de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), et du vivre-ensemble républicain.
## Introduction
Les comportements discriminatoires constituent une menace pour la cohésion nationale, la paix sociale et le développement durable. Au Cameroun, pays de plus de 250 groupes ethniques et marqué par une diversité linguistique, religieuse et culturelle, ces phénomènes — bien que parfois sous-estimés ou niés — se manifestent sous diverses formes : tribalisme, xénophobie, extrémisme violent, intégrisme, exclusion et repli identitaire. Ils sont souvent alimentés par des stéréotypes, des peurs infondées, des rivalités historiques ou des manipulations politiques. Ce chapitre vise à les analyser avec rigueur, à en identifier les mécanismes, à mesurer leurs impacts et à proposer des pistes d’action concrètes pour les combattre, conformément aux valeurs républicaines et aux engagements internationaux du Cameroun.
## I. Le tribalisme, la xénophobie, l’extrémisme violent, l’intégrisme, l’exclusion et le repli identitaire
### A. Le tribalisme
**Contexte** : Au Cameroun, le tribalisme désigne la préférence accordée à son groupe ethnique au détriment de l’intérêt national, souvent exprimée dans l’accès aux emplois, aux ressources publiques ou aux nominations administratives. Bien que la Constitution camerounaise proclame l’égalité de tous les citoyens sans distinction d’origine (préambule, article 1), des pratiques tribales persistent, notamment dans certaines régions où l’identité ethnique est fortement liée à l’accès au pouvoir ou aux ressources.
**Définition** : > Le tribalisme est l’attitude consistant à privilégier les membres de son groupe ethnique dans les relations sociales, économiques ou politiques, au détriment de l’équité et de l’égalité des chances.
**Causes** :
- Faible intégration nationale due à l’héritage colonial (frontières artificielles, politique de division).
- Concurrence pour les ressources rares (terres, emplois publics, aides étatiques).
- Manipulation politique lors des élections (exploitation des identités ethniques pour gagner des voix).
- Faible sensibilisation à la citoyenneté dans l’éducation.
**Conséquences** :
- Détérioration de la confiance entre groupes.
- Corruption et népotisme dans l’administration.
- Tensions intercommunautaires pouvant dégénérer en violences (ex. : affrontements entre groupes dans l’Extrême-Nord ou l’Ouest lors de périodes électorales).
- Exclusion de compétences nationales au profit de critères ethniques.
**Exemples concrets** :
- Au Cameroun, des allégations de favoritisme ethnique dans les recrutements à la fonction publique ont été rapportées par des organisations de la société civile (ex. : CNLCT, 2020).
- En Afrique, le génocide rwandais de 1994 illustre l’extrême conséquence du tribalisme instrumentalisé (Hutu vs Tutsi).
- Au Kenya, les violences post-électorales de 2007-2008 ont été largement alimentées par des rivalités ethniques.
**Vocabulaire à retenir** : népotisme, clientélisme ethnique, intégration nationale, cohésion sociale.
**Exemple de sujet type examen** :
*Expliquez comment le tribalisme menace l’unité nationale au Cameroun et proposez deux mesures concrètes pour le combattre.*
**Plan** :
I. Définition et manifestations du tribalisme au Cameroun
II. Causes profondes (historiques, politiques, économiques)
III. Conséquences sur la paix sociale et le développement
IV. Mesures de lutte : éducation à la citoyenneté, réforme du recrutement public, promotion du brassage intercommunautaire
### B. La xénophobie
**Contexte** : La xénophobie désigne l’hostilité ou la peur envers les étrangers. Au Cameroun, elle s’observe parfois à l’enégard des réfugiés (notamment nigérians fuyant Boko Haram, centrafricains fuyant la guerre civile) ou des migrants économiques (Chinois, Indiens, Ouest-Africains). Bien que le Cameroun ait une tradition d’accueil (plus de 400 000 réfugiés enregistrés par le HCR en 2023), des tensions émergent dans les zones d’accueil précaires.
**Définition** : > La xénophobie est l’attitude d’hostilité, de méfiance ou de discrimination envers des personnes perçues comme étrangères, basée sur leur origine nationale ou ethnique.
**Causes** :
- Compétition perçue pour les emplois, les logements ou les services sociaux.
- Rumeurs et désinformation (ex. : étrangers accusés de voler des emplois ou de propager des maladies).
- Manque d’information sur les droits des réfugiés et les obligations internationales du Cameroun (Convention de 1951 relative au statut des réfugiés).
- Frustration sociale non canalisée vers les responsables politiques.
**Conséquences** :
- Exclusion sociale et économique des étrangers.
- Violences physiques ou verbales (ex. : attaques contre des commerçants étrangers dans certaines villes).
- Détérioration de l’image du Cameroun à l’international.
- Risque de décourager l’aide humanitaire et l’investissement étranger.
**Exemples concrets** :
- En 2021, des incidents de xénophobie ont été signalés à Yaoundé et Douala contre des commerçants nigérians, accusés à tort de monopoliser le commerce informel (rapport de la CNDHL, 2022).
- En Afrique du Sud, les attaques xénophobes contre des migrants africains (2008, 2015, 2019) montrent les dangers de ce phénomène lorsqu’il est laissé sans réponse étatique forte.
- Au Cameroun, des campagnes de sensibilisation du HCR et du MINAS ont permis de réduire certaines tensions dans les sites de réfugiés de l’Extrême-Nord.
**Vocabulaire à retenir** : réfugié, demandeur d’asile, intégration locale, cohésion sociale, stéréotype ethnique.
**Exemple de sujet type examen** :
*Analysez les causes de la xénophobie au Cameroun et évaluez l’efficacité des réponses étatiques et citoyennes.*
**Plan** :
I. Définition et contexte camerounais de la xénophobie
II. Causes : économiques, psychologiques, médiatiques
III. Conséquences pour les étrangers et la société camerounaise
IV. Réponses : législation (loi sur les réfugiés), actions de la société civile, éducation interculturelle
### C. L’extrémisme violent
**Contexte** : L’extrémisme violent désigne l’usage ou la justification de la violence pour atteindre des objectifs idéologiques, politiques ou religieux. Au Cameroun, il se manifeste principalement par l’insurrection de Boko Haram dans l’Extrême-Nord (depuis 2014) et, dans une moindre mesure, par des groupes séparatistes armés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (depuis 2016). Ces groupes recrutent souvent en exploitant la pauvreté, l’exclusion ou le ressentiment.
**Définition** : > L’extrémisme violent est l’engagement dans ou le soutien à des actes de violence motivés par une idéologie extrémiste, visant à imposer des croyances ou à détruire l’ordre établi.
**Causes** :
- Marginalisation économique et sociale (pauvreté, chômage des jeunes).
- Perception d’injustice ou de négligence par l’État (ex. : manque de services de base dans l’Extrême-Nord).
- Propaganda idéologique (ex. : interprétation radicale de l’islam par Boko Haram, appel à l’indépendance par les séparatistes).
- Faible présence de l’État et des services sociaux dans certaines zones.
**Conséquences** :
- Pertes humaines considérables (plus de 3 000 morts civils et militaires au Cameroun liés à Boko Haram selon le gouvernement, 2023).
- Déplacements forcés de populations (plus de 1 million de déplacés internes dans l’Extrême-Nord et les régions anglophones, OCHA, 2023).
- Destruction d’infrastructures (écoles, centres de santé, marchés).
- Traumatismes psychologiques durables chez les survivants, surtout les enfants.
**Exemples concrets** :
- L’attaque de Boko Haram contre la base militaire de Kolofata en 2014, marquant l’escalade du conflit.
- Les enlèvements de lycéennes à Chibok (Nigéria, 2014) ont eu des répercussions au Cameroun, avec des craintes de débordement.
- Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des écoles ont été brûlées et des enseignants menacés par des séparatistes armés (rapport de l’ICG, 2022).
**Vocabulaire à retenir** : radicalisation, insurgé, déplacement interne, résilience communautaire, contre-narratif.
**Exemple de sujet type examen** :
*Montrez comment l’exclusion sociale favorise l’extrémisme violent au Cameroun et proposez une stratégie de prévention.*
**Plan** :
I. L’extrémisme violent : définition et manifestations camerounaises
II. Le lien entre exclusion sociale et radicalisation
III. Conséquences humanitaires et sécuritaires
IV. Stratégie de prévention : développement local, éducation, dialogue communautaire, déradicalisation
### D. L’intégrisme
**Contexte** : L’intégrisme désigne une adhésion rigide et intolérante à une interprétation littérale ou extrémiste d’une doctrine religieuse, souvent accompagnée d’un rejet de la modernité, de la laïcité ou des droits individuels. Au Cameroun, pays à majorité chrétienne et musulmane avec une forte présence de croyances traditionnelles, l’intégrisme se manifeste surtout dans certains courants islamiques salafistes ou dans des groupes chrétiens fondamentalistes qui rejettent le dialogue interreligieux ou les valeurs républicaines.
**Définition** : > L’intégrisme est une attitude rigide et intolérante qui prétend imposer une interprétation unique et absolue d’une foi, rejetant toute forme de pluralisme, de critique ou de séparation entre religion et État.
**Causes** :
- Recherche d’identité face à la modernité ou à la mondialisation perçue comme menaçante.
- Influence de prédicateurs étrangers ou de financements externes (ex. : certains réseaux salafistes liés au Golfe).
- Faible éducation religieuse critique dans certains milieux.
- Sentiment de menace culturelle ou démographique (ex. : peur de l’islamisation ou de la chrétienté dominante).
**Conséquences** :
- Tensions interreligieuses pouvant dégénérer en conflits.
- Opposition à l’éducation mixte, à l’émancipation des femmes ou aux droits LGBTQ+ (même si ces derniers ne sont pas reconnus au Cameroun, l’intégrisme peut s’opposer à toute évolution sociale).
- Rejet des institutions laïques (écoles publiques, justice civile).
- Risque de basculement vers l’extrémisme violent si l’intégrisme est combiné à un appel à la violence.
**Exemples concrets** :
- Au Cameroun, des prêches dénonçant l’éducation des filles comme « non islamique » ont été signalés dans certaines mosquées de l’Extrême-Nord (rapport du MINJEC, 2021).
- Dans certains milieux évangéliques, des appels à boycotter l’école publique au nom de valeurs « bibliques » ont été observés (zone rurale de l’Est et de l’Adamaoua).
- En Afrique, l’intégrisme islamique a contribué à l’insurrection au Mali et au Burkina Faso, montrant comment des idées rigides peuvent mener à la violence.
**Vocabulaire à retenir** : laïcité, pluralisme religieux, fondamentalisme, interprétation littérale, tolérance.
**Exemple de sujet type examen** :
*Expliquez en quoi l’intégrisme religieux peut constituer une menace pour la cohésion nationale au Cameroun.*
**Plan** :
I. Définition de l’intégrisme et ses manifestations camerounaises
II. Causes : identitaires, externes, éducatives
III. Conséquences sur le vivre-ensemble et les droits fondamentaux
IV. Réponses : éducation religieuse ouverte, renforcement de la laïcité, dialogue interconfessionnel
### E. L’exclusion et le repli identitaire
**Contexte** : L’exclusion désigne le processus par lequel des individus ou des groupes sont empêchés de participer pleinement à la vie sociale, économique ou politique. Le repli identitaire est la réaction consistant à se réfugier dans une identité perçue comme menacée (ethnique, religieuse, linguistique) en réaction à l’exclusion ou à la mondialisation. Au Cameroun, ces phénomènes sont liés : l’exclusion alimentent le repli, qui à son tour peut renforcer les comportements discriminatoires.
**Définition** : > L’exclusion est le processus qui empêche un individu ou un groupe d’accéder aux ressources, aux droits et aux opportunités disponibles dans la société.
> Le repli identitaire est la tendance à se recentrer sur une identité perçue comme menacée, en réaction à l’exclusion, à la mondialisation ou à des changements sociaux rapides.
**Causes** :
- Politiques publiques inadaptées ou discriminatoires (ex. : manque d’infrastructures dans certaines régions).
- Discrimination basée sur l’origine, le genre, le handicap ou la langue.
- Globalisation perçue comme une menace culturelle ou économique.
- Manque de représentation dans les médias ou les institutions nationales.
**Conséquences** :
- Paupérisation et marginalisation durable.
- Perte de confiance dans les institutions nationales.
- Renforcement des stéréotypes et des préjugés.
- Risque de conflit ou de sécession (ex. : revendications fédéralistes ou séparatistes dans les régions anglophones).
- Appauvrissement culturel et intellectuel du pays par perte de diversité.
**Exemples concrets** :
- L’exclusion perçue des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (manque de développement, centralisation du pouvoir) a alimenté le conflit séparatiste depuis 2016 (rapport du Groupe de crise internationale, 2020).
- Les personnes handicapées au Cameroun font face à l’exclusion éducative et professionnelle malgré la loi de 2010 sur la protection des personnes handicapées (application faible).
- Les peuples autochtones (Baka, Bagyeli) de l’Est et du Sud sont souvent exclus des décisions concernant leurs terres ancestrales, malgré leurs droits reconnus par la loi forestière de 1994.
**Vocabulaire à retenir** : marginalisation, inclusion sociale, identité collective, résilience, reconnaissance.
**Exemple de sujet type examen** :
*Montrez comment l’exclusion mène au repli identitaire et comment cela peut menacer l’unité nationale.*
**Plan** :
I. Définitions de l’exclusion et du repli identitaire
II. Le lien causal entre exclusion et repli identitaire
III. Conséquences pour la cohésion nationale et la paix sociale
IV. Stratégies d’inclusion : décentralisation, éducation inclusive, reconnaissance des diversités
## II. Les conséquences des comportements discriminatoires et les sanctions encourues
### A. Conséquences sociales
Les comportements discriminatoires détruisent le tissu social. Ils engendrent la méfiance, la haine et la violence entre groupes. Au Cameroun, cela se traduit par des tensions intercommunautaires, des déplacements de populations, et une perte du sentiment d’appartenance à la nation. Les jeunes, particulièrement vulnérables, peuvent perdre espoir en l’avenir et se tourner vers des voies de recours illégales (délinquance, recrutement par des groupes armés).
### B. Conséquences économiques
La discrimination gaspille le capital humain. Lorsque des individus sont exclus de l’emploi ou de l’éducation à cause de leur origine, de leur religion ou de leur genre, le pays perd en productivité et en innovation. Les investisseurs étrangers peuvent être découragés par un climat d’insécurité ou d’instabilité. Les conflits liés à l’identité (ex. : dans l’Extrême-Nord ou les régions anglophones) ont un coût économique énorme : destruction d’infrastructures, perte de récoltes, dépenses sécuritaires accrues.
### C. Conséquences politiques
Les comportements discriminatoires affaiblissent l’État. Ils remettent en cause sa légitimité lorsqu’il est perçu comme partisan ou incapable de protéger tous ses citoyens équitablement. Cela peut conduire à des crises de confiance, à des protestations, voire à des revendications de sécession ou de fédéralisme. L’exclusion politique de certains groupes peut les pousser à chercher le pouvoir par les armes plutôt que par les urnes.
### D. Sanctions pénales
Au Cameroun, plusieurs textes législatifs répriment les comportements discriminatoires :
- Le **Code pénal** (articles 277-1 à 277-4) incrimine les actes de discrimination basée sur l’origine, l’ethnie, la religion ou le genre.
- La **loi n° 2010/012 du 21 décembre 2010** portant protection et promotion des personnes handicapées interdit toute discrimination à leur encontre.
- La **loi n° 2019/009 du 25 juillet 2019** réprimant le terrorisme sanctionne les actes d’extrémisme violent.
- Bien qu’il n’existe pas de loi spécifique contre le tribalisme ou la xénophobie, ces comportements peuvent être poursuivis sous les chefs d’incitation à la haine, troubles à l’ordre public ou atteinte à la liberté de travail (selon le contexte).
- Les peines varient : amendes, emprisonnement (de 6 mois à 5 ans selon la gravité), voire davantage en cas de violence ou de terrorisme.
### E. Sanctions administratives et professionnelles
Dans la fonction publique, un agent reconnu coupable de discrimination peut faire l’objet de sanctions disciplinaires (avertissement, rétrogradation, radiation). Dans le secteur privé, les entreprises peuvent être poursuivies pour pratiques discriminatoires à l’embauche (Code du travail, article 5). Les établissements scolaires sanctionnent le harcèlement ou l’exclusion basée sur l’identité (règlements intérieurs, loi d’orientation éducative).
### F. Réparation et justice transitionnelle
Au-delà de la punition, le Cameroun explore des voies de réparation : commissions d’enquête (ex. : sur les événements des régions anglophones), programmes de réinsertion pour ex-combattants, cérémonies de pardon traditionnel dans certaines communautés. L’objectif est de restaurer la dignité des victimes et de prévenir la récidive.
**Exemple de sujet type examen** :
*Quelles sont les conséquences des comportements discriminatoires et quelles sanctions prévoit la loi camerounaise ?*
**Plan** :
I. Conséquences sociales : perte de cohésion, violence, déplacement
II. Conséquences économiques : gaspillage du capital humain, découragement de l’investissement
III. Conséquences politiques : perte de légitimité de l’État, risques de sécession
IV. Sanctions pénales : Code pénal, lois spécifiques (handicap, terrorisme)
V. Sanctions administratives et professionnelles
VI. Voies de réparation et de réconciliation
## III. La promotion de la lutte contre les comportements discriminatoires
### A. Éducation et sensibilisation
L’éducation est le levier le plus puissant pour prévenir les discriminations. Cela inclut :
- L’introduction de l’éducation à la citoyenneté et aux droits humains dès l’école primaire.
- L’enseignement de l’histoire camerounaise dans sa diversité (pas seulement celle des élites ou des régions dominantes).
- La formation des enseignants à la gestion de la diversité en classe.
- Les campagnes de sensibilisation médiatiques (radio, télévision, réseaux sociaux) en langues nationales.
- Les clubs de paix, de citoyenneté ou de droits humains dans les écoles et universités.
**Exemple** : Le programme « École amie de la paix » du MINEDUB, soutenu par l’UNICEF, promeut la résolution non violente des conflits dans les écoles de l’Extrême-Nord et des régions anglophones.
### B. Cadre juridique et institutionnel
Le Cameroun dispose d’institutions chargées de lutter contre les discriminations :
- La **Commission nationale des droits de l’homme et des libertés (CNDHL)** reçoit les plaintes, mène des enquêtes et formule des recommandations.
- Le **Ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF)** lutte contre la discrimination basée sur le genre.
- Le **Ministère de l’Action sociale (MINAS)** travaille sur l’inclusion des personnes handicapées et des groupes vulnérables.
- Le **Secrétariat d’État à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale** et la **Police nationale** ont des unités dédiées aux droits humains et à la prévention de la violence communautaire.
- Des lois existent, mais leur application reste parfois faible par manque de ressources, de formation ou de volonté politique.
### C. Action de la société civile et des médias
Les organisations de la société civile jouent un rôle crucial :
- Associations comme **RELUFA**, **CDHD**, **Africa Youth Movement Cameroun** mènent des campagnes contre le tribalisme et pour la cohésion sociale.
- Les médias communautaires (radio rurale) diffusent des messages en langues locales pour déconstruire les stéréotypes.
- Les influenceurs et artistes camerounais utilisent leur plateforme pour promouvoir l’unité (ex. : chansons appelant au vivre-ensemble).
- Le fact-checking et la lutte contre la désinformation sont essentiels pour prévenir la propagation de rumeurs discriminatoires.
### D. Politique de développement inclusif
Lutter contre les discriminations passe aussi par la justice sociale :
- Investir équitablement dans toutes les régions (routes, écoles, centres de santé).
- Promouvoir l’accès égal aux emplois publics grâce à des concours transparents et méritocratiques.
- Soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes dans toutes les zones.
- Reconnaître et valoriser les langues et cultures nationales (ex. : promotion de l’usage des langues nationales dans l’administration locale, comme prévu par la Constitution).
### E. Dialogue et réconciliation
Dans les zones de conflit, le dialogue est essentiel :
- Commissions locales de paix réunissant chefs traditionnels, leaders religieux, jeunes et femmes.
- Processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) pour les ex-combattants.
- Mémorialisation des victimes pour éviter l’oubli et la vengeance.
- Justice restaurative dans certaines communautés (ex. : cérémonies de pardon selon les coutumes locales).
**Exemple de sujet type examen** :
*Comment l’éducation peut-elle contribuer à la lutte contre les comportements discriminatoires au Cameroun ?*
**Plan** :
I. L’éducation comme outil de prévention des préjugés
II. Intégration de la citoyenneté et des droits humains dans les programmes scolaires
III. Formation des enseignants à la gestion de la diversité
IV. Sensibilisation médiatique et communautaire
V. Initiatives concrètes : clubs de paix, éducation interculturelle, langues nationales
## Synthèse du chapitre
- Les comportements discriminatoires au Cameroun prennent diverses formes : tribalisme, xénophobie, extrémisme violent, intégrisme, exclusion et repli identitaire.
- Ils sont alimentés par des facteurs historiques, économiques, politiques et psychologiques (marginalisation, peur, manipulation, manque d’éducation).
- Leurs conséquences sont graves : destruction du tissu social, gaspillage du capital humain, affaiblissement de l’État, déplacements, violences, traumatismes.
- Le cadre juridique camerounais prévoit des sanctions pénales (Code pénal, lois sur le handicap, le terrorisme) et administratives, mais leur application reste inégale.
- La lutte efficace nécessite une approche globale : éducation à la citoyenneté, renforcement du cadre juridique, action de la société civile, développement inclusif, dialogue et réconciliation.
- Promouvoir le vivre-ensemble, la justice sociale et le respect de la diversité ethnique, religieuse et linguistique est essentiel pour la paix, la stabilité et le développement du Cameroun.
## Glossaire
- **Tribalisme** : Préférence accordée à son groupe ethnique au détriment de l’équité nationale.
- **Xénophobie** : Hostilité ou peur envers les personnes perçues comme étrangères.
- **Extrémisme violent** : Engagement dans ou soutien à des actes de violence motivés par une idéologie extrémiste.
- **Intégrisme** : Adhésion rigide et intolérante à une interprétation littérale d’une doctrine religieuse, rejetant le pluralisme.
- **Exclusion** : Processus qui empêche un individu ou un groupe d’accéder aux ressources, droits et opportunités sociaux.
- **Repli identitaire** : Tendance à se recentrer sur une identité perçue comme menacée en réaction à l’exclusion ou à la mondialisation.
- **Radicalisation** : Processus par lequel un individu adopte des croyances ou des pratiques extrémistes pouvant mener à la violence.
- **Laïcité** : Principe de séparation entre les institutions religieuses et les institutions de l’État, garantissant la liberté de croyance.
- **Inclusion sociale** : Processus visant à garantir que tous les individus puissent participer pleinement à la société, indépendamment de leur origine, de leur genre, de leur handicap, etc.
- **Cohésion sociale** : Degré de solidarité, de confiance et de sentiment d’appartenance entre les membres d’une société.
- **Justice transitionnelle** : Ensemble de mécanismes (jugement, réparation, vérité) visant à adresser les conséquences de conflits ou de répressions passées.
- **Déradicalisation** : Processus visant à éloigner un individu des croyances ou des pratiques extrémistes violentes.
- **Mémorialisation** : Acte de commémoration des victimes de violences ou d’injustices pour préserver la mémoire et prévenir la récidive.
- **Réconciliation** : Processus de rétablissement des relations entre groupes après un conflit, basé sur la vérité, la justice et le pardon.
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*Fin de la fiche de cours.*
Quiz du chapitre
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