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Chapitre 8

Famille et société dans la langue cible (partie 1/2)

Lecture : 19 minQuiz de 10 questions

## Objectifs et prérequis À la fin de ce chapitre, l’élève sera capable de : - Identifier les procédés d’enchaînement des idées dans un texte et expliquer leur fonction. - Repérer le personnage central d’un discours et analyser son rôle dans la construction du sens. - Déterminer les marques temporelles (temps verbaux, adverbes de temps) et leur impact sur la cohérence du discours. - Déduire l’intention de l’auteur à partir d’indices linguistiques (performatives, idiomes, digressions, questions rhétoriques). - Distinguer une phrase performative d’une énonciation constative et expliquer son effet illocutoire. - Reconnaître une expression idiomatique, en donner le sens figuré et l’utiliser correctement dans une production écrite ou orale. - Analyser une digression ou une question rhétorique en montrant comment elles servent l’intention de l’auteur. - Réaliser une lecture expliquée d’un texte court, en mettant en évidence les éléments étudiés. **Prérequis** : maîtrise des notions de phrase, de proposition, de temps verbaux (présent, passé composé, imparfait, futur), de la cohérence lexicale et de la ponctuation de base ; capacité à lire un texte littéraire ou journalistique et à en dégager l’idée principale. --- ## Introduction contextualisée Dans les séries A, B et C du baccalauréat camerounais, l’épreuve de langues nationales évalue la capacité des candidats à analyser le discours dans sa dimension pragmatique et stylistique. Le chapitre « Famille et société dans la langue cible (partie 1/2) » s’inscrit dans cette logique : il propose d’étudier comment les locuteurs organisent leurs idées lorsqu’ils parlent de la famille et de la société, quels procédés ils utilisent pour guider l’interlocuteur, et comment l’intention de l’auteur se manifeste à travers des marques linguistiques spécifiques. Cette approche par compétences prépare l’élève non seulement à l’examen, mais aussi à une utilisation critique et créative de sa langue maternelle dans des contextes sociaux variés (discours familiaux, réunions de quartier, interventions publiques, etc.). --- ## I. Leçon 1 : Généralités sur le discours (enchainement des idées, le personnage central, temps), lecture expliquée, analyse du discours ### 1.1 Enchaînement des idées L’enchaînement des idées désigne les procédés qui assurent la cohérence interne d’un texte. On distingue : - **Les connecteurs logiques** (mais, pourtant, cependant, donc, parce que, ainsi que…) qui marquent des relations de cause, de conséquence, d’opposition ou d’ajout. - **Les procédés de reprise** (pronoms, déterminants, synonymes, hyperonymes) qui évitent les répétitions tout en maintenant la référence. - **La progression thématique** (développement d’un thème de la phrase précédente vers une nouvelle information). > **Un connecteur comme « cependant » signale une opposition et prépare le lecteur à un changement de perspective.** **Exemple camerounais** : Dans un discours de sensibilisation sur l’éducation des filles dans le Nord‑Ouest, on lit : « Les familles reconnaissent l’importance de l’école pour leurs filles ; **cependant**, les contraintes économiques les poussent souvent à privilégier le travail domestique. » Le connecteur « cependant » introduit une restriction qui enrichit l’argumentation. ### 1.2 Le personnage central Le personnage central (ou référent principal) est l’entité autour de laquelle s’organise le discours. Il peut être : - Une personne physique (un parent, un chef traditionnel, un élève). - Un groupe collectif (la famille élargie, la communauté villageoise). - Une abstraction (la responsabilité familiale, l’honneur). Le repérage du personnage central se fait par : - La fréquence de ses mentions (nom, pronom, épithète). - La présence de marques de subjectivité qui lui sont attribuées (verbes de pensée, de sentiment). - Son rôle dans la structure narrative (initiateur, témoin, bénéficiaire). > **Dans un texte où « la mère » apparaît sept fois sous forme de nom ou de pronom, elle constitue très probablement le personnage central.** **Exemple camerounais** : Dans un témoignage recueilli auprès d’une famille rurale de l’Est, la mère apparaît comme le personnage central, évoquée à plusieurs reprises comme celle qui veille sur l’éducation des enfants. ### 1.3 Temps du discours Les marques temporelles permettent de situer les actions dans le temps et d’assurer la cohérence diachronique. On relève : - **Les temps verbaux** (passé composé pour une action ponctuelle terminée, imparfait pour une description ou une habitude, futur pour une projection). - **Les adverbes de temps** (hier, demain, autrefois, désormais, bientôt). - **Les locutions temporelles** (au moment où, après que, dès que). Le choix du temps influence la perception du lecteur : l’imparfait crée une atmosphère de continuité, tandis que le passé composé souligne un événement marquant. > **L’imparfait du verbe « travailler » dans « Ils travaillaient chaque jour aux champs » évoque une habitude passée, non un événement isolé.** **Exemple camerounais** : Dans un compte‑rendu d’une réunion de village à Bafoussam, le secrétaire écrit : « L’année dernière, nous avons construit un puits ; **depuis**, les femmes parcourent moins de kilomètres pour chercher de l’eau. » Le passé composé situe l’action accomplie, l’adverbe « depuis » ouvre une conséquence présente. ### 1.4 Lecture expliquée et analyse du discours La lecture expliquée consiste à lire un texte à voix haute en mettant en évidence les éléments étudiés (connecteurs, personnages, temps) et à en donner une interprétation immédiate. L’analyse du discours, quant à elle, va plus loin : elle explicite les choix de l’auteur, les effets produits sur le destinataire et les valeurs culturelles sous‑jacentes. **Procédure de lecture expliquée** : 1. Lecture silencieuse pour saisir le sens global. 2. Lecture à voix haute en insistant sur les connecteurs et les marques temporelles. 3. Identification du personnage central et de ses références. 4. Reformulation courte de chaque séquence en mettant en évidence la fonction de chaque procédé. **Exemple d’analyse** : Dans un extrait d’un discours du ministre de l’Éducation au Cameroun (Yaoundé, 12 mars 2023) sur la scolarisation des enfants handicapés, on observe : - L’emploi fréquent du pronom « nous » (inclusif) qui place le ministre et le peuple dans une même responsabilité. - L’utilisation du passé composé « nous avons lancé » pour présenter une action réalisée, suivie de l’imparfait « nous travaillions » pour montrer l’effort continu. - Le connecteur « toutefois » qui introduit une limite (manque de ressources) et prépare une appel à la solidarité. Cette combinaison montre une intention de valoriser les acquis tout en appelant à un soutien accru. #### Tableau récapitulatif – Leçon 1 | Aspect | Outils d’identification | Fonction principale | Exemple camerounais | |----------------------------|--------------------------------------------|--------------------------------------------------|--------------------------------------------------| | Enchaînement des idées | Connecteurs logiques, reprises, progression | Assurer la cohérence et guider le raisonnement | « cependant » (opposition) | | Personnage central | Fréquence des mentions, marques de subjectivité | Organiser le texte autour d’un référent clé | « la mère » (référent récurrent) | | Temps du discours | Temps verbaux, adverbes/locutions de temps | Situer les actions, créer une dynamique temporelle | passé composé + « depuis » (conséquence présente) | | Lecture expliquée/analyse | Lecture à voix haute, repérage des procédés | Mettre en évidence les choix de l’auteur | Discours ministre Éducation (inclusif, passé/imparfait) | --- ## II. Leçon 2 : L’intention de l’auteur; les performatifs et expressions idiomatiques; les digressions et les questions rhétoriques ### 2.1 Intention de l’auteur L’intention de l’auteur correspond au but visé par le locuteur lorsqu’il produit un énoncé : informer, persuader, émouvoir, divertir, ou encore accomplir une acte social (saluer, remercier, promettre). Elle se déduit à partir : - Du registre (formel, familier, soutenu). - Du choix des verbes de parole (affirmer, suggérer, ordonner). - De la présence de marques pragmatiques (performatives, idiomes, digressions, questions rhétoriques). > **Un verbe comme « promettre » indique une intention commissive : le locuteur s’engage à réaliser une action future.** **Exemple camerounais** : Dans une lettre de remerciement adressée à un oncle qui a financé les études, l’écrivain écrit : « Je vous **promets** de travailler dur pour honorer votre soutien. » L’intention est commissive (engagement) et le registre est respectueux. ### 2.2 Les performatifs Un énoncé performatif est celui qui, par son énoncé même, réalise l’action qu’il nomme. Selon la théorie des actes de parole d’Austin, on distingue : - **Performatifs explicites** : le verbe performatif est présent (« je déclare », « je vous remercie »). - **Performatifs implicites** : l’acte est déduit du contexte (« Félicitations ! » pour féliciter). Les verbes performatifs les plus fréquents en français sont : déclarer, promettre, ordonner, remercier, féliciter, souhaiter, avertir. > **La phrase « Je vous **déclare** mari et femme » réalise l’acte de mariage dès qu’elle est prononcée par une personne habilitée.** **Exemple africain** : Lors d’une cérémonie coutumière au village de Bamenda, le notable dit : « Je vous **confère** le titre de chef de famille. » L’acte de conférer le titre est accompli par l’énoncé. ### 2.3 Expressions idiomatiques Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens global ne peut être déduit du sens littéral de chacun de ses composants. Elle relève du registre figé et culturel. - **Sens figuré** : « avoir le cœur sur la main » = être généreux. - **Sens littéral** : « avoir le cœur sur la main » = posséder physiquement son cœur placé sur la main (impossible). L’apprentissage des idiomes nécessite une exposition à des usages authentiques (proverbes, chansons, discours publics). > **L’expression « mettre la charrue avant les bœufs » signifie agir dans le mauvais ordre.** **Exemple camerounais** : Dans un proverbe bassa, on dit : « Celui qui cherche la pluie avant d’avoir semé, **met la charrue avant les bœufs** ». Cela critique la précipitation sans préparation. ### 2.4 Digressions La digression est un écart temporaire du sujet principal, souvent introduit pour apporter une information complémentaire, un exemple, un rappel historique ou une touche d’humour. Elle est généralement signalée par : - Des verbes de parole comme « remarquer », « ajouter », « au passage ». - Des locutions comme « d’ailleurs », « par ailleurs », « il faut noter que ». La digression peut renforcer l’intention de l’auteur en montrant son érudition ou en créant un lien affectif avec le public. > **Une digression bien placée peut capter l’attention et rendre le discours plus vivant.** **Exemple camerounais** : Dans un discours sur l’agriculture familiale à Maroua, le ministre dit : « Nous devons améliorer les rendements. **Au passage**, sachez que la région de l’Extrême‑Nord a produit plus de 200 000 tonnes de maïs l’an dernier, un record national. » La digression fournit un donnée chiffrée qui valorise la région. ### 2.5 Questions rhétoriques Une question rhétorique est une interrogation qui n’attend pas de réponse parce que la réponse est évidente ou implicite. Elle sert à : - Susciter la réflexion. - Mettre en évidence une évidence ou une contradiction. - Créer un effet de persuasion ou d’émotion. Elle est souvent suivie d’une affirmation qui apporte la réponse attendue. > **« Qui ne voudrait pas voir ses enfants réussir à l’école ? »** implique que tout le monde désire la réussite scolaire. **Exemple africain** : Dans une chanson de sensibilisation au VIH au Cameroun, l’artiste chante : « Pourquoi continuer à ignorer les signes alors que le traitement existe ? » La question rhétorique pousse le public à reconnaître son négligence et à envisager le dépistage. #### Tableau récapitulatif – Leçon 2 | Concept | Marqueurs linguistiques | Fonction principale | Exemple camerounais/Africain | |------------------------|------------------------------------------------------|--------------------------------------------------|--------------------------------------------------| | Intention de l’auteur | Registre, verbes de parole, marques pragmatiques | Déterminer le but du locuteur (informer, persuader…) | « Je vous promets » (commissif) | | Performatifs | Verbes performatifs explicites (je déclare, je remercie) | Réaliser l’action nommée par l’énoncé | « Je vous déclare mari et femme » | | Expressions idiomatiques| Groupes de mots figés, sens figuré | Enrichir le langage, transmettre une sagesse culturelle | « mettre la charrue avant les bœufs » | | Digressions | Locutions (au passage, d’ailleurs), verbes de remarque | Apporter une info complémentaire, montrer l’érudition | Donnée sur la production de maïs en Extrême‑Nord | | Questions rhétoriques | Interrogation sans attente de réponse, souvent suivie d’une affirmation | Susciter la réflexion, renforcer la persuasion | « Pourquoi continuer à ignorer les signes… ? » | --- ## Synthèse du chapitre - **Enchaînement des idées** : connecteurs logiques, reprises, progression thématique assurent la cohérence. - **Personnage central** : référent récurrent autour duquel s’organise le discours (personne, groupe, abstraction). - **Temps du discours** : verbes (passé composé, imparfait, futur) et adverbes de temps situent les actions et créent une dynamique temporelle. - **Intention de l’auteur** : déduite du registre, des verbes de parole et des marques pragmatiques (performatives, idiomes, digressions, questions rhétoriques). - **Performatifs** : énoncés qui accomplissent l’action qu’ils nomment (je déclare, je promets, je remercie). - **Expressions idiomatiques** : groupes de mots figés au sens figuré, reflet de la culture (mettre la charrue avant les bœufs). - **Digressions** : écarts temporaires qui enrichissent le discours (au passage, d’ailleurs). - **Questions rhétoriques** : interrogations sans attente de réponse qui provoquent la réflexion ou l’émotion. - **Lecture expliquée** : mise en voix des éléments étudiés pour en montrer la fonction immédiate. - **Analyse du discours** : interprétation des choix de l’auteur et de leurs effets sur le destinataire. --- ## Glossaire - **Connecteur logique** : mot ou groupe de mots qui indique une relation de sens entre deux propositions (ex. cependant, parce que). - **Personnage central** : entité autour de laquelle s’organise le discours, identifiée par sa fréquence de mention et son rôle sémantique. - **Temps verbal** : forme du verbe qui situe l’action dans le passé, le présent ou le futur (ex. passé composé, imparfait). - **Performatif** : énoncé qui, par sa prononciation, réalise l’action qu’il nomme (ex. je vous remercie). - **Expression idiomatique** : groupe de mots figé dont le sens global ne se déduit pas du sens littéral de ses composants (ex. avoir le cœur sur la main). - **Digression** : écart temporaire du sujet principal destiné à apporter une information complémentaire ou un exemple. - **Question rhétorique** : interrogation qui n’attend pas de réponse parce que la réponse est évidente ou implicite. - **Intention de l’auteur** : but visé par le locuteur lorsqu’il produit un énoncé (informer, persuader, émouvoir, accomplir un acte social). - **Enchaînement des idées** : ensemble des procédés qui assurent la cohérence interne d’un texte. - **Lecture expliquée** : lecture à voix haute mettant en évidence les éléments étudiés pour en montrer la fonction immédiate. --- ## Étude de document / de cas **Document** : Extrait d’un discours prononcé par le Ministre de la Femme et de la Famille lors de la Journée internationale de la femme, Yaoundé, 8 mars 2022. > « Chères sœurs, aujourd’hui nous célébrons non seulement les réalisations de nos mères, mais aussi **les défis qui restent**. **En effet**, malgré les progrès enregistrés dans l’accès à l’éducation, **près de 40 %** des filles rurales quittent encore l’école avant la fin du primaire. **Je vous rappelle** que l’éducation est un droit fondamental, et **je vous exhorte** à soutenir les initiatives de scolarisation. **Au passage**, sachez que le programme « Éducation pour toutes » a déjà permis la réinsertion de 12 000 jeunes filles dans le système scolaire depuis 2018. **Qui ne voudrait pas voir sa fille devenir médecin ou ingénieure ?** Enfin, **je vous remercie** pour votre présence et votre engagement. » **Analyse pas à pas** 1. **Enchaînement des idées** : - Connecteur « En effet » introduit une justification. - Adverbe de contraste « malgré » oppose progrès et difficultés. - Locution « Je vous rappelle » marque une reprise d’un point déjà connu. - « Au passage » signale une digression informative. - Question rhétorique « Qui ne voudrait pas… ? » prépare l’appel à l’action. - Formule de politesse « je vous remercie » clôture le discours. 2. **Personnage central** : - Le groupe « nos mères » et « chères sœurs » désigne les femmes camerounaises, particulièrement les mères et les filles rurales. - Le ministre s’adresse à elles comme destinataire principal, tout en se positionnant comme porte‑parole de l’État. 3. **Temps du discours** : - Verbes au présent (« célébrons », « rappelons », « exhorte », « remercie ») ancrent le discours dans l’actualité de la journée. - Le passé composé « a déjà permis » situe l’action du programme dans un passé récent mais toujours pertinent. 4. **Intention de l’auteur** : - Registre solennel et respectueux (formules de politesse, adresse « chères sœurs »). - Verbes de parole : rappeler (déclaratif), exhorter (injontif), remercier (expressif). - L’intention principale est **persuasive** : convaincre l’auditoire de soutenir la scolarisation des filles rurales. - Secondary intention : **informatif** (présentation de statistiques et du programme). 5. **Performatifs** : - « Je vous rappelle » et « Je vous exhorte » sont des performatifs explicites : l’acte de rappeler et d’exhorter est réalisé par l’énoncé même. - « Je vous remercie » réalise l’acte de gratitude. 6. **Expressions idiomatiques** : aucune expression idiomatique n’apparaît dans cet extrait ; le registre reste plutôt factuel et institutionnel. 7. **Digressions** : - La phrase « Au passage, sachez que le programme … » constitue une digression qui fournit une donnée chiffrée positive pour contrebalancer la statistique alarmante précédente. 8. **Questions rhétoriques** : - « Qui ne voudrait pas voir sa fille devenir médecin ou ingénieure ? » suppose une réponse affirmative universelle, renforçant l’appel à l’action et créant un effet d’adhésion émotionnelle. **Conclusion** : Le discours combine efficacement des outils d’enchaînement, des marques temporelles, des performatifs et une question rhétorique pour construire une argumentation persuasive visant à mobiliser l’audience autour de la scolarisation des filles rurales. --- ## Méthode et sujets type examen ### Sujet 1 – Dissertation **Intitulé** : « En quoi les procédés d’enchaînement des idées et les marques temporelles contribuent‑ils à la clarté d’un discours sur la famille et la société ? » **Plan détaillé** I. **L’enchaînement des idées comme garant de la cohérence** A. Les connecteurs logiques : opposition, cause, conséquence, ajout. B. Les procédés de reprise : pronoms, déterminants, synonymes. C. Exemple : discours d’un chef traditionnel sur les mariages coutumiers (utilisation de « cependant », « ainsi que », reprises de « la dot »). II. **La maîtrise du temps comme repère spatio‑temporel** A. Les temps verbaux : passé composé pour les faits accomplis, imparfait pour les habitudes, futur pour les projets. B. Les adverbes et locutions de temps : hier, depuis, dès que. C. Exemple : témoignage d’une mère sur l’éducation de ses enfants (passé composé pour l’inscription à l’école, imparfait pour les aide aux devoirs). III. **Synergie entre enchaînement et temps au service de la clarté** A. Comment les connecteurs orientent l’interprétation des temps (ex. « cependant » + passé composé = contraste entre une action passée et une situation présente). B. L’effet cumulé sur le lecteur : suivi fluide de l’argumentation, réduction des ambigüités. C. Exemple intégré : allocution du ministre de l’Éducation sur la scolarisation des filles (voir étude de cas). **Conclusion** : L’enchaînement des idées et la gestion du temps sont deux piliers indissociables qui permettent au discours d’être compris, suivi et retenu par son public. --- ### Sujet 2 – Commentaire de texte **Texte proposé** : Extrait du roman *Le Pauvre Christ de Bomba* de Mongo Beti (passage où le narrateur décrit la réunion familiale autour du repas du dimanche). **Consigne** : Expliquer comment l’auteur utilise les procédés d’enchaînement, la notion de personnage central et les marques temporelles pour rendre vivante la scène familiale. **Plan de commentaire** 1. **Mise en contexte** – Présenter l’œuvre, l’auteur, le moment du récit. 2. **Enchaînement des idées** - Identifier les connecteurs (« ensuite », « puis », « tandis que »). - Montrer comment ils guident le lecteur à travers la succession des actions (service du plat, échange de regards, racontage d’anecdotes). 3. **Personnage central** - Repérer les références récurrentes au patriarche ou à la mère. - Analyser leur rôle de pôle de référence autour duquel les autres personnages se positionnent. 4. **Marques temporelles** - Relever les verbes à l’imparfait (description de l’ambiance) et au passé composé (actions ponctuelles). - Montrer comment l’imparfait crée une atmosphère de continuité tandis que le passé composé souligne les moments forts (rire soudain, éclat de voix). 5. **Effet global** - Lier l’enchaînement, le personnage central et le temps à la volonté de l’auteur de restituer la chaleur et la ritualité du repas familial. - Conclure sur l’efficacité de ces procédés pour plonger le lecteur dans l’intimité du foyer camerounais. --- ### Sujet 3 – Question de cours **Intitulé** : « Définissez la notion de performatif et illustrez‑la par deux exemples tirés de la vie quotidienne camerounaise, en précisant l’acte de parole réalisé.» **Réponse attendue** - Définition : un énoncé performatif est celui qui, par sa prononciation même, réalise l’action qu’il nomme (ex. je déclare, je promets). - Exemple 1 : Lors d’une cérémonie de mariage coutumier à Bafoussam, l’oncle du marié dit : « Je vous **unis** en mariage selon les us de notre tribu. » → Acte performatif : l’union matrimoniale est constituée par l’énoncé. - Exemple 2 : Dans un marché de Yaoundé, un vendeur dit à un client : « Je vous **garantis** la qualité de ce tissu pendant six mois. » → Acte performatif : la garantie est créée par l’énoncé. --- ## Erreurs fréquentes 1. **Confondre connecteur logique et adverbe de temps** - Certains élèves prennent « cependant » pour un indicateur de temps alors qu’il marque une opposition. - *Astuce* : demander si le mot introduit une relation de sens (cause, conséquence, opposition) ou une localisation dans le temps. 2. **Identifier le personnage central uniquement par la fréquence du nom propre** - Le personnage central peut être désigné par un pronom, un épithète ou un nom commun (ex. « la mère », « le chef »). - *Astuce* : rechercher les chaînes de référence (nom → pronom → synonyme) plutôt que de compter seulement les occurrences d’un nom propre. 3. **Interpréter une phrase au passé composé comme une habitude** - Le passé composé décrit une action ponctuelle terminée ; l’imparfait décrit une habitude ou une description en cours. - *Astuce* : associer le passé composé à un événement daté (hier, l’an dernier) et l’imparfait à une période non délimitée (chaque jour, autrefois). 4. **Prendre une question rhétorique pour une vraie demande d’information** - La question rhétorique ne cherche pas de réponse ; elle sert à faire réfléchir ou à renforcer une affirmation. - *Astuce* : vérifier si la réponse est évidente dans le contexte ou si l’énoncé suivant apporte la réponse attendue. 5. **Confondre expression idiomatique et métaphore** - Une idiomatique est figée et son sens ne se déduit pas des mots littéraux (ex. « avoir le cafard »). Une métaphore crée une comparaison nouvelle (« sa voix était du velours »). - *Astuce* : consulter un dictionnaire d’expressions ou vérifier si le groupe de mots apparaît tel quel dans des usages courants. 6. **Oublier que le performatif nécessite une autorité ou un contexte approprié** - Dire « je vous déclare champion » ne crée pas le titre si le locuteur n’a pas le pouvoir de le faire. - *Astuce* : toujours préciser les conditions de félicité (locuteur habilité, circonstances appropriées) lorsqu’on analyse un performatif. --- *Fin du cours.*

Quiz du chapitre

10 questions — vérifie chaque réponse pour voir l'explication.

  1. 1. Quelle est la définition de l’enchainement des idées dans l’analyse du discours ?
  2. 2. Comment définit-on le « personnage central » dans un récit narratif ?
  3. 3. Selon J.L. Austin, qu’est-ce qu’une énonciation performative ?
  4. 4. Dans la phrase suivante extraite d’un conte en ewondo : « Après que le soleil eut disparu derrière les collines, le vieil homme prit sa hache et partit à la chasse. » Quel type d’enchainement d’idées illustre la relation entre les deux propositions ?
  5. 5. Identifiez le verbe performatif dans l’énoncé suivant : « Je jure de protéger les droits de ma famille devant le conseil du village. »
  6. 6. Dans le passage ci-dessous, quelle partie constitue une digression ? « Alors que nous parlions de la cérémonie du mariage, je me souviens soudain du jour où j’ai perdu mon chèvre préférée près du marché, un événement qui m’a beaucoup marqué. Ensuite, nous avons continué à discuter des préparatifs du repas. »
  7. 7. Repérez la question rhétorique dans l’extrait suivant : « Qui donc oserait contester la sagesse de nos anciens lorsqu’ils enseignent le respect de la terre ? »
  8. 8. Quelle est l’intention de l’auteur dans la phrase suivante : « Si nous voulons que nos enfants héritent d’un environnement sain, il faut planter des arbres aujourd’hui. »
  9. 9. Dans le discours suivant d’un ancien en boulou : « Aujourd’hui, nous célébrons la fête du nouvel an, moment où nos ancêtres nous ont enseigné à partager le repas communautaire. Toutefois, certains jeunes préfèrent rester chez eux, regardant la télévision, oubliant ainsi les valeurs de solidarité qui font la force de notre clan. » Quelle est la fonction principale de la phrase commençant par « Toutefois » ?
  10. 10. Dans l’extrait ci-dessous, identifiez à la fois l’élément performatif et la question rhétorique, puis choisissez l’option qui les associe correctement : « Chers frères et sœurs, je déclare ouverte cette assemblée afin que nous puissions discuter de l’avenir de nos enfants. Qui donc pourrait douter que l’éducation soit le meilleur héritage que nous puissions laisser ? »